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 Feuilles de Thé et Tasse de Porcelaine (RP avec Gabrielle de Thianges)


Ven 28 Sep - 23:49



Feuilles de Thé & Tasse de Porcelaine.
Avec Stefano Sforza.

Cela faisait longtemps qu'il longeait les chemins pédestres. Il était parti de Gênes sur un coup de tête, comme d'habitude. Son séjour commençait à être long et il ne recevait plus autant de nouvelles de sa famille que ce qu'il souhaitait. Les journées s'allongeaient alors que lui trainait dans les rues en cherchant un moyen d'avoir de l'argent, en mendiant, ou d'une autre façon plus… lucrative. Il y avait ses habitués, la plus part des hommes hauts placés, et quelques femmes, mais celles-ci ne demandaient que sa présence et sa compagnie car elles savaient qu'elles ne pouvaient en tirer aucun résultat… Pourtant un bon nombre d'entre elles avaient essayé. Stefano avait une envie de changement, l'Italie l'insupportait car il n'aimait pas se savoir proche de sa famille sans pouvoir les voir. Vu la situation, il avait préféré s'éloigner et aller dans un pays étranger. Mais où aller? C'est lors d'une soirée avec un de ses amants, Sébastien de Ragny, qu'il eut l'idée d'aller en France. Ce dernier lui avait parlé de Monsieur et cela rappela au Milanais son voyage sur territoire français.

Il passa la frontière sans problème et se dirigea vers la Cour de Monsieur. Le chemin fut long, mais il y rencontra diverses personnalités avec qu'il put rafraichir son niveau de langue française. Le danseur n'avait pas eu l'occasion de le parler depuis longtemps et certaines lacunes se firent sentir au début, mais elles se bouchèrent au fil du voyage. L'arrivée au château ne fut pas facile, il ne connaissait personne et les gens étaient différents. Au début l'Italien s'enferma dans sa bulle, de peur. Les gens avaient l'air tellement froid, distant, contrairement aux personnes avec qu'il avait voyagé quelques jours auparavant.

Les  gens parlaient de Monsieur, de sa tristesse énorme suite à la mort de la Mère Reine. Le pauvre homme était inconsolable et souffrait seul dans sa chambre, refusant de voir ses amants. Le Prince resterait dans sa chambre un temps inestimable. Il n'y avait plus aucune joie dans son rire, son expression corporelle était malheureuse, sans vie, tout comme son regard, vide. Les couloirs pleuraient l'absence de leur Prince. C'est en se promenant que Stefano entendit parler des fabuleux salons français, où toutes les femmes de lettres se réunissaient et débattaient ou parlaient des derniers ragots qui flânaient sur le Royaume. Il n'y avait rien à voir avec ceux qui étaient fait en Italie, ils étaient splendides, tous les détails étaient étudiés et les gens étaient différents, normal, la France était la capitale de la culture.

L'Italien dut reprendre ses activités un certain temps pour, il voulait avoir de quoi se payer un costume. Mais, ici tout était plus difficile, car il fallait à nouveau tout recommencer, et cette fois sans aide… Certes, son minois attirait toujours autant les femmes et certes hommes, mais les premières abandonnaient en donnant une mauvaise paie car elles comprenaient que rien ne se passerait. Par contre, les seconds étaient assez généreux, mais vu que ces hommes se faisaient rares il était difficile de se faire de l'argent.

Après plusieurs semaines de travail, le danseur réussi à réunir assez d'argent pour se payer un costume qui équivalait plus ou moins ce qu'il portait en Italie. Après mainte négociation, il eut un crayon noir avec l'ensemble pour pourvoir mettre ses yeux en valeur. Il rentra alors dans sa petite chambre miteuse, saisit le miroir et se regarda. Le salon était le lendemain, et il avait encore un visage d'un état médiocre. Il allait utiliser tout son temps pour se rafraichir et avoir une présentation acceptable. Il commença par se laver, chose qu'il n'avait pas faite depuis longtemps puis s'attaqua à son visage. Il saisit une lame, se rasa de près en faisant attention à ne pas se couper. Il saisit de quoi se graisser la peau et de quoi se maquiller légèrement, tout en discrétion, histoire de se mettre en valeur. Après avoir mis un fin trait de khôl noir sous ses yeux, il retourna s'habiller.

