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 Tu veux voir mon château de cartes ? ▬ Philou chéri


Ven 31 Aoû - 2:47

LOULOU ET PHILOU
Tu veux voir mon château de cartes ?

« Ne voulez-vous pas vous taire, madame ? J’essaye de dormir , lança Louis en grognant. Il repoussa les draps et se leva, attrapant sa robe de chambre. Il passa l’agréable robe de soie sur son corps, serrant le cordon autour de sa taille. Il jeta un coup d’œil à la splendide créature qui végétait entre les draps et avec qui il venait de partager une nuit de folie. Mais il s’était avéré qu’elle avait un caquet fort ouvert et depuis près d’une demi-heure, elle le baratinait de sa nouvelle toilette que la plus douée des mercières de Paris allait lui confectionner. Et Louis n’en pouvait plus d’entendre parler tulles, rubans, perles et dentelles. Il quitta la chambre à coucher, refermant la porte sur les considérations de son amante au sujet d’un de ses ministres. Si en plus les femmes se mettaient à s’intéresser à sa façon de gérer son royaume, le monde ne tournerait bientôt plus rond ! Traversant son bureau, Louis prit place à son secrétaire, jetant un coup d’œil aux quelques missives qui s’amoncelaient sur la surface de bois laqué. Il les reposa d’un mouvement lâche et se laissa aller contre le dossier tapissé de brocart de velours pourpre. Il posa son menton sur sa main, regardant à travers la fenêtre les jardins de Saint-Germain-en-Laye. Une soudaine envie d’air frais le prit. Il quitta son fauteuil et retourna à sa chambre où il trouva sa maîtresse encore affalée sur les draps, son corps nu entièrement dévoilé à sa vue. Louis s’approcha d’elle, un sourire quelque peu espiègle sur les lèvres. Il dessina le contour de ses courbes du cou aux genoux du bout des doigts puis, après l’avoir embrassée une énième fois, lança d’un ton détaché : « Vous avez une heure pour quitter le palais en toute discrétion ». Il quitta la chambre et alla se vêtir. Tout était déjà prêt et il n’eut qu’à claquer des doigts pour qu’on le farde d’amidon. Il refusa la perruque à bourses d’un haussement de sourcils et se leva, jetant un coup d’œil au miroir en pied, cadré d’or. Une œillade à la glace et Louis quittait la pièce de sa démarche altière et royale, emprunte d’assurance. Il se rendit dans l’un des salons, salué avec respect par les gardes et la Cour. Il alla jusqu’aux appartements de son frère et s’y fit annoncer. Il fit refermer les portes derrière lui, histoire d’être un peu tranquille avec son cadet.

« Mon cher frère, que diriez-vous d‘une visite aux chantiers de Versailles ? » demanda-t-il en prenant place dans un fauteuil à oreillettes. Il savait parfaitement que, de toute façon, Philippe ne dirait pas non. Il n’en avait pas vraiment le droit, même s’il en avait le cran !


Dernière édition par Louis XIV de France le Lun 10 Sep - 10:41, édité 1 fois
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Jeu 6 Sep - 23:54

[Ahahah voilà ton cadeau d'anniversaiiiireuh fan attitude Happy birthday again mon dear Loulou amour]

