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 Pourquoi j'ai l'impression qu'on me suit ? ft. Laura Zirrafon


Sam 30 Mar - 15:47




" Je traque. Je plaque. Attaque. Nous sommes aussi des carnivores. "
Héloïse & Laura



Je ne savais pas pourquoi je m'étais aventurée dans Paris de si bon matin, mais j'y étais. L'envie de prendre l'air, sans doute. D'échapper encore à la surveillance constante de mon frère sur moi. Oui, je passais ma vie à cela. Mais ce n'était pas comme s'il y avait d'autres choses à faire ici. La Cour de France était d'un ennui mortel. Je pensais vraiment en arrivant ici que j'allais plus m'amuser. Mais non ! Tout était si guindé. Et moi, je n'aspirais qu'à la liberté. Une liberté telle que j'avais sur les terres où nous avions grandis, Mathis et moi. Alors, j'avais profité que le soleil montre enfin le bout de son nez et que Cali, ma petite chienne, demande à sortir pour aller me promener en ville. Et donc après une heure à m'habiller et manger un bout, plus une demi-heure de calèche dans les rues bondées de Paris, me voilà arrivée à destination. Posant à terre la petite chienne qui ne demandait qu'à courir, je la tins toutefois en laisse. Serrant contre moi mon petit sac dans lequel se trouvait ma bourse et des papiers sans importances, je commençais donc ma marche. On m'avait dit qu'une nouvelle boutique de rubans et autres dentelles venait d'ouvrir non loin d'ici et je m'empressais d'y courir. Il me fallait un nouveau ruban de satin rouge pour mettre dans mes cheveux. Mes bottines claquaient contre le sol pavé des rues et mon long jupon traînait sur le sol pas vraiment si propre que cela. J'avais voulu faire comme dans ma suisse italienne natale, quand j'allais en ville. M'habiller de cette tenue masculine sombre que je ne portais plus ici et y aller à cheval. Mais ma dame de chambre me l'avait formellement interdit, me disant que ce n'était pas convenable pour une femme de mon rang. Peut-être, mais au moins je n'aurais pas eu mon jupon sali par la poussière et la boue au sol. Grognant contre ces "maudites règles", j'entendis alors des bruits derrière moi. Non pas les bruits alentour habituels. Un son bien plus inquiétant. Comme si j'étais suivie. Serrant un peu plus ma bourse contre moi, je grimaçais et pressais le pas, non sans courir. Enfouissant un peu plus mon visage dans mon foulard de soie, je pinçais mes lèvres et regardais ma petite chienne qui n'allait pas m'être d'un grand secours si jamais je me faisais agresser. Sentant toujours la présence derrière moi, je m'arrêtais devant la vitrine d'une boutique d'apothicaire et fit semblant de m'y intéresser, essayant d'adopter une position normale. Desserrant ma prise sur ma bourse, ce fut alors que je sentis des mains contre ma gorge. Par réflexe, je portais ma main à mon cou et remarquais que je n'avais plus ni mon foulard de soie, ni le collier offert par ma mère. Mais comment cette personne avait-elle faite ? Je n'avais pas pu la voir à travers le reflet de la vitrine. Me tournant, je vis une silhouette féminine disparaître en courant. Alors, je me mis à sa poursuite, hurlant au voleur.





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Mar 2 Avr - 14:17

A Paris, il y avait deux sortes rues. Premièrement, il y avait les petites rues non pavées, composées de boue et autres substances peu alléchantes. Elles étaient généralement peuplées des petites gens de la ville, des pauvres y habitant et essayant de commercer, aux personnes les plus dépravées. Il s'agissait sans nul doute des plus animées et des plus brillantes. Laura et son frère adoraient s'y rendre, car il y avait toujours quelque chose d'amusant à voir : des spectacles de rues, des bagarres entre deux ivrognes, ou encore une scène de ménage. Toutefois, il n'y faisait que très rarement leur terrain de jeu, les nobles de cette ville ne se rendant jamais en ces lieux. C'est là qu'intervient l'autre catégorie de rue. Fréquentée essentiellement par les grands de ce monde, ces derniers s'y déplacent généralement en cheval ou encore en carrosse. Il était également très agréable de s'y promener à pied, bien que l'agitation ne manque pas. En effet, les voleurs et autres petits voyous ne perdent pas une seconde pour tenter de s'enrichir. Toutes ces belles robes et costumes coûtant une fortune et passant devant vos yeux, il y avait de quoi être tenté ! La demoiselle faisait bien évidemment partie cette catégorie de la population peu recommandable. Chaque jour, en compagnie d'Yvan, ils se partageaient les quartiers de la capitale, ce qui leur permettait de couvrir un plus espace et de ne pas se faire repérer. Vous savez, un duo était toujours moins discret qu'une personne seule.

