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 [Athénaïs de Montespan] Méfiez vous des ombres noires d'une capitale endormie...


Lun 27 Aoû - 0:54

Le jour tombait lentement alors que le soleil terminait sa course en annonçant la "fin" d'une longue journée, depuis un temps, Liam de Saverne était chargé de plus en plus souvent de la protection de Monsieur, le frère de l'Auguste Roi de France et ça avait été le cas ce jour-là également. Le Prince avait beau ne pas beaucoup l'apprécier, il savait qu'il ne pouvait vivre sans la moindre protection pour le protéger car si son frère pouvait parfois être dur envers lui, il tenait à son cadet et le montrait ainsi. Le jeune suisse marchait dans les corridors d'un pas calme en préparant le compte-rendu d'une journée plutôt tranquille mais qu'il devait tout de même remettre à son supérieur, enfin il entra dans la pièce principale des quartiers suisses et tendit le papier au lieutenant de l'ordre militaire. Ferdinand de Guéret, l'homme qui avait insulté son maître et qu'il avait remis à sa place alors qu'il était encore un jeune cadet, son supérieur avait su se faire connaître sous un nouveau jour de Liam de Saverne qui d'ailleurs n'était autre que Lisabelle de Saverne.

"Comment s'est passée ta journée ?
-Comme d'accoutumée.
-Tant mieux...
-Autre chose ?
-Oui... Enfin, no...
-J'ai des choses à faire, nous parlerons une autre fois.
"

Lisabelle savait que Ferdinand avait tendance à beaucoup parler le soir après le service et elle devait se rendre à Paris, c'était aussi important qu'essentiel. Si on lui demandait d'être là au moment du Bal Masqué organisé par Monsieur, elle le serait. Ce ne serait ni la première ni la dernière fête où elle sera de service mais avant de penser à cela, il lui fallait penser à se rendre à Paris. Aussi fit elle demi-tour pour se rendre aux écuries où son étalon, robuste animal l'attendait.

* * *

Paris, la nuit, le moment où les pauvres récupèrent leurs droits. L'épée à la ceinture, son uniforme légèrement arrangé pour passer plus inaperçu que pour un suisse, une tenue noire et souple était tout à fait de rigueur, la jeune femme avait rabattu sur son visage un capuchon sombre, elle savait où se rendre, une auberge, une auberge pas forcément réputée pour la bonté de ses clients mais qu'elle côtoyait souvent quand elle recherchait des informations sur les faits de Paris car si elle enquêtait discrètement sur certaines histoires de cour, les affaires de Paris, la ville où elle avait grandi étaient bien plus profondes et intéressantes, surtout qu'elles menaient depuis un temps bizarrement toutes à la cour des miracles.ce qui l'intriguait de plus en plus. Elle finit par arriver devant l'auberge dont elle poussa la porte d'une main puissante avant d'y entrer, cachant le bleu acier de ses yeux, elle avisa en toute discrétion une table de laquelle elle se dirigea pour pouvoir observer tous les clients de cette nuit noire et surtout les entendre. Elle marchait avec calme dans la pièce dans laquelle des éclats de voix éclataient de bout en bout.

"Et ce pauvre gosse ?! Qu'en a fait l'ours ?!"
Une histoire ? Intéressant... Depuis un moment, plusieurs histoires lui revenaient et elle commençait à en apprécier le contenu...
"Il l'a tué, que crois tu ?! Il l'a égorgé puis a jeté son corps dans la Seine sans même perdre de temps à lui dire qu'il allait mourir !
-Et qui vous dit que cet homme vous dit la vérité ?
"
La voix qui s'était jointe aux autres était froide, mais pourtant rieuse mais ce ton rieur sonnait faux aux oreilles de la suisse, elle fronce légèrement un sourcil quand l'aubergiste vient la voir pour lui dire d'une voix menaçante :

"Mon gars, soit tu payes soit tu pars.
-Apporte du vin aubergiste, ainsi qu'une assiette de viande et fiche-moi la paix
"
Une pièce se pose sur le bois de la table, la voix avait été plus que glaciale, brûlante de menaces qu'elle n'avait pas prononcé, l'aubergiste tenant à sa vie décida alors qu'il serait certainement plus sage d'obéir et de surtout ne pas décevoir, il retourna derrière son comptoir non sans avoir récupéré la pièce pour laisser son client retourner à la discussion qu'il avait dû pour lui répondre quitter un instant bien qu'il en ait entendu le contenu.

