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 Ce qui est à toi, est à moi. Ce qui est à moi est à moi. [PV Esteban]


Dim 6 Mai - 17:59

[j'ai pas pu résister j'ai écrit la rencontre entre Monsieur et Estebichou Alors si ça ne te convient pas bein dis-le moi et je change ^^]

    A quel moment ? A quel moment ?! Monsieur n'arrivait pas à trouver cet instant fatidique, précis, ce moment où son attention avait été détournée. Bon... Il était certain qu'il n'était pas bien difficile de détourner son attention, Philippe devait bien l'admettre. Mais tout de même ! Quand !? Il n'avait pas pu ne rien voir, ne rien sentir même. Impossible. Il fallait qu'il reprenne tout depuis le début. A cheval, à travers les Tuileries... bon, tout ça parce qu'il avait décidé de revenir dans la Capitale comme il l'avait quittée le jour où sa mère s'était éteinte, c'est-à-dire à cheval. Effiat à sa gauche, Lorraine caracolant à sa droite, les deux hommes décidant d'une course pour il ne savait plus quelle raison et s'éloignant au triple galop vers le palais. Jusque-là rien d'anormal. Ensuite les cris et les insultes. Autant sauter cet instant où Monsieur avait tourné la tête, intrigué et avait aperçu ce petit Marquis piaillant comme un vautour autour d'un pauvre bougre traîné par trois gardes, ce n'était pas à ce moment là. Ce n'était pas non plus au moment où Philippe s'était approché, curieux, offrant son sourire à ce marquis qu'il n'avait jamais aimé, et lui demandant d'une voix suave ce qu'il pouvait bien se passer. Il fallait aussi laisser de côté les explications d'un vol à la tire, d'une poursuite avec le voleur qui en tombant bêtement s'était heureusement fait attraper, mais la bourse était introuvable. Maintenant le Roi rendrait justice et pour sûr celui-là irait en prison et y mourrait! Ce ne pouvait être à ce moment là, le bougre était trop loin. Tellement loin que le frère du Roi avait gloussé un instant, et avait rapproché sa monture du captif, avait placé sa cravache sous le menton du voleur pour lui faire relever le visage.


    -Regardez-moi.

    Et Monsieur s'était penché du haut de son cheval gris vers les yeux émeraudes qui s'étaient redressés lentement et à contre-cœur dans sa direction. Il avait souri. Malgré la boue, et les quelques ecchymoses... Il y avait bien quelque chose de charmant chez ce gueux. Mais ce ne pouvait être non plus ce moment là. Trop loin encore, trop... entravé. Ce n'était pas là. Il fallait continuer, évidemment, car ce n'était pas non plus lorsqu'il avait détourné son cheval pour reprendre sa route que tout s'était accompli à son insu. Bon bon... Il passait rapidement sur les grognements rageurs du garçon alors qu'il tentait de se défaire de ses liens, ce qui avait ravisé Monsieur, retournant près du Marquis qui, soupçonneux, l'avait observé revenir sur ses pas.


    -Que cherchez-vous auprès du Roi, mon cher?

    Justice, récupérer ses 15 Louis d'or et débarrasser Paris de ce va-nu-pieds ! Une racaille de moins dans cette ville qui avait besoin d'un grand nettoyage.


    -Vous avez raison Monsieur, vous puez.


    Fort bien, ce n'était pas non plus ce moment là. Mais Philippe riait encore du visage rouge et furieux de l'aristocrate qui s'était retourné d'un geste et avait giflé l'impertinent voleur. Cela fit moins rire Monsieur d'ailleurs... Bref, ce n'était pas ce moment là non plus. Mais c'était ce moment qui lui avait fait remarquer cet accent déjà connu. Un accent de soleil, de sable chaud, d'oranger. Un accent espagnol... comme sa mère. C'était là qu'il était descendu de cheval, qu'il s'était approché, qu'il lui avait demandé son nom. Esteban Martinez. C'était là que:


    -Détachez-le. Voici 20 Louis d'or
    , avait-il ajouté avant que le Marquis offusqué ne puisse s'exprimer. Cela vaut largement votre peine.

    Ce semblant de noble avait bien tenté de défendre plus chèrement son honneur, il était par trop obstiné, c'était d'ailleurs pour cela que Philippe ne l'aimait pas: obtus, convaincu d'avoir toujours raison... Alors que tous le savait: celui qui avait toujours raison c'était lui, Philippe d'Orléans.

