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 Deux roses enlacées [ Déconseillé aux moins de 16 ans ]


Dim 17 Juin - 14:00

Les ombres fantomatiques et désespérées des buissons peuplant les jardins de Saint-Cloud m'accompagnaient dans ma fuite éperdue vers quelque endroit discret d'où je pourrais laisser s'épancher ma peine.
Que n'avais-je dissimulé mes émotions et mon amour envers celui qui me torturait au point de me pousser à fuir en courant les salons du château de Saint-Cloud en quête d'un peu de paix intérieure ?
L'homme qui faisait battre mon coeur savait aussi le briser en mille morceaux disparates et irrécupérables.
Mon doux prince avait brutalement repoussé mon affection alors que je tentais dans un geste de tendresse consolatrice d'apaiser sa souffrance .
Monsieur souffrait le martyre en assistant jour après jour au supplice de sa mère la très Chrétienne Reine-Mère Anne d'Autriche qui devait se soumettre à des traitements barbares et abrasifs en vue de la soulager.
Monsieur n'espérait plus une guérison car les médecins cautionnés par la Faculté n'avaient laissé aucun espoir aux fils de la reine-mère qui se mourait d'un cancer du sein.
Elle était entrée depuis quelques semaines dans une lente et douloureuse agonie et mon pauvre prince n'en pouvait plus de la voir souffrir sans pouvoir y remédier.
Je comprenais sa douleur mais il me déniait le droit de la diminuer.
La douceur de mes gestes, l'onctuosité de mes paroles n'avaient guère pesé comparé au charme énigmatique du chevalier de Lorraine avec qui il s'était éclipsé, me laissant là, le souffle court, la poitrine oppressée et le coeur dévasté.
Incapable de respirer, je m'étais précipité dans les jardins à la recherche de l'air qui me redonnerait la vie et l'espoir, aspirant à une douce solitude, laissant mon doux prince seul avec son unique amour.
Ah quel monde cruel que le mien qui se réjouissait du malheur de ceux qui n'avaient pas la chance de dominer un coeur sensible appartenant à un grand prince, puissant et fastueux.
Je me sentais épié, dévisagé et j'avais l'impression que tous se moquaient de mon humiliation et de mon peu de faveur auprès de Monsieur. Je ressentis soudain l'impression déplaisante d'être seul au monde, désespéré et inutile.
J'errai sans but, sans ami, sans amour, l'âme en peine, le coeur dévasté et le regard vide.
Des couples amoureux promenaient leur amour triomphant et insupportable dans ces jardins qui revêtaient pour eux l'apparence d'un tendre enchantement mais qui n'étaient pour moi que la représentation quelque peu améliorée d'un désert aride .
Rien ne retenait mon attention, ni la verdure des bosquets revêus d'un doux manteau de neige poudreuse, ni le parfum délicat des jolis jasmins d'hiver aux couleurs lumineuses ni la tendre inclinaison des sentiments qui vous pousse à vous attendrir d'un rien, du doux bruissement du vent, des reflets scintillants sur une peau blanche d'une belle lune argentée , de l'éclosion d'une jeune et odorante fleur d'hiver s'ouvrant à la vie.
J'avais la sensation horrible que mon coeur était désespérément froid et ne battrait plus pour rien ni pour personne.
Je croisai un remarquable tilleul, imposant et très digne dans sa vieillesse, tout ce que manifestement, je n'étais pas.
Croyant être seul, je m'adossai contre le vieux tilleul dépareillé de ses fleurs parfumées en ce cruel mois de février, soudain très las, épuisé par mes émotions et fragilisé par ma détresse.
Je fermai les yeux puis, n'y tenant plus, je me laissai glisser au sol, ma tête posée lascivement contre l'arbre majestueux .
Quand j'ouvris les yeux, je constatai que je n'étais plus seul.
L'ombre gigantesque d'un homme, dévorante et impressionnante se penchait sur moi, compatissante et protectrice.
L'homme était d'une belle prestance et dégageait une rare élégance.
Le visage était beau et régulier. Ses traits fins étaient harmonieusement dessinés. J'admirai le souffle coupé, ses sourcils brossés avec soin, un nez droit et aquilin, des lèvres fines et sensuelles, un menton volontaire et des pommettes saillantes.
Son regard d'un vert étincelant me transperça brutalement et je frissonnai, inquiet à l'idée de trahir mes émotions et d'afficher mes faiblesses.
La Cour ne permettait pas pas un tel laisser aller à moins que l'on ne désirât y perdre son âme et son rang.
Pourtant, le bel inconnu arborait un air doux sur son visage qui me bouleversa complètement tant mon âme blessée avait soif de tendresse et d'être rassurée.
Je ne sais pourquoi j'éprouvais le besoin irrépressible de me confier à lui, guettant ses bras musclés qui s'ouvriraient pour m'accepter et me presser contre son coeur. Ou peut-être bien que je ne le savais que trop.
L'indifférence que me témoignait parfois mon prince en se retirant avec son cher chevalier me poussait irrésistiblement dans les bras d'un autre, cherchant le réconfort et l'oubli dans des étreintes passionnées et passagères.
J'eus l'impression étrange pour ne l'avoir jamais expérimentée que son tendre sourire sur ses lèvres fines était une douce invitation à me confier à lui alors que je ne le connaissais ni d'Eve ni d'Adam.


- Je souhaiterais vous confier ma douleur, Monsieur, mais il semblerait qu'elle n'ait été faite que pour moi et qu'elle n'ait jamais pénétré dans un coeur avec autant de détermination ni de profondeur.
Comment pourrais-je exiger de vous que vous la compreniez quand je n'y parviens pas moi-même ?
Non, non. Continuez votre chemin, Monsieur, je vous prie.
Mes états d'âme vous ennuieraient. Je m'en voudrais de vous importuner davantage. Vous devez avoir à faire par une si douce nuit.


Alors que ma bouche disait cela, mes yeux bleus pâles tour à tour langoureux, suppliants et larmoyants lui tenaient un tout autre discours.


Dernière édition par Antoine d'Effiat le Sam 7 Juil - 2:20, édité 8 fois
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Lun 18 Juin - 7:10

Cette journée était magnifique, il faisait plus chaud que d'habitude pour un mois de février et aucun nuage ne cachait le ciel bleu azur. Stefano s'était levé tôt ce jour-là car il devait aller aux entraînements hebdomadaires de danse où il allait passer le plus clair de sa matinée, car il donnait trois fois une heure et demie de cours. Il prépara son sac: chaussons, collants et maillots de corps, et s'en alla vers la salle de sport. Il mit son gros manteau de fourrure brun avec ses bottines préférées. Les répétitions avaient été intenses, surtout que ce ballet demandait une rapidité et une fluidité du corps et des mouvements impressionnants. La musique commença et l'esprit de l'Italien s'envola avec ces douces notes. Il réalisait pirouettes, sauts et pointes sans grande difficulté, mêlant le tout par des ensembles souples et brillants aux yeux de tous ses élèves. Ils finirent par une séance d'étirements pour éviter de trop grosses courbatures.

Après l'effort, le réconfort… Le beau Milanais était alors allé poser ses affaires dans ses appartements puis le resplendissant soleil l'attira dehors. La petite chaleur sur sa peau mate lui fit du bien, elle lui donnait de l'énergie pendant ce triste mois d'hiver et lui rappelait un peu l'Italie. De plus, un petit vent frais soufflait sur la Cour. Le jeune Sforza décida alors d'aller dans les jardins, cet endroit était magique, surtout sous la neige. On aurait pu se croire dans un conte, une grosse couche de poudre blanche recouvrait tous les jardins. Des flocons commençaient à tomber dans le ciel qui était devenu bleu gris. L'Italien vit quelques couples se promener le long des sentiers de gravier recouverts par de la glace et du sel, main dans la main. Qu'il pouvait les envier…. Cela faisait longtemps qu'il n'avait plus rien ressenti battre au niveau de son torse, trop longtemps! Ces petits moments à deux, les baisers doux sur la bouche, dans le cou… Tout cela lui manquait. Les gens le regardaient de temps en temps, surtout les femmes, qui lui faisaient de petits signes pour tenter de l'attirer, mais il n'aimait pas le "beau-sexe", elles ne l'intéressaient point, alors il se défilait en leur retournant un petit sourire craintif et en changeant de direction rapidement.

Il se baladait maintenant depuis longtemps, le cercle sacré avait dépassé son zénith depuis un petit moment quand il vit un immense tilleul isolé des autres arbres. Il était majestueux, même sans ses feuilles. Une grande ombre s'étalait au pied de l'arbre et la neige ne s'était pas accumulée sous les branches, c'était comme une invitation pour l'Italien qui rêvait d'un instant de détente. Il fit le tour du tronc et se plaça à l'opposé du chemin d'où il venait, comme cela personne ne le verrait se détendre. La sensation de la neige sous ses pieds était agréable, comme des petits craquements continus. Il se laissa tomber contre la souche, le dos appuyé sur l'écorce. Qu'il était bien là, à l'écart du monde, aucun bruit ne venait perturber ses oreilles. Il fallait qu'il revienne ici plus souvent…

Son regard se perdit dans le paysage qui s'offrait à lui et sa pensée partit en Italie, à Milan. Que devenaient sa mère et son frère? Cela faisait un moment qu'il n'y avait pas repensé, il était très occupé à la Cour et puis, pourquoi penser aux choses tristes? Il leur espérait le meilleur et allait prier pour eux à l'église de temps en temps malgré le fait qu'il ne soit pas du tout croyant, ça l'aidait et lui faisait du bien et c'était aussi sa façon de participer et de continuer à avoir un lien avec sa famille. La fatigue remplit petit à petit le jeune homme, ses paupières devinrent lourdes, ses pensées floues, tout comme ses sens.

Un léger bruit réveilla le jeune latino, des pas foulaient le sol, proche de lui. Qui pouvait bien venir par ici? Est-ce que ce beau tilleul serait l'ami d'un autre étranger déjà venu plusieurs fois s'y réfugier? La démarche était lente et remplie de tristesse. Elle transportait de la mélancolie. La personne s'adossa contre l'arbre et se laissa tomber violemment par terre. Stefano se leva, intrigué par son visiteur. Il se déplaça le plus secrètement possible, faisait le moins de bruit qu'il pouvait. Il vit l'homme regarder dans le vide puis l'Italien se positionna pour mieux le voir. Devant lui était assis un magnifique spécimen de l'espèce humaine, mais il n'avait pas l'air d'être dans ses meilleurs jours… Ses magnifiques yeux bleus transparents étaient prêts à déverser une rivière de larmes. La respiration qui sortait de son beau nez fin était saccadée, irrégulière. Ses pommettes légèrement prononcées étaient devenues pâles alors que ses fines lèvres pulpeuses laissaient passer un léger souffle chaud. Ses cheveux étaient majestueux, foncés et bien coiffés, ils donnèrent au danseur l'envie d'y promener sa main. Le bel homme avait un corps assez fin, malgré un torse bien prononcé et son visage montrait de la volonté mais surtout de la souffrance. Était-ce un domestique? Non, il ne s'habillerait pas comme cela et ne serait pas autant maniéré. Cette personne venait certainement d'un milieu aisé. Voyant cet homme triste, devant lui, Stefano lui adressa un joli sourire, de ceux qui faisaient fondre les femmes les plus prudes. Aujourd'hui était un beau jour et le charisme que dégageait cet apollon aux yeux bleus lui donnait l'envie de le consoler, de l'écouter, mais à la Cour, les faiblesses ne se montrent pas, ce genre de laisser aller pouvait compromettre toute une vie…

Après un court instant sans parler, le Français cassa le silence.

