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 Masques et mystères (Évènement)


Dim 14 Fév - 22:18

Masques et mystères



Ou de l'art d'organiser une soirée réussie

La nuit vient de tomber sur le cimetière des Saint Innocents et par dessus les murs on entend déjà les voix et éclats de rire des premiers invités. Afin de les rejoindre il vous faut montrer à l’entrée l’invitation que vous avez reçue et deux valets en livrés sombres et aux visages fermés se feront un plaisir d’ouvrir pour vous les lourdes grilles et les refermeront bruyamment derrière vous.

Entre les croix d’innombrables chandeliers ont été installés, des tables sont recouvertes de mets raffinés, des musiciens se sont installés sur une estrade, une diseuse de bonne aventure vous attend sous un exigu chapiteau, des serviteurs au visage recouvert d’un masque noir déambulent, et çà et là surgissent des comédiens récitant quelques historiettes à faire peur. Dans un cadre qui se prête aux frissons l’ambiance est donc à la bonne humeur, les verres s’entrechoquent et se lèvent à la santé de l’hôte mystère dont on loue déjà l’esprit imaginatif.

Derrière les costumes : des anonymes. Plutôt que de tenter de deviner s’il s’agit d’un duc ou d’un baronnet que vous venez d’apercevoir laissez-vous donc aller au jeu de la mascarade, profitez, enivrez-vous, et laissez à l’organisateur le soin de vous surprendre.

*****

Récap :
- Vous vous trouvez donc un cimetière, en plein cœur de Paris, clos.
- Vous n’avez pas le nom de l’hôte mais compte tenu de la richesse ambiante vous le suspectez d’être un personnage important
- Pour rappel : votre venue est ici est secrète, et vous ne connaissez pas l’identité des autres invités  

Consignes & infos :
- Vous avez reçu par mp des détails propres à votre personnage, merci de les respecter
- Si vous n’êtes pas inscrit à l’intrigue mais souhaitez y participer vous pouvez bien sûr encore contacter le staff
- Dans la mesure du possible tentez de répondre vite (dans les dix jours) afin que l’intrigue puisse avancer convenablement
- Afin de favoriser le dynamisme veuillez également faire des post relativement courts (environ 700 mots maximum)
- Le MJ interviendra bien sûr régulièrement pour votre plus grand plaisir What a Face
- A présent profitez de la tranquillité de ce premier tour, il paraît que les choses se corseront ensuite.

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Mar 16 Fév - 23:58

Ce matin là, en entrant dans les appartements qu'occupait l'Evêque de Vannes au sein de l'Hôtel de Guise, Charles Mauser trouva son maître étendu sur le ventre au milieu du lit, cheveux emmêlés, ronflant bruyamment, jouissant du sommeil lourd de ceux qui avaient passé la nuit dehors. Du reste, Henry d'Aramitz n'avait pas même pris le temps de se dévêtir avant de se jeter à corps perdu dans les bras de Morphée dès son retour peu avant l'aube. Au moins avait-il consentît à l'effort d'ôter ses bottes boueuses, abandonnées sur le plancher. Charles soupira.

C'est avec une certaine compassion que le valet tira Aramis du sommeil en le secouant gentiment. Oui, le repas serait servi dans deux heures et l'éminent Evêque avait promis de le partager à la table de ses hôtes. Oui, l'archidiacre de Notre-Dame était passé afin de s'entretenir avec l'Evêque de cette donation dont il avait été question la semaine passée. Oui, il y avait du courrier tout juste arrivé de Vannes, de Bruges, et de Calais. Il était également invité à une collation dans l'après-midi chez Madame de Coucy... a moins que ce soit Mademoiselle de Rieux ? Ah, et on avait déposé la veille au soir un gros colis à l'intention de Monseigneur.

Aramis se prépara rapidement en faisant de son mieux pour chasser les restes de fatigue qui l'engourdissaient encore, tout en jetant un oeil distrait sur ses correspondances. Toutefois le colis l'intriguait, et lorsqu'il prît connaissance de son contenu et de la lettre qui l'accompagnait, anonyme et parfaitement manuscrite, il marqua un long temps d'arrêt, et sentît la curiosité le gagner, l'éveillant tout à fait. Qui que fût l'auteur et expéditeur, cette personne ne manquait pas de style. Et ce lieu... quel étrange idée que d'organiser une telle réception au milieu d'un cimetière, en pleine nuit... Voilà bien une initiative des plus profanes et irrévérentieuses, et quelle audace d'y convier un homme de Dieu. Aramis ne put retenir un sourire. Les bals masqués et autres petites distractions burlesques ne manquaient pas à la capitale. Mais des invitations aussi mystérieuses, ça forçait l'intérêt. Ayant attendu que Charles le laissa seul, il sortit le costume de la malle et l'exposa sur le lit. Ainsi il irait en corsaire, tout de rouge et de noir vêtu. Il examina longuement le masque grimaçant et inquiétant sous lequel on l'invitait à se cacher. Pourquoi pas après tout ?

Au jour et à l'heure dite, alors que la clarté de la lune soulignait les formes déchiquetée des nuages dans le ciel nocturne, et que dans les ruelles et les allées de la ville, les honnêtes gens se pressaient de regagner leurs foyers, remplacés par les silhouettes d'individus bien plus sinistres à qui la nuit appartenait, Henry d'Aramitz, ainsi grimé en bandit des mers, se faisait déposer en fiacre à une rue de là du cimetière des Innocents. Ayant atteint le portail de la lugubre nécropole, le spectacle qui s'offrait à ses yeux avait tout d'un conte fantasmagorique. Parmi les tombes déambulaient des dizaines de convives, qui figurant une chimère, qui une reine masquée parée de rubans multicolores, qui un sombre diable aux cornes noires, qui un mendiant en guenilles portant sceptre et couronne... On aurait dit qu'en cette nuit les âmes perdues s'étaient échappé des limbes pour venir festoyer parmi leurs dernières demeures. Et pourtant la plupart s'observaient, ignorant tout comme lui qui les entouraient, et qui les avaient conviés à cet étrange sabbat. Derrière les rires et les éclats de voix émerveillés, derrière la musique joyeuse invitant à danser, les regards se faisaient curieux, parfois inquiets. Attrapant sur une table une coupe d'hypocras fruité qu'il but à petite gorgée, Aramis se fendit de son plus beau sourire sous son masque grimaçant, et offrît son bras à une élégante créature féminine arborant un faciès de renarde, avec qui il s'engagea pour la danse suivante.
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"Quand on vit avec les fous, il faut faire aussi son apprentissage d'insensé." Alexandre Dumas
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Mer 17 Fév - 13:16

La nuit avait été fort calme. Cela peut surprendre au vu de sa réputation mais le Duc de Mortemart n’était pas chaque nuit dans le lit d’une amante différente. Oh certes il en voyait parfois le jour et il ne se passait pas une semaine sans qu’il fasse une infidélité à son épouse, mais le Duc dormait assez souvent chez lui. Bien plus que les rumeurs ne laissaient le penser.
Bon… Cela ne voulait certes pas dire qu’il dormait avec son épouse ou qu’il se passait quelque chose de chaleureux dans le lit. Mais comment croyez vous que cinq enfants ont pu être conçus si Vivonne ne dormait jamais avec son épouse ?

Quoiqu’il en soit, quand le Duc se réveilla, il prit soin de laisser son épouse dormir alors qu’il allait se préparer. Pendant qu’il prenait le petit déjeuner, on lui apporta un courrier. Ce courrier anonyme était étrange et il amusa grandement le Duc qui ne pu retenir un sourire en lisant la lettre. Une fête masquée dans un des lieux les moins festifs de Paris ? Voila qui était intéressant !

« Et donc ce courrier était lié à une malle ?
Oui Mons…
-Quelle malle ?
-Un courrier secret ma chère, concernant l’Etat. Je pense que je ne serais pas rentré suffisamment tôt pour votre coucher. »
Antoinette venait d’entrer dans la pièce… Et Vivonne ayant compris la nature secrète du rendez vous et ne désirant pas plus passer encore une soirée avec son épouse, le diner chez l’Ambassadeur ayant suffi, il tenait sa conjointe à l’ écart de ce secret. Quittant le petit déjeuner a l’ambiance lourde, il alla prendre la malle, la fit amener sur son bureau et l’ouvrit une fois seul, souriant, amusé, du costume qui était le sien :

« Marie-Madeleine ne sera plus la seule a avoir pris le noir. »
Rit-il doucement. Il rangea ensuite soigneusement la malle et mena sa vie, participant aux mondanités de la Cour et de la vie parisienne.
Le lendemain c’est dans sa garçonnière que le Duc alla se changer en toute discrétion, avant de se rendre au Clair de Lune dans le Cimetière de Saint Innocent, vêtu en prêtre pour la première fois de sa vie. C’était étrange et amusant cette transgression de faire une fête dans un cimetière…
Qui étaient les autres invités ? Qui organisait cette fête ? Voila deux questions qui vinrent a l’esprit du Duc mais il les repoussa bien vite. Si le gratin parisien était convié, il reconnaîtrait probablement des voix ou des manières, mais le but de la soirée n’était pas de jouer à qui est-ce mais de s’amuser. Ainsi un corsaire et une charmante renarde dansaient dans une partie du cimetière, d’autres dansaient. Amusé et désireux de savourer la soirée, le Duc se prit un verre et but une douce gorgée, parcourant la foule du regard, désireux de découvrir les costumes, jugeant quelle femme aurait du charme, quel homme aurait de la conversation.
Soudainement le Duc se demanda si une de ses sœurs avait été conviée. Voila qui pourrait susciter d’amusants quiproquos si l’une de ses sœurs les plus mondaines était présente. Avec un sourire, le Duc fit un pas en avant, s’éloignant du bar, se dirigeant vers les danseurs.
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Mer 17 Fév - 19:42

