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 Quand Ninon tient salon ( vient qui veut)


Mar 11 Sep - 9:00

Tout le monde courait dans tous les sens. Ninon n’allait pas tarder à tenir salon ce jour-là. Il fallait que tout soit parfait et terminé avant que les premiers invités n’arrivent. Elle se leva de son bureau et alla faire un tour dans son salon afin de voir où en étaient les préparatifs. Les meilleurs vins avaient été prévus pour cette soirée. Ninon avait demandé au Marquis de Villarceau de lui donner quelques bouteilles de son meilleur cru. Le vin devait être à la hauteur des gens qu’elle recevait. Elle se dirigea vers un plateau de verre et en prit un dans sa main. Elle le mit à la lumière afin de le regarder sous tous les angles. Il était parfait. Il n’y avait pas la moindre marque de doigt. Elle le reposa avec un sourire satisfait aux lèvres. Elle continua son inspection en passant par tout ce qui se trouvait dans la pièce. Tout semblait parfait. Elle attendait du monde pour cette soirée et elle espérait que le salon serait plein. Une fois que tout fut prêt, elle alla dans sa chambre personnelle afin de se changer. Elle avait peut être 46 ans, mais elle était encore très bien pour son âge et plus désirable que jamais. Elle choisit une robe bleue qui mettrait suffisamment son décolleté en avant et se releva les cheveux en un joli chignon. Elle savait que les hommes aimaient ça sans la moindre exception. Elle entendit la porte s’ouvrir pendant qu’elle mettait sa deuxième boucle d’oreille. Elle sourit ayant reconnu le pas de la personne et alla à sa rencontre.

-Mon cher Marquis de Villarceau, quel plaisir de vous voir arriver en premier. Vous êtes en avance et c’est parfait, nous aurons ainsi le temps de prendre un premier verre tous les deux. Mais vous devez être fatigué de ce voyage. Sans compter qu’il pleut. Le Roi Soleil ne doit pas être content que je tienne salon aujourd’hui. Mais qu’importe.

Le Marquis lui fit un baise-main et Ninon sourit. Peut être qu’ils auraient le temps de s’amuser un peu avant que les autres invités n’arrivent. Ninon fit ouvrir une bouteille qui venait des terres du Marquis et trinqua à sa venue. Elle trempa ses lèvres dans le vin tout en mettant sa poitrine en avant et tout en lançant un regard coquin au Marquis. Oui, Ninon adorait la provocation mais elle en assumait toutes les responsabilités de ses actes. Après quelques verres, ils se dirigèrent dans la chambre personnelle de Ninon et couchèrent ensemble plusieurs fois. Ils eurent tout le temps de terminer leurs ébats sans la moindre interruption extérieure. Ninon se rhabilla avec l’aide de son Marquis car les invités n’allaient pas tarder à arriver. Ninon avait déjà donné ses instructions à son personnel. Ils devaient débarrasser les invités de leurs capes ou manteaux et leur servir un petit verre de vin sucré pour les faire patienter. La porte s’ouvrit et une vieille amie de Ninon fit son entrée au moment même où Ninon retournait dans son salon. Elles se jetèrent dans les bras l’une de l’autre et allèrent s’asseoir pour bavarder avec leurs verres à la main. On aurait dit deux jeunes jouvencelles qui parlaient entre elles d’un amour secret. Le temps passa et le salon commença à se remplir gentiment. Ninon décida de passer à sa partie préférée, les rumeurs et les potins. Elle était née pour ça, ça ne faisait aucun doute là-dessus. Tout le monde riait car quand Ninon racontait le tout elle vivait ce qu’elle disait et par conséquent, ça tournait plus à la comédie qu’autre chose. Un des invités alla même lui lancer qu’elle devrait faire du théâtre et qu’elle en aurait un vrai succès. Ninon s’empressa donc de lui répondre.

-Mais enfin mon ami, nous sommes les acteurs de notre vie. Notre vie est une immense pièce de théâtre qui nous réserve bien souvent des surprises. Personne n’est là pour nous souffler notre texte. Je suis donc l’actrice principale de ma vie et je ne cesserai de m’amuser. Je suis certaine que je serais encore capable de raconter les potins de la Cour tout en étant sur mon lit de mort !

Ah la mort, cette chose épouvantable qui vous arrache un être cher ou qui vous arrache à la vie. Ninon ne la craignait pas contrairement à beaucoup de personnes. Son heure viendra un jour. Mais le plus tard sera le mieux non ? Elle ne savait pas où elle allait atterrir car elle ne croyait pas en Dieu mais elle s'en fichait.
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Sam 22 Sep - 16:38

Stefano saisit un verre sur un splendide plateau en argent qui se situait encore sur une grande table recouverte d'une splendide nappe et le fit tourner entre ses doigts. Le liquide rouge était presque transparent et était légèrement alcoolisé, certainement un grand cru français. Quant au récipient, il était resplendissant. Aucune empreinte de doigt salissait le fin matériau, aucune poussière ne trainait sur les pieds. Le jeune Milanais pivota et retourna sur le canapé où il s'était assis en arrivant, après qu'un jeune homme très charmant l'ait désisté de son manteau. Les yeux de l'Italien se perdirent dans la belle salle qui avait été travaillée avec soin. Chaque détail était mis en valeur d'une façon originale. Les gens commencèrent à entrer, à s'accumuler dans la pièce, formant de petits groupes. Il y avait principalement des femmes, presque aucune personne de sexe masculin en vue, mais cela ne dérangeait pas le danseur qui aimait bien la compagnie de ces dames.

Il but une gorgée du nectar qui était entre ses mains, quand le liquide arriva sur ses papilles, une explosion de saveurs arriva dans sa bouche. Ce vin était délicieux! Le jeune homme releva son verre en direction de la fenêtre et regarda à travers celui-ci. Il vit son reflet dans ce miroir couleur sang…


*

L'Italien était devant son miroir, en train de se préparer, mais rien à voir avec une quelconque représentation, cette fois, c'était Athénaïs qui l'avait invité à aller dans un salon qui était tenu par une amie à elle, une certaine Ninon de l'Enclos. Une femme de lettres qui ne serait pas très appréciée par le roi, mais qui n'apportait aucune importance à ce point. Certes, Stefano aimait bien paraître aux regards d'étrangers, mais là il s'appliquait car ce n'était pas n'importe quelle réunion…
Aujourd'hui, il n'y aura pas de maquillage, pas d'extravagance, juste du naturel. Il se leva de son petit tabouret et alla vers son armoire où attendaient tous ses habits. Il ouvrit la porte en bois et commença à passer ses costumes un à un.

Pourquoi n'ai-je jamais ce qu'il me faut sous la main, maugréa-t-il.