Croquant pomme qu'elle venait de dérober, Laura se tenait assise sur les marches d'un escalier, le dos contre un mur. Sa robe était pleine de poussière, tout comme ses cheveux, en plus d'être emmêlés. Les yeux baladeurs, elle scrutait une par une les personnes passant devant elle. Bien sûr, certaines d'entre elles la regardaient un dédain et dégoût. Il fallait dire que dans son aspect actuel, la voleuse n'avait rien de particulièrement flatteur pour elle-même. Quoi qu'il en soit, elle n'en apporta que peu d'importance, se concentrant à chercher une nouvelle proie. Chaque jour, c'était le même rituel : elle observait, choisissait et volait. Malheureusement pour elle, depuis ce matin, sa cagnotte n'avait pas été grande : croyant avoir remporté le gros lot, elle n'avait réussi à prendre qu'une bourse ne contenant que quelques pièces. C'était toujours ça, mais pas assez à son goût : il lui en fallait toujours plus. Par chance, son nouveau petit agneau ne se fit attendre... Une femme seule, certainement de haut rang, passa à côté d'elle sans même la remarquer. Laura jeta alors sa pomme non finie sur le sol et commença à la suivre, discrètement et sans brusquer les choses. La rue dans laquelle elles se trouvaient grouillaient de monde, dont plusieurs hommes pouvant stopper la jeune femme en un rien de temps. Cette dernière avait beau être rapide et agile, elle restait particulièrement faible face un gentilhomme, aussi freluquet soit-il.
Elle continua à la suivre ainsi, ne la quittant pas des yeux. Le chien à ses côtés aurait pu la dissuader de passer à l'action, mais il avait plus l'air d'une peluche qu'autre chose. La grande dame commença à presser le pas. Sans doute devait-elle se rendre compte que Laura la suivait. Ou bien était-elle simplement pressée ? Quoi qu'en fut la raison, si elle ne voulait pas perdre sa prise, il fallait qu'elle agisse au plus vite.

Lorsque la voleuse vit sa proie s'arrêter, ce fut comme un miracle s'abattant sur elle. C'était le moment ou jamais. Les yeux brillant, elle s'approcha de la dame et d'un éclair prit les premières choses apparaissant sous ses yeux, à savoir un magnifique collier et un ruban de soie. Finalement, la prise de la journée n'était pas si mal. D'une main à la fois experte et douce, elle arracha les deux objets de valeur et se retourna à la vitesse de l'éclair, n'attendant pas la réaction de sa victime. Sans réfléchir, elle courra, entendant ses cris et le bruit de ses talons derrière elle. Si elle en voulait pas que sa fuite soit remarquée, il ne fallait pas que Laura revienne dans la rue principale, rue vers laquelle elle était obligée de se diriger si elle allait toujours dans la même direction. Il y avait bien sûr les petites rues annexes, ne débouchant sur rien d'autre qu'un grand mur, mais... Mais oui ! Freinant, une idée ne tête pour se débarrasser de la brailleuse, elle tourna dans une de ces petites rues sombres, car très étroites. Elle se tourna, la respiration encore légèrement haletante, et tendit devant elle ses butins, tandis que la dame arrivait à son tour.


-C'est cela que vous voulez récupérer, ma dame ?
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Ven 5 Avr - 16:28




" Je traque. Je plaque. Attaque. Nous sommes aussi des carnivores. "
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Haletante, je portais une main à mon ventre qui me serrait fortement sous ce corset que je haïssais tant. Ce n'était vraiment pas une tenue appropriée à la course. Si seulement j'avais pu mettre ma tenue d'homme... Enfin bref ! Fixant la voleuse, je sentais une rage monter en moi. Une rage telle que mon pouls battait dans mes tempes. J'avais envie de sauter sur cette sauvageonne et de lui faire passer l'envie de me voler à nouveau. Serrant les poings, je grognais séchement :

- C'est cela même !

L'imbécile, l’effrontée tenait le bijou sans grande valeur autre que celle du coeur et le foulard de soie un peu plus précieux, quoi que, comme s'il s'agissait d'un vulgaire bout de guenilles. J'avais envie de lui hurler de faire attention. D'au moins respecter ce qu'elle volait aux gens. Mais bien sur, je n'allais pas me contenter de cela. Je savais que ce n'était pas un comportement très digne d'une femme de Cour de se battre - et encore moins avec une fille du peuple - mais elle n'allait pas s'en tirer comme ça. Je comptais bien récupérer mes affaires ! A côté de moi, Cali jappait inlassablement, son cri strident et aigu venant me briser les tympans. Cette chienne était une calamité sur pattes ! Mais je l'aimais bien... Faisant un signe rapide à l'animal pour qu'elle se taise, je levais les yeux au ciel quand elle ne le fit pas et retournais donc sur la voleuse. Marquant le rythme de mes pas par le claquement de mes talons sur le sol, j'avançais, déterminée, vers la jeune fille. Elle semblait avoir approximativement mon âge. Tant mieux. Je n'aurais pas à avoir le remords de taper une enfant, si nous devions en venir aux mains. Car oui, je savais un peu me battre. Quand on avait passé son enfance avec Mathis à ressentir ses colères grandioses, on apprenait à se défendre un minimum. Tout au moins à mettre une personne à terre. Et si j'arrivais encore à le faire sur mon frère aujourd'hui, ce n'était pas cette fille qui ne semblait pas peser beaucoup plus que moi qui allait me mettre dans l'embarras. Enfin ...

- Mademoiselle, vous allez me rendre ceci ou vous je vais vous y forcer !

Ma voix était menaçante, ferme. Mon regard noir. Si elle ne me rendait pas les bijoux, elle allait sentir ce dont les Fontanges étaient capables ...






