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 Au détour d'une randonnée équestre [Stefano Sforza]


Ven 7 Sep - 13:31

En cette journée ensoleillée de février, la Reine se sentait lasse et avait réclamé qu'on la laisse seule. Seule entendait pour la reine, sans la présence de ses françaises de dames de compagnie. Cela voulait dire, "seules entre espagnoles". Ainsi donc, les six dames de compagnies, composées de deux duchesses, deux marquises et deux comtesses, se retrouvaient libres de leur journée, ce qui n'était guère pour leur déplaire. Ainsi, la comtesse d'Heudicourt, Bonne de Pons, proposa à Athénaïs une promenade à cheval. Il était rare que les femmes sortent seules à cheval, mais Bonne et Athénaïs aimaient à se montrer originales. Elle se donnèrent donc rendez-vous aux écuries royales une heure plus tard. Athénaïs s'empressa de courir chez sa soeur pour que celle-ci lui prête sa robe d'amazone, étant donné que la jeune marquise n'en avait point encore, faute de finances. Gabrielle exauça le souhait de sa cadette, et voici notre marquise de Montespan prête pour sa sortie équestre.

Après deux bonnes heures de promenade dans la forêt, d'échanges de rires et d'avis entre les deux amies, Bonne se rappela soudain qu'elle avait rendez-vous avec son amant d'ici peu et qu'il lui fallait donc se hâter de rentrer afin d'être présentable. Athénaïs sourit à son amie et la laissa prendre congé. La marquise, quant à elle, avait encore envie de profiter de cette belle journée. Même si les hivers pouvaient se montrer rudes, lorsque le soleil était au rendez-vous, il fallait s'en réjouir, d'autant que la marquise ne savait pas quand l'occasion d'une telle sortie se reproduirait. Vêtue de la belle robe d'amazone gris souris de sa soeur, un chapeau à grande plume sur la tête, Athénaïs était très élégante. Sa monture, une jument espagnole blanche aux crins blonds, rendait le tableau d'autant plus charmant. Elle galopa quelques instants et fit même sauter à sa jument un tronc qui se trouvait en travers du chemin de la forêt qu'elle empruntait. Mais soudain, des bruits de sabots ferrés claquant le sol dur se firent entendre, et ce n'était pas ceux de la jument blanche. Un cavalier ne tarda pas à passer, par un chemin perpendiculaire au sien, et tournant dans la même direction, ce qui fit qu'il se trouvait devant elle sans la voir. Poussée par la curiosité, la belle marquise décida de le suivre, au pas cette fois, afin de ne point être entendue.

Se rapprochant quelque peu du cavalier dont l'identité restait pour l'heure inconnue, Athénaïs crut malgré tout reconnaître les allures de certain des amants de son ami Philippe d'Orléans. Le bel italien Stefano Sforza. Mais rien n'était sûr. Un homme à cheval aperçu de trois quart un bref instant et de dos pour le reste, ressemblait à n'importe quel autre homme à cheval. C'aurait très bien pu être son mari qu'Athénaïs ne l'aurait reconnu. Il était cependant clair qu'il s'agissait d'un homme de Cour, étant donné la grande classe qui émanait de sa prestance. Voyant que l'homme n'avait guère l'air pressé, la marquise décida qu'il était temps de faire connaitre sa présence. D'un léger coup de talon, la belle amazone fit trotter sa monture afin de se retrouver botte à botte avec le cavalier qui aura bien avant cela deviné sa présence par le bruit de la seconde allure de la jument. A présent, ils étaient côte à côte
.

-Monsieur Sforza, bien le bonjour. Je me disais bien que cette allure ne m'était point inconnue. Comment donc vous portez-vous?

Cela voulait bien sûr dire: "comment se fait-il que vous ne soyiez pas avec Monsieur?". D'autant que chacun savait que la sensibilité de Philippe avait été mise à rude épreuve avec le décès de sa mère, qu'il avait énormément de mal à supporter. Les politesses passées, Athénaïs s'empresserait de demander des nouvelles de son ami qu'elle n'avait point revu depuis le tragique événement.
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Ven 7 Sep - 14:59

C'était une magnifique journée de février, ensoleillée. Stefano observait le paysage depuis la fenêtre de sa chambre. Il venait de se lever, dérangé par un rayon de soleil sur son visage. Il était torse nu derrière les vitres qui retenaient l'air froid dehors. Cette nuit avait été reposante et longue, sans cauchemar, ni rêve. Mais que faire par un si beau temps? Il était seul et ne voulait pas voir Monsieur, il l'avait vu hier. Philippe était toujours dans le même état, mais faisait semblant d'aller bien. Il s'armait de son faux rire et de manies plus fausses les unes que les autres pour faire croire qu'il allait mieux. Le Milanais avait passé une bonne partie de la journée dans la suite du Prince, où ils avaient parlé de son Italie natale, des ressentiments profonds du danseur et du Duc et d'autres sujets qui intéressaient toujours l'Italien. D'ailleurs, le Duc d'Orléans lui avait donné rendez-vous dans l'après-midi pour une chorégraphie importante, lui avait-il dit, pour le bal! Elle serait encore plus belle que la dernière, plus technique et surtout plus mouvementée. Stefano avait ressenti chez Monsieur l'envie de rattraper le malencontreux accident qui s'était passé pendant leur ancienne représentation. Ils seraient à nouveau les trois, Monsieur, Jean-Baptiste et lui, et ce sera magnifique, resplendissant, avait susurré Philippe, des étoiles plein les yeux.

En attendant, il fallait s'occuper, mais avec quoi? Son esprit repartit vers le manque de sa famille, sa mère…, son frère…, oui, il avait trouvé! Il faisait souvent des promenades à cheval avec lui, pourquoi ne pas y aller? Il enfila alors des habits assez chauds, une grosse écharpe, se recouvra ses mains de magnifiques gants en cuir et se dirigea vers l'écurie.

