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 Vous êtes couturière, c'est cela!? [PV Henriette d'Angleterre]


Dim 29 Mar - 14:01

Vous êtes couturière, c'est cela!?

Nous sommes mi-avril 1666, en milieu de semaine, au palais de Saint-Germain-en-Lay, avec Alice-Capucine Ferrière et Henriette d'Angleterre

Qui n'a jamais rêvé de pouvoir mettre le pied, voir même juste un petit bout d'orteil, à Saint-Germain-en-Lay?
Qui n'a jamais eu envie d'approcher les membres de la famille royale et d'avoir la chance, l'honneur, le privilège, d'être au service de l'un d'eux?
La petite Capucine mentirait si elle disait qu'il ne lui est pas arrivé, parfois, la nuit, d'espérer qu'elle irait au palais du Roy dont son mari, cuisinier dans les cuisines du dit palais, et les quelques familles de noble qui avaient eu la chance d'y aller un jour ou d'y vivre et qui étaient clientes de la "Mégisserie Couture" lui avaient si souvent parlé.
Elle, Capucine, une simple couturière originaire de Paris, fille de marchand, aurait ri si, il y a encore trois mois, on lui avait dit qu'elle aurait la chance de devenir l'une des couturière du duc d'Orléans.
Et pourtant, grâce à un heureux concours de circonstances, elle était devenue l'une d'elle.

En ce jour de milieu de semaine, elle avait dû se rendre au palais pour voir Monsieur qui voulait voir avec elle pour une nouvelle toilette.
Pour ne pas perdre trop de temps en y allant à pied et pour être sûre qu'elle n'arriverait pas en retard ou qu'elle ne se perdrait pas, elle s'était arrangée pour trouver quelqu'un qui, ce jour-à, que ce soit en calèche, en charrette ou par un quelconque autre moyen, se rendait à Saint-Germain ou dans les environs et qui pourrait la prendre.  
A l'heure où Philotée, en qui Alice-Capucine avait toute confiance, ouvrait la "Mégisserie Couture" et qu'Ange et Iseult se réveillaient chez leurs grands-parents, où ils avaient passé la nuit et où ils passeraient la journée, la couturière se faisait annoncer au-près du frère du Roy.
Elle passera un long moment au-près du duc, à essayer de comprendre ce qu'il désirait vraiment. Heureusement qu'elle avait dit à son apprentie qu'elle risquait dans avoir pour la journée, ça aurait été un peu la panique, à la boutique tout comme dans les appartements du duc.

En fin de matinée, croyant en avoir enfin fini avec les personnages importants du royaume jusqu'à la prochaine fois qu'elle viendrait au palais, elle s'apprêtait à quitter l'aile des différents appartements royaux pour rejoindre la porte par laquelle elle était entrée, une voix féminine l'interpela.
La couturière se retourna et découvrit une femme appartenant à la noblesse, certainement proche de la famille royale- Sa tenue parlait d'elle-même: les domestiques et les femmes du peuple n'avaient pas les moyens d'avoir ce genre de robe et elle ne devait pas être pratique pour le travail de domestique. Quant à sa présence au niveau des appartements royaux, Capucine se dit qu'elle devait être une proche de la famille royale ou quelqu'un comme elle, venue ici parce qu'on l'avait convoquée pour une quelconque raison.
"Madame!?" Lui demanda-t-elle en faisant une légère pression sur ses genoux pour faire une petite révérence.
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Lun 6 Avr - 16:13

Passable matinée, jugeait Henriette. Tout au plus commune, loin d’être palpitante. Rehaussée heureusement par l’amusante, ou tout du moins pas inintéressante, information amenée par l’une de ses proches dames d’honneur. Arrivée en retard à la cour pour cause de retour récent de la campagne, Mme d’Esternay, une fois dans l’antichambre et après avoir, avec feinte humilité, accepté les compliments concernant la bonne mine que la campagne lui avait donné, ne manqua en effet pas d’en venir aux ragots. Balayant bien vite l’absence, elle retrouva sa place près de Madame.

- J’ai en venant croisé une jeune femme chargée d’une montagne de catalogues qui s’en allait chez votre époux.

Voilà une révélation qui de toute évidence ne justifiait pas l’air malicieux de la duchesse. Ce qu’évidemment Henriette ne manqua de souligner, préférant la mettre en garde afin qu’elle ne s’avise pas de simplement lui apprendre que Monsieur aurait commandé une énième toilette. Voilà qui aurait été d’une banalité affligeante. D’autant plus qu’on avait depuis longtemps cessé de s’amuser à tenter de deviner quelle serait la prochaine extravagance… Sans doute car on ne faisait que perdre.