Après avoir passé plus d'une demi-heure à trier ce qu'il souhaitait ou ne souhaitait pas, il trouva enfin son plaisir: une chemise blanche à col ouvert en V, un pantalon brun, une écharpe et un long manteau beige. Il s'habilla rapidement et se dirigea vers le salon où il avait rendez-vous. Il arriva un peu à l'avance, comme à son habitude, mais attendit dehors l'heure précise pour rentrer, il fallait être courtois, comme le lui avait appris mère…

Quand il était arrivé dans la pièce, le jeune homme resta ébahi par la beauté de celle-ci. Il était tellement étonné par cette splendeur, qu'il en était resté paralysé. Puis il se dirigea vers un beau canapé d'un tissu divin, avant qu'on ne lui retire son manteau et s'y assied. Il observait les femmes rentrer, mais n'en connaissait aucune, comment allait-il faire? Il n'était plus habitué à être dans cette situation et le stress monta gentiment, tout comme son ancienne timidité.

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Sam 22 Sep - 18:00

Athénaïs entra au moment où Ninon déclama sur la vie, son sens et le fait que chacun d'entre nous soit l'acteur de la sienne. Cette réflexion était fort sensée, et alors que la maîtresse de maison finissait son monologue sur les éclats de rire de chacun, un domestique débarassa la marquise de sa lourde cape. Elle avait donné rendez-vous à Stefano Sforza en ce salon que lui avait chaudement recommandé son amie Bonne de Pons, Comtesse d'Heudicourt. Cette femme fréquentait énormément les salons parisiens, et Athénaïs également depuis qu'elle était sortie du couvent. Mais avec son mariage infortuné, son service auprès de Madame puis finalement celui auprès de la Reine, la perle des Mortemart n'avait guère autant de temps devant elle à consacrer à ce passe-temps qu'elle aimait tant. C'était sa soeur aînée Gabrielle qui l'avait initiée à ces sorties des plus divertissantes et enrichissantes et la jeune marquise lui en était reconnaissante.

Avant que de quitter son logis, Athénaïs s'était fort disputée avec Louis-Henri. Son mari lui avait pris son dernier collier de perles pour le mettre en gage. Or, elle aurait aimé porter au moins un bijou pour cette soirée. Du coup, cela lui serait impossible. Elle était alors entrée dans une colère noire. Même s'il avait tenté de lui expliquer qu'il avait besoin de cet argent pour son régiment, la marquise ne l'entendait pas de cette oreille et en avait plus que marre de ne pouvoir paraître comme l'exigeait son rang. Son mari avait bien failli lui interdire de sortir ce soir-là. Mais c'était mal connaitre la marquise et son caractère, prête à tout quand elle avait décidé de quelque chose. Elle avait argumenté qu'elle avait rendez-vous avec un "ami" proche de Monsieur et que si elle ne s'y rendait pas, cet ami serait dans l'embarras, ce qui forcément embarasserait Monsieur... Dès que l'on abordait le sujet "Philippe d'Orléans", le marquis de Montespan se trouvait immédiatement plus conciliant... Il fallait dire que la petite discussion qu'ils avaient eue tous deux lui avait laissé un souvenir amer...

Bref, la marquise arriva finalement à bon port mais avec quelque peu de retard par rapport à l'heure initialement prévue pour le rendez-vous avec Stefano. Athénaïs se douta qu'il était déjà certainement entré. Elle entra donc à son tour, et une fois sa cape retirée, elle parcourut la pièce du regard. Chacun discutait avec une ou plusieurs connaissances. La belle marquise chercha des yeux d'abord Françoise d'Aubigné, la veuve Scarron, mais sans succès. Elle n'était sans doute point encore arrivée. Enfin elle vit son ami milanais. Un sourire orna ses lèvres et elle se dirigea vers lui. Elle était vêtue d'une robe assez simple. Elle avait retiré tout ce qui avait trait à la Cour, peu de dentelles ornaient cette toilette et seule une faveur à chaque manche était épinglée. La simplicité, elle ne l'avait malheureusement guère choisie, Athénaïs n'avait pas le choix, mais aux yeux du monde, elle donnait l'illusion de ne point vouloir trop en faire. Fort heureusement, elle était très belle, ce qui ornait déjà magnifiquement son allure.


-Bien le bonsoir, Mr Sforza, dit-elle dans un sourire.

En ces lieux, elle pourrait enfin oublier les troubles de ce début de soirée. Les invités de Ninon de l'Enclos étaient toujours fort distrayants, du moins à ce que lui avait conté son amie Françoise. Athénaîs n'avait croisé qu'une fois Ninon, lors d'un salon donné chez Scarron, il y avait de cela bien longtemps. Entre temps, Françoise d'Aubigné avait beaucoup sympathisé avec cette dame, il se disait même qu'elles avaient eu le même amant. Athénaïs en apprendrait certainement plus ce soir sur ce petit potin des plus cocasses.
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Dim 23 Sep - 12:26

Les invités commençaient à remplir le salon de Ninon, ce qui n'étonna pas cette dernière . Elle savait que sa soirée allait avoir du succès et un sourire se dessina sur son visage. Elle n'était pas prétentieuse, elle faisait simplement un constat. Tout le monde la saluait. Les femmes avec une certaine jalousie, et les hommes avec une certaine attirance. Malgré ses 46 ans, Ninon était encore plus que désirable. Elle le savait, et elle n'hésitait pas à en jouer. Presque tous ses amants favoris se trouvaient présents. Elle n'aurait qu'à choisir celui qui allait lui plaire le plus. Mais l'effort avant le réconfort comme on dit. Il fallait d'abord qu'elle s'occupe de tous ses invités présents. Ce qui n'allait pas être une mince affaire. Mais elle avait déjà élaboré son programme de la soirée et personne n'allait s 'ennuyer. Elle avait des potins à revendre et des sujets de conversation pour tous les goûts. Ses salons avaient toujours eu un franc succès et il n'y avait aucune raison pour que cela change. Elle porta son regard autour d'elle afin de voir quelle présence féminine se trouvait là ce soir. Elle ne voyait que peu de connaissances pour le moment, mais il y allait très certainement avoir du monde qu'elle connaissait ou qu'elle allait apprendre à connaître.

Elle saisit une coupe qui se trouvait sur un plateau en argent et garda un sourire de vainqueur sur ses lèvres . Sans la moindre prétention, elle savait que sa soirée allait être un succès énorme. Elle avait une amie qui logeait à la Cour et qui lui rapportait une bonne partie des choses qui se disaient et qui s'y passaient. La soirée allait donc avoir de nombreux sujets des plus croustillants. Elle allait peut être aussi parler du Roi qu'elle n'avait pas encore eu la chance de rencontrer. Ou mieux, de la Reine sa femme sur qui elle entendait énormément de choses.

Il n'était pas bon de dire des méchancetés sur la famille Royale. On pouvait risquer assez gros sur ce coup-là. Mais Ninon avait une sainte horreur de se faire passer pour ce qu'elle n'était pas. Elle assumait sa nature de croqueuse d'hommes et de bavarde. Pourtant, malgré sa nature assez enfoutiste, Ninon avait quand même la chance d'avoir des amis assez bien placés comme ce cher Molière par exemple, dont elle avait eu corrigé sa pièce de Tartuffe avant que ce dernier ne la présente au Roi. Oui, Ninon était intelligente sous ses airs de libertine. Qui pourrait le lui reprocher d'ailleurs ? Si les personnes la méprisaient tant que cela, ils ne seraient pas présents dans son salon à l'heure actuelle. Sans détacher son sourire, elle fit le tour de son salon afin de voir qui étaient les dernières personnes arrivées. Elle alla parler à l'oreille de plusieurs de ses amants ou futurs amants et continua à regarder autour d'elle. Elle vit une tête qui lui était familière. Il s'agissait d'Athénaïs de Montespan. La futur Favorite du Roi était présente et avait répondu à son invitation.

