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 Un Mystérieux Coffret, un Prince Frigorifié & une Marquise Armée (... D'une Pioche) [PV : Monsieur & Athénaïs]


Mer 12 Sep - 17:50


Au commencement...
[CE QUI S'EST PRODUIT AVANT > IN MEMENTO / Les Mouches S'Envolent, Les Boîtes S'Enterrent]

_________________________

Une masse de curieux emperruqués s’était éparpillée çà et là, derrière les multiples croisées du Château de Saint-Germain-en-Laye. Il était fort tôt pour un lendemain de liesse et les quelques courtisans privilégiés - car possédant leurs quartiers dans le Château-Neuf - s’interrogeaient d’autant plus sur la présence de Monsieur à l’extérieur de la chaleureuse demeure.

Un cercle de mignons se trouvait agglutiné à proximité de l’un des balcons principaux. Les nobles damoiseaux observaient l’événement peu courant, certains arborant une mine contrariée face à la nouveauté rencontrée, d’autres avec une nonchalance somme toute explicable… Accoutumés qu’ils étaient à l’extravagance régulière de leur hôte.

-Vos avis Messieurs ? Quel démon risquerait le courroux du Prince d’Orléans, en l’exhortant à se rendre de si bon matin au sein de ses propres Jardins…

Un demi-sourire jouant sur ses traits, le mignon ayant énoncé cette question sortit lentement un louis d’or de sous son vêtement. Il propulsa vivement la piécette de sa main, pour la rattraper avec une habilité déconcertante. Une voix suave et charmeuse s’éleva, faisant ainsi taire toutes les autres :

-Mon ami, il est bien inutile de parier quoi que ce soit à ce propos.


L’auditoire du premier offrit brusquement toute son attention à ce mignon-ci, lequel confortablement installé dans une causeuse toute de damas pourpré, maintenait du bout de ses doigts gantés une coupe de cristal contenant une liqueur d’une obscure couleur.

-Votre démon est une femme, Messieurs.

Satisfait de son petit effet, l’homme laissa entendre un rire étouffé avant de porter le précieux récipient à ses lèvres. Les autres mignons – qui avaient toutes les peines du monde à croire en ses paroles – se collèrent au vitrail pour fixer plus avidement encore la tête de ce drôle de cortège, essentiellement composé de domestiques armés de pelles et de pioches.

L’équipée était conduite par deux ombres distinctes. L’une, semblant entièrement couverte de fourrures à l’aspect grisé et l’autre, habillée d’une épaisse mante d’un velours bleu nuit… Des tissus convenables au climat hivernal régnant depuis un bon moment sur les contrées Françaises.

Une brise glacée balaya le front de l’expédition, emportant sur son passage un capuchon indigo lequel seyait à merveille la seconde figure. Des boucles d’un ébène chatoyant s’en échappèrent.

Tandis que Madame de Thianges ramenait en hâte le velours sur elle-même, Monsieur s’efforçait de contenir les vagues de frissons l’assaillant jusque sous ses peaux. Ce dernier progressait à petits pas et offrait de temps à autre un regard empli de reproches à son amie la marquise.


-Allons Monsieur, je reconnais là les prémices de votre colère. Blâmez-moi, si cela vous sied… Cependant, gardez-vous d’oublier que si c’est à ma curiosité que vous devez cette sortie peu agréable, il vous faut aussi remercier avec largesse votre entêtement.


Madame de Thianges s’enfila à la suite d’un Prince boudeur, entre les sublimes parterres et bosquets, créations uniques de Monsieur Le Nôtre.

L’objet de la discorde n’était qu’un souvenir. Un simple souvenir sur lequel le Duc d’Orléans et la marquise de Thianges ne s’entendaient pas. Il était question plus précisément, de l’emplacement d’un coffret à l’intérieur duquel se trouverait une possession de François-Timoléon de Choisy, ancien compagnon de jeux de Monsieur.

L’équipage poursuivait désormais sur l’un des axes principaux des Jardins, menant à l’orée d’un étroit espace boisé. Gabrielle reconnut sans mal l’endroit où 15 ans plus tôt, elle avait entrevu François-Timoléon, Athénaïs et le petit Monsieur se quereller bruyamment sur la mode impérissable des mouches. Les traits fins de la marquise s’adoucirent perceptiblement à cette brève réminiscence.

