Partagez | 

 La rue Payenne (8/10)


Sam 2 Juil - 18:11

 

Le salon où il faut être vu est tenu par la marquise d’Espard. Malheureusement on n'entre pas d'un claquement de doigt dans ce haut lieu. La maitresse des lieux vérifiera en effet votre pedigree et vos relations avant de vous laisser vous installer dans l’une de ses alcôves. Et rester dans lesdites alcôves peut s’avérer tout aussi dangereux. Nulle part ailleurs on ne rencontre de plus beau esprits, mais nulle part ailleurs on rencontre des langues plus mesquines. Vous l’aurez compris, être le bienvenu pour les rendez-vous du jeudi c’est être au sommet de la gloire mais c’est aussi la position la plus périlleuse à laquelle on peut penser.


Jeanne d’Espard 》Ft. Audrey Fleurot, Libre
Esprit de Cauvigny 》Ft. Matthew Goode, Libre
Godin de Ste-Croix 》Ft. Michiel Huisman, Libre
Louise de Bellièvre 》Ft. Cate Blanchett, Libre
Antoine de Luigny 》Ft. Rupert Friend, Libre
Marie-Madeleine de Brinvilliers 》Ft.  Alexandra Breckenridge, Libre
Armande Béjart 》Ft. Amber Heard, Libre
Gabriel de La Reynie 》Ft. Luke Evans, Pris
Jean Racine 》Ft. Julian Morris, Libre
Madeleine Béjart 》Ft. Nicole Kidman, Prise


Dernière édition par Deus ex Machina le Jeu 7 Juil - 17:03, édité 3 fois
avatar
Billets envoyés : 104

Voir le profil de l'utilisateur

Sam 2 Juil - 18:14


Jeanne d’Espard

(Ft. Audrey Fleurot - Libre)

CARACTÈRE :  Précieuse - Vaniteuse - Brillante - Rancunière - Enthousiaste
ÂGE : 34 ans TITRE/MÉTIER : Marquise d’Espard, reine de Paris SITUATION: Mariée, mère d'un garçon GROUPE : Rue Payenne.
Jeanne d’Espard n’a jamais connu ses parents. Son père est mort quelques mois avant sa naissance au cours d’un duel, et sa mère quelques mois après. On confia donc le nourrisson à son grand-père, baron de Sancé et excentrique notoire. Loin d’être malheureuse l’enfance de Jeanne fut merveilleuse. Le vieil homme adorait sa petite fille. Il s’employa aussitôt à lui donner la meilleure éducation imaginable. La meilleure éducation pour homme s’entend. Au lieu de lui apprendre la broderie ou la gestion d’une maison, le baron préféra lui faire lire Cicéron et lui apprendre l’astrologie. Astrologie qui allait devenir la grande passion de Jeanne. Si son intelligence est policée à l’extrême, on ne peut pas en dire autant de son caractère. Seule petite fille du baron, la petite Jeanne est gâtée à l’extrême. Aussi elle s’habitue à ce que l’on cède aussitôt à ses caprices.

À 16 ans, la jeune fille maîtrise à la perfection le latin, le grec et l’italien. Elle peut citer Montaigne avec plus d’aisance que bien des hommes et ce n’est pas la moindre de ses qualités, elle danse et joue du clavecin. Très vite, Jeanne devient la coqueluche des salons parisiens. Elle est jeune, jolie et tout particulièrement vive. Certes, elle est un peu capricieuse et particulièrement vaniteuse, mais avec des qualités pareilles qui peut lui en tenir rigueur? Pas le marquis d’Espard en tout cas. Fou d’amour il la demande en mariage, malgré une dot qui n’a rien de fabuleux.

Jeanne a désormais 34 ans. La passion avec son mari a connu de belles années mais s’est maintenant évanouie. Il ne reste plus que des bribes de tendresses et un fils de 6 ans, dont elle se soucie très peu. C’est avec une délicatesse rare que le marquis a choisi de s’exiler à Toulon. Il y surveille la construction de la flotte de guerre du roi. Jeanne reste donc libre à Paris. Libre de tenir le salon le plus en vue de Paris. Tout semble lui réussir. Mais en réalité, la marquise a pris de très mauvaises habitudes. Pour satisfaire tout ses caprices, la dame dépense trop et trop vite. Ses revenus ne suffisent plus à assurer son train de vie. Elle enchaîne les procès et les rendez-vous avec les créanciers. Pour l’instant dans le plus grand secret, mais pour combien de temps encore.

Elle est la reine de Paris, mais cette position a un prix et elle a de plus en plus de mal à le payer.


Crédit : Madge


Octave Capelle
Créancier
Il y selon Jeanne peu de choses plus humiliantes que de s’abaisser aux prêts. Malheureusement, quand on a l’ambition de mener un grand train de vie mais des revenus qui ne suivent pas il faut bien passer par là. Cependant,  hors de question pour la marquise d’aller emprunter de l’argent du côté de la noblesse (si ce genre de problèmes de trésorerie se savait, ce serait un coup dur pour sa réputation !), c’est donc du côté de la haute bourgeoisie qu’elle se tourne, plus précisément vers Octave Capelle. Et côtoyer un homme qui n’a de morale que celle de l’argent lui coûte, l’air pincé qu’elle prend à chaque fois qu’elle rencontre son créancier ne manque d’ailleurs pas de le rappeler. Cependant Octave se formalise peu de l’attitude de Jeanne, habitué qu’il est d’être dédaigné de la noblesse, et s’amuse au contraire de savoir qu’il a le dessus sur cette femme qu’il pourrait ruiner financièrement et de réputation. Chose qu’il s’abstient pour le moment de faire car les intérêts rapportent, sans pour autant évacuer totalement l’idée de son esprit.

François Vihna
Fournisseur
La Marquise d’Espard est connue et reconnue comme la Reine de Paris, une égérie de la capitale, un modèle de gravure. A ce titre, elle ne peut décevoir… Et à la plus belle, il faut des ornements dignes d’elle. C’est ainsi que Jeanne est devenue une des clientes les plus régulières de François Vihna, qui sait se surpasser pour la mettre en valeur. Mais recourir à un des meilleurs orfèvres de la ville, cela n’est pas gratuit, et depuis quelques temps les notes se sont considérablement alourdies. Pour Jeanne c’est un poids qu’elle ne peut plus supporter, alors, elle en oublie certaines, elle use et abuse de son charme et de son aménité pour faire patienter l’artisan… Mais tout cela n’aura qu’un temps.

Gabriel de La Reynie
Invité utile
Si Jeanne n’est chez elle pas du genre à faire des courbettes, pour autant il y a des invités qui méritent une attention toute particulière. Et depuis qu’il est devenu lieutenant général de police, Gabriel n’en manque pas. En plus d’être un honneur de voir dans son salon un homme si proche du roi, il est également bien pratique d’avoir sous le coude le haut représentant de l’ordre – entre protection et éventuelles faveurs, il pourrait en effet se révéler utile. Mais si Gabriel répond avec une amabilité irréprochable aux quelques ronds de jambe et autres sourires charmeurs de Jeanne, il se doute bien qu’elle voit en lui son intérêt et n’a aucune intention de se laisser corrompre de quelque manière que ce soit.

Manon Chénier
Rivale
Il est hors de question de se laisser voler la vedette par une arriviste des bas fonds, Jeanne s’en fait la promesse ! Car non contente d’avoir l’audace de revendiquer un salon alors qu’elle n’est que fille de rien, elle a en plus l’audace de lui faucher des membres. En effet, par le passé Manon a fait flancher quelques invités de Jeanne, qui à présent sont les siens. Et cela, la marquise ne peut pas l’accepter. Tout comme madame Chénier refuse obstinément que quiconque lui dicte ce qu’elle peut ou ne peut pas faire. C’est donc une guerre silencieuse qui s’est ouverte entre les deux femmes, qui ont bien l’intention de conserver ou acquérir le monopole des plus prestigieuses fréquentations.  