    Fallait-il vraiment qu'il se lève aujourd'hui ? Oui il le fallait bien, mais en avait-il véritablement l'envie? Non. Pas aujourd'hui. Il ne voulait pas. Il n'en avait pas le courage. Malgré le jeune page à ses côtés, malgré les douces caresses qui l'avaient enivré, aujourd'hui Monsieur n'avait pas la force de se lever, de sourire, de saluer, de babiller, de rire, de dissimuler, d'être courtisan enfin, et de plaire à tous. Il avait fait des efforts pourtant. Jusqu'à présent il s'était bien comporté, il avait fait exactement ce que l'on attendait de lui. Mais cette nuit... Cette nuit avait été terrible.
    Voilà un mois. Voilà tout juste un mois. Comme son visage devait être glacé maintenant, seule dans sa gangue de marbre, comme sa peau devait être fine et blanche, enfin blanche... vert olivâtre serait plus approprié. Philippe avait rêvé de son visage toute la nuit, avait imaginé le corps qui se décomposait lentement... dévoré de l'intérieur ; les yeux vides, d'un vert éclatant autrefois, désormais vitreux, fixés sur lui, quoi qu'il fasse. Il fermait les yeux il sentait son regard. Et sa voix, rauque, sépulcrale, s'éleva de sa poitrine comprimée par le cercueil de pierre froide. "Aide-moi, Philippe, je t'en prie, aide-moi j'ai mal, je souffre... Pour l'amour de Dieu, aide-moi !" Il avait secoué ses boucles noires, les yeux écarquillés, la peur lui nouant le ventre, les larmes coulant de ses joues, arrachées de ses yeux."Je ne peux pas, mère. Je ne peux rien pour vous. Je ne peux rien." Il avait gémi, il avait tenté de se justifier, il avait poussé des plaintes. Mais aucune ne semblait satisfaire le cadavre qui restait face à lui et qui l'appelait et qui pleurait, qui souffrait, qui partait en petits morceaux. Impuissant, Philippe avait recouvert ses oreilles de ses mains, ne voulant plus entendre. C'était intolérable. Les pleurs transperçaient douloureusement ses paumes, vrillaient ses tympans.
    Il s'était brusquement éveillé, brûlant de fièvre, perlé de sueur, le souffle court. Il s'était laissé retomber sur son oreiller dans un soupir, après un regard apeuré.
    Oh non finalement il devait se lever, Philippe savait que s'il ne sortait pas de ce lit il allait continuer à penser à sa douce mère, à pleurer. A avoir peur. Car bientôt il s’imaginerait avec un teint de cadavre, des lèvres bleues, hideuses... Il aurait un trou dans ses joues où la chair serait arrachée, où les insectes grouilleraient, tombant sur ses épaules décharnées. S'il ne parvenait pas à se lever, c'était qu'il était mort.
    Il devait sortir de ce lit !
    Il toucha sa peau, s'assura qu'il n'y avait aucun trou immonde, qu'elle était toujours douce sous ses doigts. Il fut rassuré, se leva pour aller à sa toilette en donnant un petit coup au page.


    -C'est à toi de me réveiller, non l'inverse. Debout !


    Il se regardait maintenant dans le miroir et attendait que le petit page vint le pouponner. Philippe regardait son reflet. Il se trouvait horrible ce matin, détestable, affreux. Il fallait arranger cela et vite.

    Heureusement qu'il s'était réveillé de bonne heure, et il ne cesserait de remercier les dieux tout au long de la journée pour cela. Dans d'autres circonstances jamais il n'aurait pu être prêt pour accueillir son frère.
    Son cœur n'avait fait qu'un bond, son front s'était légèrement plissé. Pourquoi si tôt ? Pourquoi maintenant ? Et puis son sourire avait été irrésistible. Louis venait lui rendre visite, il n'y avait plus qu'à espérer que ce ne soit pas pour lui annoncer quelque chose de désagréable. Philippe se disait aussi qu'il n'avait pas bien agi récemment avec le Roi... Il avait refusé son commandement de sortir de la pièce où se mourait leur mère, il avait ensuite refusé de revenir à la cour à la demande de son souverain, il s'était enfermé malgré les demandes puis les ordres pressants.
    Monsieur se demandait si le Roi lui en tenait rigueur, lui qui semblait aller si merveilleusement bien. Philippe n'était pas aussi fort que lui, il n'arrivait pas. Monsieur eut tout juste le temps de se lever, de se tourner vers la porte, de sourire à son frère qui entrait d'un pas décidé et déterminé chez lui.
    Le sourire de Monsieur fut espiègle, tiré d'une légère fatigue néanmoins. Il offrit à son aîné une de ses révérences dont il avait le secret, qui renfermait en un geste tout le respect, l'extravagance mais aussi les légères moqueries que Philippe gardait toujours en réserve pour le souverain, lui qui était le Frère du Roi et qui pouvait se permettre ce que personne n'osait jamais. Pourquoi fermait-il la porte ? C'était un comportement qu'il trouvait inhabituel. Ouh les boucles de ses chaussures... Pas de diamants aussi gros avec de telles couleurs et cette forme de talons... Louis ne comprendrait décidément jamais.
    En entendant les mots "visite" il sourit. Quelle joie, ce n'était pour le moment qu'une visite de courtoisie, quoique Philippe connaissait trop son frère pour ne pas savoir que parfois, cela cachait des intentions plus profondes.
    En comprenant le mot "chantiers" il se figea, il pourrait se salir, mais peut-être que le Roi avait besoin de son avis fort expert pour tout ce qui était au moins de l'art et de l'agencement des pièces, car jamais Louis ne laissait autrui commenter l'architecture qu'il avait soigneusement éprouvée lui-même et royalement.
    Ce fut Versailles qui décomposa le visage du Duc d'Orléans. Versailles ? Par ce temps, dans cette terre encore ingrate où soufflaient des vents cruels et glacials ?
    Philippe avait déjà relevé des yeux suppliants vers Louis. Il savait que c'était bien inutile, mais qui ne tente rien n'a rien. Voilà qui expliquait sa tenue bien plus appropriée pour l'extérieur que l'intérieur et qui avait interpellé Monsieur sur le moment. Voilà qui expliquait aussi cet air bien plus conquérant que d'habitude, cet air déterminé.
    Philippe sut qu'il n'avait aucun choix.
    Il eut un sourire mielleux.