Il était maintenant devant l'adresse qu'il avait entendue, nerveux. C'était la première fois qu'il rentrait dans un salon français. Il espérait s'être bien débarbouillé et ne pas avoir trop l'air d'un mendiant. Il prit son courage à deux mains et se dirigea dans la salle. Ses pas grincèrent sur le vieux bois. Il saisit la poignée, respira un dernier coup et l'ouvrit dans un grincement incroyablement fort aux oreilles du danseur

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Sam 26 Oct - 20:49



Feuilles de Thé & Tasse de Porcelaine.
Avec Stefano Sforza.

Il était fort tôt et la marquise de Thianges avait fait demander à ce qu'on harnache ses chevaux et à ce qu'on prépare sa sublime coche en bois d'ébène sombre sur laquelle était finement ciselé l'écusson des Rochechouart de Mortemart.

Un franc sourire s'étira de lui-même sur les fines lèvres de Gabrielle, laquelle se laissait coiffer et poudrer avec un plaisir manifeste. Quand on en vint aux breloques et aux pierreries, ses aides se virent congédier, sans surprise aucune cependant : Madame de Thianges éprouvait une vive fascination pour chacune de ses possessions et cette manie malsaine était un fait notoire à la Cour. Elle soupesait, lustrait, admirait le contenu de sa cassette à joyaux sans jamais faire montre du plus petit ennui. Ce jour, son choix s'arrêta sur une magnifique émeraude rectangulaire et de petite taille. Le bijou tombait élégamment au creux de sa gorge d'une blancheur laiteuse et complétait à merveille sa toilette coupée dans un précieux taffetas vert d'iris.

Gabrielle étudia avec empressement le reflet que lui renvoyait la large psyché, – laquelle trônait au milieu de ses appartements – puis sans perdre plus de temps en vanité elle jeta une mante d'un beau gris perle sur ses épaules dénudées. Elle était attendue au salon de Madame de La Sablière, qu'elle avait plus pour simple connaissance que pour bonne amie. La dame était pourtant exquise et brillait de par son esprit aiguisé... Peut-être brillait elle un peu trop au goût de Madame de Thianges dernièrement.

Marguerite de La Sablière avait en effet, réussi à s'attirer l'attention de son grand ami Jean de La Fontaine. Une chose fort déplaisante, voire même irritante aux yeux et surtout aux oreilles de Gabrielle qui ne pouvait plus souffrir les intonations admiratives du poète lorsqu'il lui prenait de la lui décrire. Certes, la jeune femme était belle... Et puis ? D'autres l'étaient bien plus. Elle était lettrée, cependant ses sœurs et elle-même l'étaient également. Elle était pieuse... Et on avait vu trait plus aguicheur, décida la marquise de Thianges en taisant avec difficulté l'un de ses éclats de rire joyeux. Si son rire demeura éteint, une lueur malicieuse dansait désormais dans ses prunelles.

Son jeune cocher lui ouvrit la portière du fiacre et elle s'engouffra dans l'habitacle sans même attendre qu'il lui offre assistance. Tandis que les petites rues pavées se succédaient tout en se révélant de moins en moins étroites, Gabrielle s'interrogeait. Était-elle envieuse ou simplement agacée... La chose avait bien peu d'importance en vérité, elle y aller pour se divertir et non pour bouder La Fontaine et son hôte. C'est là ce qu'elle préférait croire.

Le somptueux pavillon de la Folie-Rambouillet se dessinait déjà à l'horizon et Madame de Thianges n'avait de toutes les manières, plus le cœur à rebrousser chemin. On lui facilita sa descente puis Gabrielle se dirigea vers les portes du salon après avoir consciencieusement lissé ses jupes. Dans l'encadrement des portes se trouvait déjà un jeune homme, au minois charmant et hésitant. Gabrielle l'apprécia d'un œil avisé : ses vêtements étaient particulièrement soignés et de bonne factures, sa taille était fine et élancée ce qui contribuait à lui offrir un naturel gracieux.