Dernière édition par Deus ex Machina le Mar 5 Juil - 12:52, édité 2 fois
avatar
Billets envoyés : 104

Voir le profil de l'utilisateur

Sam 2 Juil - 18:18


Esprit de Cauvigny

(Ft. Matthew Goode - Libre)

CARACTÈRE :  Cupide - Secret - Cultivé - Prudent - Aimable
ÂGE : 38 ans TITRE/MÉTIER : Respectable prêtre le jour, officie des messes noires la nuit SITUATION: Officiellement célibataire, officieusement il n'a rien contre les plaisirs de la chair GROUPE : Rue Payenne
Fils cadet d’une famille noble et respectable, la religion était pour Esprit la voie toute tracée. Son frère aîné aurait droit aux honneurs de l’épée, lui devrait se contenter de prier. Dommage qu’il n’y ait jamais trouvé aucun intérêt. Mais c’était ainsi que le monde allait.Durant ses études le jeune homme ne se prit jamais d’intérêt pour la théologie, la grammaire ou encore la dialectique : tout cela était d’un mortel ennui et ne méritait pas tant d’attention. Ce qui lui plaisait, à ce garçon taciturne et solitaire, c’était expérimenter. Les sciences, voilà des choses vers lesquelles il lui plaisait de se tourner !

Mais quand bien même Dieu était par comparaison d’un parfait manque d’intérêt,  puisqu’il lui faudrait passer sa vie à prétendre l’aimer autant s’en accommoder et tenter de bien mener sa barque. Grâce à son frère, bien vu à la cour, il réussit à s’introduire dans ce cercle des grands. Mais loin d’y briller, il se contentait plutôt d’un simple acte de présence. Mais bien vite il comprit que le manque d’esprit courtisan était une véritable tare, puisqu’en son absence jamais il ne parviendrait à obtenir le tant convoité évêché. Tant pis, il saurait se démarquer par d’autres moyens.

Des sciences à l'occultisme, la barrière était en effet mince. L’alchimie, la divination, voilà les domaines qui à présent l’intéressaient. Les années passées le désintérêt pour Dieu grandissait encore, l’attrait de la noirceur se faisait plus présent. Et un jour les choses basculèrent. Mauvaises fréquentations et attraits de l’argent faisant, Esprit en effet tomba assez naturellement dans le satanisme. Finalement il avait trouvé la place qui lui convenait, au milieu des messes noires et des pièces trébuchantes.


Crédit : Madge


Arthur Duplessy
Collaborateur
Ils se sont rencontrés à la cour quelques mois avant le départ d’Arthur, en 1664. Même s’il n’était pas encore question de pouvoir et d’argent, les deux hommes s'entendirent vite extrêmement bien, se trouvant un intérêt commun pour les sciences obscures, alchimie et prétendue magie. Enfin ils trouvaient l’un et l’autre un égal, une personne à l’intelligence semblable. Lorsque finalement l’idée du Cercle germa dans l’esprit de Duplessy, c’est ainsi naturellement vers Esprit qu’il se tourna pour la faire fructifier. Aussi cupides et peu scrupuleux l’un que l’autre, ils trouvèrent bientôt un terrain d’entente. Le charismatique Arthur serait le visage de leur secte, recruterait, et le prêtre se chargerait évidemment des rites qu’il faudrait faire croire religieux. Mais derrière le parfait tandem qu’ils prétendent former, le désir de plus de gain personnel serait peut-être un jour capable de les désunir.  

Eduard Ortega
Bouillonnante retenue
Ils se croisent régulièrement chez la marquise de Brinvilliers, où est reçue toute la bonne société parisienne, et donc l’homme de Dieu. Mais bien sûr Eduard sait quel homme sans état d’âme se cache derrière la soutane. Et quand bien même sa criminelle d’employeuse semblerait faire confiance à cet homme, Eduard se méfie. Esprit lui semble capable uniquement du pire, et au nom de l’argent cela ne l’étonnerait pas qu’il puisse trahir sans état d’âme. Mais les airs méfiants d’Ortega, le prêtre s’en amuse. Car au fond en voilà bien un qui n’aura jamais aucun pouvoir sur lui. Qu’il se méfie tout de même, derrière la servitude Eduard reste sanguin, et l’envie de faire payer les sourires provocateurs pourrait un jour être trop grande

Judith of Buckley
Diabolique conversion
Bien sûr Judith est protestante. Mais évidemment elle croit que comme tout la religion est négociable. Si le catholicisme a plus à offrir, si même c’est vers le diable qu’il faut se tourner pour parvenir à ses fins et retrouver la richesse perdue par sa famille, alors elle ne verrait pas d’objection à se convertir. Ayant entendu parler du Cercle au travers d'une amie, l’anglaise franchit un pas et se rendit finalement chez Esprit. Et il semblerait que ce dernier se soit montré convaincant puisqu’elle ne tarda pas à abjurer afin de s’en remettre au Dieu qui agirait en sa faveur.

Sophie Fayard
Employée
Sophie lui doit tout. Sa place auprès de Lyssa Celeste di Milena, inespérée, c’est lui qui la lui a offerte… Évidemment pas sans contrepartie. Il lui a demandé peu de choses : simplement d’espionner constamment sa maîtresse. Une tâche délicate, mais qu’elle remplit à merveille.  


Dernière édition par Deus ex Machina le Mar 5 Juil - 12:49, édité 2 fois
avatar
Billets envoyés : 104

Voir le profil de l'utilisateur

Sam 2 Juil - 18:24


Godin de Ste-Croix

(Ft. Michiel Huisman - Libre)

CARACTÈRE : Aventurier - Impulsif - Charismatique - Jouisseur - Cruel
ÂGE : 32 ans TITRE/MÉTIER :  Chevalier de Ste Croix, capitaine de cavalerie, empoisonneur SITUATION: Célibataire GROUPE : ici.
Un cadet de Gascogne ! Un de plus ! Le pauvre Godin est le troisième fils d’un vague baronnet au sud de Grenade. Ombrageux et impulsif comme tous les sudistes, il quitte sa famille après une violente dispute avec son frère. Coucher avec la fiancée de son aîné n’est pas la meilleure idée possible. Il fuit la désapprobation familiale à Paris et rejoint un régiment de cavalerie, où il se fait vite remarquer pour sa bravoure insolente et son franc parler.

Joueur et frondeur, Godin est célèbre autant pour ses duels que pour ses dettes de jeux. Ce mode de vie finit par le conduire tout droit à la Bastille. Ce qui devait être une punition se transforme en opportunité. En prison, Godin rencontre Exili, un empoisonneur italien. Avant de fuir en Angleterre l’homme lui transmet sa science. À peine lettré Godin est fasciné par cet art qui vous débarrasse des gêneurs.

Une fois sorti de prison, Godin ré-intègre les salons parisiens et les cercles de jeu. Et il n’oublie pas de parfaire les leçons de l’empoisonneur. Il commence également une liaison avec la célèbre marquise de Brinvilliers. Elle l’introduit dans le salon de la marquise d’Espard et lui l’initie aux sciences occultes. La Brinvilliers ne l’aide pas à diminuer ses dettes, bien au contraire. Ils commencent à être la risée de la bonne société parisienne. Ils tentent vaguement de trouver des fonds avec des investissements de plus en plus hasardeux. Mais rien n’y fait ! Les dettes s’accumulent, les ricanements se poursuivent. Et Godin en est réduit à chercher d’autres expédients. Après tout, il n’est pas le seul à aimer faire disparaître les gêneurs.


