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 In dubio pro reo - Evènement


Mer 24 Fév - 21:43

In dubio pro reo



Ou de l'art de bâcler les procès

Il n'y a pas de lune ce soir, mais qu'importe, la Cour des miracles, la grande cour est éclairée par un feu immense et puissant, beaucoup plus grouillante qu'à son habitude à ces heures où normalement tout le monde est dehors pour faire ses plus mauvaise rapines. Pour beaucoup ce sont des spectateurs, pour d'autres réunis en petits groupes on les sent plus actifs, plus méfiants aussi. Ce sont les grands pontes de la Cour, les cagoux et archicagoux qui ont survécu à la fin du règne tourmenté de l'Araignée. Chacun n'étant pas sûr de la suite des événements est venu accompagné d'un ou deux de leur meilleurs hommes. Ça fait quand même du monde.

Sur une haute estrade de bois, le trône du Grand Coësre est toujours vide, mais peut-être plus pour longtemps. Clampin est assis sur l'accoudoir de ce ramassis improbable de bric et de broc, lui-même accompagné de Quenottes qui va et vient, regarde qui arrive du haut de son insolence de petit chef de bande déjà très très bien organisée malgré son âge. Les autres hommes de Clampin sont postés un peu partout, et veillent à ce que ni la police ni d'autres trouble-fête ne viennent interrompre ce procès fort curieux qui se met en place.

Près du trône, le gibet est prêt comme à son habitude, la corde a été nouée et n'attend que de se serrer sur un cou gracile et condamné. L'accusé est grand absent mais la présence sûre et calme de Clampin laisse présager beaucoup. Le cagou ne court pas vite à cause de sa jambe qui boite, mais il réfléchit beaucoup. Tous savent que s'il a convoqué tout ce petit monde ce n'est pas pour simplement remuer la fourmilière. Aussi l'impatience de faire parler Broquille grandit dans tous les cœurs... Ou pas.

*****

Récap :
- Vous vous trouvez donc à la Cour rue Neuve-Saint-Sauveur, en plein cœur de Paris.
- Vous, parmi d'autres figures d'importance du milieu, avez suivi votre chef convoqué par le Cagou Clampin.
- Pour rappel : vous êtes en terrain neutre, Clampin n'ayant jamais pris position pour quoi que ce soit. Il a réclamé de tous un comportement paisible qui se doit d'être respecté, faute de quoi... il n'y aurait pas qu'un seul pendu ce soir. Et ce ne serait que justice.

Consignes & infos :
- Vous avez reçu par mp des détails propres à votre personnage, merci de les respecter
- Si vous n’êtes pas inscrit à l’intrigue mais souhaitez y participer vous pouvez bien sûr encore contacter le staff
- Dans la mesure du possible tentez de répondre vite (dans les dix jours) afin que l’intrigue puisse avancer convenablement
- Afin de favoriser le dynamisme veuillez également faire des post relativement courts (environ 700 mots maximum)
- Le MJ interviendra bien sûr régulièrement pour votre plus grand plaisir What a Face
- A présent profitez de la tranquillité de ce premier tour, il paraît que les choses se corseront ensuite.

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Mar 1 Mar - 19:19

Parmi les choses qu’elle n’aurait jamais cru regretter s’entendre relativement bien avec tout le monde tenait bonne place. Naviguer tranquillement dans la cour des Miracles, sans faire de remouds et sans s’attirer aucune foudre, voilà qui jusque lors lui avait toujours bien convenu mais qui aujourd’hui semblait commencer à la desservir. Saloperies de circonstances, on n’avait pas idée d’être aussi malvenues.  
Présence vivement conseillée, lui avait répété Rosa Maria, et bien sûr tolérée selon les partisans de l’Ours… Voilà qui ne l’arrangeait pas ! Si bien que malgré une conscience partisane qui la poussait à soutenir vivement l’Espagnole et ses désirs de changement, la perspective de s’asseoir de son côté et d’ainsi se risquer aux représailles de l’autre clan ne l’enchantait pas exactement. Donc ce procès, Pia y allait avec un enthousiasme nul si ce n’était négatif. Après avoir trainé au maximum les pieds et maudit le temps qui filait tout de même trop vite et la rapprochait de l’échéance, elle arriva donc rue Neuve-Saint-Sauveur. Fort heureusement la Cour était déjà grouillante d’agitation, si bien qu’elle put se glisser au milieu de la foule sans qu’on prête la moindre attention à elle. Tout le monde était légitimement trop occupé à se regarder méchamment ou à prendre les paris sur le nombre de pendus qu’on aurait ce soir.