"Cet homme est à moitié ivre... Et qui aurait pu voir l'Ours ?"
Cet homme savait quelque chose, Lisabelle le comprit à cet instant même, il voulait cacher quelque chose ou garder un secret...
"Je l'ai vu, je vous dit !
-Sors...
"
Aïe... Si la conversation tournait mal à ce point, elle ne saurait rien...
"Non je bougerai pas...
-Comme tu voudras
"
Inconsciemment, Lisabelle porta la main à l'intérieur de sa cape, à son épée alors que l'homme plutôt que de soulever le pauvre conteur par le col pour le jeter dehors, se rassit et reprit son repas sans plus un mot, les dires qui suivirent ne furent pas bien intéressants, elle continua donc à les écouter mais d'une oreille discrète puisqu'on lui apportait ce qu'elle avait si aimablement demandé, elle acheva donc le paiement.

Autant dire qu'elle mangeait vite car quand l'homme acheva son assiette, elle finissait de déguster sa dernière gorgée de vin pour se lever et sortir, ce qu'elle fit également après avoir posé bruyamment son verre sur la table. Elle devait savoir qui il était.
Ça ne serait toutefois pas pour tout de suite, on lui attrapa le bras en susurrant dans son oreille :

"Tu veux quelque chose ma belle ?"
Un poing s'abattit dans le visage de l'homme qui l'avait visiblement connu dans une autre époque. Cette fois-ci elle sortit mais son homme avait disparu. Elle ragea en silence avant de voir une silhouette au loin qui n'était toutefois pas celle qu'elle recherchait.
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Mer 5 Sep - 10:07

Emmitoufflée dans sa cape d'ailleurs un peu élimée par endroits, Athénaïs marchait en toute hâte. En effet, son mari était rentré de campagne militaire, et lorsqu'il était là, la présence de son épouse le soir à la maison était fortement souhaitée. Il détestait la savoir passant la nuit avec la cour dans les châteaux royaux. Bien qu'étant marquise, madame de Montespan n'avait pas, ou plutôt plus, d'argent. En effet, son mari dilapidait tout au jeu et dépensait également beaucoup pour ses campagnes militaires, espérant ainsi se faire remarquer du roy. En attendant, Athénaïs n'avait plus rien pour pouvoir paraître à la Cour. Quand ses amies changeaient trois ou quatre fois de tenue dans la même journée, elle n'en avait que deux et devait donner le change en y faisant mettre tantôt des rubans, tantôt quelques bijoux qui lui restaient, etc. C'était une situation bien délicate. Fort heureusement, elle avait quelques protecteurs. Les galants qui lui faisaient la cour lui offraient parfois des gants, parfois des rubans, parfois des éventails... Diverses petites choses qui lui étaient bien utiles. Elle ne pouvait remercier que sa beauté et sa conversation.

Son service auprès de la reine était terminé, et au lieu d'aller au salon de jeu qu'organisait l'un des courtisans, Athénaîs devait rentrer pour retrouver son mari et ses enfants. Comme elle n'avait pas suffisamment d'argent pour louer un carrosse du château jusqu'à chez elle, elle le prit en partant, pour donner le change, et le fit arrêter un peu plus loin, une fois hors de vue, afin de continuer à pied. Cela ne l'enchantait guère, mais elle n'avait pas le choix. Elle avait quelque peu peur de marcher seule dans Paris la nuit. Et Dieu que la nuit tombait vite! Le jour commençait à peine à se coucher lorsqu'elle avait pris place dans la voiture, et au moment où elle en descendit, on ne voyait presque plus rien. Heureusement, la capitale était éclairée, des bougies étaient suspendues ici et là sur les grands axes de passage. La nuit, le froid tombait. Aussi la marquise s'était-elle bien encapuchonnée dans sa cape. C'était aussi pour mieux se dissimuler. Si on la reconnaissait, on ne manquerait pas de lui en faire la remarque à la Cour, alors il faudrait trouver une excuse, un mensonge, afin d'expliquer sa présence, seule et à pied dans Paris la nuit.

Fort heureusement, il ne lui restait plus qu'une quinzaine de minutes de marche avant d'arriver à son logis de la rue Taranne, qu'elle louait avec son mari.