Il en ressortit avec un bel étalon brun à la crinière noire jais. Il le prit par la sangle et ils traversèrent la cour avant qu'il monte dessus. Stefano aimait monter sans selle car le contact avec l'animal lui procurait une autre sensation, qu'il préférait. Il se sentait mieux. D'ailleurs, les remarques à ce sujet sur son chemin fusèrent. Certains le traitaient de fou alors que d'autres lui lançaient un regard étrange.

Le cavalier rentra dans la forêt, encore blanche. Les arbres étaient recouverts d'un splendide manteau de neige et les étangs qui se trouvaient au bord du chemin avaient gelé, laissant place à de grands miroirs qui reflétaient la lumière du soleil. Il ralentit le pas de son cheval pour pouvoir mieux contempler la beauté de ce paysage d'hiver qu'il appréciait tant. Ses pensées étaient perdues et il laissait place à son imagination. Stefano faisait entièrement confiance à son cheval et lui donnait le choix de la balade, le ralentissant seulement quand il allait trop vite à son goût
.


Une femme le sortit de sa bulle, elle était splendide. C'était Athénaïs de Montespan, il ne l'avait pas tout de suite reconnue sous son magnifique chapeau plumé
.
Bonjour ma chère Marquise, je me porte bien et vous-même? demanda l'Italien avec son accent toujours marqué. Je ne savais pas quoi faire de cette belle journée et des souvenirs de mon pays m'ont rappelé qu'il y avait toujours la possibilité de sortir à cheval. Je dois retrouver mon Prince cet après-midi pour le spectacle du bal, et, d'ailleurs, je l'ai vu hier, il se porte bien on peut dire, dit-il en regardant le sol. Enfin, la mort de sa mère est difficile pour lui et notre Duc va mettre du temps à s'y habituer, dit-il en plantant ses yeux émeraude remplis de gentillesse dans celui de la Marquise.
Et vous ma chère, que me racontez-vous de nouveau?
Stefano ne connaissait pas très bien Athénaïs, mais il avait envie de remplir ce vide et d'apprendre à la connaître, elle avait l'air très amicale.
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Ven 7 Sep - 15:37

L'italien était un excellent cavalier, d'ailleurs il montait à cru, ce qui suscitait la jalousie de beaucoup de cavaliers qui n'étaient pas aussi émérites. Sforza était très poli et courtois, et Athénaïs appréciait ce genre de qualités. C'était toujours un plaisir que de deviser avec un homme bien éduqué. Son léger accent italien lui donnait un charme fou, et la marquise comprenait parfaitement pourquoi son ami Philippe en était épris.

-Tous les italiens montent-ils sans selle, ou est-ce une originalité qui vous est propre? demanda-t-elle, amusée. Je me porte bien également, comme vous pouvez le voir, finit-elle par répondre avec un sourire qui laissait voir ses dents blanches comme des perles.

Stefano évoqua le grand bal qui aurait bientôt lieu, une fête forcément grandiose puisqu'organisée par Monsieur, dieu vivant des réjouissances. La marquise adorait ce genre de festivités, mais le manque d'argent lui causait quelque souci d'ordre vestimentaire, et il lui faudrait mettre au point une stratégie afin de pallier à ce souci. Elle n'allait pas passer sa vie à demander des robes à sa soeur ou à faire rafistoler les siennes pour qu'on s'imagine qu'elle en avait plusieurs. Et si Louis-Henri pouvait gagner une bataille pour une fois, ce serait une aubaine. Et pour rien au monde elle ne manquerait ce bal, mari de retour de guerre ou pas, il fallait qu'elle en soit. D'autant que, d'après les dires de Stefano, Philippe danserait, ferait une chorégraphie, et c'était toujours un régal que de le voir danser. Certes son frère le Roy était aussi un prodige de la danse. Mais les chorégraphies du prince étaient toujours d'une telle finesse!

L'italien mentait mal. Il disait que Philippe allait bien, pour l'avoir vu la veille, mais Athénaïs le connaissait et savait qu'il ne pouvait bien aller en de pareilles circonstances. Mais le roy lui avait probablement ordonné de faire bonne figure. De toute façon, c'était la seule chose à faire. Sforza avait l'air lui aussi attristé de voir son prince dans cet état, ce qui était normal. Lorsque l'on tient à quelqu'un, le voir souffrir n'est jamais une réjouissance. La marquise décida donc de changer de sujet. Elle voulait savoir comment se passait le quotidien de la famille d'Orléans depuis qu'elle et les autres dames n'étaient plus au service de Madame. Elle n'avait certainement pas cessé ses critiques au sujet des moeurs volages de son mari.


-Madame est-elle toujours d'aussi joyeuse humeur lorsqu'elle vous voit? demanda-t-elle avec un sourire malicieux. Il m'est souvenu qu'elle n'avait guère une bien belle opinion de vous et de monsieur d'Effiat, du temps où j'étais encore assez malheureuse d'être à son service, ce qui n'enchantait guère Monsieur. La Reine est peut-être beaucoup moins fine, pardonnez-moi l'expression, mais au moins elle a la décence de ne pas critiquer ouvertement son mari...