Après avoir savamment – ce qu’elle prétendait au moins – étudié la répartition des têtes connues dans l’espace, l’Italienne parvint à se trouver un coin qui lui semblait optimal. Pas trop près de Rosa Maria, qui par ailleurs semblait trop occupée à toiser les partisans de l’Ours pour remarquer sa présence, et sans pour autant se mêler aux compagnons de l’Ours, elle était persuadée de s’être trouvée une place parfaite. En prime cachée de moitié par quelques silhouettes imposantes, elle se trouvait donc étonnamment satisfaite de la facilité avec laquelle elle s’était faufilée au bon endroit.
Son talent (qu’elle applaudissait mentalement) pour passer inaperçu ne pouvait cependant pas anticiper les aléas extérieurs. Car la sentant se hisser sur la pointe des pieds pour regarder par-dessus son épaule, la montagne qui se trouvait devant elle se retourna pour s’étonner de la voir coincée derrière.

- Bah Pia, t’vois rien d’là!
Oh bah ça ! Sur toute l’assemblée il fallait qu’elle tombe sur le qui, en plus de la reconnaître car était un habitué de la taverne, avait derrière sa sale figure un fond presque sympathique.
- Non mais si, ça va !
Mais qu’il la laisse tranquille, elle était très bien ici. Qu’il se comporte donc en mercenaire correct et l’ignore royalement plutôt que de tout à coup se découvrir une conscience pour le plus faible ! Mince à la fin, d’où on aidait son prochain, par ici ? C’était un truc de riches la charité, dans le coin de par principe on n’en s’en moquait bien.
- Mais non ç’pas bon. T’sra mieux ‘ci.

Et pris d’un élan de générosité pour la demi-portion qu’était l’Italienne il poussa sans trop de ménagement et attrapa Pia par les épaules sans beaucoup plus de délicatesse pour la faire passer au premier rang. Sans avoir eu plus le temps de protester elle se retrouvait donc à ne pouvoir rien ignorer à ce qu’il adviendrait. Chose donc elle se serait bien passée, cela allait s’en dire. Car la potence sous le nez et quelques dizaines de truands qui n’attendaient que l’occasion opportune pour se sauter à la gorge, voilà qui faisait froid dans le dos plus que ça ne réjouissait. Un peu rendue pâlotte par la tournure que risquait de prendre l’événement – Clampin avait beau exiger le calme, elle n’était pas franchement certaine qu’il règne pour longtemps – elle commença à agiter nerveusement ses jambes.
Vraiment, elle aurait voulu être partout sauf ici.

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Mar 1 Mar - 22:37

Côté vieille garde, en revanche, ça n’aurait voulu être ailleurs pour rien au monde. L’Ours, massif comme une statue de marbre, et à peine plus mobile, observait l’estrade orpheline dans un silence de mort. À sa droite, la Bianca se tenait solidement campée, poings sur les hanches. La lumière orangée des torches accusait la grimace tragique de son visage et se réverbérait dans ses prunelles sombres, comme si toute sa furieuse impatience s’écoulait par les yeux, noire et sans fond, et peut-être sans fin. À moins qu’elle en ait une.
À moins que la fin commence aujourd’hui.