Avec espièglerie, la marquise glissa subtilement son bras dans le sien et guida le pauvre jeune homme – alors inconnu – au sein du salon tout en lui murmurant :


- Chère merveille, vos doutes quels qu'ils soient sont injustifiés...

Elle lui offrit un doux sourire d'excuse comme seule réponse à son comportement étrange et délaissa son bras pour mieux lui faire face et se présenter.

- Pardonnez à une marquise d'avoir un instant souhaité vous enlever.

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Lun 28 Oct - 14:52



Feuilles de Thé & Tasse de Porcelaine.
Avec Stefano Sforza.

L’Italien s’était assis sur la chaise en face de son miroir, pensif. Il observait l’image que la glace lui renvoyait. Ce petit minois, il avait tout fait pour le garder intact et cela n’avait pas été un travail facile. Il faut dire que l’adolescence n’avait pas été de tout repos pour sa peau qui s’était recouverte de bouton d’une laideur incomparable. Il avait supplié sa mère pour faire venir un médecin pour le guérir de ce mal et qu’il puisse retrouver sa belle chair de bébé d’antan! Il but potions sur potions - lui donnant les maux d’estomac les plus forts qu’il n’ait jamais eu – et appliqua les crèmes les plus infectes,  mais rien n’y fit. A chaque fois qu’un nouveau pustule apparaissait sur son visage, il y avait en lui une envie de l’éclater qui dépassait l’entendement, mais sa mère l’avait prévenu, s’il les perçait, il ressemblerait à une passoire et personne n’aurait voulu de lui plus tard. Il repassa alors sa main sur sa peau qui était maintenant sortie de cette folie, passant sur ses lèvres charnues. Il prit de quoi se maquiller légèrement. Après avoir appliqué la poudre, il prit le khôl et s’arrêta à quelques centimètres de son œil. Le danseur se regardait maintenant droit dans les yeux, encore mouillés. Une larme glissa du coin de sa paupière et roula sur ses pommettes, se faisait un chemin jusqu’à sa mâchoire volontaire. Non, il ne voulait plus y penser, pourquoi recommencer alors qu’il avait oublié à Gênes ? Il pose le crayon sur la table, la main tremblante et laissa deux ou trois gouttes tomber. Il respira profondément et se pinça la joue. Il fallait se ressaisir.

Il faut dire que Stefano était arrivé à Paris depuis peu de temps et que le pauvre n’était pas vraiment sorti depuis, si bien qu’il n’avait vu personne. Personne ne le connaissait vraiment dans cette Cour, personne et le Milanais qui était si jovial auparavant, qui aimait tant le contact s’était transformé en une façade maussade. Il ne voulait plus, il ne pouvait pas supporter cette image qu’il avait devant lui, alors il sécha ses larmes et finit ce qu’il avait commencé. Il allait sortir, oui dans la ville, la première fois depuis son arrivée. Il avait entendu des demoiselles parler d’un salon qui allait avoir lieu cet après-midi. Peut-être allait-il y trouver une personne avec qui parler ?

Arrivé devant la porte, il s’arrêta d’un cou brusque et se colla contre le cadre de la porte. Fallait-il entrer ? Il hésita à rebrousser chemin, pourquoi être venu ? Il était stupide ! Il ne connaissait personne et personne ne le connaissait ! Qu’avait-il cru ? Tout se mélangeait dans sa tête. Des gens l’avaient déjà vu et ne pas rentrer n’était pas la chose la plus conseillée car les inconnus se poseraient des questions sur sa personne. Il ne releva pas la présence qu’il avait senti derrière lui et sursauta quand il sentit un bras s’agripper au sien. Il regarda qui était l’auteur de cette agression et vit une belle jeune femme.  Il n’avait que rarement vu une créature si belle que celle-ci, si bien que s’il n’avait pas été victime de son vice, certainement qu’il lui aurait sauté au cou ! Stefano l’accompagna sans broncher, prenant une posture un peu plus fière, se redressant et bombant légèrement le torse. A voir les habit de la Dame, elle devait avoir un certain rang. La petite plaisanterie qu’elle lui fit le fit rire discrètement