- Je souhaiterais vous confier ma douleur, Monsieur, mais il semblerait qu'elle n'ait été faite que pour moi et qu'elle n'ait jamais pénétré dans un coeur avec autant de détermination ni de profondeur.
Comment pourrais-je exiger de vous que vous la compreniez quand je n'y parviens pas moi-même ?
Non, non. Continuez votre chemin, Monsieur, je vous prie. Mes états d'âme vous ennuieraient. Je m'en voudrais de vous importuner davantage. Vous devez avoir à faire par une si douce nuit
.
Stefano ressentait l'hésitation dans sa voix, mais son regard suppliait le milanais, qui ne put pas résister à voir un si bel homme dans cet état. Il s'assit alors à côté du pauvre apollon et enroula son bras autour de son cou. Ce geste fut naturel, mais étrange car il ne le connaissait de nulle part… Ce contact créa des frissons au beau danseur, cela faisait longtemps qu'il n'avait pas eu ce genre de rapprochement avec un autre homme. Beaucoup de questions trottaient dans sa tête: Est-ce que je fais bien? Va-t-il m'en vouloir après ce court instant? Qui est-ce?

Puis Stefano prit tout le miel qu'il avait dans sa voix
.
-Que vous arrive-t-il très cher? Commencez par le début et n'ayez crainte, tout ce que vous direz restera entre vous et moi. Si c'est la longueur de votre discours ou la situation qui vous gêne, n'ayez point peur, j'ai tout mon après-midi et ceci restera notre secret.
L'Italien mit dans son petit discours toute la compassion possible car il savait ce que c'était d'être dans cet état, il l'avait vécu et le vivait toujours un peu au fond de lui-même…
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Sam 23 Juin - 2:52

Qui n'a jamais éprouvé les tourments de l'amour ne saurait reconnaître l'insondable tristesse et les pires craintes qui agitaient mon âme tourmentée et peuplaient mon esprit au risque de l'aliéner. J'avais l'horrible sensation de me noyer seul dans un lac tourbeux tandis qu'une foule compacte, curieuse et avide de détresse humaine assistait à mon supplice sur une rive qui me semblait inaccessible.
Quand je compris pourquoi mes pensées se tournaient vers le souvenir tragique de mon enfance, je fus soudain pris de panique. Mon infinie douleur me renvoyait inexorablement à la perte de mon frère.
Je n'y avais jamais songé jusque là mais la douce et enivrante protection dont m'enveloppait Monsieur était identique à celle qui faisait de Charles, mon cadet, le plus adulte de nous deux.
Je m'étais abandonné jadis à cette douce dépendance sans jamais en rendre compte à qui que ce fût.
Se pouvait-il que je paie aujourd'hui l'insouciance d'une jeunesse inconsciente et frivole ?
Soudain, je fus agité par de violents tremblements semblables à de terribles spasmes et je fondis en larmes.


- Ne suis-qu'un misérable pour être ainsi privé des douces vertus de l'amour qui vous pousse à aimer un être aussi tendrement que soi-même? La vie m'est devenue intolérable. Ce château, ces jardins où j'aimais tant me promener en compagnie de mon gentil prince dans ces temps si doux où il m'enveloppait d'un regard tendre et affectueux me sont devenus odieux et inamicaux.

Je baissai la tête afin que mon bel inconnu ne voie pas ma détresse cachée sous un visage baigné par les larmes. Je repris mon discours là où je l'avais laissé.

- Je vous supplie de me croire, Monsieur. Je ne suis ni un intrigant, ni un fieffé coquin. Sachez que mon coeur est pur et mon amour pour mon prince bien réel. En effet, je ne triche pas, je ne mens jamais et quand je m'offre à un coeur aussi tendre que le mien, c'est toujours dans l'unique espoir de ne pas en attendre autre chose que le doux partage des sentiments et l'élévation de nos deux âmes. Je ne suis pas arrivé à la Cour dans l'intention inavouable et méprisable de m'attirer les faveurs d'un prince puissant qui pourrait beaucoup pour moi et pour ma famille.

Pouvais-je faire confiance à cet homme que je ne connaissais ni d'Adam ni d'Eve ? Il n'était que temps de m'en soucier. Je m'étais laissé glissé avec délices et soulagement dans une confession qui, pour être sincère, n'en était pas moins intempestive. Je ne pouvais plus faire marche arrière. Il était temps de poursuivre.

- Le Prince Philippe m'avait offert son coeur et prodigué ses tendres caresses.
Je pouvais espérer gagner ses faveurs et jouir à la Cour d'un rang qui était conforme à ma naissance et rendre ainsi un vibrant hommage à mon regretté oncle, le Marquis de Cinq-Mars qui avait su plaire au défunt Roi, Louis XIII, père de mon doux prince.


Je m'arrêtai pour reprendre mon souffle. Je n'osai pas regarder mon bel étranger par peur de lire dans ses yeux du mépris ou pire encore de la moquerie.

- Ah Monsieur, soyez honnête et ne me cachez rien de mes vils défauts. Avouez que vous- même ne pourriez être amoureux de moi, reconnaissez que votre regard sur moi ne saurait être autre chose que dégoût et moqueries.

Je détournai intentionnellement mon regard afin de ne pas croiser le sien.

-Je suis à l'agonie, Monsieur et espérer ne pourrait que me faire souffrir davantage. Non, je dois quitter la Cour pour me préserver d'une douleur plus importante qui ne saurait que m'achever. Mon coeur se brise à la pensée que pendant que je m'ouvre à vous avec douleur et désespoir, mon prince se divertit et aime son chevalier. Car il s'agit bien de cela. Le frère du Roi aime Monsieur le Chevalier de Lorraine d'un amour si puissant et si aveugle que rien ne saurait le détourner de cette passion furieuse et exclusive. Leurs amours me tuent, Monsieur. Je ne saurais mieux le dire.

Je baissai les yeux, et laissai couler un flot de larmes amères sur une poitrine oppressée. Je cachai ma honte et mon visage plus pâle que jamais dans des mains tremblantes. Je me sentis soudain très mal tant la douleur m'enserrait le coeur et le broyait impitoyablement comme un étau.

- Est-ce trop exiger de la vie, Monsieur que d'espérer atteindre un tel bonheur et honneur ? Dieu punit-il avec sévérité et justice mon orgueil et mon audace ?
Monsieur avait-il le droit de me distiller parcimonieusement son amour et ses bontés afin de mieux me contrôler et me retenir? Cette cruelle méthode pour que je lui garde mes faveurs sera cause de ma mort.


Les forces commençaient à me manquer et je poussai alors un long et désespérant soupir.

- Pardonnez moi Monsieur. J'en oublie toute décence avec vous. Je crois que je vais me sentir mal et je refuse de vous infliger le spectacle navrant de mes faiblesses et de mon manque de courage. Je.... je ne parviens plus à respirer. Je préfère en rester là et vous abandonner. Cela est préférable pour nous deux. Je ne vous ai que trop ennuyé.
Adieu, Monsieur. Sachez que je vous serais éternellement reconnaissant pour votre bonté que je ne mérite en aucune façon et pour votre patience à écouter des malheurs qui doivent vous sembler bien puérils.


J'essayai de me lever mais mes jambes se dérobèrent sous moi et je m'effondrai sur le sol, les yeux clos. Toutes ces émotions terribles et contradictoires m'avaient terrassé et avaient eu raison de mon esprit. Je sombrai alors dans une inconscience cotonneuse et apaisante.
Quand je revins à moi quelques minutes plus tard, j'étais allongé sur un banc pas très loin du tilleul qui avait recueilli ma confession quelques instants plus tôt. Un homme jeune et superbe était penché sur moi et son air tranquille et sûr me donna soudain l'impression d'être enveloppé dans un halo douillet et bienveillant. J'avais l'impression de nager en plein rêve. Un rêve fait de douceur et de douleur.
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Lun 25 Juin - 0:24

Le bel homme qui était à côté de lui regardait dans le vide, perdu. Ses pensées étaient mouvementées, d'ailleurs, par son bras gauche qui était sur l'épaule de l'étranger, Stefano pouvait sentir des spasmes qui parcouraient tout le corps du pauvre Français. Il tremblait de partout et fondit en larmes. L'Italien n'aimait pas voir des personnes dans cet état et quelque chose d'incontrôlable se fonda en lui, une certaine compassion et surtout une envie d'aider, mais il y avait autre chose… de plus profond qu'il n'avait pas ressenti depuis bien longtemps, cependant, il ne fallait pas y penser maintenant.

Le marquis prit la parole entre deux forts sanglots et raconta tout au danseur, de "a" à "z". Il était épris d'une tristesse à rapport à ses sentiments pour le frère du Roi, qui lui préférait Philippe de Lorraine, son archimignon. Depuis, il avait été mis de côté quand le Duc d'Orléans avait l'occasion de voir son préféré, c'est-à-dire fréquemment. La vie lui était soudainement apparue triste, sans but. Tout en parlant, il baissa le regard, de peur et peut-être de honte, ses larmes coulaient et recouvraient la plupart de son beau visage.

Il reprit son discours où il s'était arrêté, expliquant à Stefano son amour réel pour Philippe, il exprimait son honnêteté et racontait son dévouement total au Prince. Il surlignait qu'il n'était pas venu à la Cour pour attirer le regard de la famille Royale sur lui, mais pour vivre une histoire d'amour véritable. Pendant un instant de vide, l'Italien passa son bras le long du dos du Français et tenta de le consoler par ce mince contact physique

-Continuez mon cher, vous êtes en bon chemin, vous devriez vous sentir plus léger, dit le danseur en passant sa main tiède sur la nuque du pauvre homme.

Il se lamenta sur ses conditions depuis l'arrivée de l'archimignon, toujours la tête basse, il regrettait d'avoir passé à côté de toutes ces faveurs, puis il s'arrêta, essayant de reprendre son souffle qui était irrégulier mais court.

- Ah Monsieur, soyez honnête et ne me cachez rien de mes vils défauts. Avouez que vous-même ne pourriez être amoureux de moi, reconnaissez que votre regard sur moi ne saurait être autre chose que dégoût et moqueries, gémit-il difficilement.

-Monsieur, pourquoi avoir d'aussi horribles pensées, je ne vous connais pas assez pour vous dire oui ou non, vous avez de magnifiques atouts à votre actif mon cher. De plus, vous avez, comme tous, des défauts et des qualités, alors mettez plus en avant le bon côté de votre personnalité que le mauvais.

La question que le Français venait de poser étonnait Stefano. Avait-il ressenti l'homosexualité de l'Italien, était-ce si évident? Pourquoi avait-il été si direct? Enfin, ce n'était que des détails et il y avait du travail pour réconforter ce cœur brisé. L'inconnu continuait de lui parler, puis Stefano commença à le regarder tout en l'écoutant d'une oreille très attentive et en le consolant.

Il était beau, son visage était légèrement carré et ses traits étaient d'une finesse inhumaine. Il portait une barbe de trois jours naissante qui le rendait un peu plus viril, car il était tout de même très féminin. Sa bouche était splendide, l'Italien n'avait qu'une envie c'était d'y poser ses lèvres, de les embrasser avec ardeur. Celles du Français étaient pulpeuses et fines, comme celle des femmes, mais avec un petit côté masculin. Il avait deux fossettes qui le rendaient irrésistible. Ses pommettes étaient assez hautes et son nez aquilin. Mais ce qui avait le plus attiré le jeune Sforza, c'était ses yeux qui étaient d'une transparence inhumaine et d'un bleu-azur resplendissant. C'était la plus belle chose que Stefano n'avait jamais vu au monde. L'inconnu avait l'air d'être assez grand et fin, mais son torse ressortait bien, il était athlétique sans être trop musclé.