Autour, la foule moite, grouillante, vibrante de sueur et d’excitation, retenait son immense souffle puant. Comme elle ? Non. Pas autant. Personne n’attendait après Clampin, ne voulait entendre Broquille, ne brûlait de savoir le fin mot de ce merdier autant qu’elle et l’Ours. Même le troisième larron admis par le cagou, Marelle, un grand gars à mâchoire de dogue, un type réglo, un vrai copain, n’avait pas autant la grogne ; et il se montrait pourtant pas exactement jouasse…
La Bianca scrutait la marée humaine. Elle cherchait quelque chose. Un froissement préoccupé sur un visage. Un signe d’intelligence un peu louche. Un remous dans cette mer de crasse. Le plus petit début d’entourloupe. Clampin voulait pas de grabuge, d’accord ; mais Clampin, c’était pas le Roi. Et si ça tournait vinaigre, il ferait quoi ? Mâterait la foule ? À grand coup d’sa patte trop courte, p’t’être bien ? Non… Bianca craignait pas la castagne ; mais son Broquille, là, s’il avait trempé dans le coup fourré qu’avait bouffé l’Araignée, pouvait pas être le seul mouillé. Sa main à couper qu’il avait des « amis » parmi ce flot d’ordures, qui pourraient bien avoir envie de le tirer de là.

De loin en loin, elle croisait le regard de cette chienne d’Espagnole, le diable l’emporte ! Et celui de la traîtresse Zirrafon. Alors, il lui fallait toute la volonté dont elle était capable pour ne pas leur sauter à la gorge. Ce serait stupide. Elle n’y gagnerait rien. Pas de vengeance, pas de renouveau pour sa bande. Il fallait attendre.

- Commence à faire long, rauqua une voix à son oreille. Marelle devait presque se plier en deux pour ce genre de messes basses.
- Pressé ? Ta blonde t’attend ? Fallait y dire de v’nir. Y’aura du spectacle, ça l’aurait mise en train.

Le grand gaillard étouffa un gloussement. L’Ours apprécierait pas – du moins, c'est ce qu'il imaginait, et n’avait pas franchement envie de tenter le diable. Il rétorqua, plus bas encore :

- T’sais ben qu’j’ai pas d’aut’ blonde que toi, ma Bianca.
- Moche. On t’en trouv’ra une, va, quand t’auras appris à prend' ton temps. Les blondes, elles aiment pas quand ça va trop vite. Maintenant t'la fermes, et tu patientes.

L’hôpital qui se fout de la charité, hein ? Marelle se redressa, bras croisés; et Bianca se tordit le cou pour faire craquer une vertèbre. Ce petit interlude leur avait un peu soulagé les nerfs ; y'avait plus qu'à attendre.
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Mer 2 Mar - 2:40

Il se fraya un chemin parmi la foule de mendiants, truands, voleurs, violeurs, tueurs et catins. Certains se retournaient sur son passage, des yeux s'écarquillaient en apercevant son visage sous le capuchon qu'il avait rabattu sur sa tête. Oui, il y avait encore quelques semaines de ça, Iain Kelly était encore officiellement mort, brûlé vif et broyé dans un incendie à Rouen tandis que la quasi totalité de sa petite bande se faisait massacrer, arrêter, et pendre. Oh il avait refait surface depuis, et avait commencé à revenir discrètement s’immiscer dans les affaires de la pègre de Paris. Mais même à la Cour des Miracles, les nouvelles n'atteignaient pas forcément tout le monde. Et puis à voir certains regards, ceux qui n'étaient pas au courant de sa résurrection ne semblaient pas spécialement s'en réjouir.

