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 Petits services entre bons amis. (PV Eva Bontemps)


Lun 21 Nov - 21:52

"Sommes-nous bientôt arrivés ? Je commence à étouffer là-dessous."

En vérité il respirait parfaitement bien, simplement les fibres pressées contre son nez offraient des relents de vieil étal de maraîcher. Des odeurs d'humus, et ce qui ressemblait à de la carotte et de l'oignon. Surtout de l'oignon. Or Marcelus Talbert détestait les légumes.

"Attention. Escaliers." déclara d'une voix laconique l'homme qui le tirait par le bras.

Grommelant sous le sac de toile qui lui couvrait la tête, Talbert avança le pied avec précaution pour trouver la première marche, puis la seconde. Il en compta douze, un escalier de pierre descendant dans... Une cave ou un sous sol... En tout cas ils firent une pause, et il reconnût le son d'une lanterne qu'on allume. L'air semblait plus frais aussi, et un léger écho venait souligner le moindre bruit. Tendant l'oreille avec plus de concentration, il entendit de la musique et quelques éclats de voix, loin au dessus de sa tête. Ils marchèrent encore quelques instants, tournèrent deux fois, descendirent une nouvelle volée de marches. Il entendit les gonds d'une porte grincer, et on le fit entrer dans une pièce. La porte se referma derrière lui, et son guide lui lâcha le bras.

"Enlevez le sac" ordonna une voix basse et sèche, respirant l'autorité. Et quelqu'un obéit aussitôt.

Marcellus Talbert, officier de Police de Paris, cligna des yeux en regardant autour de lui. Après de longues minutes passées dans le noir, même la lumière vacillante de la seule bougie présente suffisait à l'aveugler. La bougie était posée sur une vieille table en bois, et projetait des ombres mouvantes autour d'elle. Talbert observa des piliers de briques et des poutres en bois soutenant un plafond de plâtre lézardé. Le sol de la cave était pavé. Les murs étaient plongés dans l'obscurité, mais il devinait que la pièce n'était pas très grande. En dehors de la table et des deux chaises, dont l'une, vide, semblait l'attendre, le seul mobilier se constituait de caisses et de barils poussés contre les murs pour dégager l'espace au centre. Mais l'attention de Talbert se porta bien vite sur les visages.

Il y avait son guide, à côté de lui, qui s'était présenté sous le nom de "Joff". Deux autres hommes étaient postés dans son dos. Il avait entendu leurs pas pendant le trajet mais les découvrait pour la première fois. Un homme se tenait non loin, appuyé contre un pilier, et l'observait d'un air franchement hostile. Talbert le connaissait. Voleur, violeur et assassin notoire, qui s'était déjà retrouvé une fois en cellule et avait réussi à s'échapper avec un peu "d'aide". Son nom était Gravel.

Et bien sûr, il y avait celui qui attendait, assis de l'autre côté de la table, et dont la lumière de la petite flamme dessinait sur le visage maigre et émacié des ombres lugubres, soulignant l'éclat presque translucide d'un œil mort braqué sur lui. Le temps d'une fraction de seconde, Talbert fut pris d'un doute horrible : et s'il était en train de faire une énorme erreur ? Mais non, il retrouva bien vite son assurance, et parla d'un ton détaché, masquant parfaitement son léger trouble.

"Enfin nous nous rencontrons, Monsieur Kelly. Cette farce était-elle vraiment utile ?" demanda-t-il avec une pointe d'humeur en montrant d'un mouvement de la tête le sac qui pendait à la main de Joff.

Le masque impassible et borgne s'anima soudain, comme une statue ensorcelée qui prendrait vie.

"Vous me pardonnerez cet excès de prudence, mais par les temps qui courent cela me semble nécessaire. Je vous en prie." Il leva une main aux doigts longs et fins pour désigner la chaise.

Talbert s'assit avec précaution, peignant de ses doigts les mèches de cheveux désordonnées qui tombaient sur son front. Joff s'anima également, posant devant lui une timbale et la remplissant de vin. Talbert n'attendit pas d'invitation et la vida d'un trait.

"Joff m'a dit que vous souhaitiez me rencontrer pour me proposer un partenariat." lâcha Iain Kelly d'une voix placide. "Et qu'afin de sceller cet accord, vous aviez un service à me demander."

"Un service qui sera bien entendu copieusement récompensé" s'empressa d'ajouter Talbert.

Iain hocha la tête.

