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 Rencontre privée et informelle ( pv le Roi)


Mar 2 Juin - 0:27

Enfin! La nouvelle venait de tomber ce matin même : le roi acceptait de recevoir l'ambassadeur des Provinces-Unies. Après un bon mois d'attente, le souverain daignait accéder à la requête de Van Haack.
Sans aucun doute l'emploi du temps du monarque était il extrèmement lourd et chargé. Entre les conseils restreints quotidien, les diverses audiences et réceptions...les différentes autres obligations, ajoutés à cela...les quelques menus plaisirs que s'accordait sa majesté...le temps, pour le roi Louis, était (plus que pour quiconque) un bien grandement précieux qu'il ne pouvait gaspiller à la légère. Ou même en disposer comme bon lui en semblait.
Niklaus ne pouvait imaginer que ce délais important puisse être dut à la possible méfiance du lumineux souverain envers la Hollande. Pays protestant doté d'un régime républicain, et rival commercial du royaume de France...de quoi faire plus que sourciller l'ombrageux bourbon. Cependant, et malgré tout, les deux nations se trouvaient être présentement alliées. Liés par un traité signé en 1662, et engagés conjointement dans un conflit contre l'Angleterre depuis un an. Il s'agissait donc de conforter cette alliance (objective) afin de l'affermir davantage.
Ce à quoi allait s'employer son excellence Niklaus Van Haack dès à présent.

En s'engageant, ce matin ensoleillé de printemps, dans les jardins colorés (et odorants) du palais...Notre hollandais sentait poindre en lui une sourde nervosité, mêlée à une forme d'exaltation. Cette rencontre était avant tout d'ordre "protocolaire", évidemment diplomatique, mais ne retirait rien à l'honneur qu'on lui faisait là, au nom de la France. De quoi gonfler de fierté l'ambassadeur, mais également lui faire prendre conscience de l'importance, de la gravité de sa mission, et des enjeux en question. Ce qu'avait bien à l'esprit Niklaus en gravissant les quelques marches le menant au pavillon principal des lieux. Le secrétaire l'accompagnant mis entre les mains des gardes en faction un document officiel, et les deux hommes purent poursuivre leur chemin. Après avoir parcourut un fort long couloir savamment décoré (notamment de magnifiques tapisseries guerrières) Van Haack et son assistant se présentèrent à deux soldats plantés devant une lourde porte. Le secrétaire remis une sacoche aux sceaux de la Hollande à Niklaus, puis s'empressa d'aller s'installer sur l'un des nombreux sièges de cette anti-chambre.
Fébrile mais décidé, le diplomate s'adressa aux gardes :

-"Son excellence l'ambassadeur des Provinces-Unies répond à la convocation de sa majesté le roi de France et de Navarre ."