Pendant cette observation, le Français se laissait de plus en plus glisser sur Stefano, comme si ses forces s'en allaient ou qu'il cherchait un contact physique. Son visage pâle avait glissé entre ses mains et ses sanglots s'accéléraient et devenaient plus forts. Il demanda pardon de tout ce qui venait de se passer comme si s'était une faute grave et impardonnable. Le pauvre refusait de lui montrer ses faiblesses, quelle idée! S'il avait su dans quel état avait été Stefano il y a quelques années, il ne dirait rien et continuerait à parler et à déverser ses larmes pour se sentir mieux.

Mais soudainement, il tenta de se lever. Ses forces étaient moindres, déjà dans les bras du danseur, il tremblait comme une feuille, alors pourquoi se mettre debout? Il n'avait même pas fini qu'il s'effondra aux pieds de l'Italien. Que faire? Il ne fallait pas le laisser ici. Il réfléchit et décida d'aller vers un banc, au fond du jardin, non loin du tilleul. Là-bas, personne ne les embêtera.

Stefano se leva et le prit dans ses bras. Il le porta, il était plus lourd que les jeunes femmes que l'Italien supportait d'habitude à la danse, mais il était supportable. Il essaya de ne pas se faire remarquer, que dira-t-on si on les voyait, si on le voyait avec un corps inerte sur les épaules?

Il posa l'étranger sur le banc, d'une manière assez confortable sur le dos. Il mit la tête du Français sur ses genoux et lui caressait les cheveux en attendant qu'il se réveille. L'Italien le regardait avec attention chaque partie de son visage. Dans son sommeil il s'était apaisé et avait repris des couleurs sur ses belles joues. Qu'il était beau quand il dormait. Il toucha le bout de ses lèvres avec son index, qu'elles étaient douces, si attirantes. L'envie de l'embrasser revint dans le cerveau du danseur, mais il dut à nouveau se retenir, qu'allait être la réaction du bel homme s'il se réveillait en plein pendant ce baiser tant chéri? Il s'arrêta et le contempla. Dans son court sommeil, le Français avait été mouvementé, s'accrochant à Stefano et se lovant dans ses bras, comme s'il voulait se protéger de quelque chose qui l'attaquait dans ses rêves.

Le danseur partit dans ses pensées, en Italie, refaisant ses promenades avec son frère qu'il aimait tant, puis changea de cadre en répétant de vieille chorégraphies ou des mouvements qu'il n'avait pas revu depuis longtemps quand une paupière bougea, laissant entrevoir ce bleu si beau. Ses traits étaient détendus, il était calme.

-Re-bonjour bel homme, allez-vous mieux? Désolé, j'en ai oublié ma politesse, je me prénomme Stefano et je viens de Milan, et vous? demanda l'Italien avec son accent qui faisait chavirer plein de femmes. Je vous ai amené sur ce banc pour avoir un peu de repos, vous êtes tombé avant en essayant de vous lever. Vous n'avez dormi que quelques minutes et avez l'air en meilleure forme maintenant, dit le jeune Sforza avec un sourire charmeur.

Pourquoi ne pas essayer de charmer ce bel homme, il était seul et l'Italien aussi. Ce coeur fragile et magnifique était à reconstruire et Stefano allait l'aider du mieux qu'il le pouvait...


Dernière édition par Stefano Sforza le Jeu 26 Juil - 19:51, édité 1 fois
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Sam 30 Juin - 1:33

Je nageai dans une douce folie ouatée qui m'entraînait au plus profond de mes désirs et de mes souvenirs.
Allongé lascivement sur le lit à baldaquin de ses appartements privés, je regardai langoureusement Miguel Malatesta de Cabrera avec lequel je passai la nuit. Ce bel hidalgo que m'avait imposé mon père afin que je perfectionne mon espagnol ne s'était pas contenté de m'enseigner l'art de la conversation dans la belle langue de Cervantés .
Miguel Malatesta de Cabrera avait fait de moi son jeune amant alors que j'avais à peine quinze ans. Il m'avait enseigné avec application et passion l'art consommé de l'amour et appris les différentes façons pour me faire désirer.
Miguel me caressait tendrement les lèvres à l'aide de son pouce dans un geste de sensualité incendiaire . Un frisson de plaisir me parcourut et je fermai les yeux, m'abandonnant à ses douces caresses. Je sentis la douce pression de son doigt audacieux sur ma bouche, comme si ce geste provocant et tendre était bien réel. J'entrouvris mes lèvres afin d'y goûter le baiser tant espéré.
J'attendais qu'il m'embrassât voluptueusement mais ce baiser préparé avec soin par d'enivrantes caresses sur mes lèvres tardait à venir. Mon coeur battit dans l'attente de ma délivrance.
Au lieu de cela, il me susurrait à l'oreille des mots doux me parlant de Milan et d'un certain Stefano. Je ne comprenais rien à son langage. J'ouvris lentement une paupière dévoilant le bleu pâle de mes yeux.

- Miguel ? Est-ce bien vous, Miguel ? Mon ami, mon protecteur, mon maître ?

Je ne parvenais pas à m'extraire de ce rêve doux et singulier qui me replongeait presque quinze ans en arrière alors que je n'avais encore ni regrets, ni remords et que l'amertume n'avait pas encore mordu mon coeur.
Citation :
Rebonjour bel homme, allez-vous mieux? Désolé, j'en ai oublié ma politesse, je me prénomme Stefano et je viens de Milan,
Je repris enfin mes esprits. L'homme qui me parlait n'était pas Miguel mais ce bel étranger qui m'avait écouté me plaindre tantôt près du tilleul et qui m'avait transporté inanimé sur un banc. Ma tête reposait à présent sur ses cuisses fermes et musclées.
L'inconnu n'en était plus un désormais. Il avait brisé la glace en me confiant son prénom. Je le répétai dans ma tête. Stefano. Son prénom était comme une douce musique venue apaiser à propos mes tourments. Je le répétai encore. Stefano. Stefano .
Je souris satisfait de ce nom qui évoquait en moi la sensualité et la séduction.
Citation :
Il mit la tête du Français sur ses genoux et lui caressait les cheveux en attendant qu'il se réveille.
La pensée d'être ainsi caressé par un parfait inconnu aurait dû m'horrifier et me pousser à me lever pour le gifler.
Je tentai de me soulever pour échapper à cet inconnu mais une force inconnue m'en empêchait. J'avais la sensation de déjà le connaître et de lui faire confiance. Je posai alors de nouveau ma tête tout contre lui et m'abandonnai encore un instant à la douce sensation d'être cajolé par un homme qui me voulait du bien. Je le laissai me caresser les cheveux encore un moment, trop heureux de me sentir protégé entre les mains d'un homme.
Puis je me redressai lentement afin de ne pas heurter la sensibilité de celui qui m'avait prêté secours alors que je venais de laisser mes dernières forces dans un début de confession bien douloureuse. La tête me tournait encore mais je me sentais déjà mieux.

- Ah Monsieur, je vous suis reconnaissant de vous être occupé de moi de la manière dont vous l'avez fait.

Une lueur de reconnaissance alluma mon regard bleu pâle et alla se poser sur ce Stefano dont j'ignorais tout et qui savait déjà tant de choses sur moi. Mes yeux croisèrent les siens à la recherche d'un tendre encouragement à poursuivre des confidences qui me soulageaient et me redonnaient un visage plus humain.

- Je vous ai parlé de ma passion pour le frère du Roi. Vous devez me juger bien fou ou inconscient pour oser envisager pareille union des sens et de l'âme.
Sans doute, jugerez-vous mon âme vile et pervertie par ce que l'on a coutume d'appeler le vice italien .
Vous devez me mépriser pour cela mais je vous implore de me laisser une chance de vous prouver toute la sincérité de mes sentiments et la pureté de mon âme.
Voyez-vous cher Stefano, Monsieur est mon âme soeur. Je le sais. Je le ressens tout au fond de mon coeur. Hélas, depuis qu'il s'est entiché de ce Lorraine, j'ai l'impression de n'être plus rien.
Sans doute, ignorez-vous tout des souffrances insondables et horribles d'une âme tourmentée qui se désole d'être délaissée et trahie par celui que l'on aime ?


Puis je me rappelai brusquement que Stefano venait de Milan et était par conséquent italien. Je me mordis les lèvres, atterré par ce que je venais de dire. N'allait-il pas imaginer que je le soupçonnais d'être atteint par ce vice italien ?
Si tel n'était pas le cas, Stefano ne se sentirait-il pas insulté par mes propos ?
Je redoutai qu'il ne repousse violemment mon corps qui était encore lové contre lui , écoeuré et dégoûté par ce que j'étais.
Je n'aurais pas pu supporter de voir la répulsion dans ses yeux d'un vert étincelant, sa moue dédaigneuse et moqueuse, sa main rageuse qui me rejetterait loin de lui.
Je le connaissais à peine et pourtant mon coeur était déjà plein de lui, de sa force tranquille, de sa voix calme et posée .
Je jouai alors lascivement de mes lèvres, les mordant effrontément, laissant traîner une langue provocante qui se voulait un appel au meurtre. J'entrouvris les lèvres fin de l'inviter à y goûter dans un geste d'une tendresse infinie.
Je posai enfin sur lui un regard langoureux et suppliant.
Puis je repris ma confession où je l'avais laissé afin qu'il me prît en pitié et se saisisse de mes lèvres pour apaiser mes tourments et m'apporter une douce consolation.

- Et pourtant, je l'aime, je l'aime éperdument et en dépit de tout ce qu'il peut m'imposer en peine, douleur et dépit amoureux . Le prince prend plaisir à se jouer gentiment de ma tristesse et de ma jalousie, allant même jusqu'à la titiller dans un geste de tendre amusement.
Si vous saviez comme cela me fait mal, Stefano. Alors, je me fâche, le rabroue et cela l'amuse encore plus. Monsieur se divertit de mes malheurs, se réjouit de mon infortune et je ne parierai pas cent livres qu'il n'y trouve pas là sujet de plaisanterie entre lui et Lorraine.


Je baissai la tête, mortifié à la seule pensée d'imaginer Monsieur se moquer de moi dans l'intimité avec mon rival, connu pour son humour narquois et ses piques assassines.

- Pourtant je tiens bon et supporte tout parce que je sais que je serai récompensé dans certains doux moments de notre intimité où la chance me sourira enfin.
Les tendres caresses et les baisers affriolants de mon prince me rendent fous.
J'ai un tel besoin de tendresse que je ressens le désir, un désir irrépressible et vital, en ce soir plus qu'en nul autre de sentir un homme poser ses lèvres contre les miennes et me manifester ainsi son affection.
Je souhaiterais que cet homme-là fût Monsieur. Mais il n'est pas là … et vous si, ajoutai-je dans un souffle, me gardant bien de croiser son regard.


Je pris le temps de rassembler tout mon courage avant de lui avouer :

-Vous ne savez pas ce que c'est d'être embrassé par un homme, n'est-ce pas ? On a beau se dire que c'est mal, que la morale de notre temps le réprouve. On aimerait se contraindre pour n'y plus céder mais on ne peut pas. Alors on se laisse aller à nos penchants naturels qui nous poussent à connaître le bonheur en quelque forme qu'il se trouve.