Une lettre. Un coffre. Voilà comment arriva l'invitation. Elle eut un haussement de sourcil en voyant le costume fourni, costume qu'elle devrait cacher jusqu'au moment de se rendre au cimetière. Elle qui avait pour habitude de tout confier à son père, la voilà qui devait cacher cette invitation. L'embêtement se lu sur ses traits, mais personne n'étant là pour le voir, alors là di Milena rangea le tout dans le coffret et cacha celui-ci, jusqu'au moment de partir. Le lieu de l'invitation était un lieu qu'elle n'avait pas vu encore à Paris, quelle idée d'aller dans un cimetière en pleine nuit, assurément l'homme ou la femme qui avait mis cela sur pied n'avait guère de peur. Elle se glissa alors, le moment venu, dans la tenue offerte, seule, priant pour ne croiser personne lorsqu'elle sortirait ainsi vêtue. En premier lieu, il y avait la robe. Quelle robe, longue, s'inspirant largement de l'époque antique romaine, peut-être une référence à son pays natale ? Quoiqu'il en soit, la robe tombait sur son corps fin et dégarni, donnant un côté vaporeux à la tenue, au milieu de tout ces plis tombant jusqu'en bas de ses pieds. La ritale glissa ses doigts sur le tissu, appréciant la légèreté de celui-ci, avant de lever les yeux sur le miroir qui lui faisait face et observa avec une petite moue le décolleté impressionnant, qu'elle remplissait encore moins que ses robes habituelle. Sur la robe, des broderies dorées se répartissaient la tâche de rendre la tenue plus somptueuse et osée qu'elle ne l'était déjà, pendant que des bracelets très larges et assortis à la robe, habillaient ses bras. Elle appliqua avec soin le trait de khôl qu'elle affectionner pour alourdir ses paupières et mit alors le masque reçu avec le reste de la tenue. D'un blanc immaculé paré d'or, il recouvrait entièrement son visage et permettait son anonymat. Ses mèches blondes étaient rassemblées un peu hautes, puis tombaient autour de son masque, en quelques boucles insolente, elle avait essayer de reproduire les coiffures antiques, mais n'en avait pas tout à fait les cheveux frisé et bouclé de l'époque. L'excitation pointa dans son cœur, celui-ci tambourinait à toute allure, en raison de cette invitation. Elle se couvrit de sombre, pour pouvoir sortir, pour pouvoir ne pas être trop visible dans la nuit, à cause de tout ce blanc et cet or et se rendit alors au cimetière, comme demander par l'invitation.

Arrivant à destination la Milena retira la cape sombre qu'elle avait mise, pour dévoiler son costume et présenta aux gardes l'invitation. Elle entra et lorsqu'on referma les grilles derrière elle, c'est un frisson qui l'a parcouru, au vu du bruit provoquer par celles-ci, ses perles vertes se portèrent sur l'assemblée, elle y distingua déjà un corsaire et un … religieux. Les autres présents semblaient s'amusaient déjà se glissant entre les serviteurs et les chandeliers présents près des croix. Sous le masque, elle afficha un sourire voyant les musiciens, ils lui donnaient envie de danser. Le lieu avait une part de mystère, l'inquiétude s'en dégager, mais également le raffinement et la richesse. Elle avança un peu parmi les présents et se glissa près d'une table, y prenant de quoi faire, passer, la boule présente dans son estomac et s'avança vers l’une des comédiennes présentes, qui racontais des histoires. Elle se laissa aller à l'écoute de l'histoire, sa peau se parsemant de chair de poule.
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Ven 19 Fév - 15:51

Enfin la France se mettait aux horloges de l’Italie. Si les nobles salons ne parlaient que de la courtoisie et de la mode françaises, les arts revenaient à sa patrie. La comédienne relisait le carton d’invitation pour la 3e fois lorsqu’un ragazzino de la troupe fit irruption dans sa chambre, se prenant la malle laissée en travers de plein fouet.

« Tino ! Frappe avant d’entrer bon Dieu ! » La jeune femme s’accroupit devant la malle éventrée qui vomissait ses froufrous et ausculta rapidement le petit diable blond qui s’y débattait. « Là tu n’as rien, sors de là et va t’en maintenant ! »
« Mais Lina, t’avais promis qu’on irait se moquer des Illustrrres aujourd’hui. »

« Attends moi dehors j’arrive. » Claquant le garçon sur le haut de la tête, elle ne put s’empêcher de sourire devant sa prononciation exagérée du surnom que la troupe avait donné aux comédiens de Molière. Sourire qui déchanta vite lorsqu’elle prit la robe à deux mains, la soulevant à hauteur d’yeux. La coupe sans manière et sombre était de la plus belle étoffe, sauf qu’une bretelle de l’apanage pendouillait grossièrement. Proférant mille injures en italien, la comédienne décida cependant de la laisser telle qu’elle. De un parce qu’elle était une misérable couturière, de deux car elle voyait là l’occasion d’accentuer son rôle donné dans toute cette histoire.
En fin d’après midi, alors que la nuit mangeait les ruelles, l’italienne se présenta aux portes du cimetière des Saints Innocents. La fête avait déjà commencé à entendre les rires discrets qui s’échappaient de ce glauque carnaval. Son loup en velours violet posé sur le visage, elle réajusta ses gants de dentelle grise et tendit son carton d’invitation aux visages de marbre des deux Charon qui gardaient l’entrée de l’autre monde.
La grille s’ouvrit sur un décor des plus cocasses. Entre les stèles verticales s’étalaient des planches inversées garnies de victuailles. Même si l’odeur du festin était partout, Lina ne pouvait s’empêcher d’en humer une autre, plus lourde, planant tout autour d’eux. Déguisée telle une veuve noire, son costume tout entier présageait la mort et elle se sentit happée par le décor, comédienne noire de pièce d’épouvante.
Passant près d’un couple de danseurs mené par un corsaire, elle ne put s’empêcher de poser une main glaciale sur l’épaule de la renarde en soufflant un « Bouh » à son oreille. Elle dû se retourner mais Lina avait déjà disparu, s’amusant à errer comme un fantôme entre les passants.
« Attention, il semblerait que l’empoisonneuse soit de retour parmi nous ce soir » lança t-elle énigmatiquement à un homme déguisé en prêtre, la coupe à la main.
Alors que la foule grossissait de minute en minute, la comédienne attira quelques visages masqués à elle d’un air énigmatique dont une jeune femme blonde à la robe vaporeuse et immaculée qui prit en cours son histoire.

« ... Il remonta bien haut les couvertures et ce fut à ce moment-là qu'il aperçut la créature dans son placard. Se tenant assez bas, elle avait d'énormes épaules qui surplombaient une tête penchée et ses yeux paraissaient des trous d'ambre rouge. Les yeux pivotèrent pour suivre l'enfant lorsque celui-ci se redressa, le scrotum hérissé, les cheveux dressés sur la tête, le souffle réduit à un léger sifflement glacé sortant de sa gorge ; des yeux fous qui riaient, un regard qui promettaient une mort horrible et la musique de cris que personne n'entendit ; quelque chose dans le placard…* »

* Emprunté à Stephen King pour cette occasion.
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Bas les masques !
Bas les masques !
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Mar 23 Fév - 15:26

Les cimetières ne l’avaient jamais impressionnés plus que cela.
Auguste franchit les battants en notant les efforts des deux portiers pour bien faire grincer les battants –sans doute avaient-ils déjà réussi à en faire frissonner plus d’un, et peut-être même certains s’étaient-ils autorisés un petit cri d’effroi… La mise en scène était plutôt réussie, il fallait le dire. Quelques flambeaux nimbaient d’une lueur spectrale les tombes entre lesquelles évoluaient les convives déjà présents, aux costumes tout à fait hétéroclites –un prêtre côtoyait une romaine, un pirate se promenait –entre autres. L’assemblage créait un effet surréaliste ; comme si les défunts de toutes les tombes, de toutes les époques, s’étaient réunis, rappelés à la vie par on ne sait trop quelle puissance supérieure…

Il fallait avoir eu l’idée d’une pareille mise en scène. Alors qu’il se mêlait aux autres convives, rajoutant à l’étrange composition son habit d’inspiration espagnole et son épée factice, Auguste ne pût s’empêcher de s’interroger, une fois de plus, sur l’identité de l’hôte. Il n’était pas commune de recevoir une invitation non signée, pour une fête costumée, dans un cimetière, de nuit, et le costume joint dans une malle… Et aucun indice, pas la plus petite bribe de début d’information qui puisse permettre d’identifier le mystérieux organisateur de la fête. On le leur révélerait sans doute un peu plus avant dans la soirée. Ou peut-être pas, et alors ils seraient condamnés à rester sans fin à faire des hypothèses…. Il n’était guère plus envisageable de s’attacher à découvrir l’identité des autres invités, qui tous sans doute avaient également reçu leurs costumes avec leur invitation. Il n’y avait pourtant pas le moindre lien entre eux… La soirée était décidément bien placée sous le signe des mystères.

