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 (-18) Il y a des rendez-vous qu'on ne peut éviter et ceux qu'on ne veut éviter. || Esteban


Dim 2 Déc - 16:03


You're mine. And I'm yours.
Allongée sur le lit sale, Fanny avait le regard perdu dans l’immensité du ciel bleu qu’elle pouvait apercevoir par la fenêtre entrouverte. Celle-ci laissait entrer à la fois l’air frais dans la chaleur étouffante de la pièce et le son bourdonnant du tumulte de Paris. Mais ce bruit et cette fraîcheur ne compensaient, ni n’atténuaient au fond, l’omniprésence de cette brute épaisse qui soulevait par intermittences régulières et de plus en plus rapides son énorme masse sur elle. Il était sale et son odeur si infecte qu’elle eut envie de vomir dès son entrée dans la chambre, dès l’instant où la porte s’ouvrit. Elle n’osait pas le regarder. Elle sentait entre ses jambes son gigantesque sexe la brûler, la consumer de l’intérieur, la briser. Ses mains étaient accrochées aux draps et elle sentait les larmes pointer aux coins de ses yeux tant la douleur devint peu supportable. Mais elle devait continuer à jouer, à faire semblant. Elle se mordit la lèvre et gémit des « oui » et des « encore » alors que tout ce qu’elle aurait voulu c’était le supplier d’arrêter. A peine ses mots sortis de sa bouche qu’une énorme main vint s’abattre sur la joue de la jeune femme.

« Tu me déconcentres, catin ! »

Les poings serrés, elle détourna à nouveau le regard vers le ciel, sentant le goût du sang dans sa bouche. Elle se retint de pleurer de peur qu’il ne paie pas Maria en sortant et attendit simplement qu’il finisse. Cela ne tarda d’ailleurs pas. Il vida en elle ce liquide brûlant qui la répugnait encore plus que tout. Ce liquide qui pouvait ruiner ce qui restait à espérer dans sa misérable vie. Celui qui pouvait la rendre grosse et qui lui ferait peut être perdre le seul amour de sa vie. Elle se leva et le sentit couler sur sa jambe alors que la porte de la chambre se fermait dans un claquement. Il était parti. Elle se mordit fort la lèvre en sentant la douleur lancinante dans le bas de son ventre, prit un linge qu’elle trempa dans l’eau à présent glacée et se laissa tomber sur les genoux, le linge entre ses cuisses. Tremblant un moment, elle laissa enfin libre cours à ses larmes. Qu’avait-elle fait dans sa prime enfance pour se mettre dans un tel état ? Pour mériter tant de malheurs ? Et si elle tombait réellement enceinte ? Que lui arriverait-il ? Maria aurait-elle assez d’argent pour lui trouver les potions nécessaires à la perte de l’enfant ? Ou l’abandonnerait-elle car ce serait une bouche de trop à nourrir ? Et Esteban ? Il l’aime certes mais aimerait il l’enfant d’un autre ? Le petit corps nu, les mains sur le linge entre ses cuisses, roulé en boule, la colonne vertébrale exacerbée, elle faisait peur à voir. C’est alors qu’elle entendit la porte grincer. Elle se mordit la lèvre à nouveau et ferma fort les yeux. De sa voix brisée, s’échappèrent ces quelques mots :

« Un instant, s’il vous plait. »

La porte se referma et elle poussa un soupire soulagé, croyant être tranquille. Mais le pas au lieu de s’éloigner se rapprocha. Elle eut un sursaut quand deux bras vinrent l’entourer. Elle n’en pouvait plus, ne voyait-on pas qu’elle était au plus mal ? Elle ne voulait que quelques minutes de répit.

« Non, je vous en supplie… pas maintenant. Laissez-moi un instant. »

Elle sentit qu’on la soulevait avec une douceur inhabituelle et ouvrit enfin les yeux pour voir le samaritain, comprenant alors que ce n’était pas n’importe lequel de ses clients. Elle sentit les larmes de soulagement rouler sur ses joues et s’accrocha au cou de l’être aimé. Elle avait encore du sang au coin de la lèvre, et la semence de ce monstre sur ses cuisses… Et n’osait donc rien faire d’autre que simplement le serrer fort. Elle se dégoûtait elle-même.

« Tu es là… Mon amour… »

Le visage caché dans son cou, elle avait glissé une main dans ses cheveux et de l’autre tenait sa nuque. Elle détourna le visage lorsqu’il voulut l’embrasser.

« Non… Je suis immonde. J’ai du sang partout et… Je… Il faut que je me lave avant. »

Descendant de ses bras, elle lui tourna le dos et se laissa à nouveau glisser à genoux. Elle prit le linge et se frotta fébrilement le visage puis les cuisses mais toute l’eau du monde ne semblait pas purifier l’affront que son corps venait de subir. Elle ferma fort les yeux en continuant à frotter, sa peau rougissante à cause du froid et du frottement répété, elle allait finir par s’en user la peau à ce rythme là.
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Dim 6 Jan - 18:50