    -Je n'ai pas demandé de nouvelles de votre femme, Marquis... Comment va-t-elle? On la dit "malade" et retirée pour retrouver la santé. J'espère qu'elle va pour le mieux, presque neuf mois de cure... Elle devrait bientôt nous revenir mince et fraîche n'est-ce pas? Cela fait un moment que personne n'en parle plus. Transmettez-lui mes vœux de rétablissement les plus sincères.

    Vicieux? Non. Absolument pas, c'était un moyen subtil de remettre à l'esprit du Marquis la possibilité simple et rapide de revoir son cocuage à nouveau sur les devants de la scène, grâce à Monsieur bien sûr. Enfin, il s'attardait sur des détails, ce n'était toujours pas ça! Il ne voyait pas, il ne comprenait pas. Quand cela avait-il pu se passer? Seulement à partir de cet instant, Martinez n'avait plus ses liens autour des poignets. Le Duc d'Orléans regardait le voleur gueux, de son visage souriant, efféminé et inconsciemment hautain. Qu'on ne l'y reprenne plus, avait-il susurré au garçon. Et là, vous le croirez ou non, d'ailleurs lui-même n'y croyait pas, mais... Mais trou noir. Il ne se rappelait plus des détails, il avait oublié. Il se souvenait avoir été amusé par la réponse qui lui était floue à présent, il se souvenait d'une sorte de révérence peut-être... Mais la suite, ses souvenirs le mettaient ensuite à cheval, en route pour le Palais-Royal, retrouvant ses deux amants qui une fois qu'il eût conté la mésaventure du Marquis, de la fortune du gueux se mirent à rire à gorge déployée. Cela faisait une semaine déjà, presque deux. Et il était incapable de se souvenir correctement! Il se maudit, maudit sa mémoire, maudit les verres de vin dont il avait peut-être un rien abusé ensuite le même soir pour oublier son chagrin, maudit le vide qu'il éprouva lorsque, portant machinalement sa main à sa poitrine il ne sentit... Rien. Il avait été désespéré. avait retourné toute sa maisonnée, avait crié, crisé, pleuré. Et puis il s'était souvenu de cet espagnol. Ce ne pouvait être que lui; jamais, jamais il ne l'aurait perdu autrement. Il fallait le retrouver, les retrouver, coûte que coûte. Presque deux semaines, et enfin on lui annonça sa capture.

    Maintenant il attendait impatiemment dans un salon, et cherchait à quel moment il avait pu être dépossédé. Il ne trouvait pas, cela le frustrait. En entendant des pas, Philippe d'Orléans se retourna lentement. Une nouvelle fois Esteban Martinez lui apparaissait entouré de gardes, deux seulement cette fois. Les froufrous de violet et de pourpre s'agitèrent lorsqu'il les chassa de la main.


    -Laissez-nous. Qu'on ne nous dérange pas.

    Ils se retirèrent sans tenter de protester, la voix de Monsieur portait cette teinte d'orage qui annonçait ses pires colères. Le frère du Roi contempla en silence celui qui se trouvait face à lui. il s'humecta les lèvres, fronça les sourcils.

    -Rendez-la moi.

    Il n'y avait pas eu de préambule, pas de bonjour, pas de ton poli et aimable. Monsieur avait détaché chaque syllabe pour être le plus clair possible et aussi pour tenter de conserver son sang-froid. Il n'attendait pas de négation, seule l'affirmative, ou un geste qui allait dans son sens serait supporté. Cette broche que lui avait donné sa mère, elle lui appartenait, elle était un souvenir cher. Il devait la récupérer.
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Ven 15 Juin - 4:12