- Gare à votre choix de sujet, je sens que nous pourrions être lassés.

Il aurait été si fâcheux que la province l’ait rendu sotte au point de croire que cette flopée de courtisans de haut vol était, par un étrange aléa du hasard, devenue soudain intéressée par les allées et venues des gens de maison ?

- C’est qu'il s’agissait de cette couturière chez qui on commence à se presser à Paris. Capucine Ferrière, dont vous avez déjà pu admirer le travail sur certains à la cour.

Finalement l’attention fut si facilement retenue. Si le nom lui était inconnu, l’attrait pour la nouveauté fit tiquer.

- Monsieur l’aurait en bonne et due forme engagée ?

Une nouvelle couturière, cela faisait quelque temps que ce n’était pas arrivé. Et puisque les autres effectuaient déjà un travail remarquable, sans doute celle-ci était-elle au moins aussi prometteuse.
L’air songeur se dessina doucement, resta un instant gravé sur le visage, avant que Madame ne se tourne de nouveau vers son interlocutrice pour s’enquérir.

- Vous qui connaissez les noms de chaque tailleur et corsetier, la trouvez-vous talentueuse ?

Simple curiosité. Car quoique l’emploi par son mari d’un nouvel atout la gênait par principe, pour autant elle ne s’abaisserait pas à copier ses choix. En toute circonstance la vanité demeurait, le plagiat était l’affaire des petits de la cour.

- Selon mon humble avis (le qualificatif menteur tira un sourire amusé à plus d’une jeune femme), votre époux a fait judicieux choix. Engager cette jeune femme à l’indéniable don mais qu’on ne s’arrache pas encore, c’est s’assurer un peu d’inédit avant que tous ne la veuillent à leur ouvrage.

Un regard noir vint se poser sur la dame d’honneur. A louer avec trop d’enthousiasme les décisions de Philippe, elle pourrait finir par vexer. Qu’elle n’oublie pas où allait sa loyauté, que diable. Henriette se retint cependant de noter ouvertement la quasi maladresse et désigna un valet d’un geste de la main.

- Alors vous me ferez avertir lorsqu’elle sortira des appartements de Monsieur. Le visage de la nouveauté m’intrigue.

L’homme acquiesça et sortit, laissant ainsi la question en suspens  En attendant sujets plus pressants il y avait puisqu’on rapportait à présent que ce nouvel auteur, Racine, serait dans la genèse d’une nouvelle pièce. Voilà qui donnait à spéculer.

Quelques heures plus tard, alors que l’eau avait depuis coulé sous les ponts, le domestique revint et déclara, d’un air trop solennel pour la futilité de la situation, que madame Ferrière était sortie. Un regard d’incompréhension parcouru l’auditoire, avant que d’Esternay ne rappelle de qui il s’agissait. La couturière, bien sûr. Les petites affaires de cour l’avaient momentanément fait oublier. Au demeurant la perspective de l’amusement qu’elle pouvait procurer revint vite, et il ne fallut que peu de temps à Madame pour se lever, suggérant à quelques de ses dames seulement de l’accompagner. Une petite poignée d’individus suffisait, à arriver en ban on pouvait effrayer.
Dans le hall une silhouette fila et fut désignée comme étant l’intéressée. Mais à présent interpellée il lui fallait attendre, alors que d’un pas à la lenteur mesurée Henriette s’approchait de la couturière et s’arrêta à deux bons mètres d’elle afin de la détailler en silence. Joli minois pour une fille du peuple, et un port de tête qui ne lui faisait pas honte. Mais au fond, l’apparence était ce qu’elle vendait, mieux valait-il donc qu’elle soigne la sienne. Dévoilant un sourire malicieux, la duchesse d’Orléans haussa finalement la voix.

- Un nom circule ce matin. Une couturière, qu’on m’a dit bien talentueuse, et qui nouvellement serait entrée au service de monsieur mon époux. Un bien bel honneur pour cette dernière. Seriez-vous donc la bénéficiaire de la princière faveur ?

Evidemment Henriette n’était pas sans savoir qu’elle venait de tomber sur la bonne personne, mais avait à cœur d’entendre la voix de la jeune femme. Assurée ou tremblante, douce ou cassante, cela disait beaucoup, une voix.
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Mar 7 Avr - 18:08

Vous êtes couturière, c'est cela!?

