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 Quand féminin et masculin ne font plus qu'un et que l'on le rencontre par deux fois... [with Louis XIV de France]


Lun 3 Sep - 15:27

Si je te mets à terre diras-tu toujours ce que tu penses ?
Ou diras-tu ce que je veux que tu penses ?


« Debout là-dedans ! »

Le jour n'était pas encore levé quand le lieutenant des Cadets venait réveiller les jeunes garçons, Liam en se levant s'étira et sourit à son voisin : Laurent de Flone, une tête de plus que lui et déjà une montagne de muscles bien qu'ils n'aient que trois ans de différence. Tous les deux avaient toujours été très proches depuis le premier jour, ils savaient se battre et pouvaient utiliser toutes leurs capacités l'un contre l'autre. C'était cela qui avait participé à les rapprocher puis il faut dire que tous les deux étaient de sacrés caractères déjà séparément. Liam se débarbouilla comme ses frères d'armes et sortit dans la cour d'entraînement pour un appel puis pour un tour de garde le temps que le palais ne se réveille. Alors, les jeunes cadets retournèrent à la cour pour s'entraîner, le Roi devait venir voir les jeunes soldats. Les combats démarrèrent, les jeunes gens étaient libres de s'entraîner ou non mais ceux à s'entraîner tous les jours étaient rares et il s'agissait des deux plus prometteurs cadets de la compagnie Liam de Saverne et Laurent de Flone, les deux inséparable qui finissaient toujours par se battre ensemble. Mais le Roi arriverait et il fallait que tout le monde combatte pour que s'il soit en avance il le voit.
Le jeune garçon commença alors à s'entraîner comme à son habitude quand le roi entra dans la cour, depuis quelques jours un cadet le collait particulièrement, il ne comprendrait la raison de cela que bien plus tard mais quoi qu’il en soit, alors que tous s’entraînaient avec application, le souverain arriva dans la cour. Liam le regarda du coin de l’œil impressionné par son port noble et de Flone comprenant le trouble de son jeune ami lui ébouriffa les cheveux en en profitant pour lui piquer son épée afin d’éviter peut-être la vengeance du jeune cadet pour ce geste et dans un sourire le taquina :

« Concentre-toi Saverne… C’est pourtant pas compliqué de tenir une épée…
-Méfie-toi Flone, je peux bien te mettre à terre si c’est ce que tu veux…
-Devant sa Majesté ? Mon petit cadet aurait-il perdu la tête ? Mais vient petit cadet je t’attends…
»

Le jeune homme avait le sourire aux lèvres bien qu’il voit que son jeune ami ne l’avait pas, Liam avait un air terrible quand il lançait ce type de regard noir dont il avait le secret mais le futur mousquetaire savait que jamais son ami ne lui ferait de mal, bon autant dire que le jeune homme quand il rendit son épée à son cadet le fit avec prudence, puis ils se mirent en garde et commencèrent à se battre, au début, ce fut avec sérieux puis leurs deux sourires se rencontrèrent, et là le jeu commença véritablement tous deux savaient le prochain coup de l’autre et de ce fait on ne savait jamais vraiment quand finirait le combat seulement cela ne sembla pas du goût de tout le monde.

« Hey ! Saverne ! Tu fous quoi… Encore ici ? »

Les coups cessèrent net, Liam se tourna vers celui qui l’avait interpellé et cette fois son ami n’en profita pas pour l’embêter, la phrase avait été prononcée presque avec dégoût et Liam de Saverne n’était pas de la même trempe que ceux qui pouvaient laisser passer un affront.

« Qu’est-ce que je fous encore là ? Et bien j’attendais que tu viennes m’emmerder pour mettre dehors.
-Liam… Laisse.
»

Laurent savait comment ça finirait, il savait que le sang chaud voire même bouillant du jeune cadet l’emporterait sur son cynisme et voulant éviter un désastre, il était intervenu. Seulement, le gascon n’avait pas fini de parler au jeune Saverne.