Son regard froid de requin croisa celui de la rouquine ritale, Pia, qui semblait avoir bien du mal à passer inaperçu. Il lui accorda un petit sourire énigmatique avant de venir se placer derrière l'Espagnole et la Zirrafon, adossé contre un baril, les bras croisés, le capuchon baissé sur ses yeux, tout en grattant du bout de l'ongle une petite tache rougeâtre sur la manche de sa nouvelle redingote, acquise plus tôt dans la soirée. Il respirait calmement, observant le camp adverse. Oh oui, tout ce joli monde qui avait trempé dans la destruction de sa petite affaire quelque mois plus tôt, et qui venait maintenant pleurer pour réclamer justice. Cette catin de Bianca. Marelle, cette brute épaisse. Et bien sûr le géant velu à l'allure féroce et immobile, l'Ours, qui portait mieux que jamais son surnom. Iain passa sa langue sur ses lèvres, doucement. Comme il aimerait avoir ses trois têtes empaillées dans son nouveau repaire, au cœur des taudis de la Bièvre. Et une belle descente de lit en peau de bête...

L'Espagnole lui avait demandé de veiller sur La Zirrafon et de l'aider en cas de grabuge. D'accord, pourquoi pas, ça changeait de ce qu'on lui demandait d'habitude. Mais là ce soir ? Honnêtement si les choses venaient à tourner au vinaigre, la meilleure façon de venir en aide à la jeune femme serait certainement de lui ouvrir la gorge avec une lame aiguisée. Au moins ça lui éviterait l'interrogatoire douloureux et la caresse de la corde sur son petit cou fin.

Ce soit-disant procès puait. Broquille pouvait raconter n'importe quoi pour se voir épargner la torture, et même s'il s'en tenait à la vérité, c'était déjà trop. L'idéal serait de pouvoir tout bonnement l'empêcher de parler, mais comment, avec tous ces yeux braqués sur l'estrade ?

Iain était parfaitement conscient que ça pouvait mal tourner pour l'Espagnole, la Zirrafon, et surtout lui-même. A quoi bon revenir d'entre les morts si c'était pour se jeter dans la gueule du loup ? Il suffisait d'une étincelle, et du sang coulerait. S'il devait y passer ce soir, il ferait son possible pour entraîner le plus de monde possible en Enfer avec lui. La lame dissimulée sous sa redingote était affûtée, le fil aiguisé huilé d'un savant mélange exotique dont il avait le secret. Et dans un esprit purement vindicatif et un brin mégalomane, il avait donné un ordre à ses lieutenants. Un seul ordre, clair et précis. "Si je m'en sors pas vivant, faites-moi cramer cette putain de ville." En fait, l'idée était si plaisante à imaginer qu'il aurait presque souhaité qu'effectivement, les choses tournent mal.
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Sam 19 Mar - 13:01

Telle une petite souris qui voulait uniquement se faire oublier, la voleuse se glissa dans la foule, ne restant jamais bien loin de l’Espagnole de peur de la perdre. Partir. Partir loin d’ici. N’importe où. Voilà ce que la jeune Zirrafon ne pouvait s’empêcher de penser et de se répéter dans sa tête. Il n’y avait que quelques pas entre elle et la sortie, mais pourtant elle ne bougeait pas. Elle en était incapable. La rue grouillait de partisans de l’Ours voulant sa peau, le coin le plus sûr pour elle était de rester auprès de Rosa-Maria. Jamais elle ne s’était sentie aussi petite, aussi faible et en si grande mauvaise posture. Ce soit disant procès puait à des kilomètres et rien ne la rassurait, car elle savait que rien n’était moins juste que la justice de la Cour des Miracle. Dès qu’elle avait eu vent de cette affaire, dès que sa “protectrice” l’avait obligée à s’y rendre, Laura avait su que c’était une mauvaise idée et que rien ne se déroulera comme prévu. Pourquoi ? L'intuition. La mort de l’Araignée avait été un soulagement autant physique que moral, mais force est de constater qu’elle se sentait d’autant plus en danger.

Le regard vide, les yeux fixant les chaussures des gueux alentour, la jeune femme ne faisait pas la maligne du tout. Elle n'était pas maîtresse de ce qu'il se déroulait, et cela ne lui plaisait pas. Le simple fait de croiser le regard Bianca suffit à lui donner des frissons. Et l'Ours, toujours aussi massif… Un simple petit mouvement d'agitation, et s'en était fini pour celle ayant réussi à lui échapper depuis tout ce temps. Ses mains noircies par la saleté serrèrent avec anxiété sa robe dans un tout aussi piteux état. Bon sang, vivement que cela se finisse ! Il n'y avait rien de pie que d'attendre, sans que rien ne se passe. Ce moment, Laura ne le vivait pas, elle l'endurait.

