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 Arthur ☾ Totentanz


Ven 2 Sep - 23:22

Arthur Duplessy

(Ft. Mads Mikkelsen - Tumblr)

1. Identité

Métier/Titre(s) : Gourou du Cercle d'Ammonios, astrologue de carrière
Âge : 50 ans
Origines : Françaises
Langue(s) parlée(s) : Français, un grec et un latin excellents, quelques notions d'italien
Situation amoureuse: Veuf sans envie de se remarier, au demeurant pas porté sur l'abstinence ni insensible à un charme bien particulier, tout droit sorti du passé
Religion: La sienne, qui prétend obéir aux cycles des planètes et compte sur les hommes pour obtenir ce que Dieu lui refuse.
Groupe: Rue Férou, seul endroit où il peut à souhait déverser son fiel contre le pouvoir qui l'a du jour au lendemain évincé. Il apprécie au demeurant sincèrement l'émulation intellectuelle du salon de madame Chénier, chez qui il est rare de s'ennuyer. Pour autant ce n'est pas chez ces libres penseurs, globalement trop critiques pour se laisser prendre et pas assez riches pour être réellement utiles, qu'il faut chercher ses plus fidèles adeptes. Ceux là, c'est près des rue St-Anne et Payenne qu'on les croise, où Arthur manipule via quelques pions de confiance. On l'y trouve cependant de temps en temps, quand l'une ou l'autre des maîtresses de maison ressent soudain le besoin d'interroger les astres.
QUE PENSER DES POISONS ? A BANNIR OU LA FIN JUSTIFIE LES MOYENS ?  : Lui-même n’est pas un grand adepte des poisons - non pas que la mort le rebute, plutôt qu'il préfère les méthodes offrant un taux de réussite plus élevé. Un bon mercenaire vaudra selon Arthur toujours mieux que dix empoisonneurs. Mais face à la demande de certains membres du Cercle il participe volontiers au marché, jouant souvent les intermédiaires entre offreurs et demandeurs.

TROIS VOEUX SONT OFFERTS A VOTRE PERSONNAGES, LESQUELS SONT-ILS ? : La parfaite connaissance - Egaler la richesse des plus grands - Trouver à sa plus jeune fille un époux à sa hauteur (ce qui semble en ce moment le plus irréalisable).

SE SENT-IL EN SÉCURITÉ ? : La police ayant dernièrement été plus occupée à éradiquer la vraie menace physique de Paris qu'à lui courir après, Arthur se sent dans une position doublement confortable. La baisse drastique de la truanderie lui assure des déambulations presque paisibles, et des forces de l'ordre partout sauf sur ses traces lui permettent de dormir l'esprit tranquille.

QUEL EST SON RAPPORT À LA RELIGION ? : Excellent, pourvu que la religion en question n'implique pas prêtre et église, plutôt dictat de la connaissance - ou même, idéalement, le sien. Car le seul homme de Dieu pour lequel il éprouve un véritable respect fait figure d'autorité en matière d'évocation du malin, quand Arthur croit lui-même plus volontiers à la loi des sciences (l'astrologie y tenant une belle place) qu'aux superstitions chrétiennes.

UN CAUCHEMAR RÉCURRENT ? : Ses manigances découvertes au grand jour. Il paraîtrait que son sort serait alors peu enviable.

QUELLE EST SA PRINCIPALE AMBITION ? : Pouvoir et richesse. En toute humilité.


2. Anecdotes
Quoi que les croyances sataniques prennent une bonne place dans le Cercle, Arthur n'accorde aux pratiques que très peu de crédit ◊ Il est en revanche convaincu de la pertinence de l'astrologie, qu'il se targue de maîtriser comme personne, et depuis peu s'intéresse studieusement à l'alchimie ◊ S’il se vante de traduire le langage des astres, il les connaît également d’un point de vu purement astronomique et méprise ainsi les pseudo astrologues, ceux qui ne seraient pas avant tout des érudits ◊ Bien qu'il n’ait jamais aimé leur mère, il éprouve une véritable affection pour ses filles, surtout la cadette ◊ Arthur porte en permanence, dans une poche intérieure qu'il exige qu'elle soit cousue sur chacun de ses habits, l'unique exemplaire d'une liste des personnes impliquées dans le Cercle, avec, annoté près de chaque nom, le meilleur moyen de s'assurer de la fidélité et du silence du concerné. ◊ Seule Flore a échappé au rituel. Les deux premières lettres de son prénom ont été écrites et aussitôt raturées. ◊ Il souffre d’insomnies et ne compte plus ses nuits blanches ◊ Chez lui de nombreux carnets sont remplis de croquis, principalement de visages familiers, qu’il trace souvent en attendant le sommeil. ◊ Maître de lui-même, Arthur ne hausse jamais la voix et affiche toujours un calme jugé tantôt apaisant, tantôt glaçant ◊ En plus de voir l’utilité de chaque manipulation, il prend un certain plaisir à berner son entourage. Cela lui confère un sentiment de supériorité loin d’être désagréable ◊ Grand admirateur d’art, en particulier de musique ◊ Il tient particulièrement à son jardin, l’embelli continuellement à grands frais et supervise le moindre changement.