Elle avait entendu parler de cette femme mais elle n'avait encore jamais eu la chance de parler avec elle. Elle savait deux trois choses assez intéressantes et croustillantes à son sujet . Elle suivit la future Favorite du regard et remarqua que cette dernière allait s'adresser à un jeune homme qui avait l'air un peu perdu. Ninon ne le connaissait pas non plus mais elle avait vraiment hâte de faire plus ample connaissance avec lui et ce, dans tous les sens du terme. Elle s’avança donc vers eux car ils avaient l'air de se connaître mais elle fut coupée dans son élan par des personnes qui lui demandèrent son point de vue sur le sens de la vie.

-Eh bien mes amis cela est simple, nous sommes tous les acteurs de notre vie. C'est un peu comme une pièce de théâtre que nous vivons ou subissons tous les jours.

Elle s’éclipsa sous les applaudissements et se dirigea vers la Favorite et le jeune homme qu'elle avait hâte de connaître.

-Bonjour, je vous souhaite la bienvenue dans mon salon. J'espère que vous allez bien vous amuser et passer une agréable soirée.

Elle regarda ensuite Athénaïs

- Madame de Montespan, je suis heureuse de vous compter par mes invités . Vous me présentez à votre ami?


La soirée allait être intéressante car une amie de Ninon lui avait dit que le Roy avait jeté son dévolu sur cette Madame de Montespan. Ninon allait donc mener son enquête durant la soirée. Elle arrivait toujours à obtenir ce qu'elle voulait. Il y allait donc avoir de fortes chances pour que cette chère Madame de Montespan soit le centre de toute l'attention de Ninon durant la soirée. Elle regarde Le jeune homme qu'elle dévorait déjà du regard. Elle s'imaginait déjà avec lui dans sa chambre à coucher. Leurs corps dégoulinant de sueur après que Ninon se soit occupée de lui. Rêve ou future réalité? Seul le déroulement de la soirée allait répondre à cette question. Mais en tout cas, une chose était certaine, Ninon ne le lâcherait pas de sitôt. Elle avait mis tous ses attributs en avant pour cette soirée et elle comptait bien s'en servir.
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Mer 3 Oct - 9:41

Athénaïs, bien heureuse de trouver son ami milanais, malgré tout bien désolée pour le retard et l'attente qu'elle lui avait fait subir. Elle avait en horreur l'imponctualité, et le fait d'en être elle-même l'investigatrice l'horripilait. Un serviteur passa près d'elle afin de lui proposer silencieusement, en inclinant un plateau en argent, l'une des coupes de vin qui s'y trouvaient. La marquise en prit une en souriant au domestique qui ne tarda point à s'éclipser. Elle vint alors s'asseoir auprès de Stefano.

-Mon ami, je suis bien confuse, croyez-le, de ce retard qui, j'espère, n'aura guère entâché votre début de soirée.

La belle dame savait que se rendre à une soirée où l'on ne connaissait personne ou presque pouvait être intimidant. Bien qu'elle connaissait le caractère de l'italien qui n'était du genre à se laisser impressionner, la politesse aurait tout de même voulu qu'elle soit à l'heure du rendez-vous qu'elle avait elle-même fixée. C'était les bases de la bienséance. Elle espérait que son interlocuteur ne soit pas trop en colère après elle, elle le savait tout ce qui était de plus aimable et gageait là-dessus, mais elle s'en voulait tout de même un peu.

Cependant il était un point important duquel elle voulait deviser avec son ami. La lettre de Madame. Athénaïs avait dit, lors de leur précédente promenade à cheval, qu'elle avait toujours une proche connaissance au service de cette insupportable princesse et qu'elle serait capable de lui fournir une lettre compromettante de cette dame. Leur projet secret était de rendre cette lettre publique avant qu'elle ne l'envoie, et étant précédemment au service de Madame, Athénaïs savait que chacune des lettres qu'elle faisait parvenir à ses correspondants était truffée d'agréables comparatifs et qualificatifs concernant Monsieur, la Cour et le Roy lui-même, Henriette n'ayant pas supporté de se retrouver reléguée au second plan derrière Louise de la Vallière. La marquise avait eu des nouvelles à ce propos: Madame avait commencé une nouvelle missive qu'elle ferait parvenir en fin de semaine en Angleterre. Cette lettre allait alors être dérobée avant que d'avoir été cachetée, mais il fallait promptement s'assurer des faits et conséquences.


-Mon ami je me dois de vous parler du propos qui...

Athénaïs allait donc aborder ce sujet lorsque la maîtresse de maison fit son apparition et les salua. La marquise donc se ravisa et afficha son sourire de circonstance. Elle se leva afin de saluer à son tour comme il se devait leur hôtesse.

-Madame de L'Enclos, je suis fort aise de vous voir enfin. Je tenais à vous remercier personnellement pour cette invitation. Votre hôtel est des plus charmants, je vous félicite d'ailleurs pour la décoration où je reconnais votre griffe.

Cette dernière phrase fut ponctuée d'un sourire franc. Ninon de l'Enclos avait beaucoup de goût et cela se voyait. Cette femme suscitait l'admiration de bien des femmes, tant par sa beauté, son intelligence, ses connaissances, et l'usage qu'elle faisait de tout cela. A la demande de Ninon, Athénaïs présenta donc son ami italien, qui sans doute achèverait mieux qu'elle le descriptif de sa personne.


-Permettez-moi de vous présenter mon ami, Stefano Sforza, de la maison du Duc d'Orléans, dit-elle en posant sa main libre dont la blancheur était admirable, sur l'avant bras du milanais.
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Jeu 18 Oct - 16:03

L'Italien était sur le canapé, assis, seul, à observer les gens passer par la porte, faire leur chemin jusqu'au serveur pour se servir d'un bon verre de vin blanc. Le salon était, pour l'instant, rempli de femmes qui étaient toutes très bien habillées, normal, car ce salon n'était pas celui de n'importe qui... Des dizaines de personnes auraient vendu leur âme pour assister au salon de Ninon, malgré l'interdiction du Roi. Cette femme de caractère s'était faite un nom entre les grands, et même la censure du seigneur ne l'arrêtait pas! D'ailleurs en parlant d'elle, où pouvait-elle bien se trouver? Le Milanais ne la connaissait ni d'Adam, ni d'Eve et malgré toutes ses tentatives pour la reconnaître d'après les descriptions de son amie, il n'y arriva pas. Il commença à épier les jeunes femmes qui l'entouraient et espérait la trouver, juste entrecroiser son regard.