Enfin.
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Dim 9 Aoû - 19:42

S'il y avait une épine dans le pied du souverain absolu, c'était bien les Provinces-Unies. Maintenant qu'elles en avaient terminées avec leur combat de longue haleine contre leur oppresseur ibérique, la Hollande était devenue une puissance commerciale, maritime phénoménale. Ne pouvant se baser sur des statistiques militaires favorables, Louis avait parfaitement compris d'après les rapports de Colbert, que la puissance hollandaise résidait bien entendu dans son commerce. Commerce qui s’exerçait jusqu'en son royaume, puisque la Hollande possédait le monopole de certaines denrées.
Mais cela... c'était il y a 4 ans environ. Aujourd'hui, Louis avait œuvré et œuvrait encore pour se libérer du joug hollandais, pour construire sa propre puissance commerciale et devenir un rival extrêmement dangereux. Certes les ports français n'accueillaient que 200 navires alors que la Hollande en comptait plus de seize mille... Mais Colbert peuvrait pour que les choses changent pour que la marine française devienne une véritable puissance. Et puis.. Ils avaient créé la Compagnie de la France équinoxiale en 1663, maintenant ils l'avaient remplacé l'année dernière par la Compagnie Orientale des Indes et allait la lancer dans le monde incessamment sous peu avec des aides comme Marcara Avanchinz, marchand arménien fort informé sur le commerce qui dépassait la frontière de la Sublime Porte. Colbert en était l'instigateur mais Louis s'impliquait personnellement dans ce projet. Les ministres, les secrétaires, y étaient impliqués, et le Roi donnait de sa personne et de sa parole pour assurer à cette Compagnie la vie qu'il lui destinait. Il y engloutirait de l'argent, du temps, des privilèges, des hommes, des vaisseaux tout cela dans le seul but de donner à la France la place qui lui revenait naturellement.
En parlant de parole donnée, il était tout à fait vrai que la France c'était lié à la Hollande pour la soutenir dans son combat contre l'Angleterre, autre rivale du royaume. Mais... Louis jouait un jeu diplomatique complexe, serré. Il s'assurait de tenir en haleine les Hollandais, le temps que de son côté il bâtissait son empire commercial. L'assurance d'être lié face à l'Angleterre avait été donné, il fallait voir maintenant si la France serait une alliée leste et zélée.
Aussi tout en relisant un rapport sur l'enquête initiée début mars quant aux porteurs de faux-titres de noblesse, Louis ne se faisait pas d'illusion sur la raison de la venue de l'ambassadeur en ces murs. Il ne comptait pas d'ailleurs beaucoup s’appesantir sur la question, ne doutait pas que le traité était la raison principale, mais que le commerce serait là dans l'ombre. Debout à la fenêtre, il entendit bien la porte s'ouvrir et Bontemps annoncer calmement :

-L'Ambassadeur de Hollande, Sire.


Sans arrêter sa lecture, le souverain opina. Le premier Valet se retira donc, revînt quelques minutes plus tard accompagné du solliciteur. Toujours debout à sa fenêtre et tournant le dos à la porte, le monarque achevait sa lecture. Finalement, il finit par hausser la voix.

-Nous vous donnons le bonjour Monsieur Van Haack.

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Parce que je le vaux bien:
 
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Lun 12 Oct - 16:15

Alors que Van Haack patientait dans l'antichambre du "bureau royal", celui ci eut tout le loisir de contempler (à l'envie) les différents tableaux exposés ici. Du baptême de Clovis à la bataille de Rocroi, en passant par le sacre de Charles VII, Marignan, ou la signature de l'Edit de Nantes, c'est toute la glorieuse Histoire du royaume (et de ses souverains) qui s'offrait à la vue de Niklaus. Source d'admiration et d'inspiration. Il était même fascinant de voir ainsi illustré l'édification d'un pays à travers les épisodes les plus fameux de son passé. Source d'inspiration (et de fierté) pour le jeune roi, qui se considérait très certainement comme le garant de cet héritage, et le continuateur de cette "geste" quasi mythologique (du moins, parfois, assez largement enjolivée). Fureur des Hommes, gloire des peuples, et renommée de leurs monarques. En voilà, décidément, une formidable source (jaillissante) d'inspiration pour l'auteur amateur qu'était le diplomate. Van Haack concentra son attention sur la toile représentant la bataille de Tolbiac. Plus précisément vers la figure centrale de cette scène mouvementée et violente. Le roi Clovis, priant le Christ, bras levés en direction du ciel, de lui accorder la victoire. Clovis, le franc salien. Les francs, pionniers de l'aristocratie de France.
Incarnation du pays et symbole d'une nation, la noblesse française tirait de ses racines une fierté et un orgueil démesuré. Orgueil que le nouveau Clovis (Louis dérivant du nom franc) entendait modérer et dompter. Les francs, également très proches des ancêtres flamands de Niklaus. Lien intéressant (utile?).  