3. Derrière l'écran
Prénom/Pseudo : Elise † Âge : Au moins centenaire † Comment êtes-vous arrivé jusqu'ici ? Je me suis dédoublée – ou détriplée, terme au choix † Comment trouvez-vous le forum ? A faire fuir    † Rang Une phrase à écrire au dessus de l'image du groupe † Crêpe ou gaufre ? (Une question existentielle !) Je ne répondrai même pas à cette question. Le mot de la fin ?


Dernière édition par Arthur Duplessy le Sam 3 Sep - 22:28, édité 5 fois
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Tout, je voudrais le conquérirTout, je voudrais le conquérir
Titre/Métier : Astrologue, fondateur du Cercle d'Ammonios
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Ven 2 Sep - 23:23

Histoire

« Tout, je voudrais le conquérir – Toutes les faveurs des dieux – Et posséder le savoir – Etreindre l’art entier. »

Le départ soudain de Pierre Duplessy n’avait pas chamboulé ses amis, qui se trouvaient être également ses principaux et seuls concurrents. A Amiens, dans la rue St-Hilaire, incontournable lorsqu’on était à la recherche d’un honnête négociant de velours – la comparaison étant impossible, il faudrait partir du principe que tous l’étaient –, on se contentait de jaser, pas de regretter. Parmi les langues les plus aiguisées, celle de madame Arnault, veuve d’un commerçant dont on disait qu’il avait préféré se laisser mourir plutôt que supporter sa femme plus longtemps, qui ne manquait pas une occasion de souligner qu’en plus d’avoir été un mari déplorable l’homme se révélait désormais un père qui l’était doublement. Mais pour une fois, elle exagérait à peine.
Pas plus tard qu’hier, alors que la corporation se réunissait sa très ennuyeuse mais bimensuelle réunion, on avait en effet remarqué que Duplessy manquait à l’appel, ce qui n’était jamais arrivé sauf lorsqu’une mauvaise indigestion lui avait mis un pied dans la tombe. Jugeant qu’un mort oublié trop longtemps risquerait de faire mauvaise presse au quartier, une poignée d’hommes s’était ainsi dévouée pour aller le trouver. Mais cette fois-ci ce ne fut pas sur un Pierre agonisant qu’ils tombèrent, mais sur deux enfants, dont le plus grand tenait dans les bras un nourrisson, qui attendaient naïvement dans la cuisine, affirmant à qui demanda que leur père était parti dans la nuit, sans doute pour une affaire mercantile urgente, et reviendrait assurément sans tarder. Les adultes, cependant, comprirent rapidement. Trouvant les quelques pièces vidées de tout ce qui aurait pu avoir un peu de valeur et, surtout, sur le bureau une note priant de veiller sur les enfants le temps que la tante Hélène arrive, il fut rapidement conclu que Pierre avait tout simplement mis les voiles. Le lendemain, on comprendrait également, lorsqu’un client vient crier à plein poumon au milieu de la rue qu’il exigeait que son tissu lui soit livré aujourd’hui même sinon quoi il ferait enfermer chaque négociant, qu’avant de s’envoler Duplessy avait arnaqué, et pas d’une petite somme, un riche bourgeois de passage.
En attendant, voilà quelques familles qui se retrouvaient avec une épineuse question sur les bras. Fallait-il laisser ces trois enfants, qui n’avaient rien demandé à personne, entre les mains de cette folle d’Hélène, dont toute la ville ou presque savait qu’elle n’avait plus toute sa tête, ou appliquer la loi sacrée d’entraide corporatiste ? Il se révéla rapidement que le dilemme n’en était en réalité pas un, qu’ayant déserté Pierre renonçait ainsi à ce que ses proches bénéficient de toute entraide et que, étant de toute évidence un coût beaucoup trop grand pour la communauté, Arthur, Marie et la minuscule Anne Duplessy seraient élevés par leur tante. En gage de compassion, la corporation daignait cependant ne pas soustraire aux petits l’argent que leur père avait laissé à leur égard – rappelons qu’elle ne se rendit compte du méfait de Pierre que le lendemain et qu’un minimum de bonne conscience voulu qu’on ne retirât pas ce qui avait été donné.  

A six ans, Arthur se retrouvait ainsi sans parent, l’une ayant perdu la vie quelques semaines plus tôt en la donnant à Anne, l’autre ayant fait le choix conscient de tout quitter pour une femme qui avait le bon goût d’avoir la moitié de son âge et qui lui faisait tourner la tête. Ce qu’il admit avec un calme qui troubla Hélène, puis la laissa admirative. A défaut de pleurer le garçon s’enferma dans un silence quasi religieux, dépensant toute son énergie à observer scientifiquement ce qui se passait autour de lui, à commencer par les habitudes de sa tante, qui était une femme autrement plus fascinante que celles qu’on croisait rue St-Hilaire.
Quelques années plus tard, Arthur affirmerait sans sourciller qu’il ne tenait à son père plus aucune rigueur pour ce qu’il avait fait, comprenait même son geste. Ainsi il prouvait avoir retenu une seule et unique leçon de Pierre Duplessy : son intérêt propre se devait de toujours surpasser celui d’autrui.