"J'ai un petit soucis, cependant... Mon ami Gravel ici présent ne vous fait pas confiance... En fait il a même suggéré l'idée que nous vous tranchions la gorge dès que vous seriez entré ici."

Talbert coula un regard vers l'intéressé. "Eh bien, je suis heureux que vous ne l'ayez pas fait."

Les lèvres minces du borgne s'étirèrent en un léger sourire amusé.

"Mais sa méfiance n'est pas dénuée de raisons. Vous aviez autrefois un accord avec l'Araignée. Ensuite de quoi vous vous êtes également rapproché de l'Ours. On ne peut que constater qu'ils ont très mal fini, l'un comme l'autre, alors que vous deviez leur fournir une protection aux yeux de la Loi."

Talbert balaya l'argument d'un revers de la main.

"Oui, j'ai longtemps travaillé en coopération avec l'Araignée. En échange de ma protection, il me graissait généreusement la patte, et j'avais aussi droit à quelques avantages dans certains des établissements sous sa coupe. Pendant des années il a pu diriger ses petites affaires en toute tranquillité. Je n'étais pas le seul à le couvrir, en fait il avait des relations nombreuses et variées dans divers cercles... S'il a chuté, c'est qu'il a fini par perdre le contrôle, et énerver des gens suffisamment haut placés, et dont le bras était plus long que les nôtres, j'en ai peur. Nous ne pouvions contrer des ordres venus d'aussi haut, malgré notre bonne volonté. Quant à l'Ours, je l'ai effectivement approché, mais il a refusé mon aide. S'il en avait été autrement, il serait aujourd'hui à la tête de la Cour des Miracles, votre petite guerre interne aurait eu lieu, et vos chances de victoires... plus que précaires. Mais ça ne s'est pas passé ainsi. Il pourrit en cellule en attendant son exécution prochaine, tandis que vous êtes toujours là. Maintenant si vous désirez une preuve de ma bonne volonté à votre égard, je dirais simplement que pour les hautes instances vous êtes toujours considéré comme mort. Vous avez perdu la vie dans cet incendie à Rouen il y a plusieurs mois, vous vous souvenez ? Oh, il y a bien eu quelques témoignages de votre résurrection depuis, mais étrangement, ces rapports ont tous disparus avant d'atteindre des oreilles trop importantes."


Talbert ponctua sa tirade d'un sourire satisfait. "Je vous propose les mêmes services que j'offrais à l'Araignée, contre un paiement semblable. Nous savons tous les deux que les récentes descentes de la police ont porté leurs fruits, bouleversant complètement le paysage de la vie souterraine de Paris. Les grands princes du crime sont tombés, morts, emprisonnés, ou simplement disparu, laissant la place vacante à de nouveaux visages. Vous avez le champ libre pour bâtir quelque chose de nouveau, Monsieur Kelly, mais pour cela il vous faudra certaines assurances, sous forme de relations précieuses."

Gravel cracha par terre en grommelant. Iain l'ignora, et fixa Talbert un long moment.

"Quel était ce travail que vous vouliez me confier?"




Ils attendirent encore une heure après que la bougie qui brillait derrière la fenêtre à l'étage eût été soufflée. Puis ils se mirent en action. Trois sentinelles : un homme des deux côtés de la rue, couchés au sol sous des couvertures rapiécées comme de simples mendiants, et un guetteur sur le toit d'en face. Iain et deux hommes escaladèrent rapidement la palissade en bois qui bloquait l'allée longeant la boutique de bougies Brandin, se faufilèrent jusque l'arrière du bâtiment et atteignirent la porte de derrière. Si la porte principale était lourdement verrouillée avec deux loquets, celle-ci, selon leurs informations, était simplement barrée. Iain tira sa dague de son fourreau et la glissa dans la fine embrasure. La lame se glissa sous la barre et il ne lui fallut guère plus d'une dizaine de seconde pour ouvrir la porte. Ils s'engouffrèrent dans la boutique comme des ombres et ouvrirent la porte de devant pour laisser entrer Gravel et deux autres hommes.

Ils étaient rodés à ce genre d'exercice. En quelques minutes, ils avaient grimpé à l'étage, tiré du lit les époux Brandin, ainsi que les enfants. Une fille de neuf ou dix ans, et un nourrisson. Le seul à brailler. Mis à part ses cris, tout avait été fait dans un silence relatif. C'étaient des professionnels. Et de plus, ils étaient très bien renseignés sur les lieux et leurs occupants. Et pour cause, ils avaient soudoyé le commis quand il était parti, plus tôt dans la soirée. Ils lui avaient offert à boire, copieusement. Lui avaient offert une bourse bien pleine. Ensuite de ça le garçon avait parlé. Copieusement. Sans même avoir besoin d'être brusqué plus que nécessaire. Ils l'avaient ensuite emmené dans une ruelle, et il avait saigné. Copieusement. Iain ne prenait pas de risques.

