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 Les affaires de grandes personnes sont décidément tout à fait contrariantes • Monsieur [Au Palais-Royal / Flashback]


Lun 26 Oct - 10:55

La tentation de haïr la terre entière avait ces derniers jours été atrocement forte. Evidemment La Reynie faisait toujours office de numéro un, mais il fallait avouer que Molière ne se trouvait pas loin derrière. Après un simulacre d’altercation avec l’homme de loi, il semblait en effet qu’il avait jugé bon d’abandonner son titre de chef de troupe afin de retourner se lamenter à Auteuil, sous prétexte que la nouvelle infidélité de sa femme lui donnait tout Paris en horreur. Mais pauvre homme, s’il ne voulait pas être cocu il aurait surtout dû ne jamais l’épouser, cette blonde ! D’ailleurs parlons-en, de la Armande, qui plutôt que de compatir aux difficultés traversées par la troupe trouvait qu’il valait mieux continuellement se plaindre de la façon dont les évènements se mettaient en travers de son quotidien. En somme elle s’était trouvé un point commun avec Marquise, qui de son côté ne manquait pas de rappeler que ces ennuis judiciaires lui donnaient de nouveau l’envie de claquer la porte. Fort heureusement il y avait bien la Grange pour soutenir Madeleine, mais jugeant que face au duc d’Orléans elle était la plus à même à défendre leur cas, il la laissa lâchement se rendre chez le prince. Absolument vide d’envie elle alla donc à reculons au Palais Royal, contournant aujourd’hui le théâtre pour répondre à la convocation dont avait fait abstraction ce malade imaginaire de Molière, jugeant que dans tout son malheur il se risquait à devenir un piètre avocat. Ou de l’art de se dédouaner des plus désagréables responsabilités. Une nouvelle fois prête à s’aplatir lamentablement face aux reproches qui viendraient sans doute elle attendit un moment dans un salon avant qu’un valet ne vienne la mener où se trouvait le maître des lieux. Exquis moment de sourires forcés et de tournures tarabiscotées pour contrer l’évident qui s’annonçait. Que du bonheur, en somme.
Face au prince elle s’inclina élégamment, affichant un visage faussement paisible.

- Votre Altesse Royale.

Madeleine se releva et rapidement anticipa la question qui ne manquerait pas.

- Monsieur Molière m’a fait charger de l’excuser de son absence, s’il n’avait été si souffrant il serait bien évidemment ici.

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Dernière édition par Madeleine Béjart le Mar 3 Nov - 15:15, édité 1 fois
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Dim 1 Nov - 17:26

    Quand il fallait tenir sa maisonnée, il fallait aussi tenir sa réputation. Cette dernière tenait en trois sujets forts simples. La réputation la plus évidente, éclatante et parfaite bien sûr, tenait dans les mains des Maitres de celle-ci. La seconde dans leurs relations préférablement nombreuses et distinguées. La dernière enfin et qui parfois se mêlait a la deuxième était non pas moins nécessaire et pas forcément plus servile, puisque détenue par ses gens. Or il n'y avait rien de plus fâcheux qu'une situation judiciaire laquelle était le plus souvent accompagnée d'un épisode policieux fort inopportun. Il ne suffisait pas que chaque corps d'une réputation ne souffrit le désagrément judiciaire mais qu'ils fussent attentifs à ce que l'un n'entraîne pas l'autre dans un travers malencontreux. Ce qui était inévitable quand d'une manière ou d'une autre on était aux prises avec le barreau.
    C'était donc un trouble judiciaire contre sa troupe favorite qui avait perturbé la tranquillité du Frère du Roi et avait conduit à la convocation qui attirait Madeleine Béjart dans l'intimité du Palais-Royal. Intimité fort dérangée par ailleurs puisque Philippe d'Orléans avait ressenti la soudaine nécessité de remettre de l'ordre dans cette maisonnée qui foutait le camp et accueillir Molière dans un environnement pour le moment chaotique avec ses chaises rangée en pile, ses tableaux décrochés, ses vases de porcelaines éparpillés et qui pourtant était commandé par Philippe comme un régiment sur un champ de bataille. Tout était très clair dans son esprit, y comprit l'apparent désintérêt de son accueil pour le Sieur Poquelin. Sieur qu'il n'accueillerait pourtant pas.
    Contrairement à son habitude, la voix de Madeleine Béjart ajouta la déception à l'irritation cause de la présente convocation.