****

Juin 1641

Avec application il inscrivit quelques mots dans la marge, un léger doute quant à l’exactitude d’un propos qui semblait nuancé, si ce n’était contredit, par une lecture faite un peu plus tôt ce mois. Une question de méthode de calcul des longitudes, rien qui pour un néophyte n’aurait été de grand intérêt, mais qui revêtait pourtant une importance capitale lorsqu’on avait pour ambition de situer chaque astre précisément. Il n’eut cependant pas le temps de songer plus longtemps au problème, il entendait déjà la cloche de la toute proche église sonner le coup de neuf heures, signe qu’il lui fallait rapidement abandonner ses considération astronomiques s’il voulait commencer en temps et en heure la leçon d’algèbre qu’il s’était engagé à donner. A contre cœur Arthur sortit donc de chez lui, un appartement qui semblait d’autant plus petit qu’il était encombré d’innombrables ouvrages dont l’achat mangeait une majeure partie de son salaire de précepteur, pour se rendre, quelques rues plus loin, dans une noble demeure, dont il voyait par ailleurs le seul intérêt non pas dans ceux qui l’habitaient mais dans sa remarquable architecture. Alors que la façade était une véritable merveille de finesse, avec tant de détails finement ciselés dans une pierre au blanc légèrement cassé, mari, femme et enfants n’étaient que fadeur. La charge prestigieuse nouvellement acquise pas le comte semblait n’avoir gonflé que son amour-propre, en rien son intérêt, mais à l’appeler si fréquemment auprès du roi elle avait au moins le mérite de l’éloigner de son épouse dont un certain charme dans l’attitude, au demeurant uniquement donné par l’usage, n’effacerait jamais le vide qui planait dans son regard. Ce que ce couple avait uniquement fait de bien, mais Arthur doutait qu’il s’en rende compte, orgueil nobiliaire obligeait, étant sans doute d’avoir engagé à si peu de frais le jeune diplômé qu’il était pour se charger de l’éducation de leurs deux fils ainés. S’il ne ferait jamais d’eux des érudits – ils n’avaient ni le talent pour les études ni la curiosité naturelle pour un jour le devenir -, peut-être parviendrait-il à en faire de convenables hommes du monde, vaguement capables de placer le Siam sur une carte et sachant entretenir sans trop se rendre ridicules une conversation traitant d’histoire antique. Le jugement était sévère, les deux enfants étant en réalité loin d’être stupides et se révèleraient quelques années plus tard d’une compagnie fort agréable et cultivée, mais Arthur Duplessy, derrière d’aimables sourires de façade, n’avait jamais brillé par sa tendresse pour autrui. Au contraire, adolescent déjà et plus encore depuis qu’il s’était lancé dans les études, le jeune homme entretenait pour une majeure partie de son entourage un mépris certain. A ceux qui manquaient d’esprit, d’entrain pour la connaissance, ou qui tout simplement ne lui inspirait de loin rien de bon, Arthur vouait une hauteur qui tenait à une remarquable intelligence mais surtout à la conscience de celle-ci. Car il était de ceux, du moins le voyait-il ainsi, qui ne devaient rien à personne et tout à leur propre talent. S’il avait été honnête il aurait cependant reconnu que sans cette tante qui l’avait élevé comme un fils et poussé sur la voie des études sans doute n’aurait-il jamais fait la route d’Amiens à Paris. Et sans l’argent laissé par un père voulant s’acheter une bonne conscience au moment où il abandonnait ses enfants, l’université ne serait jamais passée de projet à réalité. S’il y avait donc bien quelque chose qui l’avait aidé, bien plus que sa tête bien faite, c’était cet égoïsme, qu’il considérait trop naturel pour le voir comme tare, qui en privant ses deux sœurs de beaucoup lui avait permis de réussir. Mais la misère de deux pour le succès du troisième valait mieux que la confortable médiocrité de tous.

