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 Ma patience aura peine à attendre que cède votre vertu. [Pv. Lyssa]


Jeu 4 Juin - 20:31

Ce matin, presque à raison Madame s’était faite porter pâle. C’était aujourd’hui en toute bonne foi qu’elle ratait lever de la reine et messe, très légèrement fiévreuse et à qui, pour cause d’une nouvelle grossesse qui venait d’être annoncée, on recommandait bien volontiers de rester alitée. Bien sûr les plaintes émanant de la faiblarde duchesse s’étaient multipliée et cette matinée avait peut-être fait partie de ces quelques fois où les demoiselles auraient préféré recevoir l’eucharistie que d’avoir à supporter leur maîtresse. Pauvre d’elle, avait-elle répété sans cesse. A force de lamentations sur son récurrent état de femme enceinte, entre deux complaintes sur sa légère fièvre quand elle ne maudissait pas une femme de chambre qui avait eu l’audace de trop tirer les rideaux, on ne savait même plus ni pourquoi ni à qui elle se plaignait. Mais de principe il lui fallait faire entendre sa voix faible et malheureuse, on l’avait bien compris. Puisque Madame souffrait physiquement les nerfs de son entourage en pâtiraient. Ce qui au fond était très bon signe. Lorsqu’elle avait par le passé frôlé la mort Henriette avait su se faire aussi silencieuse que la tombe qu’on lui creusait presque.

Fort heureusement le léger mal ne dura que peu de temps. Heureux tympans de sa maison. Une matinée passée dans un calme relatif –inutile de dire qu’Henriette aurait été fort vexée de ne pas recevoir quelques visites de courtoisie–  et après l’heure du déjeuner la jeune femme se sentait déjà mieux. Dans ce soudain revirement de santé le chevalier d’Harcourt n’avait sans doute pas été innocent. Un des premiers arrivés et des derniers partis, il avait, entre quelques paroles aimables, réussit à glisser un nom qui était une petite motivation à se lever. La bâtarde trainait aujourd’hui à la cour, un utile divertissement qu’il aurait été malheureux de rater. Prenant sur elle, et n’oubliant bien sûr pas de préciser que compte tenu de l’état de faiblesse dans lequel elle se trouvait encore il s’agissait d’un acte de bravoure, Madame s’extirpa donc de son lit.
Et avec quelques heures de retard le quotidien sembla reprendre son court. Interminable toilette, flot de tissus et broderies qu’on attachait à la silhouette maigre, cheveux longuement brossés et lentement coiffés, et poudres à n’en plus finir. Debout en milieu de la pièce, elle leva élégamment un poignet.

- Je porterai des émeraudes.

Aussitôt une domestique s’empressa d’aller chercher un bracelet et le tendit à une autre qui voulut le passer au poignet d’Henriette. Mais aussitôt eut-elle aperçu le bijou qu’elle fronça les sourcils, soupira bruyamment et leva les yeux au ciel face à l’évidente erreur.

- Ce sont des tourmalines.

Idiote de nouvelle. Les deux minéraux n’avaient rien de commun et leur connaissance aurait dû s’agit d’un prérequis pour être engagée ici. Heureusement la fautive se rattrapa rapidement et présenta les pierres demandées en plus d’une broche assortie.
Chaque détail de la tenue à présent en place la jeune femme esquissa un sourire satisfait et sortit en silence de ses appartements, suivie d’une éternelle suite de demoiselles.

- Qu’on me fasse savoir si la petite italienne a été aperçue, lança-t-elle au passage, à qui le voudrait, tout et personne.
Mais bien sûr on envoya aussitôt un valet faire le tour du château, et au pas de course s’il vous plait.

Naturellement Madame alla paraître dans les salons, s’arrêta un instant du côté de chez Diane puis s’engagea vers Mercure. Et alors qu’elle le traversait d’un pas lent, souriant à celui-ci et lança un aimable hochant de tête à cet autre, on se glissa à sa hauteur pour lui suggérer de ne pas oublier la Grande Galerie. Aussitôt un rictus se dessina, et sans attendre plus longtemps elle prit la direction du cœur du château. Au passage elle croisa par ailleurs son époux, mais le couple Orléans sachant prétendre la civilisation ils se contentèrent de regards mauvais et de hâter respectivement le pas.

Une fois dans la galerie l’œil fut rapidement attiré. Un air d’oisillon tombé du nid, jolie silhouette encore peu vue à la cour, la di Milena fut rapidement repérée, puis approchée.

- Mademoiselle.
Furtivement Henriette hocha la tête, affichant un sourire doux et aimable.
- Nous n’avons que trop peu eu l’occasion de nous croiser, j’en suis désolée. Pour réparer l’impair voudriez-vous faire quelques pas dehors ?