Nous sommes mi-avril 1666, en milieu de semaine, au palais de Saint-Germain-en-Lay, avec Alice-Capucine Ferrière et Henriette d'Angleterre

La couturière eue, l'espace d'un instant, l'impression d'être une sorte de bête de foire: les quelques dames qui accompagnaient la noble qui l'avait interpelé semblaient l'observer comme si elle était une bête curieuse, étrange, nouvellement offerte au Roi par un ambassadeur étranger et dont toute la cour voulait absolument découvrir l'exotisme et l'originalité. Quelle bête ridicule devait-elle être.
Si elles espéraient voir quelque chose d'original en elle, quelque chose qui les changerait des fastes et des paillettes de la cour, elles risquaient d'être déçues!Qu'avait-elle d'exceptionnel, dans le fond? Pas grand-chose, si ce n'est rien.
Mais si ça se trouvait, la jeune femme les intriguait peut-être uniquement parce qu'elles ne c'étaient encore jamais croisées et qu'elles devaient se demander ce qu'une personne aussi simple qu'elle faisait dans les couloirs de Saint-Germain.

La noble, son âge, à peut près, les cheveux foncés, dévoila un sourire malicieux. La petite Capucine ne su dire si c'était pour la mettre en confiance ou la rendre encore plus mal à l'aise qu'elle ne l'était déjà. Elle n'eut pas le temps de se faire la réflexion que la jeune femme, en face, à tout juste deux mètres d'elle, lui adressa la parole.
Un nom qui circule. Une couturière talentueuse. Au service de... Monsieur son époux.
La couturière essaya, tant bien que mal, de cacher sa surprise: Henriette d'Angleterre, duchesse d'Orléans...
La couturière du quai de la Mégisserie en avait croisé, des nobles, quelques-uns, et elle venait tout juste de sortir de chez Monsieur, mais la rencontre avec les grands du royaume l'impressionnait toujours autant.
Tout le monde est-il autant impressionné qu'elle, les premiers mois, lorsqu'ils rencontrent la noblesse, la cour et la famille royale ou était-elle sotte ou naïve au point d'être la seule!? Dans tous les cas, les informations circulaient vite, à la cour.

La duchesse demanda à Capucine si elle était l'heureuse bénéficiaire de ce privilège royal. L'intéressée se reprit, pour répondre, le plus simplement possible, bien que quelque peut impressionnée:
"Je crois bien que oui, Madame." Une réponse simple, TROP simple, peut-être, mais que pouvait-elle dire d'autre? Pas grand-chose. Car la jeune femme devait bien se l'admettre, elle ne savait pas encore très bien comment réagir "convenablement", avec la noblesse, dont elle ne connaissait pas encore très bien les us et coutumes, et avec la royauté encore moins. Et donc, comme lorsque Madame l'avait interpelé, elle fit une petite révérence, espérant pouvoir en finir vite pour pouvoir retourner dans sa boutique le plus rapidement possible. Pas que Madame semblait de mauvaise compagnie, mais elle commençait à se sentir oppressée, dans ce monde qui n'était pas le sien. Elle n'en resta tout de même pas moins souriante, pour ne pas offusquer, pour ne pas blesser.
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Sam 25 Avr - 16:17

En dépit d’un âge encore peu avancé, Henriette avait une tendance tout à fait prononcée à se croire capable de s’élever grâce à un piédestal de titres et autres liens familiaux. C’était donc avec naturel que Madame s’adressait de toute sa hauteur. L’attitude outrageusement princière n’empêchait cependant pas un fond de courtoisie. Quoique face la réponse toute en politesse de Capucine, elle ne retint pas un rire léger. Jolie pudeur, amusante façon d’être impressionnée pour si peu. Heureusement le sourire, qui ne semblait pas trop faux, de la blonde continuait de la faire passer pour une aimable personne.

- Comment peut-on simplement croire ? Vous l’êtes ou vous ne l’êtes pas.

Remarque qui n’avait de critique que la forme de la réponse, le fond étant aisément distinguable. Pas d’erreur sur la personne, il s’agissait bien là de la couturière.
L’air intéressée, Madame fit un pas en avant. Comme une gamine curieuse elle tendit la main vers ce qui l’intéressait, aurait volontiers dérobé. Fauve autour de sa proie, en deux pas elle finit de gommer la distance et vint jusqu’à se planter derrière la jeune femme, étirant un sourire par-dessus l’épaule.

- Vous me montreriez ce que vous comptez créer pour Monsieur ?

Quoique formulée sur le ton montant de la question, la suggestion avait plus trait à l’ordre. Le refus aurait assurément pris pour insulte. Une couturière ne pouvait décemment tourner le dos à l’attention princière. Boutique à tenir, autres clients, cela n’importait pas le moins du monde à Madame. L’idée que Capucine puisse avoir des obligations ailleurs ne lui effleura même pas l’esprit.