- Grazie beauté de la natour…

Une fois arrivé dans une petite salle, elle lui lâcha le bras et lui fit un petit sourire, ce qui lui fit le plus grand bien. Cela faisait longtemps qu’il en avait pas vu alors il le savoura à sa juste valeur. On sous-estime souvent la valeur de ces expressions et l’effet qu’elles peuvent avoir sur nous. Une fois sa phrase terminée, il lui fit un baise main en règle et se releva.

- Io vous pardonne mia carra, et si io dois venir toutes les semaines por me faire enlever par une Dame telle que vous, je n’hésiterai pas !

Il s’appliqua à ne pas laisser ressortir son accent trop fort, même s’il savait que c’était peine perdue…

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Mer 30 Oct - 21:10



Feuilles de Thé & Tasse de Porcelaine.
Avec Stefano Sforza.

Le jeune homme était décidément charmant et fort bien éduqué qui plus est, statua la marquise de Thianges en fixant ses prunelles ocre sur lui lorsqu'il s'abaissa avec lenteur pour lui donner un baise-main. Gabrielle était plus ravie de cette sortie qu'elle ne l'avait d'abord présumé... Elle qui croyait devoir supporter cette lourde rivalité qu'elle savait s'être instaurée entre elle et leur hôte : en présence du jeune Italien – si c'était bien là, la nationalité que dissimulait son accent mélodieux – elle se trouvait déjà plus légère.

Le salon était doté d'un faste à s'étourdir, tout était clinquant. Il était compréhensible pour le beau spécimen à ses côtés d'avoir d'abord pâli devant tant de brillance avant d'entrer complètement dans le salon de la Folie-Rambouillet, orné de toute sa verroterie intimidante. Il faut dire que Madame de La Sablière possédait un joli capital pour une dame de la petite noblesse : ses parents banquier n'y étaient sans doute pas pour rien. Elle pouvait à sa guise, disposer de l'argent abondant de ses géniteurs en décoration tapageuse... Et futile détermina la marquise, en passant devant un tableau aux proportions immenses et contenant probablement la nature morte la plus laide qu'elle eut la malchance de voir. Elle reporta toute son attention sur sa compagnie, bien plus agréable à mirer que cette peinture.

Qui était-il ? D'où venait-il ? Pas des environs, c'était plus que certain car personne dans le salon ne semblait le reconnaître quand bien même une généreuse partie de la gent féminine - et même masculine –, suivait chacun de ses gestes du regard comme fascinée par sa seule présence.

Lorsque le jeune homme lui fit un compliment, elle s'empourpra promptement... Madame de Thianges avait conservé cet ennuyeux défaut. Bien qu'elle ne fût plus une prude demoiselle, ses traîtresses pommettes manifestaient tout le plaisir qu'elle avait à se voir flatter.

- Même si je fréquente avidement les salons Parisiens celui-ci n'est pas de mes préférés. J'y viens à cause ou grâce à l'un de mes proches amis mais ne m'y trouve pas toutes les semaines. Ainsi je crains que si vous vous donnez la peine d'y revenir plus tard avec comme unique raison l'espoir de m'y trouver, vous risquez la déception Monsieur ... ?

Gabrielle demandait un nom. De nature curieuse, elle voulait en savoir bien plus sur cet étranger aux yeux charmeurs mais cela pouvait attendre jusqu'à ce qu'ils soient installés. Elle lui offrit son sourire le plus sincère et l'invita à s'asseoir avec elle un peu plus loin, dans l'intention de les soustraites aux oreilles indiscrètes qui depuis maintenant plusieurs minutes ne perdaient pas une miette de leur échange. Une fois confortablement assis dans deux luxueux sièges rembourrés - quelque peu retirés des autres -, la marquise reprit les présentations.