Venant de la deuxième dame de France ces propositions revêtaient bien évidemment un caractère obligatoire. Et l’Anglaise avait la prétention de croire que tous ici se seraient pâmés pour une telle marque d’attention.
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Ven 5 Juin - 20:01


    La Milena avait souri ce matin, en voyant les rayons de soleil de chaud venir blondir plus encore ses cheveux et rendre ses yeux plus pâles qu’un vert givré la journée était belle et aujourd’hui, elle prépare un scandale visuel de son cru. Les rumeurs à son sujet circulé sûrement déjà, mais tant pis, elle devait quand même se présenter ici ou là, puisque nièce de l’ambassadeur. Son corps de moineau osseux se par Rat d’un tendre vert, semblable à ses yeux, une tenue plutôt dépouillée, qu’elle agrémenta d’un tâtez-y d’un éclatant rouge. Voilà quel serait son scandale du jour, le vert, de l’instabilité, de l’immaturité, de la chance, l’infidélité et la jalousie associée à la pâleur de la jeunesse et au rouge des ecclésiastiques, de la luxure, du démon, de l’amour et de la violence. Ses cheveux eux ne seraient pas bouclés comme elle les bouclait lors de l’apparat qu’il lui fallait tenir lors des arrivées de l’ambassadeur dans un nouvel endroit, coiffé avec soin, mais onduler. Que de scandale pour la journée, en un seul coup d’oeil sur la jeune fille. Dans la tignasse blonde coiffée, un ruban tout aussi rouge que la ceinture et les quelques accessoires de sa tenue. Malgré tout, elle fit comme tout le monde et augmenta la taille de ses hanches de façon fictive en ajoutant plusieurs jupons de couleurs claires en dessous.

    Aujourd’hui, elle paraissait, simplement, mais elle était bien là, dans cette galerie, la grande galerie, observant le décor, restant à ses pensées qui étaient pour une musique qu’elle connaissait par cœur et que laquelle elle s’imaginait danser durant une éternité, sans que jamais ses jambes ne fatiguent, ni que son corps n’évacue de la chaleur et la rende suante. Les yeux verts surlignés de khôl sombre étaient posé à un endroit et n’en décollèrent pas, avant qu’Henriette entra dans la salle. Les paupières paraissaient plus lourdes avec ce trait noir dessus, et feignaient presque une indifférence fatiguée de la part de la di Milena, elle s’inclina, lorsque la seconde femme de France s’adressa à elle, puis osant se redresser, elle répondit.


    «- Ne soyez pas désolé Madame, il me semble qu’une femme telle que vous ayez grand à faire.»

    Comme faire vivre la cour de France, qui lui avait semblait pâlote en dehors de Monsieur et Madame, qui semblaient êtres les personnages vivants de celle-ci et permettais à celle-ci de ne pas être lugubre.

    «- Je serais ravie de vous suivre Madame.»

    D’où se trouvait l’Henriette, peut-être sentait-elle le parfum de la grande transalpine, un parfum appliqué avec soin sur ses poignets, l’arrière de ses oreilles et son cou et le creux de sa maigre poitrine, au parfum chaud rappelant un mélange entre un animal et du tabac. Son corsage brodé de motifs fleurit dorée semblait bien peu rempli et tombant dans la naissance de ses seins, les pendants de soie rouge de son ras de cou, terminé par une perle nacrée. Lyssa était honorée d’une telle attention, mais il fallait bien que la Petite souveraine se préoccupe de cette étrangère, nièce d’un homme suffisamment important pour qu’on veuille les faveurs de celui-ci ... À moins que l’Anglaise ne soit une de ces femmes Protestantes? Cela lui donna un frisson qui parcourut son dos de la nuque, jusqu’au bas de son dos, dans le bassin.
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Ven 12 Juin - 14:22

