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 Quand on joue les préludes de dangereuses liaisons. [Pv. Auguste]


Dim 7 Déc - 11:13

Panique au milieu des kilomètres de soieries et dentelles. Quelques cris aigus alors que ces dames manquaient de perdre l’équilibre. Un drôle de ballet se répétait sous les regards amusés ou consternés. Aujourd’hui encore on ne manquait pas de s’amuser.

- Attrapez donc ces chiens avant qu’ils ne tuent quelqu’un !

Inutile de dire les valets étaient pourtant déjà à l’œuvre, courant pitoyablement après la meute de Sa Majesté. Gambadant gaiement dans les salons, traversant en jappant le palais, voilà que les chiens de la reine avaient de nouveau trouvé le moyen de faire parler d’eux. Et tout le monde s’accordait à dire qu’ils étaient autrement plus divertissants que leur maîtresse. On en redemandait presque.

- Socrate !

Voilà que la voix de la duchesse de Duras s’élevait à présent que son propre animal se faisait courser par un bataillon de bichons. La pauvre femme criait à présent au  meurtre et son chien à la mort. Les choses devenant sérieuses, de nouveaux serviteurs arrivèrent en renfort, orchestrant désormais un plan quasi militaire afin d’attirer les chiens dans un coin de la pièce et de tous les rattraper ensuite. Belle initiative, voilà une idée qui ne pouvait qu’aboutir ! Quoique ce fût évidemment sans compter sur l’inconsciente –ou perfide, puisque sous ses airs de sainte Nitouche on n’osait accusait mais suspectait tout de même- mlle de Saint Maures qui par « mégarde » ouvrit la porte qui menait au jardin. Elle était confuse, répétait-elle alors que derrière son éventail elle ne pouvait se retenir de rire.
Voilà dont qu’un épagneul, des bichons et des valets en livré se couraient tous après sous désormais l’hilarité générale. Il fallait être mauvaise langue pour prétendre qu’on s’ennuyait à la cour.  

- Quel dommage que nous n’aillons pas le Brun sous la main, voilà une scène qui méritait d’être immortalisée, intervint finalement Henriette d’Angleterre, confortablement installée et consciencieusement occupée à siroter une tasse de thé. Le dos droit et le menton haut, elle souriait en coin, innocente dans la médisance.
- Et que quelqu’un aille presser Sa Majesté, que diable ! Il me tarde de voir ses Espagnoles et nains s’ajouter au tableau.

Mais bien triste réalité que voilà : les valets étaient finalement venus à bout des animaux récalcitrants. Plusieurs d’entre eux s’étaient même sacrifiés en effectuant de spectaculaires et risibles plongeons. Amusant, mais tout de même moins que de voir une armée de duègnes réciter des psaumes en espérant l’intervention divine. Comme la chose était décevante.
La scénette terminée, Madame se releva, salua les grands présents dans la pièce, et s’en alla s’imposer dans un autre salon avec sa traine de demoiselles. Qui savait, peut-être trouverait-on du côté de chez Diane un autre divertissement.
Malheureusement le calme était maitre. On trouvait ici une simple palette colorée de courtisans enrubannés qui enchainaient avec dextérités les amabilités ou les petites bassesses, tout dépendait de leur humeur. Bien sûr, nombre d’entre eux se pressa avec une mielleuse assiduité vers la duchesse d’Orléans, espérant sans doute lui décrocher un geste d’estime en retour. Dans bon nombre de cas Henriette se contenta de hochements de tête et de sourire polis, préférant se frayer un chemin jusqu’à un fauteuil plutôt que d’entamer une discussion ennuyeuse avec ce vieux marquis ou cette autre comtesse passée de mode. Prenant la main tendue de l’amical duc de Bar, elle s’assit donc délicatement et fit signe aux plus estimés personnages qui l’entouraient d’en faire autant. La sulfureuse surintendante et deux proches duchesses prirent donc place alors que déjà Henriette levait les yeux au ciel, exaspérée par la vue récurrente d’une de ses demoiselles.

- Souriez ou partez, mademoiselle. Votre morosité m’ennuie.