Je me rapprochai davantage de lui pour lui chuchoter ce que le vent lui-même ne devait pas entendre :

- Mais bien sûr, vous ne sauriez y consentir. Je connais bon nombre de femmes à la cour de Monsieur qui rêveraient de vous avoir dans leurs bras. Elles auraient bien de la chance.
Le désir amoureux est une chose si précieuse qu'il ne faut pas le pervertir dans des comportements qui ne vous combleraient pas, soupirai-je tristement, baissant la tête comme pour lui signifier qu'il ne m'était plus indifférent ni totalement étranger.
















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Dim 1 Juil - 12:59

Après son réveil, le bellâtre se lova encore plus contre l'Italien, il appuya sa tête sur lui comme s'ils se connaissaient depuis toujours. Il est vrai que Stefano s'était senti bien avec cet bel inconnu. Il n'y avait pas eu de gêne, ni de honte entre les deux hommes. Le Français continuait de parler de ses problèmes parlant de Monsieur et des ses sentiments pour le Prince. Si seulement il savait quels gestes avait eu Stefano quelques minutes auparavant.... Ses yeux étaient remplis d'étoiles et donnaient au jeune Sforza l'impression d'être remercié.

Plus le bel homme aux yeux bleus parlait, plus il s'avançait son visage en direction de celui de l'Italien, pour arriver au même niveau. Il fit un jeu de lèvres provocateur et terriblement envoûtant qui ne passa pas dans l'œil d'un aveugle. Ce personnage était ensorcelant et si fragile qu'il avait touché le cœur du danseur, pourtant il s'était promis de ne plus tomber amoureux comme il l'avait été il y a quelques années, il ne voulait plus souffrir comme il l'avait fait, mais là ça avait été si soudain, tel un coup de foudre. Son cœur avait recommencé à battre et il ne s'y était pas du tout attendu. Des nouvelles questions envahirent son esprit. Pourquoi cet étranger? Etait-ce sa sensibilité à fleur de peau qui le touchait autant? Certainement, car jamais un homme n'avait été aussi honnête et ne s'était ouvert aussi vite à lui.


Citation :
-J'ai un tel besoin de tendresse que je ressens le désir, un désir irrépressible et vital, en ce soir plus qu'en nul autre de sentir un homme poser ses lèvres contre les miennes et me manifester ainsi son affection.
Je souhaiterais que cet homme-là fût Monsieur. Mais il n'est pas là … et vous si
.

Sa franchise envers autrui était séduisante, il osait parler de tout. Certainement qu'il ne cachait rien et c'est ce que Stefano recherchait depuis sa mauvaise expérience avec son ancien amant Allemand.

Citation :
Vous ne savez pas ce que c'est d'être embrassé par un homme, n'est-ce pas ? ... Mais bien sûr, vous ne sauriez y consentir. Je connais bon nombre de femmes à la cour de Monsieur qui rêveraient de vous avoir dans leurs bras. Elles auraient bien de la chance.

Le visage de l'étranger était maintenant à quelques centimètres de celui de Stefano, son odeur était enivrante.

-Certainement que plein de femmes aimeraient être dans mes bras, tout comme certains hommes, souligna l'Italien en regardant le beau Français qui était en face de lui d'un regard charmeur. Si seulement vous saviez le nombre d'occasions que l'on m'a proposé, il y en avait pourtant des bien intéressantes, mais aucune ne me convenait, il manquait une chose primordiale pour que je fasse le pas...

Ce genre d'allusion n'était pas habituelle chez l'Italien, mais dans ce cas-là, elle le fit sourire de ses propos, allait-il comprendre ce qu'il sous-entendait?

-De plus, dois-je vous tenir un compte de toute les bouches qui ont été miennes, car cela risque d'être d'une longueur inintéressante, quoique ce petit discours pourrait vous apprendre bien des choses sur moi que vous seriez heureux d'apprendre...

Un sourire se dessina et monta jusqu'aux oreilles de l'Italien. Il décida de frôler la douce peau du Français. Ce frôlement de sa joue contre la peau du Français était divin, créant des milliers de fourmillements sous sa peau, comment une telle sensation était-elle possible avec un inconnu? C'était quasiment autant fort qu'avec Audrick et pourtant ils ne se connaissaient que depuis quelques heures.

-Vous me mettez au défi mon cher, cela se voit que vous ne me connaissez pas.

N'importe qui dans son entourage avait appris à ne plus relever de challenge avec Stefano car il mettait toutes les chances de son côté pour gagner. Le dernier à avoir tenté était ressorti du poulailler royal recouvert de plumes: le bougre avait osé prétendre mieux danser que Stefano et c'était bien le dernier domaine dans lequel il ne fallait pas prétendre mieux maîtriser que l'Italien. Mais ces derniers temps, un défi animait l'esprit du jeune Sforza et il avait été lancé par Monsieur, le frère du Roi, rien que ça. Le danseur devait apprendre la danse à une domestique, Léanna Démieux.

L'Italien commença à bouger sa tête lentement et planta son regard le plus provocateur dans celui du Français, au fond des yeux de Stefano pouvait se lire le désir et l'envie de l'être qui était proche de lui à ce moment. Il n'avait plus envie de se retenir, il en avait marre de jouer l'insensible. Il passa sa main derrière la nuque de l'étranger et l'attira à lui. Ses lèvres s'entrouvrirent et vinrent se poser sur la bouche du Français. Ce doux baiser mena le jeune homme aux portes du paradis, son cœur battait plus fort qu'il n'avait jamais battu avant. Il ferma ses yeux pour savourer cet instant de pur bonheur, sa main vint se loger sur l'omoplate de l'inconnu et remonta lentement et sensuellement jusqu'au dessous de sa mâchoire. Le danseur mit fin à ce moment de tendresse le plus doucement possible, pour savourer le plus longtemps possible les lèvres douces de son partenaire.

-Me croyez-vous toujours incapable de savourer les plaisirs du "vice italien"? Où étais-je assez convaincant? dit Stefano, toujours accompagné de son sourire.

Il ne laissa pas son interlocuteur lui répondre et enchaîna de suite sur un second baiser, mais cette fois plus langoureux, provocateur et ardu. Il s'arrêta net et fit rouler le bout de sa langue sur la bouche de l'étranger. Content de son coup, Stefano se retira et brisa leur pette bulle. Il lui prit la main et la baisa.

-Venez suivez-moi mon cher, dit le jeune Sforza d'une vox mielleuse.

Sur ces mots, l'Italien se leva et tira le Français pour le mettre debout et enlaça sa taille d'une façon familière, mais ce contact était aussi agréable. Ils se promenèrent dans les jardins, c'était la fin de l'après-midi, le coucher du soleil était magnifique, mais le temps froid: le vent frappait le visage de Stefano, il était gelé. Heureusement qu'il s'était bien habillé, il portait toujours l'écharpe que sa mère avait tricotée et les gants en cuir que son frère lui avait offert. Il raffermit sa prise autour du Français en le serrant encore plus contre lui.

-Regardez mon cher comme le paysage est magnifique... Pouvez-vous me dire quel est votre magnifique prénom, je serai heureux de savoir à qui je parle.
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Sam 7 Juil - 1:23

Je m'étais lancé avec désespoir et audace dans une quête absolue d'affection et de baisers. Je n'avais pas vraiment réfléchi aux conséquences de mon geste fou et à la colère de Monsieur s'il venait à l'apprendre.
Je venais de me jeter au cou d'un inconnu, splendide spécimen masculin de la race humaine, m'offrant à lui sans calcul ni rouerie d'aucune sorte. Je n'avais rien calculé, rien envisagé et je n'espérai même pas qu'il pût accéder à mon désir de baisers qui n'était après tout qu'un doux fantasme.
Me faire embrasser par un homme totalement inconnu et énigmatique à souhait était une pensée follement excitante.

Citation :
Il passa sa main derrière la nuque d l'étranger et l'attira à lui. Ses lèvres s'entrouvrirent et vinrent se poser sur la bouche du Français
Le bel italien avait posé sa main contre ma nuque et ce geste empreint de tendresse et d'une folle sensualité avait provoqué chez moi un frisson intempestif. Sans me laisser le temps de le repousser, il avait posé ses lèvres chaudes et affolantes sur ma bouche qui tremblait maintenant sous l'effet d'une douce pression.
Je sortais à peine d'un rêve tendre et romantique où Miguel me caressait sensuellement les lèvres et voilà que je me m'enfonçai avec volupté dans les bras d'un homme dont j'ignorais tout et qui aurait pu me perdre en contant à Monsieur la facilité et la veulerie avec laquelle je m'offrais à un autre que lui.
L'italien avait fait de mes lèvres un objet de plaisir dont il se plaisait à jouer avec un diabolique savoir-faire.
La tête me tournait tandis qu'il jouait avec mes nerfs, avec ma bouche offerte, avec mon corps lascivement abandonné et je sentis alors que j'y perdais toutes mes forces. Je tremblai comme une feuille quand il revint à la charge avec un baiser furieux et passionné tandis que mon coeur battait la chamade de façon folle et incontrôlable.
Je ne m'appartenais plus, mes lèvres palpitantes et brûlantes ne m'appartenaient plus.
Le bel italien avait volé toute l'essence de mon âme et le peu de stabilité affective qui faisait de moi un être hypersensible et fragile.
Mon corps lascif et provocant se lova tout contre lui comme une de ces femmes offertes si facilement dont je méprisais tant la veulerie.

Citation :
Venez-suivez moi mon cher, dit le jeune Sforza d'une vox mieleuse
Stefano m'obligea à me lever pour le suivre. Nous marchâmes un instant dans le jardin comme si nous étions seuls au monde.
Soudain, je m'arrêtai et obligeai mon nouvel ami à faire de même. Puis je dirigeai mon regard bleu pâle vers lui en souriant étrangement et lui susurrai à l'oreille :


- Un dernier mot, bel étranger avant de nous éloigner. Vous vouliez connaître mon prénom ? Sachez qu'il vous faudra le gagner en me couvrant de baisers ardents et de caresses lascives.
Si d'aventure, vous arriviez par votre tendresse et mes soupirs à me faire comprendre que je puis sans crainte et avec bonheur me laisser aller entre vos bras, alors seulement, je vous abandonnerais mon nom, mon âme tourmentée et mon coeur assoiffé d'amour. Oui , mon ami, il vous faudra le gagner. Comme ceci.


Je le regardai effrontément sans me détourner de lui. Stefano me tenait tout contre lui comme s'il tentait de m'empêcher de partir.
Mais je n'y songeais nullement. Mon corps était si proche du sien que j'en perdis le souffle et toute raison. Mes lèvres encore frémissantes de l'aveu que je venais de lui faire se jetèrent sur les siennes avec gourmandise et avidité.
Je le gratifiai d'un baiser furieux et passionné comme si toute ma vie en dépendait. Je fermai les yeux, éperdu de bonheur.
Mes lèvres s'attardaient sur les siennes, ne voulant plus les lâcher de peur de faire cesser le sortilège, les goûtant, les dévorant, assoiffé de la tendresse et des baisers passionnés que Monsieur me refusait ce soir-là.
Je m'obligeai à desserrer ma folle étreinte et le laissait enfin respirer. Je poussai alors un long soupir avant de finir par ouvrir les yeux et de retomber dans un présent moins romantique.
Je n'en pouvais plus et brisé par l'émotion, j'enfouis ma tête contre le creux de son cou tel un enfant heureux et surpris de l'être autant.
Puis je le laissai m'enserrer la taille avec encore plus de pression et de détermination à poursuivre ce tête-à-tête. Je l'avais provoqué par ma conduite lascive et je savais que je ne m'en sortirais pas aussi facilement.
Un simple baiser ne suffirait pas à cet apollon pour calmer des ardeurs amoureuses que j'avais réveillé avec tant de diaboliques et langoureux regards. Il me faudrait lui céder et lui offrir ma jeunesse, ma beauté et mon corps frissonnant, totalement, résolument et amoureusement.
Je le suivis sans rien demander, sans rien exiger, abandonné à son désir de m'emmener loin de ces jardins froids afin de nous retrouver en tête-à-tête dans quelques endroit discret et accueillant.
Son bras résolument protecteur me tenait fermement mais tendrement par la taille afin de me faire comprendre que je lui appartenais déjà.
Je posai alors dans un geste de total abandon ma tête contre son épaule tout en marchant à ses côtés, follement ému par ces tendres enlacements qui me redonnaient l'envie de vivre et d'être enfin heureux.
Je le suivis sans résistance. Je l'aurais suivi au bout du monde en cet instant.
Enfin, je soupirai d'aise songeant que la cruelle indifférence de Monsieur m'était totalement sortie de la tête.