Outre quelques chuchotements de courtisans que la tenue de l’Italienne tira sans mal, un léger haussement de sourcils étonné fut esquissé par Henriette. Une membre de délégation pontificale habillée aux couleurs d’une prostituée, voilà bien de quoi faire parler. A l’élégance vestimentaire ce que Borgia avait été à la morale. Elle était belle, la rigueur catholique. Il faudrait absolument que Cosnac vienne poser les yeux sur cette Milena, elle lui tirerait ce petit plissement de nez désapprobateur qui plaisait tant à la duchesse pourvu qu’il ne lui soit pas adressé. En l’absence de l’aumônier et ne pouvant se permettre une remarque cinglante quand elle s’était promis la plus parfaite amabilité, la jeune femme chercha cependant un allié du regard. N’importe qui, quelqu’un qui comprendrait ce qui se passait dans sa tête et vers qui elle pourrait se jeter afin qu’ensemble ils déversent leur venin dès lors que Lyssa aurait le dos tourné. Un balayage rapide de la galerie et pour son plus grand plaisir ses yeux croisèrent ceux d’Alphonse, qui, quoiqu’en jolie compagnie, ne manqua pas d’adresser à Henriette une grimace de dégoût visant ostentatoirement à la faire rire. Pour cacher un rictus amusé elle n’eut d’autres choix que de masquer un instant le bas de son visage sous un éventail. Mais l’instant de gêne face à une toilette si... inhabituelle, admettons, ne durant qu’une poignée de secondes. Reprenant une attitude tout à fait policée elle offrit un sourire aimable à l’étrangère et marcha avec elle jusqu’à la sortie de la galerie, suivie par l’éternel essaim chatoyant et bourdonnant. Et avec lui les petites méchancetés qui éternellement fusaient à mi voix. Madame qui s’abaissait à, plus encore qu’adresser un mot, se mettre à la hauteur d’une femme – quoiqu’au vu de sa tenue on s’accordait déjà à dire que le terme de ‘fille’ eut été sans doute plus approprié – qu’on disait depuis peu bâtarde : cela donnait à médire.
Le mot avait en effet été récurrent ces derniers jours. Il n’avait pas fallu bien longtemps pour que de nièce on la dise progéniture, et que quelques histoires cocasses se tissent alors. Un avait d’abord prétendu tenir de source sûre qu’à Rome l’infidélité de l’ambassadeur avec une Orsini avait fait grand bruit. La possibilité que la maîtresse eut en réalité été la veuve d’un Colonna ou la fille Strozzi fut ensuite débattue longuement. Finalement on s’accorda à dire que le nonce avait de toute évidence un goût prononcé pour la gent féminine en dépit de son vœu de chasteté et qu’il avait très certainement eu sa bâtarde avec une simple servante. Bien sûr cette rumeur, devenue affirmation en moins de temps qu’il n’en fallait à Monsieur pour s’enticher d’un nouveau mignon, n’avait pas manqué de tirer une mine outrée à Henriette. Que les hommes d’Eglise soient aussi vertueux que Marie-Thérèse bigote était une réalité sans trop de mal acceptée, qu’on impose à la cour la matérialisation de la décadence devait être vu avec beaucoup moins d’indulgence. Et dire qu’on avait osé suggérer à Madame que la Milena soit reçue chez elle !
Mais bien évidemment pas de protestation possible. On ne mettait pas dehors la « nièce » officielle d’un nonce apostolique, surtout quand on n’avait pour seule preuve de la filiation qu’un tissu de suppositions alambiquées. Au demeurant cela n’empêchait ni mesquinerie ni complot. Si bien qu’il ne fallut que quelques heures à Henriette, avec l’appui de quelques précieux soutiens, pour dessiner le contour une idée qui, une fois mise en œuvre, pousserait la bâtarde à quitter la cour d’elle-même. Sa famille ne pourrait pas se permettre de doubler l’illégitimité à un second scandale.

Une fois à l’extérieur Henriette tourna la tête vers sa jolie proie.

- Appréciez-vous votre séjour en France ? J’ose espérer que les plaisirs que notre cour peut offrir n’ont pas déçu vos attentes.

Il semblait évidemment nécessaire d’échanger dans un premier temps quelques banalités concernées. La confiance ne pouvait être gagnée autrement que par un bienveillant intérêt.

- Je suppose que la vie romaine doit être toute autre.  

Pléonasme pour rappeler que de toute évidence aucune cour européenne ne pourrait jamais égaler le faste de celle de France. Quoiqu’en matière de rigueur sans doute même le gouvernement pontifical ne pourrait jamais surpasser l’Espagne. Et puis les Italiens étaient au moins capables d’esprit, eux. Sous couvert de sévérité il n’était en effet pas rare d’avoir écho de médisances romaines presque dignes d’attirer l’admiration d’un Lorraine. C’était dire. Un complot par ci, une trahison par là, pourvu qu’on tende l’oreille peut-être que la vie dans la botte n’était pas d’un mortel ennui.
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Dim 14 Juin - 20:46