- Pour cela un salon siérait mieux qu’un couloir.

D’un geste de main elle fait signe à Capucine de l’accompagner. Pour prouver sa considération elle s’assura que la couturière reste à hauteur plutôt que ne glisse à sa suite. Donnons la folie des grandeurs à cette fille du peuple.
Heureusement la fosse aux lions ne fut pas choisie. Ce ne fut pas vers ce salon de réception où du monde vivotait encore qu’Henriette se dirigea, préférant l’intimité d’un cabinet attenant. Au nom du calme elle alla jusqu’à refuser l’entrée de la pièce aux dames qui jusqu’alors l’accompagnaient. Que ces dernières ne se sentent pas vexées, un clin d’œil amusé rappela qu’il n’était aucunement question de leur préférer la roture, simplement de s’amuser un peu. La nouveauté que représentait Capucine réveillait l’esprit joueur. Sournois, sans doute un peu également.
Sans attendre la duchesse vint s’asseoir sur un canapé et indiqua à son interlocutrice l’un des fauteuils qui se trouvaient en face.

- Désirez-vous une tasse de chocolat ? C’est une boisson délicieuse.

Mais assurément trop onéreuse pour dépasser les grilles de la cour. A la servante discrètement postée dans un coin de la pièce Henriette fit donc signe qu’on en prépare deux tasses.

- Dites-moi tout. Quelle extravagance mes pauvres yeux devront-ils subir prochainement ?

Le regard qui souffrirait n’était pas une insulte qu’elle voudrait faire au travail de Capucine, loin de là. Derrière le terme peut-être un peu maladroit, vexant sans vouloir l’être, se trouvait simplement une certaine lassitude face aux originalités d’un goût parfois particulier. Si Monsieur avait un talent certain pour les choix qui allaient des œuvres d’art à l’organisation d’une somptueuse soirée, son épouse restait persuadée que ses tentatives vestimentaires feraient parfois mieux de ne jamais sortir de la garde-robe.
Les yeux grands ouverts en direction de Capucine laissaient supposer le réel intérêt. Pas totalement feint, il était cependant légèrement surfais. Le sujet n’était au fond qu’un semblant de banalité avant d’en arriver à une conversation plus divertissante.

Spoiler:
 
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Sam 25 Avr - 21:51

Vous êtes couturière, c'est cela!?

Nous sommes mi-avril 1666, en milieu de semaine, au palais de Saint-Germain-en-Lay, avec Alice-Capucine Ferrière et Henriette d'Angleterre

Le mot "croire" qu'avait prononcé la couturière sembla... - comment cette petite personne originaire du peuple, de la bourgeoisie, certes, mais du peuple tout de même, dans un palais trop grand pour sa minuscule personne, pouvait-elle désigner la réaction de la duchesse d'Orléans? - perturbée ou courroucée Madame. Cette dernière ne semblait pourtant pas autrement vexée par la réponse de la petite Capucine. Elle fit d'ailleurs quelques pas vers la dite Capucine qui, si elle ne craignait pas de finir dans un cachot ou de finir tout ce qu'elle avait en offusquant la belle-soeur du Roi, aurait volontiers tourné les talons, pris ses jambes à son cou et dévaler la multitude de couloirs et d'escaliers qui la conduiraient au-dehors de Saint-Germain-en-Lay, loin des appartements royaux, loin de Madame, loin de ce palais où elle avait l'impression d'étouffer. Elle se devait tout de même de rester polie et souriante, tout en essayant de ne pas faire de fausses notes.
Quelques pas et quelques autres mouvements en plus et la noble fut derrière la roturière. Cette dernière essaya d'ailleurs de calmer les battements de son cœur qui se faisaient tellement rapide qu'elle eu l'impression que, s'il battait plus fort, il sortirait de sa poitrine.
°Alice-Capucine, pensa-t-elle, l'on dit beaucoup de choses, sur les nobles et la famille royale, mais l'on n'a encore jamais dit qu'ils mangeaient qui que ce soit, donc calme-toi. En plus, profite: des occasions de rencontrer les grands du royaume de France ne risque pas de se présenter souvent, même s'ils ont l'air impressionnants. Même s'ils ont très certainement la protection permanente du Créateur, ils n'en restent pas moins humains...!° Du moins, c'est ce qu'elle essayait de se persuader pour ne pas paniquer à l'idée de ce qui se tramait...