Un attroupement s’était formé autour d’une silhouette toute de noir vêtue, qui racontait, d’une voix chargée d’intensité dramatique et qui dénonçait une vraie habitude des planches, une histoire pour effrayer les convives. Un thème somme toute banal, celui de la Bête dans le placard… Tous les enfants s’y étaient déjà retrouvés confrontés, et la femme, qui savait trouver les mots justes, rappelait admirablement ces souvenirs que chacun avait cherché à enfouir. Un malaise commençait à parcourir l’assemblée, et la jeune romaine, à côté de lui, frissonna. L’air frais et le petit vent coulis qui se glissait entre les marbres et les croix n’était sans doute pas seul en cause… Un peu plus loin, les musiciens faisaient de leur mieux pour tirer des sons lugubres de leurs instruments (majoritairement des cordes, ou bien des cuivres aux sonorités métalliques et froides), tout en restant mélodieux.

Quelques couples dansaient, sur un rythme très lent, leurs mouvements bien découpés, détachés, n’en paraissant que plus nets. Tout comme la comédienne, ils étaient là pour inciter les convives à entrer dans le jeu malgré l’étrangeté de la composition. Quelques sourires commençaient à apparaître ici ou là, et les premiers rires se faisaient entendre. Les invités commençaient à prendre leurs repères. Auguste attrapa un verre sur le plateau d’un des serviteur, dont le visage couvert d’un masque aussi noir que ses vêtements semblait s’effacer dans la nuit –comme si le plateau sur lequel on avait posé une bougie s’élevait seul dans les airs. Le vin était capiteux, fruité et parfumé –choisi avec soin, et par un connaisseur.

Trois gorgées, et il posa le verre de cristal encore à moitié plein sur une stèle, et alla offrir son bras ainsi débarrassé à une –sans doute charmante- créature cachée derrière un masque vénitien pourpre et or, visage parfaitement lisse sous lequel on ne devinait que l’éclat de deux yeux sombres, qui l’accepta et se détacha de groupe des auditeurs de la conteuse pour aller évoluer sur les trilles et les trémolos de l’orchestre.
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Jeu 25 Fév - 10:51

Masques et mystères



Ou de l'art d'organiser une soirée réussie

Observant avec attention la foule d’invités qui s’agite à présent, l’homme a un sourire qui s’étend lentement. Bonne humeur générale mais déjà quelques frissons qui semblent parcourir l’assemblée, tout se passe comme prévu. Entendant les dernières notes d’un morceau résonner, il attrape une coupe qu’un serviteur vient de lui apporter et gravit les deux marches de l’estrade. A présent que la musique s’est tue il se racle la gorge pour attirer l’attention et, une fois les yeux tournés en sa direction, se courbe légèrement face à son public.

« Au nom de mon maître je vous souhaite, charmantes dames et élégants messieurs, la chaleureuse bienvenue. »
Il se redresse, affiche un léger rictus et lève son verre en direction de l’assemblée.
« Levons notre verre au mystère, aux rencontres masquées que vous ferez ce soir et qui demain vous laisseront un précieux souvenir, et surtout aux plaisirs! Traitez-moi d’orgueilleux si vous le voulez mais sachez que j’ai la certitude que vous passerez ici un moment inoubliable.»

Une nouvelle révérence polie et sans en dire plus il s’éloigne, laissant aux musiciens le soin de reprendre leur travail. Mais la partition est cette fois plus lente, les notes s’enchainent avec une paresse à mi-chemin entre la langueur et l’inquiétant. Et alors que les convives reprennent le cours des activités qu’ils ont quelques secondes laissées en suspens une brume commence à se propager doucement, fumée blanche qui semble s’étaler imperceptiblement sur le sol et le rendre peu à peu trouble.

Une poignée de minutes s’écoule quand brusquement, alors qu’elle venait de faire signe à une demoiselle de s’asseoir face à elle, la voyante qui avait élu domicile sous un chapiteau se lève brusquement. La femme reste un instant figée, fixant la foule sombre qui continue de se mouvoir sans sembler s’inquiéter, et à bas mot murmure quelque chose. Prise d’une vision qui lui fait ouvrir de grands yeux, elle paraît frappée par un effroi alors que, sans plus prêter attention à ceux qui attendaient ses prédictions, elle se presse en direction des invités attroupés au cœur du cimetière. «Vous ne devriez pas rester ! Quelque chose de terrible pourrait bien arriver… » Mais alors qu’elle sillonne pour mettre en garde, personne ne semble lui accorder la moindre attention. Tout au plus on sourit, persuadée à tort ou à raison qu’elle n’est qu’un pion de la mise en scène. Après tout, entre histoires de fantômes et fond sonore grave elle s’inscrit à merveille dans le tableau.  

*****

Récap :
- Un envoyé de l'hôte s'est enfin présenté à vous, sans pour autant laisser filer le moindre indice sur l'identité de son employeur. Il faut vous faire une raison, vous n'en apprendrez sans doute pas plus.
- L'ambiance a commencé à tourner légèrement. La musique appellerait presque plus à la crispation qu'à la dans et avec ce brouillard qui se propage vous finirez bientôt par ne plus voir vos pieds.
- Il semblerait également que quelqu'un veuille vous mettre en garde... Mais quel crédit accorder à une femme qu'on a vraisemblablement engagée pour l'occasion ?
- Mais gardez l'oeil ouvert, il parait que les choses vont être légèrement pimentée dans ce nouveau tour.

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Lun 29 Fév - 4:15

Ambroise inspira profondément en rouvrant les yeux. Derrière lui, les lourdes grilles du cimetière des Innocents avaient été refermées dans une funèbre vibration métallique qui s'estompait déjà, noyée dans la rumeur des rires et des galanteries échangées à mi-voix par ces êtres masqués qui évoluaient comme des ombres devant lui. La scène avait quelque chose de fascinant : chaque détail, jusqu'au plus infime, sur lequel se posait son regard, renforçait l'étrange sensation qui s'était emparée de lui, ce frisson d'infini qui lui soufflait voluptueusement à l'oreille que ce qu'il serait amené à vivre cette nuit là serait sans précédent.

Pourtant, lorsque, la veille, le praticien avait reçu la missive le conviant à cette énigmatique mascarade, il n'avait d'abord obtempéré que par goût du jeu et de l'intrigue : quel qu'il soit, l'inconnu qui lui avait adressé cette invitation était parfaitement renseigné sur le Provençal. Était-il l'un de ces visages qu'Ambroise avait croisé depuis son arrivée à Paris quelques mois auparavant, ou bien n'était-ce qu'à la réputation qu'il s'était peu à peu forgée qu'il devait cette lettre ? Quelle que soit la réponse, le Montois ne pouvait que reconnaître l'exactitude des informations que possédait son interlocuteur, car le costume qui lui avait envoyé semblait avoir été taillé pour lui. Debout devant le miroir de son cabinet, Ambroise avait détaillé les moindres aspects de cet assemblage de tissus bigarrés qui formait son costume : pour la première fois, il appréciait l'idée de ne pas paraître sous son véritable visage, ni sous l'insigne fonction de médecin dont il jouait subtilement lorsqu'il se trouvait en société. Son nom, qui s'était d'ores et déjà répandu sur bien des lèvres, ne lui servirait plus d'arme, ni de recommandation : cette nuit là, il ne pourrait compter que sur son habile maîtrise des mots, et sur sa capacité à se composer et à jouer un rôle à la hauteur de sa trempe et de l'image qu'il avait de lui même. Il se prit à sourire en fermant le bouton de sa manche gauche : ce costume était bien plus qu'une simple chance, c'était un véritable défi, un défi qu'il se ferait un plaisir de relever. Le masque qu'il devait porter était posé sur l'enchevêtrement de livres qui jonchaient son bureau. Du bout des doigts, il caressa les traits triste du visage qu'il porterait au cour de la nuit à venir. Ce masque lui aussi était une épreuve... Mais l'heure avançait. D'un geste lent et appliqué, sans cesser de toiser le reflet de ses yeux bleu sombres dans le miroir, l'Arlequin d'une nuit cercla son regard d'un mélange d'huile et de charbon, puis fixa sa nouvelle peau de cuir sur son visage. La nuit pouvait enfin commencer...

Guidé par les flambeaux qui illuminaient de leurs lueurs vacillantes les stèles du cimetière, Ambroise se dirigea vers le préchoir, non loin duquel se tenait l'estrade qui permettait aux musiciens d'échapper à l'emprise de la brume qui serpentait entre les allées. Quelque chose semblait guider ses pas parmi ces créatures masquées avec lesquelles il échangeait ça et là quelques politesses d'usage, un sentiment ténu qui le poussait à se rapprocher du coeur de cette mascarade.


