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 Une royale rencontre [PV Louis XIV ^^]


Mer 10 Avr - 10:29

Comme tous les jours, la Reine avait exigé qu'on la laisse seule pour la visite quotidienne de son royal époux, qui avait lieu après l'heure du déjeuné et avant celle de la chasse. Bien souvent d'ailleurs, le roi visitait par après sa favorite, la douce Louise de la Vallière. Les dames de compagnie de la Reine profitaient alors de ces instants de répit pour aller se changer et vaquer à diverses occupations comme des promenades, des lectures, des jeux et toutes les choses qu'elles pouvaient avoir à faire dans leurs quartiers privés.

Athénaïs était ravie de pouvoir prendre l'air. La matinée lui avait semblée bien longue. La Comtesse de Soissons étant malade et alitée, elle avait dû, avec la Duchesse de la Vallière, se charger du lever de la Reine, qui alors s'était trouvée bien grognon de voir en ouvrant les yeux la figure de la maîtresse de son mari. L'espagnole avait donc été de bien méchante humeur les heures qui suivirent, et bien que tout eut été mis en oeuvre pour l'égayer, rien n'y fit. Aussi les dames comptèrent beaucoup sur la visite du Roy pour arranger un peu les choses, afin que le temps passe un peu plus vite jusqu'au soir.

La marquise avait rapidement regagné sa chambre, avait changé de robe après avoir soupiré de devoir toujours porter les mêmes alors que ses "amies" de la chambre de la Reine en avaient à profusion. Qu'elle maudissait son mari d'être un fieffé joueur de cartes et autres jeux ruineux auxquels il perdait toujours! Elle devait se débrouiller pour que ses tenues ne se ressemblent pas, parfois même elle empruntait des robes à sa soeur Gabrielle, ou tâchait d'inverser les dentelles des unes et des autres. Il ne lui restait plus beaucoup de broches à épingler, et bien que sa conversation parviennent à distraire l'auditoire de ce qu'elle portait, les gens ne seraient plus dupes bien longtemps.

Mais pas question de s'affliger outre mesure, la journée avait suffisamment mal commencé. La marquise se disait qu'il ne tenait qu'à elle qu'elle se termina mieux. Il fallait donc s'aérer l'esprit. Elle entreprit donc de sortir aux alentours du château. Elle portait à présent une robe bleue, d'un bleu marine agrémenté de dentelles champagne et d'un camée positionné au milieu du bustier. Par dessus tout cela une cape marron foncé ornée de fourrure beige et un manchon assorti, qui lui avait été offert par son père. Fin prête pour son escapade, Athénaïs sortit.

Elle ne fut pas plus tôt arrivée dans la cour intérieure qu'une rencontre inattendue la surprit: le Roy en personne était là et marchait en sens inverse, en sa direction en somme. Aussitôt qu'elle le reconnut, la marquise plongea dans une révérence et resta ainsi penchée jusqu'à ce que le monarque arriva à sa hauteur. L'étiquette voulait qu'elle reste ainsi jusqu'à ce qu'il soit passé, ou qu'il se soit arrêté pour lui dire de se relever. Pas question d'ouvrir la bouche avant que le Roy n'ait parlé le premier. Alors qu'elle attendait que ses pas se rapprochent, des questions fusèrent alors dans sa tête. Que faisait-il ici à cette heure? Ne devait-il pas être avec la Reine? Sa visite s'était-elle écourtée suite à la mauvaise humeur de l'espagnole? Ou était-il en retard? Le roy en retard? Certes non! En tous les cas, cette rencontre n'aurait, en temps normal, pas dû avoir lieu.
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Mer 24 Avr - 18:05

