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 Les ennemis de mes ennemis (Vivante)


Lun 12 Déc - 21:57

Exercice socialement délicat que de satisfaire l’appétit malsains et combien aristocratique pour les histoires morbides de son entourage. Il fallait donner des détails horrifiants bien entendu mais également prendre garde à ne pas choquer les dames qui écoutaient en s’éventant furieusement. Et bien entendu ne pas grincer des dents quand une bonne âme pensait pouvoir le conseiller. Chose délicate pour un homme aussi susceptible que le lieutenant de police. Aussi ce fut avec un léger soulagement que Gabriel laissa la parole à un autre. Tout en faisant signe pour qu’on lui resserve un verre de vin, il parcourut des yeux l’assistance. Des visages pour la plupart connu, par lui et par les autre. À sa droite, on trouvait par exemple le comte d’Armagnac si facilement reconnaissable avec ses cheveux bouclés et ses expressions maitrisées. Un peu plus loin, Lauzun et son sévère accent gascon retenait l’attention tout en exubérance et en insolence. N’oublions pas tel abbé défroqué et influent ou encore ce parlementaire redouté de tous. Les femmes avaient elle aussi la part belle. Et pas uniquement grâce à leur mari. Intelligente, influente et souvent tout aussi retors que les hommes de l’assemblée, elle vous fixait avec sévérité, luxure ou défi mais jamais avec la crainte que l’on voulait imposer à leur sexe.

Brutalement son regard tomba sur une personne qu’il aurait préféré ne jamais voir. Gabriel n’avait que peu d’ennemis personnels, les ennemis de l’État suffisaient amplement. Mais il restait un homme capable d’haïr avec une énergie rare. Ce qui était d’autant plus dangereux que jamais il ne se laissait emporter par cette colère. Gabriel calculait. Gabriel évaluait. Gabriel anticipait. Gabriel testait, probalisait, projetait. Mais il ne se laissait pas emporter par la colère. C’était cette intelligence froide et cruelle qui avait fait de lui le lieutenant de police parisien, permettant à un homme presque issue de la bourgeoisie d’occuper une des positions les plus en vue. Et actuellement cette intelligence, il s’en servait pour nuire à un homme profondément méprisable

Le comte de Vercourt approchait la soixantaine. Sa bouche épaisse et tombante était désormais encadrée de plis profonds. Entre quelques pâtes d’oies, on trouvait des yeux noirs profonds et vifs. La façon dont ces prunelles oscillait de droite et de gauche dans un mouvement craintif n’était pas sans rappeler un écureuil. Un écureuil chétif et maladif avec une peau pâle et parcheminée. Il respirait un calme mesuré et inspirait une confiance toute relative. Ses manières étaient celles d’un homme du monde mélange subtil entre l’ennui le plus profond et la politesse la plus exquise. Excellent frondeur et de ce fait courtisant indésirable, il hantait la scène parisienne avec l’acharnement des survivants.

C’était à la Fronde justement que remontait l’animosité entre les deux hommes. Puis elle avait couvé sous la cendre pendant des années. Mais l’arrivée de Gabriel lui avait permit de renaitre Avec d’autant plus de passion qu’au début simple maitre des requêtes, Gabriel était dans une position d’infériorité marquée. Et puis… Il était devenu lieutenant de police. Ce que Vercourt ne lui pardonnait pas. Et Gabriel quand à lui n’était pas homme à oublier son passif avec le comte. C’était une guerre d’autant plus froide qu’elle se déroulait dans le grand nord parisien. Personne dans la capitale ne se doutait de la forte animosité entre les deux hommes. Mais ce qui se passait dans le sud ne restait pas nécessairement dans le sud.

Aussi en observant Vercourt qui riait à une blague de Lauzun, Gabriel fut prit d’une envie assez inavouable. Il pouvait rédiger une lettre de cachet. Il en avait le pouvoir maintenant. Ça serait si facile. Quelques mots jetés sur le parchemins, un signature, un petit peu de cire et on en parlait plus. La Bastille était profonde et Vercourt peu aimé du roi. Le scandale mettrait une éternité à éclater, si jamais il éclatait. Et encore. Entre temps, il pouvait facilement trouver de quoi justifier l’incarcération. C’était mettre la charrue avant les boues mais franchement qui s’en souciait réellement.