Quelques heures plus tard il ressorti enfin, presque satisfait d’avoir fait intégrer aux deux gamins la moitié des notions de son programme journalier – au demeurant très ambitieux. Ne lui restait à présent plus que pour seule obligation celle de se remettre à ses propres lectures, qu’il était comme toujours impatient de retrouver. Entre quelques équations mathématiques, préceptes rhétoriques qu’il avait pour objectif de maîtriser mieux encore que le meilleur des sophistes, et surtout approfondissement de notions astronomiques qu’il maniait déjà bien, son temps libre ne manquait pas d’occupations. Mais plus encore que les leçons d’Anaximandre et autres Kepler, en sortant de l’hôtel particulier ce fut l’envie de retrouver autre chose, ou plutôt quelqu’un d’autre, qui le pris. Sans plus y réfléchir il s’engagea donc vers la direction de la rue des Cordeliers, le cœur soudain rendu léger par la perspective de la voir.
Bien que la fenêtre fut fermée, on entendait depuis la rue des vocalises monter et descendre, signe que Flore était bel et bien là et n’avait pas perdu de son talent. Devant la maison il resta un moment à ne pas bouger, les yeux levés vers la pièce où elle se trouvait, songeant qu’il aurait sans doute pu l’écouter chanter des jours entiers sans jamais se lasser. Mais l’écouter à travers une vitre était aujourd’hui plus frustrant qu’autre chose et il se décida donc à la déranger. Pas en frappant à la porte cependant, pour l’avoir mainte fois essayé il savait pertinemment que lorsqu’elle travaillait sa voix la jeune femme était incapable d’entendre ce qui se passait un étage plus bas, mais en lançant contre la fenêtre quelques petits cailloux ramassés par terre. Ce qui nécessitait au demeurant une certaine prudence dans le geste, le verre cassé le mois dernier ayant rappelé la qualité peu fiable du matériau. Il n’eut aujourd’hui pas besoin d’insister, rapidement les notes cessèrent de virevolter et quelques secondes plus tard une figure encadrée de cheveux roux se montra à la fenêtre, sur les lèvres ce sourire franc et magnifique que jamais aucune femme n’aurait été capable d’imiter. Les coudes posés sur le rebord, elle posa sur lui un regard pétillant qui chaque fois faisait un peu bondir son cœur. Pourtant si rationnel, il expliquait mal que Flore ait sur lui tant d’emprise, soit capable de lui tirer un sourire qui n’avait rien d’hypocrite et de lui donner parfois envie de tout abandonner pour être simplement avec elle.  

« Je passe te voir ce soir. »

Elle avait ici une voix beaucoup moins haut perchée que lorsqu’elle chantait, mais qui semblait toujours plus vivante qu’aucune autre, d’autant plus belle qu’elle ne s’adressait ici rien qu’à lui et pas à tout un public.

« Pas ce soir. La nuit s’annonce trop belle, parfaite pour observer. Je voulais simplement te voir avant de rentrer. »

Il n’avait en effet pas résisté à l’envie de saisir son image, comme s’il avait eu peur de l’oublier s’il ne la voyait pas assez souvent, pour, rien qu’en l’apercevant, s’adonner un instant au bonheur. Elle n’était pourtant ni assez bien née pour pouvoir desservir ses intérêts, ni passionnée par les travaux qu’il menait, pas même outrageusement curieuse s’agissant de ses horoscopes ou assez admirative pour gonfler son ego, et pourtant dès qu’elle était face à lui Flore lui ravissait cœur et esprit. Avec ses airs tour à tour rieur puis doux, un talent indéniable et ses élans passionnés. Puis fallait-il seulement parler de sa beauté ? En la regardant il se demanda s’il serait un jour capable, lorsque les circonstances l’y obligerait, de la quitter. Mais il balaya vite la question, préférant profiter de cet éphémère aux allures de perfection.  

« - Tes étoiles, toujours tes étoiles… pour moi tu ne voudrais pas redescendre un peu sur terre ?
- Mais c’est pour vous que je veux décrocher la lune, mademoiselle. »

Il l’annonçait avec des accents comiques, s’inclinant au passage devant elle comme s’il n’avait été qu’un humble serviteur, mais se cachait une pointe de vérité, au moins la certitude que rien ne pouvait être trop beau ou trop ambitieux pour elle.

« - Peux-tu au moins me prédire qu’on se verra demain ?
- Sans l'ombre dans doute. »

Et après lui avoir envoyé un baiser de la main, qu’elle fit mine d’attraper avec cette espièglerie qui lui allait si bien, il tourna les talons pour rentrer chez lui.

*****

Décembre 1647

Joséphine avait un défaut qui était presque tant de qualité : elle ne lui inspirait rien. Elle n’était ni brillante ni idiote, pas dénuée de charme sans être d’une grande beauté, loin d’être timide mais jamais bavarde, ne semblait pas dans la retenue mais naturellement dans la juste mesure. Elle était en somme de ces personnes qu’il ne pouvait se résoudre à apprécier, mais qui n’avaient pas assez de présence pour lui faire perdre de l’énergie à les mépriser. Fille aînée d’une famille bourgeoise, elle avait aussi l’avantage de lui avoir rapporté en cadeau de mariage une somme non négligeable.
Elle s’assurait avec Arthur une vie confortable, un époux peu soucieux mais qui avait juré de toujours lui témoigner un irréprochable respect, et surtout débarrassait ses parents d’une bouche à nourrir. Quant à lui, une épouse devenait un paravent utile à une vie qu’il voulait pourtant sans attaches émotionnelles, lui permettait de se vanter auprès de la bonne société d’avoir un foyer stable – allez savoir pourquoi, il semblerait qu’autant que le talent une femmes et des enfants étaient une variable nécessaire à la réussite –, également marquait définitivement la fin des amours de jeunesse.
Mal assortis, ils l’étaient assurément, entre leurs quinze ans d’écart et leurs tempéraments bien différents, tout ou presque semblait les maintenir à deux antipodes. Il n’y avait dans l’attitude bien que ce calme commun qui les rapprochait, quoiqu’en les observant plus longuement on comprenait aisément que ce qui était chez Joséphine une douceur véritable, un caractère suave que son mari était incapable d’apprécier, était chez Arthur le masque d’un esprit bien plus bouillonnant.