Les parents furent bientôt ligotés et bâillonnés. Iain ordonna qu'on les traîne jusque la cave. Ces derniers s'agitèrent, gémissant sous leurs baillons et lançant des regards terrifiés, ne comprenant pas pourquoi on les séparait de leur progéniture. Iain considéra la fillette et le bébé qu'elle tenait dans ses bras. Elle avait réussi à le calmer.

D'habitude, dans ce genre de cas, il utilisait les enfants comme levier pour faire pression sur les parents. Mais là, Talbert avait été très clair. Il ne fallait pas leur faire de mal. Le policier avait même précisé que quelqu'un passerait les prendre en charge. Le plus petit en tout cas. Quelqu'un de confiance. Une femme. Et que si Iain avait des questions, ce serait elle qui déciderait si elle y répondrait ou non. De quoi exciter la curiosité, et l'imagination.

Le bébé n'avait pas l'air rassuré, et semblait sur le point de pleurer de nouveau, mais la fillette le berçait comme elle pouvait dans ses petits bras, pour l'apaiser. Elle était courageuse. Les yeux humides, certes, mais fixés dans les siens comme une bravade, les sourcils froncés. Un léger sifflement filtra entre les dents du borgne qui s'accroupit devant elle, tendit une main, lui caressa la joue et dégagea une mèche de cheveux blonds de son visage. Il lui sourit.

"On doit discuter avec ton papa et ta maman, ma chérie. Toi tu vas rester sagement avec ton frère. Tu vas bien t'en occuper et faire en sorte qu'il ne fasse pas trop de bruit, d'accord ? Tu as l'air d'une petite fille très intelligente. Alors je veux que vous restiez parfaitement calmes tous les deux. Pas d'agitation. Sinon je serai obligé de faire mal à l'un de vous."

Il se leva et ordonna qu'on les enferme dans la chambre, sous bonne garde, et rejoignît les autres au sous sol de la boutique. On avait installé le couple l'un en face de l'autre. Iain posa un doigt sur ses lèvres en fixant le boutiquier. L'homme hocha la tête pour dire qu'il avait comprit le message, et Iain lui ôta son bâillon.

"L'argent de la journée est dans une caisse sous le comptoir à l'étage, prenez tout mais ne nous faites pas de mal" articula-t-il à toute vitesse dès que sa bouche fut libre. Iain le regarda un moment, puis fit signe à l'un de ses hommes qui monta les escaliers.

"J'en prend bonne note, Brandin" dit-il "et je te remercie de cette délicate attention, mais ce n'est pas pour ça que nous sommes là. Un petit oiseau nous a parlé de certains documents que tu gardes cachés ici depuis quelques temps. Des documents qui t'ont été confiés par un homme puissant et très désagréable, qu'on appelait l'Araignée. Tu sais, ce petit insecte qui s'est fait écraser sur la roue il y a quelques mois."

Gravel marmotta quelque chose sur la différence entre les insectes et les arachnides, mais un regard de Iain le fit taire.

"Ces documents," reprit Iain, "je sais que tu les caches ici, quelque part. Alors tu vas gentiment me dire où."

L'homme cilla, troublé, tandis que sa femme posait sur lui un regard à la fois affolé et inquisiteur. Elle ne sait rien, pensa Iain, mais elle peut servir de levier. Les documents en question étaient des listes de noms. Les noms de tous les notables à qui l'Araignée graissait la patte. Talbert était dessus, parmi d'autre. L'ancien roi des Thunes s'était confectionné cette sorte d'assurance afin d'avoir un moyen de pression, dans le cas où l'un de ses associés aurait eut l'intention de retourner sa veste. La boutique où se trouvait Iain à présent, une boutique vendant surtout des chandelles, du suif, de la cire, de l'huile et tout le nécessaire pour s'éclairer, avait été pendant des années le lieu d'échange où Talbert et les autres venaient récupérer leurs pots-de-vins et échanger des informations avec l'Araignée et ses sbires. Brandin était l'un des commerçants à la botte du roi des mendiants. L'un de ses plus fidèles lèche-botte.