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Dim 14 Avr - 22:15

Laura était ce genre de voleuse qui ne volait pas forcément par plaisir, mais plutôt par nécessité. À la mort de ses parents, accompagnée de son frère et de sa soeur, elle s'était résignée à ce mode de vie des moins envié. Au tout départ, ils ne volaient les honnêtes gens de cette ville pour se nourrir, un vulgaire morceau de pain leur suffisant amplement. Mais la disparition (et peut-être la mort) de Fanny avait tout chamboulé. Très vite, Yvan, s'était rendu compte que rien n'était gratuit dans ce monde et s'était mis en tête de faire fortune en continuant leurs activités. Une entreprise risquée, quand on savait à quel point les personnes de leur rang social étaient particulièrement mal appréciées. Quoi qu'il en soit, et bien qu'en connaissant les risques, la demoiselle avait accepté, non seulement pour faire plaisir à son frère, mais également pour l'espoir d'un avenir meilleur. C'était sans nul doute malhonnête, mais elle pouvait se consoler en faisant une bonne action, comme déposer chaque semaine une partie de ses gains à l'orphelinat. Ces pauvres enfants avaient également le droit d'avoir une vie descente, à défaut d'avoir des parents sur qui compter. Elle-même avait été abandonné par sa propre mère. Elle ne pouvait toutefois pas lui en vouloir, et elle ne le faisait pas, car au fond, elle savait que son geste avait été guidé par l'envie de la protéger et lui offrir un meilleur avenir. Cette pensée la rassurait, les soirs où la miss tentait de se souvenir de sa génitrice.

Pour le même espoir de voir des jours meilleurs, Laura se tenait debout, là, dans cette ruelle, narguant la jeune noble de ses bijoux. Quelle folie, tout de même... Si elle venait à crier et amener des personnes des personnes jusqu'à cette rue, il est évident qu'elle ne sortirait pas indemne de cette folle aventure. Pourtant, elle l'avait fait. Dans un premier temps, cela lui avait parue une bonne idée, la rue étant très peu fréquentée... Mais d'un autre sens, il est vrai qu'elle était désormais bloquée, et que sa victime ne semblait pas vouloir lâcher prise. Une femme de son rang ne devrait, en toute logique, ne pas s'attarder à deux uniques biens de valeurs, car pouvant s'en offrir tant d'autres (et en possédant déjà beaucoup). Il fallait l'avouer, cet état de fait déconcerta quelque peu notre voleuse, qui se demanda alors pourquoi accorder tant d'importances à quelques bricoles.
Son regard se planta sur le petit chien, qui ne cessait d'aboyer, sans même oser l'approcher. Mais quel animal enquiquinant ! Ne pouvait-il donc pas se taire quelques instants ? Sur le coup, la brunette fut tentée de lui donner un coup de pied, histoire qu'il aille voir ailleurs, mais être violente ne faisait pas tellement partie de son caractère.

Ramenant le foulard et le collier, elle ne les lâcha pas pour autant, préférant les garder en sûreté. Son regard, en revanche, ne quitta pas celui de l'inconnue, visiblement de fort mauvaise humeur, ce qui l'amusa beaucoup. Que pouvait-elle bien faire, si ce n'est hurler en attendant que quelqu'un vienne l'aider, au risque de voir ses biens s'enfuir en même temps que la truande. Laura la fixait, un mince sourire se traçant sur ses lèvres légèrement rougies. Qu'elle vienne les chercher, si elle les voulait vraiment...


-M'y forcer, vraiment ?

Son sourire s'accentua davantage, laissant presque apparaître ses dents sales. La jeune femme prit à nouveau le risque de s'approcher d'elle, ne faisant pas attention au petit molosse à ses pieds, qui continuait toujours autant de crier sans qu'on y fasse attention.

-Et qu'allez-vous faire, hum ? Hurler au voleur ?

Comme si quelqu'un en avait quelque chose à faire, de ses bijoux... Ici, mis à part les quelques hommes portant l'épée et les forces de l'ordre, peu de gens de bonne famille osait s'approcher des truands tels que Laura. Ils étaient tellement sales, soit disant porteurs de maladies, et risquant d'attenter constamment à votre vie. Ils n'avaient pourtant pas à s'en faire, la demoiselle n'avait jamais tué, et ne tuerait sans doute jamais.
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Mar 16 Avr - 2:11




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Héloïse & Laura



Maintenant à quelques centimètres seulement de la voleuse, je souriais d'un sourire méchant, arrogant. Elle ne semblait pas croire que j'étais capable de lui faire du mal. Tant pis pour elle. Tant mieux pour moi. J'allais pouvoir l'avoir par surprise. Je vivais peut-être à la Cour, je n'étais pas comme ces autres femmes. Je ne comptais pas sur les hommes constamment pour prendre soin de moi et me protéger de gens de cette espèce.

- Vous êtes vraiment inconsciente de croire que je ne suis capable que d'hurler au voleur et d'ainsi me faire face ...

Le regard que je lui lançais était fier et assuré. Noir, aussi. Noir comme celui de Mathis quand il était en colère. Noir comme la nuit. Posant une main sur l'épaule de la voleuse, je la poussais violemment en arrière, la faisant vaciller et reculer. Lâchant la laisse de Cali qui resta à mes pieds, je posais mes mains sur ma taille et fixais la jeune femme. Elle allait avoir à faire à la réelle Héloïse de Fontanges si elle continuait comme cela. Elle allait découvrir une facette de moi que peu de personnes connaissaient. Une facette bien plus sombre et sauvage que celle que j'arborais à la Cour du Roy.

- Etes-vous folle, mademoiselle ? Lui lançais-je, arrogante et méprisante. Tenez-vous si peu à la vie ?

