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 Nièce de nonce, neveu de bigote (Lyssa)


Mar 5 Avr - 22:26

Fracas du galop sur les pavés, jurons à peine dissimulés et soudaine panique dans les rangs des domestiques, Alphonse de Lorraine venait de faire un retour remarquer dans le palais des Guises. Alors que des garçons d’écuries couraient rentrer son cheval dans l’écurie, deux bonnes ramassaient cape et chapeau que le chevalier avait abandonné dans son sillage. On pouvait donc suivre le jeune homme à la trace, non seulement grâce aux vêtements qu’il éparpillait avec énergie mais aussi parce qu’il hurlait à plein poumons qu’il ne voulait pas être là, que Madame avait besoin de lui pour la soutenir dans l’épreuve que représentait la vision de la boiteuse, et qu’il voulait chasser, et que de toute façon, il ne savait pas quoi dire à une bâtarde ecclésiastique.

Tout en écoutant ses récriminations peu discrètes, plusieurs domestiques se demandèrent si le jeune homme avait conscience que plus personne ne l’écoutait. Sans doute. Il aimait juste se plaindre pour le plaisir de faire tonner sa voix et de marquer de son empreinte sonore les couloirs du palais. Une fois assuré que personne ne pouvait ignorer sa réprobation, il s’enferma dans sa chambre et ne ressortit qu’une heure plus tard, changé mais à peine coiffé. Tout en se passant la main dans les indomptables boucles mordorés, il dévala les escaliers en direction du petit salon. Même s’il avait enfin cessé de se plaindre, sa descente ne fut pas réellement discrète. Sans doute avait il trouvé la façon la plus efficace au monde pour faire claquer ses talons sur la pierre de façon à ce que son arrivée résonnent sans fin dans les oreilles de son entourage. Entourage d’ailleurs trop habitué pour faire la moindre remarque. Le très respectable abbé de Feaux se contenta de finir sa tasse de chocolat avant de s’excuser auprès de sa tante pour l’abandonner trop tôt. Seulement, il venait de se confesser et craignait que le contact de son bruyant ainé ne le pousse à quelques paroles injuste ruinant le serment de réconciliation.

Alphonse le regarda partir avec un regard mauvais. Elle avait bon dos la confession ! Raymond voulait juste ne pas se trouver coincé entre leur tante, qui en ce moment mariait bigoterie et tyrannie, et la « nièce » du nonce. C’était compréhensible. Mais ne justifiait certainement pas un abandon si peu fraternel. Boudeur, le Lorraine se rabattit sur une madeleine pour faire passer sa contrariété. Avant qu’on lui fasse remarquer qu’il aurait sans doute était plus poli d’attendre leurs invités pour manger.

Pffffffff. Henriette avait intérêt à lui en être reconnaissante. Tout ce qu’il faisait par amitié pour la duchesse d’Orléans frôlait les douze travaux d’Hercules. Même si sa présence dans le salon tenait aussi la peur que lui infligeait sa tante. Et à la nécessité politique. Après tout. Les Lorraines avaient toujours été particulièrement proche de leur sainte mère l’Eglise. Et déjà Louis était au mieux avec le nouvel once. Dans cet ordre d’idée, il était parfaitement logique que la « nièce » du vénérable ambassadeur bénéficie de l’amitié d’un des cadets du comte d’Armagnac. Et puisque Madame semblait au mieux avec la petite, il était logique qu’Alphonse devienne son proche. Au demeurant Philippe avait une réputation trop scandaleuse, Charles était trop jeune et Raymond avait trouvé une excuse.

Et donc Alphonse se retrouvait à devoir se montrer aimable avec une enfant sans importance. Heureusement on lui avait glissé une ou deux suggestions sur la façon dont il allait pimenter l’affaire.