Déjà vieillissant, il brillait désormais par son regard, sa culture, son intelligence humaine, son charisme et surtout cette aura de mystère qui flottait autour de lui. Du jeune étudiant il restait peu de traces, c’était désormais un véritable érudit qui se présentait au monde, qui, en plus d’être capable de citer traités et autres discours, était un remarquable orateur, capable de convaincre les septiques de la pertinence de ses horoscopes, de persuader que ses prédictions astrales étaient aussi certaines que deux et deux font quatre, et ce sans jamais hausser la voix ou paraître perdre son sang froid. Mais car n’avait pas changé le désir de grandeur une certaine frustration commençait à naître. Malgré un certain succès à Paris, une réussite financière qui se confirmait et une présence de plus en plus fréquente dans les cercles restreints, il lui semblait encore que sa carrière n’avait rien d’achevé. Il pouvait, devait, voir encore plus grand. S’il était facile de se montrer sur la scène du monde sous son meilleur jour, une fois les portes closes faire preuve de patience demandait ainsi de plus en plus d’efforts. Mais puisque tôt ou tard il atteindrait des sommets – il ne saurait en être autrement, alors il le faudrait encore. Quelques mois, petites années tout au plus, car il sentait sans l’ombre d’un doute que les circonstances deviendraient optimales.  

*****

Novembre 1654

L’heure de gloire avait finalement sonné. A force d’obstination, grâce à un art maîtrisé – du moins il en était lui-même convaincu et parvenait à persuader par un air doctoral, ce qui était l’essentiel –, mais aussi et surtout une aptitude hors normes à se lier à qui le desservirait plus tard, Arthur Duplessy occupait depuis deux ans désormais la charge très honorifique – et rentable – d’astrologue du roi. Aucun homme ou presque ne résistait à la tentation de connaître son avenir, les plus illustres n’y faisaient pas exception. Entre le superstitieux maraicher et un souverain qui ne pouvait se résoudre à régner sans le regard bienveillant de tout un univers, ne différait principalement que les moyens financiers. L’un devait se contenter des on-dit et de quelques prédictions vaseuses faites par cette femme du coin de rue qui n’avait plus toute sa tête, l’autre pouvait sans mal s’offrir les services du plus éminent spécialiste, qui avait au moins le mérite de reconnaître avec certitude chaque constellation dont il jurait que la position orienterait semaines et mois à venir. Quant à cette année, il l’avait prédit apaisée (l’alignement de Mars et Jupiter lors du premier trimestre indiquait sans l’ombre d’un doute la réconciliation de deux forces opposées), ce qui ne manqua pas de se confirmer par un mariage intelligemment arrangé par Mazarin, mettant définitivement fin à la Fronde. Union qui de toute évidence ne fit que suivre une tendance astrale que nulle ne pouvait contredire. Hasard du calendrier diraient certains ; fatalité qui dépensait l’entendement humain d’après ceux qui croyaient.

S’agissant de son entourage, l’exactitude de ses révolutions étaient au demeurant plus nuancée. La mort de Joséphine, il ne l’avait en effet pas prévue. Marge d’erreur obligeait, que voulez-vous. Une pneumonie et quelques semaines d’agonie plus loin, le voilà qui se retrouvait veuf, avec sur les bras deux toutes jeunes filles dont il se dit d’abord qu’elles devenaient orphelines de mère au moment le moins propice – c’était que sa charge était exigeante en temps et énergie. Vraiment, jusqu’au bout son épouse confirmait son manque d’utilité. Rapidement il se ravisa cependant de les voir comme un poids, se rappelant qu’autant que leur mère l’avait toujours indifféré il éprouvait au fond pour Célie et Cléo une affection sincère.
Face aux deux gamines, sagement assises sur le bord de leur lit, il s’était accroupi et avait désormais pour elle un sourire apaisant et rare. Il tendit alors à la plus âgée un épais livre, à la couverture un peu abimée par le temps et dont les pages étaient déjà jaunies.

« C’est un livre de contes, qui me vient de ma tante. Une des seules choses que j’ai gardé d’elle. »

Doucement Célie l’ouvrit pour le feuilleter, incapable de voir dans les lettres plus que d’obscurs points noirs mais appréciant la façon dont était enjolivé le début de mot de chaque nouvelle histoire. Rien qui ne soit en réalité d’une grande finesse, le livre était loin d’être démesurément précieux, mais elle avait encore l’âge de s’émerveiller pour un rien.

« - Tu nous le liras ?
- A chaque fois que j’en aurais l’occasion. »

Règle à laquelle il ne dérogea pas durant de nombreuses années. Régulièrement, en rentrant de la cour, lassé de ces dames qui refusaient de comprendre qu’il lui était impossible de dresser un horoscope convenable sur commande immédiate et de ces gentilshommes qui semblaient parfois le prendre pour un charlatan quand lui-même en avait une sainte horreur, il s’assit au chevet de leur fille pour leur lire quelques pages, trouvant à ces moments un charme tout particulier. Il était agréablement apaisant de sortir un instant de ses habits de scientifique pour n’être plus qu’un père. Jamais trop longtemps cependant, l’importance qu’il donnait à ses recherches étant bien trop grande pour qu’il ne se permette de perdre plus de quelques minutes par jour.

