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 Louise de La Vallière | Il existe des roses sans épines.

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Sam 20 Oct - 20:30

Françoise Louise de La Baume Le Blanc de La Vallière





Métier/Titre(s) : Demoiselle de La Vallière, demoiselle d'honneur d'Henriette d'Angleterre, favorite officielle du Roi
Âge : 22 ans
Origines : Françaises
Langue(s) parlée(s) et niveau de maîtrise (uniquement dans le cas de personnage parlant d'autre langue que le français): Latin médiocre, juste assez pour pouvoir suivre la messe
Orientation sexuelle : Hétérosexuelle, bien sûr!
Situation: En couple
Date de naissance : 6 août, en l'an de grâce 1644
Religion: Catholique
Groupe : Noblesse française
Personnage ayant existé?: Ouaip.
Avatar : Sophia Myles


Le Miroir ...

Il existe des roses sans épines.

Tout en Louise rappelle la rose par son apparence. Pas la rose rouge ou pourpre, qui fait penser plutôt à quelque femme fatale. Mais la rose blanche, ou encore d'une teinte rose pastel, fraîche et douce.

La jeune femme possède un teint diaphane mais pas cadavérique, grâce aux joues naturellement rosées qui soulignent des yeux bleus. Bleu sombre, comme l'immensité de l'océan, comme des saphirs, ou encore, comme une nuit étoilée. Des yeux qui semblent illuminés par un amour toujours grandissant. Autour de ce visage délicieux, en forme de coeur, coule une chevelure blonde qui touche à terre lorsqu'elle est détachée. Une chevelure blonde, qui semble être faite de fils d'or et qui semble irradier à la lumière. Une taille fine, fine, et une démarche légère qui rappelle celle d'une fée. Des mains blanches, délicates, qui n'ont jamais touché, semble-t-il, à quelque chose d'impur. Et des pieds de Cendrillon, minuscules, cachés par les longues robes, mais roses comme ceux d'une enfant.

Il existe des roses sans épines.

Mais la perfection n'est pas de ce monde.

Une jambe plus courte que l'autre, due à une malformation, qui fait boiter légèrement la belle.

Elle aurait vraiment été parfaite...

... n'est pas le reflet de l'âme

Il existe des roses sans épines.

Si, c'est bien vrai. Une rose sans épines est douce, innocente, souvent blanche ou rose pastel... et sans défense.

Louise est bien loin d'être une oie blanche. Elle connaît assez la Cour pour ne pas tomber dans certaines pièges qu'on lui tend. Mais il reste qu'elle est terriblement colombe. Naïve, elle sait qu'il n'y a pas que du bon dans ce gros poulailler doré qu'est Versailles mais n'est pas consciente de tout le vice qui y règne. Prise dans un rêve perpétuel, entre le conte de fées de Cendrillon qu'elle vit et la souffrance, les jalousies, les intrigues, elle aimerait parfois redescendre sur terre. Elle sent que peu à peu, le Roi se lasse d'elle, ce qu'elle ne veut pour rien au monde car elle l'aime. Vraiment. Pas d'un amour intéressé, juste parce que c'est le Roi, mais elle l'aime... en tant que surhomme. Presque comme son Dieu et son Tout. Qui la protège de ces dévots qu'elle admire pour leur sainteté, qui la surnomment en reniflant de façon méprisante la "putain du Roi", ce qu'elle ne veut pas être pour rien au monde. Mais c'est dur de choisir entre l'éternel combat amour passionnel/amour rationnel. Ah, si ces dévots savaient combien elle prie afin de savoir la volonté de Dieu! S'ils savaient combien est atteinte sa douleur de mère, d'avoir été séparée de ses deux premiers enfants dès la naissance et d'en savoir un mort cette année, sans mère à ses côtés, seul, et d'être à nouveau enceinte de se douter du destin de l'enfant à naître!...

Mais il faut être forte. Sous des apparences douces et fragiles, Louise cache la plus belle âme qui soit. Si seulement elle pouvait la faire ressortir...