Athénaïs savait qu'Henriette avait réussi à se faire détester de tous les mignons de Monsieur, sans aucune exception. Ce n'était pas l'attitude la plus intelligente à adopter car Monsieur ne changerait jamais, il n'abandonnerait jamais ses habitudes, surtout pour une femme qui lui sortait par les yeux, fût-elle son épouse. La marquise l'avait mise en garde, mais cette princesse refusait d'entendre raison. Elle avait peut-être des qualités, mais elle ne les faisait pas voir aux bonnes personnes. Le roy s'était un temps épris d'elle, mais aujourd'hui il l'avait totalement oubliée au profit de Louise de la Vallière qui devait, à l'origine, servir de paravent à l'aventure de Louis et Henriette. Cette dernière, et c'était compréhensible, en était folle. Elle avait tout perdu. Il lui restait néanmoins des alliés à la Cour, comme tout un chacun, mais les personnes les plus influentes, à savoir le Roy, son frère et la favorite, étaient désormais ses ennemis. Autant dire qu'elle était en disgrâce. Mais son caractère demeurait assez fort pour malgré tout continuer à se plaindre de la situation. Après tout elle était la seconde dame de France. Elle avait également, suite à leur malentendu, failli discréditer Athénaïs, et si Monsieur n'avait pas été là pour l'introduire auprès de la Reine, c'en eût été fini de sa vie à la Cour. La marquise avait donc encore une dent contre Madame.
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Mar 11 Sep - 0:56

C'est une spécialité de chez moi, rit l'Italien. J'ai appris à monter à cheval avec mon frère, qui lui, aimait le contact avec l'animal, alors je me sens mieux sans selle, répondit-il gentiment.

Il appréciait cette femme pour ce qu'elle dégageait. En plus d'être splendide, la Marquise rayonnait et avait une attitude très posée, calme, qui correspondait bien au Milanais. Lui mentir sur la situation de Philippe ne plaisait guère à Stefano, mais il était obligé, il ne pouvait pas dire la vérité et cela allait à l'encontre de sa mentalité. Il avait volontairement mal menti, pour laisser le doute à la belle femme qui l'accompagnait.

Voir le Prince souffrir de la façon était difficile pour l'Italien qui lui vouait toute son affection. Ce n'est jamais facile de voir une personne à laquelle on tient, mais avec Monsieur, c'était encore différent. Le Duc lui rappelait dans quelle situation il avait été après s'être fait quitter par son premier amour, le même mal-être, la même détresse. Mais la Marquise changea rapidement de sujet pour dévier sur Henriette.

La femme du Prince…

Quelle odieuse dame, elle n'avait rien de laid, bien au contraire, mais l'intérieur de cette vieille pie était moisi par la rancœur. Elle détestait tous les mignons de Monsieur, tous sans exception. L'un d'eux aurait pu être parfait qu'elle trouverait de toute façon quelque venin pour leur cracher dessus. Cette femme était une vraie langue de vipère imbue d'elle-même. Des rumeurs avaient couru comme quoi Madame ferait lit commun avec le roi, car ce dernier était très sensible aux charmes de l'Anglaise.

Stefano avait croisé cette pie, malheureusement pour lui, maintes fois. Dès qu'elle lui passait à côté, Henriette bombait le torse et levait la tête d'une façon si hautaine qu'elle en était ridicule. L'Italien s'était amusé à l'appeler "La Pauvre Femme", car malgré toute sa beauté et son intelligence, tout lui passait entre les doigts: Monsieur préférait être avec ses mignons et le roi était parti vers Louise de la Vallière, qui effaça totalement le souvenir de Madame de l'esprit de Louis XIV. Le danseur s'est souvenu d'un après-midi où la dame était rentrée dans les appartements où il était avec Philippe en souriant et en jacassant bêtement comme une chèvre édentée. "La Pauvre Femme" arborait de nouveaux bijoux offerts par le roi lui-même, ceux-ci étaient magnifiques. Elle commença alors à déblatérer sur la bonté du roi avec elle. La vieille pie avait même osé dire que le Prince ne s'occupait pas d'elle. Plus elle parlait, plus le visage de Philippe s'empourprait et cela n'a jamais été un bon signe, Stefano posa alors un baiser sur les lèvres de son amant et s'en alla, préférant ne pas rester pour voir la tempête qui était en train de se préparer. Il sortit alors accompagné de tous les noms possibles et inimaginables que "La Pauvre Femme" lui trouva
.

Mais le Milanais rit quand il sortit, il rit de la stupidité de cette femme qui ne comprenait pas comment son mari fonctionnait. Cela ne fonctionnait à rien d'agir de la sorte, elle n'allait pas changer Philippe, loin de là

Cela fait un moment que je n'ai plus croisé, excusez-moi du terme, "La Pauvre Femme", mais la dernière fois que je l'ai croisée, la pie arborait des bijoux splendides, contrairement à sa personne, que le roi lui avait lui-même offerts. De plus, Henriette arborait toujours le même air hautain et ridicule, dit Stefano en l'imitant du mieux qu'il le pouvait.

La balade continuait tout au long de leurs moqueries sur Madame, le temps semblait s'être arrêté. Les deux amis avaient bien ri, tout en restant dans un parlé correct.

Vous pouvez voir que mon appréciation de Madame est toujours la même, ma chère Marquise et vous qu'en est-il? demanda Stefano toujours galamment .
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Mar 11 Sep - 8:22

Monter à cru n'était pas chose aisée, cela demandait une bonne assiette et une très bonne maîtrise de l'équitation et de l'animal, car si le galop était une allure confortable étant assis, le trot l'était beaucoup moins. Et on ne portait pas de protection pour la tête, aussi l'italien n'en avait que plus de mérite, et la marquise était admirative de sa monte parfaite.

-Vous pourrez remercier votre frère de cette technique qui vous offre une originalité et surtout une aisance que peu de cavaliers possèdent.