Bien que timidement, elle détacha son regard du sol et regarda la foule qui c'était bien agrandie depuis leur arrivée. A croire que c'était l'événement de l'année… Et c'était le cas. Après tout, personne ne savait réellement chaque détail de la chute de l'ancien roi, chaque information circulant n'étaient que rumeurs et suppositions. Il est certain qu'à l'issue de ce procès, les tensions seront beaucoup plus vives qu'elles ne l'étaient auparavant. Ses yeux se posèrent sur Clampin, sur Broquille et sur la corde. Sa gorge se noua, l'empêchant de respira l'espace de quelques secondes. Il n'y avait aucun allié ici, mais que des fous voulant un coupable et qui ne seraient pas contre une petite bagarre.

Prenant une grande inspiration, la brunette tenta de prendre confiance en elle, se rassurant tant bien que mal, se mit à fixer l’estrade. Plus vite cela commencera, plus vite elle aura une chance de s’en sortir et de peut-être continuer une vie normale.
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Sam 23 Avr - 14:02

In dubio pro reo



Ou de l'art de bâcler les procès

L’assemblée se forme avec un peu d’hésitation, sous le regard scrutateur et attentif de Quenottes, qui cherche visiblement quelqu’un en particulier. A l’arrivée de la Zirrafon, il a un imperceptible signe de tête pour son compagnon. Clampin, assis à côté du siège, frotte son pouce contre son index : tous les éléments sont en place, et la mise en scène va pouvoir commencer. Sur un geste impérieux de celui qui s’est arrogé la place de  président de cet étrange tribunal, on amène le principal accusé. Il est condamné d’avance, et il le sait, comme le savent aussi tous les truands qui se sont assemblés au pied de l’estrade de bois. La corde se balance, sinistrement, bien en évidence, visible de tous. Le simulacre de jugement aura pourtant lieu, et dans les règles encore : pas celles de la Justice royale, certes, mais celles de la truanderie qui n’est pas une zone de non-lieu, et qui a ses principes, dont l’un des premiers est de ne pas dénoncer.

Broquille sait tout cela et il n’en mène pas large. Il tremble, ses mains s’ouvrent et se ferment, sa bouche aussi. Il aimerait sûrement bien demander grâce, s’expliquer, mais un reste de fierté ou bien de peur l’en empêche. Encadré entre deux des hommes de Clampin, il paraît pitoyable, misérable. Ses yeux vont et viennent, se posent sur l’assemblée, sur ses juges, sur la corde, sans jamais trop s’attarder. Clampin, lui, prend son temps, et fixe Laura. La petite n’a pas l’air tranquille ; on la comprend. Elle aussi va devoir s’expliquer sur certains points, même si la priorité reste Broquille. Enfin il se lève, lentement, à dessein : il donne en fait plutôt l’impression de se déployer que de se redresser.

« Vous avez tous été appelés ici ce soir pour faire justice, rapport à l’assassinat de l’Araignée notre bien-aimé et regretté Grand Coësre. » Il jette un regard au trône vide, et marque un temps –ça fait plus solennel. «  Assassiné, j’ai dit. Parce que nous savons bien tous que l’Araignée se serait jamais laissé avoir sans un petit coup de pouce d’un gars du milieu. Pas de chance pour le mouchard, on l’a retrouvé et il va payer, bien sûr. L’Araignée sera vengé. Si Broquille est bien coupable  -le sourire aigu, cruel, dément le si- la corde sera encore trop belle pour le sale petit cafard qu’il a été, mais ce sera son lot tout de même –la tradition. Mais d’abord on va laisser Broquille s’expliquer. »

Clampin fait quelques pas vers l’accusé, en claudiquant –le son irrégulier est pendant un instant le seul à retentir. Avec un effort visible sur les traits tirés de son visage, Broquille réussit tout de même à lui faire face.