    Il y a bien longtemps, un temps où le Palais des Rois était encore sa demeure, une demeure froide et sombre, obscure, ingrate, terrifiante d'archaïsme et de médiévisme, Louis s'était juré qu'il serait en tout temps et en tous lieux l'exemple même de la plus parfaite politesse, l'incarnation parfaite de la courtoisie. On ne pouvait atteindre un homme qui restait courtois et digne, ou du moins sitôt que cela était fait on apparaissait comme l'homme le plus grossier et rustre de la création. Imposer le respect par celui que l'on portait aux autres était un piège élémentaire de la cour. Si l'on ne se présentait pas de cette manière, tout était perdu, dévoré, vous étiez une erreur. Une erreur destructrice de toute civilisation et urbanité, un être donc dont il ne fallait tirer aucune considération.
    D'autant plus que cela l'obligeait à conserver une maîtrise de soi qu'il n'avait plus à parfaire depuis de nombreuses années, bien qu'il eut pensé briser son credo à une ou deux reprises.
    Aujourd'hui fut le jour d'une de ces rares occasions.
    Pourtant Dieu savait combien il avait de patience, pas aussi infinie que la Sienne mais par moment le monarque devait certainement s'en approcher dans de fugaces instants. En particulier lorsqu'il s'agissait de la gente féminine.
    Les hommes pouvaient avoir ces attitudes rudes et bourrues que Louis ne se permettaient pas, mais qui allaient droit au but... Les femmes... Les femmes !
    Louis se faisait un devoir de rendre visite chaque jour à son épouse. C'était comme son devoir de Roi, il n'y dérogerait pas, même s'il en éprouvait une profonde envie. Voilà pourquoi chaque nuit après avoir donné et reçu l'amour, se rendait-il chez son épouse pour accomplir ses devoirs d'époux. N'était-ce pas suffisamment de considération ?


    -"Je n'en puis plus de cette atmosphère sourde et timorée..."


    La voix grondante de la Reine roulait des accents de son pays alors qu'elle lui parlait un espagnol rapide et fluide que, malheureusement, il ne comprenait que trop.


    -"Je suis seule ici, personne ne vient me visiter."

    Le Roi restait debout, silencieux, les mains croisées dans son dos, le regard imperturbable et lointain. En posant ses yeux bleus sombres sur son épouse, il répondit d'une voix égale et d'un espagnol parfait.

    - "Peut-être Madame qu'en faisant salon et en conviant une compagnie qui vous serait agréable..."
    - "Vous ne comprenez pas."


    Il pinça les lèvres, fronça légèrement les sourcils en regardant de nouveau par la fenêtre. Bien sur qu'il comprenait c'était pour cela qu'il évitait le sujet.


    - "Vous me négligez Louis."
    - "Ne suis-je pas présentement avec vous Madame..."
    - "Et je vous en remercie mais vous soupirez pour une autre. Vous me délaissez pour cette femme, cette p..."


    Le regard glacial et pesant qui s'était tourné vers elle coupa Marie-Thérèse dans son élan qui eut été fatal. Elle pinça les lèvres, sans pour autant baisser les yeux. Elle aussi était fille de Roi, avait un sang de la plus pure noblesse dans les veines. Elle savait reconnaître l'autorité de son époux, tout en lui montrant sa désapprobation, et qu'on ne trompait pas impunément une espagnole aussi fière et digne qu'elle.
    Louis reporta son attention sur les jardins, nonchalant. La Reine ne savait pas la moitié de ce qu'il lui dissimulait et cette conversation lui pesait déjà. A peine était-il arrivé qu'il avait perçu sa mauvaise humeur. Il n'était pas venu pour disputer de sa maîtresse avec son épouse... D'autant plus que Louise ces derniers temps...
    Le Roi inspira profondément en détaillant la vue qu'il avait du Petit Jardin de la Reine, cette dernière conservant un silence respectueux et rageur.


    - "Si nos visites vous importune Madame, nous pouvons les rendre plus éparses," dit le Roi d'un ton lent et mesuré.
    - "Votre Majesté est bien plus fine que cela et sait parfaitement que je ne le souhaite pas. Je vous demande de ne pas m'oublier, moi qui suis votre épouse légitime et la mère de votre fils et héritier !"


    Le souverain plissa les yeux. La Reine sentait bien qu'elle irritait son époux, le regard intense qui perçait son cœur le lui montrait assez.


    - "Je n'oublie rien..."


    Il s'avança vers elle, prit doucement sa main pour y déposer un baiser courtois.


    - Et je vous souhaite une douce après-dîner Madame, glissa-t-il d'une voix blanche et française.