CE fut avec cette pensée en tête, et un sourire malin aux lèvres, que le jeune homme se leva dans le petit salon afin d’accueillir la jeune Lyssa.
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Lun 11 Avr - 19:54

L'Italienne observa longuement l'invitation et soupira. Non, cela ne l'enchanter guère d'être invité, chez quelqu'un qu'elle ne connaissait pas, pour la simple raison qu'elle avait déjà du mal à s'habituer à la cours de France, alors aux manières, en dehors de celle-ci, la chose serait sûrement encore moins aisée pour elle. Elle émit un long soupire, avant de revêtir la tenue du jour. Comme souvent, elle avait envie de mettre ses tenues aux couleurs différentes, aux significations parfois provocantes, mais ce n'était pas permis, il paraît. Leandro avait demandé à la jeune fille d'être sage et de se plier à la mode locale, sous peine de retourner illico en Italie, alors elle s'exécutait, silencieuse et râlant un peu, mais soumise à l'autorité de l'oncle. Elle sortit des malles une toilette blanche, qu'elle agrémenterait de vert, le vert, une couleur qui commençait à sortir du cliché de l'ancienne signification d'instabilité et de jeunesse folle. Non, le vert se faisait apaisant, naturelle. Il faut croire que les temps changent et une fois la robe blanche, soyeuse de revêtue, elle met autour de la taille, une ceinture verte, associée à une autre, plus fine en dentelle blanche. Sur son corsage, elle épingla un tâtez-y comme elle aimait ces petits bijoux, celui-ci, sertie d'une gemme assorti à ses yeux était gravé de multitude de minuscule motifs assorti à sa bague religieuse, presque effrayante. La tignasse est domptée, sans grande conviction, le parfum mit, le trait de khôl fait et la voilà sur la route de l'invitation.
Le pied chaussé de vert se pose au sol, le trajet s'est bien passé, mais l'on a pu entendre râler l'Italienne dans sa langue maternelle. Les gémissements étaient principalement basés sur le fait qu'elle n'aimait que guère la ville et qu'il était plus simple d'être en Italie, chez Leandro, où elle savait comment se comporter et n'avait même pas besoin de faire d'efforts. On lui répondit, diverses choses. La première, c'était elle qui avait demandé à son tuteur de venir en France. La seconde, que ça l'enchante ou non, elle était invitée et devait répondre positivement. Alors presque timidement, elle s'approche de cet hôtel et s'y fait annoncer. Avant, qu'on l'introduise, elle serre les doigts un instant sur cette bague, sombre, presque effrayante et pourtant religieuse, qu'elle avait au doigt. En entrant, elle se retrouve face au Lorraine. Elle s'inclina, largement intimidée par celui-ci, essayant de ne rien en montrer. Le visage était plutôt charmant et il ne semblait pas très vieux, au contraire de d'autres personnes qu'elle avait pu croiser jusqu'à présent.


« - Bonjour. »

Que dire d'autres ? Les hostilités entameront bien assez tôt. La blonde à laisser sa tignasse libre dans le dos et son accent s’entend à peine dans sa voix chaude de transalpine. L’œil est attentif, la gorge est un peu nouée, ainsi que le ventre, elle s'approche, le pas petit mais assuré.
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Sam 23 Avr - 14:21

Le regard soigneusement baissé, les domestiques naviguaient entre les différents occupants de la pièce pour déposer sucreries et gourmandises à porté de main. Sans doute la princesse avait le vague espoir qu’une bouche remplie de douceur apaiserait son neveux ou juste qu’il se tairait pour mastiquer en silence. À moins que ce ne soit un piège destiné à mettre en avant les mauvaises manières de son goinfre de squatteur. Comment dire avec un esprit aussi retors?

Si Alphonse notait avec plaisir que ses desserts préférés se trouvaient désormais près de lui. Il n’appréhendait même pas la présence des domestiques. Les gens de peu ne méritaient pas qu’on s’attarde sur leur présence. Sauf cette jolie bonne aux boucles rousses et à la gorge assez titillante. Peut être devrait il faire un tour en cuisine tout à l’heure.