Crédit : Madge


Blandine Capelle
Rancune
Ste Croix a fait, jadis, partie des nombreux prétendants de Blandine Capelle. Il convoitait la fortune de la jeune femme, bien sûr, et la voir jointe à celle d’Octave Capelle pour fructifier de manière aussi éclatante aux yeux du tout-Paris, c’est contempler chaque jour un peu plus l’étendue de son humiliation. Il ne pardonne pas à la jeune femme son dédain quelques années auparavant. Mais à présent St Croix dispose d’une arme supplémentaire : le poison. Or, pour atteindre en son cœur le succès de la rue Ste-Anne, tous les moyens sont bons… Même les plus extrêmes. Comptant sur l’exaspération qu’a dû produire l’attitude de Blandine envers Camille Roux, il tente donc de soudoyer celui-ci à ses basses besognes. Et s’il refuse de se joindre à lui par intérêt qu’à cela ne tienne, St Croix peut au besoin se montrer des plus menaçants…

Marie Madeleine de Brinvilliers
Amante et complice
Leur liaison, qui n’a rien de cachée, évoque un naufrage financier. Chacun coûte cher à l’autre, tous deux sont aux bord de la faillite, et Rue Payenne on s’amuse en s’en dissimulant à peine de leur déroute commune. Et ce faisant, on les sous-estime largement… Car ce n’est sûrement pas seulement par amour qu’ils restent ensemble, mais aussi par intérêt. Ils sont unis pour le meilleur, certes, mais aussi et surtout pour le pire. Leurs petits affaires comprennent entre autres des manœuvres louches qui tiennent du vol de haute-voltige, de l’industrie des poisons et poudres et de leur utilisation… Ils ont bien conscience des rires qui les suivent, mais rira bien qui rira le dernier !


Dernière édition par Deus ex Machina le Mar 5 Juil - 12:51, édité 2 fois
avatar
Billets envoyés : 104

Voir le profil de l'utilisateur

Sam 2 Juil - 18:25


Louise de Bellièvre

(Ft. Cate Blanchett - Libre)

CARACTÈRE : Digne - Posée - Dévote - Doucereuse - Sûre d'elle
ÂGE : 42 ans TITRE/MÉTIER : Veuve du Premier Président au Parlement de Paris SITUATION: Veuve, mère de 3 filles GROUPE : Rue Payenne
Deuxième et dernière fille d’une très respectable famille, Louise eut la chance de grandir dans un foyer qui fondait sur elle de grands espoirs et ainsi la fit bénéficier d’une éducation tout à fait soignée. C’est ainsi qu’à ses vingt ans elle fit un illustre début à la cour, dans l’entourage d’Anne d’Autriche. Admirée tant pour sa culture que sa beauté qu’on jugeait aussi grande que sévère, elle s’attira quelques passions, celle du Grand Condé notamment. Mais dotée d’un infaillible sens moral elle ne céda jamais aux avances, afficha toujours cette dignité qui était louée, et épousa en 1647 le mari qu’on lui imposa. Et c'est ainsi qu'elle devint l'une des femmes les plus influentes de Paris. En effet, nommé Premier Président au Parlement de Paris en 1653, son époux était de ceux dont l'avis comptait, et parce que sa femme était peut-être la plus brillante des deux on se bousculait pour l'inviter chez soi. Ils formèrent ainsi un couple uni et admiré, jusqu'en 1657, date de la mort du Président.

Et le moins que l'on puisse dire est que le veuvage ne réussit pas à Louise. Car rapidement elle se rendit compte que sans son mari elle n'était plus grand chose, que les invitations se faisaient toujours polies mais moins pressantes. Face à cette déchéance qu'elle sentit venir elle se referma peu à peu, commença à sourire moins et se tourna vers l'église, qui lui paraissait son seul refuge. Quelques mois plus tard, elle n’était d’apparence pas fondamentalement changée. Toujours belle, toujours aimable. Cependant elle s’était forgée un esprit d’une étrange dureté, une sévérité qui dépassait la simple droiture morale. Plutôt que d’admirer le monde elle l’appréhendait à présent avec dureté, était silencieusement outrée par le comportement à l’éternelle recherche du divertissement. Dévote, elle l’était assurément devenue. Mais Louise avait l’intelligence de ne pas s’afficher dans toute sa rigueur car par expérience savait bien toutes les moqueries et bassesses qu’on avait pour ces femmes trop acariâtres. Les sourires étaient donc froids mais existants, et quoique cela lui coûtât elle s’efforçait de prétendre apprécier ce théâtre pourtant maudit, ou encore cette musique profane.

Cette conduite uniquement digne aux yeux de tous a par ailleurs l’avantage de lui faire conserver l’estime de beaucoup. Si elle n'est plus la figure d'influence qu'elle a été quelques années plus tôt, Louise demeure respectée et on ne manque pas de l'inviter là où il faut être vu à Paris. Mais pour elle le divertissement est une affaire accessoire, l'envie de rire lui est passée et à présent elle se sent surtout investie du devoir de faire tomber de leur piédestal les demoiselles trop scandaleuses, et bien sûr d’intriguer contre ceux dont elle juge les idées trop éloignées de ses sacrés principes.


Crédit : Madge


Jérôme Salviat
Affinités éthiques
Entre dévots, on se serre les coudes. Louise goûte fort l'esprit du jeune Jérôme, ses citations et ses pensées résolument tournées vers la religion et les bonnes mœurs. Jérôme voit l'ancienne Présidente comme un piédestal vers la gloire et les meilleurs salons. Elle est certes trop pauvre pour le protéger, mais ses amis ne le sont pas tous. Près d'elle il affecte la piété, plus que jamais espérant qu'un jour cela paye.


Alexandre Favre
Froideur blessante
Tout juste sorti de prison, il sembla à Alexandre n’avoir nulle part où aller, sachant qu’il serait chez ses anciens employeurs mis dehors et que ses connaissances auraient sans doute peur des représailles s’ils l’accueillaient. En désespoir de cause il se tourna vers Louise, dont il savait qu’avant la Fronde le mari avait été bon ami avec son père. Savait-on jamais, elle aurait peut-être le cœur de lui ouvrir les portes de son hôtel pour la nuit, en souvenir de celui qui un jour avait été proche de son époux. Quelle ne fut pas la déception d’Alexandre lorsqu’elle lui ferma tout bonnement la porte au nez. Elle avait pourtant daigné descendre entendre son histoire, qui avait le mérite de la sincérité, mais en apprenant d’où il venait en refusant d’avoir quoi que ce soit à voir avec celui qu’elle voyait comme un criminel, elle tourna les talons et le laissa dans la rue. Blessé par cette femme à qui il n’arracha même pas le début d’un sourire, Alexandre s’est alors promis que s’il venait à la recroiser il n’aurait pour elle pas que des mots tendres.

Armande Béjart
Profonde irritabilité
Le moins que l’on puisse dire c’est qu’Armande n’est pas un modèle de vertu. Volage en plus d’être comédienne, elle cumule les tares aux yeux de Louise, qui manque de s’étrangler à chaque fois qu’elle la voit entrer quelque part en minaudant. Mais sachant l’actrice populaire et tenant à ne pas se faire détester de tout le salon par ses remarques trop conservatrices, Louise ne dit rien et se contente de grimacer dans son coin, ce qu’Armande a bien compris. Et surtout ce qui l’amuse, la poussant parfois à en faire des tonnes juste pour le plaisir de voir Louise se retenir de se signer trois fois.