    Elle voyait pourtant sa colère contenue dans ses yeux sombres. Elle savait qu'il raccourcissait sa visite parce qu'elle l'avait contrarié.

    Voilà qu'il arrivait dans la cour, sa cravache claquait sèchement contre sa botte, seul signe de son irritation.
    Son regard ne s'arrêta pas immédiatement sur la jeune femme qui venait à sa rencontre, puis il reconnut Athénaïs de Montespan. Il dissimula son mécontentement, la marquise n'ayant ni son amitié, ni sa sympathie, contrairement à son frère aîné. Il comprenait d'ailleurs avec difficulté comment une femme aussi bigote pouvait être la sœur du si libertin Vivonne... Il devait penser à le lui demander la prochaine fois qu'il le verrait.
    Il inclina légèrement la tête en portant galamment la main à son couvre-chef, et allait dépasser la jeune femme sans autre considération.
    Pourtant... Sa démarche se ralentit, il finit par s'arrêter. Il réfléchissait. Le Roi se retourna vers Athénaïs, la regarda un instant. Louis avait la réputation d'être d'une lenteur affectée, de faire attendre ses réponses depuis ses plus jeunes années. Aux premiers âges, on l'avait pris pour un benêt, maintenant on s'en était mordu les doigts et on savait que c'était pour une toute autre raison.


    - Puis-je vous demander, Madame, où comptiez-vous vous rendre en pareil équipage. Une promenade ne semble pas être des plus appropriées alors que la Reine a vraisemblablement besoin de vos services... dès à présent...


    Il savait bien que sa visite avait été bien plus courte qu'à son accoutumée, mais quitte à ce qu'il retrouve son épouse le soir même, autant qu'il la retrouve de meilleure humeur. Et autre malheur de sa journée, il n'ignorait pas l'amitié que portait la Reine à la jeune Marquise de Montespan.
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Jeu 25 Avr - 1:23

La marquise ainsi inclinée, et bien avant que le roy ne fut à sa hauteur, pouvait entendre la cravache claquer contre la botte de son propriétaire au rythme de sa marche, ce qui augmentait également le rythme de ses pulsations cardiaques. Qu'allait-il penser de la voir ainsi seule au milieu de la cour du château? Après tout, rien n'interdisait de s'y rendre en son temps libre, mais il était toujours étrange de trouver une dame de la maison de la reine ainsi esseulée.

Athénaïs entendait à présent distinctement les pas du roy, il était certain désormais qu'il était à sa portée. D'ailleurs, les sons s'espacèrent. Il avait ralentit, puis finalement s'était arrêté. La marquise retint alors sa respiration. Allait-il lui parler? Qu'allait-il lui dire? Lui parlerait-il de la reine, qu'il avait soit vue, soit qu'il verrait instamment? Ou encore lui demanderait-il des nouvelles de sa favorite? Elle n'eut point le temps de se poser d'avantage de questions, que la voix du monarque se fit entendre. Cette voix avait tant de charisme, tant de prestance, à l'image de celui qui la produisait. Et en plus il lui faisait des reproches... La reine avait besoin de ses services? Mais décidément cette espagnole ne saurait jamais ce qu'elle voudrait! Si ce n'eut pas été le roy, Athénaïs aurait pesté contre cette réflexion qui lui était lancée en pleine figure alors que véritablement, elle n'y pouvait rien!

Bref, le roy avait parlé, la marquise pouvait donc se défaire de sa position inconfortable de révérence. Elle se redressa donc lentement et gracieusement, tout comme une dame de son rang le devait. Son visage ne tarda pas à être visible du monarque. Un visage doux, à la douce pâleur relevée par le rose de ses joues et de ses lèvres, et l'azur de ses yeux.


-Sire, si je puis me permettre, Sa Majesté la reine nous a clairement mandé, à la comtesse de Soissons, moi-même et toute sa maison, le souhait de ne nous plus voir jusqu'à demain. Pensant Son Altesse toute à son aise, j'ai cru bon de m'en aller en ville faire quelques emplettes pour l'égayer demain matin de quelque ouvrage que j'aurais trouvé pour son plaisir. Sa Majesté goûte de plus en plus les fables du sieur de la Fontaine et s'en amuse, aussi ai-je pensé lui en ramener le recueil.

