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 A quatre mains [Louis-Victor de Mortemart & Catherine de Monaco]


Lun 22 Juin - 11:02


A quatre mains




« Une femme vertueuse est celle qui, avant d'entrer chez son amant,
ôte son alliance et enlève sa chaîne de cou et sa petite médaille bénite. »
Gabriel Soulages - Du Cœur

La Duchesse de Valentinois avait fait parvenir un pli à Monsieur de Mortemart lui indiquant qu'elle était toute disposée à lui rendre visite le mardi qui approchait à grands pas. Elle avait pris cette habitude de le faire prévenir par une lettre cachetée, afin qu'il puisse être seul. Ce n'était pas par pudeur, puisque la liaison qu'ils entretenaient depuis plusieurs années déjà, avait survolé les rumeurs de la Cour. Et c'était la meilleure des choses. Le Duc de Vivonne était le frère de la Montespan, l'une des rivales en titre de Catherine. La Princesse ne doutait pas du courroux qu'aurait pu lui inspirer leur relation infidèle, née d'un simple regard.

Catherine était mariée depuis un an à Louis Ier de Monaco à qui elle ne vouait pas un amour véritable. Rapidement, elle avait fuit le Rocher pour la Cour du Roi. C'est là qu'elle a croisé son regard pour la première fois, il n'a suffit que d'une fois pour que le Duc de Vivonne envoûte la jeune femme qui n'avait que vingt-deux ans et était déjà mère d'un petit garçon. Elle n'avait pu oublier le contact de ses doigts sur sa main, le son de sa voix. Tout en elle la poussait vers le Duc. Elle n'ignorait pas sa réputation de coureur de jupons, mais elle ne cherchait pas l'amour. Peut-être la chaleur d'une compagnie qui, contrairement à celle de son mari, n'allait pas lui hérisser le poil. Ils avaient entamé une relation intime, brûlante et passionnée pendant un an environ, avant que Catherine ne soit forcée de quitter Saint Germain et ses multiples amants, Louis-Victor en tête.

Cela faisait maintenant deux ans qu'elle avait regagné la Cour, avec une place de choix aux côtés de Madame Henriette d'Angleterre. Rien n'avait changé, si ce n'est une naissance nouvelle chez les Monaco. Lorsqu'elle regardait sa petite Marie-Thérèse, Catherine ne pouvait s'empêcher de penser au Duc de Vivonne. Longtemps, elle avait pensé que l'enfant était de lui. Mais elle n'en avait jamais rien dit, ne sachant pas ce qu'il en était vraiment. Dès son retour, elle avait profité de la couche de Louis-Victor de Mortemart qui gardait, en son cœur, une place de choix. Elle le considérait comme un véritable ami, le plaisir charnel en prime. En lui, la Princesse de Monaco semblait voir son propre reflet de séductrice. Il se passait parfois plusieurs semaines avant que l'un ou l'autre n'ait envie de partager quelques heures avec son amant de jeunesse.

Fébrilement, la Duchesse de Valentinois avait réfléchi à la tenue qu'elle allait porter pour ce jour tant attendu : des bas à sa parure de bijoux, tout avait été savamment étudié. Elle avait opté pour les jupons qu'elle portait lors de leurs folles retrouvailles deux ans auparavant, une longue robe en soie rose poudrée, celle dont le corset galbait sa poitrine bien faite. Elle avait décidé d'enjoliver le tout avec une parure de perles rosées que lui avait offert le Duc de Vivonne. Ainsi vêtue et parfumée, la Princesse se rendit jusqu'aux appartements de Monsieur de Mortemart.

Elle signifia sa présence en donnant deux petits coups succins sur la lourde porte avec son majeur afin qu'il la reconnaisse. Elle entra et s'inclina légèrement en guise de salutations formelles.  

« Monsieur le Duc. C'est un plaisir de vous revoir enfin. »

Cela faisait bien plus d'une semaine que les deux amants ne s'étaient pas entretenus, et, si Catherine avait eu de quoi s'occuper avec les jeunes courtisans, le Duc de Vivonne lui avait tout de même grandement manqué. La Princesse de Monaco lui reconnaissait être l'un des meilleurs amants du château, et de tout le royaume sans aucun doute.