Que pouvait-il bien se passer pour que la Marquise soit en retard? D'habitude elle était très à cheval sur les horaires et n'appréciait pas attendre, ni se faire attendre... Certainement un problème de dernière minute sans incidence, enfin, c'est ce qu'il espérait... Son verre était déjà vide! Quelle mauvaise blague, heureusement qu'un serveur se pointa de suite pour que l'Italien puisse se resservir rapidement. C'est dans des moment comme celui-là que le Milanais perdait la majeure partie de ses moyens. Certes, il aimait boire, mais dès que la tête tournait, il arrêtait car il devait toujours être capable de danser. Son esprit repartit alors dans les multiples chorégraphies, les pas les plus difficiles qu'il avait appris dernièrement ou encore des idées de costumes. Le temps dans la salle s'était arrêté, alors que le cerveau de Stefano bouillait comme jamais. Les temps s’emboîtaient les uns dans les autres sans aucune difficulté, tout était fluide, parfait.

Mais toute cette création se coupa nette quand il sentit quelqu'un s’asseoir à ses côtés.
Citation :
Mon ami, je suis bien confuse, croyez-le, de ce retard qui, j'espère, n'aura guère entaché votre début de soirée.
La Marquise était enfin arrivée. Ce fut comme un poids en moins sur les épaules du jeune Italien.
Bonjour ma chère, n'ayez crainte, je ne vous en veux point. Ce genre de problème peut arriver à tout le monde, dit le danseur pour ne pas enfoncer plus son amie qui était déjà toute désolée.
Stefano prit quelques secondes pour la contempler, elle portait une belle robe, simple mais qui la mettait tout de même en valeur.

La Marquise allait venir sur le sujet important de la soirée, celui dont ils avaient parlé quelques jours auparavant. Cette lettre était-elle toujours d'actualité? Ceci titillait l'esprit du Milanais qui espérait vraiment pouvoir se défaire de cette pauvre femme, la femme du Prince, mais, comme pour tous les plans, il fallait être patient, car tout vient à point à qui sait attendre...

C'est alors qu'une femme d'une quarantaine d'années arriva vers eux. Elle était resplendissante. Elle regarda l'Italien, puis la Marquise.
Citation :
Bonjour, je vous souhaite la bienvenue dans mon salon. J'espère que vous allez bien vous amuser et passer une agréable soirée.
Quand elle parlait, cette femme dégageait quelque chose de fort, en plus de son charme. Athénaïs prit directement la parole pour les présentations.
Citation :
Permettez-moi de vous présenter mon ami, Stefano Sforza, de la maison du Duc d'Orléans
Enchanté, Madame de L'Enclos, ma chère amie m'a beaucoup parlé de vous, en bien. Enchanté de faire votre connaissance, le Milanais parlait toujours avec son accent et il n'hésitait pas à le forcer un peu. Il fit un baise-main à Ninon selon les codes, comme le lui avait appris sa mère.
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Dim 21 Oct - 22:19

HS : J'ai rectifié zolie Marquise mais gris alezan je trouvais ça joli à écrire Embarassed Merci de me faire partager votre expérience des poneys Laughing

Une rumeur courait dans l'entourage du Prince, insinuante, scandaleuse et arrogante selon laquelle un esprit éclairé valait tous les titres de noblesse imaginables pour survivre à la cour du Roy. Quelle absurde affirmation, pensait le jeune Marquis d'Effiat, choqué et révolté qu'une langue suffisamment acérée puisse rivaliser d'audace et de pouvoir en comparaison d'un nom prestigieux, hérité d'une longue et pure lignée de sang bleu. La famille des Coëffier de Ruzé avait payé assez cher leur rang et leur place auprès d'un Roy de France pour les abandonner aux mains de parvenus bavards et irrévérencieux. Le salon de Ninon de L'Enclos était le dernier endroit à la mode où il était de bon ton d'aller s'encanailler avec classe en osant évoquer le nom de Louis de façon sarcastique et moqueuse. Les potins les plus scandaleux sur la famille Royale étaient les bienheureux invités surprises de ces réunions de salon et celui de Ninon de L'Enclos ne désemplissait pas.

Antoine se retrouvait désoeuvré en ce mois de février 1666, frileux et angoissant qui le privait de toute envie d'aller s'occuper des chevaux de Monsieur. Et si.... Bah, pourquoi pas ? ....
Le jeune marquis d'Effiat aurait pu se glisser en catimini dans ce haut-lieu de médisances et d'échanges verbaux spirituels et incisifs où les réputations se défont plus vite et avec bien plus de passion qu'elles n'ont mis de temps à naître et à durer. Et puis. Et puis, il y avait cette question qui le taraudait depuis longtemps, si longtemps. Une éternité. Antoine savait que seule la courtisane pourrait y répondre, pour peu qu'elle voulût s'en donner la peine. Mais comment la convaincre, se demandait le jeune marquis en enfilant un manteau chaud et s'y pelotonnant avant de se faire ouvrir la porte par son valet de pied.
Il ajusta ses gants en peau tannée de couleur fauve et monta sur son bel alezan. Monter à cheval était toujours pour lui une source de réconfort. Il était également le moyen le plus sûr et le plus rapide pour se rendre à l'hôtel où logeait la courtisane qui donnait salon en ce jour.



***


Antoine pénétra dans l'antre du Diable. Jamais il n'avait mis, ne serait-ce qu'un orteil dans un salon parisien où les dames se piquaient de culture et de cet esprit corrosif qui leur donnait l'illusion d'être les égales des hommes.
Certes, il ne s'attendait guère à voir apparaître un Paul Scarron à la manière d' un diablotin sortant de sa boîte qui lui tenait lieu de réceptacle à un corps souffreteux. Pourtant l'esprit était bien là et à cet égard, Scarron était bien plus vivant que la plupart de ses condisciples. Mais enfin, Ninon de L'Enclos n'avait pas le talent d'un Scarron. Pourtant, la soirée promettait monts et merveilles. Le lieu était splendide, rempli de belles choses, de ravissantes dames pour la plupart bien que ce détail n'intéressât pas vraiment Antoine d'Effiat. Le luxe et le bon goût du décor, les divans moelleux aux couleurs chatoyantes où l'idée même de s'y vautrer était une promesse de paradis, joints à la profusion de vin et de mets raffinés enchantaient Antoine. Un jeune serviteur d'aspect charmant et engageant vint lui prendre son manteau et ses gants en peau . Il avança à pas de loup dans cet univers typiquement féminin, vola au passage une coupe en cristal de vin blanc et la porta sensuellement à ses lèvres. Raffiné, frais et revigorant. Le vin était divin. Il ferma les yeux. La journée promettait d'être délicieuse et apaisante, une de ces journées qui faisait défaut depuis trop longtemps au jeune marquis . Antoine chercha un coin tranquille, à l'abri des regards mais suffisamment exposé pour que lui, puisse observer chaque convive à sa guise. Il s'assit dans un fauteuil en velours couleur rouge vermillon.


- Monsieur, cherchez-vous de la compagnie ? Je pourrais , si le coeur vous en dit, vous entretenir des dernières bévues de Mademoiselle de La Vallière et …

-Non, merci Mademoiselle, j'attends quelqu'un... répondit Antoine, le sourire mielleux aux lèvres, à une jeune femme brune et charmante aux yeux verts qui s'animèrent de convoitise à la vue de ce jeune marquis aux yeux pâles et à la belle chevelure aussi noire que l'encre.