La reine n'entendait goutte aux fables de la Fontaine ou tout autre subtilité écrite par une plume française, mais Athénaïs s'était fait un devoir et palier les lacunes de sa souveraine dont le français, décidément, était fort médiocre pour une dame de sa qualité. Elle savait par ailleurs que cela désolait le roy, aussi imaginait-elle se faire bien voir de lui par ce procédé. Il fallait bien rattraper ce que son époux ne parvenait à faire...

-Nonobstant, si Votre Majesté souhaite que j'aille dès à présent retrouver Son Altesse, j'y courrai promptement.

En son for intérieur, la marquise priait pour que le roy change d'avis et juge que si la reine avait ordonné qu'on la laissât seule, il ne fallait point y déroger. Si elle l'avait quittée d'une humeur de dogue, et que le monarque lui même avait écourté sa visite, c'était vraisemblablement que Marie-Thérèse était encore plus détestable à présent qu'au moment de quitter ses dames... Et que pourrait y faire Athénaïs à elle seule? Elle avait beau lui conter mille farces, elle n'y entendait que la moitié, se souciait peu des ragots, et comme il fallait au maximum lui cacher que son mari la trompait à tout-va bien qu'elle en fut consciente, il y avait peu matière à la faire rire. Elle ne s'amusait que de ses nains et bonnes espagnols, alors que pourtant elle aurait dû se faire un devoir depuis déjà longtemps de maîtriser à la perfection la langue du pays dont elle était devenue la reine.

Se voyant déjà désespérée de devoir retrouver la reine qu'elle avait eu tant de joie à quitter, Athénaïs remarqua que la lumière de la cour s'assombrit. En effet, de gros nuages gris avait obscurci le ciel. Maudit soit ce mois de février avec son froid, son vent, ses pluies. On ne pouvait jurer de rien en matière de météorologie en cette saison. Etait-ce le signe que le courroux du Soleil allait se déclencher? Ou simple coïncidence? Athénaïs tremblait de se voir réprimandée par le roy pour une faute qu'elle n'avait assurément pas commise. Ce serait alors un grand malheur que de se faire mal voir par cet être illustre.
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Mer 24 Juil - 1:52


    Le Roi baissait nonchalamment ses yeux sombres et suivit l'ascension de la fraîche, mais couverte, dame.
    Dommage... C'était bien la seule chose appréciable chez elle. Si le Roi reconnaissait en son for intérieur que la Marquise de Montespan fut fort agréable à regarder c'était là l'une des rares, voire seule, qualités qu'il daignait lui accorder.
    Il fallait véritablement que Dieu se mêlât de cette histoire pour que le sort soit aussi impitoyable contre lui.
    Fallait-il donc que non content d'être la sœur de son cher Vivonne, elle se sentit obligée d'être l'amie de son épouse ET de son amante. Ayant entendu certains discours fort pieux, bigots même au goût du monarque, sortir des charmantes lèvres de la Marquise, Louis soupçonnait la précieuse femme d'avoir alimenté dans l'esprit de Louise certains regrets, certaines culpabilités qui avait rongé le visage de la jeune femme, avait gangrené l'amour qu'il lui portait. Il tenait aussi la Montespan pour responsable d'un autre point qui n'était pas étranger à cette tension désagréable de ce jour d'hui. Si Athénaïs ne s'était pas mise en tête d'apprendre le français à la Reine, jamais cette dernière ne serait sortie de sa mélancolique et espagnole insouciance. Et lui serait resté en paix et libre de faire selon son bon plaisir. Il était vrai qu'il avait d'abord regretté que la Reine ne sache pas un mot de Français... Puis il s'en était fort accommodé.
    Louis pinçait déjà les lèvres en regardant Athénaïs mais l'aurait fait si cela n'avait pas été le cas. En l'observant il constatait qu'elle ne démentait pas une autre de ses relations... Son amitié avec Monsieur. Sa tenue était impeccable, la mettait en valeur. Bref, connaissant son frère celui-ci se serait extasié.
    Il retint un soupir.
    Louise, Marie-Thérèse, Vivonne, Philippe... Seul contre tous, comme bien souvent.
    Mais lui avait toujours le dernier mot.
    Il la regarda d'un air sévère, l'écoutait néanmoins poliment, calmement, froidement. Sa discussion avec son épouse l'avait rendu d'une humeur peu clémente. Pourquoi les femmes devaient-elles être un tel fardeau ?... Un si délicieux fardeau.
    Il la regardait de ses yeux sombre d'orage.