- A mon tour d'énoncer mon identité, je suppose : Gabrielle, marquise de Thianges.

Avait-il déjà entendu ce nom ? Elle était connue à la Cour pour être une amie du Roi et de son frère Monsieur. Même si Monsieur n'était pas aussi proche d'elle qu'il ne l'était de sa précieuse sœur, Françoise-Athénaïs. Dans Paris c'était toute autre chose, la marquise était célèbre souvent de la moins bonne façon qui soit grâce à la plume de certains rimeurs anonymes.  
 
- Oserais-je vous demander... Est-ce là un plaisant accent Italien que j'entends dans votre voix ?

Madame de Thianges aimait l'Italie, pas qu'il lui fut donné de voyager beaucoup... Cependant elle savait de par d'autres et notamment son frère, que le charme de ce pays était quasiment inégalable. Il était aussi réputé pour être soi-disant, le nid de ce que l'on nommait le « vice Italien »... Mais pour Gabrielle qui connaissait bien les jeunes et jolis hommes de la Cour, imputer à l'Italie l'origine de ce « vice » était sous-estimer les Français en la matière.

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Dernière édition par Gabrielle de Thianges le Lun 11 Nov - 16:07, édité 1 fois
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Lun 11 Nov - 10:30



Feuilles de Thé & Tasse de Porcelaine.
Avec Stefano Sforza.

L’inconnue qui s’était amusé à l’attirer dans cet endroit était une femme resplendissante. Cela faisait depuis un moment que personne ne l’avait embarqué de la sorte, et à vrai dire c’était la première fois qu’il se faisait trainer dans un salon, qui de plus est Français, par le bras. Cela était loin de le déranger, ses origines italiennes faisaient qu’il aimait le contact physique avec les gens, mais il ne s’y était pas attendu. Le danseur fut soulager qu’une personne le fasse entrer car tout seul il n’y serait certainement pas allé, trop d’inconnus et cette peur de mal paraître, car oui c’était une chose que le Milanais ne supportait pas. Il avait fuit l’Italie et ce n’était pas pour se faire mal voir en France, encore moins dans la Cour de Monsieur. Stefano savait que tout serait à refaire, son cercle d’amis, les connaissances, la réputation et tellement d’autres choses… mais il ne voulait pas baisser les bras, il y arriverait, il en était sûr. Un peu de temps, de patience et de bonne volonté voilà le bon mélange dont il aurait besoin.

Quand le Milanais vit les joues de la Dame prendre une teinte légèrement plus rosée, il sourit. A voir, ses compliments n’étaient pas tombés dans l’oreille d’une sourde, et il trouvait cela plutôt charmant. Le visage de la femme paraissait plus vivant, plus expressif.

- Si ce sont mes complimenti qui vous donnent ces colori, io devrais vous en susurrer plus souvent car cela magnifie votre teint.

Murmura-t-il avant que ses yeux émeraudes se plongèrent un instant dans ceux  de la charmante inconnue. Son regard était teinté d’un voile de charme et de malice. Après lui avoir adressé un sourire, il l’écouta promptement. Elle parlait assez rapidement pour lui, mais il comprenait ce qu’elle lui disait. A voir, la charmante créature ne devait pas être inconnue à ce monde de salons, ce qui devait faire d’elle une personne de référence.

- Ohhh, bene ! Soit ! Io suis Stefano, Sforza. E où dois-je aller pour vous retrouver ?

Se laissant promener par la Marquise à travers  le salon, il ne portait pas une grande importance à ce qui les entourait, même s’il se sentait observé de partout. Cela ne le mettait pas mal à l’aise, bien au contraire… Il aimait ce sentiment et la danse le comblait sur ce point. Dès qu’il montait sur l’estrade pour y effectuer ses pas, il savait qu’on le regardait et au début il avait du lutter pour combattre se sentiment, mais maintenant il y était en quelque sorte habitué. Cependant il n’était pas hautain et ne montrait pas cette joie d’être vu de façon excessive. Il accompagna la belle dame d’un pas léger vers l’arrière du salon, où il y avait moins foule. Sur le chemin, il prit deux tasses ne porcelaines qui étaient sur le plateau d’un serveur et ils arrivèrent enfin vers deux sièges qui avait l’air confortables à souhait.