Aucune pitié pour cette jeune femme qui, abandonnée par son fiancé il n’y avait de cela pas plus d’une semaine, avait l’innée capacité de tuer la bonne humeur. Entre deux reniflements, la fille d’honneur s’inclina en s’excusant et s’enfuit à petits pas pressés. Avant de passer la porte, elle se heurta cependant à un courtisan, releva vers lui des yeux embués, puis repartis en fondant en larmes. Surprise par la situation, Madame haussa un sourcil tout en fixant Auguste de Villiers en coin.

- De Villiers y serait-il pour quelque chose, demanda-t-elle finalement à qui voudrait bien lui répondre.
Auquel cas, voilà qui relevait de l’étonnant, voire du rocambolesque.
- Cela paraît très improbable Madame, intervint aussitôt la princesse de Monaco. Je le défends toujours bien d’approcher vos demoiselles.

Henriette hocha légèrement la tête, bienheureuse d’avoir la confirmation qu’un tel individu était encore et toujours tenu à l’écart de ses filles. Moins ces dernières touchaient au scandale, mieux leur maîtresse se portait. Car toutes divertissantes qu’étaient les affaires d’amourettes et coucheries, elles l’étaient doublement lorsqu’elles n’éclaboussaient pas sa maison. Et il aurait fallu être aveugle ou stupide pour ne pas savoir que de Villiers était de ces hommes qui n’avaient plus aucun scrupule dès que leur bon plaisir était en jeu. Sa réputation n’était en effet plus à faire et le précédait presque.

- Votre dévouement vous honore. Henriette sourit doucement, comme sincèrement reconnaissante. Cependant j’ai aujourd’hui quelques mots à lui dire.

Elle eut pour la surintendance un regard entendu –évidemment Catherine était au courant de l’affaire qui avait germé dans l’esprit d’Henriette- et de nouveau se leva.
Afin de justifier à sa petite cour cette envie soudaine, elle trouva une excuse qu’on jugerait sans doute crédible.

- Je voudrais lui rappeler de vive voix qu’il n’est près de nous pas le bienvenu.

Un signe fut ainsi fait à son étonné entourage de ne pas la suivre, exception faite de Catherine, vers qui elle se pencha légèrement alors qu’elles s’approchaient du vidame.

- Veillez bien évidemment à ne jamais vous trouver à plus de dix pieds de moi.

Se retrouver seule avec cet individu, voilà qui ne lui faisait pas envie. Savait-on jamais, puisqu’à la cour on trouvait toujours bon de déformer la réalité pour donner à quelques mots des fonds d’aventure.

- Monsieur de Villiers.
Elle inclina légèrement la tête en signe de salutation, alors que son amie faisait de même.
- Par votre présence à la cour vous m’étonnez chaque fois un peu.

Qu’on n’ait pas fini par lui faire comprendre que sa présence ici déplaisait, voilà une chose qui relevait de l’incompréhensible. Enfin. Il paraissait qu’aujourd’hui cela arrangeait bien Henriette.
Comme chacun ici comédienne, Madame s’efforçait de sourire, parvenait même à afficher un air tout à fait aimable, pour ne pas dire enjoué. Cacher le mépris que lui inspirait l’homme, la chose demandait pourtant un effort considérable.

- Feriez-vous quelques pas dehors ?

Sous les tons de questions on ne trouvait bien sûr pas la simple suggestion. L’aimable politesse pour exiger.
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Ven 26 Déc - 20:40

Auguste n’aimait pas particulièrement la Cour. On y était toujours rabaissé, placé sous les grands qui la peuplaient et à qui l’on était tenu de s’adresser avec respect, déférence, obséquiosité. On y devait toujours ployer l’échine, faire des ronds de jambe et sourire aimablement.  On n’y était rien que ce que son titre, sa richesse ou ses relations permettait. Et pourtant, depuis quelque temps il avait l’impression de prendre de plus en plus souvent la route qui menait de Paris à Saint-Germain-en-Laye, à ce château dont l’étrange forme asymétrique et l’architecture bigarrée, dont la lumineuse chapelle, qui jurait si étrangement avec l’ensemble somme toute assez épais de ce bloc peu harmonieux qu’était le château lui-même était l’expression la plus flagrante.  Malgré ces discordances, c’était là que le Roi avait choisi d’installer sa Cour de façon la plus permanente (car il lui arrivait de partir, pour Marly par exemple, ce qui occasionnait des processions de carrosses, des pleurs de rage pour ceux qui devaient rester en arrière, des déplacements de malles, une agitation à n’en plus finir), loin de ce Paris qu’il abhorrait depuis les temps sombres de la Fronde.