Dernière édition par Louise de La Vallière le Dim 28 Oct - 2:28, édité 8 fois
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Sam 20 Oct - 20:54

On naît tous un jour ...


De Sœur Louise de la Miséricorde, de l’Ordre du Carmel

À Madame Marie-Anne de Bourbon, princesse de sang, princesse douairière de Conti, anciennement Mademoiselle de Blois.



Très chère enfant,

Voilà bientôt trente-six ans que je n’ai pu contempler votre visage, qui a dû mûrir depuis la dernière fois que je l’ai vu. Il n’était alors qu’un si joli minois, blond… Je sens, à présent, que la Mort est venue me chercher, et qu’elle s’apprête à couper doucement le fil de ma vie pour m’entraîner vers Notre Seigneur qui me tend les bras et m’appelle à lui… J’espère seulement, par ces trente-six ans de pénitence, avoir racheté tout le mal que j’ai fait, et surtout, d’avoir fait de vous une bâtarde… Ne soyez pas blessée dans votre orgueil. Mais sachez que cette blessure de mère, malgré les années, est toujours aussi vivace.

Mais en fait… que savez-vous de moi? Pas grand-chose. Ce n’est certainement pas la Montespan qui a dû beaucoup vous apprendre. Alors, je crois qu’avant que ma bouche perde son souffle à tout jamais, qu’il vaut mieux que vous sachiez qui était Françoise Louise de La Baume Le Blanc, duchesse de La Vallière et de Vaujours…

Je suis née un jour d’été, ni trop chaud ni trop froid, près de Tours, dans le manoir de la noble famille de Laurent et de Françoise de La Vallière. Mes parents eurent pour moi un attachement aussi profond que celui que j’éprouvais pour eux, ne cessant de répéter comment j’étais simple et souriante, et dont la jambe plus courte que l’autre, qui attirait peut-être davantage leur sympathie, ne m’empêchait d’être agile comme personne et de danser comme une fée.

Lorsque j’eus 7 ans, mon père décéda, me laissant orpheline. Ma mère, comme c’était le cas avec bien d’autres femmes de l’époque, se remaria quatre ans plus tard, dans un délai raisonnablement long, avec Jacques de Courtavel. Il ne faut pas croire, chère enfant, que ma vie se métamorphosa en une véritable histoire de Cendrillon. Non. J’eus trois demi-sœurs, issues du premier mariage de mon beau-père, avec qui j’eus le bonheur de découvrir des personnes si proches de moi que nous pouvions croire que nous étions du même sang. Mon beau-père se montra lui aussi gentil et attentionné, et nous emmena même à la Cour de Monsieur, c’est-à-dire Gaston d’Orléans, dans le joli château champêtre de Blois. Je ne peux pas vraiment dire que j’appréciais la vie de cour : l’étiquette, qui s’est beaucoup amplifiée depuis le règne de Louis le Quatorzième, mais qui était tout de même présente au temps de mon enfance, m’étouffait un peu, bien que je fis des efforts pour ne rien laisser paraître. Non. Je n’étais qu’une enfant innocente, jouant avec mes demi-sœurs, ne voulant rien savoir des intrigues de la Cour, les écoutant poliment avec le sourire.

Lorsque Monsieur vint à mourir, la duchesse douairière d’Orléans partit avec ses enfants pour le Palais du Luxembourg. J’eus le grand honneur d’y être invitée. Mme de Choisy, qui m’avait prise sous son aile, émue par ce qu’elle disait être ma piété et ma sincérité, me donna une place à 17 ans chez Henriette d’Angleterre, alias Madame.

Sans vouloir parler en mal de mon ancienne maîtresse, surtout qu’elle est aujourd’hui défunte, et sans vouloir pécher par manque de charité, je dois dire que nous ne nous sommes jamais bien entendues. Malgré le fait qu’elle avait été exilée dès son plus jeune âge, chassée par Oliver Cromwell et les puritains, elle n’avait en rien perdu son arrogance naturelle, n’hésitant pas à se servir de moi comme souffre-douleur, toute faible que j’étais. Je tentais de tout supporter, gardant la tête basse. Mais je ne pouvais m’empêcher, le soir, de pleurer dans mon oreiller de désespoir, appelant au plus profond de moi-même ma pauvre mère.