Regardant autour de moi, je cherchais un objet me permettant de me défendre, au cas où d'autres rappliqueraient. Non pas que j'avais peur de cette fille là. Mais dans ce monde que l'on appelait Cour des Miracles jusqu'en l'enceinte du palais, les relations étaient les mêmes qu'à la Cour royale. Elles étaient importantes. Aussi cela ne m'étonnerait-il pas de voir rappliquer ici quelques hommes et femmes assez lourdement armés et venant me chercher querelle. Je n'avais jamais tué jusqu'alors. Mais s'il me fallait le faire pour protéger ma vie, je ne craignais pas de passer à l'action. Etait-ce le sang chaud en moi ? Etait-ce une possession maléfique de ma personne ? Je ne pouvais le dire. Mais il était vrai que je n'étais plus la douce et innocente petite Héloïse que j'avais été il y avait à peine quelques minutes. Percevant mon regard fracturé dans la fenêtre brisée d'un vieil immeuble qui semblait en ruines et qui puait à des kilomètres à la ronde, je vis dans mes yeux de la froideur, un air calculateur. Fière de ce que je dégageais plus qu'effrayée par moi-même, je souriais. Revenant à la voleuse, je ne faisais même pas attention à elle, ne cherchant pas à savoir si elle avait peur ou non en cet instant. Moi, je n'avais pas peur. Je ressemblais à Mathis dans ses crises de colère. Violente et incroyablement dangereuse.

- Je compte jusqu'à trois ! Un ... Deux ... Trois ....

J'avançais au fur et à mesure de mes mots, me retrouvant à trois juste devant elle. Elle puait comme pas possible. Pire que certaines personnes de la Cour même. Elle était toujours là, mon collier et mon foulard à la main.

- Bien alors, jouons !

Sur ces mots, je lui administrais une violente gifle qui résonna dans la ruelle vide.






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Mer 8 Mai - 15:15

Combien de fois un tel regard noir s'était porté sur sa personne... Plus d'une centaine de fois. Ce genre de scène l'avait souvent accompagné, lorsqu'elle se faisait prendre la main dans le sac. Dire que Laura n'avait jamais eu peur des menaces qui avaient pu peser contre elle serait un mensonge. Plus d'une fois, elle avait renoncé à son gagne pain par crainte de se faire emmener derrière les barreaux ou de se faire tuer sur le champs. Une moins que rien comme elle ne manquerait pas au monde, qui se porterait certainement mieux avec une truande en moins. Mais elle avait grandi depuis... Désormais, la jeune femme ne craignait guère ces regards assassins et ses paroles toutes aussi virulentes qui se répétaient inlassablement. Il y avait toujours une porte de sortie, notamment lorsqu'il s'agit des hommes : un regard, des paroles, et les voilà mis en confiance par une belle créature. Certes, Laura n'était pas adepte de ce genre de méthode, mais il fallait bien avouer qu'elle restait forte utile en cas de crise majeure. Autrement, pour se sortir de beaux draps, elle savait que son frère n'était jamais loin et veillait à ce qu'il ne lui arrive rien. Depuis la disparition de leur soeur, les deux avaient pris pour habitude de ne jamais vraiment perdre de vue l'autre, de peur qu'il lui arrive également malheur. Et s'il s'agissait de femme ? Ma foi, elles étaient fragiles et ridicules qu'il lui suffisait simplement de dire un mot grossier pour les choquer et se défaire de leurs griffes. Cela aurait pu être aussi simple aujourd'hui, malheureusement, la demoiselle n'était pas tombé sur le genre de femme qu'elle avait pour habitude de rencontrer. Celle-ci avait quelque chose de plus... Féroce, dirons nous. Il n'y avait qu'à observer son regard, pour se rendre compte qu'elle ne se laisserait pas facilement faire. Deux femmes au fort caractère ne souhaitant pas reculer pour un foulard et un collier... La partie risquait d'être très intéressante.

Le regard de la voleuse ne quittait pas celui de la noble, comme si elle voulait la mettre au défis. Mais quel défis ? Celui de reprendre ses bijoux ? Peut-être que Laura ne savait de quoi elle était capable pour cela, mais sa victime du jour non plus. Cette dernière avait certainement de quoi s'acheter une nouvelle fois ces quelques accessoires, contrairement à elle qui en avait besoin pour se payer son repas du soir. Depuis la mort de ses parents adoptifs, il était déjà arrivé à la brunette de ne pas manger pendant plusieurs jours, aucune âme charitable ne souhaitant donner ne serait-ce qu'un morceau de pain à ces pauvres enfants abandonnés. Plusieurs fois, elle s'était demandée comment aurait réagi sa mère en la voyant dans un tel état... Serait-elle triste et s'en voudrait-elle, ou serait-elle complètement indifférente ? La fille Zirrafon ne savait pas réellement de quel milieu venait sa mère, mais nul doute qu'elle lui en aurait voulu si cette dernière venait du même monde que son interlocutrice, visiblement ayant guère envie de discuter.

Lorsqu'elle la poussa en arrière, la truande recula d'un pas pour ne pas tomber, tandis que son visage impassible se baissa en direction des deux objets dérobés qu'elle tenait fermement dans sa main. Elle avait raison, cette dame n'était pas comme toutes les autres peuplant la Cour du roi soleil. Et lorsque la gifle vint frapper sa joue, cette hypothèse vint se confirmer... Ni un cris de douleur, ni même un grognement ne sortit des lèvres de Laura. Sa tête légèrement tournée par la force du coup, elle se contenta de sourire d'un air moqueur.