    - Bien que Colbert condamne La Fontaine Nous ne l'approuvons pas sur cette voie. A l'avenir il serait pourtant appréciable que vous ne "croyez plus bon" le fait de quitter la Reine alors qu'elle vous congédie sur un accès de sang que vous lui savez bouillonnant. Préférez donc envoyer un valet faire... vos "emplettes" et restez à la disposition de Sa Majesté en demeurant au château.

    Le choix d'un mot en particulier n'avait pas été anodin. Ce n'était pas là le rôle d'une Dame, encore moins celui d'une Dame de Compagnie de son épouse. Foutre si toutes les femmes quittaient le navires comme des rats lors d'un naufrage à la moindre étincelle, qui se chargerait de Marie-Thérèse ? Lui ? Lorsqu'il la retrouverait le soir ou au début du jour ? Certainement pas ! Et ce n'était pas non plus à lui de faire de telles leçons à Athénaïs qui avait reçu l'éducation appropriée.
    Il leva légèrement le regard vers ces nuages changeants de Février qui tiraient derrière eux le mois de Mars... La noirceur de la voûte céleste l'irrita. Comment chasser dans de telles conditions ? Peut-être était-ce le signe d'une désapprobation du ciel...
    A nouveau il retint un soupir, regarda la jeune femme.


    - Néanmoins, reprit-il lentement en la regardant, je ne vois pas l'intérêt de vous renvoyer auprès de mon épouse. Selon toutes vraisemblances cela ne fera que vous mettre dans une situation des plus désagréables... Jouissez de votre temps comme vous l'entendez à présent.

    Lui visiblement ne le pourrait pas... Ils n'allaient pas prendre le risque de se retrouver pris sous la pluie, voire l'orage. Il garda le silence un instant avant de baisser de nouveau son regard vers elle.


    - Madame, dit-il calmement, Nous ne blâmons point votre intention qui est fort louable et tout à l'honneur de votre zèle et de votre dévotion pour la Reine, sachez-le.

    Louis s'en mordait les doigts. Marie-Thérèse s'était prise d'une grande affection pour la Montespan pour une raison qui lui restait inconnue... Ou peut-être qu'il refusait de voir.


[Je suis vraiment désolée de t'avoir tellement attendre... ça m'a tellement frustrée de perdre la rep que je t'avais faite. Enfin bon j'ai pas vraiment d'excuse mais j'espère que ça te va ^^]


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Ven 9 Aoû - 14:50


Si le Roy n'haussait guère le ton et si son discours se voulait calme, son regard trahissait le courroux qu'il ne montrait guère oralement. Si Athénaïs ne regardait pas Sa Majesté dans les yeux, comme le voulait la coutume, elle sentait pourtant le poids des reproches dans les iris royaux. Et les mots ne tardèrent pas à lui confirmer cette impression.
Tâchant de dissimuler son malaise face à cette situation embarrassante, la marquise se montrait aussi désolée qu'elle pouvait l'être, d'autant qu'elle sentait tomber l'ordre de retourner auprès de la Reine, ce qui était bien loin de l'enchanter. Mais qu'avait le souverain contre elle, à la fin? Lui qui se montrait toujours si galant avec les dames de la Cour, toujours si posé, elle avait pourtant l'impression qu'en sa présence, l'attitude du Soleil changeait. Et aujourd'hui pis encore. C'était sans doute le fait qu'il avait passé un mauvais moment avec sa royale épouse, ou que Louise n'était pas avec elle. A la première réponse du Roy, qui lui rappelait on-ne-pouvait mieux qu'elle n'aurait pas dû avoir l'intention de sortir de l'enceinte du château au risque de ne pouvoir rejoindre la Reine si celle-ci en avait eu l'envie, Athénaïs inclina docilement la tête.