Elle se saisit aussitôt d’une pioche sous les yeux perdus des serviteurs les accompagnant et désigna de sa main libre le pied d’un orme gigantesque, dont les rameaux semblaient s’étendre vers l’infini.

-Ici, Monsieur… Du haut de vos 10 ans vous vous égosilliez si fort et si bien que le pauvre petit François-Timoléon à la nature pourtant calme et posée, en avait perdu son bon latin.

La marquise se mordit les joues dans l’espoir vain de retenir ses rires. Les détails lui revenaient par poignées. Ainsi elle revit Choisy échevelé et les ongles si crasseux d’avoir dû creuser le tombeau de son propre secret, les pommettes rougies du petit Monsieur désirant ardemment faire valoir son opinion, Françoise-Athénaïs… laquelle on n’avait jamais mieux vu fardée.


-Je crains malheureusement ne pouvoir effacer de ma mémoire, le minois de ma jeune sœur si bien poudré et agrémenté de mouches par vos soins généreux. Tant, qu’elle en était méconnaissable ! Timoléon et vous-même vous étiez fort amusés à la parer ce jour-là encore.

L’ensemble était désastreux, songea Madame de Thianges. Leur mère, Diane de Grandseigne n’en avait pas pensé moins à l’époque. Cependant, qui se serait risqué à émettre ne serait-ce qu’une once de scepticisme quant au bon goût du petit Monsieur… Qui ?

Maintenant au comble de l’hilarité, la marquise se souvint qu’elle ne s’était guère fait prier…

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Ven 5 Oct - 0:19

    Décidément c'était devenu une habitude. Après son Chevalier, son frère, voilà maintenant que la marquise de Thianges le sortait du confort et de la chaleur du château. Monsieur était convaincu que tous autant qu'ils étaient, avaient fomenté un complot dans le seul but de le tuer par un vent froid, glacial et qui vous transperçait les os jusqu'au cœur. Qu'avait-il fait pour mériter cela ? N'était-il pas l'amant le plus doux, le frère le plus soumis, l'ami le plus... Non on ne pouvait parler d'amitié avec la marquise de Thianges, enfin de quoi pouvait-on bien parler ? Il n'y avait pas de haine, pas de mépris... Au contraire même, mais jamais Monsieur ne l'admettrait.
    En sentant le froid pénétrer chaque interstice de sa cape grise, il fut finalement convaincu que c'était bien de la haine qu'il éprouvait envers la Marquise. Il tourna le regard vers elle, vit qu'il n'était pas le seul à souffrir du froid. Monsieur se retint de serrer frénétiquement autour de lui les pans de sa cape, par orgueil, par vanité, et il se redressa face au vent, offrant encore plus d'espace à la merci du froid. Et il continuait d'arborer un regard glacé par la neige, un silence gelé qu'il gardait pour bien faire comprendre sa profonde désapprobation. Ce n'était pas le premier, il y en avait eu tout au long du chemin qui avait séparé le château des jardins, c'est-à-dire un nombre conséquent. Aussi pourquoi était-il là si cela lui déplaisait tant? Jamais Monsieur ne faisait quelque chose contre son plaisir ou fort rarement, à la demande de son frère, ou de son Chevalier. Alors pourquoi ?
    Pour une question d'honneur et de fierté bien sûr. Sous l'arbre ? Vraiment ? Mais quelle absurdité! Jamais il n'aurait fait enterrer cette bague, non ce ruban... ou ce... bracelet... Bref cette chose dont il ne se souvenait plus, MAIS dont il était certain qu'il ne se trouverait certainement pas sous cet arbre. Encore une idée saugrenue et farfelue de la marquise. Ce n'était pas la première et à l'exemple de sa plus jeune sœur ce ne serait pas la dernière, mais par Dieu elle n'en démordait pas. Pourtant Monsieur avait bien démontré par a plus b qu'il avait raison, son verre à la main, assis sur son sofa, il avait bien insisté hier soir et il savait bien qu'il avait raison. Il fallait pourtant admettre qu'il n'avait jamais beaucoup aimé les mathématiques, soit ! Mais on ne pouvait pas le contredire aussi sûrement que l'avait fait la marquise, alors qu'il débordait d'assurance et de ...
    Il tourna ses yeux noirs vers Gabrielle en entendant sa voix, haussa les sourcils, fit une moue dédaigneuse.


