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 Marcara Avanchinz - Parfois je tombe dans les mers, vague furieuse je déborde


Jeu 5 Fév - 16:53

Aram Avanchinz



Métier/Titre(s) : Marchand de pierreries
Âge : 32 ans
Origines : Arménien et Perse, naturalisé Français
Langue(s) parlée(s) et niveau de maîtrise : Parfait Persan - Excellent Arménien, Italien, Arabe, Turc - Bon Français, Hindi et quelques patois de l'Inde centrale
Orientation sexuelle : Hétérosexuel
Situation: Marié, père de 2 garçons
Date de naissance : 1634
Religion: Chrétien de l’Église Apostolique d'Arménie récemment converti au Catholicisme
Groupe : Peuple
Personnage ayant existé?: Oui
Avatar : Mahesh Jadu


Le Miroir ...

" En ce jour, Instruction mémorable contenant les contestations d'entre Adam Aram d'Avanchinz Gentilhomme Persan cy-devant conseiller au Conseil souverain de l’Isle-Dauphine, demandeur en requeste presentée au Conseil de Sa Majesté du 5 mars 1676. Et Michel Marcara, son fils."

-Eh bien Charas, montrez-moi un peu cet homme qui vous a donné tant de mal et de soucis. Le récit que vous m'en avez fait me rend curieux et je souhaiterai voir ce visage qui respire la bassesse et l'avidité.

Georges Charas, homme d'un certain âge, secrétaire du feu François Caron ancien et premier Directeur Général de la Compagnie française des Indes Orientales, eut un regard agacé pour son interlocuteur.

-Vous le reconnaîtrez bien assez tôt.
-Allons mon ami, je m'ennuie et ces Messieurs semblent vouloir nous faire attendre. De plus cela fait des années que vos lettres me rapportent votre agacement pour cet homme à tel point qu'il en est devenu votre Némésis et celui de votre précédent maître. Vous reconnaîtrez qu'il y a de quoi être curieux.

Georges déforma ses lèvres en une moue peu convaincue. Il garda le silence, sans réponse à l'homme près de lui qui se disait son ami.

-Monsieur Avanchinz, finit-il par dire dans un soupir irrité, porte sur son visage la marque de la vilenie. Ses yeux et ses cheveux sont aussi noirs que son âme. Vous vous perdriez dans ses prunelles Guibot. Elles brillent de malice et de perversion même dans la nuit la plus obscure alors qu'il réfléchit au meilleur moyen de vous dépouiller de tous vos biens.

Guibot ne put retenir un léger sourire.

-Notre homme est un démon venu de Perse ? Voilà qui est captivant.
-Ne riez pas, si vous vous souveniez véritablement de mes lettres vous devriez connaître la turpitude de cet homme. Sa figure supporte un nez caractéristique des gens de... sa sorte... Légèrement aquilin pourrait-on dire, bien que pour ma part et vous m'approuverez certainement, vous lui trouverez davantage de ressemblance avec le vautour. Il vous apaise par la couleur de bronze de sa peau qui parfois donne un reflet d'or dans le soleil le plus intense... Il allie à cela avec beaucoup d’adresse le sourire et les caresses. Tout est trompeur. Cette peau peut prendre un teint sombre parfois même verdâtre... Ce n’est que le moyen d'ouvrir votre confiance et d'exposer votre cœur. Son séjour en prison a rectifié certains de ses traits trop doux et ont creusé son visage, quand je l’ai quitté il y a six an de cela, il était plus semblable à l’image d’un démon et cela me le rendait beaucoup plus sympathique, puisqu’il était enfin vrai à sa nature... C'est un serpent, un reptile avide... Et maintenant je suis las, à vous de le trouver dans cette foule.