Seulement… Seulement Gabriel ne se serait pas à l’aise avec ce genre de procédé. Il savait que la neutralité et la probité étaient deux des raisons pour lesquelles on l’avait choisit. Ça et l’intelligence. Donc s’il commençait à agir ainsi à peine quelques mois après sa nomination, on aurait tout lieu de croire qu’il était un mauvais choix. Et donc on le remplacerait. Et Vercourt aurait gagné de façon posthume. Non il devait trouver mieux que ça. Ce fut lorsque le hasard de la conversation roula sur les Rochambaud que Gabriel eut une révélation. Evidemment. Il y avait des personnes sur cette terre aussi intelligente et influente que lui, qui détestait tout autant Vercourt et qui n’étaient pas liées par une fonction officielle.

Ce fut d’une excellente humeur que Gabriel rédigea une note rapide pour inviter l’inénarrable Marie Vivante Saint-Vaart, comtesse de Rochambaud, à venir lui rendre visite le lendemain. Un prétexte idéal était évidemment les manuscrits qu’ils venaient d’acquérir. Mais un esprit vif, et celui de la comtesse l’était assurément, comprendrait que ce n’était qu’un prétexte.

Mais un prétexte ne signifiait pas que l’on devait négliger les formes. Aussi Gabriel attendait à l’heure dite l’honorable comtesse. Il avait préalablement envoyé son fils ailleurs, ce qui n’était pas bien dur. Il se sentait réellement d’humeur à comploter et espérait qu’elle aussi.

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Ven 16 Déc - 21:32

Un élégant attelage blanc poudré ne tarda pas à faire halte au pied des marches de l’hôtel parisien. Trois heures tapantes, pas une minute de plus. Le valet en livrée violine bondit de son perchoir pour déployer le marchepied, et libérer – enfin ! –  la très digne passagère de son interminable attente.
Madame de Rochambaud piaffait d’impatience depuis près de vingt-quatre heures. Le nom seul de l’auteur du petit billet surprise avait allumé une étincelle persistante dans son regard ; à compter de cet instant, tout son personnel avait fait les frais de son épouvantable effervescence. « Avez-vous retenu mon coiffeur pour demain ? Mais enfin, je vous l’ai demandé il y a une heure ! » « Ce lustre pleure de la poussière ! On ne respire plus, ici. Corrigez-moi cela. » « Les appartements de Monsieur Philippe et de sa femme sont-il prêts, Marie, mon petit ? Comment cela, ils arrivent dans trois semaines ? Il n’est jamais trop tôt pour bien accueillir mon fils. Et depuis quand vous permettez-vous de me répondre ? Défaites-vous immédiatement de ce mauvais trait. » Etc., etc. Personne, de la cave au grenier ne devait s’autoriser une seconde de repos tant que la maîtresse des lieux avait besoin de se divertir de sa dernière obsession : que pouvait bien vouloir le tout nouveau, tout premier et tout fameux lieutenant de police de Paris à une vieille dame ?

Ils avaient été présentés quelques mois plus tôt, rue Payenne, par une Jeanne d’Espard triomphale. « Comment ! Vous n’avez jamais rencontré Monsieur de La Reynie ! Mais chère comtesse, venez, venez donc ! Nous devons incessamment y remédier ! » Les piaillements de cette damnée poseuse avaient égratigné les tympans de toute l’assemblée. Où va se nicher la satisfaction… N’importe. La voix vieille s’était faite velours : « Que ferions-nous sans vous, mon amie ? » La femme qui lui servait sur un plateau l’homme dont causait tout Paris, des hautes sphères aux bas fonds, méritait bien sa petite flatterie.
Dès le premier échange, la douairière avait jugé l’homme redoutable. Par ailleurs, il aurait pu lui déplaire résolument : une intelligence acérée, certes, des manières convenables, mais trop de désinvolture dans sa façon d’écouter – ou non, justement – les « personnes d’expérience ». La faute était rédhibitoire. Madame de Rochambaud, tout particulièrement chatouilleuse. Leurs entrevues suivantes ne corrigeant pas cette première impression, elle était à deux doigts de le ranger définitivement dans la catégorie des indélicats… Lorsque lui parvinrent les quelques mots qui renversaient la donne. De toute évidence, il n’avait pas fait l’erreur impardonnable de la méjuger. Mieux encore ! Il lui tendait la main.