Gabriel de La Reynie
Gêne récurrente
Il y a de ces gens qu’on aimerait simplement envoyer promener mais que la décence oblige à considérer. C’est selon Gabriel exactement dans cette catégorie que se range Louise. En effet, elle a toujours un mot à redire, des suggestions à faire, ne manque jamais une occasion de le monopoliser pour lui rappeler par exemple que les théâtres font dernièrement beaucoup de bruit et troublent sans doute l’ordre public. Pour la forme le lieutenant de police hoche poliment la tête, prétend entendre ce qu’elle lui dit, mais n’a bien sûr aucune intention de se laisser dicter la façon dont il doit mener son travail. Mais de son côté Louise n’est pas idiote et voit bien que Gabriel a plus d’yeux pour quelques femmes légères que d’oreille pour ce qui importe vraiment. Vexée, elle entend donc bien le surveiller du coin de l’œil et à retenir toute conduite qu’elle pourrait utiliser pour le discréditer.


Dernière édition par Deus ex Machina le Mar 5 Juil - 12:52, édité 3 fois
avatar
Billets envoyés : 104

Voir le profil de l'utilisateur

Sam 2 Juil - 18:25


Antoine de Luigny

(Ft. Rupert Friend - Libre)

CARACTÈRE :  Instruit - Susceptible - Idéaliste  -Indolent - Galant
ÂGE : 24 ans  TITRE/MÉTIER : Maitre-Lais à la chambre des comptes  SITUATION: Marié GROUPE : Rue Payenne
Parisien par essence, Antoine de Luigny est né dans une vieille famille de financiers. Suffisamment vieille et riche pour faire oublier qu’elle n’appartient à la noblesse d’épée. Le jeune Antoine est naturellement élevé pour l’excellence. Mais paresseux, le jeune homme ne brille pas vraiment à la Sorbonne. Il ne manque pas de talent pour les études pourtant. Seulement au lieu de s’intéresser simplement à ce qu’on lui demande d’étudier, il se contente de lire ce qui lui plaît. Aussi il acquiert des connaissances pour le moins disparates.

À 20 ans, il est placé à la chambre des comptes où l’on espère qu’il prospéra. Parallèlement, il épouse Marie, fille de vieille noblesse ruinée. Il n’est pas malheureux en mariage, mais on ne peut pas dire qu’il soit véritablement heureux. Sa femme et lui n’ont rien en commun, plutôt que de se disputer sans fin ils vivent chacun de leur côté. À elle, les cercles artistiques et précieux, à lui l’acquisition sans fin de connaissances. Sa sœur épouse le frère de la marquise d’Espard. Le jeune homme se trouve donc introduit dans le cercle le plus en vue de Paris. Il y est à l’aise, et apprécie la conversation. Seulement, il ne partage pas les intérêts politiques de ses proches. À son âge on a besoin de refaire le monde.

Il rencontre Manon Chénier par des amis communs. Et la fougue idéaliste du jeune homme est stimulée par l’énergie de la jeune femme. Un coup de foudre intellectuel et réciproque. Elle l’introduit dans son cercle. Et il y est aussitôt très heureux. Sauf quand un autre idéaliste a le mauvais goût de le contester. Tout en naviguant entre deux groupes que tout oppose, le jeune homme se découvre une nouvelle passion pour l’alchimie et les poisons. Sans machiavélisme, juste par défi intellectuel, pour l’instant.


Crédit : Madge


Manon Chénier
Coup de foudre intellectuel
Luigny a beau être né dans des cercles dorés, il réfléchit. Et ses réflexions sont sans appel, et le mènent tout droit vers le salon d’une jeune femme qu’il a rencontré il y a peu : Manon Chénier. Seulement, le salon de la Rue Férou, il le fréquente en pointillés, une fois de temps en temps, et on l’y aperçoit plus qu’on ne l’y voie… A la grande déception de la maîtresse de maison, qui cherche par tous les moyens à le récupérer. Et si les demandes polies mais appuyées de Manon ne suffisent pas, elle mettra en place des stratégies… Car il serait vraiment dommage de perdre un si beau raisonneur. Et qui plus est, un raisonneur qui a ses entrées Rue Payenne, et ce n’est pas parce que Rue Férou on idéalise qu’on n’aime pas regarder discrètement ce qui se passe chez les autres…

Alexandre Favre
Gêne
Alexandre Favre ne peut pas supporter Luigny. C’est une répulsion quasi-physique :  il ne lui revient pas. Et il ne parvient pas à faire confiance au jeune homme. Il faut dire que tous deux sont partis sur de biens mauvaises bases : Favre avec des a-priori sur ce jeune gandin qui sortait tout droit de la Rue Payenne et de son salon doré, Luigny avec une certaine distance quant à cet essayiste sortant tout juste de prison. Par conséquent, Favre contrecarre systématiquement le moindre des arguments de Luigny qui ne peut ouvrir la bouche sans que ses paroles soient disséqués et finalement discréditées. Ce qui le vexe effroyablement… Sans compter que Hyacinthe Godart, qui soutient toujours Favre quelle que soit sa cause, enfonce immanquablement le clou. Sans ces deux-là, et surtout sans l’essayiste, Antoine se sentirait pourtant à l’aise rue Férou… Et peut-être même cesserait-il d’hésiter à s’y implanter pour de bon.
Arthur Duplessy
Affinités intellectuelles
L’un comme l’autre, Arthur et Antoine aiment plus que tout rechercher, et acquérir toujours plus de connaissances. Le savoir les fascine. Aussi, à sa première venue rue Férou, Antoine s’est-il tout de suite dirigé vers l’astrologue, avec lequel il a longtemps échangé. Mais, à la grande surprise d’Arthur, Antoine ne se contente pas, comme la plupart de ses auditeurs, de l’écouter béatement et de prendre la moindre de ses paroles pour un commandement ; non, spontanément, Luigny s’est hissé au niveau de Duplessy. Il lui parle d’égal à égal, lui en remontre même sur certains sujets, et avec étonnement, l’astrologue a pris plaisir à sa conversation et a même dû reconnaître qu’il en savait parfois plus que lui. Il est un peu décontenancé par l’attitude du jeune homme qui crève son ego avec une simplicité admirable, mais ne serait pas contre son installation rue Férou, et milite même dans ce sens.


Dernière édition par Deus ex Machina le Mar 5 Juil - 12:47, édité 3 fois
avatar
Billets envoyés : 104

Voir le profil de l'utilisateur

Sam 2 Juil - 18:25


Marie Madeleine de Brinvilliers

(Ft.  Alexandra Breckenridge - Libre)

CARACTÈRE : Machiavélique - Intelligente -Calculatrice - Passionnée - Cruelle
.
ÂGE : 36 ans TITRE/MÉTIER : Marquise de Brinvilliers, empoisonneuse SITUATION: Mariée GROUPE : La rue Payenne.
Tout le monde connait la marquise de Brinvilliers. Tout le monde connait sa vie lisse et brillante d’aristocrate fortunée. Fille du lieutenant civil de Paris, elle bénéficie d’une excellente éducation pour l’époque. Elle épouse le 20 décembre 1651 Antoine Gobelin, marquis de Brinvilliers. Il apporte le titre et le prestige, avec sa dot de 200 000 livres elle apporte la richesse.

Et ce n’est pas le seul point sur lequel le couple se complète. Ils incarnent à eux deux l’aristocratie de cours. Le mari est joueur, perdants même, volage, aventurier et fougueux. Elle est pulpeuse, raffinée et mondaine.

Lassée des incartades de son mari, elle prend un autre aventurier pour amant. Godin de Sainte-Croix, un officier de cavalerie passionné par l’alchimie, lui a été présenté par son mari. Ensemble ils dépensent sans compter pour s’offrir une vie de luxe à laquelle ils aspirent.

C’est à ce moment qu’entre dans la danse un troisième lascar, Pierre Louis Reich de Pennautier, administrateur du Languedoc propose aux amants terribles des placements plus ou moins hasardeux rapportant gros. Cela tout le monde le sait, on en parle et on se moque un peu du train de vie dispendieux de la marquise.