Aussi, Madame avait si piètre estime de moi qu’elle se servit comme moi de paravent. Elle avait, apparemment, une relation plus ou moins publique avec le Roi de France, un véritable scandale, faisant tempêter Monsieur, qui n’hésitait pas à menacer sa femme, et qui inquiétait la reine-mère Anne d’Autriche. C’était simple : il fallait prendre une jeune femme pas très jolie, pas très adroite, un peu bête, mais assez pour détourner les regards fixés sur Madame. Surtout avec ma boiterie, que je tentais de cacher avec une marche légère et dansante, mais qui paraissait quand même.

Ne riez pas, chère enfant, à l’aveu que je vais vous faire : j’étais déjà amoureuse de Sa Majesté. Je devrais même dire que c’était le cas de toutes les jeunes filles de mon âge. Il représentait le prince charmant, l’idéal. Je me sentais parfois comme une sorte de Cendrillon que lui, viendrait sauver. Puis, après ces rêveries, je ne pouvais pas m’empêcher de rire en y pensant, me traitant de naïve.

Comment toute l’histoire commença ? Par une rose.

[Note de Jujube : histoire véridique!

Au sortir de la messe, le Roi m’avait fort gentiment proposé de venir voir les travaux que l’on exécutait dans le parc de Fontainebleau. J’ignore pourquoi je gardai une telle maîtrise alors que mon cœur tambourinait dans ma poitrine. C’était la première, la toute première fois que j’étais seule avec le Roi, qui s’intéressait à moi seule, lui, le grand Roi-Soleil… Je réussis à cacher ma timidité, et même, très vite, à parler naturellement, comme j’aurais parlé à un ami. Lui était si galant, si prévenant, pas du tout gêné par le fait que lui était Roi et moi, que sa misérable servante. Lui, majestueux, comme quelque empereur romain des temps antiques, et moi, petite fée au pas dansant cachant ma boiterie.

- Voyez, comme la nature est aujourd’hui jolie à l’approche de la pluie. Les fleurs exhalent leur plus suave parfum, et il semble que les parterres aient enrichi leur parure, que l’orage doit bientôt ternir. À moins que les fleurs ne se soient faites plus belles, sachant que vous les daigniez visiter, disait le Roi.

- Je crois, Sire, que si votre deuxième pensée est la plus flatteuse, la première est la plus juste. La nature s’embellit avant de se faner, car les choses qui finissent, sont toujours les plus belles… Peut-être pour nous donner des regrets.

- Quoi ?... Vous ?... Une petite fille de dix-sept ans, vous avez déjà cette philosophie désenchantée?

- Les petites filles de nos jours savent regarder, Sire, et elles n’ignorent pas que les choses les plus agréables ont une fin.

Le Roi s’était assis sur un banc et allait me répondre quand un coup de vent passa en rafale, et s’attaqua à un plat où étaient des graines de plantes fines comme la poussière, qui envoyèrent un nuage sur les habits et dans la figure du Roi.

- Que signifie ceci ? Cria-t-il, furieux. Ne doit-il donc plus m’être permis de m’asseoir dans ce parc ? Quel est le faquin, le drôle qui a préparé ce plat de poussière tout exprès pour m’aveugler?

M. Le Nôtre, qui était alors chargé des jardins de Fontainebleau, apparut aussitôt.

- Sire, veuillez être indulgent. Quand Votre Majesté est arrivée en ce lieu un garçon allait semer des roses.

- Qu’on me l’aille quérir incontinent, cria le Roi, je le veux moi-même chasser!

- Sire, si Votre Majesté veut me permettre…

Avec son mouchoir, M. Le Nôtre tenta d’épousseter l’habit de Sa Majesté qui le repoussa aussitôt :

- Non ! Non ! Il ne s’agit pas de cela ! Je veux que le coupable soit puni. Allez tout aussitôt me le chercher.