Milena sourit. Malgré son indifférence feinte dans la journée, elle avait entendu les chuchotis sur sa tenue, elle en avait même discrètement rit. Le rouge. Une couleur bien ambiguë, la couleur de l’amour, la couleur du sang, mais la couleur des prostituées pour les contemporains de la jeune fille. Et pourtant, lorsqu'elle danse, elle s’imaginait un monde entièrement rouge, en fermant ses paupières, à moins qu’il ne s’agisse de la lumière faisant une tache sur les paupières fermer de la blonde. Le scandale vestimentaire, voilà ce qu’avait choisi Lyssa, lorsque son père l’amenait dans les différentes cours. Si elle parlait mal les langues, en bafouiller tout juste quelques mots, les regards restaient les mêmes, hautains et désapprobateurs, permettant au petit moineau déplumé de relever plus haut la tête. Sa bâtardise avait été abordée lors de son apparition auprès du Nonce. L’histoire servit avait été finement ficeler par celui-ci, et confié à sa fille. Ou plutôt à nièce. Celle-ci était la fille légitime de son défunt grand frère, Livio Angelo di Milena, qui fût marié à la délicate Monica Lisabelle di Milena. Le frère avait les yeux familiaux, si semblables à ceux de son petit frère et par chance, la mère était l’une de ses belles madonne, blonde vénitienne, ensemble ils avaient eu deux enfants et si le fils ainé était mort leur fille, elle avait disparue. L’évêque titulaire de Rapolla, nouvellement nommé avait profité de cette disparition, pour la faire réapparaître sous le nom de Lyssa Céleste di Milena, peu de gens avaient été proches du couple de son aîné et combien avaient pu voir la petite? Après tout, ce n’était qu’une fille ! Et peu de gens avaient eu à se soucier de son histoire personnel lorsqu’il fut nommé, trois mois avant la rencontre avec la petite blonde. Il avait confié cette histoire à l’enfant, qui avait hoché la tête. Pendant un certain temps, elle avait dû répéter chaque jour cette histoire, pour effacer la sienne et entrer parfaitement dans le rôle, au final, elle y parvint et put obtenir la fierté paternelle. Elle savait que sur son passage, il y avait plus de commentaires sur son existence que sa tenue, mais après tout, elle avait aussi choisi cette vie et l’avait accepté. Cela faisait des années que son père avait exercé ses fonctions d’ambassadeur dans les différentes cours et avait parfois, accepté de l’emmener avec lui, mais tout le monde savait, que la cour de France, était celle qui permettait aux évêques de devenir cardinal ensuite. C’était ainsi depuis longtemps et cela le resterait encore. Peut-être était-ce pour cela, que le di Milena, avait pris soin de mener sa fille avec lui? Car il savait qu’il devrait rester de longs mois, voir des années à court de France, comme ambassadeur, avant d’être nommé plus haut et de devoir retourner en Italie pour ne plus réellement en bouger? Elles marchèrent, jusqu’à l’extérieur et avec ravissement, la Milena retrouva le soleil, puis une fois que la petite reine de la cour, eue finie elle répondit à celle-ci, avec le plus de précaution, dont-elle été capable.

« - La France est plutôt plaisante, quand aux plaisirs dont vous parlez, je n’y ai pour l’instant pas pris part, mais cela viendra surement, après tout, je ne sais pas combien de temps je devrais rester ici.»

La France lui plaît, mais la France n’est pas l’Italie, elle aura peut-être bientôt le loisir d’aller visiter Paris et de s’habiller enfin à la dernière mode Française, mais pour l’instant, elle a réduit ses occupations à trouver ses repères dans les lieux et laisser son esprit vagabonder dans ces espaces. Elle s'est même surprise à commencer à lire un livre pour parfaire son Français encore et encore. À l’autre question, sa réponse se dessine rapidement dans l’esprit di Milena.

«- Madame, ma vie en Italie n’est guère différente pour l’instant de celle que j’ai mené ici. Paraître lorsqu’on me le demande et passer le reste du temps avec les artistes dont mon père est le mécène. Étudier également.»

Un léger sourire se dessine sur les lèvres de Lysa et la voilà qui confie à Madame.

«- Lorsque j’étais plus jeune, vers mes dix ans, mon père m’a parler un peu de la France et à partir de ce jour, j’ai toujours rêvé de venir. Je me suis donc employée à étudier le français, encore et encore pour le parler de mon mieux en venant ici.»

La confidence d’une enfant innocente, à une princesse qui l’est bien moins. Son esprit est moins complexe qu’elle ne cherche à le montrer, elle est bien moins fourbe aussi. Ce qu’elle ne dit pas, c’est qu’elle a passé des années à étudier plus que n’importe quelle autre enfant, ainsi elle avait une assez bonne connaissance de l’histoire, elle c’était d’ailleurs beaucoup intéresser aux histoires touchant l’Église dont son père faisait partie. Elle avait étudié discrètement aussi, la Réforme. Une religion qui rapidement lui tira des grimaces.
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Ven 26 Juin - 22:08

Tout en marchant lentement aux côtés de l’Italienne, Henriette continuait de la détailler du coin de l’œil et dû violemment prendre sur elle pour se retenir de déclarer que la moindre des choses, lorsqu’on représentait un allié étranger, était au moins de se plier aux règles de décence de la cour hôte à défaut d’avoir la politesse d’arborer la mode nationale. Décidément, ces couleurs indignes continuaient de lui piquer la rétine quoiqu’elle s’efforçât difficilement d’arborer un aimable sourire, une figure polie qui se prétendait faire capable de faire abstraction des apparences. Mais diable, qu’aujourd’hui Monsieur lui manquait. Si au nom de son plan qui supposait à court terme la sympathie elle ne pouvait pas se permettre de remarque cinglante, Philippe lui s’en serait donné à cœur joie. Et il fallait bien avouer qu’il y avait peu de chose plus divertissante que de le voir et l’entendre envoyer paître un ou une audacieuse qui avait eu l’outrecuidance – ou la stupidité, le terme le plus approprié pourrait mener à débat – d’ignorer les usages. Mais pas de cerbère de la mode dans les parages, il faudrait attendre une prochaine fois pour se délecter du spectacle.
Elle s’efforça d’écouter attentivement la jeune fille puis hocha légèrement la tête.