Elle passa aux abords d'une auberge d'où s'échappaient de la lumière et les bruits des diverses conversations que pouvaient avoir les personnes plus ou moins enivrées qui s'y trouvaient. Perdue dans ses pensées, elle n'en sortit qu'au moment où un homme la percuta de plein fouet. La marquise put distinguer la couleur rouge de son visage, certainement dûe à tout l'alcool qu'il avait ingurgité, mais on aurait dit qu'il avait reçu avec violence quelque chose au visage. Athénaïs baissa humblement la tête pour s'excuser, même si c'était lui qui l'avait bousculée
.


-Veuillez m'excuser monsieur, je ne vous avais pas...


Elle n'eut pas le temps de terminer sa phrase que le malotru entra dans une colère noire et commença à la qualifier de tous les noms d'oiseaux. La belle dame fronça les sourcils, n'appréciant guère de se faire insulter comme la dernière des filles de joie.

-Vous serez prié de surveiller votre langage devant une dame, monsieur! Pour qui vous prenez-vous!

Et elle ponctua sa phrase par une gifle qu'elle assenna à l'homme. Visiblement, et c'était à parier, il n'apprécia guère de se faire remettre en place et grogna à nouveau. Athénaïs tenta de passer malgré tout mais le type l'attrapa par le poignet.

-Allez-vous me lâcher, vous me faites mal!

Si elle avait été plus près du château, elle aurait crié et des gardes seraient venus l'aider. Mais à présent elle était beaucoup trop loin... Que faire? Si elle faisait trop de bruit, elle risquerait de rameuter les autres personnes alcoolisées de l'auberge qui seraient peut-être tout aussi aimables que cet homme... Les gens honnêtes se faisaient rares de nos jours... Le coeur de la marquise commença à battre la chamade. Où était son fichu mari lorsqu'elle avait besoin de lui?
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Mer 5 Sep - 12:35

La nuit était fraîche, la jeune suisse, elle, suivait cet homme car il s'agissait d'un homme, avec discrétion, une discrétion féline, sa discrétion. Quand elle marchait, on ne l'entendait pas, quand elle courait, on entendait peut-être le bruit d'un coup de vent et quelques frottements de tissu. Quand elle se battait, on n'entendait que le bruit des lames puis le cri du malheureux qui avait eu l'honneur de goûter le métal froid de son épée ou de sa dague selon les fois. Lisabelle de Saverne savait filer un homme comme d'autres femmes savaient dupliquer leurs charmes pour les séduire. Cette silhouette ne lui était pas familière mais chose incompréhensible, elle semblait comme attirée par cette forme sombre, pas une attirance comme on pourrait l'entendre, mais elle sentait que quelque chose clochait chez cet homme. Toutefois, le suivant de loin, elle risquait de le perdre et de ce fait, se laissait guider à l'oreille, cet homme n'était pas le plus discret d'eux. 

Mais soudain, elle entendit une voix en passant non loin d'une auberge, une voix de femme, une voix de noble femme même, cela se sentait au timbre de sa voix, à la tournure de la phrase qui lui parvint puis à son assurance. Immédiatement, elle changea ses projets, son devoir était de protéger la cour même si cela se faisait dans l'ombre et l'ombre de Paris n'était pas celle de la cour, elle était bien plus dangereuse. Détournant alors son attention de l'homme, elle se concentra sur la scène, un bruit sec avait ponctué la phrase et elle avait compris que l'ivrogne avait connu la main d'une femme sur sa joue, certainement pour la première fois. La suisse pinça les lèvres, cela n'annonçait rien de bon... Elle ne bougea toutefois pas de derrière ce coin de mur écoutant sous sa capuche la tête baissée.

"Allez-vous me lâcher, vous me faites mal ! "

Aïe... Il avait dû lui attraper le poignet, cela arrivait souvent dans ce genre de situation, elle se redressa sans faire bouger sa capuche de son front, elle fit un pas puis un deuxième et se retrouva dans la rue de l'auberge, elle avança vers l'ivrogne et la femme dont elle ne voyait pas le visage, un main sur le manche de la dague placée à sa ceinture, elle approcha. Elle vit alors la main de l'homme saoul se lever et immédiatement, sans autre forme de procès elle bondit, sortant la dague de son étui et la plaçant sous la gorge de l'homme avant de dire d'une voix froide et autoritaire, une voix d'homme :

"Lâche la dame."