*****

Juin 1664

Il avait fait la découverte que la religion pouvait se bâtir sur le contraire de la vérité et devenir de ce fait la gardienne acharnée du mensonge originel. Dieu, quelle extraordinaire bêtise créée par l’homme. De cette crédulité des mortels, à qui un mélange de peur et de promesse d’éternité faisait brûler leurs semblables et construire des merveilles, il avait décidé de se moquer. Non pas en s’épuisant à l’exposer au grand jour, mais en l’exploitant pour son propre intérêt.

Depuis quelques mois Arthur ne vivait plus qu’entre quelques hôtels parisiens, le sien et ceux de clients qui continuaient de requérir ses services, les demeures royales ayant de fait été rayé de son carnet d’adresses. Après douze ans d’excellents et loyaux services Sa Majesté avait en effet décidé de se passer de lui. Le coup, Duplessy l’avait senti venir, dernièrement plus au service des proches du roi que de ce dernier, mais il n’en demeurait pas moins douloureux. Mais cependant pas d’abattement, jamais. Les sentiments ne s’entremêlaient pas, le goût de trahison et le désir de vengeance l’emportaient largement. Comme toujours la colère avoir été froide, s’était à peine exprimée, et rapidement Arthur s’était enfermé dans sa propre réflexion, déjà prêt à trouver le meilleur moyen de tirer profit de la disgrâce. S’était rapidement dégagée une idée centrale : une charge rendue signifiait autant d’honneur perdu que de liberté retrouvé. Quant aux revenus, il trouverait sans mal le moyen de ne pas en perdre.
De nouveau électron libre, faisant encore figure d’autorité à défaut d’être encore la seule et unique voix de l’astrologie française, et surtout conforté par l’observation devenue conviction de la malléabilité d’autrui, une idée germa. Une envie surtout, celle d’assurer en plus de sa richesse un pouvoir dont le roi lui-même devrait bientôt se méfier.

Assis dernière son bureau, Arthur observa le regard d’Esprit de Cauvigny se détourner pour suivre le serviteur qui quittait désormais la pièce. Puis le verdict de l’homme d’Eglise fut sans appel.

« Cet homme n’est pas fiable et en sait trop. »

Ce à quoi Arthur répondit par un hochement de tête, l’air paisible, comme s’ils ne faisaient que se mettre d’accord sur une formalité. Ce qui était d’ailleurs presque le cas. A mesure que leur Cercle prenait vie il fallait s’assurer d’avoir autour de soi une poignée d’indéfectibles qui, contrairement à ce valet, ne détournaient pas les yeux avec crainte dès lors qu’ils entendaient la moindre suggestion qui s’éloignait d’une moralité terriblement ennuyante. Il fallait donc, afin de s’assurer de la pérennité de leur projet, être certains de n’être entourés que d’individus sûrs, discrets, et surtout malléables.

« Je m’assurerai qu’il nous quitte avant d’avoir eu le temps de trop parler. »

Quand on n’avait de conscience que celle du gain il n’était pas difficile d’imaginer pour autrui le pire. L’empathie n’ayant jamais fait partie de ses qualités – Arthur avait toujours donné la préséance à l’efficacité –, gérer personnellement les plus macabres affaires ne lui posait aucun problème. Calmement il attrapa donc sa plume et, sur le carnet qu’il sortit de son bureau, nota le nom du serviteur suivi d’une petite croix, rappel qu’il lui faudrait rapidement régler cette question. Ce qui serait par ailleurs tout sauf un problème logistique, Paris grouillant, pourvu qu’on sache où les chercher, des mercenaires les plus aguerris. Toujours sans se presser – il ne le faisait jamais, au contraire, il dégageait cette aura d’apaisement qu’il savait parfaitement exploiter – il referma le carnet une fois que l’encre fut sèche puis releva les yeux vers son complice.

« Avons-nous terminé ? »

Cauvigny hocha la tête et se leva aussitôt. Au cours de cette dernière heure les deux hommes avaient fait preuve d’une redoutable efficacité, finissant de mettre sur pied leur grand projet commun. Les derniers détails avaient été discutés, les fondateurs s’étant mis d’accord sur les premiers noms à approcher, et ils pouvaient à présent se quitter avec la certitude que sous peu le Cercle vivrait.  

« - Je ne vous dérangerai pas plus longtemps, je crois que nous avons tous deux beaucoup à faire.
A son tour Arthur se leva pour serrer chaleureusement la main de l’abbé.
- Tenez-moi au courant de votre avancée, je ne me manquerai pas d’en faire de même. »

Il le raccompagna jusqu’à la porte de son bureau, en profitant pour faire signe à son secrétaire d’entrer. Si Léonard en savait beaucoup, il convenait en effet de ne pas tout lui dire. Le secret était à la base de toute compagnie souterraine et même les plus proches collaborateurs devaient être sur certains points tenus dans l’ignorance. Information distillée et cloisonnement minutieusement organisé ; par une organisation pyramidale et fondée sur le mystère le duo de complices assurait tant sa réussite que ses arrières.  