"Notre cher Arlequin rechercherait-il sa précieuse Colombine ? Je crains malheureusement que vous ne la retrouviez en ce lieu funeste : depuis que j'erre entre ces tombes, je n'ai eu le plaisir de faire sa rencontre.

- Madame, je vous sais gré de votre intérêt, et je..
Ambroise avait fait volte face pour répondre à la voix mélodieuse qui l'avait apostrophé ainsi. Devant ses yeux, dans une somptueuse robe piquée de centaines de plumes de paon et masquée d'un loup de velours vert moucheté, une intrigante créature aux boucles d'un brun chaud et cuivré lui tendait la main avec un sourire sibyllin.

- Me feriez vous l'honneur de m'inviter pour la prochaine sarabande ?

Sous son masque, Ambroise ne put retenir un léger sourire : la soirée promettait d'être passionnante.. Après s'être légèrement incliné, le médecin glissa sa main sous celle de l'oiseau rare qui lui offrait la sienne :
- M'accorderiez vous cette danse ?

Mais la musique, progressivement, s'était tue, pour faire place au timbre solennel d'un homme qui avait gravi les quelques marches menant à l'estrade, et levé sa coupe en direction des convives qui se rassemblaient peu à peu pour leur souhaiter la bienvenue et célébrer les mystères de la soirée à venir. Lorsqu'elle reprit quelques instants plus tard, ses accents se firent plus lancinants et s'étirèrent en une langueur que d'aucun auraient jugés comme inquiétante, mais qui n'était pas parvenue à troubler le jeune Arlequin, pour qui les minutes avaient pris une saveur nouvelle, où se mêlaient dans un lent tourbillon masques, flambeaux, brume, costumes, boucles brunes et plumes de paon, dans un parfait équilibre de mysticisme et d'étrangeté. Aussi ne prêta-t-il qu'une oreille distraite à l'oracle sinistre de la chiromancienne, qui se mêla aux notes trainantes des cordes de l'estrade.

- Très cher Arlequin, pensez-vous que tout cela ne soit que comédie ?
Sous son loup de velours, les yeux de l'oiseau de Junon semblaient chercher en ceux d'Ambroise une réponse, un mot, l'assurance d'un sentiment de sécurité qu'étaient venu ébranler les quelques mots de la diseuse de bonne aventure.

- Ne craignez rien, Madame, je vous en prie, et profitez de cette belle nuit qui s'annonce : après tout, pour les heures à venir, rien n'est vrai, et tout est permis, ne croyez vous pas ?"
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Mer 2 Mar - 23:14

Rien n’y ferait, cette couleur verdâtre ne lui donnerait pas autre chose qu’un teint malade. Mais puisque le costume qu’on lui avait apporté hier lui imposait de sembler mal en point autant en faire son parti, l’accentuer à grand renfort d’une poudre bleuie par une pointe d’encre et qui bientôt lui donna un air qui frôlait le morbide. Drôle d’idée, ce thème qui voulait se défaire de l’habituel. Mais au moins l’organisateur, peu importe qui il soit, resterait dans les mémoires pour son goût des choses bien faite. Car il suffisait d’estimer le prix des tissus et de considérer la somme assez généreuse qu’il était disposé à lâcher afin de s’offrir les services d’artistes pour comprendre qu’il ne prévoyait pas de voir autrement que dans le grandiloquent.
Pour parfaite le rôle qu’elle se voyait imposer Madeleine déploya un trésor de minutie à attacher ses cheveux comme s’ils l’avaient été négligemment ; fausse désinvolture face au détail qui devait faire croire à une toute fraiche sortie de terre. Blanche à faire peur et factice laisser-aller afin de prétendre revenir d’un monde où les apparences n’importaient plus, Madeleine sentait qu’elle se faisait au personnage.

Car tout emploi supposait ponctualité la comédienne entra dans le cimetière alors qu’il était encore presque vide, ce qui ne manqua pas de la faire frissonner. Jamais tout à fait rassurant, ce genre d’endroit.
Pendant que les invités arrivaient, d’abord au compte goutte puis par déferlantes, elle déambula sur le lieu de cette drôle de soirée, récitant d’une voix plaintive quelques psaumes qui évoquaient le trépas, destinés à plonger les convives dans une ambiance pour le moins déconcertante. Pas mauvaise cependant, car entre les lamentations théâtrales et les histoires à faire peur qu’on pouvait entendre déclamés d’une voix colorée un peu plus loin, un fond sonore plutôt agréable accompagnant le champagne qui coulait à torrents s’assurait de ne voir encore que des sourires sur les visages masqués.  

Alors que la musique s’arrêtait et qu’un envoyé de l’hôte s’avançait pour prononcer quelques mots de bienvenue Madeleine alla s’appuyer sur la croix d’une tombe – Dieu lui pardonnerait bien un affront supplémentaire – et profita de l’attention qui s’était focalisée pour observer la foule. Costumes d’inspiration antique, cléricale ou encore belliqueuse, derrière les masques elle se contentait de supposer, voulait reconnaître un sourire ou des fossettes familières sans cependant parvenir à être jamais certaine. Mais cela importait peu, elle était après tout payée pour divertir, pas jouer les enquêtrices.
L’homme s’éclipsa, l’orchestre repris dans une tonalité plus sombre, et en même temps qu’une brume commençait à se propager Madeleine s’éloigna de son support de fortune en feignant le regret, trainant volontairement et excessivement les pieds pour aller se mêler de nouveau aux invités. Elle n’adressa cependant la parole à personne, se contentant de jouer son rôle d’âme en peine, reprenant le fil des noires pensées qu’elle énonçait à voix haute. Quelques phrases sur le chagrin, là quelques mots évoquant la douleur physique de quitter le monde, et alors qu’elle frôlait un prêtre pour lequel elle n’eut pas plus d’attention qu’un regard furtif elle se laissa aller à une parenthèse sur les envies de vengeance que faisait naitre l’errance. A peine quelques mètres plus loin elle croisa ensuite une vieille bohémienne qui proférait quelques mises en garde qui n’avaient pas beaucoup d’effet. De cette obscure prophétie elle décida alors de s’amuser, y répondant d’abord sur un ton détaché.

- Si seulement il nous était donné de partir…
Elle s’éloigna de quelques pas, mais alors qu’elle aurait pu être passée à autre chose elle se retourna brutalement pour reprendre sur un ton emporté qui aurait satisfait la théorie de l’hystérie.
- Mais c’est le malin qui nous garde et fous seraient ceux qui penseraient pouvoir lui échapper ! Les prières pour le chasser n’y feront rien, Dieu nous a depuis longtemps abandonnés...

Amusante soirée, tout de même. On se prenait vite au jeu, le rôle de fantôme lunatique changeant agréablement de ses personnages habituels.

_________________________

QUELQUE CHOSE APPROCHANT COMME UNE TRAGÉDIE† Un spectacle ; en un mot, quatre mains de papier. J’attendrai là-dessus que le diable m’éveille.  (c) P!A
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Mer 2 Mar - 23:57

La danse achevée, la renarde répondit d'un doux sourire à la révérence du corsaire avant de s'éloigner, après un dernier regard. Ce fut ce moment que choisi un héraut pour clamer un discours de bienvenue au nom de ce maître mystérieux, qui s'évertuait à conserver l'anonymat. Puis la musique reprit, plus lente, plus lancinante. Le ton commençait à changer. Aramis le sentait, et la méfiance naturelle qu'il avait développé en avançant en âge s'éveillait en lui. Le costume ne comportait pas d'arme, mais il avait tout de même glissé une dague dans sa ceinture de soie écarlate. Il sentait sa présence rassurante contre ses reins, cachée sous la lourde cape.

L'ambiance était toujours soignée, quelques acteurs et conteurs déambulaient dans la foule bigarrée en jouant leur rôle à la perfection, entre celle tout de noir vêtue qui clamait des contes horrifiques, ou l'envoûtante créature spectrale qui semblait tout droit sortie d'une tombe... et dont la voix, clamant des paroles sépulcrales, avait comme un accent familier aux oreilles de l'évêque. Mais alors que ces performances éveillaient les sourires et la surprise en début de soirée, on sentait maintenant l'effroi poindre son nez dans les regards et les attitudes des spectateurs. Et cette brume opaque, qui se répandait lentement aux pieds des invités venait ajouter une touche lugubre au tableau, tout à fait à point. Un peu trop à point d'ailleurs. Aramis renifla à plusieurs reprises. Il savait, de par son passage chez les Jésuites, que le mélange de certaines substances alchimiques pouvaient créer pareille illusion. Mais l'alchimie n'avait jamais compté dans ses centres d'intérêts, et il y avait bien trop d'odeurs dans l'air, entre celle de la terre humide du cimetière, la cire des bougies, et les parfums mêlés de toutes les représentantes du beau sexe ici présentes, pour espérer identifier quelque nuance olfactive saugrenue.