Guibot leva brièvement les yeux au ciel. Charas était tendu et irritable depuis son retour des Indes, et en particulier depuis qu'Aram, qui aurait dû rester prisonnier le restant de ses jours à Port-Louis, avait été finalement libéré grâce à l’action de son cousin Jean Marcara auprès du Marquis de Lavardin, ambassadeur à Rome, dont il était l’ami.
Il y eut un murmure dans la foule et il tourna le regard dans cette direction. Deux hommes d’une certaine stature s’avançaient dans la salle. Leur habits français ne dissimulaient pas leur teint hâlé, une peau d’airain que Guibot trouva amusant car fort peu vue dans sa vie mais agréable au regard. Cela n’avait rien à voir avec la peau brulé des marins du port, ou encore des paysans brisés dans leurs champs. C’était une peau pleine de vie, parfois olivâtre, parfois d’or. Il trouva la chose fort exotique et divertissante.
Le plus jeune d’entre eux marchait légèrement en retrait de son aîné, le dépassant aisément d’une tête. Pourtant l’homme d’une soixantaine d’années avait une prestance certaine, un calme qui brûlait dans ses yeux et montrait une volonté déterminée. Il imposait davantage sa présence que celui qui vraisemblablement devait être un proche parent ou son fils, tant la ressemblance était frappante. Le portrait d’une jeunesse maintenant perdue.
Guibot sentit Charas se crisper à ses côtés, le regarda brièvement.  Il se demanda si son ami allait briser ses dents tant il les serrait de rage… Il se retînt toute réflexion. Il n’avait pas eu besoin de la colère visible de Charas pour savoir que cet homme devait être le fameux Aram Avanchinz.
Si le portrait dressé par son ami était tout à fait piquant, il devait pourtant reconnaître qu’il n’était pas très juste. Le nez vautouresque ne l’était pas tant que cela, l’air ne lui paraissait absolument pas perverti. C’était un homme à l’allure fine, sans doute dû à son séjour prolongé en prison mais aussi sans doute à l’habitude d’une vie sans excès rythmée par les voyages et les infortunes que l’on pouvait rencontrer fréquemment. Guibot ne voyait pas tant de vices que cela, certes les yeux de ce Adam Avanchinz brillaient extraordinairement mais il trouvait que cela ressemblait davantage à de l’intelligence qu’à la vilenie décrite par son ami.
A vrai dire Guibot était déçu. Il s’attendait à voir l’exemple même du monstre perfide, la transcription physique d’un caractère aussi sombre que les enfers…
Il n’avait devant lui qu’un respectable marchand venu d’Orient, au corps éprouvé, mais à l’esprit vivant et sûr et qui de surcroît ne ressemblait en rien à un démon.
Guibot tenta de se souvenir de la manière dont il choisissait ses amis et se fit la réflexion qu’il aurait de loin préféré être d’accointance avec l’oriental qu’avec l’acariâtre. L'un avait l'avantage de l'inconnu...



... n'est pas le reflet de l'âme



-Es-tu sûr que c'est une bonne idée de le laisser à Paris ?

Le marchand perse ramena ses yeux perdus dans l'océan vers son interlocuteur.

-Laisser qui ?
-Aram... Est-ce que tu crois que c'est une bonne idée ?

Il eut un sourire.

-Bien sûr, je ne l'aurais pas fait autrement.

Son compagnon sentit le reproche, rentra légèrement sa tête dans ses épaules, garda le silence avant de finalement reprendre confiance en lui.

-C'est que je n'arrive pas à lui faire confiance... Il séduit pour parvenir à ses fins, et elles ne sont pas toujours honorables.

Le marchand eut une légère moue, était déjà retourné dans sa contemplation de l'horizon d'écume.

-Il n'a pas hésité une seule seconde quand il a dû se convertir, poursuivit le deuxième. On ne peut pas lire ses pensées, il les dissimule derrière son visage souriant. Je ne comprends pas comment il fonctionne et je suis sûr que tu ne le comprends pas non plus, que personne ne comprend. De fait, comment avoir confiance en lui quand on ignore tout de ce qui le motive, de ce qui l'a poussé à être ce qu'il est, de ce qu'il recherche même à Paris. Je croyais l'avoir compris, dit-il après une courte pause. Je pensais qu'il était là pour l'argent, pour reprendre ses biens perdus, mais... J'ai vu qu'il n'y avait pas que cela. Qu'il cherche à atteindre quelque chose que je ne vois pas. Et cela m'inquiète et devrais t'inquiéter aussi.

Il y eut un long silence, ponctué par le seul bruit des vagues et du crissement des cordages du vaisseau.