    - Mal lui en a pris,
    répondit sèchement le prince en se tournant vers la Comédienne. Votre charge de substitut ne vous dispense pas du devoir des ambassades, je vous ai connue plus civile Mademoiselle Béjart.

    Il n'y avait rien de mieux qu'une erreur d'Etiquette pour dresser contre autrui le Frère du Roi. En parlant la première Madeleine Béjart avait peut-être déjà scellé l'issue de leur conversation.


    -Mais puisque Monsieur Poquelin est dans l'incapacité absssolue de répondre notre demande, je me contenterais donc de vous.


    Un voix excessivement traînante, des mots par trop appuyés. Rien ne démentait l'humeur du jeune homme qui redressa le menton pour toiser Madeleine.

    -Donc... Il m'est parvenu des bruits fort désagréables sur une affaire entre vos compatriotes et la maréchaussée. Eclaircissez-moi de grâce ! ironisa-t-il. Je suis dans l'attente insoutenable de votre récit !
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Mar 3 Nov - 15:02


Très mauvaise évaluation de la situation. De toute évidence Monsieur avait jugé qu’aujourd’hui serait le temps du quota mensuel de sérieux, et à avoir lointainement espéré attirer les bons sentiments Madeleine faisait déjà les frais de la mauvaise humeur. Dieu qu’elle haïssait Jean-Baptiste… Au demeurant un faux pas de départ – ajouté par ailleurs à l’erreur originelle qu’était sa venue à la place du chef de troupe – n’impliquait pas de perdre son sang-froid. Elle voulait croire que le mépris que lui renvoyait actuellement le prince pouvait encore être malléable.
Laissant son sourire de côté pour afficher un visage plus fermé, la comédienne ne se perdit pas dans de nouvelles excuses et entra dans le vif du sujet.

- Une fâcheuse affaire, nous en convenons tous. Au demeurant les raisons du qualificatif divergent. Quand monsieur de La Reynie vous dirait que cette perquisition lui fût désagréable car empiéta sur son emploi du temps, j’avancerai qu’elle a pour nous été tout bonnement insultante.

Une occasion de remettre la faute sur l’autre goujat et de présenter sa version de l’histoire : autant s’en donner à cœur joie.

- Jamais je ne me permettrai de remettre en cause l’utilisé de la police de Sa Majesté (elle n’avancerait pour autant pas son efficacité, le prince et ses bijoux perdus ne pourraient lui en vouloir), je ne fais que souligner auprès de son Altesse les méthodes barbares utilisées par son responsable.

N’ayons pas peur des mots, les représentants de l’ordre qui étaient entrés à l’hôtel avaient été à l’antipode de la civilité. Philippe, qui était un homme de bon goût et respectueux - pourvu qu’on oubliât les crasses faites à son épouse -, saurait au moins reconnaître les torts de la police. D’autant plus que Madeleine comptait enfoncer le clou à grand renfort d’exemples choisis et présentés selon un angle tout à fait personnel. Absolument pas modifiés, simplement racontés sous l’angle qui la servait.

- J’étais à peine décente que monsieur de La Reynie, accompagné de quatre de ses hommes, entrait dans ma chambre, veillait à ce que soit renversé sans ménagement le moindre de mes biens et alors que bien évidemment je n’osais afficher aucune réticence il s’est montré, plus que désagréable, d’un mépris blessant.

Simple renvoi de la haine qu’elle lui crachait au visage ? Absolument pas. Il n’était ici question que d’un homme dont le pouvoir dont il était investi lui montait à la tête et lui faisait croire que des comportements inacceptables seraient excusés. Ce qui, selon Madeleine, méritait qu’il soit bien plus réprimandé que les pauvres comédiens. Car après avoir accusé l’odieux responsable, le seul qui soit à blâmer pour le bruit qu’avait fait une affaire qui aurait pourtant pu se régler dans le calme, ne restait plus qu’à appuyer son statut de victime. La réputation du prince entachée par l’affaire ? Voyez avec la Reynie,  lui seul était à l’origine des bruits.

- Bien sûr aucun de mes amis n’a été épargné, et chacun a aussitôt eu fort à se plaindre de la façon dont il a été traité. Sans parler des enfants pour qui on n’eut aucun égard. Ma pauvre filleule me parle encore chaque jour avec angoisse de ces hommes dont elle ne comprend ni la venue, ni, et je la cite, la méchanceté qu’ils ont eue à notre égard.