*****

Septembre 1666

Il avait pris l’habitude de s’asseoir dans le jardin, sur un banc de pierre, pour regarder sereinement le ciel virer du clair au profond et la nuit balayer le bleu des aconits, qui se fondaient à présent presque dans l’obscurité. Les rosiers devenaient des masses peu à peu indistinctes, les agapanthes disparaissaient doucement et finalement les étoiles s’allumaient, unes à unes, et il semblait à Arthur qu’une deuxième journée commençait. Il y avait dans ce jardin, toujours trop petit pour celui qui avait la folie des grandeurs, une atmosphère douce, l’air qui en plein Paris se faisait un peu moins lourd et laissait à quiconque se donnait la peine de l’apprécier une sensation d’apaisements.
Du bout des doigts il froissait légèrement la page d’un carnet qu’il tenait entrouvert sans s’y intéresser, le regard plutôt happé par un arbuste qui était à tailler, et qui rapidement dériva sur les pans d’une robe claire, dont le frottement sur l’allée l’avait interpellé.

« - J’étais persuadée de te trouver ici.
- Ma Cléo. »

La cadette, la préférée. Celle pour qui il avait de grands projets et dans laquelle il se voyait un peu, comme par l’effet d’un jeu de miroirs. Contrairement à Célie, qui avait pris de sa mère tous ses défauts, notamment cet attentisme latent et ce manque de caractère insipide, Cléo avait l’esprit affuté, et toute discrète qu’elle savait être elle n’en gardait pas moins les yeux et les oreilles toujours grands ouverts. Alors que l’aînée avait quitté la maison, partie dans les bras d’un petit bourgeois avec la bénédiction de son père qui voyait mal qui de mieux que lui voudrait bien d’elle, Cléo vivait toujours ici, gérant volontiers l’emploi du temps qu’Arthur voulait bien lui communiquer et surtout, ayant conscience qu’il lui en cachait un peu, cherchant toujours le meilleur moyen de se rendre utile.

« - Je t’ai fait préparer du café, il t’attend dans ton bureau.
- Tu en prendras une tasse avec moi ?
- Bien sûr. »

Il referma doucement son carnet et le glissa dans une poche, sous le regard intrigué de sa fille, qui depuis longtemps se demandait ce qui pouvait y être inscrit, suspectant beaucoup mais n’étant sûre de rien. L’air de sa fille lui tira un léger rictus, auquel elle répondit en se redressant un peu, comme pour prétendre qu’elle n’avait rien vu ni rien fait, et, en marchant à la hauteur d’Arthur qui venait de se lever, entama son habituel résumé de fin de journée.

« - L’abbé de Cauvigny a fait déposer un courrier il y a une heure et Léonard est passé, demandant à te voir. Cela ne semblait pas pressé alors je n’ai pas jugé bon de te déranger. Il repassera demain matin, à neuf heures si cela te convient.
- Tu as bien fait. Y’a-t-il autre chose ?
- Rien qui ne mérite ton attention. »

Ce qui signifiait simplement qu’elle en avait fini avec les nouvelles qui concernaient ses affaires… Professionnelles ? Cléo n’avait jamais exactement su comment les nommer, car défilaient chez eux des individus aussi divers qu’ils étaient louches et semblaient respirer la cupidité, ce qui lui faisait suspecter que de grands intérêts communs étaient en jeu, sans qu’elle ne sache exactement lesquels. Si ce n’était l’envie de gagner toujours plus en influence, en se montrant le moins possible. Du moins, s’il y avait quelque chose qu’elle retenait de son père, c’était bien cela, le grand marionnettiste qu’il était, capable de faire avancer sur son échiquier pions et cavaliers sans jamais minimiser l’importance d’une pièce par rapport à l’autre. En effet, Arthur avait tout du parfait conspirateur, qui savait enchaîner les intrigues et savamment les intriquer pour faire d’une pierre plusieurs coups sans trop bouger de son bureau. Et son ambition, en l’occurrence, était titanesque. Car à présent qu’il en avait beaucoup il en voulait encore plus. L’argent amassé avec ses prédictions semblait désormais dérisoire en comparaison à ce que le Cercle lui avait déjà rapporté, et minime par rapport ce qu’il voulait un jour détenir. Sans jamais sortir de l’ombre, il ne voulait à terme pas régner sur quelques poupées dont il parvenait à extorquer l’argent en leur promettant tout et plus encore, il désirait tisser une toile qui s’étendrait non sur une poignée de membres mais bien sur le tout Paris. Maitre d’un empire invisible, sinon cela il ne se voyait rien. Mais plus encore que de la richesse, il tirait sa principale motivation du désir d’écraser, de manipuler, de savoir qu’il pouvait tenir dans le creux de la main la vie d’une multitude d’individus. Et il y avait également cette faiblesse bien humaine, l’envie de traiter Cléo en princesse et de lui offrir tout ce qui ferait pâlir de jalousie jusqu’à la duchesse d’Orléans.
Il posa sur elle un regard bienveillant, empli d’une chaleur qu’elle était la seule ou presque à savoir lui tirer.