M. Le Nôtre s’exécuta. Je m’aperçus que la colère du Roi était surtout provoquée par le fait qu’il avait sûrement reçu de cette poussière dans les yeux : d’ailleurs, il les tenait fermés très serrés.

J’avais d’abord été effrayée par le courroux royal, qui avait éclaté comme une nuit d’orage. Cependant, pour faire diversion, je dis doucement :

- Et à moi, Sire, m’interdirez-vous de vous débarrasser de cette terre ?

Tout en parlant, je me mis à épousseter avec mon écharpe de soie l’habit du Roi. Il ne put s’empêcher de rire dans sa colère.

- Mes habits, c’est peu de chose, mais il m’est impossible d’ouvrir les yeux car, chaque fois que j’écarte les paupières, cette maudite poussière m’aveugle.

- À cela, je sais un remède. Votre Majesté me permet-elle de l’essayer ?

- Certes oui, je suis trop incommodé de ne pas y voir, surtout que cet état d’aveuglement m’empêcher d’apercevoir votre personne.

Grimpant prestement sur le banc, j’appuyai mes deux mains sur les épaules du Roi, et, avec toute la douceur dont j’étais capable, je lui soufflai sur les yeux. Un moment, comme par jeu, il affecta de tenir les paupières closes, puis il les rouvrit subitement et son regard rencontra le mien. Je lui souris, et lui, me rendit mon sourire… et oh ! Il y avait… Il y avait, dans ses yeux, bien autre chose que de la reconnaissance d’être débarrassé de quelques poussières… Et moi, Louise de La Baume Le Blanc, je me sentais monter au septième ciel…

Mais notre tête-à-tête fut interrompu par M. Le Nôtre qui entraînait le pauvre garçon en question, qui avait l’air d’un condamné à mort.

- Voici le coupable, Sire. Voyez s’il est confus de sa maladresse et peut-être Votre Majesté daignera-t-elle lui pardonner ? C’est un garçon fort honnête et dont nul ici n’a eu à se plaindre. J’ajoute que son père est vieux et qu’il en est le seul soutien.

- Tout ce que vous me dites, Monsieur, ne changera point ma résolution, dit froidement le Roi. Ce drôle m’a failli faire éborgner et j’entends qu’il quitte sur l’heure les lieux.

Comme vous le savez, lorsque le Roi dit : « Je veux », c’était la fin. Personne n’osait plus contredire. Mais moi, dans un essai pour sauver le pauvre garçon, je demandai :

- Sire, ce pauvre garçon est assez puni d’avoir mérité votre courroux et tout en lui exprime le désespoir de vous avoir déplu. S’il a laissé son plat sur ce banc, c’est qu’il a été effrayé par l’auguste approche de Votre Majesté. C’est à vous-même qu’il faut vous en prendre si votre abord est si redoutable et s’il inspire un si vif respect.

Les traits du Roi se détendirent en entendant ma voix.

- Vous savez fort bien présenter les choses et vous en remontreriez à bien des avocats de mon Parlement, mais il n’en reste pas moins que le bélître a manqué de me faire perdre la vue.

- Et si cela n’était pas arrivé, aurai-je eu l’honneur de souffler dans les yeux de Votre Majesté ? Interrogeai-je le Roi avec ma plus belle révérence.

Le Roi ne se retint plus, et éclata de rire :

- Vous avez gagné votre procès, ce garçon ne s’en ira pas. Comment t’appelles-tu? Demanda-t-il au garçon.

- Mi…Mi… Michel… B… B… Brivart, Ss ss ss… sire !

- Et que faisait ici ce plat qui…? Mais sur ceci, je ne veux pas revenir, il y a une chose jugée, comme on dit dans la basoche.

- Sire, c’est une préparation de terre et de sable dans laquelle j’ai mêlé un semis de roses.

- Il s’agit d’une espèce toute nouvelle due à la patiente industrie du père de ce garçon et qui ne manquera pas, au printemps, si elle fleurit convenablement, d’être agréable à Votre Majesté.