- Et vous parlez la langue admirablement, assura-t-elle d’un ton sincère. Votre accent est aussi léger que charmant.

On pouvait au moins lui reconnaître cela. Lyssa maniait le français plutôt bien. Mieux encore que la reine de France ! Ce qui au demeurant remettait plus en cause l’intelligence de la souveraine qu’exacerbait le mérite de la Milena.
Avant de descendre les escaliers qui faisaient descendre sur le grand parterre Madame s’arrêta et chercha du regard le vieux d’Artigues, chevalier d’honneur sans âge, qui encore une fois avait dû s’endormir dans un fauteuil trop confortable au lieu de rester à proximité de la duchesse. Constatant l’absence elle leva les yeux au ciel et consentit à descendre les cinq marches avec le soutien d’un des frères Créqui, qui a défaut de la charge avait de loin la noblesse suffisante. Bien trop de considération pour quelques pas seulement, mais l’Etiquette régulait chaque aspect de la vie à la cour, y compris de simples mains tendues. Problème protocolaire réglé et escaliers descendus sans s’être pris les pieds dans sa robe, Henriette se tourna de nouveau vers Lyssa pour rebondir sur ce qui avait été plus tôt dis.

- Si vous avez le goût des arts nul doute que vous vous ne ennuierez pas pendant votre séjour. Avez-vous déjà assisté à une pièce ?
Elle se rapprocha légèrement de l’Italienne et baissa la voix pour imiter le ton de la confidence.
- Je vous suspecte plus fine que tous ces dévots qui voudraient nous tirer de force du théâtre pour nous clouer aux bancs de la chapelle.  

Du menton elle désigna Marie-Thérèse et les vieilles duègnes acariâtres qui gravitaient autour. Aussi mal habillée que leur âme manquait de légèreté, la relève de ces dévots qu’on voudrait chasser dans l’entourage d’une femme pourtant encore jeune.
Au demeurant Henriette suspectait que Lyssa ne prendrait pas mal cette remarque concernant la parfois trop grande rigueur religieuse. De toute évidence son simulacre d’oncle n’était pas le plus à cheval sur la morale – les mauvaises langues diraient que comme beaucoup au Vatican il préférait être chevauché –, et au vu de la légèreté qu’arborait la prétendue nièce cette dernière n’était pas une zélée bigote.  

- Monsieur et moi-même partons pour Paris jeudi et assisterons à une comédie de Molière dans l'après-dîner, reprit-elle sur un ton plus sérieux.

De ces quelques occasions où les Orléans semblaient snober le reste de la cour et trainer leur monde hors de Saint-Germain. L’occasion de se retrouver en société plus restreinte de jouir d’une liberté relative. Ou parfois de mourir d’ennuie quelques jours. Heureusement ce dernier cas de figure se présentait peu. Et il s’agissait cette fois de profiter de l’agitation parisienne à présent que les beaux jours revenaient.  

- Et sans doute profiterai-je de l'occasion pour inviter Racine à nous faire une lecture. Avez-vous entendu parler de lui ? C'est un auteur très prometteur.  
Elle ne s'attarda pas sur le sujet et revint rapidement à plus de pragmatisme.
- Vous devriez demander à votre oncle la permission de nous accompagner.

Appâter la brebis par la perspective du divertissement, l’emmener loin des quelques repères qu’elle commençait à peine à prendre à Saint-Germain pour mieux la manipuler au milieu du fastidieux et sans pouvoir la perdre des yeux, l’idée était trop belle pour ne pas être lancée.

- Je suis certaine qu’il accèdera à votre requête, le voir vous intégrer à la cour le rendra assurément ravi.

Et au nom de la diplomatie sans doute mieux était-il recommandé de ne pas vexer une princesse française doublée de la sœur du roi d’Angleterre. D’autant que la proposition était inoffensive, venant d’une femme tout à fait vertueuse. Du moins depuis qu’on avait exilé l’amant.  
En attendant la réponse de son interlocutrice et se tourna vers un valet à qui elle demanda d’aller faire chercher son chien, qu’elle s’étonnait qu’on ait osé laisser à l’intérieur.
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Mar 25 Aoû - 21:27