Athénaïs ne pourrait jamais apprendre à monter ainsi, déjà parce que les femmes ne montaient qu'en amazone. Monter à califourchon était mal vu pour les femmes à cette époque.
Comme elle ne voulait pas causer de la peine à Stefano, elle avait volontairement éludé le sujet du Prince, et la conversation s'était naturellement tournée vers Madame. Et Athénaïs était ravie de constater que comme elle, Sforza détestait toujours cette femme. Il fallait dire qu'elle ne faisait rien pour qu'on l'aime et considérait les choses comme acquises, ce qui pouvait jouer des tours à la Cour.
Lorsqu'elle entendit Stefano conter l'histoire des derniers bijoux de Madame, Athénaïs se souvint que Louise lui avait raconté, sans aucune méchanceté ni moquerie d'ailleurs, que le Roy lui-même lui avait dit qu'il lui avait offert des bijoux en guise de cadeau d'adieu. Le Roy savait vivre et gâtait ses maîtresses, surtout vers la fin... Aussi la marquise ne put-elle s'empêcher de rire, surtout lorsque Stefano se livra à une imitation fort réussie
.

-Oh mon cher, je dois dire que malgré vos origines italiennes, vous imitez incroyablement bien l'anglaise... Mais permettez-moi de vous confier que ces fameux bijoux qu'elle arborait avec tant de fierté, eh bien à sa place je m'en serais abstenue. Si le roy les lui a offerts, c'est tout simplement pour officialiser leur rupture. Un cadeau d'adieu. Alors si elle s'imaginait que sa faveur reviendrait, elle s'est mise le doigt dans l'oeil, ce me semble... Et tout ceci, je le tiens de source sûre, comme vous pouvez l'imaginer.

Eh oui, tout un chacun savait que Louise de la Vallière, la favorite en titre, était amie avec Athénaïs. Ce n'était un secret pour personne. Et Louise, malgré sa situation où elle était pratiquement intouchable, était toujours aussi gentille et naïve, bien qu'elle soit à la Cour depuis de nombreuses années. Aussi n'avait-elle aucun vice et aucun mensonge ne se trouvait dans ses propos. Alors ce qu'elle disait, on pouvait le prendre pour argent comptant. Si elle ne raillait point les gens dont elle parlait, d'autres s'en chargeraient en répétant et amplifiant ses propos.

-C'est déplorable, je plains Monsieur: cette femme est aussi pourrie qu'une pomme qu'on aura laissée choir et traîner au soleil trois jours durant... Avoir contemplé l'astre de trop près lui aura sans doute monté à la tête.

Cette phrase aura sûrement répondu à la question de Stefano concernant l'avis de la marquise sur cette princesse.

-Savez-vous qu'avant que je ne passe chez la Reine, Henriette m'a fait lire une lettre qu'elle avait reçue de sa cousine, et dans laquelle l'on comprenait aisément que sa précedante missive à laquelle ladite cousine répondait, était truffée de railleries sur diverses personnes haut placées, si vous voyez ce que je veux dire... Il y a donc fort à parier que la suivante lettre de l'anglaise sera à nouveau chargée de descriptions des moins flatteuses.

Bien entendu, "personnes haut placées" signifiait Monsieur et le Roy. Athénaïs regarda Stefano pour scruter sa réaction.

-M'est avis que ce genre de missive, si elle était lue par une personne mal avisée, pourrait lui causer moult soucis....

Et contrairement à ce qu'aurait pu traduire le ton qu'elle avait volontairement employé, le fait qu'Henriette s'attire des ennuis à la Cour n'était pas pour déplaire à la marquise. Elle ne rêvait qu'une chose: se venger. Bon, bien entendu elle ne lui souhaitait pas du mal physiquement, mais si à son tour elle pouvait se trouver dans une posture délicate, cela ne lui déplairait certes pas.

-Imaginez le sermon qu'elle recevrait si l'une de ces lettres parvenait à la Reine... ou au Roy! Car chacun y prend pour son grade, et je ne vous parle pas de la manière dont ce pauvre Philippe est décrit, et ce dans les moindres détails. Quant aux petits favoris de notre ami, j'aime mieux ne pas en parler...

Madame n'avait pas compris que la critique à la Cour était chose commune, mais qu'il ne fallait pas critiquer les mauvaises personnes, et surtout celles de qui l'on tenait tout.
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Mar 18 Sep - 22:22

La pauvre Marquise avait dû souffrir pendant son service pour Madame! Elle avait certainement subi toutes les humeurs de cette Anglaise, qui savait se montrer désagréable au plus haut point. Combien de fois celle-ci lui avait-elle crié dessus? insultée?.

Je ne l'ai pas supportée pendant de longues heures, et je prie régulièrement Dieu de m'avoir donné cette chance! Cette femme m'écœure au plus haut point, ne serait-ce que par sa présence. Je ne sais pas comment vous avez pu y survivre, et je ne vous admire que plus d'y être arrivé! Les secondes devaient sembler des heures, et je ne parle même pas des minutes

Leur discours avançait, tout comme leur balade. Ils s'enfonçaient un peu plus dans la forêt royale. Les sapins devenaient plus touffus, et la couche de neige sur le sentier était plus fine. Le vent n'était plus présent, laissant la peau de l'Italien légèrement agressée par le froid. La sœur de Gabrielle parla à l'Italien d'une lettre que la Princesse aurait envoyée à sa famille en Angleterre, où elle parlerait de sa vie en France. La "Pauvre Femme" osait donc parler sur la haute sphère du Royaume, et de plus en mal!

Cela ne m'étonne même pas de cette femme, sa langue parle toujours avant son cerveau..., rit l'Italien. Elle ose toujours faire ses caprices à Monsieur, je ne sais pas comment ce dernier tient face à une telle personne, lui qui n'est pas de nature à se laisser faire!.

Le ton utilisé par son amie laissa Stefano dans le doute, parlait-elle de simples nobles hauts placés, ou de personnes plus importantes telles que Monsieur, et même son frère, le Roy… Elle n'aurait pas fait cela la garce! Et une pensée vint à l'esprit du Milanais, et si cette lettre tombait dans les mains d'une de ces personnes, bien placées… Cela pourrait être drôle de voir la réaction de cette dernière envers la simplette d'Henriette. Cette lettre, si elle est découverte, pourrait pourrir la vie de Madame, car elle se mettrait toute la France à dos!