Madame sourit, tout en demandant à la couturière si elle lui montrerait ce qu'elle comptait faire pour son époux.
"Si c'est ce que Madame souhaite, je le lui montrerais." Lui répondit-elle. Pouvait-elle seulement refuser une demande de la duchesse? En avait-elle seulement le droit? En avait-elle seulement le pouvoir? Sûrement pas! De plus, le duc étant son mari, n'avait-elle pas un droit de regard sur comment il souhaiterait se vêtir? Surtout que la question sonna, aux oreilles de Capucine, plus comme un ordre que comme une simple question.

La duchesse fit remarquer qu'elles seraient plus à l'aise dans un salon qu'au beau milieu d'un couloir. Elle fit donc signe à la couturière de la suivre. Elles marchèrent à la même hauteur, suivies par les quelques dames qui avaient accompagné Madame hors de ses appartements. Comment la couturière devait-elle prendre le fait qu'une duchesse, de la famille royale, et en présence de ce qui semblait être ses dames de compagnie, qui plus est, accepte de marcher à sa hauteur? Elle préféra ne pas trop y penser. Elle essaya, du moins, car la question lui trotta dans la tête jusque dans le salon - entre leur emplacement dans le couloir et le dit salon, la jeune femme eu l'impression que les secondes s'étaient transformées en minutes et qu'elles avaient mis une éternité pour y arriver.

La soeur du roi d'Angleterre fit entrer la couturière de son mari dans le salon, tout en faisant comprendre à ses dames de ne pas les suivre. Pourquoi? Voilà encore une question que Capucine ne posera pas et dont elle n'aura pas de réponse. Mieux valait certainement ne pas trop en demander...
La princesse s'assit sur un canapé, fit signe à son "invitée" de prendre également place dans un fauteuil, en face d'elle, et lui proposa un chocolat chaud, ce qu'elle accepta d'un hochement de tête pensif, absorbée dans la contemplation des tapisseries ornant les murs, fauteuils et autres canapés, ainsi que les quelques tables en bois polis.

Une fois que la servante chargée d'aller chercher les chocolats chauds fut sortie de la pièce, Henriette entra dans le vif du sujet: quels genres de tenues qui lui feraient "mal à ses pauvres petits yeux" lui avait demandé Monsieur? N'importe qui se serait vexé, si quelqu'un disait d'un travail qui n'était pas encore réalisé - même pas commencé - qu'il faisait mal aux yeux. Capucine, elle, non. Tant que Monsieur était content de son travail et qu'il la rémunérait, le reste n'avait pas d'importance. Pourtant, elle pensait pouvoir comprendre Madame - loin d'elle, pourtant, l'idée de se comparer à une duchesse: si Wandrille et elle en avaient les moyens et que l'envie prenait à son mari de porter tout le temps, ou régulièrement, des tenues extravagantes et excentriques, comme c'est un peu le cas de Philippe d'Orléans, elle en aurait sûrement marre, elle aussi, bien que ça risque de ne jamais arriver...
La duchesse avait les yeux grands ouverts et fixés sur Capucine, ce qui lui fit comprendre qu'elle avait toute son attention. Plutôt que de lui décrire ce que son mari souhaitait, la couturière préféra lui montrer les croquis qu'elle avait fait, à la demande de Monsieur, et les quelques modèles sur papier qu'elle avait fait les jours précédents et qu'il avait souhaité avoir dans sa garde-robe.
"Plutôt que d'avoir à tout lui décrire, Madame préféra-t-elle que je lui montre les croquis que j'ai fait pour Monsieur." C'est ce que la jeune femme s'entendit proposer, tout en tendant les croquis à la duchesse. Elle devait bien avouer qu'elle ne savait pas trop comment présenter la chose à Madame et elle pensa tout d'un coup à Philotée.

Elle avait dit à son apprentie qu'elle en aurait pour un long moment, au palais, et se demanda comment elle s'en sortait. N'était-elle pas trop submergée de travail? Les clients n'étaient-ils pas trop nombreux? N'étaient-ils pas trop impatients? Rouspétaient-ils parce que c'était l'apprentie et non pas la couturière qui s'occupaient d'eux? Elle espérait qu'elle n'en aurait plus pour long, avec Madame, mais vu comme c'était parti...

Le retour de la servante avec les chocolats chauds ramena la couturière à la réalité: elle n'était pas avec son apprentie, à la "Mégisserie Couture", mais toujours à Saint-Germain.
La servante dépose les tasses de chocolats fumantes sur la table. Capucine la remercia d'un sourire, elle s'inclina et reparti aussi vite et discrètement qu'elle était arrivée. Alice-Capucine reporta son attention sur Henriette, dans l'attente d'une éventuelle critique sur ce que son mari lui avait demandé de lui faire.