« C'est un temps à aller à la chasse. N'avez-vous pas envie de trouver un gibier à votre hauteur ? »
Bien entendu, c'est à elle qu'elle faisait finement allusion. Elle posa sa main sur l'épaule du Duc.
« Il est si aimable de votre part de préférer à cela la compagnie d'une vieille amie. »

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Mar 18 Aoû - 20:15

Vivonne aimait a se croire unique. Oh certes il avait une réputation de coureur de jupons et il fallait reconnaître qu'elle était méritée. Mais il aimait a se voir comme un cœur d'artichaut, souvent séduit et donc infidèle mais avec très peu de "Grands Amours" plutôt que comme un grand séducteur jouant avec le cœur des femmes. C'était s'illusionner soit même mais on ne pouvait nier que Vivonne séduisait de moins en moins de femmes et que les relations s'allongeaient depuis quelques années:

Là ou pendant longtemps Ninon, sa grande amie et son Premier Amour, et Antoinette-Louise, son épouse qu'il aimait malgré tout les mensonges, avaient été les seuls points fixes de sa vie sentimentale, il fallait bien reconnaître que deux autres points de fixations étaient apparus et prenaient une place de plus en plus importante dans la vie du Duc.

Le fidèle lecteur des chroniques de Vivonne connaît déjà le plus récent de ces deux points fixes: il s'agit de la flamboyante Madeleine Béjart qui ravit autant l'amateur de théâtre que l'amoureux transi qui sommeillent en Louis-Victor.

Nous allons ici faire connaissance avec une tendre amie du Duc. Il s'agit de Catherine de Monaco, amante régulière du Duc depuis deux ans et présente en son cœur depuis quatre ans.
Une relation aussi longue ne va pas sans habitudes: Lorsque le hasard ne les réunissait pas en soirée, ils se faisaient parvenir de courtes missives, plis discrets permettant de s'organiser.

La raison était fort simple: les deux amants étaient mariés et, de plus, Catherine et les sœurs du Duc n'étaient pas, loin s'en faut, bonnes amies. Il fallait donc ménager les sensibilités même si le tout Paris savait. Il y avait même eu des rumeurs d'enfants au moment ou Catherine avait quitté la Cour. Mais depuis, des rumeurs plus fraiches avaient pris place et Vivonne les avait mis dans un coin de sa mémoire car Catherine le lui aurait dit, non?

Quoiqu’il en soit, le Duc se retrouvait dans ses appartements, vêtu de sa dernière tenue à la mode, un chocolat bien chaud attendant Catherine. Celle-ci frappa à la porte selon son habitude, et le Duc alla ouvrir, lui souriant doucement alors qu’elle s’inclinait. Il lui fit un baise main lorsqu’elle se releva et sourit.


«Princesse, le plaisir est mutuel. »

Eu-t-il le temps de dire avant que Catherine parte dans une charmante tirade sur la chasse et l’âge qu’elle avait. Refermant la porte, Vivonne lâcha un rire.

« Vieille, vous ? »
Il était de notoriété publique que Vivonne était un amant régulier de Ninon de l’Enclos, une femme magnifique mais vingt ans plus âgée que Catherine. Mais ce n’était pas pour cela qu’il s’amusait de ce propos :

« Si vous êtes vieille, que dire de moi qui suit de quatre ans votre aîné ? »

Prenant le bras de la jeune femme, il la guida jusqu’au fauteuil.

« Que diriez vous de prendre un bon chocolat assis dans de confortables fauteuils. Cela fera du bien à nos vieux os. »
Joignant le geste a la parole il aida la Monaco a s’asseoir, prit place autour du guéridon et servit deux tasses de chocolat. .

« Quand au gibier, vous savez que mes goûts sont plus semblables aux vôtres dans ce domaine. »

Le Duc souriait doucement. Il était content d’être en compagnie de sa tendre amie. Il fallait reconnaître qu’elle lui avait manqué ces dix derniers jours.
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Titre/Métier : Duc de Vivonne, Premier Gentilhomme
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Situation : Marié à Antoinette, 5 enfants légitimes