Il n’avait pas eu tord car une fois son noble fessier posé sur le douillet rembourrage, il ne voulut plus se relever. Il se pencha gentiment en direction de la Marquise et lui tendit le deuxième récipient qu’il avait pris.

- Ahh, si, votre nom me dit quelque chose… J’ai du l’entendre quelque part. Vous avez un très beau prénom… Io connaissais une Gabriella, mais rien à voir avec vous.

La question de Gabrielle le fit sourire.  Il trempa ses lèvres dans le doux liquide de sa coupe. Le thé laissa une petite traces sucrées couler le long de sa gorge.

- N’ayez crainte ma chère Gabrielle, Io ne vais pas vous mangiare… Io sais que les Italiens sont connus pour leurs appétits, mais quand même.. Il rit un instant à sa phrase. Si ! De Milano, au nord de l’Italie. Io suis né là-bas e me voilà maintenant ici dans la Cour du frère du Roi Soleil… Heureusement, ou malheureusement…

Il baissa la tête histoire d’une seconde, regardant la tasse qu’il faisait tourner avec ses doigts. Les derniers mois de sa vie avaient été comme ce liquide, flous, sombres… Et il ne voulait pas en parler, pas en ce moment en tout cas.

- Et vous, parlez-moi un petit peu de vous charmante créature !

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Lun 2 Déc - 6:43



Feuilles de Thé & Tasse de Porcelaine.
Avec Stefano Sforza.

Ses deux mains d'une blancheur crayeuses se saisirent prestement de la tasse présentée par Monsieur Sforza, tandis qu'elle acceptait avec un sourire sincère le compliment fait à son prénom. Elle était excessivement fière de celui-ci. Il n'était ni plus ni moins la version féminine de Gabriel, le prénom de son paternel. La marquise de Thianges adorait son père, elle avait toujours été avide de ses attentions et de sa reconnaissance. Si elle avait été un homme - une fantaisie scandaleuse selon les bonnes mœurs, mais qui lui plaisait démesurément -, elle aurait marché dans ses pas sans même en dévier d'un pouce... C'était là, la seule raison pour laquelle il lui arrivait de jalouser Louis-Victor de Vivonne. Parce qu'il était du sexe fort, et elle de celui que l'on aimait à déclarer faible. De ce fait, c'était son frère Vivonne qui avait le précieux devoir de faire croître ce que leur père avait si bien entretenu jusqu'à maintenant : l'honneur de l'antique Maison de Mortemart.

À la mention d'une certaine Gabriella, Madame de Thianges plissa des yeux presque imperceptiblement. L'homme qu'elle avait devant elle semblait tout posséder du Dom Juan de Molière, cette Gabriella était-elle l'une de ses nombreuses conquêtes ? La question inconvenante lui brûlait les lèvres presque autant que le thé lui brûlait la gorge... Elle aurait dû attendre quelques instants de plus avant de le siroter, tant pis. Le mal était fait. La tiédeur un peu trop vive du doux liquide fut bien vite oubliée néanmoins, lorsque Monsieur Sforza pensa nécessaire de rassurer la marquise sur les célèbres appétits Italiens. Il laissa ensuite entendre un rire chaleureux, si entraînant que Gabrielle ne put que l'accompagner de ses propres éclats.


- Si vous n'avez nullement l'intention de me manger, c'est donc que je ne suis pas à votre goût Monsieur Sforza... Supposa-t-elle posément, en noyant un demi-sourire dans le fond de sa tasse finement ouvragée.

Il n'était pas dans les habitudes de Madame de Thianges de se laisser dévorer, elle appréciait bien trop le rôle de l'affamé pour consentir le céder à quiconque. Par ailleurs, faire se languir elle-même et ce jusqu'à s'en rendre famélique était l'un de ses jeux favoris. Elle préférait donc ne porter aucun jugement sur les appétits Italiens, les siens n'étant guère légers ou même sains.