Antoine sourit de malice, à la pensée de ce pieux mensonge. Son regard parcourut le salon à la recherche de celle qui en était la reine. Il attrapa un autre verre de vin qu'il avala d'une seule traite et ce doux élixir commença à faire son effet. Il se sentait merveilleusement bien, comme il ne l'avait pas été depuis une éternité. Où diable se trouvait la muse des commérages de la Cour, celle qui s'autorisait à médire du Roy , qu'il admirait presque pour cet outrage royal ?
Ses yeux pâles s'orientèrent vers un divan raffiné et magnifique. Là, deux femmes discutaient avec un jeune homme dont il ne parvenait pas à voir les traits. Les deux femmes était très belles, l'une d'âge plus mûr que l'autre. Quarante ans, peut-être davantage. Pourtant la beauté ne l'avait pas encore abandonnée. La seconde était fraîche, piquante quoique d'allure modeste. Elle n'en était que plus exquise pour peu que l'on aimât ce genre de beauté féminine.

Quand l'autre femme à la maturité resplendissante se tourna en direction du jeune homme assis sur le divan dont Antoine distinguait à présent les traits, souriante, intéressée, séductrice, déjà prête à s'offrir, Antoine pâlit dangereusement et laissa tomber son verre sur le sol à moitié rempli de vin.
Non, ce n'était pas possible.... Pas possible. Antoine ne comprenait plus rien. Il sentit les larmes lui monter aux yeux et voulut fuir. Le plus loin possible. Hélas, il était trop tard pour le faire .
Il y avait déjà suffisamment de monde dans le salon pour ternir sa réputation s'il se lançait dans une aventure aussi hasardeuse et suicidaire.
Et puis, un esclandre était exclu. Jamais il ne causerait le moindre tort au jeune homme qu'il avait reconnu auprès des deux femmes. Non, jamais. La vie ne serait pas assez longue pour en éprouver assez de remords si jamais il le faisait.









Dernière édition par Antoine d'Effiat le Mer 14 Nov - 10:41, édité 3 fois
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Lun 5 Nov - 19:18

S’il y avait bien une chose que Ninon adorait, c’était celle d’être le centre d’intérêt. Les hommes qui se trouvaient dans son salon la dévisageaient et Ninon mettait encore plus ses atouts en avant. Certes, elle approchait de la quarantaine, elle l’avait même, mais elle était encore bien faite et elle en jouait. Lorsque la mort viendra la chercher, ce serait bien fini alors autant en profiter, non ? La soirée promettait d’être des plus intéressantes car Madame de Montespan était venue. Ninon commençait à entendre parler de plus en plus de cette jeune femme. Une rumeur disait que Le Roi avait jeté son dévolu sur elle laissant tomber sa maîtresse actuelle, Louise de La Vallière. Ninon venait donc d’avoir deux centres d’intérêt pour le prix d’un. Le jeune Italien qui se trouvait en face d’elle était vraiment un homme magnifique qui pouvait avoir toutes les femmes qu’il désirait en claquant simplement des doigts. Mais il avait l’air d’être de nature plutôt timide ce qui amusait Ninon au plus haut point. Elle arrivait toujours à obtenir ce qu’elle voulait et ce jeune poulain en faisait partie. Ninon fit un large sourire à l’Italien et se tourna vers Madame de Montespan.

-Allons, vous n’avez pas à me remercier, voyons. Je suis charmée de vous voir enfin et que vous ayez accepté mon invitation.

Elle jeta un regard au bel Italien et revint ensuite sur le visage de Madame de Montespan.

-Je serais curieuse de savoir ce que vous avez dit de moi à votre ami.

Elle regarda à nouveau Stefano.

-Que je suis ravie de connaître d’ailleurs.

Elle aimait bien savoir ce que l’on pensait d’elle et ne pouvait s’empêcher de savoir ce que Madame de Montespan allait lui dire. Elle savait qu’elle n’était pas appréciée de tout le monde. Certaines femmes jalousaient la beauté qu’elle avait encore et d’autre jalousaient son franc-parler. Tout ceci amusait Ninon au plus haut point. La vie était vraiment une immense pièce de théâtre. Il faut en profiter et la croquer à pleines dents car on ne sait pas à quel moment le rideau va tomber. Autant donc en profiter. Ninon savait que le Roy était au courant de ce qu’elle faisait ainsi que de ce qu’elle racontait sur la famille Royale. Elle pourrait donc se faire arrêter à n’importe quel moment. Autant en profiter. Ninon ne put s’empêcher de jeter un regard autour d’elle. Tout le monde avait l’air de s’amuser et du beau monde était venu. Elle eut un petit sourire en coin. Le genre de sourire qui était tant apprécié de ses amants. Son regard s’arrêta sur un homme qui venait de faire tomber son verre de vin au sol. Heureusement, comme un grand nombre de personnes parlaient, le bruit fut relativement discret mais il n’échappa pas à la maîtresse de maison.

-Excusez-moi un moment, je reviens tout de suite.

Elle souleva sa robe et partit en direction de cet homme. Elle espérait que ce dernier n’était pas en train de faire un malaise car les empoisonnements peuvent être chose relativement courante dans ce genre de soirée. Elle alla donc poser sa main sur le bras de cet homme qui était devenu plus pâle que la mort en l’espace de quelques secondes.

-Tout va bien Monsieur ? Je me permets de venir vous parler car je suis Ninon de l’Enclos et si vous avez un souci vous pouvez m’en faire part.

Elle demanda qu’on lui amène un verre d’eau afin que ce dernier puisse reprendre ses esprits.
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Mer 14 Nov - 10:31

HJ: Mon Toinou joli, "alezan" et "gris clair" ça ne peut pas être le même cheval, alezan étant la couleur qui correspond au roux ou marron clair. Wink

Athénaïs était honorée que Ninon en personne vienne leur parler. Certes il était fréquent que la maîtresse de maison fasse son tour des invités afin de parler avec le plus grand nombre, mais tout de même, c'était toujours flatteur de se voir attribuer des traits d'amitié de personnes aussi remarquables et remarquées que la fameuse Ninon de L'Enclos. Cette belle quadragénaire semblait d'ailleurs avoir jeté son dévolu sur Stefano Sforza qui se tenait à coté de la marquise. Athénaïs n'en était que plus amusée qu'elle savait les mœurs de ce bel italien. Elle venait pourtant de l'indiquer à Ninon en précisant qu'il était de la maison d'Orléans, mais elle savait aussi que pour Ninon, en matière d'hommes, aucun défi n'était insurmontable, et c'était ce qui faisait en partie sa célébrité.

Mais du coup, avec l'arrivée prompte de l'hôtesse de la soirée, Athénaïs n'avait pu glisser mot au milanais à propos de leur petit plan machiavélique. Bon, la soirée venait tout juste de commencer, il se ne sauverait certainement pas de si tôt, et elle aurait tout le temps de lui en toucher mot plus tard. Peut-être que Stefano succomberait aux charmes de cette maîtresse des mots et de la plume, et probablement que la marquise serait la première au courant. Et il lui plaisait d'être au fait de ce genre de petits secrets, c'était amusant. L'époque voulait que l'on se plaise à savoir des choses plus ou moins secrètes sur les uns et les autres, même lorsqu'il s'agissait de personnes proches.