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Mer 9 Sep - 1:15

Les relations se font et se défont. Même les tissus les plus nobles s'usent avec le temps. Les relations sont comme le corps : fragiles. Au moindre courant d'air, il est possible de mourir. Fini. Rien n'est plus et vous êtes oubliée ; vite remplacée. Les hommes ont cette faculté de vous chasser comme un vilain souvenir, éventer votre spectre dans leur esprit en secouant la tête. Garder près de votre cœur battant l'homme chéri est un défi lancé chaque jour. Vous devez souffler le chaud, vous devez souffler le froid. Jouer lundi le feu ardent et être de glace le jour suivant. Et surtout, évitez ma chère de vous montrer jalouse. Ce sentiment qui pousse parfois la meilleure des âmes au délire n'est jamais bon. Un homme - le vôtre n'échappant pas à cette règle, je vous le dis - a besoin de voir du pays. Le mieux que je conseille serait de trouver vous-même du réconfort dans les bras chauds d'un autre. La vie n'est que tromperie. L'important est d'être discrète, et sinon, garder le menton haut et le dos droit.

Catherine de Monaco avait écrit ces mots, envoyés à une tendre amie en peine. Sous sa plume folle, elle pensait à Louis de Monaco, son mari; et à son amant qu'elle gardait au chaud, tout en sachant qu'il n'était pas en reste de bonne compagnie. La réputation de Monsieur de Mortemart n'était plus à faire. Et celle de la Duchesse de Valentinois déjà entachée. Elle jouait avec son amant comme une enfant aventureuse en bravant l'interdit moral. Elle savait que celui qu'elle avait pris comme amant régulier se perdait dans d'autres bras, se délectait d'autres gorges. Il était son pendant au masculin, presque un miroir dans lequel brillait son reflet.

Elle avait su le garder pendant deux années consécutives. Il avait réussi à ne pas la lasser, elle qui s'ennuyait rapidement de tout. L'âme de Catherine était à la découverte, à la nouveauté. La mécanique d'une vie plate n'était pas la sienne. La Duchesse était vivante. La vie était précieuse. Elle offrait trop de cadeaux pour qu'on refuse de s'en délecter. Les plaisirs de la chair n'étaient pas exempts. Aussi, pour qu'une histoire entre le Duc de Vivonne et la Princesse de Monaco puisse être écrite fallait-il qu'elle soit singulière. Qu'importe s'ils ne se voyaient pas tous les jours. Le désir naît du manque et le manque se crée. Et puis, il ne fallait pas fissurer la façade familiale. Et il était de notoriété publique que Catherine ne pouvait souffrir l'entourage proche du Duc - entendez par cela qu'elle ne supportait pas sa sœur, la Montespan, qu'elle jalousait en secret, mais n'aurait jamais avoué à personne - pas même à Madame, sa plus proche confidente pourtant.  

Les rendez-vous étaient toujours pris quelques jours en avance, laissant soin à chacun de s'y préparer. Ainsi, en poussant la porte de l'appartement de Louis-Victor, la Duchesse de Valentinois avait savouré ses retrouvailles avec un ami cher. Ses traits ne changeaient pas. Il était toujours le même - à défaut du costume.

La Princesse était bavarde. Si bien que, même en pénétrant dans les appartements de l'un ou de l'autre, elle ne pouvait tenir sa langue bien longtemps, débitant sur la pluie, ou sur le beau temps, ou tentant une plaisanterie, petite et piquante, réussie ou non. Alors qu'elle évoquait son âge qu'elle considérait comme grand, le Duc rit à son nez.

« Et bien, je répondrais que nous n'auront peut-être pas le plaisir de vivre aussi longtemps que notre chère Anne d'Autriche. »
La remarque était acerbe, le nom craché ne semblait mériter le respect de Catherine, respect que la cour entière devait à la famille royale. La reine mère était morte à soixante-quatre ans, et, si elle ne s'en était pas ouvertement réjouie, Catherine avait ressenti un soulagement grand. Elle détestait celle qui l'avait contrainte à l'exil et ne s'en cachait pas avec ceux en qui elle avait une confiance profonde.

Ceci dit, soutenue par Louis-Victor, Catherine gagnait le fauteuil qu'il lui présentait. Gracieuse, les pans de ses robes gonflés, elle s'asseyait, droite, attendant qu'il prenne place à ses côtés.
« Le chocolat est le remède à tout. »
Elle tendit la main vers l'une des deux tasses fumantes, la porta à ses lèvres rosées et bu une gorgée du liquide foncé. Le breuvage était bon, revigorant.