Et c’est ainsi que tout commença. J’avais très peur, dans mon état de maîtresse du Roi, bien que je ne l’étais pas encore de façon officielle. Mais je crois que cela nous rapprocha encore plus. Lorsque Madame apprit notre liaison, elle vit qu’elle avait, selon elle, sous-estimé cette petite sotte de La Vallière, mais, contrairement à ce que l’on peut croire, elle se montra moins méchante avec moi que lorsque j’étais seule et faible à la Cour.

Et la Reine, Marie-Thérèse d’Autriche? Inutile de poser la question. Je me sentais coupable envers elle, si coupable! Je tentais, à chaque fois que je la rencontrais, d’être la plus douce et polie possible, la satisfaire le plus possible, autant qu’elle me le permettait, d’ailleurs. La Reine ne me pardonna jamais d’avoir détourné le cœur de son mari, ignorant que sa propre belle-sœur avait elle-même eu une liaison. Elle n’hésitait pas, en public, de me traiter de « putana ». Inutile de vous donner la traduction, chère enfant, de peur de vous effaroucher. Moi, de mon côté, j’acceptais toutes ces humiliations, trouvant cela légitime et bien minime comme punition, comparé à mon péché d’alors.

En 1663, naquit mon premier enfant, Charles. Je me souviens encore de la longue grossesse, de l’angoisse que j’avais éprouvée en tentant de la cacher, puis de la naissance de celui-ci. Ses petites menottes, son joli visage rose… puis, peu après, on me l’enlevait pour ne plus jamais le revoir. Je restai au lit un mois, non pour me remettre de l’accouchement, mais parce que je me languissais.

1664 fut une grande année.

Ce fut l’année où Sa Majesté organisa la fête des « Plaisirs de l’Isle Enchantée », à qui il me dit qu’il l’avait organisé en mon honneur… Pour moi, Louise de La Vallière? Cela me fit oublier en partie la triste histoire de Charles. J’avais à nouveau l’impression de vivre un vrai conte de Cendrillon, et que le Roi était à nouveau mon Prince charmant.

C’était une fête, oh! Magnifique. Molière y représenta La Princesse d’Élide, avec Lully, le Roi dansa Roland furieux avec d’autres courtisans, et encore une fois, Molière, dans le rôle du dieu Pan, monta sur une machinerie de Vigarani entouré de sa troupe, pour jouer après Les Fâcheux, les trois premiers actes du Tartuffe à la Cour de Marbre et le Mariage forcé. Dix jours de spectacles, de feux d’artifice, de banquets fastueux, de jeux, de concents! Pour moi!

Mais les rumeurs de la Cour me firent revenir à l’évidence… Cette fête n’avait pas été seulement organisée pour moi. C’était pour montrer la puissance du Roi, et ainsi faire oublier l’humiliation qu’il avait subie avec Nicolas Fouquet avec son château de Vaux-le-Vicomte.

Lorsque je l’appris, je parlai au Roi, lui disant que je voulais qu’il soit Louis et seulement Louis, l’homme tendre, sensible et affectueux que je connaissais dans les heures d’intimité, mais écrasé par la couronne le reste du temps. En gros, je rêvais d’une vie simple.

Je n’avais pas compris, hélas! que le Roi était Roi, et que peu à peu, il se lassait de ne pas être accepté comme tel, se lassait de mes remords toujours à répétition, se lassait de moi, surtout de mes pleurs après la naissance de mon petit Philippe, en 1664, puis ceux que je versai pour la mort de mon petit Charles, loin de moi, sans que j’aie pu le revoir.

Mais à cette époque, je crus connaître, dans ma naïveté, une amitié nouvelle : je fis la connaissance, chez Madame, d’Athénaïs de Montespan. Je la voyais comme une grande précieuse, coquette, un peu superficielle, qui me reprochait gentiment ma vie de pécheresse et m’encourageait à devenir plus sage. Je lui souriais, gentiment, lui disant de ne pas s’inquiéter pour moi… Hélas, je ne voyais pas la cruelle sorcière qui allait s’éveiller si fortement plus tard!