    Les lèvres se relèvent pour crée un sourire sur le visage dorée de la grande Italienne. Ce sourire naît lorsque Madame complimente, compliment pour elle, remarque désobligeante pour la reine, mais elle ne l’a pas rencontrer la reine encore, elle n’a rencontrer que la petite reine, autrement dit, Madame. Du moins, elle n’a pas entendu parler des masses celle-ci. Aucune remarque sous-entendu n’avait été faite pour l’instant, sur le scandale de la journée, mais peut-être n’était-il pas si grave? Le vert était également la couleur de la jeunesse après tout, car comme tout le monde le sait, les jeunes gens sont instables. Madame était plus âgées et instruite  des usages de la cours. Elle resta silencieuse alors que l’Anglaise se fit aider pour descendre les marches qui se présentaient à elles, elle les descendit seule pour sa part, mais se fit la réflexion que la vie de la duchesse devait être bien ennuyeuse parfois, à être si règlementer. Puis Henriette se pencha vers elle à sa surprise, pour lui glisser quelques mots, des mots qui lui tirèrent la grimace légèrement. La voilà partager et elle du réfléchir un moment pour répondre à la brune de son mieux. L’art était pour elle un élément essentiel à sa vie, un peu comme le besoin de s’habiller ou de manger, voir de respirer, mais Leandro lui avait enseigner aussi que manquer une prière était une chose grave, une chose qui ne devait pas arriver, pas chez elle. La protégée d’un homme d’Eglise ne pouvait se permettre de rater la prière. Le tiraillement était complexe pour Lyssa, jusqu’à qu’elle parvienne à articuler alors quelques mots, quelques syllabes réfléchit longuement.

    «- Il est vrai ... que je préfèrerais de loin assister à une pièce que d’aller à la chapelle ... néanmoins, je préfère me plier aux volontées de mon oncle et respecter les prières ainsi que les vertues demandés aux fidèles. »

    Voilà. Madame avait une réponse de l’italienne à l’accent chantant. Elle espérer que celle-ci serait satisfaisante pour la princesse, car ces mots définissaient bien son sentiment à elle. Vint ensuite, la proposition pour sortir à Paris, une proposition qu’elle s’empressa d’accepter, sans songer aux risques pour elle, de quitter un environnement tout juste famillier.

    «- J’accepte volontier de vous accompagner à Paris, je penser demander à Leandro de m’y rendre justement, il parait que les meilleurs tailleurs s’y trouve ... Je pensait pouvoir ajouter une pièce ou deux à mes malles, dans de jolie tons pâle. »

    Elle se rendit alors compte que trop de paroles, de justifications étaient peut-être sortie de sa bouche, peut-être que cela agacerais l’Anglaise. Pourtant c’était ainsi que les pensées de la blondinette s’articulaient. En raison et en réponse, aux paroles de la princesse.

    «- J’accepte donc, vous sauriez me dire ce que je devrait prendre pour venir avec vous? »

    L’espoire et le ravissement se lis dans les prunelles vertes de la jeune fille, naïvement, elle pense qu’elle pourrait être amie avec Madame, naïvement, elle ne se doute pas des idées que l’Anglaise à derrière la tête et encore plus naïvement elle tombe dans le piège, dans le guépier crée par la duchesse. La vie éloignée de la cours n’aura pas fait que du bien à la grande, jeune et naïve italienne.
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Sam 26 Sep - 20:48

L’Italienne s’habillait avec un soin qui avait tout sauf de la rigueur religieuse et voilà qu’elle déclarait humblement préférer se plier aux divines exigences. Un joli paradoxe qui ne manqua pas de faire sourire Madame. Car si respecter la prière était une chose, devenir bigote en était une autre. Et la tristesse que dégageaient les acariâtres duègnes de Marie-Thérèse dissuadait quiconque doté de raison de trop tomber dans la religion. Cela gâtait le teint, c’était évident. Mais puisque Lyssa semblait tenir à ses principes il serait d’autant plus amusant de les lui voir tôt ou tard trahir. Cependant on était encore très loin du croustillant qu’elle espérait, pour le moment il était simplement question de jouer l’enthousiasme. Suite à la réponse de la jeune fille Madame frappa donc vivement dans ses mains pour exprimer son contenter.

- Excellent ! Je suis certaine que vous vous y amuserez beaucoup.

C’était chose sûre, à Paris on ne s’ennuyait jamais, surtout quand on venait de subir une cour en deuil. Lyssa connaîtrait des divertissements en tous genres qui lui changeraient assurément de son quotidien dans les jupes d’un nonce. Fêtes et amusements à n’en plus finir, elle n’aurait d’autres choix que de s’enivrer. Et d’apprendre les usages, dont elle continuait de prouver qu’elle ne les avait pas totalement intégré. Il fallait bien être nouvelle pour ne pas savoir que lorsqu’on se déplaçait avec les Orléans on ne ménageait rien, surtout pas le dos des valets qui porteraient les malles de vêtements.

- Prenez tout, voyons.

Plutôt que de se laisser gagner par l’envie de rire face à cette candeur la duchesse parvint à afficher un visage compréhensif et presque attendri. Avec un sourire bienveillant elle tourna donc la tête vers Lyssa.  

- N’oubliez pas que chaque occasion est bonne pour plaire, lui glissa-t-elle à d’une voix un peu plus feutrée. En tout bien tout honneur, cela va s’en dire.

Tout en tournant en direction d’un bosquet qu’elle appréciait assez Henriette reprit plus haut.