A voir, Athénaïs avait pensé à la même chose et en même temps que le danseur car celle-ci émit la même hypothèse en même temps, sauf à voix haute, ce qui fit sourire l'Italien.

Voyez-vous ma chère, j'imaginais là une chose similaire avant que vous ne mettiez des mots sur votre pensée. Cette bécasse pourrait recevoir une correction à niveau semblable à ses actes, sourit le Milanais.

Quand la Marquise de Montespan se mit à parler de Philippe, le tempérament de Stefano ne fit qu'un tour, heureusement que son sang-froid était toujours de la partie

Dio mio! Que puttana! grinça le danseur qui retournait rapidement sur sa langue natale quand quelque chose le mettait hors de lui. J'espère que cette…, que cette…, qu'elle retournera vite à Londres après que ses lettres soient découvertes. Cette peste ne mérite rien de mieux!

L'Italien leva la tête et regarda la position du soleil dans le ciel, vide de nuages.

Ohh mon Dieu, comme le temps passe vite en votre présence, je dois aller rejoindre Monsieur pour aller danser, voulez-vous m'accompagner jusqu'au bâtiment, je ne pense pas que vous aurez le droit d'y rentrer, histoire de confidentialité… Mais je me ferai un plaisir de vous revoir très rapidement, si vous le souhaitez aussi?
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Ven 21 Sep - 21:35

La belle marquise était ravie, vraiment, de constater combien le charmant milanais et elle étaient d'accord en ce qui concernait la personne d'Henriette d'Angleterre. Cette femme avait décidément réussi à se faire détester de beaucoup à la Cour. Stefano se demandait ouvertement comment Athénaïs avait pu survivre au service de cette femme, ce qui l'amusa beaucoup d'ailleurs, la cavalière ne masqua pas son sourire. Il fallait reconnaître qu'au tout début, elle s'entendait bien avec Madame. Mais du jour au lendemain, pour une simple querelle, une divergence d'opinion, tout avait basculé. Soit, ce genre d'attitude puérile ne trahissait qu'un manque flagrant de bon-sens et Athénaïs n'était du genre à revenir sur ses positions lorsqu'elle était persuadée de quelque chose, aussi s'était-elle également entêtée, sans se demander si cette femme haut placée de par son mariage, ne risquait pas de lui causer du tort... Les élans de la jeunesse. Et c'était Monsieur qui lui avait sauvé la mise en parlant d'elle au Roy qui cherchait de nouvelles dames d'atour pour la Reine.

-Eh bien je vous avoue que sur la fin, je n'y tenais plus. Mais une dame doit savoir faire montre d'une certaine classe, même en présence de personnes insupportables. Il en est certainement de même pour vous, vous ne devez guère apprécier tout le monde chez Monsieur, me trompé-je?

Les réflexions de Stefano enjouaient la marquise qui ne retenait pas ses rires à chaque pique qu'il envoyait sur l'anglaise. Les éclats de voix cristallins de la blondinette se répandaient dans la forêt. Plus encore lorsqu'il se mit à l'insulter en italien. Même si cette langue latine n'était guère sa langue maternelle, la marquise avait tout à fait compris ce que ces propos exprimaient, et d'abord yeux écarquillés, elle finit par éclater d'un rire à la fois distingué et charmant mais qui trahissait parfaitement l'état d'amusement et d'euphorie dans lequel elle se trouvait.

-Oh mon Dieu, Stefano vous me ferez mourir de rire. Je suis désolée, mais qu'il est bon d'échanger avec une personne qui pense comme soi. Fort bien, il me reste quelque bonne relation à son service, cette personne pourra à coup sûr me fournir l'une de ces lettres, et je vous la remettrai le soir du bal...

Cette dernière phrase avait été prononcée sur un ton beaucoup plus calme et concentré, car à présent l'affaire, si elle était conclue, devenait sérieuse. Il ne fallait pas se faire prendre avant que d'avoir pu arriver au bout du projet. Mais cette vengeance serait si savoureuse que le jeu en valait la chandelle.
L'italien fit remarquer à juste titre que le temps passait. Il avait rendez-vous avec Philippe, et la marquise quant à elle ne devait pas s'attarder, il était temps de rentrer. Elle hocha la tête, faisant danser ses bouclettes blondes sur ses épaules.


-Fort bien, galopons jusqu'au bâtiment où je vous laisserai rejoindre notre ami, que j'espère vous saluerez bien chaleureusement de ma part. Et nous nous reverrons aussi vite que faire se peut, si possible avant le bal, sinon ce soir-là, où j'aurai le précieux document à vous remettre...

Attendant son accord, la marquise colla son talon contre le flanc de sa jument qui démarra immédiatement au galop. Ils chevauchèrent botte à botte jusqu'à la majestueuse bâtisse. Ils s'arrêtèrent le temps de se dire au revoir. Machinalement, la belle dame leva la tête pour observer l'architecture du bâtiment. Il devait s'en passer des choses pas très catholiques derrière ces murs. Cette pensée la fit sourire.

-Je vous souhaite une excellente soirée, Mr Sforza. Ne manquez pas de transmettre mes amitiés à Philippe.

L'italien l'ayant saluée à son tour, la marquise chevaucha en direction de l'écurie où elle rendit la jument au palefrenier, avant que de remonter en l'appartement de sa soeur afin de lui rendre sa tenue d'amazone. Une fois changée, elle se rendit ensuite dans sa chambre où elle écrivit une lettre à son contact auprès de Madame, afin de convenir d'un rendez-vous...
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Mar 29 Jan - 15:13

Stefano ramena son cheval à l’écurie. L’odeur du foin était toujours autant agréable. Elle lui rappelait ses moments passés avec son frère à jouer sur les tas de paille entreposés dans leur château. Il attrapa le museau de son étalon et lui embrassa gentiment le front. Il avait créé un lien étrange avec ce cheval. Dès le premier instant, le Milanais sut qu’ils allaient bien s’entendre.