    - Je remercie davantage votre fantaisie Madame, il n'y a là aucun entêtement, vous refusez la voix de la raison. Il faut donc bien démontrer par la preuve l'erreur fondamentale que commet votre esprit cartésien.

    Il releva le menton, le plus royalement possible, retint un nouveau tremblement dû au vent glacial qui avait encore une fois attaqué son cou. Ooh que non il n'en démordrait pas, et il allait bien lui faire comprendre qu'il en était irrité. N'était-ce pas lui qui était au cœur de ce souvenir, qui avait tout déclenché ? Enfin du moins en seconde position après Athénaïs bien sûr, car c'était bien elle qui avait lancé le débat. La manœuvre sur la démonstration de son mécontentement était parfaitement accomplie, c'était le reste qui ne voulait visiblement pas fonctionner. Pour un esprit aussi vif que celui de la marquise... C'était désespérant. Ah ! Ces Mortemart, têtus, butés, intenables...
    Il regarda l'arbre que désignait la jeune femme, après s'être attardé sur la pioche qu'elle avait prise en main. Que Madame de Thianges fasse ce qu'elle voulait, lui n'allait certainement pas imiter son geste. Il avait le désagréable sentiment qu'il connaissait cet arbre... Mais bon, la neige tout ça... Tous les arbres se ressemblaient. Ce n'était qu'un effet de son imagination, et puis dans sa jeunesse, n'avait-il pas joué sous tous les arbres de ce jardin ?
    Il fallait être plus précis pourtant. Sur quel sujet tentaient-ils d'argumenter ? Il y avait eu tant de disputes, tant de sujets de discorde avec Athénaïs.C'était tout bonnement impossible de se rappeler de ces si nombreuses...
    Ah les mouches. Les lèvres du Prince se soulevèrent d'elles-mêmes dans un sourire amusé, nostalgique. Il effaça son sourire immédiatement pour conserver le sérieux de son mécontentement, s'approcha de l'arbre, et en caressa l'écorce pensivement de ses gants de perle grise. Au souvenir suivant, Monsieur ne put s'empêcher de pouffer. Le visage d'Athénaïs avait presque disparu sous les petits morceaux de soies noires. Il gloussa, quand il y repensait, il fallait avouer que la chose était ridicule et à vrai dire, on ne pouvait pas dire que le Petit Monsieur ne l'eût pas remarqué à l'époque, ni que ce n'était pas là l'effet escompté, au contraire.


    - C'était un travail de précision et d'adresse Marquise. Néanmoins, reprit Monsieur plus sérieusement, même si les souvenirs que vous évoquez sont vrais et que je les partage avec vous, il faut dire qu'il y a là dissonance. Vous invoquez les bon personnages, les bons dialogues, pourtant la scène ne... correspond pas.

    Il pointa la pioche du doigt.

    -Et puis ne me dites pas que vous allez vraiment... Vous ferez tout cela en vain, le sol est gelé, il n'y a rien ici, vous allez me salir et éventuellement... Vous faire mal.

    Il épousseta de la neige qui se trouvait sur sa précieuse cape et qui bien entendu allait si bien avec le mauve qu'il portait sur ses épaules.

    - Et avec tout le respect que je vous dois... Je serai vraiment -et littéralement ennuyé de vous voir ramenée au château agonisante sur une civière. La simple évocation de cette pensée, fit-il en levant les yeux au ciel, me lasse déjà de vos cris souffrants... Ou de vos jurons de poissonnière, finit-il sur un sourire. Donc ! Maintenant que vous êtes certaine que ce n'est pas le lieu de l'action, et que j'ai effectivement raison, nous pouvons retourner au château.

    Il avait achevé son discours sur un ton catégorique et un petit sourire suffisant. Tout était clair, découlait de lui-même et Philippe avait déjà tourné les talons, rêvant de retrouver les bras de ses mignons et une bonne tasse de chocolat fondu.
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Sam 2 Nov - 17:16



Madame de Thianges n'était pas femme à s'effrayer devant quelconque effort. Elle écoutait le Prince d'une oreille distraite tandis qu'elle soupesait la pioche qu'elle avait entre ses mains. Les domestiques qu'ils avaient emmené avec eux semblaient ne savoir que faire de la situation, devaient-ils dissimuler leurs sourires ou bien être pris de terreur immédiate et déserter l'endroit...