Il y a environ deux semaines de cela, Esteban s'était promené dans les rues de Paris dans le but de trouver une victime de sa ruse. Le jeune truand voulait rapporter un peu d'argent à sa maisonnée tout en espérant au fond que sa mère dispenserait Fanny le temps d'une nuit d'exercer son travail de prostituée. Martinez savait qu'il idéalisé ce souhait et que Maria n'allait pas prendre en compte le fait que la caisse était plus remplie que d'habitude. Il avait impression que sa mère prenait plaisir à faire souffrir Fanny, comme si elle n'avait pas suffisamment payé de son vol depuis un an. Cet aspect de sa mère le dégoûtait au plus haut point. Il ne voyait plus à travers elle la femme qu'il avait toujours aimé. Esteban se demandait même si l'argent qu'il allait voler aujourd'hui ne devrait pas mieux servir à s'offrir un petit voyage loin de France en compagnie de sa bien aimée. C'était son souhait le plus cher, partir avec Fanny loin de tout quitte à vivre à la campagne d'eau fraîche et d'amour. Esteban souhaitait faire sa vie avec elle, avoir de très beaux enfants aussi. Le beau brun sortit de ses songes et observa les alentours en silence. Il y avait de divers marchands et beaucoup de bruits, il décida de se diriger vers les coins plus appropriés pour les nobles la pêche serait intéressante. D'ailleurs, il ne mit pas beaucoup de temps pour trouver une cible. Un marquis qui semblait hésiter sur le choix d'un produit présenté dans des caisses de bois. Il profita de sa distraction pour passer à côté de lui et s'emparer de sa bourse avec habilité et rapidité. Esteban était satisfait de son coup. Mais, voilà au moment de payer le pauvre marquis constata qu'il n'avait plus sa monnaie, il aperçu alors le truand brandissant la fameuse bourse. Le marquis se mit à courir après lui tout en réclament justice ce qui n'avait pas échappé aux gardes du Roi qui étaient également parti à sa poursuite. Martinez avait beau courir en jetant des regards derrières lui pour voir s'il était toujours suivi, il ne remarqua pas la personne qui était devant lui. Le jeune homme entraîna cette personne dans sa chute et les gardes en profitèrent pour l'attraper et lui ligoter les mains. Tout se passa ensuite très vite. Tellement vite qu'il eu du mal à réaliser que Monsieur, le frère de Sa Majesté le roi Louis IV de France était devant ses yeux. Il était rare pour la populace d'être aussi proche de la famille royale. Le plus choquant dans toute cette histoire, c'était que le fameux frère du roi décida de le gracier et paya même le marquis qu'il avait volé. Ce dernier semblait plus choqué qu'Esteban puisqu'il se mit à parler mal de lui. Le truand lui jeta un regard noir mais, très vite Monsieur le recadre à sa place ce qui le fit rire. Néanmoins, un soldat lui donna un coup pour lui rappeler qu'on ne se moquait point de la classe supérieure. Une fois le marquis parti, Esteban s'empressa de remercier Monsieur à sa façon. Il lui vola sa broche tout en remerciant Son Altesse, en le complimentant d'avoir une très belle tenue blaguant mêlant sur le fait qu'il était pauvre comparé à lui et pour finir il complimenta l'animal dont disposait ce dernier. Personne ne remarqua son petit tour de passe passe, pas même les gardes. Il fit sa plus belle révérence avant de partir. Deux semaines passèrent donc. La vie d'Esteban avait reprit son cours jusqu'à ce qu'on l'interpelle. Des soldats...encore...Le jeune homme ne s'était pas laissé faire et s'était débattu exprimant qu'il n'avait rien fait. . Le beau brun avait oublié la broche qu'il avait cachée dans une vieille boite sous son lit, il avait prévu de l'offrir à Fanny pour son anniversaire. Mais, comme cette histoire remontait à deux semaines, il ne comprenait pas pourquoi on l'arrêtait. Il fut emmené au château plus précisément dans les appartements de Monsieur. L'espagnol était surpris par toute cette richesse et beauté, jamais il n'aurait pensé mettre les pieds un jour ici. Cependant, venir ici n'annonçait rien de bon et à en croire la voix de Monsieur, il avait vu juste. Il pouvait sentir son regard sur lui. Les gardes quittèrent la pièce et ils se retrouvèrent seuls. Esteban n'aurait jamais cru se retrouver dans une pareille situation, il risquait gros. Son Altesse lui demanda de la lui rendre. Ayant pratiquement oublié cette fameuse broche et étant du genre à mentir, il répliqua avec son accent espagnol :

« Quoi donc Votre Altesse ? Je ne comprends pas.... »
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Jeu 21 Juin - 22:05