Souvent, les nobles laissaient leur cheval dans leur box, sans s’en occuper. Mais ce n’était pas son cas. Il ne faisait pas confiance aux écuyers, le seul d’entre eux à qui il laissait son cheval était Antoine D’Effiat, un de ses amant en qui il avait entièrement confiance. Cet homme aimait tellement ces animaux qu’il ferait n’importe quoi pour eux. Le danseur alla chercher une brosse, un seau d’eau et des linges pour le nettoyer. Une petite heure s’écoula, sans qu’il ne le remarque. Il aimait se retrouver seul en compagnie des animaux. Il leur parlait, en prenait soin. Quand Stef’ fut content de son travail, il fila le plus rapidement rejoindre Monsieur pour l’heure de danse qu’il avait prévu avec. Il était en retard, et Philippe n’aimait pas ça…

Quand il arriva dans la pièce, il vit le Duc d’Orléans faire les cents pas dans la salle. Il n’y avait plus personne. Stefano se fit tout petit, alla dans le fond de la salle se changer. Il enfila un prêt-au-corps noir et se dirigea vers le Prince, la tête basse. La colère du frère du Roy était visible sur son visage. Ses traits étaient tirés, ses pupilles dilatées. C’était une des premières fois que l’Italien le voyait comme ça.


Mais comment aborder le sujet des lettres quand Philippe était dans cet état ? Il n’était certainement pas prêt à écouter quoi que ce soit de la bouche du Milanais, sauf des excuses, et encore… Pourtant ce qu’il voulait dire au Duc était d’une importance majeure. Les lettres de sa femme pourraient retourner toute la Cour. On ne parlerait que de ça pendant longtemps. Les lettres d’Henriette étaient remplies d’insultes et de reproches faits à la Cour et à Monsieur.

-Je suis désolé de mon …, commença Stef’
-Silence, cria le Prince. Je ne veux rien savoir !, cela fait plus d’une demi-heure que je vous attends.
Stefano baissa les yeux. Il savait qu’il était en position de faiblesse. Malheureusement, il ne pourra pas parler de ce qu’il voulait aujourd’hui avec le Prince. L’heure qui suivit se fit sans le moindre bruit. L’Italien suivait Monsieur du mieux qu’il le pouvait. Les mouvements étaient, comme d’habitude, compliqués et les enchainements bien pensés, travaillés.

Pendant ses étirements, il vit le Duc d’Orléans prendre ses affaires et partir. L’homme s’arrêta devant la porte et inclina la tête dans la direction du danseur.


-e ne veux plus que cela se repasse une seul fois. Et tâchez d’être encore plus performant pour le bal, je veux qu’il soit à la hauteur de la Cour.

-Monsieur…, vous avez les salutations de Madame de Montespan. Et je vous jure que ce retard n’aura plus lieu d’être à l’avenir, vous avez mes plus plates excuses.

Cette nouvelle n’allait certainement pas plaire à Athénaïs, mais il n’avait pas pu faire autrement. Il fallait qu’il l’avertisse. Il devait la revoir rapidement. Il lui écrit alors une lettre qu’il lui fit apporter. Dans celle-ci, il lui demanda de le rejoindre le lendemain aux écuries.
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Lun 22 Avr - 11:24



Athénaïs n'était pas arrivée depuis deux heures qu'elle se vit recevoir un billet de la part de celui qu'elle venait depuis peu de quitter. Quelle chose surprenante, il demandait à la revoir dès le lendemain. S'était-il produit quelque chose, une mésaventure qui mettrait en péril leur plan? L'inquiétude s'empara alors de la marquise, d'autant que la lettre à son contact était partie. Que voilà une aventure bien périlleuse dans laquelle elle se lançait... Mais son désir de vengeance était toujours là. Le danger, après tout, n'était-il pas grisant?

LE JOUR SUIVANT.

Toujours ponctuelle, la belle dame mit tout en oeuvre pour arriver à temps au point de rendez-vous. Même s'ils devaient se retrouver aux écuries, une promenade à cheval était exclue ce jour-là, la marquise n'avait que peu de temps devant elle, il lui faudrait regagner au plus vite le chevet de la Reine qui, ces temps-ci, s'impatientait beaucoup pour rien... alors un retard! Il ne fallait pas y compter, sans quoi la journée promettait d'être gâtée par la mauvaise humeur de la souveraine.

Athénaïs avait donc revêtu une robe de jour, assez simple, couleur chocolat ornée de voilages et dentelles ivoire. Elle attendait son ami avec une certaine curiosité qui se traduisait par de l'impatience. Elle tournait en rond, passant devant les boxes des chevaux qui l'observaient tranquillement. Afin de se calmer dans cette attente qui lui semblait insupportable, la jeune femme s'arrêta devant le box d'un cheval qui avait passé sa tête par-dessus la petite porte de bois. Une robe gris pommelé, une crinière blanche, cet étalon était fort beau. La marquise passa sa blanche main sur le chanfrein de l'animal qui se laissa docilement caresser. Il était doux, comme la peau de la dame qui le flattait, et semblait apprécier ce contact. Un léger sourire apparut sur les lèvres roses de la marquise, ce court instant lui fit oublier les raisons de son impatience. Les chevaux avaient ce pouvoir, celui de calmer, d'apaiser... Etait-ce pour cela que Stefano avait choisi l'écurie comme point de rendez-vous?