[HS: pour le temps que tu as mis à rép', no problem, no souci. Je dois t'avouer que je ne suis pas un modèle de vitesse, lorsqu'il s'agit de rép' à un RP, même si j'ai tendance à te rép' dans les 24h Vex doit être le seul fow' où je réponds aussi souvent dans les 24h.]
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Ven 29 Mai - 16:37

A la proposition de Capucine Madame acquiesça d’un mouvement de tête vif. Elle attrapa les croquis qui lui furent tendus et les leva jusque devant son visage pour les détailles avec attention. A intervalles réguliers elle leva les yeux au ciel pour mieux imaginer ce que pourrait donner le travail fini, ponctuant çà et là son observation d’onomatopées traduisant son intérêt. A défaut d’être d’une élégante banalité les esquisses laissaient entrevoir une originalité richement surchargée. Rubans et passementières à n’en plus finir, rien n’était encore assemblé mais déjà on devinait que l’ouvrage ne manquerait pas de taper à l’œil. Avec ces kilomètres de tissus et d’ornement, la jeune couturière aurait assurément d’interminables heures de travail à aligner. Mais rien n’était trop quand il était question de satisfaire un prince.
Henriette reposa les croquis sur ses genoux et suivit du regard la domestique qui fit un rapide aller-retour dans le boudoir. Doucement elle porta la tasse fumante à sa bouche et avala une minuscule gorgée de chocolat, juste ce qu’il fallait pour constater qu’il était encore une fois trop chaud. Cependant pas de remarque à la servante, Madame se contenta de reposer sa boisson en esquissant un sourire à mi chemin entre malice et diablerie. Quelques secondes encore elle resta silencieuse, posa les feuillets qu’elle tenait encore sur la table et en aligna méticuleusement le bord avec le plateau d’argent sur lequel était posée la chocolatière. Chose faite, la duchesse leva légèrement le menton afin de pouvoir planter ses prunelles dans celle d’Alice-Capucine. D’un ton anodin elle proposa alors.

- Seriez-vous intéressée par une prime pour la réalisation de ces projets ?
Mais quel prolétaire pouvait se targuer d’être détaché des réalités matérielles ? Regardant la couturière, Henriette était persuadée que celle-ci faisait partie de ces gens qu’on pouvait acheter sans trop de mal.
Ajoutant un geste de main aimable à la parole, Henriette continua comme si sa proposition était tout à fait respectable, pour ne pas dire une chance inouïe pour la Parisienne. Prétendument une pure bonté d’âme. Puisqu’il n’y avait que le gain d’énoncé et pas encore les conditions, on aurait presque pu croire à la l’honnêteté.
- Une somme honorable qui serait gagnée sans que vous n’ayez à dépenser beaucoup d’énergie.

Ainsi donc une aubaine.
Malheureusement la générosité de Madame s’arrêtait là où l’amusement commençait. Donnez-lui de quoi se divertir et la notion même de charité était oubliée. Au fond la suave perfidie offrait bien plus de distraction.
Madame resta face à son invitée forcée un instant, guettant une première réaction. La surprise, sans doute. Puis elle se leva, laissant Capucine hors de son champ de vision, pour aller jeter un regard par la fenêtre. Au demeurant rien de bien intéressant, tout au plus le banal spectacle du ballet courtisan. Au loin on devinait certes une poignée de valet qui se débattaient avec les insupportables chiens de la reine qu’ils devaient de toute évidence sortir, mais car ils étaient à moitié cachés par de hauts bosquets on ne pouvait pas vraiment en rire. Dommage, les scènes de ces luttes toujours remportées par l’équipe canine ne manquaient habituellement pas de ridicule. Mais il y avait à présent plus important. Avec maîtrise –comprendre la façon dont il fallait croiser ses jambes et soulever légèrement ses jupes pour ne pas s’emmêler les pieds dans les tissus et de fait paraître ridicule relevait de l’art- la duchesse se retourna de manière à faire de nouveau face à son interlocutrice.

- Je ne vous demanderai que quelques infimes services. Tout au plus de minimes retouches.

Bien sûr le pragmatisme était chez elle un concept flou et c’était avec la plus grande légèrement qu’elle estimait le travail d’autrui. S’émerveillant sans problème une fois l’ouvrage terminé, pour autant elle n’appréhendait pas totalement tout le labeur que cela représentait dans l’ombre. Alors ces quelques changements au plan d’origine lui apparaissaient comme une goutte d’eau au milieu de l’océan. Rien qui ne soit insurmontable pour Capucine, bien au contraire. Au demeurant Madame se garda pour le moment bien de préciser que ces modifications causeraient sans doute les foudres de Monsieur. Chaque chose en son temps, avant d’aller plus en avant dans le cahier des charges mieux valait s’assurer de la complicité de l’artisane.