    Il fallait avouer que c'était bien une des premières fois de sa vie que Philippe d'Orléans s'adressait à une personne extérieure de la Cour du Roi. Enfin la première fois, pas exactement, mais Esteban était sans aucun doute le premier de son espèce. Le premier dévoilé du moins, combien de gens malhonnêtes avaient déjà parlé à Son Altesse Royale, le Duc d'Orléans. Beaucoup, des milliers, des centaines, dont le Prince lui-même.
    Allons il ne fallait pas se voiler la face, Philippe était bien bien loin d'être un ange. Il avait simplement plus de dorure et de parure que n'importe qui d'autre voilà tout. Il n'était d'ailleurs pas le seul ange dans ce cas, Monsieur regarda l'homme qui était face à lui, et par delà sa colère sourde il fallait avouer que le première rencontre n'avait pas été à l'avantage du jeune espagnol.
    Bien que grondant et menaçant le frère du Roi ne perdait pas ses habitudes, et d'un œil expert Philippe d'Orléans regardait son visage allongé et ovale, les lèvres fines et surprises, l’œil brun à l'affût, un rien estomaqué.
    Était-ce parce qu'il était impressionné, parce qu'il dissimulait ou parce qu'il ne savait pas la raison de cette "convocation". Philippe éradiqua la dernière hypothèse. Il savait. Il ne pouvait en être autrement, il savait. Mais cet air d'innocence et d'incompréhension donnait un air charmant au garçon... Vraiment Monsieur se désola quelque part que cet homme doive vivre dans la pauvreté et donc dans la saleté, la soie lui irait parfaitement.

    Jouant nerveusement avec la dentelle blanche de ses manches il attendait sa réponse, la seule réponse qu'il pouvait lui donner : "La voilà Monseigneur/Votre Altesse/mon Prince..." Qu'elle fut tombée, qu'il l'ai prise, qu'il l'ai trouvée par hasard, Monsieur s'en moquait royalement. Il voulait récupérer son bien, un point c'est tout! Pour le reste il improviserait plus tard. Une fois qu'il serait satisfait, une fois qu'il y aurait eu réparation.
    Une fois que la faute serait effacée.

    Monsieur cligna plusieurs fois des paupières en entendant la réponse de l'espagnol, secouant légèrement sa tête comme si cela l'aiderait à mieux entendre, ou plutôt comme s'il espérait avoir mal entendu. Sa langue vint une nouvelle fois humecter ses lèvres, alors qu'il se redressait, un sourire crispé et nerveux ondulant son visage.
    Il jouait avec lui. Comment pouvait-il oublier? Il ne pouvait pas oublier! On n'oubliait pas une chose pareille! Et il lui disait avec une telle insolence, une telle nonchalance. Monsieur senti sa colère croître, et son sourire carnassier ne démentait pas sa soudaine envie de détruire ce qu'il avait sous la main.
    Les doigts posés sur la table devant lui, caressant les doux motifs de bois, Philippe pouffa de consternation, stupéfait d'avoir affaire à une telle mauvaise foi. Il regarda sur le côté, époustouflé. Il pinça les lèvres dans un sourire de fausse gêne.


    -Non, non, dit-il d'une voix dangereusement doucereuse. Vous vous êtes trompé de réplique, Monsieur Martinez.

    Il se mordit les lèvres, fronça les sourcils. Et avant qu'Esteban puisse répondre de nouveau Son poing s’abattit sur la table.

    -Vous savez parfaitement de quoi il s'agit!


    Sa voix avait atteint un aiguë presque ridicule, comme souvent lorsque le frère du Roi sortait de ses gonds. Il fit le tour de la table, s'approcha de lui les yeux flamboyants.
    Cette broche, il la lui fallait! Pourquoi jouait-il avec lui? Après ce qu'il avait fait pour lui! Cet insolent osait!?


    -Rendez-la moi, gronda-t-il, où je vous jure que vous ne reverrez plus jamais la lumière du jour.

    Planté devant lui, le frère du Roi avait fixé son regard furieux sur ce gueux qui l'avait dépossédé de la prunelle de ses yeux.
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Mer 15 Aoû - 0:56