Faire appel au pathos pour réveiller la nature humaine du frère du roi, voilà qui en théorie devrait boucler la boucle. Car il lui semblait impossible de résister à l’image des grands yeux tristes de sa chère Marie, d’autant plus que Philippe l’avait récemment aperçue joyeuse et pleine de vie.

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Mer 4 Nov - 10:42

[bon je vais essayer de faire court     ]

S'il avait convoqué le dramaturge, c'était bien parce que Philippe était en total accord avec ce que lui disait Madeleine. La perquisition avait été une insulte. Le Prince était même surpris du zèle avec lequel était intervenu La Reynie dans la demeure des Comédiens. N'étaient-ils pas désormais la Troupe des Comédiens du Roi ? Cela faisait même plus d'un an que tous le savaient, et malgré l'aigreur qu'il pouvait avoir contre les gens d'armes dernièrement, et leur incapacité à lui rapporter ses biens, Philippe voulait bien croire que d'une manière ou d'une autre l'information était remontée au Lieutenant Criminel.
Alors pourquoi ? Il n'y avait même plus l'intérêt de l'humilier lui par sa troupe, puisqu'elle ne lui appartenait plus. C'était donc le Roi que le Lieutenant criminel insultait, ce que Philippe trouvait fort paradoxal.
MAIS les Comédiens étant hébergés le plus souvent chez lui, et le Prince leur vouant une affection particulière, il ne comptait pas laisser glisser cette affaire pour autant. Pour cela il fallait tirer les choses au clair.

-Monsieur de La Reynie est un homme de police, vous disciple d'Aristophane... La notion de décence me semble compromise dans les deux cas. Vous porterez ici le candélabre aux grelots,
adressa-t-il à son Surintendant comme se désintéressant soudainement. La lumière y est bonne, l'argent brillera parfaitement.

Même si les Comédiens avaient gagné en noblesse sous son père puis son frère, on ne ferait pas croire à Philippe d'Orléans que Madeleine Béjart était une prude engoncée. Quelques années auparavant Scudéry avait fait dire à l'une de ses comédiennes qu'elles se devaient de malheureusement accueillir dans leur loge leurs admirateurs alors même qu'elles se changeaient, ce qui pouvait laisser court à toute sorte de libéralité et qu'il fallait donc parfois refréner en chassant par elles-mêmes les goujats. En réalité c'était une remarque cruelle qui était tributaire de la mauvaise humeur princière, hérissé par toute ces histoires et un début de conversation sur les chapeaux de roue.
Il fallut un petit instant pour que Philippe se rappela la petite Marie croisée un jour par hasard et qui l'avait diverti. Une enfant qui promettait un esprit sûr et vif, si Dieu lui laissait le loisir de s'épanouir. Il pensa à sa petite Marie-Louise qu'il n'avait pas vu depuis... un moment... sans doute.

-Je suis navré d'apprendre que votre petite Thésée manque de cœur,
répondit Philippe en revenant à elle. Toutefois je ne puis croire que la venue de ces Messieurs fût un hasard ou une simple démonstration de barbarie.

Il y avait faute quelque part, et sans savoir de quelle faute il s'agissait, le Duc d'Orléans ne pourrait s'élever contre l'homme de main de son bien cher frère.
[bon beh... j'ai pas réussi yeaah  ]
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Sam 7 Nov - 14:44

Comédienne peut-être, pour autant Madeleine appréciait comme tout un chacun moyennement de se faire snober pour un chandelier. Surtout après une remarque d’autant plus sournoise qu’elle était lancée l’air de rien. Mais il ne fallait pas trop en demander, avoir tenu l’attention de Philippe tout le long de son discours était déjà presque admirable puisqu’il semblait que les affaires sérieuses l’ennuyaient au fond assez considérablement. Et si ce n’était pas le cas, le moins que l’on pouvait dire était qu’il cachait mieux son intérêt que sa mauvaise humeur. Un peu vexée mais silencieuse le temps que le prince s’occupât de sa décoration intérieure, elle en profita pour imaginer une seconde ce que pourrait être Philippe sans cette armée de serviteurs qui lui courraient après. Eurk, plus horrible que drôle, il aurait sans doute été d’autant plus tortionnaire avec son entourage qu’il n’avait personne à exploiter sous la main. Mais passons, la pensée s’acheva lorsqu’il se tourna de nouveau vers elle.