- Cela vous intéresse-t-il ?

Inutile de dire que la perspective d'un "non" n'avait pas même été envisagée.
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Dim 30 Aoû - 19:27

Vous êtes couturière, c'est cela!?

Nous sommes mi-avril 1666, en milieu de semaine, au palais de Saint-Germain-en-Lay, avec Alice-Capucine Ferrière et Henriette d'Angleterre

Madame hocha vivement la tête, lorsque la couturière lui proposa de voire les croquis qu'elle avait fait, faisant ainsi comprendre à son interlocutrice qu'elle acceptait. Elle prit donc les croquis que la propriétaire de la boutique de couture du quai de la Mégisserie lui tendait. Un silence s'installa entre les deux jeunes femmes s'installa, uniquement brisé, de temps à autre, par des soupirs, onomatopées et autres yeux sur un visage presque pensif levés au ciel.
La petite Capucine n'émit aucunes paroles, aucuns bruits. Ses mains étaient posées sur ses jambes, les doigts de sa main droite refermés sur sa main gauche et les doigts de la dite main gauches enserraient les doigts de sa main droite.

Au loin, par la fenêtre, on entendait les courtisans, des aboiements de chiens et le va et vient incessant qu'il y avait dans la cour et les jardins extérieurs alentours, prouvant ainsi qu'ils étaient encore bien animés, à cette heure si avancée de la matinée. Avec les petits bruits discrets de la duchesse d'Orléans, c'étaient les seuls bruits que la couturière arrivait à apercevoir.
Une porte qui s'ouvre discrètement, des petits pas rapides et furtifs, deux tasses fumantes d'un liquide brunâtre que Capucine déduisit comme étant le chocolat chaud proposé en arrivant dans ce petit salon, quelques instants plus tôt, déposées sur la table, encore quelques petits pas rapides et une porte qui s'ouvre pour se refermer et la servante avait disparu aussi vite qu'elle était apparue. Un peu plus et Alice-Capucine aurait pu la prendre pour un mirage, pour peu qu'elle ai connu la signification exacte de ce mot. Perplexe, mais intriguée par se breuvage qu'elle n'avait jamais eu l'occasion de goûter, avant, cette chose nommée chocolat chaud ne se trouvant pas dans les commerces du petit peuple, elle prit la tasse, peu sure d'elle, avant de la porter à ses lèvres. Le liquide était brûlant, comme l'eau du bain qu'elle aurait laissé trop longtemps chauffer sur le feu. La jeune femme sentit le liquide lui brûler la langue et le fond de la gorge, avant de finir sa course dans son œsophage et dans le reste de son corps. Elle reposa la tasse sur la table, le temps que le chocolat refroidisse un peu.
 
La duchesse d'Orléans posa les croquis de la couturière, avant de lui proposer une prime, une somme conséquente, apparemment, sans qu'elle n'est à dépenser beaucoup d’énergie, pour la réalisation de ses pièces. La requête - pour peu que l'on puisse considérer ça comme une requête -, avait été formulée sur un ton normal, anodin. Qu'est-ce que la couturière pouvait répondre à ça?
Madame se leva et s'approcha de la fenêtre, n'ayant, ainsi, plus la roturière dans son champs de vision, après l'avoir regarder de manière insistante. Après un moment de silence qu'Alice-Capucine trouva pesant, Henriette d'Angleterre sembla lui reporter son attention, en lui disant qu'elle ne lui demanderait que d'infimes retouches. Qu'entendait-elle par "infimes retouches"? La propriétaire de la "Mégisserie Couture" ne savait que trop bien que pour certaines de ses clientes, se qui équivaut à "infime", "petit" ou "pas grand chose", pour elles, équivaut bien souvent à "beaucoup", pour la couturière et son apprentie. La belle-sœur du Roy lui demanda finalement si ça l’intéressait. Difficile de dire non, mais la petite Capucine se hasarda tout de même à demander:
"Avant de m’engager dans quoi que ce soit, puis-je demander à Madame se qu'elle souhaite que je fasse, comme retouches?"

[HS: Encore milles excuses pour mon temps de réponse  pleure .]
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Dim 27 Sep - 17:08

En entendant le propos de la couturière, le visage d’Henriette se fendit d’un immense sourire et elle laissa filer un éclat de rire.