Tout le monde connait aussi les visites à l’hospice de la charitable marquise et les biscuits qu’elle distribue aux pauvres. Mais les gens ne font pas assez attention aux gâteaux et à ce qu’il advient aux patients assez téméraires pour les accepter. Car ces patients décèdent les uns après les autres. Les agonies sont naturelles toujours, surtout pour des malades.  

Mais alors que l’argent vient de plus en plus souvent à manquer, le regard de la marquise se porte sur son si riche et haïssable père. Un homme dur et moralisateur qui jauge sévèrement ses moeurs et lui refuse de l’argent. Un père si absent qu’il n’a pas remarqué le domestique l’ayant violée à 7 ans ou les attouchements de son frère. Un père qui se met entre elle et sa fortune.

Et tandis que l’argent fuit entre ses mains, son regard se porte de plus en plus vers les fioles de poison alors qu’elle envisage de se débarrasser de cette tutelle et d’obtenir un héritage devenu nécessaire.


Crédit : Madge


Arthur Duplessy
Alliance dans l'ombre
Alors que Marie est membre de la première heure de la Compagnie, pour autant Arthur craint que l’intrigante ne serve personne sinon elle-même. Derrière ses sourires il suspecte à la marquise une fidélité vacillante, un esprit trop indépendant qui pourrait la mener à trahir sans ciller. Et pourtant il a besoin d’elle. Bien intégrée dans les salons et capable de lier des amitiés avec une facilité déconcertante, Marie est en effet un atout de taille lorsqu’il s’agit de recruter des adeptes. Alors il se contente pour l’instant de la surveiller du coin de l’œil, de lui faire croire qu’elle est la plus précieuse de ses membres. Mais dès que le Cercle n’aura plus besoin d’elle, Arthur se promet de l'éclipser avant que ce ne soit elle qui retourne sa veste

Eduard Ortega
Âme damnée
L’employeuse plaît et le sait. C’est au fond grâce à quelques sourires et regards longs qu’elle s’assure de la fidélité d’Eduard. Pour la marquise il s’occuperait des plus basses affaires, exécuterait sans ciller et tremperait dans n’importe quelle affaire louche. Il a en somme vendu son âme au diable, qui a trouvé là son plus fidèle atout. Ne reste qu’à espérer que ce dernier ne se lasse pas d’avoir pour seule rétribution d’aimables paroles, quand au fond il aimerait bien plus.  

Charles of Buckley
Fascination mal placée
Depuis que la passion entre lui et Judith à laissé place à la jalousie, Charles a besoin de nouvelles conquêtes, des conquêtes qui aient le goût de l'interdit... Ce parfum qui avait donné tant de saveur à ses relations avec celle qui est maintenant sa femme, il le cherche à présent de nouveau et a jeté son dévolu sur la marquise de Brinvilliers. Après tout cette dernière est riche, belle, et mariée... Fascinante en somme, et Buckley compte bien retrouver avec elle les affres de la passion qu'ils ont, Judith et lui, épuisé en s'épousant

Godin de Ste-Croix
Amant et complice
Leur liaison, qui n’a rien de cachée, évoque un naufrage financier. Chacun coûte cher à l’autre, tous deux sont aux borde de la faillite, et Rue Payenne on s’amuse en s’en dissimulant à peine de leur déroute commune. Et ce faisant, on les sous-estime largement… Car ce n’est sûrement pas seulement par amour qu’ils restent ensemble, mais aussi par intérêt. Ils sont unis pour le meilleur, certes, mais aussi et surtout pour le pire. Leurs petits affaires comprennent entre autres des manœuvres louches qui tiennent du vol de haute-voltige, de l’industrie des poisons et poudres et de leur utilisation… Ils ont bien conscience des rires qui les suivent, mais rira bien qui rira le dernier !
François Vihna
Artisan artiste et insistant
La charmante marquise fait, elle aussi, partie intégrante de la clientèle de Vihna. Si ses commandes n’ont pas le faste de celles de son amie la marquise d’Espard, elles sont tout de même prometteuses de jolies sources de revenus. D’ailleurs jusque ici, la Brinvilliers a toujours été une payeuse irréprochable, ne laissant jamasi s’accumuler la moindre note de frais. Aussi quand elle est venue commander, pour le compte de Jeanne d’Espard , un somptueux bracelet et une parure assorties, monture en or ciselé et incrustations rubis, il n’a pas hésité : madame de Brinvilliers, il sait pouvoir lui faire confiance ! Seulement voilà, Jeanne d’Espard ne paie pas, et on lui refuse à présent l’entrée de l’Hôtel de Brinvilliers… Une situation qui devient de plus en plus embarrassante.



Dernière édition par Deus ex Machina le Mar 5 Juil - 12:49, édité 4 fois
avatar
Billets envoyés : 104

Voir le profil de l'utilisateur

Sam 2 Juil - 18:25


Armande Béjart

(Ft. Amber Heard - Libre)

CARACTÈRE : Ambitieuse - Pimpante - Capricieuse - Sûre d'elle - Cultivée
ÂGE : 26 ans TITRE/MÉTIER : Comédienne/diva SITUATION: Mariée, mère d'une fille GROUPE : Rue Payenne
Fille du comte de Modène et de Madeleine Béjart, Armande ne fut malheureusement reconnue par aucun de ses parents. Cette mère qui ne l’avait jamais désirée et ne ressentait pas le devoir de se forcer à l’aimer préféra ainsi faire passer sa progéniture pour sa sœur et se débarrassa un temps d’elle en la plaçant chez une nourrice, à la campagne.
On ne vint chercher la petite que huit ans plus tard, lorsqu’en 1648 Madeleine, qui avait quitté Paris depuis 1643, jugea qu'il était temps de prétendre que la petite existait. Grandissant sur les routes, au milieu des costumes et des répétitions, Armande se passionna très vite pour le théâtre et fit ses débuts sur les planches à Lyon, alors qu’elle n’avait que treize ans. Ce fut également à cette période qu’elle comprit qu’elle n’était pas la fille de celle qu’on lui avait présentée comme sa mère mais bien l’enfant de Madeleine, qui à défaut de déborder d’affection s’était tout de même résolue à se montrer presque protectrice. Alors on ne lui cacha pas la vérité. Ou du moins Madeleine daigna lui révéler l’identité de son père mais se refusa à de plus amples et pénibles explications. Apprenant qu’elle était fille d’un noble, prenant conscience de toute ce qu’elle aurait pu avoir si elle n’avait pas été considérée comme une simple bâtarde, Armande se promis dès lors de prendre sa revanche sur une enfance heureuse mais à son goût trop modeste, et surtout sur cette mère qui ne l’avait jamais considérée à sa juste valeur.

Dès lors elle ne désirait plus qu’une chose : briller sur scène, qu’on n’ait d’yeux que pour elle. La jeune fille compris alors bien vite une chose : si elle voulait surpasser Madeleine, il lui faudrait la remplacer dans le cœur et le lit de Molière. Alors peu à peu elle se rapprocha de cet homme qui l’avait vu grandir et aimé comme une fille, résolue à lui prouver qu’elle méritait tant son attention aussi bien en tant que femme qu'en tant que comédienne. Et elle triompha en 1662, lorsque finalement il l’épousa, au grand dam de Madeleine qui, après s’être fermement opposée au mariage, dût concevoir la défaite et l’humiliation.
On l’accusait çà et là d’avoir épousé son père, cela blessait, mais elle connaissait la vérité et démentait avec obstination. Et c’était au fond bien peu de chose quand grâce à cette union les plus grands rôles s’ouvraient désormais à elle. Car capricieuse qu’elle était, Armande exigeait bien sûr de son mari qu’il lui donnât la préséance dans ses pièces. Chose qu’il fit dès l’année suivante dans La critique de l’Ecole des femmes. Peu à peu, après avoir vaincu sa mère sur le plan sentimental, Armande la poussa ainsi à se retirer des rôles-titres des comédies pour se retrancher dans cette tragédie qui lui seyait somme toute beaucoup mieux.