    -Pas de Lever ce matin ?... Et bien, Sire mon frère, j'ai toujours rêvé d'attraper le mal en plein cœur de l'hiver en visitant un palais de courants d'air. Accordez-moi le temps de me vêtir chaudement et je vous suivrai jusqu'aux confins du monde, avec un enchantement que je tenterai de vous montrer.

    Ce n'était pas faux. Philippe était heureux et flatté aussi d'avoir chez lui le roi, que le roi l'invite à visiter son château dont il tirait déjà une certaine fierté. Mais sincèrement... Louis n'aurait-il pu lui montrer les dernières gemmes de sa collection? Au coin du feu, cela aurait été parfait ! Philippe se serait contenté de peu, d'un endroit sec et chaud, de bras puissants et tendres pour l'entourer et lui dire qu'il était aimé, pour lui dire que sa mère était maintenant à la droite du Père et qu'elle veillait sur lui de là-haut, qu'elle veillait sur Louis. Bref il se serait contenté de peu comme nous disions et il le faisait comprendre de son ton suave, un rien moqueur.
    Car non, au lieu de ça il allait en pleine campagne, loin de la chaleur, de ses amis, de ses macarons, de tout. De tout, sauf de son Roi.

    Philippe fit aussi vite qu'il le put, aussi vite qu'il put pour ne pas faire "trop" attendre le Roi. Il revint bientôt, revêtu de cette couleur lilas qu'il ne quittait plus depuis... Hum. Une cape de fourrure grise sur les épaules, des bottes d'un noir lustré aux pieds, il avait dans les mains un chapeau qu'il mettrait à contrecœur sur sa tête pour le protéger du froid. Monsieur n'aimait pas les chapeaux, cela détruisait ses coiffures si compliquées. Ces gants d'un violet sombre dans la même main, il fit une nouvelle révérence.


    -Que Sa Majesté se donne la peine de sortir et m'ouvre la voie.


    Les chevaux étaient déjà dans la cour de marbre. Philippe monta sur l'étalon à la robe gris pommelé, et qui s'accordait si bien à sa cape, à sa plume, bref, à son costume qui était parfait. Il sourit du haut de sa monture, qui piaffait un rien sous le poids de son cavalier, et qui ne voulait qu'une chose : rentrer à l'écurie, car décidément ce n'était pas un temps à sortir un humain dehors.

    -Versailles donc ?

    Sa voix avait été un rien bougonne, mais aussi un rien espiègle. Le jeune frère s'amusait de cette escapade avec son aîné, et finalement en éprouvait une certaine impatience.
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À s'habiller sans péril, on triomphe sans goût
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Titre/Métier : Fils de France, Frère unique du Roi, Duc d'Orléans
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