-Vous croyez que c'est en me frappant que je vais vous rendre vos précieux biens ?

Elle releva la tête et fixa à nouveau celle qui venait de la frapper dans les yeux. Sa colère et sa rage envers la voleuse se faisait parfaitement sentir et la tension entre elles était palpable. Toutefois, cela ne vint en rien déranger la miss qui tenait à garder son gain de la journée. Elle les glissa d'ailleurs dans la poche de sa robe, gardant une main ferme dessus.

-Si telle et votre pensée, autant mettre fin à mes jours sur le champs. Continua-t-elle. Je les ai désormais en ma possession et je compte bien les garder, peu importe le nombre de coups que vous m'offrez.

Elle pouvait la frapper et la mettre en sang si cela lui plaisait, Laura ne lâchera pas l'affaire. Son geste prouvait bien à quel point être têtue revenait à être particulièrement bête... Ou presque.

-A moins que vous ne me donniez quelque chose en échange... ?
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Mar 21 Mai - 9:05




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Je ricanais. Un rire sonore qui suivit le bruit de la gifle administré et résonna en écho entre ces murs. Une main dans la poche où elle tenait collier et foulard, la jeune femme me fixait inlassablement, comme si cela allait me faire rebrousser chemin.

- Vous tuez ? Ricanais-je encore, la regardant comme si elle était folle. Bien sûr que non. Je ne désire pas être enfermée dans les geôles sinistres d'une prison.

Serrant les poings sur ma robe, je la fixais moi aussi. A vrai dire, elle était plutôt jolie. Si on enlevait la crasse et les vêtements hideux qui la recouvraient. Elle avait les mêmes cheveux que moi, sombres et ondulés. Un peu moins ondulés, peut-être. Sa peau tannée par le soleil montrait bien à quel milieu social elle appartenait, si bien que même vêtue d'une robe de Cour et lavée, personne ne se méprendrait sur elle. A mes pieds, Cali jappait encore. Comme si cela allait pouvoir effrayer la voleuse. Intérieurement, je riais. Cette chienne était adorable ! Ce fut alors qu'elle me proposa de me rendre les affaires dérobées en l'échange d'un petit quelque chose. J'étais incapable de dire quelle tête je fis en cet instant, mais il était certain que la surprise devait s'y lire, ainsi que le mépris qui m'habitait depuis que je l'avais rencontré.

- Vous donnez quelque chose en échange ? Vous rêvez ! Il est hors de question que je troque des choses qui m'appartenaient déjà avant que vous ne me les dérobiez.

Non, mais pour qui se prenait-elle ? Je n'étais vraiment pas d'humeur à négocier, et encore moins à payer pour MES affaires. Je n'en revenais pas. De toutes les personnes que j'avais jamais croisées dans les rues de Paris, voilà qu'il avait fallu que je tombe sur elle. Me reculant de deux pas tant l'odeur qui émanait d'elle me soulevait le coeur, je passais une main dans mes cheveux. Je faisais souvent ça à vrai dire quand j'étais contrariée. Un tic, sans doute. Pinçant mes lèvres, je décidais d'attendre encore un instant. Peut-être allait-elle avoir un éclair de lucidité et me rendre ce qui m'appartenait ! Peut-être était-elle intelligente, au fond ! A vrai dire, je ne la connaissais pas et voulais bien lui laisser le bénéfice du doute.

- Mademoiselle, ces objets sont à moi ! Je soupirais. Il allait me falloir prendre sur moi et me montrer gentille. Je sentais que ça allait être le seul moyen de récupérer au moins le collier ... Et si je vous donnais le foulard et que vous me rendiez le collier ? Il n'a aucune valeur monétaire, je peux vous l'assurer. C'est un bijou de famille auquel je tiens. Vous pouvez comprendre cela, n'est-ce pas ?

Oh oui, j'espérais vraiment qu'elle comprendrait ! Ce camé était la seule chose qu'il me restait de ma vie à Lugano et de ma mère. En plus d'un pendentif offert par Mathis pendant notre courte vie de bohème, je n'avais pas d'autre bijou auquel je tienne vraiment. On pouvait voler les pierreries que cela ne me ferait pas grand chose. Mais ces deux bijoux ... hors de question qu'ils disparaissent !






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Jeu 20 Juin - 16:13

A la réflexion de la noble, la jeune voleuse se retint de rire, plus par nervosité que par réelle envie de se moquer d'elle. Évidemment, personne ne souhaitait terminer ses jours entre trois murs et une grille de fer, et Laura la première ! Mais elle pensait sincèrement que tuer une chapardeuse des bas-fonds de Paris lui vaudrait de croupir en geôle pour le restant de sa vie ? Sa vie, tout comme celle de ses comparses, n'avait aucune importance aux yeux du monde, bien au contraire : il se porterait certainement bien mieux sans ses fripons de bas étages. La jeune femme devait forcément s'en douter un peu, sans quoi elle passerait un peu pour idiote... Tuer est un acte fatidique souillant votre âme en mettant, de surcroît, une barrière de plus sur votre route menant tout droit paradis. Peut-être était-ce pour cela qu'elle n'avait pas encore porté le coup fatidique... À moins qu'elle ne soit pas aussi forte qu'elle ne le pensait. Pour sa part, Laura se savait incapable d'un tel geste, bien qu'elle en voyait des vertes et des pas mûres chaque jour. Elle vivait dans un monde ou la violence était reine, mais pourtant, elle n'avait jamais été partisante de ce genre de pratique. Ne serait-ce que frapper quelqu'un la rebutait et lui faisait même peur parfois ! Vous savez, les représailles ne sont jamais loin, et peuvent être bien pire que ce que l'on pense... Pendant un instant, elle se perdit à imaginer ce bel oiseau en prison, hurlant qu'on la libère, face à des gardes n'en pouvait plus de cette hystérique. Les pauvres... !