Pour autant tout ne resta pas au beau fixe dans le quotidien d’Armande. Entre ses caprices incessants, ses airs de divas et les infidélités des deux époux, le mariage battit en effet rapidement de l’aile. Si bien qu’elle vit aujourd’hui séparée de Molière, élevant seule sa fille. Ou plutôt la confiant régulièrement à un tiers car préférant mener grand train et être partie de tous les salons plutôt que de se soucier de sa famille. Car Armande est encore jeune, Armande est encore bien belle, et Armande reste persuadée qu’elle est faite pour scintiller tant au théâtre qu’en société.


Crédit : Madge


Nicolas de St Juéry
Potentiel amant exploité
Armande a un caractère épouvantable, ça, Nicolas le sait bien, mais Armande a surtout ses entrées rue Payenne. C’est-à-dire dans un salon très privé qui réunit la crème de la crème… Et avec son nom (certes emprunté), St Juéry aimerait plus que tout s’y faire une petite place. Seulement il lui faut une porte d’entrée, et si on lui refuse la grande, il cherchera un accès à la petite… Il est donc charmant avec Armande, dont il espère bien faire sa maîtresse. Seulement de son côté la comédienne sait en profiter, et elle fait du faux marquis une véritable vache à lait, prenant prétexte de n’importe quel caprice pour lui faire ouvrir les cordons de sa bourse. Et jamais à moitié : Mademoiselle a des goûts de luxe ; pas de quoi faire hésiter St Juéry, qui blanchit son argent sale en bijoux, robes, petites et grandes exigences… Sans parvenir à atteindre son but.

Madeleine Béjart
Soeur/mère/rivale
Une grande partie de leur vie consista sans doute à se faire mutuellement souffrir.
Longtemps Madeleine lui en voulu pour le simple fait d’être née. Le temps passa et elle découvrit cependant une enfant pleine de vie, qui lui ressemblait, et elle se résolut finalement à se prendre d’un certain attachement pour la petite. Mais il était déjà trop tard. Car Armande avait déjà en tête de se venger d’une mère qui ne l’avait jamais aimée comme elle le méritait et qui surtout l’avait privée d’un père comte et d’une vie de château. Ce ne fut que lorsque l’œuvre d’Armande fut achevée, uniquement lorsqu’elle lui fit comprendre qu’elle avait gagné par la jeunesse quand Madeleine arrivait à l’automne de sa vie que les deux femmes purent enfin se réconcilier. Ou du moins qu’elles se jugèrentt enfin quittes. La rancœur passant doucement et les regrets naissant, elles tentent aujourd’hui de rattraper le temps perdu. Pour autant il est bien rare qu’elles s’accordent sur quelque chose et les échanges trop vifs sont fréquents.


Louise de Bellièvre
Profonde irritabilité
Le moins que l’on puisse dire c’est qu’Armande n’est pas un modèle de vertu. Volage en plus d’être comédienne, elle cumule les tares aux yeux de Louise, qui manque de s’étrangler à chaque fois qu’elle la voit entrer quelque part en minaudant. Mais sachant l’actrice populaire et tenant à ne pas se faire détester de tout le salon par ses remarques trop conservatrices, Louise ne dit rien et se contente de grimacer dans son coin, ce qu’Armande a bien compris. Et surtout ce qui l’amuse, la poussant parfois à en faire des tonnes juste pour le plaisir de voir Louise se retenir de se signer trois fois.

Hyacinthe Godart
Distribution dans le bonne humeur
De prime abord Armande n’est pas de celles qui s’intéressent à la politique. Au contraire, en tant que comédienne du roi elle n’a même aucun intérêt à critiquer le moindre aspect de l’ordre en place. Cependant, sans y adhérer, loin de là, elle a un jour trouvé plutôt intéressantes les quelques idées d’un pamphlet qui venait de lui atterrir entre les mains. Heureux hasard, celui qui le distribuait se trouvait également être l’auteur et, après avoir entrainé derrière lui la comédienne pour échapper à la police qu’il voyait arriver, il ne manqua pas de laisser paraître sa joie quant à l’intérêt qu’il suscitait chez la célébrité. De son côté, plus encore que les écrits, c’est sans doute cette course improvisée qui plut à Armande. Elle voit ainsi en Hyacinthe un moyen d’échapper au quotidien et de s’offrir de petites montées d’adrénaline et le rencontre de temps en temps pour distribuer avec lui ses pamphlets, s’amusant plus des risques encourus qu’elle ne s’intéresse aux propos. Et si Hyacinthe ne comprend pas exactement ce qui se passe dans la tête de la jeune femme,  il apprécie trop sa compagnie pour la refuser.


Dernière édition par Deus ex Machina le Mar 5 Juil - 12:48, édité 1 fois
avatar
Billets envoyés : 104

Voir le profil de l'utilisateur

Mar 5 Juil - 0:48


Gabriel de La Reynie

(Ft. Luke Evans - Pris)

CARACTÈRE :  Discret - Dévoué - Intransigeant - Méticuleux - Rusé
Âge : 41 ans TITRE/MÉTIER : Lieutenant général de police SITUATION: Veuf, père d'un fils GROUPE : Rue Payenne
En voyant ses origines peu auraient parié que le fils de Jean Nicolas de Traslage, pauvre noble de robe criblé de dettes, finirait par devenir l'un des hommes les plus puissants de Paris. Mais c'est que grâce à un esprit brillant, un travail minutieux et quelques bonnes rencontres, Gabriel s'est hissé au sommet.
Après des études de droit à Bordeaux, il se dirige vers une carrière d'avocat, épouse la fille d'un de ses pairs - qui malheureusement ne survivra pas bien longtemps - et prend alors le nom de La Reynie. Mais bien sûr il ne se contente pas de la médiocrité et rapidement monte les échelons, devenant d'abord intendant du duc d'Epernon, dont il fait fructifier la forume sans jamais oublier la sienne. Au service du duc il se montre exemplaire. Droit d'esprit, consciencieux, discret et efficace. Si bien qu'à Paris on entend parler de lui. Ou plus exactement, Colbert, l'homme qui tire les ficelles, demande à le voir.

Le voilà donc à Paris, au coeur du royaume, là où tout se passe véritablement et où il lui est enfin donné l'occasion de briller au grand jour. Ici c'est la sécurité qu'on lui confie, soit un chantier immense mais dont le roi lui-même pense que Gabriel sera à la hauteur. Et pour le moment il ne le fait pas mentir. Depuis peu nommé lieutenant général de police, c'est-à-dire doté de tous les pouvoirs ou presque dans l'enceinte de la capitale, il est déjà aussi respecté que craint. Car si on admire sa droiture morale son intransigeance en fait également frissonner plus d'un.
Pour autant, si son travail constitue une de ses principales raisons de vivre, la Reynie ne reste pas toujours cloitré entre les murs de son bureau et régulièrement on le croisera dans quelques salons qui voient en sa présence un véritable honneur. Un proche du roi, voilà qui n'est pas rien ! Souvent froid, toujours aimable, Gabriel étonne par cette distance qu'il impose à chacun et paradoxalement cette courtoisie qu'on lui reconnaît sans mal. Finalement on ne sait jamais trop s'il faut l'apprécier ou s'en méfier. Dans le doute on se contente donc de lui vouer un respect certain, cela au moins on sait qu'il le mérite.