- Aucune explication ne fut donnée quant à la raison qui les poussât chez nous.

Ou du moins rien qui vaille. Car les rumeurs étaient tout sauf des renseignements fiables. La preuve, il paraissait que La Reynie avait été un jour mariée alors que de toute évidence il était trop antipathique pour que même la plus désespérée accepte de l’épouser. Bien la preuve que la vague rumeur était totalement à côté de la réalité.

- Sans doute des bruits infondés et lancés par quelques personnes qui voudraient du mal à la troupe.

Ce qui constituait un groupe relativement large. Des dévots qui auraient fait peine s’ils n’avaient pas horripilés aux comédiens sans morale de l’hôtel de Bourgogne, les mauvaises âmes ne manquaient pas.

- Sans autre forme de preuves que des soupçons ils arrêtèrent cependant une domestique. Qui au demeurant n’est à ce jour toujours pas inculpée formellement.

A rien ne servait de cacher ce « détail », il aurait de toute façon été facilement découvert.
Cependant, l’arrestation ne justifiait pas les méthodes. Même les plus machiavéliens auraient reconnu que pour un fin si minable un déploiement de tous les moyens n’étaient pas nécessaires.

- L’enquête déterminera son sort, mais quand bien même elle serait coupable qu’en ait-il du préjudice qui nous a été fait ? Puisque fouiller sa chambre a suffi à la faire enfermer et que tous étions coopératifs,  si ce n’est pour un plaisir malsain pourquoi avoir pris la peine de renverser chaque meuble, de fouiller les correspondances personnelles et de jeter au milieu de la pièce le moindre vêtement pour mieux le piétiner en sortant ?

La police méritait bien des leçons d’éducation. Et de mode, sans doute ! Car une personne avertie aurait au moins pris la peine de trainer ses bottes pleines de boues ailleurs que sur la dentelle lancée plus tôt par-dessus l’épaule.

- De toute évidence monsieur de La Reynie a laissé sa rancœur personnelle vis-à-vis des comédiens empiéter sur son sang-froid. En tant que représentant de la loi il devrait pourtant être de ceux qui savent que le ressentiment ne devrait se mettre en travers du professionnalisme.

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Sam 7 Nov - 18:26

Philippe avait sur les rumeurs une position bien différente de la comédienne. Elles ne naissaient pas sans raison et très souvent, peut-être trop, y avait-il un fond de vérité dans ce que l'on voulait présenter comme inventions de petits esprits.
S'il ne s'était agi que de rumeurs, Philippe aurait pu séance tenante frapper à la porte de Louis pour cracher sur l'incapable qui osait s'en prendre à ses comédiens. Mais il y avait eu trop de vacarme. Philippe avait suffisamment entendu parler de La Reynie pour savoir que cet homme n'aimait pas faire du bruit pour le simple plaisir.

Mieux dans tout cela, annonce sublime : quelqu'un avait été arrêté...
Plus de discrédit encore, magnifique. Ah comme il détestait cette histoire. Pourquoi devait-il s'occuper de cela ? Pourquoi ne pouvait-on le laisser jouir de ses divertissements sans contrepartie fâcheuse ? La peste soit du théâtre et des théâtreux ! Il était trop bon avec eux.
Pour marquer sa mauvaise humeur, Philippe avait continué de donner des directives à son Maître d'Hôtel, le Chevalier de Flamarens, tout en donnant l'impression d'écouter distraitement Madeleine. La diligente négligence en toute chose, c'était un véritable credo pour le Duc d'Orléans.
Il y eut toutefois une petite phrase qui lui fit dresser l'oreille.

-Sa rancœur dites-vous ? En quoi Monsieur de La Reynie pourrait avoir une rancœur contre les gens de votre métier Mademoiselle ? Plus encore une rancœur personnelle.