D'ailleurs, en rédigeant le tout premier chapitre de son futur récit sur la lignée Van Haack, Niklaus pourrait en profiter pour en faire (dans le même temps) une forme d'éloge au lumineux souverain.
En louant à travers le terrible Klaas Van Haack (l'ancêtre légendaire de la famille) le chef de guerre qu'était lui même le roi Louis. Or donc la bataille de Tolbiac serait le modèle martial de la confrontation décrite dans ce début de récit en devenir. Celle opposant le roi Childéric (et son second Klaas) au renégat Othoâcre. Chapitre s'ouvrant sur un songe onirique et baroque, reflet exacerbé, homérique, du combat fratricide. Puis s'achevant en apothéose des tenants de l'unité. Annonçant la grande ambition des francs saliens : la marche vers la Gaule romanisée. Genèse d'un royaume bientôt incarné en Clovis le conquérant. Genèse de la France, genèse des Van Haack. Le Roi serait il sensible à cet hommage? Et réceptif à ce parallèle audacieux?

Autre tableau attirant le regard acéré du hollandais : Saint Louis, en croisé, à Tunis. Le second chapitre traiterait des exploits du chevalier Wilfried Van Haack en Terre sainte, lors de la première croisade.
Mais ceci pouvait attendre. D'autant plus qu'un huissier vint tirer son excellence hors de ses intimes pensées. Le souverain ordonnait donc sa présence. C'est de nouveau tenaillé par une sorte d'anxiété indéfinissable, que Van Haack suivie le serviteur du roi. Moment grave et solennel. Solennel et essentiel. Niklaus rassembla ses idées, ses propositions et autres arguments. Contre Albion une union sacrée était nécessaire. Et Louis devait prendre conscience que la Hollande ( certes rivale commerciale) pouvait s'avérer être l'alliée la plus efficace. Pour cela le bourbon devrait abandonner sa méfiance naturelle envers les Provinces Unies. Voir en la puissance maritime hollandaise une source d'inspiration (d'émulation?) et d'innovation. Et non plus une menace, un danger, un ennemi à abattre. Si Louis avait besoin de l'engagement de la pléthorique flotte batave dans le conflit contre l'Anglais, la Hollande espérait pouvoir compter sur la pression que pourrait exercer l'armée française sur les Pays Bas espagnols.
Face aux réticences, voire à la franche hostilité du Roi, et, soumis qu'il était aux critiques des notables néerlandais opposés à l'alliance avec la France, la tâche de l'ambassadeur serait ardue. Ardue, mal aisée, mais pourtant si nécessaire et impérative. Assaillit sur mer par l'Angleterre et par la terre par la France que deviendrait alors la Hollande? Sans évoquer l'Espagne (déclinante) toujours avide de revanche. Avec la haine des Habsbourg comme "carburant".

La chose était entendue : l'accord avec la France ou la disparition pure et simple. Exercice consistant (quasiment) à parlementer avec son bourreau. Aussi...cette marche rapide évoquait davantage le parcours dernier du condamné que l'avancée confiante d'un véritable invité. De toute manière ces stupides "taupes" de La Haye saisiraient le moindre prétexte pour contester l'action de leur représentant.
Renforcer l'alliance sera perçu comme une "trahison", et un refus du Roi comme un camouflet et un grave échec. (la politique!).
La porte principale s'ouvrit sur un Louis le quatorzième de dos. La surprise estompée Van Haack s'inclina bien bas, son chapeau en main, avec lequel il balaya littéralement le sol devant lui.
La tête couronnée, prenant conscience de sa présence, le salua froidement mais cordialement. Un homme plein de charisme, un souverain impressionnant. Aussi ombrageux qu'autoritaire. D'une haute distinction et doté d'une aura...chaude et lumineuse (évidemment). Oui, Van Haack l'admirait, profondément, autant qu'il s'en défiait. Il se méfiait de sa démesure et de son appétit territorial, déjà fort visible. Apparent, menaçant.