-Oui Sire. Je vous demande humblement pardon pour cette erreur.

Ah, qu'elle détestait devoir se mettre ainsi à plat-ventre. Elle aurait bien aimé lui retourner une phrase cinglante au visage, une de celles dont elle avait le secret... Mais cet homme n'était pas n'importer qui, ce n'"était pas son frère ni un courtisan... A son tour, elle retint un soupir d'exaspération. Si Louise était moins fade et plus intelligente, elle aurait pu manœuvrer en la faveur de ses consœurs auprès du Roy, faisant en sorte de rendre la Reine moins insupportable. La favorite en titre aurait bien des raisons de le faire puisque Marie-Thérèse ne supportait plus Louise et ne se gênait pas pour la traiter de "puta" devant les dames. Athénaïs avait honte pour elle, mais pas du fait qu'elle se faisait insulter par la reine, mais plutôt qu'elle n'eut pas assez de tempérament pour trouver un moyen de se défendre. C'était pathétique.

La marquise attendait donc le fatal ordre de retourner auprès de l'espagnole, lorsque contre toute attente, le Roy fut pris d'une certaine clémence et l'autorisa à n'y point aller. Cette fois, la jeune femme dut retenir un grand sourire de satisfaction, et se contente d'hocher encore une fois la tête, avec un léger sourire en coin qui lui donnait un certain charme. Elle ne put cependant pas dissimuler la lueur de joie dans ses yeux. Après tout, si les yeux sont le reflet de l'âme, on n'éteint son âme qu'en mourant et la marquise n'était pas pressée de ce coté-là.


-Je vous remercie, votre Majesté.

Elle ne tarda pas à sentir à nouveau le regard du Roy sur elle. Athénaïs se redressa alors, se risquant à poser ses iris azur sur le visage divin du monarque. Voici qu'à présent il reconnaissait ses bonnes intentions pour la Reine. Ouf, il ne lui tiendrait pas rigueur de sa soit-disant erreur. Voilà qui était rassurant. Elle avait déjà "eu chaud" à cause de l'histoire avec Madame, alors mieux valait qu'elle se fasse oublier un moment. Elle sourit poliment à la gentille phrase du Roy, première de cette entrevue.

-Merci, Sire... J'agirai toujours dans l'intérêt de Sa Majesté.
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Ven 4 Oct - 12:21

    [Remercie Mozart pour m'avoir donné l'inspiration x3]

    Louis observait donc toujours Athénaïs. Il éprouvait un sentiment insidieusement agréable à l'observer se baisser ainsi plus bas que terre et à implorer son pardon. Il avait souvent vu la nature fière d'Athénaïs se moquer ouvertement de plus haut rang qu'elle-même, il l'avait entendu rire de maladresse ou bien condamner plus pêcheur qu'elle.
    Quelque part il éprouvait une sorte de vengeance personnelle à la voire ainsi, pour avoir tourmenté Louise... Et ainsi pour l'avoir tourmenté lui-même.
    Il se mentirait s'il ne reconnaissait pas éprouver une certaine satisfaction à chaque fois qu'il affirmait son pouvoir et qu'il en voyait les effets. Bien sûr cela était relativement limité, après tout c'était une réaction légitime et même naturelle... Il était le Roi, par la grâce de Dieu dont il était le Lieutenant sur terre.
    Quoique naturel... Louis repensait à la Fronde à tout ce qui s'en était suivit, tous les sacrifices, ceux de sa mère et Mazarin, de son père, son grand-père et tous ses prédécesseurs. Offrandes qu'ils avaient dédiées aux Mânes de l'Histoire. Il était l'héritier de ces sacrifices, de ces espoirs, de ce sang, de ces fumées qui s'étaient élevées vers le ciel portant la détermination de ceux qui avaient formé le plus beau Royaume qu'y eut jamais existé sur Terre.
    Certes le sourire et la docilité d'Athénaïs résultait de sa force propre, sa force à lui, à l'homme qu'il était et qu'il avait transcendé dans l'idée qu'il représentait et qu'il incarnait maintenant et pour les Siècles des Siècles. Pourtant il n'oubliait pas que sans eux, sans leur force passée... Il ne serait rien de tout cela aujourd'hui. Un filet de fumée évanouit dans le vent. Un humain.