La demoiselle se pinça les lèvres, en proie à un véritable fou rire, et reprit rapidement son sérieux. À vrai dire, on ne lui avait jamais tenu aussi longtemps tête pour récupérer ce qu'elle avait eu l'audace de prendre. Il fallait bien un début à tout, mais pour vous dire la vérité, elle s'en serait bien passé. Il lui aurait suffi de courir et de rejoindre son frère, et toute cette histoire serait terminée depuis longtemps ! Mais non, il avait fallu que la noble la rattrape et s'entête à vouloir récupérer ses biens... Malgré elle, un fin sourire se dessina sur les lèvres de Laura, qui sortit le bijoux et le foulard afin de mieux les observer. Certes, ils n'avaient peut-être pas beaucoup de valeur monétaire, mais elle arriverait bien à les échanger contre quelques pièces qui lui seraient bien utiles. Peu importe si elle ne gagnait pas une fortune avec sa prise du jour, du moment qu'elle peut se payer de quoi manger pour au moins un jour ! La richesse n'était pas quelque chose qui l'attirait, mais survivre, oui.

Son examen terminé, elle fourra à nouveau le tout dans sa poche et leva son regard vers la dame.


-Un bijoux de famille, vraiment ? Lui lança-t-elle, sceptique.

Disait-elle ça pour essayer de lui donner un peu de compassion, ou était-ce véridique ? Elle ne la connaissait pas, mais sa détermination montrait bien qu'elle ferait tout pour récupérer ces objets. Même s'il fallait mentir pour ça ? La voleuse fronça les sourcils et haussa les épaules. Comment pouvait-elle comprendre, elle qui n'avait jamais connu sa mère, et encore moins son père ? Certes, il y avait eu ses parents adoptifs qui lui avait permis d'intégrer une véritable famille, qui maintenant se réduisait à Yvan... Mais jamais elle n'avait eu de tels objets auxquels elle tienne vraiment. Dans son esprit obtus, cela ne représentait pas grand-chose.

Laura fini par lui sourire franchement, montrant bien comment elle s'en fiche.


-Ma foi, ils pourront bien vous offrir un autre cadeau de ce genre.

Peut-être que ses parents étaient morts, et que ce collier représentait pour elle le dernier souvenir qu'elle avait d'eux. Mais comme dit plus, elle n'en avait que faire. Tout ce qui lui importait maintenant, c'était de montrer ses gains à son frère et de pouvoir enfin manger après plusieurs jours de jeûne. Ce n'est pas comme si elle n'était pas habituée, mais il était toujours mieux d'avoir un minimum de choses dans le ventre.
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Sam 6 Juil - 18:45




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Héloïse & Laura



- Vous ne comprenez pas ! Hurlais-je presque. Bien sûr que non, ils ne pourront pas m’en offrir d’autres. Mon père est mort et ma mère…c’est tout comme !

Je serrais les poings et les dents. Si mes parents avaient pu m’en offrir  un autre, je n’aurais certainement pas été à la poursuite de cette moins que rien. Je retirais ce que j’avais pensé précédemment. Cette fille était vraiment stupide. Là était le principe même d’un bijou de famille. Une valeur sentimentale importante et un bijou irremplaçable. A la pensée soudaine de mon père, les larmes me vinrent au coin des cils. Il me manquait. Terriblement. Ma mère aussi, mais ça n’avait rien à voir. Mon père avait beau ne pas être du même sang que moi, il en restait mon père et je l’aimais toujours comme tel. Je pinçais mes lèvres, me refusant à pleurer devant cette fille des rues. Allez Héloïse, un peu de dignité ! D’un mouvement sec, j’essuyais mes larmes de ma manche et la suppliais presque.

- Je vous en supplie. Gardez le foulard si vous voulez ! J’en ai plein d’autres. Mais, pas le collier.

Si jamais elle repartait avec le collier, je n’hésiterais pas à aller hurler au voleur jusqu’à ce qu’on les retrouve, elle et mon camé. Les yeux dans les yeux avec cette fille, je déglutis. L’idée qu’elle parte avec ce bijou me serrait la gorge, douloureusement. Je passais encore une main dans mes longs cheveux bruns. Je n’allais pas me mettre à genoux pour elle, c’était certain. Mais j’en venais quand même à me poser la question de savoir si cela lui ferait me rendre mon bien le plus précieux. J’humidifiais mes lèvres, les pinçais, levais les yeux au ciel. S’il y avait vraiment un Dieu dans ce ciel, qu’il fasse un signe. A vrai dire, je ne voyais alors plus rien d’autre pour m’aider à récupérer ce qui m’appartenait. Mais rien … Je roulais des yeux. Merci ! Vraiment. Soupirant, je m’avançais vers un mur et m’y laissais glisser en direction du sol, jusqu’à me retrouver au sol. Etrange ? Possible. Mais que pouvais-je bien faire d’autre ? Gardant un œil sur la voleuse, je fis attention à ce qu’elle ne s’en aille pas. Mon regard se fit noir, un peu contre ma volonté. Je vouais à cette fille à peine rencontrée une haine sans nom. Elle aurait volé n’importe quoi que je l’aurais laissé faire. Mais, pas ça !