« Arrête de le protéger de Flone, ou devrais-je dire, la protéger… »

Les mâchoires de Liam se fermèrent d’un coup sec alors que le premier coup partait, non pas avec rage comme on pouvait le penser mais avec calme et force, un coup, deux coups, trois coups, l’insolent était forcé de battre en retraite, Liam était un fin escrimeur, rapide, vif et assez téméraire, que l’on ait découvert qu’il était une fille ne pouvait être permis, il clouerait le clapet à cet imbécile qui, pour le provoquer n’avait rien trouvé de mieux que de le traiter de fille. Encore des coups, ils tombaient par averses et quand ils ne tombaient pas, d’autres coups étaient eux arrêtés dans leur élan, certains observaient, nombreux même mais du coin de l’œil seulement, le Roi était dans le place. Encore des coups, on avait arrêté de les compter depuis longtemps quand enfin, Liam d’un coup le déséquilibra, à droite, à gauche, à droite, à gauche… Puis d’un coup, mettant plus de force encore dans ses bras, il frappa à nouveau, le garçon tomba, Liam était debout, un pied immobilisant la lame de son adversaire dans la poussière et sa propre lame sous le menton du gascon.

« Tu trouves toujours que je ressemble à une fille Faen ?
-Non…
»

Il avait craché un surplus de salive à ce moment-là puisque le jeune cadet l’avait libéré de sa prise en reculant, on n'oserait plus pendant un certain temps remettre en cause son sexe. Laurent offrit un sourire à son ami qui décida qu’il était temps de se poser, il se battait depuis des heures, des jours et des années maintenant. Il monta donc sur un tas de pierres en s’y hissant à la force de ses bras, ses pieds ballants à une vingtaine de centimètres au-dessus du sol, il observait ses frères d’armes et le Roi.




Rien n'est jamais dû au hasard...


Lisabelle observait les jardins qui se présentaient sous ses yeux, elle n’était pas sensible à la beauté des fleurs, elle n’observait pas un homme, elle n’observait pas une femme pour autant, elle observait les jardins dans leur ensemble, marchant dans les allées de verdure d’un pas souple dans son uniforme de suisse, parfois, elle venait à croiser quelqu’un, saluait ou ne saluait pas cela dépendait, elle devait avant tout veiller à la sécurité des lieux… Jamais rien ne devait arriver au Roi, jamais. Elle jeta un nouveau regard autour d’elle, enfin plutôt sur sa gauche où se trouvait le chemin qui la conduirait de là où elle se trouvait droit à la cour des mousquetaires. Comment pouvait-elle encore penser au passé ? Elle était suisse à présent… C’était un ordre militaire bien plus loyal à la couronne de France qu’elle servait avec bravoure depuis déjà bientôt cinq ans. Elle était mieux en suisse qu’en mousquetaire… Elle le savait et pourtant, son cœur restait parmi les mousquetaires, leur esprit de combattants sans doute, ou tout simplement le fait qu’elle ait grandi avec eux, elle ne le savait pas.

« Tu sembles rêveur Liam… »

Oui, Lisabelle continuait à se faire appeler Liam, elle conservait aux yeux du monde entier ou presque son identité d’homme. Liam de Saverne était resté et personne d’intelligent ne se risquait à l’appeler par son vrai nom à savoir Lisabelle de Saverne. Personne. Il fallait être fou et suicidaire pour oser appeler ainsi la jeune femme qui prenait un soin bien particulier à ressembler à un homme dans tout ce qu’elle faisait, mais en entendant son frère d’armes, Thomas de Dargne, elle le regarda et sans faire apparaître un sourire sur son visage, le fixa.

« Tu pensais encore aux mousquetaires n’est-ce pas ?
-C’est probable.
»

La jeune femme regarda autour d’elle pour reprendre sa route qu’elle avait interrompue. Le jeune homme lui la suivit sans un mot de plus puis quand ils arrivèrent plus près encore de la cour d’entrainement, Lisabelle obliqua sa route, elle n’avait pas envie de les voir aujourd’hui, elle regarda donc le suisse en lui faisant signe de continuer. Son instinct lui disait qu’il valait mieux qu’elle s’abstienne d’entrer dans cette cour aujourd’hui. Aussi, elle continua seule sa route entre les bosquets en observant autour d’elle, ignorant les rares amants qu’elle pouvait trouver, marchant vers le palais, mais n’y allant pas. Ses ordres avaient été de tourner dans les jardins, elle tournerait dans les jardins, c’était rarement sans raison et même jamais sans raison que Monsieur Bontemps, Premier Valet du Roi donnait un ordre. Cela tous les suisses le savaient ou presque. Ces temps-ci, Ferdinand semblait vouloir prendre la totalité du commandement des suisses du palais. Ses ordres étaient souvent en désaccord avec les valeurs du premier valet au goût de la jeune femme. Son épée était à sa ceinture, prête à servir, une dague se trouvait dans sa botte, un mousquet aussi était à sa ceinture mais celui-ci elle ne le sortait jamais ou presque. N’avait dû s’en servir qu’une fois en dehors de l’entraînement et s’en souvenait trop bien :