-Aram est un bon marchand, finit par répondre l'homme mûr. Il sait quel sacrifice accomplir pour que ses projets prennent corps, pour qu'ils vivent. En cela il est déterminé à n'être arrêté par aucun obstacle, surtout pas les plus futiles comme cette conversion qui semble tant te bouleverser. C'est un pragmatique s'il veut gagner plus d'argent alors il ne doit pas en dépenser, point. Donc pendant ses voyages il se contentera du strict nécessaire, quitte à en souffrir lui-même. Si pour établir des relations stables et obtenir la confiance de son débiteur, de son client, de son créancier, alors il se pliera à ce qu'il faudra pour obtenir cette confiance recherchée.

Il se tourna vers son compagnon, l'air tranquille quoique légèrement agacé.

-En cela il est digne de notre caste et de sa famille. Nous sommes des marchands, pas des diplomates, ni des nobles, ni des prêtres. Notre but est de vendre, et de faire des affaires lucratives qui dans le meilleurs des cas constitueront un empire. C'est à cela qu'aspire Aram, c'est pour cette raison que je le laisse à Paris.

Parce qu'ils avaient tous les deux les mêmes aspirations alors que lui-même se rendait dans les Indes pour le compte du Royaume de France. Aram serait ses yeux sur place et l'informerait du climat français. Lui avait confiance, le garçon avait un jugement clair, perspicace et suffisamment d'expérience pour ne pas se laisser flouer comme un nourrisson. Il reconnaissait malgré tout que l'opportunisme de son jeune ami pouvait devenir un problème, mais... C'était après tout la règle du jeu. S'il n'était pas en mesure d'assurer à Aram ce dont il avait besoin, il était tout à fait normal de le voir se tourner vers d'autres plus à même de répondre à ses attentes. C'était à lui de s'assurer les services du garçon, de se les conserver. Ils n'avaient pas eu besoin d'échanger sur le sujet, car ayant un caractère similaire, il aurait agi de cette manière dans un telle situation et même, si Aram ne répondait plus à ses propres dessein, il serait le premier à s'en séparer pour un autre. Ce n'était donc que justice. Le juste échange certes, mais le profit avant tout.


Dernière édition par Marcara Avanchinz le Lun 16 Fév - 14:58, édité 19 fois
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Jeu 5 Fév - 16:53

On naît tous un jour ...



   
"Factum contenant l'histoire tragique par le Sieur Aram Avanchinz de la ville d'Hispahan, capitale de Perse" énuméra Grégoire après s'être bien appliqué à son écriture.

-Voilà un bon début, sourit le marchand en se penchant pour prendre un tison dans la cheminée vrombissante.

Il porta la braise vers le foyer de sa pipe ouvragée, tira à petite bouffée et finit par laisser s'échapper de ses lèvres une fumée blanche épaisse qui s'envola en volutes paresseux dans la pièce. Grégoire attendait patiemment qu'Avanchinz soit prêt.

-Bon, souffla ce dernier en se laissant asseoir dans un fauteuil. Débarrassons-nous des formalités.... Tu écriras tous ces ronds de jambes légaux plus tard.

Grégoire opina en trempant la plume dans son encrier, se pencha de nouveau sur son écrit et attendit.

-Etant donné que la noblesse semble essentielle dans ce pays pour être un rien entendu, soupira Aram, commençons par évacuer le fait que ma famille est issue d'une des maisons d'Arménie les plus anciennes et estimables que Shah Abbas le Grand, roi de Perse, ai fait venir en sa capitale d'Ispahan au début de notre siècle, que ma famille y vit toujours et que j'y suis né. Formule cela comme tu le souhaite...

Grégoire hocha de nouveau du chef, alors que sa plume grattait le papier et rajoutait de nouvelles lignes noires porteuses de sens. Il interrompit sa phrase pourtant.

-Vous avez les documents qui le prouve ?

Aram haussa un sourcil.

-Que je suis natif d'Ispahan ?
-Que vous possédez effectivement l'ascendance dont vous vous réclamez, marmotta le jeune homme mal à l'aise.

Ces dix dernières années avait été le théâtre d'une traque impitoyable, car nombreux étaient ceux qui prétendaient posséder une grandeur que même leur parents avaient ignoré. Grégoire était prêt à parier que les adversaires de Monsieur Avanchinz chercherait par tous les moyens à mettre le suppliant en défaut et d'accuser la véracité de ses origines. Cette perspective ne sembla pas déranger le marchand plus que cela.