FICHE PAR ROMANE DE ARTSOUL




Dernière édition par Héloïse de Fontanges le Dim 4 Aoû - 21:34, édité 1 fois
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Ven 19 Juil - 10:30

L'amour pouvait pousser les gens à faire des choses bien étranges, dans des situations qui ne s'y portaient pas. Il rendait fou, inconscient, que cela soit pour son âme soeur ou même sa famille. Cette témérité, Laura la connaissait bien, pour en avoir fait preuve plus d'une fois, non sans un certain regret. Ce qu'elle n'avait en revanche jamais fait, c'était ce mettre à supplier quelqu'un ou même implorer pour les personnes lui étant chères. Il y avait en cela une certaine fierté, mais également un caractère entêté qui la rendait horriblement insolente. Bien que la force ne soit pas la solution qu'elle cautionnait le plus au monde, la demoiselle savait user de sa malice pour remettre les choses à leur place. Un petit mensonge, une promesse qui ne sera pas tenue, et le tour était joué. Ce n'était visiblement pas la tasse de thé de la jeune femme, qui semblait bien plus désespérée qu'autre chose. Bon sang, si elle se mettait dans un tel état pour un collier, qu'en serait-il pour un membre de son cercle proche ! Et dire qu'il lui aurait bien plus simple de la laisser partir et de la suivre calmement... Ce camé, Laura contait l'échanger contre un pain ou n'importe quelle nourriture susceptible de les nourrir elle et son frère. Passer derrière elle et négocier pour récupérer son bien avec le marchand aurait été tellement plus simple ! Pourquoi se compliquer la vie, sincèrement, hum ?

La voleuse s'approcha de sa « victime » et leva les yeux au ciel en la voyant essuyer rapidement quelques larmes. Cette noble était bien plus fragile qu'elle en avait l'air, pour ainsi réagir... Un peu comme elle, bien que la miss n'était pas du genre à pleurer rapidement. C'était si pathétique à ses yeux, qu'elle en rit.


-Jouer avec de la compassion ne marche pas avec moi, vous savez... !

Que vaut la perte d'un simple camé comparé à toutes les horreurs qu'avait pu voir Laura tout au long de sa vie... Plus d'une fois, elle a vu la mort embarquer des hommes, des femmes et même des tous jeunes enfants. Elle a vu des personnes vivant dans une telle misère que la vie n'avait plus aucun goût à leurs yeux... Un collier comme celui-ci ne représentait rien pour eux, si ce n'est une source de nourriture. Pouvait-elle arrêter de se plaindre et se rendre compte de ce qu'il se passait autour d'elle ?

La brunette se mordit la lèvre inférieure, son visage passant soudainement de la moquerie à la rancoeur en pensant à toutes ces horreurs, et au fait que cette conversation n'aboutissait à rien. Les deux jeunes femmes étaient aussi têtues l'une que l'autre, et rien n'avançait. Et Laura n'avait pas envie de se battre indéfiniment. Le front froncé, elle s'accroupit devant et fit pendre le pendentif du bout de ses doigts, juste devant elle.


-Vos parents doivent être fiers de voir que vous protégiez ainsi leurs biens.

Elle laissa tomber le camé sur sa robe et se releva, toujours en la fixant.

-Vous venez de m'offrir un nouveau soir sans repas... Je vous en suis infiniment reconnaissante.

Au fond d'elle-même, elle savait que la jeune femme n'en avait que faire. Mais le fait qu'elle ait ainsi capitulé l'énervait tellement qu'elle n'avait pu s'empêcher de faire la remarque.
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Dim 4 Aoû - 22:00




" Je traque. Je plaque. Attaque. Nous sommes aussi des carnivores. "
Héloïse & Laura



Quand la voleuse se baissa à ma hauteur, je m’attendis d’abord à recevoir un coup. Après tout, je lui en avais donné un. Elle aurait pu se venger. Mon regard se fixa sur le camé qui pendait à son doigt, le suivant. Ma gorge se serra alors que je pensais qu’elle allait partir avec. Perdre un tel objet était une chose inenvisageable. Je ne pouvais me le permettre. Levant le visage vers la voleuse, je croisais son regard plein de haine et de rancœur. Contre moi ? Sans doute. Mais si ce n’était que ça, je me fichais bien de sa haine. De toute façon, nous nous recroiserons plus jamais alors … Il y avait à la Cour des personnes dont je craignais bien plus les regards et à priori qu’elle. Et, jusque là, je ne m’en étais pas trop mal sortie alors je n’allais pas trembler de peur pour une moins que rien dans son genre. Alors qu’elle me fit une remarque sur mes parents et la fierté qu’ils devaient éprouver à mon égard, je pinçais mes lèvres brièvement. La fierté de leur part, je l’espérais. Même si, pour ma mère, je doutais qu’elle soit encore fière de Mathis et moi, après notre fuite pour Lugano. Quand à mon père…d’où qu’il était, j’espérais qu’il n’avait au moins pas honte de mon comportement. De la fierté, je n’allais pas aller jusque là. Même si j’aurais aimé qu’il revienne pour me le dire. Il me manquait tant !

- J’ose le croire ! Sifflais-je en direction de la voleuse.