Il fallait sans doute lire dans ces fréquents déplacements le magnétisme quasiment imparable qu’exercent les lieux du pouvoir, et ceux qu’ils l’exercent, un magnétisme auquel le vidame de Villiers n’était pas plus insensible qu’un autre. Même s’il n’avait que mépris pour la stupidité bornée de ceux qui tâchaient par tous les moyens de gagner une place, sans voir qu’il ne pourraient jamais remporter une victoire complète, la seule qui mérite de se donner de la peine, il se mêlait ainsi de plus en plus souvent à eux –et se voyait bien alors dans la nécessité de se plier aux règles qu’ailleurs il décriait, d’adopter le langage ampoulé que devant Mondor il tournait en dérision, s’amusant à singer les flatteurs les plus vils, à reproduire leur ton empressé –en dire le plus possible, le plus vite possible, dans l’espoir que l’on se souvienne d’une petite partie-, leurs discours si ridiculement petits, dans lequel certains plaçaient, parfois en vain, un esprit assez brillant qui eût été bien mieux utilisé ailleurs.

Auguste parcourait d’un pas assez peu pressé les salons. Il était seul, comme souvent lorsque Mondor n’était pas à ses côtés –Vincent Mondor, la seule personne hormis lui-même qu’il puisse supporter plus de quelques heures d’affilées, et pour qui la réciproque était exacte (peut-être plus par obligation que par choix, mais cela importait peu), mais que sa condition de domestique reléguait, en certaines occasions, comme celle-ci par exemple, aux coulisses, ou n’importe où ailleurs, pourvu qu’on ne le voie pas.

Les différentes salles et les salons étaient peu animés à cette heure de l’après midi ; on était loin de l’agitation joyeuse et froufroutante de la soirée, des rires étouffés et des grands déploiements de soieries et d’étoffes précieuses. Ça et là quelques groupuscules déambulaient ; c’était l’heure de gloire de la Cour de la Reine, qui ce soir paraîtrait si terne, et qui pour l’heure rayonnait de son aura pâle et mourante. D’un ennui calme et désespérément plat, rien ne semblait pouvoir troubler cette société soigneusement choisie, qui occupait, comme chaque jour, son après midi à boire du chocolat en discutant –sans effusion ni débordement !- ou en jouant à quelque jeu de société, cartes ou plateau. Entre les rires rares, et toujours étouffés, les bribes de conversation en Espagnol, les jappements mouillés des petits chiens chéris de la souveraine, qui parfois se rappelaient au bon souvenir leur maîtresse, le frottement soyeux et délicat des jupons sur les planchers, il semblait n’y avoir pas de place pour la moindre fantaisie.

Cependant un grand bruit –éclats de rire, cris paniqués, froissements de tissu- éclata tout soudain dans l’un des salons attenant à la galerie silencieuse que traversait le vidame. Attiré par l’agitation, qui promettait un spectacle un rien plus divertissant que celui qu’offrait la morne platitude du salon qu’occupaient la Reine et sa cour, il dirigea ses pas vers le salon en question –et arriva à temps pour la fin de la scène. Entre les jupes volumineuses des demoiselles d’honneur et des courtisanes, de petits chiens frisés –ceux de la souveraine, sans doute- se poursuivaient, leurs petites pattes dérapant sur les parquets bien cirés, sous le regard quelque peu hautain de la duchesse d’Orléans. Cette dernière, assise, une tasse de thé à la main, contemplait ce ballet d’un air finement amusé –ballet qui cependant ne tarda guère à s’achever, grâce à l’intervention des valets, qui finirent non sans mal par maîtriser les bichons.