Quand l'Araignée avait finalement été arrêté, l'Ours, son second, avait préféré garder ces listes en sûreté plutôt que s'en servir. Talbert avait bien proposé de les racheter à bon prix, mais avait essuyé un refus. Sans doute l'Ours comptait-il faire chanter ceux qui figuraient sur ces listes une fois qu'il aurait réussi à prendre la tête de la Cour des Miracles. Mais il avait été arrêté avant. Talbert voulait récupérer ces listes avant que quelqu'un d'autre ne s'y intéresse. Cela faisait des mois qu'il vivait dans la crainte que ces documents ne se retrouvassent sur le bureau de Gabriel de la Reynie. Ce soir, grâce à Iain, ces craintes allaient disparaître, et les Brandin avec eux.

Comme l'homme tardait trop à répondre, Gravel empoigna les cheveux de Madame Brandin, tira sa tête en arrière, et pressa une lame sur son cou grassouillet, juste assez pour faire perler le sang. Brandin père poussa un glapissement.

"D'accord, d'accord ! Je vais vous le dire, mais pitié ne nous faites pas de mal !"

Iain sourit et s'apprêtait à proférer un vilain mensonge rassurant quand l'un de ses hommes descendit l'escalier de la cave.

"M'sieur K !" appela-t-il en faisant signe à Iain de s'approcher. Le borgne darda une nouvelle fois son regard sinistre sur les deux silhouettes ligotées avant de rejoindre son homme de main au bas des marches.

"Y a une donzelle à la porte, elle dit qu'vous l'attendiez. Du genre bien roulée mais avec un r'gard à faire froid dans l'dos. 'Fin, p'têt pas autant qu'le vôtre M'sieur K, mais... enfin sans offense hein, simplement c'est que... 'fin l'a pas l'air de beaucoup plaisanter la bonne dame quoi. L'a pas l'air impressionnée plus que ça par nos trognes non plus." baragouina l'homme.

Iain hocha la tête. "Ton éloquence ne cesse de m’impressionner, Vitali. Dépêche toi de la faire entrer, je monte."

Alors que Vitali remontait, Iain retourna auprès des prisonniers et posa une main sur l'épaule de Gravel.

"Occupe toi de ça, fais vite. Monsieur Brandin va se faire une joie de coopérer s'il veut que tout se passe bien, n'est-ce pas mon bon Brandin ?" lança-t-il vers le commerçant qui se hâta d'approuver.

Gravel hocha la tête, avec toutefois un air renfrogné. Ce travail ne lui plaisait pas. Œuvrer pour un policier, même véreux, non plus. Il en avait fait la remarque à Iain à plusieurs reprises. En fait Gravel se permettait de plus en plus de remettre en cause ses décisions depuis quelques temps. Depuis que Iain essayait de relancer sa petite bande sur de nouvelles bases, plus réfléchies, plus posées, et plus discrètes. Gravel et les plus anciens parmi ses hommes avaient été habitués à un peu plus de brutalité, d'action, d'anarchie. Pour eux, les changements de méthode de Iain passaient sans doute pour de la faiblesse, ou de la peur suite aux nombreuses arrestations qui avaient chamboulé la Cour des Miracles durant l'été. Iain se devrait bientôt de prendre des mesures à ce sujet. Des mesures radicales.

Il regagna le rez-de-chaussée de la boutique, où Vitali et trois autres attendaient, surveillant d'un œil circonspect une femme qui se tenait au milieu de la pièce.

"Personne dans la rue ?" demanda Iain en approchant. Vitali hocha négativement la tête.

Iain posa son regard sur l'étrangère. Un visage d'une grande beauté, mais des yeux froids et perçant, très impressionnants. Les lèvres du borgne s'élargirent en un sourire appréciateur. Elle lui plaisait.

"C'est toi que Talbert a envoyé pour disposer des enfants ? Je suis Iain Kelly. Et toi, qui es-tu ?"
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Dim 27 Nov - 0:51