Cette familiarité n'était pas digne de son rang mais du soldat qu'elle était et elle n'était pas un soldat à vouvoyer un homme allant frapper une femme sous prétexte qu'elle l'avait remis à sa place. Seulement, avec une dague sous la gorge, une dague dont le métal froid touchait déjà sa peau et appuyait dessus en le forçant à reculer le port de sa tête d'ivrogne, il ne pouvait pas vraiment faire autre chose qu'obtempérer. Il lâcha la femme et la suisse pour sa part dès cela fait le repoussa d'une main avec force vers le mur qu'il heurta de sa tête pour s'étaler sur le sol. Alors, Lisabelle, sans sourire, sans pleurer, sans rien montrer de ses émotions, se pencha sur le corps puant l'alcool et prit le pouls  de l'homme. Il vivrait, il avait de la chance.

La suisse se redressa et regarda la femme secourant sous un capuchon son visage. La marquise de Montespan... Alors, dans un geste masculin et galant, elle se pencha en prenant la main de la jeune femme afin d'y poser un baiser avant de se redresser.

"Madame de Montespan... Si vous le permettez, éloignons-nous d'ici... Je vais vous raccompagner..."

Lisabelle étant souvent chargée de la sécurité de Monsieur et la Marquise étant de ses amies, elle savait bien des choses de cette femme et notamment son lieu de résidence. Elle entraîna la jeune femme dans la bonne direction donc en gardant ses doigts entre les siens comme tout homme d'une certaine naissance l'aurait fait. Si un autre bougre sortait et voyait le corps au sol et les deux nobles, les choses pourraient devenir dangereuses...

[hj : je mettrai les codes en rentrant chez moi je pars pour le code Wink souhaites moi bonne chance ^^]


Dernière édition par Liam de Saverne le Jeu 6 Sep - 0:35, édité 2 fois
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Mer 5 Sep - 14:07

La belle marquise s'apprêtait à passer un bien vilain moment et rentrer chez elle bien moins belle qu'à l'accoutumée avec probablement un oeil au beurre noir et un gros bleu sur la joue. Mais fort heureusement pour elle, la chance lui souriait ce soir. Alors qu'elle pensait que le pire arriverait, c'est en fait tout l'inverse qui se produisit, et le son d'une voix familière la rassura. Par elle ne savait quel miracle, l'un des gardes de son ami Philippe d'Orléans se trouvait là et arrêta le geste de l'agresseur d'Athénaïs, et ne tarda pas à le mettre hors d'état de nuire. Le gentleman lui adressa ensuite un baise-main et l'entraîna avec lui sur le chemin du retour.

Athénaïs était pâle comme un linge, son coeur battait toujours à tout rompre, mais elle continuait tant bien que mal à marcher, guidée par son protecteur de la soirée. Elle n'avait pas encore trouvé la force de lui parler pour le remercier, mais il fallait qu'elle le fasse. Elle l'incita donc à s'arrêter et lui prit les mains. Elle avait encore les larmes aux yeux à cause de l'émotion.


-Oh monsieur je tiens à vous exprimer toute ma gratitude, sans vous, c'en était fini de moi. Comment puis-je vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour moi?

Il fallait le reconnaître, Monsieur savait s'entourer. Il n'y avait pas que des mauvaises personnes en ce bas monde, et Liam venait de le prouver. Athénaïs lui devait une fière chandelle et ne manquerait pas de l'aider en retour si elle le pouvait.

-Je ne manquerai pas de dire à Monsieur combien vous avez été courageux pour me sauver, soyez-en assuré.

Malheureusement, la marquise n'avait guère d'argent à disposition, elle ne pourrait donc faire parvenir un présent au garde suisse pour le remercier. Mais peut-être qu'en parlant de ses prouesses à Philippe, il lui ouvrirait des portes, ferait en sorte de lui garantir une certaine ascension sociale... Ah elle ne manquerait pas de lui en toucher mot si elle le voyait, et à défaut de le voir, elle lui écrirait. Il fallait dire que Monsieur, depuis le décès de sa mère, était bien peu visible à la Cour, et Athénaïs le regrettait fort. Il supportait bien mal le deuil de sa pauvre mère, et c'était tout à fait compréhensible.

La marquise tremblait encore sous la forte émotion qu'elle venait d'éprouver, et sa respiration devenait difficile. Il fallait dire que les femmes de cette époque, lorsqu'elles étaient soumises à de fortes émotions, avaient tendance à tomber en pâmoison à cause des corps baleinés qu'elles portaient et qui ne leur garantissaient point une respiration aisée.
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