- Avant de vous engager, répéta-t-elle entre l’incrédulité et la sensation d’avoir entendu quelque chose de parfaitement ridicule. Capucine ne savait-elle donc pas que la royauté, plus encore que la simple noblesse, était d’un ego si monstrueux qu’elle ne pouvait souffrir l’optique même d’une « non ». Evidemment Madame ne faisait pas exception à la règle, et mettait même un point d’honneur à rappeler qu’elle et son orgueil supportaient très mal la contrariété. Pour preuve, la dernière fois qu’elle avait subi une fâcherie elle s’était alitée trois jours, menaçant au passage de se laisser mourir de désespoir. Et le coupable de l’affront n’était pas moins que le roi.
- C’est bien la première fois qu’on me laisse entendre qu’on pourrait me refuser quelque chose.

Lui donner l’opportunité de travailler pour elle était une faveur, pas une anodine proposition qu’elle pouvait se permettre de dédaigner. Mais il fallait croire que la couturière se croyait au-dessus de toute bassesse matérielle, capable de tourner le dos à une demande pourtant princière. Et on disait Madame arrogante ? C’était bien car on n’avait jamais rencontré Alice-Capucine Ferrière ! Car sous ses airs d’une gentillesse réservée se cachait en réalité la présomption, c’était évident. Car non. Bien sûr Henriette n’avait pas pris le temps d’envisager la possibilité que la jeune femme demande seulement un éclaircissement légitime plutôt qu’elle ne manquait de respect. Il était parfois plus facile de prendre la mouche au lieu de penser les choses jusqu’au bout.

- Mais puisque vous avez apparemment besoin d’avoir en main toutes les implications afin de prendre une décision éclairée, laissez-moi vous dire ce qu’il adviendrait au cas où vous me disiez non.

Le goût d’Henriette pour la tragédie avait la fâcheuse tendance à ressortir dans d’anodins moments qui ne demandaient pas tant de dramaturgie. Mais puisque Capucine semblait ne pas avoir peur des fléaux, Madame voulait lui faire entrevoir un destin autrement plus sinistre qu’une simple pluie de sauterelles. De toute évidence on ne régnait jamais mieux que par la peur.

- Des femmes de cette cour, et donc de ce royaume, je suis la plus influente
, déclara-t-elle d’un ton impérieux qu’elle jugeait aussi naturel qu’à propos. Et encore, elle s’était retenue de suggérer que ce qui dominait en France surpassait toute l’Europe. Question d’humilité relative.
- Que croyez-vous qu’il adviendra si, par pur amusement rancunier, je venais à déclarer que je trouve votre travail déplorable, demanda-t-elle en faisant un pas en direction de son interlocutrice, affichant un sourire à mi chemin entre la malice et le carnassier.
- Avez-vous déjà entendu parler de madame de Briançon ? Cette femme est moquée de tout le monde pour ses fautes de goût à répétition malgré des efforts admirables pour suivre les tendances. Pauvre femme…  
Un soupire presque compatissant lui échappa. Après tout la marquise n’était pas mauvaise, simplement totalement dénuée de sens de l’esthétisme. Mais baste la compassion, il y avait des menaces autrement plus urgentes à proférer.
- Toujours est-il que je me ferai un plaisir de faire courir un bruit selon lequel vous seriez à l’origine des horreurs qu’elle ose revêtir.
Les courtisans étaient parfois si crédules qu’ils ne manqueraient pas de gober l’histoire. La rumeur se rependrait alors et tous ceux qui avaient l’audace de s’habiller chez la Mégisserie feraient profil bas et changeraient immédiatement de boutique afin de ne pas se faire mal voir.
- Et par acquit de conscience j’ajouterai peut-être que c’est chez vous que se pressent toutes ces bourgeoises pour qui il n’est éprouvé qu’un mépris tinté de persiflages mauvais. Une petite couche supplémentaire pour être bien certaine que jamais plus un noble ne mettrait un pied chez elle. Car le sang-bleu ne mélangeait pas ses tissus avec ceux de la racaille ! Même mon époux serait susceptible de prendre peur et de vous renvoyer avant même que vous n’ayez eu le temps de lui présenter vos œuvres.

Le fait d’envisager de ruiner une jeune femme, et par conséquent sa famille, ne lui posait par ailleurs pas de problème moral insurmontable. Après tout elle laissait à Alice-Capucine le choix de la raison, et par extension de la pérennité matérielle.  
Sa tirade finie elle vint se rasseoir face à la blonde, porta sa tasse de chocolat à ses lèvres pour en siroter une gorgée, puis afficha un sourire parfaitement innocent.

- Hésitez-vous toujours ?

Soit, elle n’avait toujours pas exposé les détails, et à vrai dire avait même oublié la question initiale. Mais elle aurait bien le temps d’évoquer la chose plus tard, après tout ce n’était pas primordial.
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Vous êtes couturière, c'est cela!? [PV Henriette d'Angleterre]

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