L’œil glacial se pose sur Racine. Il travaille et dans son dos est fixé la glace bleutée de sa domestique. Ménage, cuisine, rangement, services, la Bontemps fait partie de cette masse, plus ou moins silencieuse, qui sue pour les élues de la richesse, de la gloire et du bonheur, que leurs accordes Dieu. Sa robe de travail noir à col montant, légèrement garni d'une maigre dentelle noire nuit et la dextre lisse le tablier blanc de travail, seule concession faite à ses vêtements noirs. La journée touche à sa fin, le soleil à décliner et elle a allumé les bougies pour qu'il puisse terminer d'écrire. Racine à manger, légèrement et renvoyer sa domestique. La porte de la chambre occupée est alors poussée pour rejoindre ce qui est l'habitation de la femme. Un lit sommaire y trône, avec un chevet pour y mettre une bougie, une table trône là, juste au bout du matelas, une table avec un miroir user et quelques accessoires de coiffure. Une armoire est présente, réunissant tous les vêtements de la silhouette sombre, ainsi que ses quelques effets personnels et un paravent de bois. Dans un autre coin, c'est un pot de chambre et un nécessaire à toilette qui est présent, sur un tabouret. La silhouette est débarrassée du tissu et sur le corsage tendu est ajuster une robe tout aussi noire que la précédente, mais plus échancrée. Ici, la dentelle n'est pas présente, trop frivole et la matière est épaisse. Des gants noir, fin son mit et après avoir mit un manteau de laine bouillie, battant les pieds est ajouter, après que les bottines est trouver leurs place aux pieds. L'on pourrait qualifier la tenue d'élégante si la femme la portant n'était pas froide comme la glace et que ses intentions étaient bonnes. Traversant les rues, se fondant dans l'ombre, effrayant peut-être un homme surpris de la voir sortir de l'ombre, elle parvient enfin jusqu'à la maison qui lui été désigné. Ici, l'attends quelqu'un, ici, l'attends un enfant. Comment sera le bébé ? Pleura-t-il, lorsqu'elle le prendra contre elle, dans ses gants et qu'il croisera le regard froid de sa protectrice temporaire ? Sera-t-il clame grâce à la poitrine rebondie de mère que la veuve aborde toujours ?

En arrivant sur les lieux, elle garde la mine froide, mais prudente, trois coups sont donnés, le dernier n'a presque pas le temps de finir pour s'ouvrir sur un homme. Nullement impressionner, elle donne une réponse laconique aux aboiements quant à sa présence ici.


"- Je suis attendue. "

Elle l'est en effet, sa présence est prévue bien qu'elle ne sache pas qui la recevra. La porte et fermer et on la lui rouvre ensuite, pour qu'enfin les bottines foulent le sol de la bâtisse. Elle sait que rien ne lui arrivera, elle ne l'espère même pas. Lorsqu'on est un flic pas net et qu'on a besoin de mains telles que celle de la veuve, on ne l'envoie pas pour qu'elle se fasse tuer non. Les messes noires nécessitent un sang jeune et pur, celui d'un bébé et les accouchements et interruptions de grossesse nécessite tant de connaître la ville que de la discrétion. Alors c'est un regard dur qui est posé sur les hommes présents, la surveillant. Obéir aux ordres, voilà son métier, il guide aussi ses pas en dehors de son métier et à avoir ces trois-là, eux aussi, obéissent à des ordres. Un homme rejoint la petite assemblée, laid. C'est le premier mot qui s'impose à son esprit, le second est effrayant. Cette oeil blanc, mort, qui rappel à l'homme qu'il n'est pas un dieu, la cicatrice présente a pour effet d'accentuer cet effet mortuaire. Il semble sensiblement du même âge qu'elle et à le même air capable de glacer le sang ou presque. La contenance silencieuse de la brune est mise à mal, pendant que la bleue vive bataille avec le bleu gris qui fait face. La voix masculine est entendue et lorsque le sourire apparaît, c'est les lèvres de Bontemps qui se pince. Elle n'a pas vocation de plaire, de déclencher des sourires, la veuve les déteste. Ses longues boucles sont rangées dans son dos, et sa voix se fait de nouveau entendre.

"- Qui je suis ... Où je vais ... Qu'est-ce que je vais faire ... Voilà bien des questions, peu trouve de réponses, je suis attendue, si tu sais qui m'envoie, et tu sais ce que je veux, Iain Kelly, alors c'est le principal. "

Elle lui refuse son prénom, et même son nom, en général, elle se débrouillait seule pour trouver les enfants et voilà qu'on lui demandait de traiter avec quelqu'un, c'était le risque d'être découvert. Un pas est fait, en avant, presque arrogant.

"- En quoi mon prénom ou mon nom t'aiderais dans ta tâche ? Avoir un prénom t'aide à exécuter les ordres qui te sont donnés ? C'est étrange, moi, je n'en ai jamais eu besoin. "

Lui donner un nom, un prénom, c'est lui donner du pouvoir, c'est répondre à une question, à une attente et elle ne répond à celle de personne. Du moins, ce n'est pas dans son intérêt pour l'heure.
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