Et voilà que Monsieur se décidait à remettre en question sa mémoire, elle... Une Mortemart ! Un Rochechouart de Mortemart n'oubliait rien, jamais. C'était une chose connue et reconnue et la remarque du frère du Roi érafla un tantinet l'orgueil que la marquise avait fort grand, cependant Philippe d'Orléans avait déjà supposé pire à son encontre ou à l'encontre de sa Maison. Elle se détourna tout de même de l'endroit où elle savait que le coffret reposait, pour lui adresser un regard emplit d'une nouvelle malice : la manœuvre brusque fit faire quelques pas de prompt retrait aux serviteurs les entourant, lesquels fixaient toujours l'arme de Madame de Thianges avec une appréhension risible.  


- Puisque vous semblez si certain de ce que vous avancez Monseigneur, vous ne verrez pas d'inconvénient à ce que nous vérifions l'absence de l'objet céans, imposa Gabrielle tout en ponctuant sa tirade d'un coup d'ustensile sur le sol glacé.

Le Prince nullement impressionné par cette mise en scène, désigna la pioche de son royal index pour mieux la dissuader de son entreprise. Salir Monsieur aurait été une chose fort amusante décida secrètement la marquise -  elle n'ignorait rien de sa tendance à la maniaquerie -, mais la possibilité de se blesser pour se faire lui déplaisait autant qu'à lui.

Qu'il s'inquiéta pour elle, la fit doucement sourire néanmoins. Ce sourire aussi imperceptible fut-il ne demeura pas très longtemps figé sur le fin visage de Gabrielle. Déjà, sa Grandeur s'ingéniait à balayer d'une main gantée sa sublime cape avec suffisance en tirant un portrait fictif et détaché de sa personne. Dieu qu'il était irritant ! S'il existait bien une personne à la Cour sachant jouer avec ses nerfs, c'était Monsieur. Le Roi n'était pas très différent de son cadet cependant lui au moins, se bornait à demeurer dans le même registre : rarement passait-il de l'asticotage à la sollicitude et ainsi de suite.

Alors que le monologue de Philippe d'Orléans se faisait plus grinçant et railleur, Madame de Thianges fut forcée de reconnaître le comique de l'instant. Lorsqu'il parvint enfin à la dramatique description de ses cris et jurons hypothétiques, elle riait à gorge déployée. Le Prince afficha une mine satisfaite et allait déjà pour s'engager vers la sortie des jardins quand le rire de Gabrielle s’éteignit abruptement.


- S'il plaît mieux à Monseigneur de regagner sa confortable demeure plutôt que de rester ici dans le froid cinglant... C'est son droit le plus entier et je ne voudrais pas qu'il attrape mal qui plus est, puis elle renchérit sur un ton se voulant innocent, Je vous rejoindrai dans vos appartements d'ici peu, avec le coffre bien sûr.

Il était compréhensible qu'il ne veuille pas demeurer là pour assister au déterrement de l'objet et se voir ainsi obligé d'admettre qu'il avait eu tort, après tout... Elle souhaita un bref moment ajouter cette dernière remarque, mais décida qu'elle était superflue : Philippe devait bien l'avoir comprise. À la place, elle s'assura de lui donner congé avec cette audace qui lui était propre.

- Je vous souhaite une agréable journée, Monsieur.

Avec emphase, elle demanda ensuite qu'on creuse à l'endroit indiqué plus tôt sans même se préoccuper de Monsieur et son cortège. Madame de Thianges avait raison et elle n'en démordrait pas, peut-être que le Prince avait oublié... Il était si jeune alors. Qu'il rentre, elle resterait et trouverait cette boîte qui avait fait tant débat.

- Nous verrons bien, murmura pour elle-même Gabrielle en refermant plus fermement les plis de sa mante sur son corps frigorifié.