La belle Ninon demanda donc ce que la marquise avait bien pu dire sur elle. Une sorte de franchise extrêmement rare, quasiment personne n'était aussi direct. Athénaïs l'était bien souvent, car comme Ninon de l'Enclos, Françoise-Athénaïs de Rochechouart de Mortemart n'avait pas reçu du ciel et de ses parents seulement la beauté, mais également cette répartie et cet esprit hors du commun dont disposait sa famille. C'était ce qui faisait la différence à la Cour. C'était sa sœur aînée, Gabrielle de Thianges, qui l'avait en partie formée à cette sorte de conversation qui finissait toujours par faire mouche. C'était d'ailleurs ce qui faisait qu'Athénaïs plaisait tant à la Cour, elle parlait élégamment, faisait remarquer de manière amusante et intelligente les petits défauts des uns et des autres ce qui amusait grandement la galerie, elle n'avait pas la langue dans sa poche et ne le laissait guère marcher sur les pieds. C'était important de savoir se défendre, pour le moins verbalement.


-Eh bien, chère Ninon, j'ai simplement évoqué les qualités dont vous êtes pourvue et que chacun loue.

Mais bien vite, le regard de Ninon fut attiré par autre chose. Un jeune homme, que la marquise n'avait point vu arriver, avait, semblait-il, laissé tomber de manière discrète, son verre de vin blanc. Alors que la maîtresse des lieux s'éloignait pour aller quérir des nouvelles de ce jeune homme, la curiosité de la jeune marquise l'avait poussée à regarder en cette direction. Le visage de ce bel homme lui semblait familier. Elle l'avait probablement croisé à la Cour, mais à cette distance, il lui était pour ainsi dire impossible de l'identifier formellement.
Elle profita néanmoins de l'absence de Ninon, dont elle ignorait la durée à venir, pour se rapprocher de Stefano. Ses lèvres pourpres et sensuelles s'approchèrent de l'oreille de l'italien afin de lui parler plus discrètement de l'affaire qui les concernait, et à voix basse bien entendu, de telle sorte d'être inaudible pour un quelconque importun qui aurait voulu écouter
.

-Je serai en possession de la missive le soir du bal, je vous la remettrai alors.

La servante avait pu subtiliser ladite lettre, mais il lui était impossible de se libérer plus tôt pour la remettre à la marquise de manière suffisamment discrète. Pour que personne ne remarque le stratagème, il fallait trouver un moment où les emplois du temps coïncidaient. Une absence aux postes de l'une et l'autre au même moment serait des plus suspectes surtout si l'affaire venait à éclore au grand jour. Il valait donc mieux anticiper et se montrer prudent. C'était bien là le genre de jeu dangereux qui, si succès, assurait une douce vengeance, mais si échec, défaisait une réputation et une qualité.
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Dim 20 Jan - 13:14

Stefano se sentait bien sur ce canapé moelleux, en compagnie de son amie. La masse dans le salon bougeait constamment, les gens affluaient dans la pièce malgré l’interdiction du Roy. Stefano eut du mal à reconnaitre la dame de lettre car il ne savait pas à quoi s’attendre, mais quand il la vit arriver vers eux, il n’eut plus aucun doute, c’était bien elle. Elle se présentait très bien. Ninon ne faisait pas du tout son âge, certes le maquillage peut aider, mais son visage avait gardé un certain éclat que d’autres femmes avaient perdu. L’Italien sentit le regard de l’hôte sur lui, il sourit alors bêtement, comme on lui avait dit de faire, quand il était enfant.
Madame de l’Eclos salua la belle Mortemart et après quelques échanges, je me fis présenter par cette dernière.


Je suis enchanté Madame, dit Stefano en faisant un baise main des plus courtisan. Sa peau était douce. Le jeune homme se rassit à sa place et parla un petit moment avec Ninon, jusqu’à ce que celle-ci tourne le regard et partit en s’excusant. Que pouvait-il bien se passer ?

Le temps dans le salon avait l’air d’être suspendu, tous les gens se tournaient dans la même situation, à l’opposer d’où ils étaient. Athénaïs profita de la confusion pour se glisser jusqu’à l’oreille de l’Italien.

Je serai en possession de la missive le soir du bal, je vous la remettrai alors, lui glissa-t-elle.

Cette jeune fille était très futée. Le bal serait le moment excellent pour s’échanger les lettres de la « Pauvre Femme ». Il faudra seulement se reconnaitre, mais personne ne saura qu’ils seront. Une idée vint alors dans la tête du Milanais. Il se pencha à son tour vers la Marquise.

Il me suffira de vous inviter à danser, et c’est là que vous me donnerez ces lettres qui feront beaucoup de bruit dans la Cour. J’ai hâte de voir la tête de Monsieur quand il les lira, et surtout l’expression de Madame quand elle saura que son mari à apprit ce qu’elle échange avec l’Angleterre.

Un grand sourire se dessina sur le visage de l’Italien, il n’aimait pas être mesquin, mais tout était faisable pour éloigner Monsieur de sa femme, tout. Il observa maintenant la scène qui se déroulait sous ses yeux. Il reconnut Ninon vers un homme. Ce dernier avait renversé sa coupe par terre, salissant la belle moquette.

Cette silouhette, ce n’était quand même pas… non… c’était Antoine. Il courut alors vers lui. Le regard d’Effiat était rempli de larmes.


Excusez-moi, laissez-moi passer cria l’Italien pour se fendre un passage dans la foule. Il arriva vers son homme.

Madame de l’Enclos, pouvez-vous nous laissez un petit moment ? Il faut que nous parlions. Je pense le ramener dans ses appartements et revenir au plus vite après.

Le danseur prit le bras Antoine sur ses épaules et le souleva gentiment. Ils se dirigèrent gentiment vers la porte de sortie. Le Marquis était muet comme une tombe, malgré les questions de Stefano qui avait gémit pendant tout le chemin.

Pourquoi, pourquoi as-tu laissé tomber ton verre ?
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Mer 24 Avr - 18:59

Ninon avait de la peine à détacher son regard de Stefano. Il fallait dire qu’il était vraiment très agréable à regarder et Ninon ne pouvait pas s’empêcher de le dévorer du regard. Intérieurement, elle eut un sourire de satisfaction. Notre chère Dame de lettre arrivait toujours à obtenir ce qu’elle voulait et ce peu importe la méthode. Elle le voulait au moins pour une nuit et elle ferait tout pour l’avoir .Elle avait entendu dire que ce cher beau jeune homme avait le vice Italien. Et puis quoi ? On peut très bien avoir le vice Italien et tenter des expériences non ? Bon d’accord, il avait un amant en vue de la réaction de celui qui avait fait tombé son verre sur le sol mais surtout vu la façon dont il regardait Stefano. Ninon savait que Stefano allait apprécier tout ce qu’elle savait faire, car de l’expérience Ninon en avait et elles étaient nombreuses. Sa première fois remonte vraiment à loin et elle ne put s’empêcher de sourire en y repensant. Elle s’en souvenait pourtant comme si elle venait de la vivre. Elle savait à quel point la première fois était importante. Une chose était certaine, elle n’avait pas été déçue, très loin de là même pour tout dire. Elle ne put s’empêcher de se demander ce qu’était devenu cet homme qui lui avait appris tant de choses. Mais passons, elle secoua la tête. L’heure n’était pas aux souvenirs nostalgiques. Elle porta une coupe de vin à ses lèvres et en but une gorgée. Elle sentit le nectar passer dans sa gorge et il lui fit reprendre ses esprits. Elle regarda ensuite Françoise. Cette jeune femme était vraiment belle et faisait donc d’elle une rival de taille car même si l’expérience que possède Ninon plait énormément aux hommes, elle ne peut pas lutter contre une ennemie de taille, la vieillesse… C’était une lutte de tous les instants. Il fallait faire attention à sa peau et pour ça, ce n’était pas une mince affaire non plus. Il fallait se protéger du soleil, mettre de la poudre mais surtout prier pour ne pas attraper des maladies qui pourraient faire de très vilaine marque sur le visage. Car pour cacher ces marques, les femmes, mais aussi les hommes, se collaient des mouches. Évidemment, on ne parle pas d’insecte mais d’un faux grain de beauté. Il était utilisé pour faire ressortir le teint pâle. Un jour quelqu’un a dit :