« - Tu sembles pourtant bien heureuse, ce soir.
Elle hésita quelques secondes se dandinant un peu, puis craqua presque et avec cet air espiègle qu’elle tentait de masquer attrapa le bras de son père.
- Si je te disais son nom tu le ferais encore fuir.
Aussitôt il haussa les épaules, feignant l’innocence.
- Je n’ai fait fuir aucun de tes galants, ils n’ont jamais eu que la décence de s’éloigner de toi en réalisant que jamais ils ne seraient à ta hauteur. »

Il n’avait fait que les aider à le réaliser. Et en avait peut-être menacé un ou deux de les envoyer par le fond de la Seine s’ils osaient encore s’approcher de sa fille… Rien de très méchant, simplement ce que ferait n’importe quel père aimant.

« - Promets-moi que si tu le rencontres tu ne seras pas… Comme tu sais l’être !
- Je ne peux que te jurer de le laisser volontiers te faire sa cour s’il t’arrive au moins à la hanche. »

Ce qui était très improbable, bien évidemment. Mais la remarque permis à Cléo de rebondir, l’air de rien ou presque. Tout en montant les marches du perron elle se laissa donc aller à une suggestion faussement anodine.

« - Si tu me laissais venir avec toi partout où tu vas alors peut-être trouverai-je dans ton entourage quelqu’un à ton goût.
- Si chaque semaine tu m’accompagnais chez madame Chénier alors l’assemblée risquerait de trop se faire à ta présence et de finir par la préférer à la mienne. »

Car elle assez jolie pour attirer l’attention des regards et surtout assez brillante pour la retenir celle des esprits. Mais s’il lui avait laissé faire là bas ses premiers pas, Arthur préférait ne pas encore trop l’y montrer, de peur qu’elle ne s’éprenne d’il ne savait pas quel frondeur, qui serait nécessairement aussi merveilleux interlocuteur qu’il ferait un gendre pitoyable. Cela, Cléo l’avait cependant bien compris (et savait par ailleurs qu’elle finirait par le faire changer d’avis), mais ce n’était pas là où elle voulait en venir aujourd’hui.

« - Je suggérai le reste…
Comprenant sans mal ce qu’elle souhaitait, Arthur eut un sourire en coin.
- Ma fille, je te trouve bien impatiente de marcher dans mes pas. »

Il avait jusqu’à maintenant pris soin de ne pas trop lui en dire, de la mettre çà et là dans la confidence mais jamais plus que nécessaire, juste assez pour piquer sa curiosité et lui faire comprendre que ses affaires étaient loin d’être toujours honnêtes. Aussi fallait-il croire que sa stratégie des demi-confidences avait fonctionné aussi bien qu’espéré, Cléo étant à présent ouvertement fascinée par tous ces secrets qui entouraient son père et impatiente qu’enfin il lui laisse pousser toutes les portes qu’il avait jusqu’à maintenant laissées closes.

« Mais nous discuterons demain matin. Je suppose qu’il y des choses dont je peux te parler. »

Car enfin elle avait l’âge d’entrer un peu plus dans l’impénétrable. A présent que le Cercle devenait une force avec laquelle il fallait faire à Paris, sinueuse et dont le caractère diffus le rendait presque intouchable, il fallait commencer à s’assurer de sa succession. Evincer ceux qui pourraient lui faire défaut, d’abord ; s’assurer définitivement les pleins pouvoirs et, après avoir régné un temps en maître, les passer à qui le méritait. Avec bienveillance il posa une main sur celle de sa fille, la seule à qui il lui semblait qu’il pouvait aujourd’hui se fier et bien sûr l’unique qui avait jamais mérité toute sa confiance. Au milieu de son monde de faux-semblants, de clandestinité et de sinistre elle lui donnait la sensation d’être encore parmi les hommes.


Dernière édition par Arthur Duplessy le Sam 29 Oct - 19:11, édité 6 fois
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Ven 2 Sep - 23:51



Je te l'ai dit un milliard de fois ! Mais tu vas nous faire un Arthur du tonnerre !


(ces smiley valent toutes les déclarations d'amour au monde)

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Lun 5 Sep - 13:26

Un poulpy, un poulpy

Gab ne devrait lui pas trop se réjouir, il risque d'avoir un peu de boulot en plus un de ces jours     (mais je prends volontiers ta déclaration ♥)

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Dim 18 Sep - 20:39


TU ES VALIDÉ(E)



Que dire? nétoiles
Magnifique fiche (comme d'habitude... mais on ne se lasse pas, tu peux continuer si tu veux What a Face), très intéressante (la relation avec Cléo méritera des développements!).. Bref, en un mot, on a tous hâte de voir Arthur en jeu!
Du coup comme tu connais le chemin, j'espère que tu vas vite nous tramer tout un tas de machinations pas nettes (ça commençait à âtre vraiment trop sage par ici)



Merci de faire : Recenser ton avatar pour éviter l'invasion des clones - Fiche de Rp pour commencer à jouer - Fiche de lien pour se lier avec les autres membres. Et pour que tout le monde s'y retrouve facilement merci de poster dans le porte-folio des perso joués.
Les liens qui peuvent servir : Une petite faveur? maison, rang ou charge? - Les connaissances pour mieux savoir et ne pas être pris au dépourvu

Bon jeu sur Vexilla Regis!

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