Je m’accrochai d’autant plus à cette amitié étant donné qu’en 1666, la Reine mère Anne d’Autriche décéda. Profitant du fait qu’il n’était plus sous l’œil maternel, Louis en profita pour me faire nommer officiellement Favorite du Roi. Désormais, de façon officielle, j’apparaissais comme cette « putana », pour reprendre le terme de la Reine. Le poids de la cour se faisait de plus en plus lourd, je m’accrochais à Athénaïs, mais aussi à Louis, comme à une bouée de sauvetage…

Une seule chose, cependant, vint égayer cette pénible situation. Je retournais pour de courtes vacances avec le Roi à Fontainebleau. Cela faisait trois ans que je n’y étais pas retournée, c’est-à-dire depuis le malencontreux accident avec le jardinier et ses semences de roses. J’exprimai dès mon arrivée le désir de voir la roseraie. Et les roses étaient toutes ravissantes, si ravissantes!

Mais une se détachait. Plus belle et plus odorante. Elle avait l’éclat doux de la rose de Damas, avec le velouté de la rose « cent-feuilles », et l’éclat de la rose de France, et dépassait ses congénères en grosseur et ses pétales pâles sur les bords, prenaient, au centre, une coloration profonde.

Le Nôtre, qui n’était jamais loin, nous vit penché sur ces belles fleurs.

- Quelle est donc cette espèce de rose que je ne connais pas? Demanda le Roi.

- Sire, c’est un plant nouveau qui eût l’honneur d’être semé il y a trois ans, sous les yeux mêmes, et je puis dire, aux dépens des yeux de Votre Majesté.

- Quoi! C’est la fleur préparée par ce jeune jardinier que je voulais congédier?

- Michel Brivart. Oui, Sire, et n’eus-je pas raison de dire à Votre Majesté qu’elle serait charmée par sa création?

- Je veux le voir.

Ce fut fait. Lorsque Brivart fut devant le Roi, ce dernier lui dit :

- Je suis content de ce que tu as fait; on te donnera une récompense. Si de tous mes sujets, chacun dans sa partie, s’efforçait de faire aussi bien que tu fais dans le domaine des roses, ce royaume prendrait un essor merveilleux… Cette rose a-t-elle un nom?

- Que non pas, Sire, mais si Madame la duchesse me le permet, je lui donnerai celui de Françoise-Louise, en l’honneur de celle qui a intercédé pour moi et m’a permis de rester au service de Votre Majesté.

- Je le permets et j’en suis bien aise, répondis-je. N’est-il pas plus doux de donner son nom à une fleur qui n’est que charme et beauté qu’à n’importe quelle autre chose au monde?

Prenant un sécateur d’un des garçons jardiniers, je coupai la fleur et la remis au Roi.

Malgré ce petit bonheur que je rencontrai à Fontainebleau, mon déchirement ne faisait que s’accentuer. Je m’interrogeais toujours plus et sentait aussi que le Roi se lassait… D’autant plus que j’attendais un autre enfant. Me serait-il arraché, comme les autres? Pour celui-là, je ressentais une chose que je n’avais jamais ressenti auparavant : comme une lionne…

[La mort de Sœur Louise de la Miséricorde l’empêcha de continuer cette épître.]

Épilogue :

Michel Brivart, depuis l’avènement de la Montespan, avait quitté Fontainebleau. Celle-ci, ayant vu les fleurs du nom de Françoise-Louise, avait demandé, par jalousie, de les faire enlever. Le cœur brisé, Brivart retourna chez son père à Fontenay, mais ne manqua jamais, à chaque année, de venir porter un bouquet de ses roses Françoise-Louise au Carmel de la rue Saint-Jacques où vivait à présent l’ancienne duchesse de La Vallière. Et elle ne manquait jamais d’aller les déposer aux pieds de la Sainte Vierge de la chapelle des Carmélites. Il fit pendant plus de trente-six ans ce pieux pèlerinage.

