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 Quand une promenade solitaire donne lieu à une rencontre inattendue [Leanna]


Lun 17 Déc - 13:57


Les enfants. Voilà une notion bien abstraite pour bon nombre de nobles au XVIIeme siècle. Le premier rôle du parent, après avoir mis l'enfant au monde, est de lui assurer une éducation. La plupart du temps, le père finance le personnel et les études. La mère, la plupart du temps, s'occupe de lui assurer un avenir marital, de trouver le parti idéal, quand ce n'est pas le père qui s'en charge. Ceci est une question d'entente entre les parents. Bref, le rôle du parent n'est pas toujours, voire rarement, d'élever lui-même son enfant, du moins lorsqu'on appartient à la haute noblesse. Athénaïs elle-même durant son enfance, n'a que très peu vu ses propres parents. Elle a grandi à Lussac-Lès-Châteaux, où elle a vu le jour, jusqu'au moment d'aller au couvent, puis d'en sortir et connaître la vie parisienne. Cette vie avait été entrecoupée de rares visites de ses parents, quelques rencontres avec son frère et ses sœurs, mais rien de plus. Ce n'est qu'après qu'elle a pu tisser de vrais liens avec les membres de sa famille, notamment sa sœur aînée Gabrielle et son frère Louis-Victor.

Bref, la question de l'éducation des enfants était un point sur lequel la marquise avait de très fortes divergences d'opinions avec son mari, ce qui causait au sein de leur couple de nombreuses disputes. Louis-Henry avait une relation assez étonnante et privilégiée avec ses enfants, à croire que c'était lui qui avait l'instinct maternel dans le couple. Athénaïs, il fallait le reconnaître, en était plutôt dénuée pour le moment, ce n'était pourtant pas faute d'essayer, mais elle se trouvait totalement démunie lorsque dans ses bras, sa fille ou son fils se mettait à pleurer. Elle ne savait alors quoi faire ni comment réagir, complètement paniquée. Et lorsque le marquis de Montespan arrivait à ce moment là et prenait l'enfant troublé dans ses bras forts, le bambin cessait instantanément de pleurer et se calmait aussi sec. Ce genre de situations bien souvent répétées avait fini par décourager totalement la marquise qui s'était alors retranchée dans les traditions en se disant que c'était un signe et que ce n'était pas son rôle de cajoler ses enfants, puisque de toutes façons ils ne voulaient pas d'elle. Elle les aimait pourtant, là n'était pas la question. Mais son mari semblait ne pas comprendre et lui reprochait sans cesse de ne pas être assez présente pour eux. Et puis comme Louis-Henry avait plutôt tendance à dilapider l'argent qu'à en ramener, seuls les revenus d'Athénaïs permettaient d'assurer à leurs enfants Marie-Christine et Louis-Antoine un patrimoine, donc c'était tout vu, le marquis avait beau lui reprocher d'être toujours fourrée à la Cour auprès de ses Nobles prétentieux et poudrés, Athénaïs aimait cette vie-là et c'était de toutes façons son gagne-pain.

Mais la marquise commençait à être réellement fatiguée de porter la vie du couple sur ses frêles épaules, fatiguée de sans cesse se disputer avec son mari, fatiguée de ne plus parvenir à le comprendre comme c'était pourtant le cas lorsqu'ils s'étaient mariés, amoureux comme dans les contes. Et comble de l'acharnement du sort, Athénaïs pensait être une nouvelle fois enceinte. Là, c'était le bouquet ! Elle ne savait que faire. Ayant besoin de réfléchir sérieusement à la question, elle avait décidé de prendre sur son temps de pause pour s'isoler dans les jardins et faire une petite promenade solitaire, histoire de penser à tout cela. Peut-être croiserait-elle une personne de confiance à qui se confier et qui lui donnerait un judicieux conseil. Elle pensait à sa sœur Gabrielle, elle qui avait toujours su lui dire que faire... Où était-elle en cet instant ? Athénaïs n'osait aller la voir, elle n'aimait pas avoir l'air faible et devoir venir quémander une aide quelconque. Il fallait qu'elle la croise par un simple hasard pour éventuellement lui faire part de son problème. Mais elle n'irait certainement pas au devant d'elle pour cela, ça non, pour qui passerait-elle ?

Perdue dans ses pensées, la marquise errait depuis un moment dans ce beau jardin, vêtue d'une robe assez simple, d'un bleu pastel ré-haussé par des dentelles couleur champagne au décolleté et aux manches et de rubans en échelles de même couleur le long de la pièce d'estomac. Le bleu était sa couleur préférée, et Athénaïs, lorsqu'elle était un peu déprimée, portait toujours une robe bleue, comme pour essayer de s’égayer elle-même. Cette couleur faisait ressortir ses yeux, bleus également, et ses cheveux aux reflets blonds. Finalement fatiguée d'ainsi marcher depuis elle ne savait combien de temps, elle décida de trouver un coin pour s'asseoir et se reposer un peu. Elle ne tarda pas à apercevoir un banc en pierre sculptée qui ferait l'affaire pour se reposer un instant.
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