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Jeu 12 Juil - 20:32

Ils se promenaient maintenant dans les jardins, suite à deux baisers passionnés, comme s'ils étaient seuls, enlacés l'un à l'autre. L'envie s'était concrétisée, ses lèvres tant attirantes avaient été siennes pendant un court instant qui avait été divin. Cela faisait un moment qu'il n'avait plus eu cette envie avec cette intensité, mais elle s'était reconcrétisée suite aux beaux yeux bleus du Français. Le bel homme s'arrêta et obligea l'Italien à faire de même, puis il planta son regard dans celui du danseur.
- Un dernier mot, bel étranger avant de nous éloigner. Vous vouliez connaître mon prénom ? Sachez qu'il vous faudra le gagner en me couvrant de baisers ardents et de caresses lascives.
Si d'aventure, vous arriviez par votre tendresse et mes soupirs à me faire comprendre que je puis sans crainte et avec bonheur me laisser aller entre vos bras, alors seulement, je vous abandonnerais mon nom, mon âme tourmentée et mon coeur assoiffé d'amour. Oui , mon ami, il vous faudra le gagner. Comme ceci.
Pourquoi ne voulait-il pas donner son nom à Stefano, que pouvait-il lui cacher? Le bel inconnu avait déjà parlé et avoué une partie de sa triste histoire au danseur alors quel intérêt avait-il à se taire et à garder le secret? Il venait de mettre le jeune Sforza au défi, mais cette fois le Français en voulait plus, ce qui ne dérangeait pas l'Italien, loin de là… Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas eu de propositions si intéressantes à ses yeux. Les hommes étaient-ils plus tranquilles, ou était-ce lui qui était juste aveuglé par ses sentiments, la peur? Cette question le replongea dans ses souvenirs les plus douloureux. Mais il fallait en sortir, ce n'était pas le moment d'y penser alors qu'il recommençait enfin à ressentir cet amour renaître.
Un baiser des plus torrides le sortit de ses pensées. La bouche douce et pulpeuse du Français resta collée à la sienne pendant un long moment. C'était un événement inattendu et l'Italien n'avait bientôt plus d'oxygène, mais il ne voulait pas briser cet instant paradisiaque où il frôlait le paradis. Après ce soupir, le danseur sut qu'il faudra bien plus que ce simple contact pour remplir le désir ardent de ce bel étranger.
Une mélodie trotta dans l'esprit de Stefano, il se mit alors à chantonner dessus alors qu'il y avait toujours le Français dans ses bras.


-Divine
Candide libertine
Ce soir je viens
M'inviter dans ton lit

Laissons
Dormir les femmes
Allons-nous aimer
Au nez des braves gens

J'apprendrai votre langue et votre accent
Pour te comprendre
Je serai frivole et décadent
Pour vous surprendre
[Parole tatoue-moi, MoR]
Le temps s'était presque arrêté depuis leur rencontre sous le tilleul et il commençait à faire froid. Le soleil se cachait derrière les nuages, laissant un ciel teinté de bleu, de violet, de rose bonbon et de jaune. Le danseur était bien, il ne s'était pas senti dans cet état depuis son ancienne histoire, mais il fallait rentrer car le vent gelé commençait à brûler ses joues.

-Il va falloir rentrer chez vous mon cher, la météo commence à se refroidir violemment. Je vous remercie pour ce bel instant et j'espère qu'il vous a autant plu qu'à moi. Ou voulez-vous que je vous ramène jusqu'à votre porte?

Sur ces paroles ils empruntèrent les petits chemins du jardin pour ne pas se montrer. Sur le retour, Stefano ne put se retenir d'embrasser quelques fois le bel homme qui l'accompagnait, lui passer la main dans ses cheveux soyeux d'une façon torride mais tout cela à l'abri des regards indiscrets, dans les petits salons en plein air. Heureusement pour eux, le froid calmait les ardeurs de l'Italien qui s'était montré très entreprenant envers l'étranger. Lors de leur dernier baiser, l'Italien planta son regard dans celui du Français à son tour.

-Quelle belle proposition m'avez-vous lancé mon cher, tentante. Votre franchise a dû plaire à plus d'un, d'ailleurs, je me ferai un plaisir de répondre à votre demande d'ici peu, car votre secret m'intrigue, il fait cogiter mon âme dans tous les sens. Monsieur, vous venez de me lancer un défi dont vous n'imaginez pas l'importance qu'il a à mes yeux et je vais tout faire pour obtenir votre nom, et je vous en supplie, laissez-moi vous accompagner, j'ai besoin du contact de votre douce peau contre la mienne. Votre présence m'est devenue indispensable, vous avez su me rendre dépendant de votre beauté et surtout de votre personne.
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Lun 16 Juil - 22:37

Le jeune italien m'avait entraîné dans les jardins hivernaux du château de Saint-Cloud m'enchaînant à lui par des baisers doux et romantiques suivis par d'autres plus enflammés qui m'avaient rendu littéralement fous. Je perdis toute raison quand Stefano me chantonna une douce mélodie alors que j'étais encore dans ses bras. Mes émotions étaient en train de me tuer et je gardais les yeux clos, la tête en arrière posée sur sa poitrine, l'écoutant me susurrer une chanson dont les paroles provoquaient mes sens de façon aussi audacieuse.
C'était un appel si manifeste à l'amour que je devinai que Stefano avait décidé de répondre à mes provocations.
Citation :
et je vais tout faire pour obtenir votre nom...
.
Les dernières paroles de l'italien me glacèrent le sang. Paniqué, je tentai alors de faire marche arrière et je l'obligeai à stopper sa marche en avant. Je n'osai pas affronter son regard et lui avoua d'une voix brisée par l'émotion :

- Non, attendez. Laissez moi … laissez-moi respirer, mon cher . Je ne … Je... Je ne me sens pas bien....

Je chancelai sous l'effet de sa demande. Si le jeune homme qui m'avait recueilli alors que j'errais dans les jardins de Saint-Cloud ne m'avait pas soutenu en me tenant fermement par la taille, je crois que je me serais une fois encore effondré sur le sol. Une peur irraisonnée me paralysa alors que le courage me manquait à l'idée de lui parler. Qu'allait-il arriver si Stefano m'arrachait mon nom, mon histoire et mon secret ?
Ne valait-il pas mieux fuir dès maintenant au risque de le fâcher et de passer pour un homme intrigant, scandaleusement aguichant et pervers ? Quoi, j'osais le séduire effrontément le saoulant de baisers audacieux pour mieux le laisser sur sa faim ? Ne risquait-il pas de se livrer sur moi à des actes d'une violence que j'aurais mérité ?
Pourtant, je refusai maintenant de m'attacher à un homme pour mieux le perdre ensuite. Je sais que j'aurais dû y songer avant de le laisser me couvrir les lèvres de baisers enflammés et passer la main dans mes cheveux comme si nous étions déjà amants.
Je tentai de me défaire de ses bras protecteurs mais il me tenait si étroitement contre lui que je dus y renoncer. Les forces que j'avais recouvré grâce à ses bons soins et à ses baisers m'abandonnaient à nouveau .Pourtant je le laissai m'embrasser encore et encore et je n'eus soudain plus de coeur à rien dire ni à rien faire. Je me pelotonnai contre son torse puissant en tremblant comme une feuille. Que devais-je faire ? Que décider ? Que lui dire ? Je trouvai néanmoins assez de courage pour lui déclarer :

- Non non, je vous en conjure. Oubliez mes promesses de bonheur. Ne me torturez pas davantage. Ne cherchez plus à connaître mon nom . Vous finirez par me haïr et cette pensée m'est insupportable.

Je baissai la tête tentant de ravaler mes larmes.

- Je promets de vous offrir tout ce que je vous ai promis et bien davantage mais ne me torturez plus à essayer de connaître mon nom. Si seulement vous saviez quel est mon désespoir de ne pouvoir vous dire qui je suis et ce que je suis, vous n'exigeriez pas de moi ce dur sacrifice. . Cela m'est une telle honte que ne puis... Non, je ne saurais...

Je m'effondrai en pleurs dans ses bras , enfouissant mon visage contre sa poitrine, honteux et désespéré.

Citation :
laissez moi vous accompagner, j'ai besoin du contact de votre douce peau contre la mienne. Votre présence m'est devenue indispensable, vous avez su me rendre dépendant de votre beauté et surtout de votre personne.
Je frémis à l'écouter m'avouer la dépendance qui était maintenant la sienne. Je fermai les yeux afin d'y puiser assez de forces pour lui avouer que je ne pouvais pas lui accorder ce qu'il quémandait avec tant de douceur et de prévenance. Je relevai lentement la tête et le regardai de mes grands yeux tristes et suppliants :

- Vous ne me ferez pas de mal n'est-ce pas ? Si je vous laisse me raccompagner jusqu'à ma chambre, vous ne profiterez pas de ma faiblesse pour vous montrer violent avec moi ? Jurez-le ! Parce que je n'aurais pas la force de vous résister.

Je me mordis les lèvres ne sachant pas si j'avais bien fait de lui parler à coeur ouvert . Mais sa physionomie avenante, la tendresse qu'il m'avait manifesté depuis que je m'étais évanoui à ses pieds, la lueur de sympathie qui ne quittait pas son beau regard vert m'encourageaient à croire en lui et à remettre mon coeur et mon salut entre ses mains. Un frisson me parcourut et je m'agrippai un peu plus à lui.

- Emmenez-moi loin d'ici . J'ai froid et j'ai peur. Peur de vous décevoir. Peur de ne pouvoir trahir mon prince le moment venu. Tant de doutes m'assaillent. Vous auriez espéré un ami plus sûr de lui et de ses désirs. Par pitié, emmenez-moi vite chez moi.

N'y tenant plus, mes lèvres s'accrochèrent aux siennes afin de me persuader que j'avais fait la bonne rencontre et que je pouvais les yeux fermés m'en remettre à lui pour m'apaiser et connaître enfin une nuit de repos et de délices. Puis quand je détachai mes lèvres brûlantes des siennes si douces , je me laissai entraîner vers une nuit d'amour. Du moins l'espérai-je.
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Ven 27 Juil - 1:24

Le nom, quelle belle chose. Ce petit élément est pourtant d'une importance capitale à tout être humain et à toute société. Il permet de nous classifier, de nous différencier, sans lui nous serions tous pareils. C'est aussi la porte de la personnalité, car si on décide de ne pas le donner, on reste inconnu aux yeux des autres, c'est une barrière de protection contre les étrangers. Il est là pour raconter notre histoire, ou la protéger. Cette information est à traiter avec une grande importance car un nom est précieux, il peut cacher des souffrances atroces ou encore de terribles secrets.