    Esteban se retrouvait devant le frère du roi et dans ses appartements. Ce n’était pas donné à tout le monde tout comme le fait d’apercevoir une fois dans sa vie le roi de France. Le jeune homme était conscient de ce privilège. Enfin, il aurait préféré avoir le privilège pour d’autres raisons qu’une arrestation. Les gardes n’avaient pas bronché une seule fois durant le trajet si ce n’est pour l’insulter. Il ne savait pas l’objet de sa visite exactement. Cela faisait déjà deux semaines que l’incident s’était produit puis il ne pensait pas que le prince allait faire un scandale pour une simple broche. Oui, pour lui ce n’était qu’un simple bijou, il ne savait pas l’histoire qu’il y avait derrière cet objet aussi précieux pour Monsieur. Pour Esteban, il s’agissait juste d’un caprice princier. Après tout il suffisait qu’il claque des doigts pour en avoir une nouvelle. La noblesse ne manquait de rien comparé aux pauvres comme lui qui doivent remonter leurs manches et salir leurs mains pour un peu de pain et d’argent. Esteban ne comprit pas sur le moment sa convocation alors avec un air innocent quoique peu arrogant, le jeune homme se permit de dire qu’il ne comprenait pas de quoi Monsieur parlait. Chose dont-il aurait du s’abstenir à en croire les traits du visage du prince. Il ne semblait pas apprécier et le lui fit savoir en disant qu’il venait de donner la mauvaise réponse en l’appelant par son nom. Monsieur manqua de le faire sursauter en donnant un coup de poing sur la table. Mais, Esteban ne bougea pas d’un cil, il l’observa en silence sans même détourner son regard. Le prince s’assura qu’il savait de quoi il parle. Le jeune homme fronça des sourcils toujours avec un air qui montrait qu’il ne savait rien. Pourtant, il tenta tant bien que mal de s’en souvenir. Il songea à la rencontre avec le frère du Roi. C’est alors, qu’il se rappela de la broche, celle qui était sous son lit prêt à être offerte à son amour : Fanny. Oh comme elle serait belle avec, déjà qu’il s’agissait d’une beauté époustouflante. La jeune femme méritait d’avoir des apparats comme tous ces nobles. Esteban n’était pas un lâche. Quand il faisait une connerie, il l’assumait jusqu’au bout quitte à avoir de gros ennuis. Le bel espagnol resta silencieux, il ne répondit rien et le regarda venir vers lui. Ce dernier s’était posté devant et le fixait. Le truand ne fut pas pour autant déstabilisé malgré le titre de Monsieur. Être truand, signifiait être un grand manipulateur et menteur. Un vrai, ne se dénonçait pas , sinon n’en serait pas un. Ce qu’allait faire Esteban suite à cette menace était osé voire peut-être stupide. Le jeune homme était prêt à le reconnaître mais, après tout il pouvait se le permettre car d’une certaine façon Monsieur avait fait de leur retrouvaille un moment intime puisqu’il était seul avec lui dans ses appartements. Le prince aurait pu très bien l’interroger en compagnie de ses gardes. Ne le quittant pas du regard, Esteban dit alors :

    « Si c’est le prix à payer pour vos folies vôtre altesse, faites donc. J’imagine que je serais mieux traité que dans la rue. Après tout, vous avez vôtre petit confort pendant que le peuple crie famine. Envoyer un homme du peuple à la Bastille n’est rien à vos yeux, vous oublierez cet homme devant vos festivités. »



(désolé du gros retard pale , j'espère que ma réponse te plaira amour )
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Dim 23 Sep - 15:13

    Où allait le monde? Où allait le monde ? Monsieur avait bien là la preuve que sa bonté, ses élans généreux étaient toujours récompensés de la plus mauvaise des façons. Quoi ! Un homme à qui il avait sauvé la vie ! la liberté ! la dignité ! lui faisait preuve de sa reconnaissance en le dépossédant ?! Philippe n'avait pas pour habitude de mépriser un être humain pour son titre, son sang. Il avait bien compris lors de la Fronde que tous TOUS étaient les enfants de Dieu. Il avait vu la misère et en réalité l'avait même connue lorsqu'il allait voler de quoi manger avec Petit Louis pour pouvoir manger lorsqu'on ls oubliait, lorsque les deux frères se serraient l'un contre l'autre pour ne pas mourir de froid la nuit, lorsqu'il regardait les habits rapiécés de son Dauphin de frère et la honte qu'il en retirait. Ce n'était qu'à la force de son roi qu'il devait ce faste, cette opulence, ces considérations dans lesquelles il vivait. Il lui en était reconnaissant, comme le bon frère cadet qu'il était, comme le premier de ses sujets. Outre cela il avait depuis bien longtemps accepté le fait que la noblesse se faisait par la grandeur de l'âme, la puissance et le raffinement de ce qui constituait l'être au plus profond de soi et que même l'homme écrasé par la plus servile des positions pouvait se révéler être un bijoux d'esprit et de beauté. Il ne déconsidérait donc jamais les hommes, il se considérait lui-même un peu plus, en toute simplicité.
    Mais malgré toutes ces belles considérations, ce joli et léger principe d'égalité qui régnait dans l'esprit de Philippe, Monsieur avait balayé tout cela d'un geste courroucé et regardait d'un air furieux ce pouilleux, sale, idiot qui se tenait devant lui, qui n'était rien au regard du monde, qui n'était rien pour lui.
    Ses yeux s'étaient plissés , ses lèvres avaient disparues dans sa colère, ses rubans et sa dentelle frémissaient, il avait serré les poings pour retenir une violence dont il était rarement le sujet.