Ses yeux d'un ocre sombre résolument fixés sur les domestiques, lesquels se mirent aussitôt à l’œuvre.
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Lun 6 Jan - 23:08

    Philippe jeta un rapide coup d'oeil aux domestiques qui comme lui partageaient une certaine peur à l'idée de voir la marquise maîtriser un objet aussi rustique et grossier que cette pioche.
    Il voyait bien qu'une fois encore il avait quelque peu froissé un fier membre de la famille de Rochechouart de Mortemart. Une habitude qu'il avait prise très jeune et qu'il avait de nombreuse fois exercée aussi bien avec Gabrielle qu'Athénaïs ou même Vivonne bien qu'avec plus d'attention. Pas parce que le Prince craignait les retours de flammes, les deux marquises étaient de parfaits dragons, mais bien parce que le Duc avait l'attention et l'affection de son frère.
    Il pinça légèrement les lèvres en serrant la cape autour de ses épaules.

    -Je vois de multiples inconvénients Madame... Le premier est sans aucune hésitation le froid qui a engourdit votre esprit.


    Il haussa un sourcil en la voyant faire, eut un sourire. Vraiment, il lui était maintenant beaucoup aisé d'imaginer la Marquise dans la peau d'une rude paysanne.
    Il aimait cette grande dame à l'esprit toujours jeune, jamais pourtant il ne le lui dirait. Monsieur avait une fierté, mal placée certes mais une fierté à laquelle il tenait particulièrement. Madame de Thianges, la belle et brillante Madame de Thianges. Oh non il ne le lui dirait jamais.
    Pour autant il ne la suivrait pas dans sa folie.
    Il s'était déjà détourné parfaitement satisfait de sa tirade, riant comme riait la marquise -ce qui à ses yeux montrait la pertinence de sa description- et commençait à s'éloigner.
    Il n'alla pourtant pas très loin.

    Le Fils de France serra les dents et pinça les lèvres en l'entendant, se tourna légèrement vers elle.
    Sa confortable demeure ? Son droit le plus entier ? Attraper le mal ? Et avec le coffre de surcroît ?
    Monsieur tenait de son père sa fierté italienne, il tenait de sa mère un sang bouillonnant et prompt à sentir une injure. Les deux mêlés donnaient un orgeuil bien plus grand que n'aurait dû le supporter ce petit homme.
    Il le faisait pourtant à merveille.
    Philippe d'Orléans bomba le torse en se retournant entièrement face à la marquise, lâchant les pans de sa cape en fourrure grise qui s'envola aussitôt au gré du vent, offrant son corps à la fraîcheur hivernale.
    Il n'aurait pas le ridicule de la ramener contre lui, mais il regrettait déjà son envol.
    Pour une fois comme rarement, le Prince garda le silence en se rapprochant de la Marquise, regardant les domestiques, trop couverts à son goût. C'eut été une bonne occasion de... Encore à cause de ce froid et de cette hiver.
    Et de l'entêtement de cette tête de bois de Mortemart.
    Il les maudissait autant qu'il les aimait. Tous les mêmes malgré leur apparentes différences, tous les mêmes.
    Il croisa les bras parce que mine de rien, il faisait vraiment froid. La fierté ne connaîssait aucune souffrance, il se le répétait assez souvent. Il finit par se rapprocher de la Marquise, regardant d'un oeil cynique les pauvres hommes qui s'échinaient contre le sol glacé.

    - Vous êtes cruelle... C'est à nos gens que vous allez donner la mort.

    Son souffle blanc glissait hors de ses lèvres à un rythme régulier, moins abondamment que les domestiques qui creusaient avec acharnement et qui commençaient à se réchauffer, contrairement à Son Altesse qui elle ne rêvait plus que de chocolat et de bras aimant, d'un grand lit aux draps blancs et chauffés.
    Il la regarda. Cela faisait un moment maintenant que le trou ce creusait sous leur yeux sans qu'il n'y eut de paroles échangées à part quelques bougonnement du Prince et des souffles de domestiques. Le Duc regarda la Marquise.

    -Allons ma chère... Arrêtons cette mascarade... Voyez la profondeur du trou maintenant, nous n'étions que des enfants jamais nous n'aurions creusé aussi profondément... La boîte n'est pas ici. Je vous convie à venir vous réchauffer autour d'un ch...

    Un bruit sourd interrompit le Frère du Roi qui tourna aussitôt le regard vers le domestique qui s'était figé.

    -Une pierre sans doute,
    sourit le Prince. Allons venez, la pressa-t-il.

    Cela ne pouvait pas être la boîte... Ne devait pas...

[Je suis désolé marquise de mon coeur, j'avais oublié notre sujet mince Dieu sait pourtant combien je l'aime >3< pardon pardon   ]
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