Mais le 6 juin 1710, alors qu’il faisait à nouveau son voyage annuel et que les roses étaient plus belles que jamais, il apprit que sœur Louise de la Miséricorde était morte. Il remit ses roses et s’enfuit en pleurant.

Personne ne le revit plus.

Mais la supérieure, voyant ce pieux hommage, accepta qu’on les dépose dans la bière de la morte, faisant exception à la règle du Carmel qui exigeait qu’il n’y ait aucun ornement.

Et à ce même moment… le Roi, lisant un vieux Pétrarque, très usé, qu’il n’avait pas lu depuis les frivoles années de sa jeunesse, vit entre les pages une rose séchée… une rose Françoise-Louise. Il murmura, songeur :

- Françoise-Louise de La Baume Le Blanc, duchesse de La Vallière et de Vaujours…

Il cacha son visage dans ses mains.

Même les rois savent pleurer.




Dernière édition par Louise de La Vallière le Dim 28 Oct - 1:20, édité 5 fois
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Sam 20 Oct - 20:55

Ôtez le masque !



Prénom (Pseudo) : Jujube † Âge : 22 ans † Comment êtes-vous arrivé jusqu'ici ? En fouinant ici et là... † comment trouvez-vous le forum ? Super, vraiment. J'adore le graphisme † Le code du règlement : OK by Monsieur Réponse: Ben oui. Quelle question. EDIT Monsieur: vaut mieux en être sûr o:3 † Un dernier mot ? J'aime les bananes...

test rp, un minimum de 300 mots est demandé:
 


Dernière édition par Louise de La Vallière le Dim 28 Oct - 2:27, édité 4 fois
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Sam 20 Oct - 21:15

Ahahah tu as réussi à passer l'épreuve (non voulue) de l'inscription !!

Rebienvenue parmi nous ! J'ai hâte de lire ta fiche Bon courage !!

Et si je puis me permettre Mademoiselle... Faites diligence, mon frère vous échappe What a Face

EDIT: ya encore ce fichu bug que je sais pas d'où y vient et qui vous oblige à répondre en cliquant d'abord sur répondre au lieu de faire la réponse rapide... Désolé, je vais essayer de régler le problème aussi vite que possible --"
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Sam 20 Oct - 22:13

Bienvenue ma douce Louise câlin Je suis si heureux que vous nous rejoigniez dans cette Cour de
mon doux prince
de notre bon Roy. fan attitude
Bon courage pour votre fiche et je souhaite que vous soyez heureuse parmi nous.
Si vous cherchez un peu de douceur, n'oubliez pas que je suis là câlin
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Sam 20 Oct - 22:55

Bienvenue parmi nous miss
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Dim 21 Oct - 3:02

Merci à vous tous!
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Dim 21 Oct - 12:22

Bienvenue Mademoiselle *w*

Bonne chance pour ta fiche ^^

Pour le bug, je crois savoir d'où il vient et je m'en occupe dès que possible et aussi vite que possible mon maître chéri ^^
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Dim 21 Oct - 22:30

Je vous souhaite la bienvenue ! (pour la seconde fois) Et en profite pour vous annoncer que le problème de code est résolue, nous pourrons à nouveau poster sans être embêté ^^

Ne me remerciez pas ça me fait plaisir ^^

Bonne chance pour votre fiche ^^
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Dim 21 Oct - 23:00

Bienvenue parmi nous ma chère
Bonne écriture
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Lun 22 Oct - 1:39

J'aime beaucoup le début de votre présentation fan attitude douce Louise ainsi que la répétition au début et à la fin de la phrase : "il existe des roses sans épines".
J' vos effets de style, j'en suis friand Embarassed
Oh poursuivez votre fiche et soyons amis Ducky chéri ma douce car je gage que nous partageons la même sensibilité câlin
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Lun 22 Oct - 9:28

Bienvenue parmi nous!!!
Ah une amie et rivale, on va s'amuser Very Happy
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Lun 22 Oct - 14:00

Bienvenue très chère, je suis heureuse de vous avoir parmi nous ! Ducky chéri

Poursuivez votre belle fiche... Ce début me semble prometteur.