- Vous devez donc avoir près de vous vos plus beaux atours, affirma-t-elle en levant un index dictatorial. Geste qu’elle pouvait sans prétention se permettre puisqu’elle faisait à la cour figure de référence en matière de goût. Un autre trait qu’elle partageait avec son mari, quoique celui-ci était en plus doté d’une extravagance qui frôlait parfois le ridicule.
Henriette posa une main sur le bras de Lyssa pour la convaincre qu’elle ne lui voulait que du bien.

- Et je m’assurerai qu’une de mes dames de confiance vous accompagne chez les tailleurs les plus renommés afin que la mode n’ait plus aucune avance sur vous.

Du bout des doigts elle attrapa la dentelle qui dépassait de la manche de Lyssa et l’examina quelques secondes avec attention. D’une belle qualité bien sûr, et dont la finesse jurait même avec l’ensemble qu’Henriette jugeait mal pensé. Au moins la bâtarde ne manquait pas d’argent, cela lui faisait au moins une qualité. La duchesse lâcha le tissu et haussa les épaules avec un certain fatalisme.

- Car la cour ne reste malheureusement pas longtemps indulgente et d’exotique nouveauté vous serez bientôt passée à jeune femme installée.
Quoique la bienveillance des courtisans était toute relative. La plupart avaient même un goût prononcé pour prendre en griffes quiconque ne satisfaisait pas leurs critères. Madame la première. Mais que l’Italienne garde encore un peu ses illusions, il était toujours amusant de voir une oie blanche pleine d’espoirs avant qu’elle ne réalise dans quel nid de serpents elle se trouvait.
- Il faut donc vous faire au goût français, dont je suis sûre que vous ne pourrez bientôt plus vous passer.

Henriette fit une pause de quelques secondes, le temps de lever les yeux vers le ciel et de constater que le soleil pointait dangereusement le bout de son nez. Et tout distrait –et donc incompétent !- qu’il était, il fallut faire signe au valet qui la suivait afin qu’il daigne d’approcher avec une ombrelle. L’ombre revenue au-dessus de sa tête, elle se retourna vers Lyssa.

- L’Italie a bien évidemment du bon, mais toute l’Europe ne nous envie pas pour rien.  

Du Saint-Empire à la Russie, les femmes de toutes les cours rêvaient des ensembles français et jusqu’au bout de l’Europe où attendait ce jour où la fameuse poupée viendrait dicter les modes. Toute attachée à son pays qu’elle devrait être, à force de côtoyer une élégance inégalable Lyssa serait forcée de reconnaître que Rome était encore à la traine.  
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Dim 31 Jan - 22:45

Elle garda le silence un long moment, la belle italienne. La transalpine au sang bouillonnant normalement, bouillonnant d'idées, de fantaisies qu'elle ne pouvait pas toujours partager, à l'art, coulant dans ses veines bleutées. Elle répondit, presque sans réfléchir, aux piques quant à son goût.

« - Le goût français est sûr et renommé, je le sait. Je rêve de votre pays depuis bien longtemps, mais n'est-ce pas en faisans comme les autres, que nous devenons ombre, parmi les ombres ? »

Devenir une expatriée, mise au goût français ne l'enchante guère, elle garde donc sa confiance en elle, balayant d'un revers de conversation, les suspicions sur son extrême timidité ou sur son tuteur de père. À peine visible, sur sa joue, se dessine une légère fossette, alors qu'elle s'imagine, accoutré de pâle et les longueurs bouclé, comme toutes les françaises. À la fois innocente et effrayante, avec son visage anguleux.

« - J'ai peu l'habitude de fréquenter les cours Madame, mais je craint qu'à faire comme les autres, à n'être comme les autres, alors je me perde moi-même. »

Son identité, quelle est-elle ? C'est celle de la belle Milena, à la fois calculatrice et vénale, à la fois confiance et curieuse. Curieuse de ce pays, confiante en ses provocations, calculatrice dans ses choix et vénale, pour le reste. Elle révèle également son sang chaud, ne pouvant tenir trop longtemps face à des insultes répétitives et guère cacher sur son adoré pays. Sur son adoré soleil d'or, sur ses campagnes verdoyantes, sa concentration d'artistes sans fin et ses villes grouillantes de vie, comme si Paris trouvait enfin de la beauté. La lippe se trouve torturer un bref instant par l'émail blanc des dents, pour qu'ensuite, la chaleur de la voix se fasse entendre.

« - Il faut dire que la France sait exploiter les talents de nos artistes. »

Elle parle d'art, car elle aime l'art. La danse et la peinture sont ses deux arts préférés. Il faut dire qu'elle tient cela de Leandro, celui-ci étant le mécène de plusieurs artistes, puis les apprenties quittent les maîtres que l'évêque finance et parte alors voler, de leurs propres ailes, chercher un mécène et constituer leurs propres ateliers et réputation. Milena ne laisse guère le temps d'en placer une et ajoute alors.