Car la vieille Vivante ne s’y trompait pas. Aucune littérature, quelle que fut sa valeur, ne retenait l’attention d’un personnage pareil ; ou si certaine bizarrerie de caractère lui faisait apprécier ce genre de bonbons – cela s’était vu, et pas chez les pires – il n’inviterait pas une relation si lointaine à le partager. Bien sûr, il se pouvait qu’il veuille seulement l’entretenir de ses fils ; mais si l’un d’entre eux avait commis une imprudence assez grave pour qu’il s’en mêlât – Dieu la préserve qu’ils se piquent de ce genre de fantaisies – nul besoin de prétexte. Du reste, elle l’aurait su. Elle surveillait chacun d’entre eux assez étroitement pour savoir que leurs frasques récentes n’émouvraient personne.
Non, non. Gabriel de La Reynie comptait discuter de quelque affaire délicate ; sa raison, son intuition et son désir le lui soufflaient de conserve. Et cependant, impossible d’en identifier la raison. Un problème dans lequel ils partageaient quelqu’intérêt ? Un ennemi commun ? Une requête, des informations ? Une mission à lui confier, peut-être ? Le vieux fantasme du pouvoir sous toutes ses formes, et particulièrement les plus discrètes, trouvait là une occasion parfaite de ressurgir.

Par suite, on n’aurait pu imaginer interlocutrice mieux disposée que Vivante Saint-Vaart lorsqu’elle fut introduite après de son hôte.
« Monsieur de La Reynie, votre invitation me fait grand plaisir. »
Elle l’avait déjà dit, la veille, acceptant la sollicitation en quelques mots d’une écriture ronde et raffinée. Débarrassée de ses gants, de son chapeau et de la présence encombrante des domestiques, confortablement installée dans un fauteuil, elle scruta son hôte d’un air malin.
Était-ce la hâte ? La prescience, claire et précise, de ce que son hôte apprécierait ? Les longues heures passées à se monter la tête ? Elle opta pour la seule stratégie qu’elle n’adoptait jamais : cartes sur table.
« Et si vous me disiez de quoi il est question ? »
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Lun 26 Déc - 15:40

Feu ronflant jour et nuit dans la cheminée, orientation idéale, décoration hors de prix, la bibliothèque était, avec sa chambre, la seule pièce de son hôtel particulier à avoir jamais bénéficier de l’attention de Gabriel. Le reste de la demeure était meublé avec élégance et soin bien sûr, mais plus en hommage au caractère perfectionniste et au besoin maladif de contrôle du lieutenant de police que par véritable intérêt. Aussi très vite de salle de lecture, la pièce s’était mué en sanctuaire dans lequel on ne pénétrait qu’avec respect. Sorbonne évidemment y dormait tout le temps, ce qui incitait d’autant plus les domestiques à n’y aller que sur la pointe des pieds. Quant à Charles, évidemment, il ne s’y rendait jamais. À 17 ans, ados ronchon et impulsif il s’agitait trop pour ne jamais trouver de l’intérêt à de la lecture.

Réfugié depuis le déjeuner, qui n’avait été qu’une douloureuse séance de doléances de son fils, dans la bibliothèque Gabriel faisait mine de lire un livre tout en jetant de fréquents coups d’oeil à la pendule. Nul doute que la vieille Vivante serait à l’heure. Cette femme aurait pût servir de modèle à un horloger suisse. C’était finalement assez reposant, surtout quand on considérait la tendance de son entourage à considérer les horaires comme des limites à franchir par principe. Aussi ce fut avec un léger dépaysement, qu’il remercia le valet annonçant l’arrivée de la comtesse douairière. Ce dernier s’effaça sur la pointe des pieds et alla répéter à l’office que monsieur voulait du thé pour lui et son invitée. Il en profita pour préciser qu’il s’agissait d’une femme antique et plus desséchée qu’un pruneau oublié sur le rebord d’une fenêtre en été. À sa grande surprise, on ne désigna pas une bonne pour apporter le nécessaire, mais Hugues choisit de s’y rendre lui même. Pourtant c’était parfaitement logique pour quiconque connaissant les moeurs au sein des domesticités parisienne, enfin les bonnes domesticités.