-"Votre Majesté. Je vous remercie de me faire l'honneur de m'accorder audience. Par ma voix c'est toute la Hollande qui vous salue. Et vous prie de croire en son plus profond respect. En sa totale confiance et en sa complète...amitié."-

Regard fixe vers le sol, Niklaus doutait. Ce dernier terme serait il perçu comme...excessif(?), incongru (?), ou simplement maladroit(?). Au moins c'était faire preuve d'une sacrée bonne volonté, et surtout d'une amabilité plutôt prononcée. Trop?...

hommage/éloge
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Lun 28 Déc - 21:22


Le regard dur et froid du monarque se posa sur l’ambassadeur qu’il connaissait parfaitement et pas seulement grâce à leur entrevue officielle il y avait quelques semaines de cela. Il fallait toujours se renseigner sur ceux qui pénétraient ses murs, et les sources de Colbert avaient été efficaces. Louis ne retenait donc pas un certain mépris pour cet homme qui avait osé financer le tyran Cromwell et avait d’une façon conduit à la mort de son oncle, Charles Ier d’Angleterre. Un régicide en puissance donc, comment les Hollandais pouvaient-ils oser l’insulter de cette manière ?
Raison pour laquelle il avait donc décidé d’ignorer l’ambassadeur pendant de longues semaines. Tout puissant que fût ce Van Haack en Hollande, il n’était rien ici. Car tel était son bon plaisir.
Raison pour laquelle le Roi avait aussi accepté d'écouter les tractations secrètes des ambassadeurs d’Angleterre, en fort mauvaise posture dans leur guerre contre la Hollande. Raison pour laquelle l’implication de la France dans la guerre avait été offerte au côté des Hollandais, mais loin d’être zélée. Juste retour. On ne pouvait pourtant rien reprocher à la flotte française qui avait bien quitté son port, et avait même envoyé ses meilleurs officiers pour l’occasion. Le Chevalier de Lorraine avait été aux côtés des Hollandais, et toute diffuse que fut sa morale, ses capacités militaires n’étaient pas à remettre en doute. Somme toute, Louis de France possédait l’ascendant dans un sens comme dans l’autre, et bien que ce fut une périlleuse démarche, semblait pour le moment parvenir à ses fins. Il ne faisait pas seulement la guerre des hommes, mais une “guerre d’argent contre les Etats d’Europe”. Déjà était vaincu l’Espagne, l’Italie mais aussi l’Allemagne et l’Angleterre, et d’autres encore. Pourtant, Colbert avait bien ajouté dans son rapport :

"Il ne reste que la Hollande, qui combat encore avec de grandes forces, son commerce du Nord, qui lui rapporte tant d’avantages et tant de considérations pour ses forces maritimes et pour toute sa navigation."

Voilà de quoi se souvenait parfaitement Louis. La Hollande comme seul adversaire commercial de son royaume, et même comme entité maritime. On l’a dit, la flotte des hollandais dépassait de loin les vaisseaux français, idée qui hérissait le monarque, chose qu’il comptait bien changer. Son alliance avec cette contrée d’hérétiques était forcée, c’étaient eux qui pour le moment dominaient les mers, qui lui imposaient la prudence et l’humilité, là où il ne voulait que l’expansion et le faste pour son royaume et pour lui-même.

"Cette guerre, qui ne consiste qu’en esprit et en industrie, et dont les dépouilles de la plus puissante république qui ait jamais existé après la romaine doivent être le prix de la victoire, ne peut pas finir si tôt ou, pour mieux dire, doit être l’un des principaux objets de l’application de Votre Majesté pendant toute sa vie."

Une guerre d’esprit et d’industrie… Il espérait qu’une guerre plus éclatante pourrait se faire jour dans un avenir proche, une guerre qui lui permettrait d’humilier ces huguenots qui se targuaient de libertés, de République, et de puissance. En attendant ce jour, Colbert avait raison. Il fallait lutter d'intellect et de spirituel pour finalement l’emporter. Louis était patient, il saurait attendre et foulerait sous ses pieds le cadavre de cette orgueilleuse Hollande.
Orgueil qui se lisait parfaitement dans l'oeil sombre du souverain, et que l'on traduisait flatteusement par majesté. Regardant l'ambassadeur, le laissant attendre dans la posture où il se trouvait, le Roi finit toutefois par répondre d'une voix posée quoique empreinte d'autorité.

- Est-ce véritablement de l'amitié Monsieur l'ambassadeur ? dit-il en se détournant une nouvelle fois vers la fenêtre. Car s'il ne s'était agi que de cela, nous n'aurions pas cette entrevue.

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