L’homme était là, face à elle, elle l’avait poursuivi toute la journée et quand le jour était tombé l’avait débusqué, pris de vitesse, il avait voulu se jeter sur elle avec son poignard, sortir son épée aurait était trop long et le fait que la ruelle soit étroite ne lui permettait pas de faire de trop amples mouvements, elle s’était alors rappelée le mousquet, avait esquivé le premier coup pour se donner le temps de l’attraper et avait tiré, tiré oui. Il était tombé mort sur le sol et elle avait pu récupérer la lettre sur son cadavre qui avait certainement depuis été mangé par les chiens, les rats, les verres et pourquoi pas les hommes…

La jeune suisse était loin d’ignorer la misère qu’il y avait derrière les grilles de Saint-Germain-en-Laye mais elle ne pouvait rien y changer. Le Roi lui-même le pouvait il… ? Ça avait toujours été ainsi et ça le serait certainement toujours. Elle regarda autour d’elle et comprit soudain l’ordre de son supérieur, le Roi se promenait dans les jardins. Bontemps n’aurait pas pu le lui dire directement ? Ça lui aurait évité des questions inutiles. Enfin peut-être pas, Lisabelle n’avait jamais été assignée qu’à la protection de Monsieur jusqu’ici. Sur demande du Roi certes mais jamais directement. Bontemps avait été son porte-parole et son messager. Lisabelle fit taire ses interrogations, elle y aurait bientôt une réponse à chacune. Le Roi allait finir par arriver à sa hauteur et d’ailleurs, c’était fait. Elle s’inclina comme tout soldat le ferait. Elle n’était pas une dame de la cour, elle était un soldat. Et de ce fait, elle n’avait pas à s’incliner comme une dame mais comme un soldat ce qui lui convenait - il faut le dire - à merveille.

« Votre Majesté… »

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Dim 9 Sep - 23:21

IL Y A QUELQUES ANNÉES

Louis refusait. Il refusait de laisser une telle parcelle de terre à l'armée ennemie. La guerre était inévitable et avec elle, une visite à son armée. Du haut de toute sa majesté royale, Louis XIV de France donnait les ordres, était obéi au doigt et à l’œil. Et rien n’était pour lui plaire plus que de rendre visite à ses régiments en campagne ou bien en réserve. N’était-ce pas lui qui, du haut de ses douze ans, avait tenu un discours habité de hargne et de respect devant les soldats de son armée, tous bien plus âgés et expérimentés dans les choses de la guerre que lui ? Et à présent qu’il était le roi, il allait y retourner. Revoir tous ces hommes en bottes et pourpoints boueux qui se battaient pour lui et pour sa couronne. La France avait une fière armée. Et Louis en était le chef suprême. A lui de faire taire les revendications de pouvoir au sein de l'organe principal du mécanisme de son royaume et de sa puissance. Car Louis en était parfaitement conscient : sans frappe armée, il n'était que monarque auto-proclamé de droit divin. Sans mousquets et arquebuses, il n'avait que Dieu pour assurer son trône. Ainsi, lorsqu'il arriva au premier camp entouré de ses ministres et de ses généraux, Louis s'était aussitôt senti à l'aise. Il aimait cette odeur d'hommes fatigués et puants, l'ambiance bruyante d'un camp de guerre, les cliquetis des armes que l'on nettoie, le crissement des canons que l'on fait tirer par les chevaux qui hennissent. Cette symphonie résonnait aux oreilles du jeune souverain comme une douce musique, presque un goût d'antan.

« Messieurs, je souhaite voir l’entraînement des cadets » dit-il en enlevant son gant d’un geste noble et faisant un mouvement impérieux de la main.