Les bons domestiquent ne prononçaient jamais une parole contre leurs maitres ou leurs fréquentations, évidemment. Cependant les excellents domestiques ne perdaient jamais une occasion de juger les uns et les autres. C’était exactement ce que faisait Hugues, maitre d’hôtel de Gabriel de la Reynie. Il jugeait les invités comme il évaluait la qualité d’une sauce. Un tel possédait un bon fond mais se montrait facilement influençable. Un autre buvait trop et ne parlait pas assez pour être honnête. De temps en temps, il avait tort. Mais il aimait à se vanter de son excellent jugement. Jugement d’autant plus excellent qu’il ne le partageait pas avec ses pairs. Ainsi échecs comme succès demeuraient secret. Mais cela n’empêchait pas Hugues de continuait à accomplir son office de juge des visiteurs de l’hôtel avec un sérieux et application. Sérieux et application encouragés par l’affection qu’il éprouvait pour son employeur. De fait, un curieux instinct maternelle le poussait à se comporter comme une vieille nourrice et à veiller sur le sommeil, l’appétit et les fréquentations de Gabriel de la Reynie. Aussi en apprenant que la vieille comtesse douairière venait rendre visite pour la première fois au lieutenant de police, Hugues estima qu’il était de son devoir de la rencontrer et de l’évaluer. Juste au cas où. Difficile de faire coïncider les bruits de couloirs sur la terrible mathusalem et cette petite vieille perdu sous ses cheveux blancs et dans un corset qui ne lui seyait pas. Loin d’inspirer la méfiance ou de sembler redoutable, elle se posait plutôt comme une petite chose vieille et fragile que l’on avait envie de protéger. Sauf pour les yeux. Les yeux vifs et intelligents avaient aussi quelque chose de profondément mauvais. Hugues espérait que son jugement sur le regard de la vieille femme était inspiré par les rumeurs. Son maitre pouvait se montrer cruel et vicieux quand le devoir l’exigeait, ou que la fantaisie l’en prenait, il n’avait pas besoin d’être encouragé sur cette voie néfaste. Pourquoi ne pouvait il pas fréquenter uniquement des personnes encourageant les meilleurs côtés. Comme les deux russes qui faisaient office de voisin, ou ce jeune avocat brillant et affable, ou encore le comte Starbuck (un autrichien celui-là). Bref. Pas la comtesse qui mine de rien n’était pas digne d’estime si la moitié de ce que l’on racontait sur la façon dont elle traitait sa descendance était faux.

Mais finalement, il ne pouvait rien dire. Et après avoir déposé le plateau portant théière et gâteaux, il s’éloigna sur la pointe des pieds. De son côté, Gabriel jaugeait lui aussi Vivante. Il ne connaissait d’elle, officiellement, que sa tendance à émettre des jugements négatifs, des critiques acerbes et sa tendance à agresser tout à chacun pour permettre à chacun de bénéficier de sa sagesse. Au demeurant, si ses conseils exaspérait un homme estimant ne devoir recevoir de leçons de personnes, il lui reconnaissait une grande intelligence et une subtilité admirable. Aussi l’attaque aussi franche et directe ne manqua pas de le choqué. Il faillit même changer d’avis. Après tout, il avait choisit cette alliée parce qu’elle était subtile et discrète. Et voilà qu’elle montrer autant de subtilité que le duc de Mortemart dans sa cour d’une jeune femme. Seulement… Seulement, il était très informé sur la redoutable main de fer avec laquelle Vivante dirigeait sa famille. Aussi, il estimait que cette hâte ne signifiait pas nécessairement qu’il allait s’acoquiner avec un hussard incontrôlable.

L’air de rien, il tapota du bout des doigts le dernier manuscrit qu’il avait acheté. Pour la modique sommes de trente Louis.

« Cet ouvrage est une véritable merveille, je vous prie de me croire madame la comtesse. Et si je vous soupçonnait le moindre intérêt pour ce genre de chose, je n’aurais pas manqué de vous inviter. »

Il porta sa tasse de thé à ses lèvres et darda sur Vivante un regard sombre et inquisiteur. Pas particulièrement agressif ou intrusif, juste un regard noir et songeur. Finalement tout en reposant soigneusement sa tasse, il nota avec calme.

«  Je sais votre temps précieux, madame, presque plus que le mien. Et j’ai donc conscience de la faveur que vous me faites en me visitant aussi vite. Je vais donc aller droit au but. D’autant que vous n’êtes pas femme à supporter l’inefficacité ou malhonnêteté. »

Son visage se ferma lentement pour passer de celui d’un mondain poli au masque froids et inexpressif du lieutenant de police. Et il énonça avec la voix froide du fonctionnaire qui décrit une formalité bureaucratique.

« Dans le cadre de mon office, j’ai été amené à me renseigner quelques peu sur vos liens avec le comte de Vercourt madame. Des liens que vous maintenait efficacement discret mais qui m’intéressent au plus haut point ».

Une façon presque polie de reconnaitre qu’il avait un dossier important sur la comtesse douairière et que ça ne servait à rien pour la vieille dame de penser lui cacher des choses.

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