« - Je vous remercie de vos conseils et je les garde précieusement, je vais faire comme vous me dites et prendre toutes mes malles, alors. »

Parce qu'il est important malgré tout de montrer sa reconnaissance à ceux qui accepte de nous aider. Même si cela n'est pas forcément pour notre bien, mais ça, la jeune femme ne le sait pas, bien qu'elle apprenne rapidement, elle n'est pas totalement consciente des intentions de tout et chacun.
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Pourquoi un corbeau ressemble-t-il à un bureau ?Pourquoi un corbeau ressemble-t-il à un bureau ?
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Sam 13 Fév - 23:18


Le désir d’individualité de Lyssa lui sembla un instant presque aussi amusant que naïf. Mais il lui faudrait apprendre qu’on brillait à la cour de France par sa soumission et son imitation parfaite du goût princier, en aucun cas par l’altérité. Qu’il fallait être prétentieux pour croire sincèrement que sortir des cadres établis et oser afficher une véritable personnalité puisse ici être récompensé. Madame n’eut cependant pas la cruauté de couper l’élan inspiré de l’Italienne. Ou du moins fut trop occupée à s’imaginer méchamment la mine que celle-ci afficherait le jour où elle se rendrait enfin compte qu’à défaut d’être le centre du monde elle risquait de devenir celui des moqueries.
Il était au demeurant bien dommage que la jeune fille soit aussi bâtarde que dotée d’un sens esthétique particulier, puisqu’avec ses airs de poupée et cette fraicheur perceptible elle aurait pu être d’une compagnie décente. Peut-être même agréable. Malheureusement aucune qualité ne ferait jamais oublier à Henriette le poids du sang, l’importance de l’avoir pur lorsqu’on le vantait bleu.
Lorsque la Milena eut fini son ode à la différence, articulant au passage une observation – pertinente mais vexante pour l’esprit français d’Henriette qui voulait ses artistes supérieurs à tout autre – sur le talent italien, la duchesse appuya un sourire. Impétueuse sans doute sans le vouloir, Lyssa contredisait beaucoup mais avait au moins la bienséance de reconnaître la valeur d’un conseil. Plutôt que relever ouvertement l’énergie frondeuse de l’Italienne – cela la desservirait bien assez tôt – elle ne réagit donc qu’au remerciement.

- Vous m’en voyez ravie.

Prête à enchaîner en une remarque faussement bienveillante sur tout le bien que l’étrangère trouverait à Paris une fois qu’elle l’aurait découvert, elle aperçut à une centaine de mètres d’ici, près du château, la silhouette familière de la princesse de Monaco. Et quoique cette dernière se trouvât de toute évidence en galante compagnie – tout au moins masculine, mais la connaissant l’un équivalait presque automatiquement à l’autre –, l’apercevoir donna aussitôt à Henriette l’envie irrépressible de lui confier toute l’espiègle malignité que lui inspirait l’Italienne qu’elle avait encore à ses côtés. L’attrait des médisances étant sans surprise bien plus fort que celui de la théâtrale bonté, elle s’arrêta donc net et se tourna vers Lyssa avec une mine faussement embêtée.

- Veuillez m’excuser, votre compagnie est plaisante mais à trop m’attarder je risquerai de me mettre en retard chez ma belle-sœur.

Excuse pitoyable, allant jusqu’à tirer quelques rires étouffés aux demoiselles qui se trouvaient dans son sillage, quand on savait toute la mauvaise volonté que Madame déployait habituellement lorsqu’il était question de rendre visite à la reine. Quelle déficience d’engagement dans la complicité ! Quand bien même le manque d’énergie dépensée pour se fabriquer une échappatoire crédible était si flagrant qu’elle-même le jugeait risible, laisser filer le moindre rictus en face de la proie de Madame relevait de l’absence de coopération. Afin de faire un exemple et de retourner la situation pour ne jamais laisser croire à Lyssa qu’elle puisse être la cible de la moindre raillerie, Henriette lança un regard noir à une jeune femme choisie au hasard.

- Votre manque de respect pour Sa Majesté est affligeant, mademoiselle, et me déçois beaucoup. Prenez un autre chemin, votre vue m’irrite !  

La pauvre était peut-être la seule qui s’était tenue, mais elle avait dans tous les cas le défaut de s’être trouvée dans le champ de vision de la Stuart.
Comme si de rien n’était elle revint vers la blonde, sur l’avant-bras de laquelle elle posa rapidement une main amicale.

- Passez demain chez moi, je vous ferai connaître ceux que vous ne pouvez ignorer à la cour.  

Et une rumeur était toujours beaucoup plus amusante lorsqu’elle se propageait quand la victime se trouvait dans la pièce. La perspective du prochain salon tenu la réjoui ainsi encore un peu plus, supposant seulement que cela soit possible.
Puis en un dernier sourire elle clôt la conversation.

- Au plaisir, mademoiselle.

Après un aimable signe de tête, gage d’une considération certaine, elle prit donc congé de Lyssa, songeant à présent à tout ce qu’elle avait de drôle à confier à sa Surintendante.

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