Un valet en livrée sombre lui tira la manche, déposa un billet dans sa main et disparu presque aussitôt. Interdit, l'évêque déplia le message et le parcouru à la lueur d'un brasero. Il le relut plusieurs fois, puis d'un mouvement agacé, chiffonna le papier et le lança au milieu des flammes. Ce petit jeu ne l'amusait guère. Le billet venait forcément de cet hôte anonyme, car lui seul était sensé connaître son identité. Or la chose qui lui était demandée était non seulement pratiquement impossible à réaliser au milieu de cette foule masquée, mais surtout illogique. Trouver une personne précise, sans connaître ni son nom, ni son visage, ni avoir aucun indice sur l'apparence sous laquelle elle s'était présentée, et lui sommer de partir ? Chaque personne ici présente, du moins le supposait-il, devait avoir reçu une invitation et un costume précis. Pourquoi daigner inviter quelqu'un si c'était pour ensuite lui faire demander, par un autre invité de surcroît, de quitter les lieux ?

Non, cette farce n'avait que trop duré et Aramis était bien décidé à présent à obtenir des réponses. Le valet ayant disparu, il chercha le héraut qui avait clamé son discours quelques instants plus tôt, et se dirigea à grands pas vers l'endroit où il avait posé les yeux sur lui pour la dernière fois.

Il dût s'écarter soudainement du chemin de la voyante hystérique qui clamait haut et fort ses propos sibyllins et ne se souciait guère de bousculer les gens sur son passage. Aramis n'ayant jamais eu la moindre foi en quoique ce soit de spirituel ou surnaturel - un trait d'esprit plutôt particulier chez un homme d'Eglise - il grommela dans sa barbe le peu de bien qu'il pensait de ces élucubrations tout en faisant un pas en arrière pour éviter l'étrange femme. Il se retrouva épaule contre épaule avec un individu déguisé en prêtre.

- " Toute mes excuses Monsieur... Mon Père..." ajouta-t-il avec une pointe d'ironie et un léger sourire en coin en avisant le costume de l'inconnu.
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Jeu 3 Mar - 6:39

Le Duc déguisé en Prêtre était fort amusé par la soirée qui débutait. Alors qu’il allait porter une coupe a ses lèvres, une voix de femme l’avertis qu’elle était empoisonnée. Se retournant, il pu a peine voir une magnifique silhouette de veuve noire a la blonde chevelure. La voix lui disait quelque chose, mais Vivonne ne pouvait le jurer. Probablement entendue dans une soirée mondaine ou sur les planches d’un théâtre. Comme tout un chacun, il approcha de celle-ci qui réunissait une foule et cette fois Vivonne fut certain qu’il s’agissait d’une Comédienne. Elle avait cependant pris soin de maquiller sa voix pour rendre son récit plus passionnant et effrayant.

Le Duc sentit alors une petite odeur chatouiller son nez et se pencha vers une jolie Romaine masquée.

« Bonsoir Damoiselle Ambre Gris. Il me semble connaître votre parfum. »

Déclara doucement le Duc à l’oreille. La Romaine devait être fort surprise qu’un prélat lui parle de ce parfum peu courant car probablement d’origine italienne. Comme si le récit n’était pas suffisant pour la faire frissonner.

Le Duc nota qu’un inconnu espagnol se tenait près d’eux. Qui était-ce ? Il semblait jeune mais ne resta bien longtemps, partant danser alors que le Prêtre-Duc sentait son ventre gargouiller.

"Veuillez m'excuser Damoiselle Ambre Gris, je vous rapporte quelque chose?"

Alors que le Prêtre-Duc se dirigeait vers le festin, une caricature de femme orientale s'approcha. Ressemblant grossièrement aux femmes vus durant l'aventure algérienne de Vivonne, elle désirait clairement passer du temps avec lui au vu de lui faire les yeux doux. Oh elle avait la subtilité d'un boulet de canon cette demoiselle, et Louis-Victor devait s'avouer amusé bien qu’elle manqua de conversation, alors que les avances de l'Orientale étaient interrompues par le discours d'un homme. Et a peine celui-ci interrompu, que la demoiselle s'agrippa a lui, prétextant un besoin de réconfort et désireuse de l'entrainer loin du festin

"Ma chère enfant, tout ceci est inutile, que craignez vous donc? Que les morts marchent parmi nous?"

A ce moment un magnifique zombie passa près d'eux en déblatérant des menaces. Cette voix, ces yeux... Il n'y avait que peu de personnes que le Duc connaissait mieux que ce magnifique zombie, son épouse ou ses sœurs par exemple, et c'était sans aucun doute qu'il pouvait la nommer: Madeleine Béjart lancée dans une tirade sur la vengeance. Vivonne en eu froid dans le dos, face a la qualité de l’interprétation et l’allure spectrale de sa bien aimée. Et les propos n’étaient peut-être pas pour rien. L’attitude du Prêtre changea alors de façon peut-être étonnante pour celle qui lui avait pris le bras.
Sans un mot, et sans délicatesse, le Prêtre s’éloigna de quelques pas, la jeune femme aux basques, avant de lui dire :

« Mais ma fille, mon cœur est déjà pris, alors je ne peux vous donner ce que vous… »

A ce moment un Corsaire ayant visiblement perdu sa Renarde heurta le prêtre, et s’excusa :

« Mon fils, il n’y à point de mal dans vos actions, ce n’est point comme si vous étiez une engeance du démon à affronter. Me feriez-vous le plaisir de protéger cette jeune enfant pendant que je protège ce monde des Morts qui s’y promènent ?»

Le Duc essaya de doucement pousser l’orientale vers le Corsaire. L’idée n’était peut-être pas géniale mais le Duc se disait que, pour une fois, jouer les Prêtres pouvait le servir. Mais peut-être que ça allait complètement rater, cela il ne savait point. Quoiqu’il en soit, Madeleine était merveilleusement effrayante et Vivonne n'avait pas envie de l'affronter a cause d'une demoiselle sans grande conversation.

Deus Omnipotens a écrit:
Le membre 'Louis-Victor de Mortemart' a effectué l'action suivante : Au gré du Hasard


'Sujet de Fortuna' : 4, 5

Visiblement la Demoiselle avait compris que le Prêtre n’était pas pour elle. Peut-être pensait-elle être tombé sur un cul béni similaire a Louis 7 qui aurait reçu ce costume par moquerie et s’en serait emparé avec joie. Elle alla donc vers le Corsaire, souriante et enjôleuse :

« Beau Pirate, emmenez moi donc sous le soleil de ma Perse natale, loin de ces brumes… A moins que vous ne préfériez me garder en Femme de Capitaine. »

Perse ? Peut-être le costume n’était-il pas si caricatural pour une Ottomane. Quoiqu’il en soit Vivonne retint un soupir soulagé, il espérait que tout c’était bien passé et qu’il s’en était bien sortit aux yeux de Madeleine… Mais l’avait-elle reconnue, plongée qu’elle était dans son travail ? Elle avait fait froid dans le dos du Duc mais peut-être avait-il fait une erreur et que c’est de repousser l’Orientale qui allait lui attirer des ennuis ?
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Sam 12 Mar - 22:58

L'histoire continua, l'ambiance s'alourdissait, cela n'échappa à l’œil émeraude de la Romaine, ses pieds commencèrent à disparaître sous de la brume quand un souffle l'interpella non loin de son oreille, lui laissa sur la peau, de milliers de petites billes de chaire, ainsi qu'un frisson partant de ses pieds jusqu'au bout de ses doigts. Visiblement, l'homme penché à son oreille avait reconnu son parfum, la jeune femme n'utilisant que l'ambre gris pour parfum, elle su que c'était d'elle qu'il était question et l'homme l'ayant interpellé semblait apprécier celui-ci, elle sourit donc au Mortemart, caché dans son déguisement, sous son masque et glissa à l'adresse de celui-ci.

« - J'accepterais volontiers des noisettes ou du fromage, si vous en trouvez. »

Des noisettes, un de ses grignotages favoris, quant aux fromages, elle apprécier leurs caractères différents à tous, comme si chaque fromage pouvait être associé à un caractère, un trait humain. Et voilà donc le prête désormais enfuit, elle trouva amusant qu'un prête s'approche ainsi de la fille d'un évêque, ou plutôt sa pupille, ses perles de sinople se perdirent un instant dans le vide pour attraper un valet sur leur route, la belle Milena fronçant les sourcils sous son masque, elle s'aperçut qu'il venait d'ajouter une substance inconnue dans le verre d'une veuve noir, masqué d'un très beau loup de velours violet, celle qui racontait les histoires. La coupe fut tendu à la veuve et l'Italienne, celle en Romaine, s'approcha de la conteuse, elle la détailla un instant, ignorant de qui il s'agissait, mais elle prit néanmoins la parole, essayant d'être le plus discrète possible, prenant le risque que sa voix à l'accent légèrement chantant et chaude.