Le divertissement de fait achevé, le calme n’était pas encore revenu dans la société de Madame que déjà, cette dernière se levait et passait dans le salon de Diane voisin, dans une débauche de soies et de moires, de chuchotis et de rires. A sa suite, le noyau de sa société quitta le salon, ne laissant plus en arrière que le désert –quelques rares courtisans ou solliciteurs à peine éconduits. Ayant de fait le choix entre retourner sur ses pas, rester dans le salon déserté, ou  se laisser porter dans le sillage de la Duchesse d’Orléans, Auguste n’hésita pas longtemps et opta pour cette dernière solution. Pour autant, il s’appliqua à rester en marge, en spectateur, sachant assez qu’il n’avait pas sa place auprès de Madame.

Cette dernière, toujours environnée de sa société choisie, se ménagea un passage entre les flatteurs et ceux qui avaient un compliment ou une demande quelconque à lui soumettre, jusqu’à un fauteuil. Les demoiselles d’honneur se déployèrent aux côtés du siège choisi comme les multiples plumes chatoyantes d’un paon. Esthétiquement ravissant, le spectacle de ce vivant éventail était également assez divertissant, en son genre : chacune, le sourire aux lèvres, cherchant à se glisser au plus près de la duchesse, afin d’en être mieux remarquée que sa voisine, espérant glaner quelques mots, une opinion, une marque de confiance peut-être, de bonté au moins.

L’une d’entre elles, qui à ce petit jeu avait été assez adroite pour s’assurer une place assez enviable aux côtés de l’altesse, se trouva néanmoins gratifiée par cette dernière d’une  remarque assassine, là où sans doute la malheureuse espérait quelque marque de compassion. Bouleversée, la jeune fille, qui jusqu’alors s’était fait remarquer par l’air de désespoir et l’accablement de son visage, s’inclina maladroitement et esquiva l’amorce d’une fuite, ses chaussures claquant sur les parquets lustrés, résonnant pathétiquement au milieu des conversations feutrées qui s’éteignaient petit à petit sur son passage. Pour rapide qu’il ait été, l’incident n’en fit pas  moins se retourner tout le monde vers la malheureuse demoiselle d’honneur.

Cette dernière avait dû beaucoup pleurer déjà ; ses yeux étaient rouges et ses paupières gonflées, et elle paraissait fatiguée et tendue, comme après une nuit de veille. A mesure qu’elle se rapprochait de la porte, et par extension de lui, Auguste discernait de mieux en mieux tous ces petits signes qui, infailliblement, trahissaient un trouble important et une nervosité exacerbée par le chagrin et par le poids des regards sur son dos secoué de sanglots, sur sa nuque courbée sous l’humiliation. Elle avançait au milieu des courtisans, qui s’écartaient consciencieusement afin de lui laisser un passage rien moins qu’infamant avant de reformer leurs cercles un instant brisés. L’idée de la plaindre n’aurait effleuré aucun d’entre eux ; faire partie de l’environnement visuel immédiat d’Henriette d’Angleterre impliquait une capacité certaine à toujours présenter un visage plaisant, et elle avait failli à son rôle. Nul parmi les présents ne lui manifesterait la moindre sympathie –surtout pas après que la duchesse ait parlé.

Les regards et l’intérêt général commençaient déjà à refluer lorsque la demoiselle, pour porter son embarras à son paroxysme, s’en alla se heurter au vidame, qui, tout à son observation et persuadé par ailleurs qu’elle s’écarterait, n’avait pas jugé utile de faire un pas de côté, à l’imitation du reste des courtisans. Relevant furtivement vers lui ses yeux noyés, elle éclata en sanglots bruyants et saccadés avant de s’enfuir. Agacé par ce coup d’éclat dont il se serait volontiers passé, et qui fixait, en l’absence de la fautive, l’attention sur lui –et Dieu sait si, dans la société de Madame, les rumeurs allaient vite à se former ! –Auguste pinça les lèvres et la suivit un instant des yeux pendant qu’elle s’éloignait d’un pas de moins en moins assuré dans la galerie.

A sa grande surprise, le geste inconsidéré de la demoiselle d’honneur eut un effet tout à fait inattendu. Madame, après avoir échangé quelques mots à voix trop basse pour qu’il saisisse quoi que ce soit à cette distance, se leva sous le regard surpris de sa petite cour et se dirigea vers lui, accompagnée de la seule Catherine de Monaco. Il haussa un sourcil. Il n’était pas sans ignorer à quel point sa réputation lui portait préjudice à la Cour –et combien Madame, comme beaucoup, lui faisait d’ordinaire sentir qu’il n’était pas le bienvenu ici. Peut-être la duchesse était-elle particulièrement en verve cet après-midi, et en profitait-elle pour mener à bien l’épuration de sa société, si bien commencée par l’exclusion de la malheureuse demoiselle ? Hypothèse que semblait confirmer l’entrée en matière de la princesse.