« Insinuez-vous que je chasse à ma façon, Monsieur de Mortemart ? »

Catherine était joueuse, piquante. La semaine passée avait été ennuyeuse et elle comptait sur cette entrevue avec le Duc pour se changer d'un quotidien somme toute assez terne.

« Il faut bien trouver une occupation, mon ami. La correspondance et l'écriture ne font pas tout. La promenade est une bonne compagne, mais le parc a la même allure chaque jour, et le même bruit court entre les feuilles des arbres et les murs du château. Et voir la Vallière toute la journée, est-ce une vie selon vous ? »

Bien sûr, le Duc de Vivonne était un homme, il ne pouvait pas comprendre tout des histoires de dames. Mais elle se plaignait, et ce n'était pas la face qu'une maîtresse devait montrer à son amant, aussi bon ami fut-il.
 
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Jeu 17 Sep - 9:38

Vivonne était des plus ravis par la présence de la princesse de Monaco. Il ne fallait pas se leurrer, si deux personnes aussi volage ne cessaient de se retrouver c'est bien qu'ils étaient unis d'abord et avant tout par une tendre amitié, pas simplement par de charnels plaisirs qui, malheureusement, ne pouvaient être éternels. Et cela se caractérisait par le simple plaisir qu'ils pouvaient avoir dans leurs babillages qui n'avaient pas toujours grand intérêt mais qui, toujours, leur procurait plaisir.
Ainsi le Duc ne pouvait que sourire pendant que la duchesse de Valentinois faisait référence au décès d'Anne d'Autriche.


"Je vous reconnais bien dans ce trait d'esprit... Mais j'avoue bien espérer vivre au delà. N'êtes vous point curieuse de suivre les hauts faits de vos enfants et la naissance de vos petits enfants?"

C'était certainement le côté père de Famille de Vivonne qui s'exprimait a ce moment mais venant d'un homme avec cinq enfants connus et choyés ce n'était point étonnant.

"Mais je ne peux nier mon inquiétude vis a vis de mes charmes et des outrages du temps."

Le Duc sourit alors, il avait un peu de mal a garder son sérieux alors que les deux amants prenaient place et se retrouvaient avec un délicieux chocolat entre les mains.

"Je partage votre opinion vis-à-vis du chocolat. Celui-ci vous plait? Ce n'est pas mon habituel fournisseur mais on m'en a dit le plus grand bien, et je tenais a le découvrir avec vous."

Déclara doucement le Duc, attendant que Catherine goute, lui laissant cet honneur. Visiblement elle le trouvait bon et il sourit doucement, buvant a son tour. Et voila que le thème de la chasse était abordé. Le Duc sourit et entama sa réponse:

"Il est certain que faire la même promenade chaque jour est fort lassant, même s'il y a pire compagnie que La Vallières. Et a force de gratter le papier, les pages peuvent finir par rester désespérément blanches. Alors peut-être que ces occupations suffisent aux proies mais vous et moi sommes des prédateurs. Nous avons besoin du frisson de la chasse et, de temps en temps, de nous retrouver entre prédateurs. Comme maintenant."

Le Duc poursuivit sa métaphore après un sourire enjôleur:

"Donc oui j'insinue que vous chassez. Tout comme moi. Nous avons été éduqué par des prédateurs et nous sommes devenus les prédateurs dominant de cette cours, ou nous savourons les charmes de nos proies et, de temps en temps, nous nous trouvons un prédateur auprès de qui nous éprouvons une relation amicale ou sentimentale et un challenge pour nos propres capacités de prédateur. Et un jour nous prendront des jeunes et en feront des prédateurs a notre tour, tout cela au plus grand désarroi de la proie que j’ai épousé.»

Le Duc reposa sa tasse de chocolat et regarda la Duchesse. Il ne se lassait pas des charmes de son amante, les charmes physiques n’étant d’ailleurs pas ses principaux atouts bien qu’ils fussent non négligeables. Mais, il fallait le reconnaître, ils étaient bien trop semblables et c’était donc une chance, pour leur relation, qu’ils aient été mariés a d’autres personnes : S’il leur avait fallu se voir plus souvent qu’ils ne se voyaient, Vivonne pensait, ou s’était-il convaincu ?, que leurs sentiments et cette tendre amitié n’aurait jamais survécu. L’infidélité et le bonheur conjugal n’étaient pas conjugable sur le long terme pensait Vivonne, se basant sur tous les couples qu’il connaissait, le sien en particulier.
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