Mais en parlant de gens dont il ne comprenait pas l’intérêt, il convenait maintenant de se concentrer sur le nonce. On lui avait rabattu les oreilles avec l’importance des relations avec l’Eglise. Les Lorraine protecteurs de la foi. Ses ancêtres qui tuaient les protestants avec des boulets de canons, la Ligue et tout le reste. Et il avait comprit et récité la leçon comme un brave garçon. Il se rendait à la messe, n’omettait jamais de se signer devant une scène choquante qu’il n’avait pas provoqué et pouvait assener des citations bibliques obscures et assez hilarantes. Mais devait on pousser l’hypocrisie jusqu’à devenir ami avec ces gens? Eh quoi ! Bientôt il serait prié de se découvrir une haine farouche du théâtre et des amusements? Et que deviendrait sa vie sans intimité reproductrice? (Même s’il espérait très sincèrement que son intimité ne soit pas trop reproductrice pour le moment).

Oui, il voyait dans l’arrivée du vieil homme le prémice de la déchéance de ses plaisirs. Et cette simple perspective suffisait à le lui rendre odieux. Au demeurant l’homme n’avait rien de bien remarquable. Il ressemble à un homme d’Église, avec un visage rond et un peu enfantin et des yeux brillants. Il devait être intelligent pour avoir cette position. Et stupide pour emmener sa batarde dans un nid de vipère bien pensante comme la cour de France. Ou d’une faiblesse notable à l’égard de ses proches. ce qui rendait les choses intéressantes.

À propos de proches, Alphonse accorda toute son attention à la minuscule souris blonde qui pénétrait dans le salon. En ce moment, il exécrait tout particulièrement les cheveux claires. Une allergie soudaine aux boucles jaunes qui menaçait de durait. Mais après tout la petite n’était pas comédienne, sans doute pouvait elle bénéficier d’une seconde chance malgré cette mauvaise impression capillaire.

Sa révérence fut légère et intimidée ce qui flatta quelque peu l’égo du Lorraine et le mit dans de bonnes dispositions à son égard. En soit, elle avait au surplus un jolie visage. Même si son apparence était telle que dans ses souvenirs, c’est à dire peu protocolaire et provocante, même.

Tout comme ses salutations laissaient finalement à désiré. Un simple « bonjour ». On aurait pût penser qu’un prince étranger, protecteur de l’Église et son hôte aurait mérité mieux. D’ailleurs non content de le penser, il fallait aussi le croire et le respecter.

Mais le souvenir de quelques projets qu’il tenait avec la duchesse d’Orléans poussa Alphonse à l’indulgence. Autant rire sous cape des manières de l’italienne. Et le chevalier d’Harcourt pouvait s’amuser d’un rien, surtout avec cruauté.

Et puis même au delà, il était lui même si peu soucieux des bonnes manières que jeter la pierre à quelqu’un aurait été vraiment injuste. Ce qu’il était. Mais pas aujourd’hui. Autant voir quels amusements il pouvait tirer de ce joli minois. Surtout que tout le monde n’avait pas manqué de souligner qu’il ne tirerait rien de cet après-midi. Et contredire la terre entière n’était pas pour lui déplaire.

Aussi, il eut un petit sourire rassurant pour sa tante et se porta au devant de la jeune femme. Dans un geste souple, emplie d’assurance et qui ne supporterait pas la contradiction, il lui saisit la main et la leva jusqu’à ses lèvres pour la baiser respectueusement.

Ha ! Si ça c’était pas des manières et de la galanterie. Une fois de plus il prouvait au monde (ou plutôt aux 4 personnes de la pièce) l’excellence de la race Lorraine, son élégance, sa galanterie et son éducation qui en faisait la fine fleur de la noblesse.

- C’est un plaisir que de vous recevoir ici.

Bon non. Il aurait préféré être à la chasse. Mais sa compagnie pourrait se révéler plaisante. Et sinon le récit qu’il fera de l’entrevu l’amuserait. Galamment il l’escorta jusqu’à un siège pour lui permettre de s’asseoir. Et prit place à côté d’elle. Déjà qu’il la dominait largement, mais s’il demeurait debout alors qu’elle était assise. C’était mettre en danger leur nuque respective.

Puis il prit un ton aimable et courtois et la questionna avec une attention caressante.