    -Mes folies ?! Mes folies dites-vous ?

    Sa mâchoire s'était crispée, il secoua ses cheveux de nouveau.

    - Mais c'est de votre folie dont il est question ! Par la malemort ! Si cela peut vous satisfaire je vous donnerai ce nouvel abri que vous semblez désirer avec tant d'ardeur !

    Il redressa le regard et plongea ses yeux noirs dans les émeraudes du jeune homme, un sourire crispé sur son visage.


    -Une cellule parfaite, un petit confort comme vous le dites. Si petit que vous ne pourrez pas même vous asseoir ou vous allonger, vous aurez même des animaux de compagnie pour ne pas vous sentir seul. Aussi petits que votre confort, aussi gris que la décoration de votre petit logement. Et pour que vous ne soyez pas dépaysé le traitement sera à la hauteur de votre arrogance et de votre suffisance, de votre...

    Monsieur hors de lui se rendit compte qu'il se laissait emporter et que cela ne lui avait jamais rendu service. Jamais. Il ferma les yeux, inspira profondément. Il regarda Esteban à nouveau.

    - Mais je suis d'un naturel cruel, et je préférerai mieux vous renvoyer à votre vie sans "petit confort", vous laissant à la merci de la pluie, du vent et de gens comme vous. Victime de votre liberté.

    Philippe n'en pouvait plus,il se sentait épuisé, vidé. Le jeune prince voulait simplement récupérer ce bijou si cher à ses yeux, si puissant dans ses souvenirs. Cela aurait été un mouchoir qu'il y aurait attaché autant d'importance. Seule sa mère subsistait dans cet objet.

    - Je veux simplement récupérer ce qui m'appartiens...

    Il se mordit la lèvre, se tut, regarda autour de lui, avant d'ajouter dans un souffle.

    - S'il vous plaît.

    C'était pour lui une véritable concession, tant pis pour sa dignité... Il voulait juste tenir sa mère entre ses doigts bijoutés. Peut-être éprouvé son sourire dans un scintillement d'or et d'argent, imaginer l'odeur de son parfum. La retrouver elle, et on l'en empêchait.
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Ven 5 Oct - 23:15


    Esteban se moquait du ressentit des nobles, ils n'avaient jamais rien fait pour eux. Ce n'était pas eux qui pendant qu'ils festoyaient, mourraient de froid les nuits d'hiver ou qui encore devaient penser à se préoccuper de comment ils allaient survivre le lendemain. Pour toutes ses raisons, le truand maudissait la noblesse et il n'était pas le seul. Même si d'autres étaient bien naïf pour avoir confiance au roi. Tout ce qu'Esteban voyait, c'est qu'ils ne faisaient que de prélever des tailles encore et toujours. Louis XIV avait beau avoir le soutien du Divin, le bel espagnol se disait donc que Dieu était bel et bien cruel avec ses serviteurs. Il avait depuis longtemps remit en doute la parole divine. La preuve encore, le Seigneur n'allait pas l'aider à s'échapper de cette situation, Esteban devait se servir de ses atouts, de sa ruse pour s'en sortir. Ne préférant pas être honnête, rendre l'objet volé et obtenir une nouvelle fois la clémence du Duc d'Orléans, le jeune homme préféra continuer dans son mensonge, espérant s'en sortir à sa manière et sans l'aide de personne. En osant prendre une fois de plus la parole, il énervait davantage le prince. Il avait joué sur son pauvre statut qu'est le peuple mais, rien n'y fait Monsieur semblait être dans tout ses états. Il incita également le frère du roi à le mettre à la Bastille si cela lui faisait plaisir et qu'il y mettrait un innocent. Ce dernier semblait ne pas changer d'avis et en lui criant dessus lui offrit bel et bien une place en prison. La manière dont il s'emporta amusa le truand, Monsieur ne manquait pas d'imaginations débordantes pour le punir ou du moins pour l'enfermer pour une simple broche. Esteban se mordilla la lèvre inférieure pour ne pas rire, il ne valait mieux pas s'il tenait à sa vie. Il tenta tant bien que mal d'avoir une attitude sérieuse, il espérait être suffisamment convainquant. Le bel espagnol se retient de sourire lorsque le frère du roi décida finalement de lui laisser la liberté pour le laisser à sa misérable vie. Il en était ravi et soulagé, c'est tout ce qu'il attendait : repartir d’où il vient. Esteban arqua le sourcil en l'entendant soudain le supplier. Oui, le frère de Sa Majesté en personne n'était plus en train de se défouler sur lui mais, de le supplier de rendre cet objet. L'espagnol devait admettre qu'il était déconcerter, il ne s'était pas attendu à cet éventualité. Qu'avait-il cette broche de si spécial ? Il soupira mais ne démordait pas pour autant. La curiosité ayant pris le dessus puis peut-être même un petit élan de compassion il demanda alors :