« - Madame… Je pense qu'il est imprudent de boire votre breuvage. »

Son masque immaculé ne trahit rien, mais peut-être la veuve croisera alors des vertes inquiétantes de son sort. Milena est peut-être paranoïaque aussi, après tout, sa confiance n'est en personne d'autre que son chère paternelle, Leandro. Soudainement, elle doute, mais d'un autre côté, elle se sait bonne observatrice, aussi bonne observatrice que bonne danseuse. Elle trouva la veuve un peu intimidante et opposée à son propre costume, pourtant, elles n'avaient pas que des points opposés. La veuve avait un costume noir, alors que la Romaine portait le blanc et si la sombre avait sa tenue un poil négligé, la chose était autre pour la blanche, qui elle avait pris soin avec sa robe à ce qu'elle soit bien mise et que ses longueurs d'un enfantin blond, soit correctement coiffé à la façon des romaines antique.
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Dim 13 Mar - 13:54

Il n'y avait pour lui rien de bien étrange dans cette mise en scène pseudo-macabre. Pseudo oui. Allons vous ne lui ferez pas dire qu'un cimetière pourrait être possiblement glauque, il vous répondrait dans ses mauvais jours que vous n'avez encore jamais vu le visage de son épouse après un accouchement, et dans les bons jours... sans doute répondrait-il de même ou aurait-il l'amabilité de dire qu'un champ de bataille y gagnait la première place. Quoi qu'il en soit la chose qui était sans doute la plus étrange pour Monsieur dans toute cette situation était sans nul doute le fait de porter tout un attirail qui n'était ni de son fait, ni même pensé par lui à un moment ou un autre. Vraiment... Vraiment cela était hautement destabilisant. Frustrant même... jamais il n'aurait fait le choix de cette qualité de tissu. Trop rèche pour son corps délicat. Sans doute cela avait-il un lien avec la fortune de cet hôte mystérieux. Fortune toutefois parfaitement acceptable s'il fallait considérer que chacun, comme lui, avait reçu une missive et un attirail.
Ce dernier lui était original par ailleurs, ou au moins ayant eu le mérite d'amuser le frère du Roi. Le turban blanc qu'il portait indiquait clairement sa provenance orientale. Philippe n'avait pu s'empêcher de sourire en pensant reconnaître ce qui devait être un costume de Perse avait été corrigé pour apprendre qu'il s'agissait là d'un costume venu sans doute de la Sublime Porte. Perse ou Ottoman... Qu'importe, en vérité les Europées avaient toujours tant de mal à faire la différence entre ces pays si lointains, et plutôt même ne comptaient pas forcément faire l'effort de la différence. Aussi avait-il revêtu avec une excitation enfantine la longue tunique ceintrée par une ceinture de soie dans laquelle était glissée deux belles dagues (issue cette fois du cabinet du prince et nécessaire au vu de l'agitation de Paris). Par-dessus tout cela un manteau de brocard rouge comme le vin, bordé de fourrure noire, frôlait presque le sol. Presque et heureusement il ne fallait pas avoir l'inconscience de laisser traîner du tissus dans les rues sales et noires de la capitale. Sur son visage, un simple voile de tissu d'un rouge sombre pincé d'une aigrette d'or au dessus de l'arrête de ce nez Bourbon si reconnaissable, tombant lascivement sur ses joues rosée jusqu'à ses lèvres,  dissimulait son identité du mieux. Les longs cheveux noirs bouclés, si aimés par sa cousine la Grande Mademoiselle, allait contre la mode turque et tombait orgueilleusement sur ses épaules. Bien entendu qu'il pouvaient être une marque de reconnaissance... Mais Philippe les aimait beaucoup trop pour vouloir les contraindre.
Monsieur observait la foule, discutait allègrement avec un galant petit berger, buvait du vin et profitait des sucreries proposées. La fraîcheur provoquée par ce brouillard, fort à propos, le poussait à apprécier d'autant plus son manteau malgré les longues manches fendues. Il devait toutefois reconnaître avoir été surpris une ou deux fois par des figures ténébreuses qui s'amusaient à passer parmi les invités. Il en riait, c'était tout de même amusant et il n'était pas le seul à se laisser prendre par une surprise innocente. Il avait donc écouté la nouvelle figure avec un amusement peut-être inconscient.

-J'attends de voir l'horreur qui nous sera proposée,
pouffa-t-il en regardant le joli berger à ses côtés.
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À s'habiller sans péril, on triomphe sans goût
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Situation : Marié à Henriette d'Angleterre

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Dim 3 Avr - 22:18

Alors qu'elle achevait son faux témoignage de vie et mort d'un revenant de Rome et de sa possible implication dans nombres de meurtres non élucidés, le requiem lugubre s'interrompit. Un raclement de gorge attira l'attention de tous les convives y compris de Lina qui la tourna tête vers la petite estrade installée à l'occasion.

Verre à la main, un homme au rictus de travers accueillit les invités d'un discours mi volubile mi pesant, miroitant d’innombrables souvenirs sans la promesse d'une fin heureuse. La jeune comédienne plissa les yeux, tentant de reconnaitre l'homme sous le masque mais comme tous ses compères ici bas, elle restait dans l'inconnu de leur mystérieux hôte. Seule la promesse de la récompense et la preuve incontestable de son talent auraient pu la faire venir jusqu'ici et c'était bien la connaitre que d'avoir appuyer sur ce dernier point.

Trop bien peut-être… Alors que les quelques applaudissements furent de nouveau engloutis par des instruments à corde volontairement plus lents, un tapis vaporeux se mit à glisser sur le sol. Même au courant que son rôle auprès des convives était de les faire frissonner, Lina sentit son propre épiderme léché par la fraicheur ambiante se rebiffer. Et c’est presque dans un sursaut qu’elle accueillit la déclaration de la voyante. D’accord… elle jouait la comédie, un peu trop exagérée selon son goût. Lina l’aurait fait plus subtilement peut-être, utilisant moins ses bras et plus de sa posture comme le lui avait mainte fois montré Madeleine. Alors pourquoi cette sensation ténue ne la lâchait-elle pas ? Voilà qu’elle se faisait prendre à son propre jeu à présent. Pourtant, la plupart des convives déambulaient sans crainte, plaisantant même en tâtant les tombes de leurs accessoires, discutant avec les morts comme s’il s’était agit du commun des mortels.

Tout lui parut soudainement faux, bien trop faux et la jeune femme se surprit à attraper le premier verre qu’on lui tentait pour y tremper ses lèvres, espérant y délester un peu de cette angoisse nouvelle qui lui aspirait le cœur. Alors qu’elle sentait les effluves fortement fruités et comme un léger parfum d’amande frôler ses narines, une antique romaine drapée de blanc retint son geste d’un mot. La veuve noire releva ses yeux clairs vers d’autres tout aussi azurs que les siens. Elle ne semblait pas vraiment sûre de ce qu’elle avançait, sans doute une comédienne en devenir. Elle lui rappelait un peu ses débuts. Blonde débutante, ayant le courage sans trop encore d’assurance. Sans prendre son conseil au sérieux elle lui fit un clin d’œil par delà son loup.

« Jolie Muse, la musique vous suffit peut-être mais pour ma part, j’ai besoin d’un remontant plus solide pour supporter les mauvais acteurs qui nous entourent. A croire qu’ils ont engagé du tout allant et ont mélangé le vinaigre et le bon vin! » murmura t-elle en pointant du menton la voyante qui déambulait toujours les mains en l’air. Levant son verre elle le vida d’une traite, espérant que sa chaleur brûle le trouble qui s’était emparé d’elle. Et c’est bien ce qu’il fit, savoureusement d’ailleurs. L’alcool caressa son esprit, soufflant sa peur.

« Il est excellent ! Vous devriez en prendre une cou… une … » Le souffle lui manqua soudainement. Comme un poisson hors de l’eau elle ouvrit la bouche sans pouvoir en sortir un son. Lâchant son verre pour porter ses mains à la gorge, le cristal explosa au sol, faisant se retourner plusieurs convives sur la jeune comédienne.

« A … l’ai…de… » tenta t-elle d’ânonner. Elle entendit qu’on riait sans comprendre. Le manque d’oxygène faisait bourdonner ses oreilles, rendant le monde flou autour d’elle, ou était-ce les larmes qui lui embuaient la vue ? Seule la jeune femme en face d’elle semblait comprendre le drame. Ironique d’ailleurs, habillée en romaine elle devait en connaître une bibliothèque sur les assassinats de l’époque ! Ses poumons jusqu’à son visage rougi la brûlaient atrocement et elle due se plier en deux, attrapant les premières personnes qui se trouvaient proche d’elle pour la soutenir. Les visages se tournaient vers la jeune femme. Et enfin, elle entendit les premiers cris de vraie frayeur, les appels au médecin. Elle sentit vaguement qu’on la soutenait, qu’on l’allongeait au sol. Le temps, sans respiration sembla s’étirer à l’infini, comme une musique sans rythme. Et sans avoir pu reprendre son souffle, Lina cessa d’entendre son cœur battre, cessa d’entendre le monde autour d’elle. Et cessa d’être.