- Il est étrange que nous ne nous soyons jamais parlé alors que nous évoluons dans les même cercles.

Dans les même cercle, mais pas à la même hauteur. Enfin, personne ne pouvait égaler sa famille. Et lui même était somme toute, particulièrement honoré. Après tout il avait une position officielle, contrairement à un certain ainé qui à ce titre ressemblait plus à une boiteuse parvenue qu’à un prince.

Il eut un petit soupir faussement attristé et nota :

- Tout le blâme revient à cette horrible guerre.

Qu’il avait savouré pourtant. Il était tellement jouissif de tuer des anglais au lieu de faire des ronds de jambes aux Mortemarts (une affreuse famille se voyant plus grande qu’elle ne l’était). Même si les combats s’étaient révélés peu excitant, à cause de la politique royale.

- Mais j’espère, cet après-midi, parvenir à me faire pardonner mon indifférence de ces derniers temps.

De toute façon, elle avait pas le choix, elle se devait de lui pardonner ou il lui en cuirait. Il eut un sourire affectueux.

- Avant toute chose, parlez moi, je vous prie, de vos ressenties?

Comment une femme comme elle vivait son intégration au sein de la cour la plus prestigieuse d’Europe. Voilà qui devait se révéler intéressant
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Dim 5 Juin - 19:46

Le sinople rehaussé de khôl sombre se pose sur l'homme qui l'accueille. Il baisa sa main, sous le regard presque incompris de la jeune femme, qu'avaient-ils tous à faire cela, ne pouvaient-ils point dire simplement bonjour, sans devoir la toucher, sans le moindre cesse ? Bien que les lèvres de Mortemart, soit agréable, elle devait bien avouer, que celles du Lorraine sur sa peau, n'étaient pas les plus désagréables qui soit. La blanche pue s'asseoir, elle remercia l'hôte, une fois assise, ignorant si ses manières étaient correctes. Elle chercha du regard les yeux lorrains, pour répondre avec franchise, laissant transparaître un accent dans sa voix rauque.

« - Il faut dire que je suis guère présente depuis longtemps et surtout, mon oncle m'a demandée de rester au palais, de prier le plus souvent possible, suite aux derniers troubles qui fût. Il en va de mon devoir, d'après lui, de montrer l'exemple aux âmes qui pourraient perdre le chemin du seigneur. »

Bien qu'elle détestât, passer des heures à faire semblant de prier, ou de se recueillir, toutes ces heures perdues, à rester dans un silence, ou un presque silence, alors qu'elle aurait pu voir une pièce de théâtre, écouter de la musique ou laisser son corps fin se perdre dans une mélodie enchanteresse qui lui donneraient pour de longs instants, des ailes.

« - Mes ressenties. Et bien. »

Visiblement, elle chercher ses mots, elle fut hésitante et sa senestre trouva sa jumelle dextre, pour se lier à celle-ci de façon crispée.

« - La cours est un univers étrange. Surprenant et étrange. Il est comme on me l'avait décrit lorsque j’étaie enfant en Italie, bien différent de ce que j'ai pu connaître. Elle est… »

L’œil transalpin trouva le masculin, pour lâcher, dans un soupir.

« - Oppressante. Personne n'y est soit. Il serait certainement possible d'y perdre son identité, sur le long terme. A croire, que penser est une chose mal. »

Puis elle changea de sujet, comme l'on pouvaient changer de mode, du jour au lendemain.

« - Votre cours de France est très prestigieuse et belle néanmoins et je suis très honorée, que mon tuteur, m'est permis de le suivre en France. »

Elle se rendit compte que parler, lui avait donner soif, mais se permettrait-elle ? Elle lissa un pan de sa robe blanche pour reposer le regard sur le visage masculin, pour tenter d'y déceler les émotions, les étonnements, les moqueries. Le panel des réactions possible à ses paroles est large, il pourrait s'indigner de l'avis de la blonde sur la cours, mais ne la recevait-il pas dans un hôtel particulier, plutôt que dans un salon du palais ?
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