« Qui étaient tes complices ? »
« Ce n’est pas moi qui… »
« Pas ce qu’on te demande. Tes complices ? Des noms. »
« Je n’ai rien fait ! »
« Tu as donc agi seul ? »
« Non ! »


Clampin se retourne vers l’assemblée.

« Il ressort de l’interrogatoire que l’accusé est coupable, et qu’il avait des complices. Les protéger est louable, mais pour un mouchard dans ton genre ton obstination est plutôt contradictoire… Maintenant que tu risques quelque chose, tu ne parles plus ? Très bien ! J’appelle aux témoignages, ça te convaincra sûrement, et à défaut, ça nous convaincra, nous. »


Pour quiconque observerait avec un peu d’attention le visage de Broquille, Clampin le premier, il est évident qu’il a peur, et que la peur va délier sa langue… Et que les résultats pourraient en gêner plus d’un, à considérer aussi les expressions dans l’assemblée, et la tension de plus en plus sensible.

« Et d’abord j’ai entendu dire que notre très chère Laura avait sûrement des choses à nous dire sur cette affaire. Y’en a même qui la disent responsable dans c’te sale coup… Moi j’en crois rien, mais j’aimerais bien que tu viennes sur l’estrade avec nous pour écarter les soupçons … »


*****

Récap :
- Vous vous trouvez donc à la Cour rue Neuve-Saint-Sauveur, en plein cœur de Paris.
- Vous, parmi d'autres figures d'importance du milieu, avez suivi votre chef convoqué par le Cagou Clampin.
- Pour rappel : vous êtes en terrain neutre, Clampin n'ayant jamais pris position pour quoi que ce soit. Il a réclamé de tous un comportement paisible qui se doit d'être respecté, faute de quoi... il n'y aurait pas qu'un seul pendu ce soir. Et ce ne serait que justice.
-Laura est maintenant point de mire de toute l'assemblée, avec Broquille dont tous craignent ou attendent les révélations (qui ne sauraient trop se faire attendre...).

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Mar 17 Mai - 19:00

Les yeux de Laura était fixés sur l'estrade, et plus particulièrement sur Broquille, dont elle craignait les révélation. Peu importe l'issu de ce procès, cet homme n'avait que peu de chance d'en sortir vivant. Il serait très regrettable qu'il l'entraîne dans sa chute. Les rumeurs la concernant, la voleuse les connaissait bien. Pourtant, elle n'avait été -et est toujours- qu'un pieux dans ce jeu de pouvoir, engrainée par Rosa-Maria. Elle avait trouvée son point faible et avait réussi à la convaincre de marcher avec elle. Ou plutôt pour elle. Bien que Laura ait ainsi vengé son frère et toutes les cruauté que Grégoire a pu faire sur sa personne, elle n'y gagnait pas grand chose. Cette lutte ne l'intéressait pas, mais elle était obligé de choisir un camp auquel se rattacher pour ne pas finir dans la fosse au lion. Les disciples de l'Ours représentaient à eux-seuls un danger bien assez.

Sa gorge se serra et son cœur s'arrêta de battre l'espèce d'un instant. Le fait que Clampin s'adresse directement à elle et lui demande de monter la figea complètement. La jeune femme allait devoir s'expliquer devant tout le monde, tout en évitant de révéler des choses qui lui coûterait gros. Tout en reprenant ses esprits, son cœur se mit à battre de plus en plus fort, des gouttelettes de sueurs apparurent sur son front. Quoi qu'elle veuille, elle n'avait pas le choix et si cela pouvait la rendre innocente et l'écarter de cette affaire... Tout était à tenter.