Leurs rires s'éteignirent doucement et comme le jeune Stefano poursuivait, l'inflexion de sa voix se fit plus lointaine.

Monsieur Sforza comme perdu dans de sombres souvenirs, fixait à présent le contenu de sa tasse avec une intensité nouvelle. Le comportement du jeune homme laissait à penser qu'il dissimulait sous ses beaux sourires, de béantes blessures. Cette conviction se renforça plus encore lorsqu'il refusa d'en dire plus à Gabrielle, laissant un voile de mystère tomber sur les raisons de sa venue en France.

Rien de mieux pour gagner la confiance d'autrui que de se révéler un peu, à peine la marquise avait-elle songé cela que l'Italien lui offrait l'occasion de s'étendre en un palabre sur le flamboyant sujet qu'était sa vie. Madame de Thianges déposa sa tasse vide sur sa soucoupe et la poussa doucement de côté, comme pour balayer d'un revers de main l'esquisse d'une muraille invisible.


- J'ai quatre enfants et l'époux qui va avec bien évidemment, même si j'aime à songer les avoir conçu seule. Elle ponctua ce commentaire d'un léger sourire. J'ai presque toujours vécu à la Cour, je croyais pouvoir m'en lasser mais j'ai rapidement réalisé la chose impossible. L'expression de Gabrielle se fit plus détachée, quasiment insondable. Ce n'est pas une existence fatigante comme lorsque l'on voyage, cependant elle demeure particulièrement trépidante : toutes ces mesquineries, ces secrets et ces coups de théâtre fort bien agencés... La Cour est une arène dans laquelle la pitié n'existe pas et où il est plus sage de n'y être qu'un énième spectateur excentrique, mon cher.

La marquise de Thianges remarqua soudain qu'elle s'était mise à jouer avec son pendentif tandis qu'elle parlait, l'une de ses manies indomptables.

- Cependant, je ne dois guère vous apprendre de nouvelles choses. Vous devez déjà avoir entendu bien des remarques pendant votre voyage, sur la Cour de France et ses extravagances... Celles de Philippe d'Orléans notamment. Malicieuse, Madame de Thianges poursuivit sur le ton de la confidence. J'apprécie Monseigneur pour son originalité. Elle s'interrompit brièvement avant de reprendre, intriguée. Et vous mon ami, où logez-vous ? Souhaitez-vous prochainement vous jeter dans l'arène aux lions ?

Monsieur Sforza ferait des ravages à la Cour, autant auprès des Dames que des Damoiseaux. Et nul doute, que le Prince d'Orléans ne tarderait pas à remarquer le morceau de choix que représentait le jeune Italien...  

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Dernière édition par Gabrielle de Thianges le Mar 14 Jan - 13:23, édité 4 fois
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Mar 14 Jan - 12:15



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L’ambiance dans la salle était à son comble. Les gens tournaient dans les différentes pièces, cherchant un visage connu, une personne pour discuter. Plusieurs groupes s’étaient déjà créés dans certains coins et les femmes cafetaient sur les nouvelles rumeurs qui courraient dans la Cour, ou tout simplement entre elles. Le monde dans lequel elles vivaient bougeait rapidement, très rapidement et chaque mot pouvait être rempli de sous-entendu et être sujet à un nouveau potin pour une oreille qui aurait pu se balader malencontreusement au mauvais moment, au mauvais endroit. Assis sur leur canapé, les deux inconnus étaient au centre de tout ce brouhaha qui se faisait de plus en plus pesant, les coupes de vin aidant à rendre au personne leur vrai rire, celui qu’on ne retient pas. Il était bien connu que si on voulait avoir la vérité, il fallait faire boire quelques verres d’alcool. En plus d’être succulente, cette boisson avait le pouvoir de rendre un interlocuteur franc, de briser le masque qu’il avait créé pour le laisser vrai devant les autres.