    Il vit la surprise, puis le clair soulagement parcourir le visage de la Marquise, sa retenue qui pinça légèrement ses lèvres dans une moue charm...
    Il releva le menton en regardant de côté, le regard impassible, éloignant l'écart fugace qui s'était produit dans son esprit. Après s'être reprit il regarda la jeune femme en silence, hocha sobrement la tête pour accueillir ses remerciements.
    Elle se redressa face à lui, la laissa reprendre son souffle, reprendre contenance aussi. Son visage déconfit ne lui avait pas échappé. Peut-être n'aurait-il pas dû écouter les mauvais augures du ciel. Peut-être que ce n'était pas pour lui finalement.
    Il fallait savoir lire et interpréter les signes du Ciel si l'on voulait se prétendre désigné par le Tout-Puissant... Il devrait néanmoins prendre garde à ce que cela ne devienne pas de la superstition comme son épouse.

    Il regarda la jeune Marquise de nouveau, hocha légèrement la tête.


    -Nous n'en doutons pas Madame, c'est pour cela que Nous ne nous permettrons pas de vous faire la leçon plus longuement.


    C'était désormais à la Marquise de Montespan de bien daigner se souvenir de cela, de se rappeler sa place et les libertés qui ne lui étaient pas permises pour une personne de son rang et de sa condition.
    Il leva légèrement les cieux pour observer les nuages qui défilaient au dessus de la Cour Intérieur du Château.
    Ses yeux sombres comme la mer revinrent sur le visage de la Marquise. Pourquoi s'était-elle fourrée avec ce fou de Montespan... Alors que son joli visage et son héritage lui aurait ouvert des portes autrement plus glorieuse... Mille fois plus glorieuse.


    -J'ai appris que vous étiez présente lors du Bal du Palais-Royal...


    Ses yeux se plissèrent légèrement, il n'aimait pas évoquer cela. Pourtant c'était de son devoir de Roi, sa courtoisie de gentilhomme que de s'enquérir de la Dame de Montespan...


    -J'ose espérer que vous n'avez pas subit de perte... Trop grave.


    Il avait lu les rapports, il savait que la Marquise comptait au nombre des victimes. Peut-être qu'en s'inquiétant pour son amie, la Reine se trouverait moins amère, moins sombre... Et le laisserait en paix un tant soit peu.

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Ven 4 Oct - 13:36


Si le ciel ne daignait pas s'éclaircir de l'extérieur, il semblait à Athénaïs que de l'intérieur tout s'apaisait. Le roy semblait à présent d'une humeur plus clémente, et pour la première fois depuis qu'elle le croisait, il lui semblait qu'elle ne l'agaçait plus comme ce put être le cas auparavant, lorsque par exemple Monsieur était là. Celui-ci lui avait d'ailleurs expliqué que trop d'esprit chez les femme avait tendance à exaspérer le royal aîné. Mais la marquise était ainsi et ne comptait pas changer qui elle était. Il suffisait de ne point trop en dire devant le roy, à l'image de son insipide favorite qui parfois se montrait muette pendant des heures. Athénaïs se demandait bien où les songes de Louise pouvaient l'emmener. Bref, on ne pouvait changer ce que l'on était au fond de soi. Louise aimait à rêvasser et ne point blesser les autres en disant trop nettement ce qu'elle pensait, la marquise quant à elle pensait ce qu'elle disait et disait ce qu'elle pensait, tâchant de tourner en dérision les vérités un peu trop blessantes. La plupart des personnes de son auditoire trouvait cela amusant, et mieux valait se faire remarquer par son don d'éloquence et de perspicacité que par son illustre absence de répartie. C'était du moins son point de vue, et celui des Mortemart en général.