Alors, elle eut une réaction que je n’aurais certainement pas su prévoir. D’ailleurs, cela m’étonna tellement que la surprise dut se lire sur mon visage. Elle lâcha le camé qui tomba sur ma robe. J’haussais un sourcil et me précipitais sur le bijou que je serrais dans mes mains, de peur qu’elle ne le reprenne finalement. Ma gorge se desserra. Je me détendis. Un soupir de soulagement passa mes lèvres. Alors qu’elle se redressa tout en me fixant, je fis de même. Je n’osais remettre le collier à mon cou de peur qu’elle me le reprenne. Alors, je le gardais dans mes mains closes. C’est fou comme cela faisait du bien de sentir ce précieux camé entre mes doigts. J’y tenais énormément. Tellement. La gueuse me fit alors une remarque qui me fit baisser les yeux. Elle n’allait rien avoir à manger ce soir. Soit disant, grâce à moi. Elle oubliait qu’il lui restait mon foulard de soie. Foulard qui valait quand même une petite somme. Je m’apprêtais à lui en faire la remarque quand ma conscience me fit signe de ne pas attiser sa colère plus encore. Je me contentais alors de prendre ma petite bourse et d’y prendre trois pièces que je lui tendis, de la main qui ne tenait pas mon collier. Je n’étais pas folle, non plus.

- Tenez, c’est pour vous !

Mon regard vers elle était insistant. Qu’elle les prenne donc ! Je n’étais pas une sans-cœur et savait qu’il y avait des gens qui mourraient de faim, ne pouvant se payer de quoi subsister. J’étais noble, pas idiote. Fouillant dans ma bourse encore, j’en rajoutais quatre de plus.

- Pour nourrir votre famille. Vous devez sans doute en avoir une.

Ma voix ainsi que mon regard s’étaient radoucis. Aucune fierté mal placée. Juste l’envie d’aider. C’était toujours ce que mes parents m’avaient appris. A respecter ceux qui m’étaient supérieurs comme ceux qui m’étaient inférieurs. Les riches comme les pauvres. Et je comptais bien faire perdurer cet apprentissage. Il était important pour moi. Je n’étais pas comme ces nobles qui méprisaient les gens d’en bas. Certes, je n’avais pas été la plus gentille du monde avec cette jeune femme. Mais c’était moins pour sa condition sociale que pour le vol. Je n’étais pas une sainte et il était hors de question que j’ose me revendiquer ainsi. Mais j’avais un cœur.






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Dim 11 Aoû - 21:12

La première chose que fit Laura en voyant la jeune sortir sa bourse rebondie, c'est de l'observer un long moment, presque envieuse. Elles étaient si proche l'une de l'autre, qui lui suffisait de tendre la main vers ce conteneur de richesse et de lui arracher des mains ! Un geste fort tentant, qu'elle aurait sans nul doute mis en exécution si elle s'était trouvé devant une autre personne... Mais cette dame là, elle était spéciale, et bien plus différente que les autres gens de son rang auxquels la voleuse avait pu se confronter par le passé. Certes, la violence qu'elle avait montré envers elle le montrait parfaitement, mais il y avait quelque chose de plus, qui l'empêchait de commettre l'irréparable...
Ses yeux brillèrent à la vue des pièces, se posant une à une dans le creux de ses mains bien trop noires. Ce ne fut pas tant le fait d'en tenir, qu'il la mettait dans un tel état de surprise, mais plutôt le fait qu'elles avaient été donné volontairement. Pour ce qui devait être certainement la première fois de sa vie, la jeune truande se retrouvait avec un don entre ses mains. D'ordinaire, elle se contentait de prendre sans l'accord de ses victimes, car là était le principe d'un vol. De plus, il était extrêmement rare que l'on donne quoi que ce soit à une jeune femme semblant en bonne santé comme elle... On offrait de l'argent à des infirmes ou des enfants, mais dans le cas de Laura... Elle se portait relativement bien, malgré son alimentation guère généreuse. En fin de compte, il lui suffisait d'enlever toute cette crasse accumulée sur sa peau et d'arranger sa tenue pour en faire une jeune femme convenable. Elle n'avait peut-être pas appris tout ce qu'une femme de ce monde doit savoir, mais elle connaissait néanmoins quelques bases qui suffisaient à faire d'elle quelqu'un de potable. Si l'on mettait de côté son incroyable manie de ne recevoir aucun conseils, ou du moins de les appliquer...

Un élan de fierté la gagna néanmoins. Certes, le geste de la noble était appréciable, mais en fin de compte, ne faisait-elle point cela pour être débarrasser une bonne fois pour toute de cette enquiquineuse de service qu'était Laura ? Cette dernière fronça les sourcils, et d'un mouvement bien trop insolent, attrapa sa main pour y déposer les pièces si gentiment données.


-Je ne veux pas de votre pitié. Déclara-t-elle, presque dure.

Elle était peut-être pauvre, mais elle n'avait pas besoin que l'on apitoie sur son sort. Pour dire la vérité, elle n'aimait pas ce genre de chose, se sentant faible, comme rabaissée, ce qui était complètement stupide en soi. Depuis toujours, la demoiselle Zirrafon savait se débrouiller, et avait apprit à vivre dans cette jungle qu'était Paris, ou seuls les plus forts réussissaient à vivre. Quant à sa famille...


-Mon frère et moi savons nous débrouiller... Et le foulard que vous m'avez laissé suffira amplement. Adieu.

Le visage sévère, Laura se retourna, mains dans les poches, avant de disparaître telle une ombre dans la rue bombée de monde.


THE END
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