Nerveuse, elle se fraya un chemin parmi la foule de gueux dont les regards se tournèrent à son passage, grimpa sur l'estrade et tenta tant bien que mal de se tenir droite face à Clampin. Elle n'avait rien à se reprocher, du moins c'est ce qu'elle se répétait en boucle. Vénéraient-ils tous à se point cette maudite Araignée pour ainsi rechercher les coupables de sa déchéance ? Pourquoi ne pas tout simplement passer à autre chose et chercher un nouveau roi ? Si elle en avait eu le courage, Laura aurait sans doute déclarée sans hésitation toute la vérité, mais ces personnes agglutinées et attendant la suite des événements n'en avaient sûrement rien à faire de ses raisons. Elle finirait pendue, comme ce pauvre Broquille. Et ils adoreraient ça, car telle était la justice des truands.
Elle n'osait pas regarder la foule, sentant déjà leur regard tourner vers elle. Tout ce qu'elle voulait, c'est redescendre au plus vite.
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Ven 10 Juin - 0:50

De la foule s’élèvent quelques huées qui ponctuent l’interrogatoire fantoche de Broquille – évidemment, Bianca Albin et la Marelle ne sont pas en reste. Peut-être même sont-ils parmi les seuls à beugler ? Difficile à dire. Pas comme s’ils prêtaient grande attention à la voix des autres, c’est bien connu. N’empêche… La Blanche, elle eût préféré procéder elle-même. Pas qu’elle doute de Clampin, voyez ! Mais les interrogatoires musclés, c’est toujours plus satisfaisant quand on y participe. Du bon côté, évidemment. Assister au spectacle irritait son désir de se jeter dans l’action.
Mais l’Ours avait promis. Alors, Bianca rongeait son frein. Et à mesure que les traits défaits de Broquille se tordaient de peur, elle regrettait moins – un tout petit peu moins – de ne pas faire les choses à sa façon. Au fond, s’il fallait être sincère, la méthode du cagou ne pêchait pas par manque d’efficacité. Lorsqu’il interrompit l’interrogatoire, Marelle afficha même une petite moue approbatrice. Faire mariner l’un en cuisinant un autre ? Propre. Et pas n’importe quel autre, s’il vous plaît…

C’était celle qu’ils attendaient.
C’était la Zirrafon.
Le nom était lâché – les chiens suivraient. La petite voleuse que l’Araignée conservait en sûreté – comment ça, pas exactement ? – et qui l’avait trahi, la sale garce qui mordit la main protectrice, paraissait au grand jour. Si proche… Si proche, après des semaines et des semaines de recherches… Si exposée, ainsi sortie de l’ombre de l’Espagnole… Un mets de choix, pour sûr, dans la tambouille politico-rageuse de la lie de Paris. Le dessert promis, en quelque sorte.
C’était pitié de ne pas pouvoir lui sauter dessus.

Un frisson d’anticipation agita la vieille garde. L’Ours paraissait presque sur le point de causer, regard noir vissé sur sa cible ; quant à Bianca, elle se retenait à grand-peine de se jeter dessus. Sur le coup, les encouragements de Clampin l’avaient piquée au vif. Comment ça, « moi, j’en crois rien » ? Elle était à un cheveu de bondir pour arracher elle-même une confession – sanglante, si possible – directement à la gorge de Laura Zirrafon. Un retentissant « Parle, cafard ! Frollante ! » s’éleva même de ses lèvres, comme un rugissement.
L’instant d’après, la lourde patte de l’Ours coupait court à l’agitation – du calme, du calme – et les rouages cliquetaient au fond du crâne du petit lion. Les pièces de la mascarade se remettaient en place. C’était une ruse. N’est-ce pas ? Forcément. Une entourloupe pour arracher la Zirrafon à la protection de l’Espagnole. Il fallait. Clampin, Clampin, fait pas l’imbécile… T’as promis, vieux sac d’os…
Alors elle attendit, détaillant d’un œil insistant les contours de la traîtresse penaude. Si Laura avait osé lever le nez, elle aurait vu la haine déformer horriblement la face de Bianca, et ses poings blanchis trembler d’une bonne douzaine de torgnoles contenues.
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