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Mar 23 Oct - 0:14

J'espère que vous passerez aujourd'hui pour continuer votre fiche car j'ai quelque chose à vous dire Laughing
Vous ne penserez sans doute pas à regarder le flood car il y a un sujet exprès là-bas Twisted Evil
Alors c'est ici que je vous dis ceci :

HAPPY BIRTHDAY Douce Louise Ducky chéri yeah
et bonne continuation pour votre zolie fiche Kyaa hop hop
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Ven 26 Oct - 22:59

Je devrais faire l'histoire cette fin de semaine, j'espère pouvoir faire le RP test aussi...

Et merci pour les bons souhaits d'anniversaire!
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Sam 27 Oct - 0:45

C'est ça que je voulais faire et que j'ai pas fait :/

J'espère que tu me pardonneras ma belle demoiselle >3< jvoulais te souhaiter un joyeux anniversaire et ça m'est sorti de la tête mince

Bon courage pour ta ficheuh

d'ailleurs j'aime beaucoup ta description psychologique, elle est farpaite pour moi amour
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À s'habiller sans péril, on triomphe sans goût
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Sam 27 Oct - 22:43

Bonjour!

Je ne sais pas finalement si je pourrai finir ma présentation cette fin de semaine-ci, et le Rp test non plus, et je ne pourrai pas me connecter la fin de semaine prochaine aussi parce que je suis en vacances. Donc, est-ce que je pourrais avoir un petit délai s'il vous plaît?
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Sam 27 Oct - 22:45

Demandé si gentiment je ne vois pas pourquoi je refuserai

Par contre je pars lundi et je ne reviens que le 7 donc ta validation se fera un peu attendre j'en suis désolé d'avance mince
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Dim 28 Oct - 0:50

Ah non, ce n'est vraiment pas grave!
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Dim 28 Oct - 0:55

Mademoiselle de La Vallière, je vous aime déjà grandement et je comprends le penchant de mon frère pour vous
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Dim 28 Oct - 2:28

Et voilà, j'ai réussi à finir plus tôt que prévu!
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Dim 28 Oct - 4:00

TU ES VALIDÉ(E)



Ma chère Demoiselle je crois que... J'en reste sans voix et je pense que d'autres se joindront à moi pour m'approuver.

Vous avez parfaitement saisi votre caractère, votre histoire, et surtout vous avez saisi la cruelle situation dans laquelle vous vous retrouvez à présent.

Comment pourrai-je, comment pourrait-on oser vous refuser l'entrée de la cour de votre Amour.

fan attitude

Je vous accueille avec joie !



Merci de faire : Recenser ton avatar pour éviter l'invasion des clones - Fiche de Rp pour commencer à jouer - Fiche de lien pour se lier avec les autres membres
Les liens qui peuvent servir : Une petite faveur? maison, rang ou charge? - Les connaissances pour mieux savoir et ne pas être pris au dépourvu

Bon jeu sur Vexilla Regis!

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À s'habiller sans péril, on triomphe sans goût
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Dim 28 Oct - 16:54

Par ma Môman Diane, j'ai pleuré à la lecture de votre sublime fiche ! pleure *Surtout ne le dites à personne, la Marquise n'est pas censée être aussi sensible !*

Chère Louise vous avez une plume si déliée et si juste, que je risque de ne jamais me lasser de lire vos réponses.

C'est toujours agréable de trouver ici des joueurs sachant saisir aussi bien leur personnage. câlin


Bienvenue donc !!! léchouille

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~•Ventis •Immota Superbit•~
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Dim 28 Oct - 17:51

Je ne trouve qu'une chose à dire, félicitations ! ^^
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“Le règne la puissance
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Voir le profil de l'utilisateur http://vexilla-regis.activebb.net

Dim 28 Oct - 21:47

Waouw, fiche sublime bave
Superbe!!
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Louise de La Vallière | Il existe des roses sans épines.

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