-Il arrivera sous peu d'Amsterdam et de Venise un document signé par 25 négociants de ma nation qui attesteront chacun la dignité de ma famille et sa filiation au sang royal d'Arménie. Je te l'ai dit, c'est une banalité.

Il tira une nouvelle fois sur sa pipe, dont le petit brasier devînt incandescent avant de retourner à la cendre.

-Nous allons aussi passer succinctement sur les premières années de ma vie... Contente-toi de dire que je me suis livré au commerce des Indes très tôt dans ma jeunesse, ce qui m'incita à apprendre parfaitement les langues et le négoce de ces contrées, que j'y ai longtemps séjourné pour mes affaires entre les Indes et la Perse.

Il regarda par la fenêtre, pensif.

-Pas besoin de s'étendre là-dessus, nous irons à l'essentiel.

Grégoire conserva le silence, mais ne put s'empêcher de baisser les yeux. Lui qui avait voulu en savoir davantage sur le Persan, c'était peine perdue. Le silence s'éternisa, il leva son regard et se rendit compte qu'Avanchinz l'observait.

-Tu as l'air déçu.

Grégoire avait détourné les yeux, honteux d'être si facile à cerner.

-C'est que... Je ne connais ni l'Inde, ni la Perse... J'espérais par votre récit en savoir plus.

L'épaisse fumée dissimula le visage du maître marchand, accentuant l'angoisse de Grégoire d'avoir pu être offensant en étant trop curieux.

-Il n'y a aucun ressemblance entre l'Inde et Paris, perça la voix d'Aram par-delà les nuées. C'est un pays plus vaste encore que l'Europe, qui abrite une multitude d'êtres, de croyances et de langages différents.

Avanchinz regarda Grégoire dont les yeux avaient repris une lueur d'espoir.

-Pose ta plume, finit-il par soupirer. Et installe-toi. Ce sera plus long que prévu.

Grégoire lâcha aussitôt l'ustensile pour se tourner vers son interlocuteur. Ah ça oui il était fin prêt !

***

Je vais donc commencer par la Perse, par Ispahan.


Dernière édition par Marcara Avanchinz le Lun 16 Fév - 12:15, édité 1 fois
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Jeu 5 Fév - 16:53

Ôtez le masque !



Prénom (Pseudo) : ici † Âge : ici † Comment êtes-vous arrivé jusqu'ici ? ici † comment trouvez-vous le forum ? ici † Le code du règlement : ici † Une citation/ phrase à mettre sous le vava (qu'on mette avec l'image de votre groupe Very Happy) ici † Un dernier mot ? ici

test rp, un minimum de 300 mots est demandé:
 
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Jeu 5 Fév - 20:19

Bienvenu riche marchand Smile
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Ex Scientia Tridens
Ex Scientia Tridens
Titre/Métier : Duc de Vivonne, Premier Gentilhomme
Billets envoyés : 787
Situation : Marié à Antoinette, 5 enfants légitimes

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Ven 6 Fév - 9:04

Bienvenue à toi! Il me tarde de lire ta fiche.
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Dim 8 Fév - 13:05

J'aimerai être riche mais on m'a ôté tous mes biens que je tente de regagner !

Merci pour l'accueil Smile
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Dim 8 Fév - 13:46

Bienvenue!!!! yeah
Ce personnage a l'air particulièrement intéressant, j'ai vraiment hâte de lire ta fiche!
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Lun 16 Fév - 11:14

Merci ! Je vais essayer de m'atteler à la rédaction de ma fiche un peu plus sérieusement maintenant Very Happy
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Lun 16 Fév - 19:27

Bienvenue ! Kyaa

Hate de lire la suite de ta fiche ! ^^
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Lun 16 Fév - 20:37

Merci léchouille
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Mer 18 Fév - 16:20

T'es beau. Keur ♥

(Ne mens pas, je sais que tu aimes ce message constructif)
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Lun 10 Aoû - 15:34

Allez courage pour ta fiche! Ton personnage a l'air tellement intéressant Very Happy
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Bas les masques !
Bas les masques !
Titre/Métier : Comédienne de la troupe des Italiens
Billets envoyés : 144

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Lun 17 Aoû - 16:57

Henriette tes messages sont toujours d'une profondeur exemplaire

Après cette longue attente, je me mets enfin sérieusement à ma fiche, pardon pour l'attente mince
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