    « Qu'a t-il cet objet pour être si cher vos yeux majesté ? »
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Dim 25 Nov - 14:49

    Avouons-le, Monsieur était toujours prompt à s'emporter. Il était en cela le parfait opposé de son royal frère qui lui ne perdait le contrôle de lui-même qu'en de rares occasions. Le frère du Roi était un homme de chair, de passion, d'émotion. Et ne pouvant être maître de lui-même, ayant de surcroît le sang chaud et l'esprit glorieux hérité de sa mère, mais aussi la faiblesse et la susceptibilité de son père, Monsieur s'emportait à une vitesse parfois affolante et se répandait en tempête furieuse, qui généralement faisait plus de bruit que de mal. Oh ça oui il était bien loin de son frère qui d'un regard glacial écrasait le plus petit objet de ses irritations. En revanche, Philippe oubliait bien rapidement ses colères et peines et d'un moment à l'autre pouvait se remettre à sourire sincèrement. Le Roi... Combien de fois Philippe l'avait-il vérifié ? Le Roi lui gardait une rancune éternelle a ceux qui l'avaient offensé. L'épée de Damoclès était toujours suspendu au dessus des pauvres malheureux, et s'abattait au moment où ils se pensaient tiré d'affaire. Peut-être était-ce là plus cruel, ou peut-être était-ce tout simplement la manière des rois.
    Quoi qu'il en soit, lui était Prince. Quoi qu'il en soit, lui était actuellement le sujet d'une profonde lassitude et peine, d'une profonde angoisse. Et s'il ne trouvait plus cette broche ? C'était vrai ce n'était qu'une broche, il en avait des milliers d'autres, bien plus belle que celle-ci par ailleurs. Mais aucune n'était comme celle-là. Aucune.
    Et il regardait le jeune homme face à lui, qui malgré les cris et les coups de poing sur la table était resté impassible, agaçant, irritant, détestable. Jusqu'à ce que... Jusqu'à ce que le Duc laisse de côté sa superbe. Il y avait eu un changement dans le regard de l'espagnol.
    Enfin seulement dans le regard, ses paroles ramenèrent chez le Prince son sentiment d'irritation. Il venait de dire "S'il vous plaît" non ? Que fallait-il ? Qu'il se mette à genoux ? JAMAIS !


    - Cela ne vous regarde pas,
    siffla le Prince montrant les crocs à nouveau.

    Il était à vif, pendant des jours son cœur était resté ouvert, saignant sans pouvoir s'arrêter. En chirurgien maladroit il avait refermé la plaie pour revenir à la Cour puisque son frère l'ordonnait. Dans la hâte, avec hésitation. Il frémissait de douleur dès que l'on touchait cette blessure suintante, et se dissimulait derrière le rire, les voluptés, les pointes cyniques, ou la colère pour éloigner quiconque osait s'en approcher.
    Esteban expérimentait la dernière de ces défenses.
    Monsieur se détourna de l'espagnol par quelques pas, évoquant ces fauves en cage que gardait son frère en son Jardin Royal. Il se mordit les lèvres, inspira une nouvelle fois pour calmer sa colère, il avait bien compris que cela ne lui apportait rien. Pour une fois il devait faire preuve de mesure. Sans vraiment y penser, le regard anxieux, il avait serré sa main à son cœur.