    Esteban avait passé une grande partie de sa journée à aider sa mère dans ses affaires plus où moins légale mais, leur relation était plus que tendu. Le jeune homme ne parlait presque pas, le strict minimum. Il lui en voulait et elle le sentait. Cependant, elle ne savait pas pourquoi il éprouvait tant de haine et de dégoût. Esteban lui en voulait pour le sort qu'elle réservait à sa bien aimée, cette vie si misérable. Elle ne méritait pas cette vie, il ne souhaitait ce genre de vie à personne d'ailleurs. Il se jura de l'aider à s'en sortir, de lui donner ce bonheur qu'elle mérite. Pour le moment, Esteban continuait à se pliait à sa mère, voir Fanny dans le plus grand secret et imaginer des plans pour mettre fin à ce supplice. Après avoir aidé sa mère, Esteban décida de se promener dans les rues de la ville notamment pour dépouiller quelques nobles. Il avait repéré une épouse et son mari. Celle-ci arborait autour de son cou un très beau collier. Avec son habileté et sa discrétion, il attendit qu'ils regardent des marchandises exposés par un bourgeois pour prendre possession de l'objet. Bien évidemment, la noble dame s'en rendit compte mais, il était déjà trop tard, Esteban s'était mélangé à la foule. Ce collier, le gitan voulait l'offrir à sa dulcinée même si cette dernière devrait le cacher pour ne pas attiser les nerfs de Maria. Le jeune homme rentra dans la boutique où du moins à l'étage de l'arrière boutique, c'est là que les femmes travaillaient. Certaines se trouvaient dans le couloir et n'hésitait pas à le taquiner en disant des « mon chou » ou encore « quand viendras-tu me rendre visite ? Fanny manque d'expérience, je suis sûre que je pourrais te combler. » Esteban se contentait de répliquer par des promesses sans suite. Elles étaient pratiquement des amies ou du moins ils se côtoyaient car il était le fils de la maquerelle. Un homme sortit de la chambre de sa bien aimée après s'être satisfait. Martinez ressentait de la rage, s'il avait pu il aurait tué cet homme sur place notamment en l'entendant lui dire : « Vous allez voir c'est une sacrée chienne ! » . Esteban serra des poings, il aurait aimé faire quelque chose mais, il y avait trop de témoins et puis sa mère était en bas, elle ne tolérerait pas une bagarre au sein de son établissement. Il se jura que s'il il le recroisait, il lui ferait ravaler ses paroles. L'espagnol entra dans la pièce et ferma immédiatement pour s'approcher de Fanny et la prendre dans ses bras.

    « Je suis là mon ange. »

    Alors qu'il allait l'embrasser, cette dernière tourna la tête et lui fit part qu'elle devait d'abord se laver. Fanny se recula et lui tourna le dos pour se laver. Par galanterie et se doutant que cette situation était embarrassante pour elle, il se retourna tout en allant jeter un œil à la fenêtre, il pouvait voir le client de cette dernière partir.

    « Il t'a fait du mal ? Est-ce qu'il t'a bien traité ? »

    Esteban sentait qu'il n'allait plus se retenir, il était prêt à descendre les escaliers et sortir de la boutique pour aller l’interpeller.
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Dim 13 Jan - 16:32

La jeune femme se sentit soulagée qu'il ne la regarde pas, qu'il ne la voit pas dans cet état parfaitement minable. Elle inspira profondément et passa ses mains sur son visage, regarda sa peau rougie par le frottement et se sentit laide, tellement laide. A sa question, elle eut un sourire amer. Etait-il vraiment en train de lui demander cela ? Ne voyait-il pas dans quel état elle était ? Elle se sentit les sanglots menacer dans sa gorge mais les étouffa. Elle passa un peu d'eau sur son visage et finit par s'essuyer. Jamais elle ne sortirait de cette situation. Quand sa relation avec Esteban avait commencé, elle avait senti une bouffée d'espoir la prendre à la poitrine mais maintenant ? Tout était vain. Il avait beau voler, il était impossible de fuir sa mère. Ils étaient tous deux condamnés à rester dans ce jeu... qui n'avait rien d'un jeu. Plutôt dans cette malédiction. Oui, ils étaient maudits. C'était le mythe de Sisyphe : à chaque vol (et viol), tous deux se croyaient plus proche de la réussite mais ce n'était que pour se rendre compte que le lendemain, tout recommençait comme avant. Sans le moindre progrès. Evidemment, jamais elle ne l'aurait avoué à son amour qu'elle avait perdu tout espoir mais elle savait qu'à un moment ou à une autre, il le sentirait, le devinerait. Elle ne se battait plus. De toute manière, que pouvait-elle faire ? Si ce n'est être docile. Avec les hommes, avec Elle. Elle se leva, les genoux tremblants et s'assit sur le lit, gardant la tête baissée et le visage caché par ses longs cheveux blonds pour qu'il ne la voit pas.

"Comme d'habitude Esteban, t'inquiète pas d'ça."

Le regard dans le vide, elle avait envie de vomir mais refusait de s'allonger sur le lit sur lequel on venait une nouvelle fois de la déshonorer. La chambre était petite et elle pouvait en seulement étendant la main attraper celle d'Esteban, ce qu'elle fit pour l'attirer vers elle.

"Il est pas important. C'est juste un d'plus."

Un de plus, un de moins. Elle n'était plus à cela près. Comme une enfant, qu'au fond elle était encore malgré tout, elle joua avec la main de son amant - le seul le vrai car dans "amant" on entend "aimer - la balançant doucement. Elle releva enfin son visage blême vers lui, ses yeux sombres débordant d'un amour infini mais malheureux. Elle guida la main d'Esteban pour qu'elle vienne se poser sur sa joue, elle y appuya son visage et déposa un baiser au creux de la paume de sa main. Fermant une nouvelle fois les yeux pour oublier le décor atroce dans lequel ils se trouvaient tous deux, elle demanda comme l'épouse la plus commune qui soit :

"Tu as passé une bonne journée ?"
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