Crédit : Shiya


Jeanne d'Espard
Hôtesse trop aimable
Si Jeanne n’est chez elle pas du genre à faire des courbettes, pour autant il y a des invités qui méritent une attention toute particulière. Et depuis qu’il est devenu lieutenant général de police, Gabriel n’en manque pas. En plus d’être un honneur de voir dans son salon un homme si proche du roi, il est également bien pratique d’avoir sous le coude le haut représentant de l’ordre – entre protection et éventuelles faveurs, il pourrait en effet se révéler utile. Mais si Gabriel répond avec une amabilité irréprochable aux quelques ronds de jambe et autres sourires charmeurs de Jeanne, il se doute bien qu’elle voit en lui son intérêt et n’a aucune intention de se laisser corrompre de quelque manière que ce soit.

Louise de Bellièvre
Gêne récurrente
Il y a de ces gens qu’on aimerait simplement envoyer promener mais que la décence oblige à considérer. C’est selon Gabriel exactement dans cette catégorie que se range Louise. En effet, elle a toujours un mot à redire, des suggestions à faire, ne manque jamais une occasion de le monopoliser pour lui rappeler par exemple que les théâtres font dernièrement beaucoup de bruit et troublent sans doute l’ordre public. Pour la forme le lieutenant de police hoche poliment la tête, prétend entendre ce qu’elle lui dit, mais n’a bien sûr aucune intention de se laisser dicter la façon dont il doit mener son travail. Mais de son côté Louise n’est pas idiote et voit bien que Gabriel a plus d’yeux pour quelques femmes légères que d’oreille pour ce qui importe vraiment. Vexée, elle entend donc bien le surveiller du coin de l’œil et à retenir toute conduite qu’elle pourrait utiliser pour le discréditer.

Madeleine Béjart
Affinité non désirée
Ils se sont connus lorsque Gabriel travaillait pour Epernon et que ce dernier avait sous son patronage la troupe de Madeleine. Et pendant une quinzaine d’années ensuite elle jura qu’elle aurait préféré ne jamais le rencontrer et que s’il y avait une personne à qui elle souhaitait l’enfer c’était bien lui. Car alors que son amant, frondeur notoire, se cachait chez elle et se croyait à l’abri, Gabriel l’apprit et ne manqua pas de le dénoncer, entrainant la fuite. Après cet incident Madeleine et Gabriel ne se revirent plus pendant des années, jusqu’au jour où il mena chez la troupe une perquisition pour une affaire de vol. Depuis les choses s’enchainèrent, les occasions de se voir également. Les rencontres furent d’abord froides, marquées par le mépris, et finalement les circonstances les rapprochèrent et les firent se tomber dans les bras. Aujourd’hui c’est bien sûr en secret qu’ils se retrouvent, le lieutenant général de police ne pouvait décemment pas être vu avec une femme dont la réputation est loin d’être toute blanche. Mais malgré des sentiments que l’un et l’autre n’avoueront pas, entre eux une forme de distance demeure, Madeleine ayant encore du mal à moralement accepter de se retrouver dans le lit d’un homme qu’elle voudrait détester.


Dernière édition par Deus ex Machina le Mar 5 Juil - 12:50, édité 1 fois
avatar
Billets envoyés : 104

Voir le profil de l'utilisateur

Mar 5 Juil - 0:51


Jean Racine

(Ft. Julian Morris - Libre)

CARACTÈRE :  Raffiné - Ambitieux - Peu scrupuleux  - Courtisan - Secret
Âge : 25 ans TITRE/MÉTIER : Dramaturge SITUATION: Célibataire GROUPE : Rue Payenne
Naître dans une famille de notables ça ne vous protège pas de la misère, des malheurs. Et dès l'âge de trois ans Jean est orphelin de père et de mère. Ses grand-parents paternels le mettent très tôt aux "Petites Ecoles" de l'abbaye de Port-Royal. C'est une vie assez insouciante mais dure par les croyances jansénistes que subit le petit Racine. Fermée par décret royal, l'abbaye n'a presque que pour seul élève le jeune gamin. Les meilleurs maîtres pour un élève curieux et intelligent.
Jeune homme, il n'a aucun bien même si son grand-père maternel le soutient financièrement et le garde hors de tout besoin, mais il possède un savoir que peu ont en leur possession, et qui donne à Jean une "civilité" recherchée par les honnêtes gens. Son cousin Nicolas Vitart l'initie aux mondanités, Racine s'y sent parfaitement bien et commence ses écrits, ses poèmes galants et ses louanges. A l'occasion du mariage du Roi, poussé par son cousin, un long poème sort de sous sa plume et il écrit sa première pièce, puis encore une. Mais tombé malade il part en province et étudie la théologie, ce qui lui donne son habit de simple noir et un collet. Il s'ennuie de Paris, se désespère de la douce chaleur des salons. L'esprit de Racine a charmé, on le regrette aussi. Aussi lorsque deux ans plus tard le jeune galant revient, il est accueilli avec enthousiasme par ses amis.
Un deuxième éloge attire les regards du roi sur lui, il en retire une collaboration avec le sieur Molière qui se relève difficilement de l'interdiction de son Tartuffe. C'est mauvais, mauvais. Racine est agacé de voir ses pièces jouées ainsi. Aussi lorsqu'il constate le succès d'Alexandre le Grand au Palais-Royal, il n'hésite pas à se tourner vers l'Hôtel de Bourgogne. Molière est furieux, Racine s'en moque, ils se brouillent. Le jeune homme n'en a que faire, protégé par Madame qui apprécie son esprit, il continue d'arpenter les salons, et d'apprécier la compagnie des dames dont il a goûté les attraits depuis longtemps et surtout qu'il apprécie exagérément.
Une idée de pièce lui tourne dans la tête maintenant. Il faut qu'il l'écrive, qu'il fasse vivre ces héros de Troie, cette veuve éplorée. Détaché à jamais de Port-Royal, il peut bien faire une telle chose, la vie est belle et lui sourit. Il compte bien en profiter.


Crédit : Madge


Alix Savary
Rancoeur tenace et mauvaise presse
Comme si un dramaturge ne suffisait pas, quand tout allait mal il fallut qu’un deuxième s’y mette ! Ayant entendu parler de cette bourgeoise prétendument irrésistible mais plus diablesse que sainte, Racine n’a en effet pas résisté à la tentation de rebondir sur les mots de Corneille et d’écrire à son tour quelques alexandrins visant à amuser son noble public. Entre deux chefs d’œuvres tragiques pourquoi ne pas, pour une fois, faire méchamment rire ? La chose arriva cependant aux oreilles d’Alix, qui, avant de tirer sa révérence mondaine, alla trouver le dramaturge et ne manqua pas de lui dire tout ce qu’elle pensait de lui, et ce sans la moindre retenue. N’ayant toujours pas digéré l’attitude odieuse de l’auteur, elle ne rate à présent pas une occasion de rappeler à qui veut bien l’entendre que derrière les beaux vers il n’a jamais écrit que des pièces aux héroïnes avilies et d’une droiture morale qui n’est que le reflet de leur incapacité à agir par et pour elle-même. En somme des imbécilités bien déguisées. Autant dire que pour quelques mots Racine s’est attiré une critique sévère et qui malheureusement redevient assez audible.

Nicolas de St Juéry
Intérêt et hauteur
Nicolas de St Juéry, en bon dandy avant l’heure, pose, et il écrit quelques vers bons à susurrer à l’oreille des jolies demoiselles. Mais ses ambitions ne se bornent pas à si peu : et, une Mort d’Alexandre en mains, il s’est présentée au grand Racine, étoile montante de la tragédie française, avec le double espoir d’être reconnu et d’entrer Rue Payenne. Double échec ! Racine lui a ri au nez, et l’entrée triomphale est restée un rêve… La pièce n’était pas si mauvaise pourtant, seulement voilà, le succès, ça ne se partage pas. Cependant Racine est revenu le voir : il avait entendu parler de lui, dans un autre contexte : on raconte en effet, dans les cercles bien informés, que St Juéry a les bonnes adresses, et qu’il peut fournir, contre monnaie sonnante et trébuchante, de quoi hâter certaines fins… Et le tragique serait presque incliné à se laisser tenter.