On s’affaira très rapidement sous son regard amusé puis on le mena à un endroit à l’écart du camp, où s’entraînaient les plus jeunes. Il avait été l’un des leurs, quelques années auparavant. Et à chaque fois qu’il croisait le fer dans la salle d’armes de Saint Germain en Laye, Louis repensait à cette période de sa vie. Quand il avait fallu fuir Paris, vendre les bijoux de la reine, ne manger qu’un immonde gruau. Louis s’était promis de faire payer aux Frondeurs leurs actes, au centuple. Et chaque jour depuis lors, il avait travaillé sa diction, son éloquence et son adresse aux armes. Assis sur son destrier blanc, Louis posait un regard calme sur les soldats que l’on avait réunis à la hâte. Il leva la tête et aperçut alors un jeune homme, perché sur un tas de pierres. Il haussa un sourcil puis descendit de sa monture avant que le palefrenier ait le temps d’apporter un escabeau. Il s’avança de sa démarche fière et altière vers le général qui accourut, presque face contre terre.

« Qui est ce jeune homme, là-haut ? Faîtes-le descendre, je souhaite lui parler » lâcha Louis. Son ordre eut l’effet d’une bombe. Le général blêmit et fila transmettre l’ordre à un sous-officier, pour qu’il fasse descendre le jeune inconnu sans trop faire attendre son souverain.

AUJOURD’HUI

« Non, non et non. Je vous le répète, monsieur le Nôtre, je veux ici une fontaine » dit le monarque avec un ton très sérieux, bien que son discours ressemblât plus au ton d’un enfant gâté mécontent de son dernier jouet.
«Il sera fait selon les désirs de Votre Majesté » s’inclina l’architecte des jardins de Versailles.

J’espère bien, pensa Louis en reposant son regard sur les plans étalés devant lui. Le soleil perçait à travers les persiennes et venait strier les plans de larges bandes de lumière. Louis en avait mal à la tête. Il travaillait avec ses architectes depuis près de trois heures et la lumière d’après-midi lui manquait, dans cette sombre salle. Il se redressa et d’un rapide geste de la main, se fit apporter un verre de vin qu’il but en une longue gorgée. Il en avait assez. Il congédia le petit groupe, sans pour autant oublier de féliciter André le Nôtre et Louis le Vau pour leurs ébauches des jardins de Versailles. Son palais allait être sublime. A l’image de sa puissance et de sa majesté, à l’égale de son ego et de l’image qu’il avait de sa France. Il leva la tête et son regard se posa sur le tableau de sa mère, Anne d’Autriche. Un triste sourire s’esquissa sur son visage. Même si sa mère et lui avaient eu leurs différends, elle avait toujours été une présence réconfortante pendant les années de trouble. Et la perdre avait été une cruelle blessure pour le jeune monarque, même s’il n’en avait rien montré. Pas une parole rassurante pour son frère. Et au fond de lui-même, Louis se punissait de cette conduite indigne d’un frère aîné dans de telles circonstances. Mais il avait la plus excellente des excuses pour ne pas trop se morfondre dans ses regrets : il était le roi et il agissait uniquement selon son bon plaisir. D’ailleurs, l’envie de se promener dans les jardins de Saint Germain en Laye le prit soudain. Il quitta la salle, ordonnant que les plans des jardins soient emportés dans sa chambre, où il aurait plus le loisir de les détailler, à tête reposée. Vêtu d’un pourpoint doré, de bas blancs et de ses chaussures à talons rouges, Louis passa une cape doublée de fourrure et quitta l’intérieur du palais pour les jardins. L’air glacial de l’hiver le revigora. Il retrouva toute la vivacité perdue pendant ces longues heures d’étude. Accompagné de dames, de valets et de nobles, il déambula dans les parterres, comparant la candeur et la beauté cristalline de la nature hivernale à celle, éclatante et foudroyante des dames à son bras qui rougirent comme des pivoines. Le petit groupe passa entre deux hautes haies de buis, lorsqu’un des Suisses s’abaissa devant lui, murmurant un « Votre Majesté ». Louis s’arrêta. Le visage du soldat, qu’il avait aperçu un court instant, lui disait quelque chose. Il s’approcha, deux splendides créatures emplumées au bras, et parla.

« Relevez-vous, soldat. Déclinez votre identité. »

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