Que ces mouches sans vie ont de vivacité!
Par leur noir aiguillon l'amour est excité ;
Ces petits assassins arment la beauté même,
Et leur air agaçant dit: Je veux que l'on m'aime.

Ninon n’en avait donc pas besoin de beaucoup, mais elle en mettait quand même car c’était la mode et il fallait la suivre. Elle se faisait aussi des masques et prenait le soin de faire en sorte que ses rides ne se voient pas. Car malheureusement pour elle, elle commençait à prendre de l’âge. D’habitude elle n’y pensait pas, mais quand elle vit Françoise de plus près, elle se prit une gifle très violente en pleine figure. Elle ne montra pas qu’elle était contrariée. Mais une autre chose la dérangea, Stefano avait l’air de vraiment se sentir à l’aise avec cette Françoise. Et son doute se concrétisa quand Stefano lui demanda de rester seul avec elle. Elle garda un sourire radieux sur ses lèvres. -Mais bien sûr voyons. Vous savez où me trouver si vous avez besoin de moi. Et elle espérait qu’il aurait très rapidement besoin d’elle… Elle posa sa main sur l’épaule de Stefano et alla parler aux autres personnes qui se trouvaient présente dans son salon. Elle demanda à une suivante de resservir du vin à tous ceux qui en voulaient encore. Elle se rendit ensuite à la table de jeux et alla s’assoir sur les genoux d’un très beau Marquis. Elle lui chuchota quelque chose à l’oreille et se dernier et elle gloussa avec lui. Elle aimait les hommes beaux et riches comme la plupart des femmes d’ailleurs. Elle prit les cartes des mains de son amant et regarda son jeu. – Eh bien mon ami, on dirait que la chance vous quitte. Elle lui caressa la joue. Elle s’occupa de jouer à sa place et remporta la manche haut la main pour le plus grand désespoir des autres hommes qui se trouvaient là. Ils refirent une nouvelle partie. Pendant que les autres jouaient, Ninon ne put s’empêcher de regarder dans la direction de Françoise et de Stefano. Qu’est- ce qu’ils pouvaient bien se raconter ses deux-là ? Son amant posa une de ses mains sur la cuisse de Ninon et cette dernière posa sa tête contre son torse. La bonne nouvelle était qu’elle n’allait pas terminer la soirée toute seul mais la mauvaise était que ça n’allait très probablement pas être avec Stefano. Il fallait qu’elle fasse quelque chose mais comment faire pour éloigner Françoise suffisamment longtemps pour qu’elle puisse lui parler en toute tranquillité ? Il fallait qu’elle trouve quelque chose.. Elle était donc perdue dans ses pensées mais elle fut rapidement rappelée sur terre par son amant qui lui donna un baiser sur la joue. Elle lui rendit un sourire et lui rendit son jeu. - Excusez-moi mon ami mais j’ai une personne à aller voir. Elle se leva et alla voir la femme qui venait d’entrer. Ninon la prit dans ses bras. Elle était contente de la voir. C’était une amie de longue date qu’elle n’avait plus vu depuis un sacré bout de temps. Mais elle n’avait pas l’air d’être très en forme. Les deux femmes discutèrent longtemps et Ninon la consola au mieux.
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Jeu 25 Avr - 1:47

Stefano informa Athénaïs de son plan pour la remise de la lettre d'Henriette: ce serait donc bel et bien le soir du bal. Ils danseraient et pourraient donc aisément faire passer ce courrier d'une main à l'autre sans attirer le moindre soupçon, d'autant que ce bal était costumé et masqué. Seul détail: réussir à se reconnaître. Mais ceci était un jeu que la marquise pratiquait de longue date avec Monsieur, alors elle trouverait Stefano sans problème, attendu que pour un prétexte aussi important que celui-là, son ami ne manquerait pas de lui faire part de quelques détails de son costume.

Ils n'eurent guère d'avantage le temps d'échanger sur ce propos que l'italien fut attiré par une toute autre personne. Antoine d'Effiat, l'amant du milanais, était présent et semblait se sentir mal. En amoureux transi qu'il était, Mr Sforza ne tarda pas à le rejoindre pour le soutenir. Un domestique ramassait déjà le verre que le marquis avait laissé choir, tandis que le danseur soutenait son aimé et l'emmenait en direction de la sortie. Athénaïs put l'entendre dire qu'il le ramenait instamment en ses quartiers et qu'il regagnerait le salon promptement. Elle avait cependant quelques doutes là-dessus: quand la personne avec qui vous partagez votre vie est victime d'un malaise au cours d'une soirée, vous empressez-vous de regagner ladite soirée une fois votre aimé au lit? Il lui sembla que non.

Les deux amis de la marquise étant sortis, celle-ci s'enquit des nouvelles d'une dame de sa connaissance resté à Paris pour ses couches, auprès de Françoise d'Aubigné qui venait d'arriver. C'était par son entremise qu'elle avait pu entrer au salon de Ninon de l'Enclos, ces deux dames étaient amies de longue date, attendu qu'elles se connurent chez Scarron qui épousa peu de temps après Françoise d'Aubigné. Voilà à présent six années que Scarron était mort, et qu'Anne d'Autriche faisait verser une pension à Françoise pour ne la point laisser choir dans la misère. Mais la reine mère décédée récemment à son tour, cette pension fut retirée par le roy, et pour l'heure, encore personne n'était parvenu à la faire rétablir. Sa Majesté n'en voyait point l'utilité.

Enfin, Françoise alla saluer un autre convive et Athénaïs se retrouva non loin de Ninon. Cette femme était d'une beauté singulière pour son âge qui d'ailleurs ne transparaissait pas. On le savait simplement car cette dame était connue, mais si l'on n'avait su qui elle était, jamais on ne lui eut donné la quarantaine bien tassée.