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Bas les masques !
Bas les masques !
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Dim 10 Avr - 17:45

La musique s'éteignit, dans un dernier accord. Les rires et les conversations cessèrent avec un temps de retard, faisant toile de fond pour la mise en place d'un nouveau personnage qui venait de monter en scène: vêtu de noir, masqué, il s'adressa à eux avec une courtoisie parfaite, avec aussi l'ironie la plus fine, pour leur souhaiter la bienvenue ainsi qu'une bonne soirée. Et, bien évidemment, pour réveiller en chacun d'entre eux la question de l'identité de leur hôte, déjà exacerbée par l'étrange carton et par le lieu insolite. Il avait raison: on ne sait jamais, dans la danse, la conversation voire les mets et les vins, les convives auraient pu cesser de penser à leur hôte, mieux valait leur rappeler dès l'abord tout ce que cette ignorance savamment entretenue avait de frustrant.

Auguste salua le masque charmant qui s'enfuyait vers un nouveau cavalier, un sourire léger aux lèvres -un sourire dont elle jouait parfaitement, un peu trop même, il l'avait noté pendant tout le temps qu'il avait passé avec elle... un peu comme si elle n'était pas très habituée à pouvoir en faire usage, comme si c'était une arme qu'elle découvrait tout juste. Sans doute le masque la mettait-elle à l'abri de quelque disgrâce physique, et, en l'en émancipant, le laissait-elle libre de faire enfin l'essai du charme... En passant, il récupéra une nouvelle coupe, cette fois remplie d'un breuvage incarnat, tout en prêtant une attention distraite aux élucubrations grandiloquentes d'une femme couverte de voiles -une comédienne sans doute, encore une fois. En portant le verre à ses lèvres, il s'amusa de la catastrophe annoncée. Un peu plus et on leur aurait prédit l'Apocalypse sans rémission... Malgré tout, il nota que ces paroles paraissaient produire un effet non négligeable sur quelques personnes dans l'assemblée, et quelques dames frissonnèrent et resserrèrent les châles, gazes et autres voiles autour de leurs épaules. L'ambiance était un peu plus lourde, une tension semblait s'installer entre eux tous. Là encore, c'était sans doute jeu délibéré de la part de leur hôte mystérieux... Ce dernier devait véritablement s'amuser, avec tous ces invités comme des pions dont il pouvait, au moyen de quelques artifices de théâtre, manipuler les émotions.... Partagé entre l'agacement d'être pièce de tout cet engrenage et l'admiration pour leur hôte inconnu, Auguste promena son regard sur ceux qui l'entouraient, à la recherche d'une nouvelle cavalière.

Il remarqua tout particulièrement un Persan vêtu d'étoffes d'un rouge splendide (un Persan ou quelque autre représentant d'un pays oriental, vaste domaine dans lequel les connaissance d'Auguste étaient somme toute relativement limitées) et dont l'inclination pour les sucreries rentrait, en tous les cas, parfaitement dans les idées reçues qu'on avait pu égrener autour de lui sur les habitants de ces pays dont l'exotisme faisait rêver. Le manteau, éclairé alternativement au gré des oscillations de la mèche de la bougie située à proximité, semblait comme recouvert de sang; la profondeur que lui donnait l'ombre, l'éclat que lui apportait ensuite la bougie, l'alternance irrégulières entre ces deux états avait quelque chose d'éminemment fascinant, quelque chose qui faisait qu'il n'arrivait pas à en détacher le regard. C'était quelque chose de parfaitement esthétique.

Une brusque poussée dans son dos, lui rappelant qu'il était dans le passage, brisa le charme. Le cristal lui échappa des mains, allant se briser sur le sol du cimetière, aux pieds même de l'Oriental, dont les pantalons d'étoffes claires s'ornaient à présent d'une très voyante projection de vin écarlate. Il voulut rabrouer le coupable, mais ne le retrouva pas dans l'agitation ambiante. Des cris, des mouvements de foule. On convergeait vers un point que l'agglomérat de convive rendait indéfinissable, et les premiers appels à un médecin commençaient à retentir. Sans prendre la peine d'adresser le moindre mot d'excuse à l'Ottoman, auquel il ne pensait déjà plus du tout, mû par la curiosité, Auguste suivit le mouvement vers ce qu'il découvrit être, après avoir joué des coudes et s'être glissé entre deux hommes vêtus en croisés, la conteuse. Elle gisait à présent pâle comme une morte, sans mouvement, entre quelques convives qui tentaient de la faire revenir à elle à l'aide de sels bien inutiles.
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Dim 10 Avr - 19:21

Masques et mystères



Ou de l'art d'organiser une soirée réussie


Oups. On dirait bien que la soirée vient de connaître un coup d’arrêt.
Au milieu des convives une comédienne vient en effet de s’écrouler subitement. Une mise en garde ignorée, une gorgée avalée et la voilà blafarde et inerte. Mais mourir en pleine soirée c’est tout de même d’un très mauvais goût !
Face à ce qui ressemble en tout point à un macchabée les invités restent d’abord choqués, ne pouvant croire à ce qu’ils voient, puis rapidement la rumeur se repend. Certains s’agitent autour de Lina pendant que d’autres crient à un médecin et que la majorité parle déjà de meurtre.
Mais alors que les esprits s’échauffent l’homme qui quelques minutes plus tôt s’était déjà montré revient sur l’estrade, vraisemblablement peu sensible à la tournure morbide des évènements.

- Votre invitation avait promis des surprises et voici la première !

D’un air satisfait il fait quelques pas puis reprend non sans théâtralité.

- Cependant n’ayez crainte, chers invités… Car vous n’êtes que les témoins d’un talent pour la farce et notre chère victime est en réalité celle qui vous joue un mauvais tour.

Il fait une pause de quelques secondes pour savourer les regards interloqués.

- Mais bien que factice le trépas vous invite tout de même à répondre à ce mystère : qui a tué notre bien-aimée Italienne ?

Face à l’annonce les visages se font tout de suite un peu plus joyeux. Après le soulagement la satisfaction de constater que l’hôte a le mérite de l’originalité pour ce qui est du divertissement.

- Durant ce début de soirée des indices ont été disséminés et il est à présent à vous de les trouver afin de démasquer le meurtrier. A vous de chercher les preuves, interroger les témoins, accuser les suspects ! Je vous conseille cependant de faire vite avant qu’il ne frappe de nouveau…

Un sourire mystérieux, un court silence pour l’effet dramatique et avec entrain il conclut finalement :

- La scène est à présent à vous : je déclare l’enquête ouverte !

Vous l’avez donc compris Lina n’est pas victime mais simplement complice et tout a été écrit à l’avance. Ce qui vous arrange bien, au moins vous ne cauchemarderez pas.
A présent vous avez donc deux possibilités : vous laisser prendre au jeu en vous lançant dans l’enquête ou continuer à boire en toute insouciance. Si vous choisissez de devenir les inspecteurs d’un soir n’ayez crainte : vous ferez toujours mieux que la police parisienne ! Et si vous êtes celui qui démasque le coupable vous aurez une honneur de taille : pouvoir vous vanter d’avoir été plus efficace que Gabriel de La Reynie. Voilà qui devrait le faire rire jaune et amuser la compagnie.


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Récap:
- Lyssa a aperçu quelqu'un verser une substance louche dans le verre de Lina.
- Un meurtrier qui pourrait de nouveau frapper ?! Vous avez donc tout intérêt à vous presser.  
- Des témoins/complices se cachent parait-il çà et là, si vous les trouvez ils seront sans doute d'une certaine utilité.
- Mais cette surprise sera-t-elle la seule de la soirée ? ... What a Face

Consignes & infos :
- Dans la mesure du possible tentez de répondre vite (dans les dix jours) afin que l’intrigue puisse avancer convenablement
- Afin de favoriser le dynamisme veuillez également faire des post relativement courts (environ 700 mots maximum)


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Lun 18 Avr - 21:14

Elle fut surprise par cette mort et paniqua, jusqu'à qu'une voix l'interpelle, il s'agissait donc d'un complot destiné à animé la soirée. La jeune fille observa alors la comédienne au sol et tenta de se creuser la tête. Les costumes avaient un rapport avec cela, elle en avait la certitude, elle repensa à l'invitation avant de secouer doucement sa tignasse blonde. Le corsaire, était-il coupable ? Le religieux peut-être ? Cela pouvait s’avère être un message après tout, il était de notoriété publique que l’Église, ou plutôt ses membres usait de poisons et n'étaient pas tous très respectable ... Peut-être était-ce un message alors ? Elle en eu un frisson de frayeur. Et si sous le couvert d'une animation, d'une complice, l'on tuer réellement quelqu'un ? Sa gorge se serra, elle continua son observation des présents. Un Espagnol était présent, ainsi qu'un de ces tristes et célèbres masques. Elle posa ses vertes sur le spectre d'une blanche, peut-être s'agissait-il de l'Oriental ? Un schéma se dessina dans l'esprit de la jeune femme, car nous avions un prête et un fantôme, ainsi qu'un corsaire. Un personnage bien trop triste, et un prêtre ... Et à côté de cela, trois personnages bien inspirés. Avec peut-être une même thématique ? La Romaine s'approcha du prêtre, inquiet, elle demanda.

"- Mon père, auriez-vous une idée du meurtrier ? "

La main inquiète se pose sur le bras du religieux d'un soir. La Romaine est prête à mener l'enquête, mais aussi à jouer le jeu de la comédie tragique, en s'inquiétant pour sa sécurité et pourquoi pas celle des autres. Puis elle demande à un autre, non loin.