Elle n'allait pas tarder à la savoir. Des bruits de pas se firent entendre, et Athénaïs se tourna en direction du son. Oui, c'était bien lui, le bel italien, amant de son meilleur ami, arrivait en sa direction. Enfin la curiosité et l'inquiétude dont elle se consumait allaient soit être justifiées, soit envolées, par les révélations que le milanais semblait si pressé de lui faire.


-Enfin mon ami vous voilà... Alors, que se passe-t-il depuis hier que vous m'avez fait parvenir aussi rapidement cette invitation?

Le ton de sa voix trahissait son anxiété, mais après tout, qui ne l'aurait pas été en pareille situation? Elle s'apprêtait à commettre une action répréhensible contre une personne de la famille royale, certes que beaucoup détestait, mais tout de même. Le plan était périlleux, bien qu'adroit, et suite à l'échafaudage de celui-ci, voilà qu'on lui redemandait de venir en secret. C'était forcément que quelque chose d'important s'était produit suite à leur entrevue, quelque chose qu'il n'était guère possible de mander par écrit... L'inquiétude était donc de mise, autant que la prudence.
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Mer 24 Avr - 21:46

La leçon de danse avec Monsieur avait été en un seul mot catastrophique! L'ambiance avait été très tendue et cela m'avait mis d'une humeur très maussade. Monsieur n'avait beau ne pas être mon amant préféré, je l'appréciais quand même beaucoup et je n'aimais pas trahir sa confiance pour un si petit détail qu'un retard. Après avoir fini l'entrainement et la lettre envoyée à Athénaïs, je me pris d'un sommeil qui me mena directement dans les bras de Morphée, enfin, dans les bras de l'homme qui était dans mon lit devrais-je dire... Le pauvre Antoine d'Effiat n'avait eu de moi qu'un baiser et mon torse comme oreiller. Je n'appréciais guère cette façon de faire, mais je savais qu'il me comprendrait. Il faut dire que je n'avais pas eu le temps de compter jusqu'à dix que mes paupières, qui pesaient des tonnes, se refermèrent toutes seules.

Une douce chaleur me réveilla, une de celle que l'on pourrait croire tomber du paradis, comme caresse d'un ange descendu du royaume de Dieu. La respiration tiède de mon amant, qui était resté dans la même position, était régulière et agréable. Je ne pus m'empêcher de rester un moment dans cette position, savourant chaque seconde au maximum. Après quelque temps, un pensée me revint à l'esprit et m'extirpa de ma petite bulle : Athénaïs!

Mon amie à qui j'avais donné rendez-vous aux écuries dans peu de temps devait déjà y être, connaissant sa ponctualité. Je soulevais alors la tête de mon éphèbe le plus doucement possible et le réveilla avec un tendre baiser.
-Je dois y aller, j'ai rendez-vous mon coeur, attendez-moi je serai de retour dans une petite heure, susurrai-je à son oreille. A peine le temps d'enfiler mes habits que je courrais déjà dans la direction où je devais me trouver. Heureusement que l'étable était un bon endroit pour donner rendez-vous à cette Dame, car son amour pour les chevaux était grand, et il apaiserait certainement un certain retard de ma part. Oui, comme à mon habitude, je savais que j'arriverais quelques minutes après l'heure donnée, à chacun ses défauts...

L'odeur de la paille se faisait sentir, celle des bons souvenirs, celle d'un autre monde. Elle était signe de bonheur, mais aujourd'hui, cela ne serait certainement pas le cas! Arrivé devant la porte je la vis vers une bête, en train de la caresser. Elle se tourna et me vit, son visage avait l'air tendu, ma lettre avait-elle été aussi stressante?

-Bien le bonjour ma chère ma chère amie! dis-je en lui faisant un bref baise main. Ma respiration était rapide, car j'avais couru cinq longues minutes pour arriver ici. De légères perles de sueurs commençaient à apparaître sur mon front, ce que je détestais, je les chassais alors d'un bref passage de manche.

Après avoir fait une petite pause pour reprendre mon souffle, je la regardais dans les yeux, légèrement honteux des événements de hier.
-Et bien, comment vous dire cela? Comme vous le savez, je suis arrivé en retard hier, et Monsieur s'est littéralement laissé exploser. Il a exprimer son mécontentement envers ma ponctualité et je n'ai pu malheureusement lui donner que vos salutations, auxquelles il n'a d'ailleurs pas répondu, préférant s'en aller sans me regarder.

Ma voix s'éteignit vers la fin, attendant une réponse d'Athénaïs, mais je repris.
-Je ne sais pas comment nous allons faire ma chère! Devons-nous la lui donner lors du bal sans le prévenir? Il risquerait de se mettre dans une colère encore jamais vue...
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Jeu 25 Avr - 9:39

Enfin il était là, enfin il lui dirait ce qui lui valait un rendez-vous furtif aux écuries, enfin elle saurait. Son anxiété grandissait à mesure que le bel italien approchait. Il était quelque peu en retard, mais l'on voyait qu'il s'était hâté, son front commençait à perler de sueur. Athénaïs ne lui tiendrait donc par rigueur de l'attente angoissante qu'il lui avait infligé. Mais on sentait, en voyant son visage, une certaine crispation qui trahissait son inquiétude. Voilà qu'il lui faisait un baise-main à présent! Mais allait-il lui dire ce qui se passait au lieu de la faire attendre de manière interminable dans le double le plus inquiétant.

-Oui... Bonjour... je vous en prie mon ami, nous ne sommes pas en cérémonie, lâcha-t-elle avec un sourire crispé avant de récupérer sa main.

De mieux en mieux: cela concernait Monsieur, qui s'était mis dans une grande colère en constatant le retard de Stefano... Décidément, ces italiens, la ponctualité ne faisait pas partie de leurs enseignements basiques! La marquise soupira. D'un certain coté, c'était bien moins grave que tout ce qu'elle avait pu s'imaginer. Si c'eut été le fait qu'en apprenant le plan, Philippe les traitât de fous, de dangereux maniaques, qu'il faillât les enfermer en asile et ne les jamais point revoir à la Cour, là il y aurait eu matière à s'inquiéter. Du coup, le soulagement s'empara de la belle dame qui alors se mit à sourire, puis à rire d'un rire nerveux.