La remarque de la belle fit sourire l’Italien. Il ne savait pas comment répondre avec ces nouvelles gens. Mais il avait appris à laisser planer le doute, façon intelligente de marquer l’esprit des gens qui ne penserait plus qu’à essayer de percer un mystère qui en fait en est pas un. C’était une manière pour que l’on pense à lui, pour que son visage reste graver dans les esprits. Même si on lui avait déjà dit que son simple minois marquait bien assez le cœur de ces dames, il préférait laisser son passage dans leur esprit. Certes, la pensée du cœur est belle, mais elle peut vite être effacée alors que l’esprit est beaucoup plus complexe, plus difficile à cerner et les noms que l’on retient dans ce dernier restent plus longtemps.

-Né croyez point que vous ne m’interrressez pouint, dit-il en roulant les « r », c’est jouste que j’ai vou vostro bague à vostre doigt…[/b]

Il écouta attentivement ce que disait la belle brune. A voir, il n’avait pas eu tord, elle était mariée. Il amena la tasse à ses lèvres quand il entendit qu’elle avait eu quatre enfants et faillit recracher sa gorgée dans la tasse d’étonnement. Il rit à la suite de sa phrase car à voir ce n’était pas son mari qui la comblait… Les femmes étaient souvent prises pour des jouets sexuels ou des cruches, alors qu’elles étaient tout l’inverse aux yeux du Milanais qui leur vouait tout son respect. Il n’était pas facile de naître sous le sexe faible car on était souvent mise de côté pour le frère chéri, adoré par les parents.

- Mais tant qué vostri bambini vous le rendent bene, c’est le plous important ! Et io suis sour que vous êtes oune mère géniale ! Il sourit quand il vit la Marquise jouer avec le pendentif à son cou. Le rôle de spectateur est peut-être le plus « sûre » mais io crois que io né pourrai pas lé soupporter… Il finit alors sa tasse de thé. Que représente pour vous cé bellissinmo collier ? Io vois qué vous le tritourez depuis toute à l’heure ?

La curiosité des Sforza n’était pas méconnue chez les Italiens. Stefano était une personne très curieuse, comme tous ses ancêtres. Un trait de caractère familial… C’était d’ailleurs la seule ressemblance qu’il assumait avec son père.

-Si, pendant mon voyage, j’en ai beaucoup entendou parlé… autant en bene qu’en mal. Mais j’ai tout de souite été attiré par la Cour de Monsieur le frère dou Roi. Il sourit quand la Marquise se mit à lui parler doucement, comme si elle lui racontait un secret.

La phrase suivante alluma un espoir en lui. Elle connaissait le Prince de France, celui à qui il pourrait demander un chambre à la Cour, et à qui il pourrait proposer ses talents de danse. Il s’était alors accroché à ses lèvres, intrigué par ce qu’elle allait lui dire. Mais oserait-il abusé de la gentillesse de la Dame ? Il ne la connaissait qu’à peine, et demander de l’aide pour se faire présenter à Philippe d’Orléans était peut-être un peu… beaucoup.

- Je vis actouellement dans Paris, oune petit appartement que io paie avec mes misères… Mais j’espérai trouver un moyen pour avoir oune chambre à la Cour et pouvoir proposer mes talents de danse à qui en veux… Il sourit en se voyant danser un instant, cela faisait longtemps qu’il n’avait pas pu danser sur scène. C’était oune… rêve de venir danser ici, en France, dans lé plous grande royaume, surtout qué Io ai eu vent de l’appréciation de la danse par lé Roy…

D’un mouvement gracieux, il souleva sa jambe et la tendit pour en faire craquer sa cheville qui l’embêtait depuis un bon moment. Il y avait aussi des désavantages à pratiquer une passion dans ses extrêmes…

Stefano n’aimait pas abuser des gens, mais là il vit une occasion en or se présenter à lui. En un instant son estomac se serra, mais le pour et le contre furent vite pesé dans son esprit et il prit son courage à deux mains.

-Io ne voudrais point abousé dé votre gentillesse ma chère Gabrielle, mais pensez-vous qué… il serait possible dé… dé vous souivre à la Cour une de ces jours ? Io ne voudrais point y aller seul… et vu que vous connaissez du monde…

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