Le roy venait de lui épargner une suite de leçon de morale, et Athénaïs en remercia le ciel, car à défaut de la mettre mal à l'aise à cause du contenu, elle aurait bien eu du mal à se contenir de le point rétorquer. Pourtant il le fallait, il était le roy et avait tous les droits, même celui de l'ennuyer à mourir. Ce n'était peut-être que justice pour l'avoir, sans le vouloir, ennuyé par trop de paroles une précédente fois où, par politesse sans doute, il ne s'était pas éclipsé? Bref, Sa majesté lui faisait grâce de toute remontrance supplémentaire pour lui parler d'un sujet tout aussi fâcheux: le bal de Monsieur. Ce fichu bal masqué où tous ces vols avaient été commis. En cet instant, la marquise aurait largement préféré recevoir toutes les leçons de morale de la Terre, fussent-elles données par Bossuet en personne. Malgré cette forte impression, le sol ne se dérobait pas sous les petits pieds de la marquise. Non, il lui semblait juste qu'un effort surhumain lui était demandé pour garder son calme, tacher de respirer calmement, ne point rougir et surtout, mentir le mieux possible. Mentir au roy, voilà un exercice des plus délicats. Il était impossible de détourner le sujet, il n'y avait pas d'autre alternative que de répondre avec le plus d'assurance possible.


-En effet, Sire, j'y étais, comment aurais-je pu refuser pareille invitation? commença-t-elle avec un petit sourire.

Sourire, oui, c'était le maître-mot. Ne pas montrer sa gêne, ne rien faire paraître de ses craintes, simplement afficher un sourire de circonstance, sans la moindre émotion. Plus facile à dire qu'à faire, mais c'était là l'exercice quotidien à la Cour, on croisait toujours quelqu'un à qui il fallait cacher quelque chose, après tout. La marquise détourna une seconde son regard de l'auguste être qui se trouvait face à elle, louchant sur le sol pavé derrière lui, avant de le regarder à nouveau, comme après avoir repris des forces. Elle se souvint de ce qu'elle avait déclaré à chaud à l'homme d'armes qui commençait l'enquête le soir-même. Un bracelet de perles, voilà ce qui lui aurait été dérobé. Cela lui avait semblé être l'excuse parfaite, après tout, toutes les dames de la Cour en possédaient un, et si la police retrouvait un jour le butin, il y avait fort à parier que nombre de ces sortes de bijoux à la mode y figurerait.

-Rien de bien grave, non, Sire, simplement un bracelet de perles. Je puis aisément m'en passer, même si je me sens la dernière des sottes de m'être ainsi faite dépouiller d'un bijoux que je portais.

Athénaïs n'avait pas eu le temps de parler au Prince après les méfaits accomplis, elle avait été interrogée avec Stefano et avait ensuite quitté la salle de bal. Elle n'avait pas pu le revoir depuis, impossible de savoir dans quel état il se trouvait. Elle l'avait aperçu fou de rage juste après qu'il s'aperçut de ce qui lui manquait. Mais elle ne savait pas de quoi il s'agissait. Il fallait dire qu'elle avait bien d'autres chats à fouetter à présent, avec ce vile anglois qui la tourmentait. Mais il ne fallait pas y penser, pas devant le roy qui semblait, d'un simple regard, pouvoir percer à jour n'importe qui par un simple regard. Pour l'heure, elle était plutôt satisfaite de son interprétation d'une version d'elle-même peu touchée par le vol qu'elle avait subi. Restait à savoir si Louis le serait aussi. Histoire de ne plus être le centre de la conversation, Athénaïs décida de l'orienter différemment, du moins, d'émettre une tentative.

-Si je puis me permettre, je suis inquiète pour Monsieur. Je n'ai point osé l'aller voir depuis ce terrible événement.

Une manière sous-entendue de demander de ses nouvelles. Sans doute que le roy avait revu son frère depuis et qu'il saurait lui donner des nouvelles. Le pauvre Philippe devait être dans tous ses états, Athénaïs le connaissait bien et savait la sensibilité dont il était capable. Subir un tel affront lors d'un événement organisé par ses soins, si peu de temps après la décès de sa mère l'avait probablement fort abattu.
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Une royale rencontre [PV Louis XIV ^^]

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