Citation :
- Je promets de vous offrir tout ce que je vous ai promis et bien davantage mais ne me torturez plus à essayer de connaître mon nom. Si seulement vous saviez quel est mon désespoir de ne pouvoir vous dire qui je suis et ce que je suis, vous n'exigeriez pas de moi ce dur sacrifice. . Cela m'est une telle honte que ne puis... Non, je ne saurais...
Pourquoi cet homme refusait-il de lui donner cette information, il avait pourtant passé tout l'après-midi avec lui, lui contant ses problèmes sans aucune gêne et tout à coup, il bloqua. De quoi avait-il peur? Cachait-il un autre secret ou voulait-il lui cacher une partie de sa vie par crainte qu'il ne le repousse? Cet inconnu l'intrigua encore plus qu'avant et le danseur voulait savoir, savoir pourquoi.

Citation :
- Vous ne me ferez pas de mal n'est-ce pas ? Si je vous laisse me raccompagner jusqu'à ma chambre, vous ne profiterez pas de ma faiblesse pour vous montrer violent avec moi ? Jurez-le ! Parce que je n'aurais pas la force de vous résister
-Pourquoi vous ferai-je du mal mon cher si je vous dis que je suis épris d'amour pour vous? Tout ce que je vous veux c'est du bien et je ne souhaite pas du tout vous faire souffrir, d'aucune manière possible, dit Stefano d'une voix sûre, laissez-moi vous raccompagner chez vous et nous verrons la suite.

Les deux hommes remontèrent en direction du château car le froid se faisait sentir et le Français était encore trop faible pour rester longtemps dehors par cette température. Sur le chemin, ils croisèrent des personnes qui se retournèrent sur leur passage, les dévisageant, parlant dans leur dos, mais ils continuèrent sans changer de position. Arrivés devant la porte, ce qui arriva devait arriver…

Stefano se réveilla dans le lit de son bel inconnu, nu. La tête de ce dernier était sur son torse, ses bras lui entouraient le ventre. Les draps étaient retournés, la pièce aussi. Quelle nuit de folie. Quel plaisir de se retrouver enfin avec une personne à ses côtés au matin, avoir une présence et ne plus se retrouver seul. Le vide qu'il tentait de remplir avec ses amants de passage s'était enfin bouché avec cet homme. A cet instant, l'Italien se sentait revivre, nouveau, comme il l'avait été quand il était avec son ancien compagnon. Ils avaient passé une nuit remplie de tendresse et d'amour.

*

A peine la porte fut ouverte que le danseur saisit la taille de l'étranger et le colla contre lui. Son regard provocateur se planta dans le bleu des pupilles de son amant, cherchant le moindre signe d'encouragement. Ses lèvres se posèrent sur la bouche parfaite de l'inconnu, lui faisant un baiser langoureux. Les deux hommes marchèrent jusqu'aux pieds du lit, où ils s'arrêtèrent quelques instants avant de reprendre de plus belle. Stefano commença à lui passer la main dans sa chevelure enivrante et lui colla quelques smacks dans le cou en remontant vers l'oreille, qu'il sentait bon, cette odeur était inconnue pour l'Italien, mais loin d'être désagréable. Quand il arriva vers l'organe auditif, il commença à le mordiller puis à jouer avec car cette partie du corps est très sensible aux jeux et il espérait que son amant apprécierait autant que lui aimait ce genre de contact. Les mains baladeuses s'activèrent, caressant le dos et les côtes du Français. Ce contact faisait frémir le jeune Sforza, qui avait l'impression de recevoir une agréable secousse à l'intérieur de son corps.

Après un petit moment de provocation, Stefano prit l'initiative de débuter le défeuillage, une des parties les plus importantes de l'acte à ses yeux. Il enleva lentement le haut de son étranger, laissant apparaitre chaque partie de la douce peau de son amant une à une. Il aimait découvrir le corps de l'être avec qu'il était, et n'hésitait pas à toucher chaque nouvelle parcelle dévoilée pour l'explorer. Le danseur retira avec envie la chemisette de son compagnon et le jeta sur le lit en enlevant son haut d'une manière sexy, laissant apparaître son corps à la vue de cet homme.

Ils étaient maintenant collés l'un à l'autre, chair contre chair, profitant de ce que chacun offrait. L'Italien roulait sur le lit, tantôt dessus, tantôt dessous. Par contre leurs visages ne se décollaient pas, toujours à quelques centimètres. La respiration de son amant contre sa peau était ensorcelante, mais ce qui l'attirait le plus c'était ses yeux bleus, profonds, dilatés.

Les caresses commencèrent, d'abord discrètes. L'Italien aimait redessiner la courbe du corps de son compagnon en la recouvrant de baisers somptueux. Il adorait jouer avec son doigt sur le ventre de ses conquêtes, contourner le nombril, remonter jusqu'au torse, au cou. Ce jeu était une découverte infinie de la géographie du corps de l'être aimé, chaque centimètre méritait d'être étudié, répertorié.

L'Italien joua toute la nuit avec le plaisir, ce fut d'ailleurs une des plus belles de toute sa courte vie. Jamais il n'avait mis autant de sentiments dans ce qu'il avait fait, jamais il ne s'était autant appliqué, abandonné. Le danseur était d'humeur taquine alors il continua à embêter son amant comme un enfant avant de s'endormir comme un nourrisson.

*

Maintenant que le soleil frappait sur son visage, Stefano réveilla son inconnu qui était lové dans ses bras et lui passant la main dans les cheveux et lui baisant le front.
-Bonjour mon bel inconnu, comment allez-vous, avez-vous bien dormi? dit-il avec sa voix rauque, mais tout autant plaisante du matin.

Il se leva et alla vers la fenêtre et s'étira pour se réveiller avant de remarquer que des gens le regardaient bizarrement dans la cour, il était dans le plus simple appareil. Il tira vite le rideau, espérant que l'on n'ait pas pu le reconnaitre. Il retourna dans les bras de l'homme aux yeux bleus qui était maintenant semi-conscient et le couvrit de baisers. Il planta son regard vert rempli de passion dans celui de l'étranger pour le faire parler…

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Lun 30 Juil - 17:27

Mon bel italien avait su réchauffer mon coeur affaibli par la douleur et la tristesse. Il avait su me faire oublier mes tourments d'homme délaissé en réponse à l'indifférence du prince.
Notre première nuit d'amour fut une incroyable révélation pour moi. Jusque - là, j'avais toujours tenté d'apaiser ma colère en cédant à des hommes qui ne m'aimaient pas et qui se moquaient bien de mes émotions. Ils ne voulaient que mon corps et ma jeunesse quand j'offrais à chaque fois mon coeur et mon âme ardente, assoiffés d'amour et de douce rêverie.
Je ne sais pourquoi Stefano voulait autre chose de moi. Je l'avais suivi, lui demandant simplement de ne pas me faire de mal.
Je me souvenais encore de ma dernière rencontre qui s'était terminée par une gifle retentissante et des larmes. J'avais dû m'enfuir de ma propre chambre, trop effrayé par la violence de certains hommes. Pourtant, ce soir encore, j'avais laissé un parfait inconnu me reconduire jusqu'à mes appartements dans le château. Je m'étais arrêté brusquement sur le seuil de la porte.
J'éprouvai soudain le remords de me servir de cet homme qui avait été si bon avec moi comme d'un palliatif à ma peine. Je voulus lui dire de me laisser et de ne pas chercher à me connaître plus avant. Mais Stefano ne m'en laissa pas le temps.
Il me saisit par la taille d'un geste si tendre que mon coeur fondit et que je lui cédais mes lèvres tremblantes sans avoir esquissé le moindre geste de résistance. Il me conduisit à mon lit naturellement, sans faire la preuve de son autorité ou de son désir impérieux pour moi.
J'eus soudain l'impression d'avoir enfin trouvé mon âme soeur, une âme compatissante et douce, soucieuse de réaliser mon bonheur et d'exaucer mes désirs les plus secrets. Je me laissai faire dans un doux et exquis abandon, frissonnant quand il m'ôta doucement la chemise en fine baptiste, dénudant un torse immaculé et tremblant. Si je tremblais, ce n'était pas de froid. J'étais juste affamé. J'avais faim, faim de lui, de ses caresses, du contact de sa peau affriolante et de son exquise tendresse. Je ressentis la sensation incroyable de m'élever loin de cette terre inhumaine et source de douleur.
Je ne m'appartenais plus, J'étais enfin libre, totalement heureux et apaisé.
Stefano posa alors ses mains d'homme sur moi et me jeta sur le lit d'un geste tout à la fois impérieux et terriblement sensuel. Je fermai les yeux, ne bougeant plus, n'attendant plus que lui, ne rêvant plus que de lui. Hors de cet instant, plus rien n'existait. La cour n'avait plus de prince et le chevalier avait été ravalé à l'image réjouissante et peu inquiétante d'un pâle fantôme que j'écartais d'un revers de main.



***


Une nuit d'ivresse. Le bonheur absolu, inespéré, impalpable. La rencontre de toute une vie, improbable, mystérieuse et pourtant si réelle. Ma nuit d'amour terriblement humaine, souvent divine mais toujours sublime avait été remplie de douces caresses, d'effusions torrides et du doux mélange de nos deux corps fusionnant en un seul être qui n'était plus qu'amour.
Ma rencontre hasardeuse avec cet italien s'était transformée en une dose massive d'amour dont je ne pourrais plus me passer qu'avec désespoir. Il m'avait comblé toute la nuit, se montrant tour à tour terriblement romantique et justifiant à d'autres moments la réputation flatteuse d'amour des beaux italiens. Tout son savoir faire amoureux allié à son engagement émotionnel de chaque instant me rendait esclave de ses caresses et de ses tendres baisers.
Je venais de le rencontrer et pourtant, je l'aimais tant déjà. Je me réfugiai à l'aube dans ses bras d'athlète si sécurisants et je m'endormis, le coeur léger et la tête posée nonchalamment contre sa poitrine haletante qui représentait la vie dont j'avais besoin. Ma nouvelle vie.



***
Citation :
Maintenant que le soleil frappait sur son visage, Stefano réveilla son inconnu qui était lové dans ses bras et lui passant la main dans les cheveux et lui baisant le front.
-Bonjour mon bel inconnu, comment allez-vous, avez-vous bien dormi? dit-il avec sa voix rauque, mais tout autant plaisante du matin.

- Oui, mon coeur. Mes rêves n'étaient qu'affection et douceur. Quant à mon autre nuit, sachez qu'elle a été merveilleuse et tendre. Vous m'avez comblé au-delà du raisonnable mais je suppose que vous l'aviez déjà compris. Vous semblez avoir tant d'expérience que je ne puis espérer être le premier à vous avoir autant réjoui le coeur.