-Très bien, je vois... Allons mon ami, n'ayez craintes, vous connaissez le Prince, il est tout aussi prompt à se courroucer qu'à se calmer. Je parie qu'aujourd'hui en vous voyant, il en sera si enchanté qu'il aura oublié toute forme d'animosité envers vous. Mais je pense qu'en effet, nous devrions attendre le soir du bal pour lui en parler et lui montrer la lettre. Imaginez qu'entre temps il se passe un nouvel événement, tant qu'il n'aura pas sous les yeux les propos écrits de la main de son épouse, il pourra toujours être en proie au doute, alors qu'une fois la missive lue, il ne pourra que nous croire et infliger ce qu'elle mérite...

Athénaïs se racla la gorge. Le duc d'Orléans était quelque peu caractériel, c'était bien vrai... Mais la marquise l'était aussi et par conséquent, elle savait comment ce genre de personnes fonctionnait.

-Ce que nous ferons est simple: nous nous retrouverons comme convenu, je vous donnerai la lettre discrètement, puis nous tâcherons, ensemble, ou vous seul selon la conjoncture, de trouver Monsieur, à qui nous parlerons de écrits de son épouse, et enfin lorsqu'il demandera une preuve nous la lui fournirons. Qu'en dites-vous?

Ce plan semblait fort simple à suivre, inutile de se lancer dans des procédés alambiqués alors que l'entreprise était déjà bien périlleuse. C'était en tous cas le parti que prenait la marquise. Elle espérait que son ami en pensât la même chose.
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Mar 28 Mai - 21:52

La fête, qu'est-ce qu'elle allait être grande ! Le bal de Monsieur, la soirée qui brave l'interdiction du Roy... Cette nouvelle avait fait le tour du château en un rien de temps. Tous les mignons de Philippe s'étaient fait comme porte parole et avaient diffusé l'événement comme de vrais haut-parleurs. Les rumeurs les plus osées sautaient d'oreille à oreille, créant souvent l'étonnement sur les visages. Tout avait été imaginé, mais moi, je savais exactement ce qui allait se passer, enfin, presque car il y a toujours des choses que l'on ne connait pas, ou juste des détails que Monsieur ne nous communique pas...

Tout allait être grand, et le spectacle auquel je prenais part aussi. Nous avions travaillé des semaines entières, répétant chaque mouvement pour qu'il soit parfait. Mais cela ne s'arrêtait pas là... Les costumes que l'on nous avait choisi étaient magnifiques, resplendissants. Ils étaient parfaits pour ce que l'on allait faire !

La réponse de mon amie me fit sourire. Elle avait toujours cette façon d'être bien à elle, direct, sans froufrou. C'est ce que j'aimais chez elle, on savait tout le temps ce qu'elle pensait, enfin, c'est ce qu'elle me laissait penser en tout cas ! Soudainement, son visage qui était crispé se détendit et devint apaisé, comme si par ce que je venais de lui dire, tous ses problèmes avaient disparu.

-Très bien, je vois... Allons mon ami, n'ayez craintes, vous connaissez le Prince, il est tout aussi prompt à se courroucer qu'à se calmer. Je parie qu'aujourd'hui en vous voyant, il en sera si enchanté qu'il aura oublié toute forme d'animosité envers vous. Mais je pense qu'en effet, nous devrions attendre le soir du bal pour lui en parler et lui montrer la lettre. Imaginez qu'entre temps il se passe un nouvel événement, tant qu'il n'aura pas sous les yeux les propos écrits de la main de son épouse, il pourra toujours être en proie au doute, alors qu'une fois la missive lue, il ne pourra que nous croire et infliger ce qu'elle mérite...

Athénaïs avait raison ! Le frère du Roi était lunatique et il suffisait de peu pour qu'il pique des colères. Combien de fois avait-il déjà crié ? Pleins, et après, tout redevenait normal, il n'y avait pas de raison de se faire du soucis !

-Oui, je vais vous écouter, vos paroles sont sages ma belle ! J'espère qu'il réagira de la sorte, et surtout, j'espère qu'il les lira, car on ne sait jamais... Enfin, nous verrons bien comment cela se passe...

-Ce que nous ferons est simple: nous nous retrouverons comme convenu, je vous donnerai la lettre discrètement, puis nous tâcherons, ensemble, ou vous seul selon la conjoncture, de trouver Monsieur, à qui nous parlerons de écrits de son épouse, et enfin lorsqu'il demandera une preuve nous la lui fournirons. Qu'en dites-vous?


Me rappela la Marquise, car nous avions déjà concocté le plan de A à Z. Cette Henriette allait en voir de toutes les couleurs, et nous en serrons enfin débarrassé ! Vivement la fête pour que nous puissions réaliser notre idée. D'un côté, j'avais hâte de voir la tête du Prince quand il lira ses lettres que la « Pauvre femme » s'était permise d'écrire. Cela allait amener à de grosses complications et surtout à du changement !

-Soit ! Vous me la donnerez avant la représentation, de la sorte, je pourrai la lui donner en main propre, car je ne suis pas sûr de le voir après... Et je ne me permettrai pas de faire échouer cette chance que nous avons ! Nous nous retrouverons dans le hall principal, je serai habillé de vert, avec un costume original, vous ne pourrez pas me manquer ! 

Après avoir parlé une dizaine de minutes, les deux amis se séparèrent, content de ce qu'ils avaient prévu... Il ne restait plus qu'à voir ce qui allait se passer lors de ce fameux bal !
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