« - Et vous ? Auriez-vous une idée du meurtrier ? Cela me fait froid dans le dos… »

Il faut dire que son costume n'a pas vocation de la couvrir beaucoup, puisqu'il dévoilent bras, décolleter et son cou. Elle observa sur un plateau une coupe passer devant son nez, sans même oser l'attraper. Bien qu'il n'y soit normalement pas de danger, elle décide de s’imprégnait de l'ambiance totalement et ne boit même plus désormais. Sa main se serre un peu sur le bras du religieux, à cause de l'inquiétude. Non, la Milena n'est pas une comédienne de mèche, mais sa jeunesse fait qu'elle aime parfois se perdre dans son imagination, comme lors des moments où elle danse, comme une nymphe ou une naïade dans les jardins du château, ou dans les pièces nombreuses de la propriété paternel.
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Mar 19 Avr - 17:28

La mort était tout sauf une inconnue pour le Duc de Mortemart: Il avait vu bien des combattants être fauchés par un obus, percés par une lame, une balle ou un débris. Il avait vu bien des hommes et des femmes fauchés par la maladie ou un accident mais voir une belle et jeune artiste prometteuse pleine de vie s'immobiliser, suffoquer et s'effondrer avait de quoi choquer le  cœur le plus endurci.  

Se précipitant, le Duc déguisé en prêtre se retrouva bien vite a jouer des coudes et alors qu'il allait chercher a prendre le pouls de la comédienne, il fut interrompu par la voix de l'organisateur inconnu, ou son représentant, qui déclarait le décès factice et c'était effectivement le cas, arrachant un soupir de soulagement au Duc livide. Il remarqua que la Femme au parfum d'Ambre s'était approché et l'interrogeait. Il se leva, lâchant le pouls rassurant de la conteuse, et répondit:  

"Une idée du meurtrier? Et bien non ma chère amie, je ne crois point avoir vu quoique ce soit. Avez-vous vu quelque chose? "

Répondit-il doucement en essayant de croiser son regard pour y lire de la duplicité. Il parcourut la foule, maudissant les masques, cherchant un comportement suspect ou un quelconque indice sur qui était le mystérieux assassin factice.  
Il ressentit un frisson en sentant la main de la belle Romaine sur son bras et la voix frissonner tant par la légèreté du costume que par l’ambiance glaciale. Offrant de bon cœur son bras a la Romaine, il sentait la main se resserrer.


« Vous êtes fort inquiète… Mais n’ayez crainte, le Seigneur nous protégera, et nous découvrirons qui est le responsable.»

Risqua le Prêtre de pacotille, se voulant rassurant, son regard parcourant la foule avant de redescendre sur la « morte » et la regardant.

« Une certitude, nous avons affaire à un empoisonneur. Le responsable doit donc avoir une fiole sur lui ou l’avoir abandonnée quelque part. »

Faisant signe à un espagnole, il déclara :

« Don je ne sais qui, avez-vous vu quelque chose  peu avant le décès regrettable de cette jeune enfant ? »

Visiblement le Duc s’amusait à adopter des tournures de phrase typiques d’un prêtre, même s’il ignorait toujours qui était responsable et qu’il avait envie de savoir. Malheureusement, il n’avait pas prêté attention avant le décès et maintenant il devait compenser en écoutant le témoignage de la Romaine et de l’espagnole, avant de fouiller sa propre mémoire.


Deus Omnipotens a écrit:
Le membre 'Louis-Victor de Mortemart' a effectué l'action suivante : Au gré du Hasard

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Mer 27 Avr - 22:22

Il se trouvait encore avec la belle Orientale que le prêtre lui avait laissé sur les bras, cherchant à son tour un moyen élégant de lui faire faux bond, quand les premiers cris retentirent, lui donnant un merveilleux prétexte pour se fondre dans la masse des invités dès qu'elle eût le dos tourné. Toutefois, à la première mention du mot "poison", son premier réflexe fut d'aussitôt vider le verre qu'il tenait à la main entre deux tombes.

Si, malgré ses manières peu subtiles, la créature du désert avait tout de même réussi à lui dérider un peu l'esprit avec un peu de badinage, toute la gravité des événements s'abattait de nouveau sur son humeur telle une chape de plomb. La foule des curieux et des voyeurs indélicats s'était déjà massée autour de la silhouette étendue de l'une des comédiennes, formant un rempart compact d'étoffes bariolées et de masques dont les traits parfois joyeux juraient cruellement avec ce qui se passait sous leurs yeux.

La voix au timbre ironique du héraut de la soirée retentît alors de nouveau. En quelques minutes, les sanglots étouffés et les exclamations atterrées des convives se transformèrent en rires et soupirs soulagés agrémentés de "J'en étais sûr, c'était évident".

La première réaction d'Aramis fut un vif sentiment de colère. Avait-on idée de simuler pareil drame pour l'amusement ? Avait-on conscience des traumatismes que cela pouvait causer sur des personnes plus fragiles et plus impressionnables que d'autres ? Et soudain, ça le frappa de plein fouet, comme un coup de poing dans l'estomac : quel vieil aigri il faisait ! Il ne put s'empêcher un petit rire d'autodérision. Allons, l'auteur de cette mascarade était sans doute d'une excentricité folle, mais tout cela n'était au final pas plus noir ni plus dangereux que les histoires d'épouvante que l'on se contait durant l'enfance une fois la nuit tombée, pour se procurer de délicieux frissons.

Décidé à se dérider et à relâcher un peu cette tension inutile qui aiguisait ses nerfs depuis un moment, il dirigea ses pas vers le cœur des événements, où se massaient tout ceux qui semblaient décidés à jouer le jeu : le corps inanimé de la jeune femme. La comédienne était excellente, et si l'on exceptait une légère buée s'échappant de ses lèvres entrouvertes dans l'air froid de la nuit, on aurait juré qu'elle avait bel et bien trépassé. Écoutant ceux qui, autour de lui, commençaient à déclamer leurs témoignages, il s'avança vers la jolie romaine accrochée au bras de... tiens donc, le prêtre à qui il devait la compagnie un peu lassante de la ribaude déguisée en Orientale.

" Madame", commença-t-il avec une élégante révérence, "certains disent que vous êtes la dernière à avoir parlé à la victime juste avant qu'elle ne vide sa coupe. Auriez-vous quelque chose à déclarer qui éclairerait la lanterne de tout ceux ici présents qui seraient en quête de vérité ?"
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Ven 27 Mai - 23:59

Le sinople romain se pose sur l'Aramitz masqué et soudainement consciente que l'on s'adresse à elle, Milena répond alors, prudente, de peur de devenir suspecte. La longueur blonde est attrapée nerveusement, puis mise sur le côté.

« - Le poison, je crois. »

Elle continua. Sa voix rauque à l'accent transalpin, résonne de nouveau, hésitante.

« - J'ai vu quelqu'un mettre quelque chose dans sa coupe, alors j'ai souhaité la prévenir, mais je ne saurait reconnaître le valet, ni déterminé qui en voudrais à cette femme. »

Elle observe le costume de la Comédienne. Le regard perdu, alors que la Romaine reste contre le prêtre, apeurée. Ou presque. Apeurée, mais pas par l'ambiance, plutôt par le fait qu'on pourrait lui reprocher cette mascarade, pour laquelle, elle pourrait ensuite subir des remontrances. Oh qu'il serait facile alors de la renvoyer illico en Italie et l'empêcher de sortir des propriétés paternelles.

« - Auriez-vous une idée, de la raison de sa mort, et de qui en serait le coupable ? »

Le tissu fin laisse passer de la fraîcheur sur sa peau et voilà l'or pâle qui se pare de ses boules de chaires dues au froid. La Milena glisse le nez contre le tissu de l'aumônier, pour en avoir la maigre chaleur.

« - La victime à semblait… Ne pas s'en inquiéter, elle a préféré boire et m'a suggérer de prendre une coupe, je crois… Elle s'est évanouie sur ce mot. »

Décidée à aider de son mieux, elle semble une enfant traumatisée, par cette étrange soirée. Un genre de soirée, à laquelle elle n'est pas habituée, une soirée, qui provoque des tas d'émotions, une soirée dont on parlera longtemps encore, donc. Une soirée, pour laquelle la comédienne, c'était avérée excellente, dans son rôle de morte.

« - Devons-nous, avoir peur à notre tour ? Qui d'autres à bu ? »

Et ses vertes parcourent l'assembler, dans l'espoir de trouver réponse sur les visages masqués, couvert de tissus, de métal, et de diverses matières. L'Ambre gris est mêlé maintenant à un peu d'adrénaline, qui se sent dans sa maigrelette poitrine, puisque le battant est affolé et qu'elle serre malgré elle le tissu du costume de l'abbé, comme si son seul refuge était Dieu, qui pourrait l'aider au travers d'un prêtre, bien que faux comme l'Italienne, pouvais se dire nièce du Nonce plutôt que fille de celui-ci. Et donc, dans cette fausse sécurité, elle se terre, attendant la suite des évènements inquiète.
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