Madeleine Béjart
Mépris et autres bassesses
Si, quand Racine n’était pas encore au sommet, les deux s’entendaient très bien, dès lors qu’il eut l’audace de tourner le dos à Molière pour l’hôtel de Bourgogne s’en était fini de la cordialité. Plus proche amie de Molière, Madeleine ne pouvait en effet pas laisser passer une telle trahison. Désormais c’est une ambiance glaciale qui s’installe dès qu’ils s’aperçoivent, Racine ayant quant à lui peu apprécié les quelques noms d’oiseaux dont il fut un jour traité. Et dès qu’ils s’adressent à présent la parole ce n’est que pour se dire à quel point la dernière pièce écrite par le dramaturge manque d’audace et comme la comédienne perd en talent avec l’âge. Les critiques ne volent pas haut, mais tous deux savent qu’elles font mal.
avatar
Billets envoyés : 104

Voir le profil de l'utilisateur

Mar 5 Juil - 1:02


Madeleine Béjart

(Ft. Nicole Kidman - Prise)

CARACTÈRE : Vive d'esprit - Enjouée - Rancunière - Raisonnée - Protectrice
ÂGE  : 48 ans TITRE/MÉTIER : Comédienne SITUATION: Célibataire, mère d'une fille non reconnue GROUPE : Rue Ste Anne.
S'il y a un reproche qu'on peut faire à Madeleine, c'est certainement d'avoir un peu trop pris sa vie pour une tragi-comédie. Pourtant tout était bien parti. Première fille d'une famille nombreuse, elle se passionne rapidement pour le théâtre et, avec son frère aîné, s'y lance à corps perdu, par ailleurs encouragé par des parents qui voyaient dans l'indépendance des enfants deux bouches de moins à nourrir. Et c'était qu'en plus de la passion Madeleine avait du talent ! A dix-huit ans à peine la voilà repérée de plusieurs troupes qui veulent bien d'elle et il lui semble qu'une infinité de portes s'ouvrent tout d'un coup. Au même âge elle tape également dans l'oeil du comte de Modène, duquel elle ne tarde pas à devenir la maîtresse et que toute sa vie elle suivra de loin, pour le meilleur et surtout pour le pire. Car incapable de juste mesure, quitte à aimer elle le fait sans compromis, quitte à être blessée en conséquence.

Deux ans plus tard c'est une autre rencontre décisive : Molière. Ou Jean-Baptiste Poquelin, comme il se s'appelle à l'époque. C'est le coup de foudre intellectuel, charnel aussi. Il ont les mêmes envies, la même vision du monde, et rapidement le désir de fonder leur propre troupe. Malheureusement l'aventure de l'Illustre Théâtre ne dure pas longtemps, et c'est criblés de dettes qu'ils fuient en province. Sur la route pendant près de dix ans, ils passent de protecteur en protecteur, jouant un temps sous le patronage du prince de Continu puis sous celui du duc d'Epernon. Mais cette période n'est pas qu'une aventure insouciante, au contraire. Car c'est loin de Paris que Madeleine a deux filles de Modène, dont une survie mais qu'elle n'a ni l'envie ni le courage d'assumer, d'autant plus que son amant, aussi volage que frondeur, vient de s'enfuir à l'autre bout de l'Europe après avoir trouvé le moyen de se faire condamner à mort.
Finalement c'est le retour à Paris, enfin, et les applaudissement d'un public royal avec lequel elle renoue. Pour trop peu de temps cependant, car là voilà qui déjà se sent vieillir, qui ne se sent pas la force de résister à Armande, qui en plus de revendiquer les premiers rôles comiques a également trouvé le moyen de se faire épouser de Molière. Dernière trahison, celle qui fait le plus souffrir, de l'ancien amant en même temps que la fille. Mais, quoique sa joie de vivre naturelle voudrait parfois se soustraire, elle continue de faire face, demeure triomphante dans les rôles tragiques et ne se prive pas de nombreux plaisirs, sans doute une façon de se sentir toujours vivante.


Crédit : Madge


Armande Béjart
Soeur/Fille/Rivale
Une grande partie de leur vie consista sans doute à se faire mutuellement souffrir.
Longtemps Madeleine lui en voulu pour le simple fait d’être née. Le temps passa et elle découvrit cependant une enfant pleine de vie, qui lui ressemblait, et elle se résolut finalement à se prendre d’un certain attachement pour la petite. Mais il était déjà trop tard. Car Armande avait déjà en tête de se venger d’une mère qui ne l’avait jamais aimée comme elle le méritait et qui surtout l’avait privée d’un père comte et d’une vie de château. Ce ne fut que lorsque l’œuvre d’Armande fut achevée, uniquement lorsqu’elle lui fit comprendre qu’elle avait gagné par la jeunesse quand Madeleine arrivait à l’automne de sa vie que les deux femmes purent enfin se réconcilier. Ou du moins qu’elles se jugèrentt enfin quittes. La rancœur passant doucement et les regrets naissant, elles tentent aujourd’hui de rattraper le temps perdu. Pour autant il est bien rare qu’elles s’accordent sur quelque chose et les échanges trop vifs sont fréquents.


Jean Racine
Mépris et autres bassesses
Si, quand Racine n’était pas encore au sommet, les deux s’entendaient très bien, dès lors qu’il eut l’audace de tourner le dos à Molière pour l’hôtel de Bourgogne s’en était fini de la cordialité. Plus proche amie de Molière, Madeleine ne pouvait en effet pas laisser passer une telle trahison. Désormais c’est une ambiance glaciale qui s’installe dès qu’ils s’aperçoivent, Racine ayant quant à lui peu apprécié les quelques noms d’oiseaux dont il fut un jour traité. Et dès qu’ils s’adressent à présent la parole ce n’est que pour se dire à quel point la dernière pièce écrite par le dramaturge manque d’audace et comme la comédienne perd en talent avec l’âge. Les critiques ne volent pas haut, mais tous deux savent qu’elles font mal.

Gabriel de La Reynie
Affinité non désirée
Ils se sont connus lorsque Gabriel travaillait pour Epernon et que ce dernier avait sous son patronage la troupe de Madeleine. Et pendant une quinzaine d’années ensuite elle jura qu’elle aurait préféré ne jamais le rencontrer et que s’il y avait une personne à qui elle souhaitait l’enfer c’était bien lui. Car alors que son amant, frondeur notoire, se cachait chez elle et se croyait à l’abri, Gabriel l’apprit et ne manqua pas de le dénoncer, entrainant la fuite. Après cet incident Madeleine et Gabriel ne se revirent plus pendant des années, jusqu’au jour où il mena chez la troupe une perquisition pour une affaire de vol. Depuis les choses s’enchainèrent, les occasions de se voir également. Les rencontres furent d’abord froides, marquées par le mépris, et finalement les circonstances les rapprochèrent et les firent se tomber dans les bras. Aujourd’hui c’est bien sûr en secret qu’ils se retrouvent, le lieutenant général de police ne pouvait décemment pas être vu avec une femme dont la réputation est loin d’être toute blanche. Mais malgré des sentiments que l’un et l’autre n’avoueront pas, entre eux une forme de distance demeure, Madeleine ayant encore du mal à moralement accepter de se retrouver dans le lit d’un homme qu’elle voudrait détester.
avatar
Billets envoyés : 104

Voir le profil de l'utilisateur


Contenu sponsorisé

La rue Payenne (8/10)

Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» La rue Payenne (8/10)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vexilla Regis :: L'art de la révérence :: Personnages disponibles :: Personnages prédéfinis-