Je luis souris, une lueur de malice dans les yeux avant qu'il ne se lève pour aller jusqu'à la fenêtre. Je regardai son beau corps musclé et dénudé se mouvoir avec tant de grâce dans la clarté de ce beau matin ensoleillé. Mon bonheur était total et semblait ne jamais devoir se briser. Il retourna auprès de moi et m'assaillit de doux baisers. Sa tendresse m'émouvait sans doute parce que je n'y avais guère goûté tout au long de ma courte vie.
Citation :
Il retourna dans les bras de l'homme aux yeux bleus qui était maintenant semi-conscient et le couvrit de baiser. Il planta son regard vert rempli de passion dans celui de l'étranger pour le faire parler…
Brusquement, j'eus la sensation affolante que la vie s'éloignait de moi. Je ne parvenais plus à respirer, haletant, le coeur soudain oppressé. Stefano voulait mon nom. Il revenait à la charge, de façon plus insistante cette fois. Je compris que je ne pourrais éterrnellement m'y soustraire et que je devrais tout lui avouer pour mieux le perdre.
Victime d'un soudain et violent vertige, je laissai aller ma tête en arrière contre l'oreiller, les yeux mi-clos laissant couler des larmes de désespoir. Je détournai mes yeux humides, tentant d'échapper au regard insistant et clairvoyant de mon amant. Je murmurai, pensant qu'il ne pouvait m'entendre :

- A hauteur d'infamie.....A hauteur d'infamie......
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Ven 10 Aoû - 16:54

Ils étaient toujours dans le lit du beau Français, étendus, l'un sur l'autre, sans aucun sous-entendu. L'étranger n'avait toujours pas délivré son prénom à Stefano qui se disait peut-être qu'il fallait lui forcer un peu la main. C'était certainement comme avec les enfants, reformuler gentiment la chose sans laisser le choix de la réponse. Mais ce mystère était aussi excitant, car l'Italien ne savait pas avec qui il était, il le connaissait physiquement, mais sans ce nom, le danseur ne saurait rien de plus.

Il se mit de façon à pouvoir regarder l'homme qui était en face de lui. Il était beau, ses yeux étaient toujours autant profonds, enivrants. Le Sudiste passa doucement le revers de sa main sur le torse dénudé du bel apollon, il laissa traîner ses doigts sur la peau douce de son amant, laissant son imagination dessiner mille et un croquis.

-Mon tendre, ne pensez-vous pas qu'il est temps de me donner votre beau nom? Je n'en serais que plus heureux de pouvoir vous appeler et de vous connaître encore plus. Cela nous permettrait d'amener notre relation à un point encore plus haut.

Il caressa la joue de son amant du creux de sa paume. Était-ce le moment de lui dévoiler ce nouveau sentiment qui s'était développé à une vitesse ahurissante? N'était-ce pas trop vite? Cela faisait un moment que cette question tournait dans la tête du jeune Italien. Allait-ce le faire fuir, il ne voulait pas le perdre, pas lui, pas encore un autre homme qu'il aimait aussi fort.

-Mon …, cher, se rattrapa-t-il, j'aimerais savoir votre nom, non pour vous faire du mal, mais pour, …, Non, cela est trop difficile à dire.

Tout ce mélangea dans sa tête, comment le lui dire, il avait lancé le pavé dans l'eau, que faire? Se rhabiller en trois vitesses et fuir? Non! Pourquoi cela était tant difficile, ça avait été simple avec son ancien amant et ses histoires, mais là il avait l'impression de devoir soulever des montagnes, nager des océans pour une chose si simple. Était-ce ça le réel amour, la peur, la peur du rejet, la peur du refus, le peur du "non" ?

Il se rallongea et plaqua ses mains sur son visage, qu'elles étaient chaudes, son visage commençait à perler, il faisait chaud, son cœur battait plus fort. Les draps étaient doux, les coussins moelleux, accueillants. Il espérait que son amant d'un soir allait se transformer en amant pour la vie, mais pour cela il fallait savoir son nom et surtout, il fallait qu'il lui avoue ses sentiments et c'était la première fois que Stefano souhaitait qu'on lui force la main. Les rôles s'étaient échangés en ce court instant, mais contrairement à toutes les autres fois, cela ne le gênait pas.

Au plus profond de son âme, il voulait que le Français comprenne ce qui ce passait et qu'il prenne le contrôle. C'était peut-être une façon de voir si les sentiments étaient réciproques. Mais sa faiblesse remonta et il plongea son regard dans celui dont il espérait l'amour.

-Dites-moi, s'il vous plaît, dites-moi, vous êtes maître de mon être, dites-le moi, aidez-moi.

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Mer 29 Aoû - 23:59

Je n'attendais qu'un mot, un signe de lui, une invitation pour enfin tout lui dire, lui avouer mon secret, lui dévoiler l'infamie de mes origines. Me pardonnerait-il d'être celui que j'étais ou me jetterait-il au pied de mon propre lit, l'air méprisant et trop écoeuré pour en supporter davantage ?
L'instant d'avant, il jouait avec ma poitrine dénudée y gravant de ses longs doigts effilés de jolis dessins qui m'étaient inconnus mais qui me grisaient. Je frissonnai en suivant du regard les tracés romantiques qu'il formait sur mon corps. Quand il me caressa la joue de la paume de sa main pour m'arracher mon nom, je fermai les yeux, troublé et ému par tant de douceur. J'aurais voulu stopper le temps et plonger avec délices dans une éternité faite de ses gestes empreints de tant de délicatesse. Hélas, le bonheur ne dure jamais que le temps d'un soupir et il me fallut vite reprendre mes esprits. En un sens, je me sentais soulagé car je n'en pouvais plus de lui mentir. Je n'étais pas ce charmant inconnu rencontré au détour d'un jardin d'hiver, attendrissant et mystérieux. Je n'étais qu'un homme instable et fragile à l'âme d'enfant, indécis et capricieux, n'osant pas et redoutant tout.
Ma belle rencontre magique de la nuit dernière revint à la charge, me priant avec une tendre insistance de lui donner mon nom . Il me parla comme s'il s'était adressé à un enfant, gentiment mais avec fermeté, me faisant entendre que notre relation n'évoluerait pas si je me refusais à le faire. Je pris peur et lui cédai, surpris qu'il y accorde tant d'importance et ravi surtout qu'il y mette autant de tact.

Je m'apprêtai à le faire quand je le vis se cacher le visage de ses mains, en proie à un trouble émotionnel que je n'attendais pas. Il avait été si maître de lui jusqu'à présent, me présentant un visage rassurant et protecteur. Sa fragilité égale à la mienne me troubla et m'émut.
Allongé à ses côtés dans ce lit, cause de bien des émois depuis la nuit dernière, je me redressai sur un coude puis je me tournai vers lui :


- Vous avez l'air si malheureux. Je connais trop ces afflictions de l'âme pour ne pas reconnaître les signes extérieurs du malheur. Pourquoi, mon coeur, pourquoi ? Ai-je été inconvenant en me jetant ainsi à votre cou ? Vous ai-je causé du tort en le faisant ?

Je pris alors ses mains chaudes et moites, les emprisonnant dans les miennes. Puis, je me résolus à plonger mes yeux bleus pâles et langoureux dans son regard vert étincelant. Mû par un élan du coeur irrépressible, je pressai une de ses mains contre ma joue, dans un geste d'amour éperdu et total.

- Je vous aime. Je vous ai aimé dès l'instant où mes yeux se sont noyés dans les vôtres. Je vous aime tant que j'ai voulu vous le montrer, vous le prouver, vous ouvrir mon coeur et m'offrir à vous. Hélas, je ne suis qu'une âme perdue, un homme déshonoré par un destin tragique.

Je baissai les yeux, l'air honteux. Mes mains se mirent à trembler et je préférai lui lâcher les mains pour qu'il ne me prenne pas en pitié. Je voulais qu'il prenne sa décision librement et selon son coeur, quoi qu'il m'en coûtât .


- Mon beau nom, dites-vous ? Si seulement vous saviez. Si seulement vous le connaissiez, vous ne diriez pas une telle chose. Je m'appelle Antoine, mon coeur. Antoine Coëffier de Ruzé. Je suis le Marquis d'Effiat. Vous ignorez tout de l'histoire de ma famille, n'est-ce-pas ? Notre nom a été traîné dans la boue, notre château détruit, rasé, englouti à jamais, à hauteur d'infamie.

Comment lui dire qu'une mauvaise réputation tue aussi vite qu'un coup de dague ? Comment lui expliquer que je souffrais encore aujourd'hui, traumatisé par le souvenir ému et mélancolique de ce jeune oncle noble, le pauvre Marquis d'Effiat et de Cinq-Mars, ambitieux, brillant, beau, trop beau peut-être et sacrifié sur l'autel de la raison politique ?

- C'est ce que les soldats ont dit avant de nous chasser et de brûler le château. A hauteur d'infamie. Quel terme horrible, ne trouvez-vous pas ? Vous voyez bien que vous ne pouvez rester avec moi. Vous ne sauriez, sans y perdre votre honneur et votre réputation de danseur à la cour, partager mon intimité, ma vie et mon coeur. Non, je ne puis l'exiger de vous. Partez, laissez-moi...

Je fus interrompu dans mon discours exalté par l'étrange intensité de son regard que je croisai. Il cachait une peine immense et je devinai l'inquiétude poindre dans ses belles prunelles vertes.

- Mon ange, je vous sens si triste, l'âme déchirée et le coeur perverti par quelque angoisse. Serais-je en cause, mon ami ? Auriez-vous honte de notre nuit passée ? Sachez que je suis le seul coupable et que je ne vous importunerais plus si tel est votre désir. Mais avant de me quitter, laissez-moi vous montrer quelque chose.

Je portai sa main droite que je pressai toujours dans la mienne sur mon coeur battant à tout rompre.

- Ecoutez, entendez ce pauvre coeur. Il commence à battre lentement, paisiblement, porté par de doux sentiments d'affection. Le voilà brusquement qui s'emballe, emporté par une passion autant inattendue qu'incontrôlable. Vous m'avez vaincu . Je ne puis plus rien y faire et je dois m'y abandonner, malheureux que je suis à craindre que ce sentiment ne puisse jamais être partagé, tant ma nature est mauvaise. Pourtant, si vous acceptiez de vous laisser aimer par moi... Je...Je vous...

Mon visage était si près du sien. Je restai suspendu au tic-tac irrégulier de sa respiration et me délectai de l'odeur subtile et enivrante de sa peau. Je conservai jalousement sa main chaudement emprisonnée dans la mienne que je pressai toujours contre mon coeur. Alors, je ne pus m'empêcher de lui voler un interminable baiser romantique, assuré qu'il s'agissait bien du dernier.
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Dim 2 Sep - 22:05

Cela faisait longtemps que Stefano n'avait pas ouvert son cœur de cette façon à une personne. Cette sensibilité à fleur de peau faisait partie de sa personne et il avait dû apprendre à la mettre de côté car, à Gênes, il faisait partie du commun des mortels et que personne ne permettait ce genre de spectacle. Ce sont des scènes qui laissent paraître les points faibles et qui donnent l'occasion à des coups de poignard dans le dos. Mais avec cet homme, c'était différent, les choses n'étaient plus les mêmes, tout paraissait si simple. L'Italien se sentait si léger, si bien dans ce lit.

Les larmes commençaient à couler sur les joues du jeune danseur, toutes celles qu'il avait retenues depuis si longtemps, mais tout cela en silence, sans un seul bruit. Elles roulaient péniblement sur sa peau mate et les premières commencèrent à tremper l'oreiller sur lequel il était couché. C'était la première fois qu'il osait se laisser aller de la sorte devant quelqu'un, devant un homme. Mais il était bien avec cet étranger, il dégageait quelque chose d'étrangement attirant et apaisant. Avec lui, tout semblait si simple, le cœur était léger, comme le cerveau. Plus rien ne tournait dans sa tête, il avait même oublié toutes ses chorégraphies l'espace d'une nuit. C'était comme si le temps s'était arrêté, tous les problèmes étaient partis, l'histoire d'un soir.