    -Cela ne vous regarde pas, répéta-t-il un peu plus faiblement sans le regarder.

    Il se redressa de toute sa petite taille, si allégrement allongée par les talons qu'il portait, faisant face à la fenêtre devant laquelle il s'était retrouvé.


    -Sachez simplement que cet objet me vient d'une personne chère et en conséquence revêt une importance que vous ne pouvez saisir. Aujourd'hui plus que jamais...


    Ces derniers mots lui avait échappé, il fronça les sourcils devant sa stupidité. Il avait le sentiment de faire une erreur. Lui dire que cela était important, à lui, enfant de la pire engeance... c'était le meilleur moyen pour en arriver à du chantage qui mettrait Monsieur dans une situation d'infériorité.
    Il se tourna vers Esteban, il devait rattraper sa faiblesse.


    -Aussi, reprit-il d'un ton qu'il voulait froid, je ferai tout ce qui est nécessaire pour récupérer ce qui semble être "malencontreusement" tombé entre vos mains et que, dans votre grande honnêteté et bonté, vous êtes venu rendre à son juste propriétaire.

    Il aurait voulu être intransigeant, pourtant tout ce qui dominait chez lui était seulement ce besoin de retrouver cette broche stupide. C'était si matériel et enfantin. Mais Philippe éprouvait une honte indescriptible à l'idée d'avoir perdu ce bijoux, d'avoir perdu l'histoire qui se trouvait derrière celui-ci. Pourquoi alors que la chose devait être aussi simple, fallait-il que tout se complique ?
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Dim 6 Jan - 18:48

    Esteban avait demandé par curiosité et aussi pour comprendre le prince pourquoi il désirait cette broche à tout prix alors qu'il pouvait sans doute en avoir une autre, l'argent ce n'était sûrement pas ce qui manquait à la famille royale. Comme il s'y attendait, Monsieur ne voulait pas lui raconter, cela ne le regardait pas disait-il à déjà deux reprises. L'espagnol restait calme et observait sa majesté sans faiblir. Il était borné sur son mensonge, le truand ne voulait pas lui dire la vérité, en tout cas pas tout de suite. Esteban voyait bien qu'il semblait déstabilisé par l'attitude du jeune homme qui ne semblait pas lui rendre son dû puisqu'il semblait traverser par de nombreuses émotions. C'est alors que Philippe d'Orléans lui fit par que cet objet comptait à ses yeux car, cet objet provenait d'une personne chère au prince. Esteban ne fit pas le lien entre la reine mère qui était décédée et la broche, à vrai dire il ne savait pas quoi penser. Devait-il céder et se vendre ? Ou devait-il jouer de cette faiblesse pour obtenir quelque chose de la part de Monsieur, frère du roi ? Ce dernier se rattrapa en lui disant qu'il était prêt à tout pour récupérer cette broche. Esteban n'osait pas imaginer ce que Philippe d'Orléans lui réserverait outre que la prison. Allait-il le torturer ? Le faire exécuter ? Le bel espagnol resta une fois de plus silencieux comme s'il réfléchissait à la portée des mots de sa majesté. Après un petit silence, il décida de prendre la parole :

    « Si, comme vous le dites j'ai malencontreusement eut cette objet en ma possession, qu'est ce qu'il vous fait croire que je l'ai encore ? » Il eut un petit sourire en coin avant de reprendre : « Vous savez votre majesté cela demande beaucoup d'effort de retrouver votre précieux présent dans cette ville, c'est comme chercher une aiguille dans une meule de foin...Vous comprendrez que rien n'est gratuit. »

    Il le regarda avec un regard de défis. Esteban était conscient que son arrogance risquait fortement de le condamner à finir ses jours en prison. Cependant, il n'appréciait pas ce caprice que Monsieur faisait, après s'en était bel et bien un puisqu'il rechignait pour une broche, une simple broche. Il jouait avec le feu et savait qu'il allait se brûler les ailes. Il était devant le frère du roi, aucune personne ne devrait s'adresser de la sorte à la famille royale. D'ailleurs, il espérait ne jamais croiser le chemin de Louis XIV, ce monarque absolu n'était pas du genre clément. Il regarda le prince Philippe en silence, s'attendant au pire de sa part.
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