-Je vous trouve resplendissante, chère Ninon. Me direz-vous votre secret pour ainsi briller de mille feux sans pour autant arborer des diamants? Je dois bien avouer que cela m'intéresse assez, dit-elle avec un sourire franc.
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Lun 13 Mai - 9:43

Ninon salua son amie qui fini par prendre congé. Le salon commençait peu à peu à se vider. Les convives qui restaient aller très certainement occuper des canapés loin des regards indiscret afin de passer un bon moment ensemble. Certaines servantes commençaient déjà à débarrasser les verres qui ne possédaient plus de propriétaires. Ninon termina son verre et le posa sur un plateau. Elle vit arriver Françoise de Montespan dans sa direction et lui sourit. Cette jeune femme avait vraiment tout pour plaire. Ninon l’avait observé durant une bonne partie de la soirée. Elle avait de l’esprit et de la conversation et elle n’avait pas l’air d’être du genre à se laisser marcher sur les pieds. Elle lui fit un compliment des plus poli. Sincère ou non, Ninon l’avait apprécié même si elle savait que ce compliment était un constat.

-Je vous remercie de ce compliment très chère, mais vous comprendrez que je ne peux vous livrer mon secret. Il serait fâcheux que d’autres femmes soient au courant. Je n’aurais plus autant de succès.

Elle lui fit un sourire des plus mystérieux car pour tout dire, Ninon n’avait aucun secret sur le fait qu’elle ne faisait pas son âge. Elle prenait soin d’elle tout simplement comme toutes les femmes. Mais comme elle commençait à prendre de l’âge, elle devait faire attention à certaines choses plus qu’une femme jeune. Elle faisait attention à ce qu’elle mangeait, elle utilisait de nombreuses crèmes pour le corps, elle se faisait aussi des masques et pour avoir une jolie taille, elle n’oubliait pas de boire tous les jours son verre de vinaigre même si ce dernier lui donnait des brûlures d’estomac qui avait de la peine à s’en aller. D’une certaine manière, elle était contente que Françoise vienne lui parler, elle pourrait ainsi la questionner sur ce cher Stefano qui était parti beaucoup trop vite à son goût. Elle prit doucement Françoise par le bras.

-Venez, allons-nous asseoir. Vous prendrez bien un verre de vin pour m'accompagner.

Elles s’assirent sur un fauteuil de velours rouge dès plus confortable. Ninon demanda deux verres de vins qu’on lui apporte sans tarder. Elle avait aussi fait demander des petits gâteaux afin que la tête ne tourne pas à son invitée. Car Ninon avait l’habitude de l’alcool vu toutes les fois ou elle tenait Salon. Elle espérait que la jeune femme allait lui parler un peu d’elle. Non pour lui porter une mauvaise réputation, mais simplement pour parler. Elle avait entendu dire que le mari de la jeune femme avait une énorme passion pour les jeux. Il commençait à emprunter de l’argent et on sait tous que ça devient un cercle vicieux.

-Mais parlez moi un peu de vous voulez-vous ?

Elle lui fit un sourire dès plus sincère. Le vin allait peut être aider Françoise à se livrer un peu à Ninon. Cette dernière la regarda. Elle était vraiment très belle et Ninon ne pouvait pas s’empêcher d’envier sa jeunesse et tout le reste. Même en étant mariée, Ninon était persuadée que Françoise pouvait avoir tous les hommes qu’elle désirait en un simple claquement de doigt. Période que Ninon avait aussi connu quand elle avait son âge. Certes, elle était relativement bien conservée pour une femme de son âge, mais des fois elle se disait que les hommes venaient plutôt à elle pour son savoir faire et non pour une attirance physique, car oui, Ninon pouvait se vanter d’être douée dans ce domaine. Elle en avait appris des choses à ces jeunes puceaux qui ne savaient s’y prendre avec les femmes. Elle porta la coupe de vin à ses lèvres et en but une gorgée. Il n’y avait pas à dire, le vin que lui procurait Monsieur le Frère du Roi était vraiment le meilleur de toute la France.
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Mar 16 Juil - 14:58


Ninon était pleine d'humour. Cette femme avait décidément tout pour plaire: malgré son âge elle avait su garder tout le charme que les femmes pouvaient posséder, elle savait se mettre en valeur, elle était extrêmement cultivée, douée en musique et donc avait de la conversation sur tous les sujets possible, elle était mordante et drôle. Il était impossible de s'ennuyer avec elle. En quelques sortes, Athénaïs la considérait comme un modèle. Même si elle était également dotée d'un esprit mordant hors du commun et avait pas mal de conversation, les femmes comme Ninon de L'Enclos inspiraient le respect.

L'hôtesse des lieu invita donc la jeune femme à s'asseoir avec elle dans un beau canapé recouvert de velours rouge, après lui avoir dit qu'il lui était impossible de révéler son secret de la jeunesse éternelle, ce qui fit rire la jeune marquise. Elle s'installa avec la maîtresse des lieux et accepta la coupe de vin qu'elle lui offrit, bien qu'elle se dit qu'il fallait qu'elle fasse attention à sa consommation d'alcool, sans quoi la tête finirait bien vite par lui tourner, et elle n'avait guère envie de se donner en spectacle.
Elle accepta surtout par politesse et trempa une ou deux fois ses lèvres dans l'excellent nectar qu'elle tenait dans une coupe d'une transparence incroyable.

Voilà qu'à peine assise, sa coupe dans les mains, Ninon voulait qu'Athénaïs parle d'elle. La marquise ne sut trop que dire pour commencer, et puis ce n'était pas son genre de se livrer ainsi à une femme dont le tout-Paris savait le goût pour les ragots. Pourquoi donc irait-elle étaler sa vie privée aux oreille de cette personne qui sans doute se ferait un plaisir de tout livrer? Bon, elles avaient une amie commune en la personne de la Comtesse d'Heudicourt, mais elles étaient aussi bavardes l'une que l'autre. Athénaïs avait plutôt lm'habitude de plaisanter sur les autres sans faire connaître une once d'information compromettante à son propre sujet. Et puis, en imaginant qu'elle eut envie de se confier, elle ne le ferait pas en un lieu aussi fréquenter que le salon de Ninon ce soir-là. Elle afficha alors un sourire.


-Chère Ninon, je dois dire que vous me faites un grand honneur d'ainsi vouloir me mieux connaître. Et être tout-à-fait honnête avec vous, je ne saurai trop que vous dire qui vous intéresse, ma vie est sans doute bien plate comparée à la vôtre. Et puis, en voyant cette pendule en face de nous, je ne puis que remarquer qu'il se fait bien tard et que mon mari va s'inquiéter si je n'ai pas franchi le seuil de la porte avant minuit, d'autant que je dois me trouver auprès de la Reine à la première heure demain matin. Aussi, je vous prierai de bien vouloir m'autoriser à prendre congé de vous. Nous remettrons cette conversation à la fois prochaine, si le coeur vous en dit. Je vous souhaite le bonsoir.

A ces mots, Athénaïs se leva d'un geste leste, but une dernière gorgée de vin avant de reposer sa coupe sur le plateau qu'un domestique tenait et qui passait à sa portée. Elle arriva dans l'entrée et fit demander sa cape qu'elle noua devant sa gorge avant de franchir la porte et de regagner son logis qui se trouvait à environ trois quarts d'heure de marche.

* TOPIC FINI *
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Quand Ninon tient salon ( vient qui veut)

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