Tant d'hésitations dans la voix du beau Français pour une chose si simple, mais Stef' était sûr d'avoir ce qu'il voulait, il aurait le nom de son amant car il était différent des autres, il y avait quelque chose en plus, sa sincérité, sa sensibilité ou encore sa beauté. Et là, tout sortit d'un coup.
…Je suis Antoine, le Marquis d'Effiat…

C'est tout ce que comprit l'Italien, le reste était flou, il s'agissait d'une histoire en rapport à son enfance dont il souffrait toujours et du déshonneur de sa famille dans la Cour. Il ne voulait pas que le danseur gâche sa réputation de danseur avec un homme portant un nom sali par le Roi, mais Stefano n'y comprit pas tout car tous ces noms lui semblaient étrangers et futiles, n'était-il pas question d'eux et pas de leurs ancêtres? Pourquoi parler du passé et surtout pourquoi en avoir peur?

Quand son amant lui dit son nom, la tristesse de l'Italien s'en alla pour laisser place à la joie. Ce n'était plus des larmes de tristesse mais de bonheur qui coulaient à présent.
Antoine, quel beau prénom. Comme le disait ses racines latines, il était inestimable. Celui-ci cache un certain charme et une pointe d'humour. Un sentiment sublime envahit le danseur: il pouvait maintenant aimer, aimer dans sa totalité la personne qui était en face de lui. Des feux d'artifice de bonheur remplirent ses yeux qui pétillaient comme des étoiles.

Son bel amant était maintenant accoudé sur son coussin et regardait la réaction de Stefano. Le regard bleu perçant du bellâtre était rempli de doute, mais magnifique et redonna à l'Italien un peu de confiance. Le jeune danseur saisit alors le coude du Français, le fit tomber et le tourna sur le dos tout en douceur avant de se mettre à califourchon sur son ventre. Il lui caressa la joue tendrement.

Voyez-vous mon cher Marquis, on m'a toujours appris à vivre dans le présent et non dans le passé, dit-il en saisissant la main de son amant et en la mettant sur sa joue. Antoine, Antoine, répéta-t-il plusieurs fois dans le vide, quel beau prénom, il vous va si bien, il fit descendre la main de son amant en suivant les courbes de sa musculature jusqu'à son cœur en passant par sa mâchoire, son cou, ses épaules et le milieu de son torse. Voyez-vous mon cher, ce cœur bat maintenant plus fort grâce à vous, susurra-t-il à l'oreille de son amant en la lui mordillant doucement. Puis il mit ses lèvres à quelques centimètres de celles d'Antoine, et voyez-vous ces lèvres, les sentez-vous, dit-il en passant un des doigts de son amant par-dessus, et ce corps, chuchota-t-il en baladant la main du Français sur sa peau.
Voyez-vous mon cœur, tout ceci vous appartient maintenant, dit Stefano en l'embrassant langoureusement. Je vous aime, enfin je crois, c'est la première fois que ça m'arrive d'avoir un tel sentiment, aussi fort, aussi rapidement. Mon cœur, je ne sais pas comment vous expliquer ce qui se passe au fond de mon être, tellement c'est fort, puissant.

Stefano alla mettre un sous-vêtement et retourna vers son amant qui était toujours couché sur le dos, dans le lit. Il se coucha le plus près d'Antoine et posa sa joue sur son cœur pour l'écouter. Il caressa longtemps le torse du Français, tendrement en lui murmurant des mots d'amour.
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Sam 22 Sep - 17:01

Stefano venait enfin de lui dévoiler ses sentiments et le regardait de façon si amoureuse que le coeur d'Antoine en fut chaviré. Les gestes de l'italien se firent tendres et les mots d'amour qu'il susurrait à son oreille de plus en plus caressants. Antoine regardait son amant et ne disait rien, ému. L'avoir vu pleurer silencieusement dans son lit, dans sa chambre, alors qu'ils étaient seuls , à l'abri du monde, de son indifférence et de sa cruauté avait été bouleversant pour le jeune français. Il avait cru que Stefano le chasserait de sa vie et prendrait ses distances. Il avait craint que le seul nom d'Effiat ne crée un gouffre d'indifférence et de mépris entre lui et son nouvel amant. Au lieu de cela, Stefano l'aimait suffisamment pour se fier à lui et déverser devant lui, sans retenue mais avec pudeur sa peine, une peine immense. Il n'existait pas de plus cadeau, de plus belle preuve d'amour pour le marquis.

Antoine écoutait le coeur tremblant son nouvel amour répéter son prénom à l'envi comme pour mieux s'en imprégner, comme pour le graver à jamais dans son esprit. Antoine. Antoine. Jamais personne n'y avait mis autant d'implication, d'émotion ou de passion et le jeune homme se crut immédiatement aimé. Avouer son nom avait été si éprouvant pour lui. Il y avait mis tant d'hésitations et de craintes. Il avait redouté cet instant et il s'était écoulé sans drame, sans pleurs et surtout sans conséquence. Mieux que cela, Stefano venait de caresser la joue d'Antoine comme s'il venait de dire la chose la plus merveilleuse et la plus tendre au monde.

Stefano s'enhardit, lui prit la main et lui fit découvrir la douce géographie d'un corps charmant. Le sien. La main d'Antoine guidée avec tendresse par celle de son amant s'en alla par monts et par vaux. Il découvrit émerveillé, l'ovale parfait du visage, la carrure nette et volontaire de sa mâchoire, la ligne parfaite du cou, l'arrondi ferme et réconfortant des épaules, la perfection musclée et affinée de sa cage thoracique. Stefano le laissa s'aventurer sur son muscle cardiaque palpitant. Les doigts tremblants d'Antoine le frôla puis le caressa, obéissant aux douces directives de Stefano qui tenait sa main dans la sienne afin de mieux la diriger. Le français se dit qu'il n'existait rien de plus doux que ces courbes-là, rien de plus beau que l'instant présent. Se savoir aimé, en ressentir tous les effets et les bienfaits sans en connaître les causes et s'en moquer était galvanisant pour un jeune homme aussi exalté que le marquis. Puis, afin d'attiser le désir d'Antoine, Stefano frôla ses lèvres en y approchant dangereusement les siennes, prenant bien garde de ne pas y goûter. Ce geste -là rendit fou Antoine. Le milanais devait bien le savoir. Ce baiser qui lui était destiné et qu'il lui refusait tendrement, sans malice mais avec une douce sensualité, poussa Antoine à lui déclarer avec passion :

- Vous êtes bien cruel, Monsieur, de me faire entrapercevoir certains délices auxquels je ne puis goûter. Je ne saurais l'accepter. Ce baiser est à moi. Vous me le devez et puisque vous me le refusez, eh bien, j'irais le chercher moi-même.

Antoine posa sa main contre la joue de son compagnon, afin de la tourner vers lui, puis il l'embrassa fougueusement comme s'il en avait été privé depuis longtemps et qu'il ignorait quand ce bonheur-là lui serait rendu.
Ensuite, après avoir s'être montré sentimental, câlin, imaginatif et gentiment diabolique, le bel italien avait répondu à la déclaration d'amour enflammée d'Antoine en reconnaissant éprouver pour le tendre marquis des sentiments tout aussi attendrissants et amoureux. Du moins le croyait-il. Il avait joint le geste à la parole en posant sa tête contre la poitrine dénudée d'Antoine afin d'écouter battre son coeur. Ce geste si délicat et si romantique aurait dû réjouir Antoine et le rendre heureux. Il ne fit que l'alarmer. Antoine avait juré un amour sincère et éternel à cet homme qui l'avait sauvé de lui-même la veille dans les jardins glacés de Saint-Cloud. Oui, mais …. Et si le tendre muscle cardiaque d'Antoine se ralentissait brusquement ? Et si son bel amant ne recevait pas la preuve manifeste de l'amour du français pour lui ? Stefano penserait qu'il s'était joué de lui et ne ressentait rien de l'amour qu'il avait déclaré éprouver. Il en concevrait un chagrin immense, puis s'en offusquerait, le lui reprocherait et finirait par se rhabiller pour le laisser, seul et désespéré. Antoine attendit, et les secondes durèrent le temps d'une éternité. Le temps d'être rassuré car Stefano ne manifesta aucune colère.

Il restait là, sa joue posée si amoureusement contre celle d'Antoine et lui chuchotait de tendres mots d'amour. Le temps s'était arrêté pour les deux jeunes gens. Le monde s'était retiré sans crier gare de leur univers romanesque . Antoine lui sourit et resta un long moment à regarder son nouveau grand amour dans les yeux. Il y chercha tout l'amour du monde et le trouva. Une vague de bonheur irraisonné s'empara d'Antoine puis le submergea. Il adressa un sourire éclatant et triomphant à Stefano. Antoine effleura du bout de ses doigts fébriles la soyeuse peau de l'italien qui habillait avec tant de perfection et de délicatesse un réseau entier de jolis muscles s'entremêlant si harmonieusement. Le tendre Marquis avec une langueur affectée qui lui était en réalité insupportable, se pencha vers le corps voluptueux de son magnifique amant. Antoine enveloppa le joli nombril du jeune Milanais d'un baiser affriolant et motivé. Puis relevant la tête lentement, il planta son regard bleu pâle insolent dans les yeux d'un vert étincelant de son amant . Il gratifia son compagnon de la nuit dernière d'un sourire rempli de miel et chuchota comme s'il osait à peine formuler ses émotions.


- Croyez-vous m'aimer un peu ?

Antoine continua son chemin à la poursuite effrénée du bonheur. Il réitéra l'opération et remonta sur le torse à l'aide d'un doigt errant qui atteignit Stefano en plein coeur. Il s'y attarda, dessinant de mémoire les contours de son joli muscle cardiaque tel qu'il l'imaginait, plein et entier, démesuré, dévoué et aimant.

-Beaucoup ?

Antoine poursuivit son mystérieux voyage en se saisissant des douces lèvres de son tendre amour et s'y accrocha, autant pour son plaisir que pour celui de son partenaire. Ne pouvant y demeurer éternellement, Antoine s'en arracha avec tristesse et murmura presque timidement :

-Croyez vous m'aimer passionnément ?

Son cou servit de repaire à un nouveau baiser, affriolant, exaltant et follement romantique. Et toujours le même sourire frondeur, la même question, essentielle, exigeante, qui n'amenait qu'une seule réponse, capable de rendre le sourire ou de plonger dans le plus profond désespoir le jeune marquis.

-M'aimez-vous à la folie ?

Le marquis allait poursuivre le jeu mais il se retint de dire les derniers mots, fatidiques, définitifs et tristes. Il s'abstint de les prononcer. Antoine regarda Stefano d'un air surpris comme s'il n'avait pas vu venir la suite de mots, comme si la maîtrise de ce jeu coquin et tendre venait de lui échapper. Son regard se fit malicieux puis il se laissa aller à un rire enfantin. Cristallin, enfantin et joyeux. Le jeune marquis d'Effiat ne s'était pas senti si serein et détendu depuis une éternité. Cet homme-là , ce bel étranger qui avait surgi providentiellement d'un jardin français et s'était imposé dans sa vie, lui faisait un bien fou et déjà, Antoine redoutait de le perdre. Il enfouit sa tête craintive contre la poitrine du danseur milanais et s'accrocha à lui comme s'il se fût agi d'une bouée de sauvetage. Stefano représentait déjà pour lui davantage qu'un havre de paix sécurisant et il ne bougea plus, les yeux clos, de peur que tout cela ne soit qu'un affreux et cruel mirage. Fragile, inconsistant et irréel .









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