Le Prince sentait là une petite pépite intéressante. Car il fallait aussi dire que l'animation de Madeleine ne lui semblait pas seule motivée par l'outrage de la visite policière. Quelque chose d'autre traînait là et Philippe d'Orléans comptait bien mettre cette ombre à nue.
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Dim 8 Nov - 20:36

Ou de l’art de parler dans le vide. Ah. Ou peut-être pas, finalement. Incroyable, cette oreille sélective. Tout d’un coup la décoration perdit son intérêt et Monsieur s’attarda sur la phrase qui avait sans doute le moins d’importance dans tout ce qu’elle venait de dire. Madeleine était en effet absolument persuadée que le pourquoi n’était pas tant intéressant et que l’essentiel résidait dans le fait que des mesures devaient être prises contre les abus de la police... Et qu’on destitue La Reynie pour l’exemple, à tout hasard.
Mais bien sûr tous ces entendus là Philippe les avait laissé de côté, les vieilles histoires devaient lui sembler plus amusantes… Son ordre des priorités était vraiment très particulier. Mais si cela pouvait permettre à Madeleine de regagner une réelle attention pourquoi pas. Et de toute façon elle n’avait pas vraiment le choix. Sauf peut-être de trouver une excuse tarabiscotée, ce qui aurait été ridicule puisque la surface du récit était très simple.

- Nous avons eu un différent, il y a de nombreuses années. Et une pointe de…
Un profond mépris ? Du dégoût ? Une envie d’être frappé par la foudre plutôt que de se trouver dans la même pièce ? Soit, deux décennies plus tard le parti de Madeleine – qui consistait donc à continuer de maudire Gabriel – était peut-être un tout petit exagéré. Mais à peine !  
- … d’animosité demeure.

Quelle diplomatie. Et en prime pas de grimace. Ca c’était un talent pour le théâtre !

- Au demeurant rien qui n’obscurcisse mon jugement, ajouta-t-elle en hochant légèrement la tête.

La mauvaise foi dans toute sa splendeur. Mais affaire close. A présent il était temps de revenir au fond du problème, qui était tout sauf elle. Et Philippe lui semblait assez doté de raison pour le savoir.  

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Mar 24 Nov - 14:38

[Vraiment désolée, j'ai pas de temps pour moi en ce moment DD:]

Le Prince s'approcha de la comédienne, rassemblant beaucoup trop à un rapace qu'à un homme véritablement intéressé par le dialogue qui était plus ou moins engagé entre eux. Le sourire de Philippe émergea enfin de sous sa dentelle d'insolence.

-Rien bien entendu... Je peux voir cela.

L'esprit de Philippe allait automatiquement et très directement à l'histoire d'une amourette déçue. Madeleine Béjart amoureuse de ce rustre ? Voilà qui en surprendrait plus d'un dans son cercle ce soir. Que la déduction soit vraie ou fausse, qu'importe, le principal était que l'idée amusait énormément Philippe.

-Le coeur, la raison... ce genre même de choses qui s'ignorent chacune parfaitement en vous Mademoiselle.


A défaut de connaître exactement Blaise Pascal et de pouvoir le citer doctement, les résurgences de quelques conversations précieuses du passé permettait au Duc d'Orléans de faire cet amalgame qui plairait ou non à la grande comédienne.

[alléluia j'ai fait court ! :blblblbl:  ]
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Mer 30 Déc - 18:36

[Noooon, ceci n'est pas posté avec un mois de retard.   ]

Mais qu’est-ce qu’il pouvait bien se passer dans sa tête… Absolument fascinant, cet effort d’imagination qui frôlait le ridicule. Quoique cette capacité absolument inouïe à se mêler de la vie des autres pour finalement la romancer si outrageusement frôlait l’inquiétant. Car dans le cas présent Philippe divaguait complètement, vraisemblablement plus soucieux de s’amuser que de réellement déceler le vrai du faux. Si bien qu’il fallu à Madeleine un véritable effort pour ne pas grimacer face à cette déduction qui lui faisait presque froid dans le dos. Mais bien évidemment elle masqua le fond de sa pensée, préférant une flatterie.

- Vous avez comme toujours des paroles avisées.

Ce qui n’aurait pas été totalement faux si Monsieur avait ressorti sa très vague référence dans un autre contexte.
Il aurait par ailleurs été préférable que ses lueurs de lucidité desservent la troupe plutôt que les commérages de l’entourage princier. Cependant Madeleine choisirait de considérer que l’apparence de bonne humeur de Philippe signifiait que cet entretien ne s’était somme toute pas mal passé.  

- Y’a-t-il un autre point sur lequel vous désirez être éclairci ?

Un non serait une réponse tout à fait acceptable, même préférable. Elle pourrait ainsi s’en retourner à ses activités normales, qui consisteraient très certainement à se plaindre auprès de qui voudrait bien l’entendre pendant une bonne partie de la fin de journée.

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