-Madame,
répondit Auguste avec un sourire, est-ce que ce n’est pas ce qui est attendu de chacun, ici ? Etonner, surprendre, sortir de l’ordinaire, attirer l’attention. Vous me voyez enchanté d’avoir si bien réussi.

Doser. N’en pas trop dire d’un coup, pour ne pas se faire couper la parole, pour ne pas lasser l’attention du grand. Garder un ton courtois, les yeux un tout petit peu baissé, une légère inclination avant de commencer, en guise de salut, des paroles bien présentées, joliment formulées. Les règles de base, que chaque courtisan apprenait avec son alphabet, ou peu s’en faut. Tant il était vrai que sans cela, on ne pouvait pas prétendre faire partie de cette foule dont les codes quasi-immuables était la marque de reconnaissance.

Madame avait l’air presque enjouée, un sourire parfaitement avenant –fallait-il s’y fier ? Sans doute pas… On ne passe pas du mépris à d’aussi bonnes dispositions en aussi peu de temps. Alors, quoi ? La raison en était sans doute l’intérêt, bien qu’il ne voie pas en quelle affaire. Ce que tendait d’ailleurs à confirmer cette invitation si polie (et si surprenante), mais derrière laquelle se dissimulait mal l’ordre, à sortir « faire quelques pas dehors ». Ce qui pour tout courtisan eût été un honneur sans nom, une faveur incommensurable –faire quelques pas, dehors, seul à seule, ou presque, avec Madame, épouse de Monsieur, frère du Roi ! S’approcher si près des sommets de cette hiérarchie pyramidale, dont l’entonnoir renversé filtrait si efficacement, interdisant l’ascension au commun des mortels ! Pour qui ne portait pas l’un de ces noms qui à eux seuls valaient une place, c’était l’espoir ultime : Villiers, lui, se moquait assez de toutes ces basses espérances, de tous ses désirs humiliant qui placent un homme si bas en dessous d’un autre qu’un simple regard posé sur lui, une parole directement adressée, lui paraît une gloire, une chance. Il s’inclina, comme l’aurait fait tout un chacun en de telles circonstances. Avec toutes les apparences du respect, parce qu’il fallait bien entrer dans le jeu de l’Etiquette -mais sans plus. Il était intrigué par cette demande, et ce qu’elle introduisait sans aucun doute, et sa curiosité dévorante une fois mise en éveil ne lui laisserait plus de paix avant qu’elle n’ait été assouvie, mais absolument pas émerveillé –son orgueil démesuré lui suffisait assez à replacer les Grands à leur condition première, et peu s’en fallait qu’il ne se considère leur égal.


- Comme il vous plaira, Madame, vous savez bien qu’il est impossible de vous refuser quoi que ce soit…


Offrant galamment son bras à la princesse, il balaya du regard l’assemblée. Tous les regards, ou presque étaient tournés vers eux –quoi d’étonnant à cela ? La démarche de la duchesse paraissait inexplicable à plus d’un, Villiers en tête… Ils se dirigèrent vers la porte. Auguste constata que Catherine de Monaco les suivait, pas assez loin en arrière pour manquer un seul mot de la conversation à venir, ses yeux résolument fixés sur eux, une expression assez peu amène sur ses traits fardés. Il sourit à son expression digne d’un Cerbère, puis se tourna vers la princesse, à qui ce manège n’était sans doute pas resté inconnu.

- Ce dont vous avez à m’entretenir, Madame, doit être bien peu confidentiel, à moins que ce soit d’une importance telle que vous ayez besoin d’une tierce personne pour servir de témoin ? Ne nous voilons donc pas la face, demandez à Madame de Monaco de ne pas rester ainsi en arrière, je vous prie, je me sentirais fort gêné d’ être la cause d’une  telle exclusion de façade.


Il ralentit le pas.
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