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 Si j'avais su qu'en allant au Marché je ferais cette rencontre...[PV : Ian Wilhood]


Mar 16 Avr - 19:13

"Très Cher Père"... non ce n'est pas cela. "Cher Père" Non, je refuse de commencer ce courrier ainsi, je ressens toujours cette rancoeur contre lui et je ne peux rester aimable envers cet homme qui ne m'a jamais rien apporté de bon dans la vie. Je suis dans mes appartements situés dans le Château de Saint Germain en Laye, devant mon secrétaire et je m'escrime à tenter de trouver une tournure acceptable pour la missive que je suis en train de rédiger et qui est à destination de mon père. Après avoir écouté les conseils de ma chère Athénaïs et y avoir bien réfléchi pendant que j'étais à Saint Cloud, j'ai décidé d'aller à l'enterrement de ma mère, bravant l'interdit de mon père. J'ai même une furieuse envie de lui donner cette lettre en main propre, le jour des funérailles. Je n'ai pas peur de l'esclandre qu'il pourrait faire, car il n'en fera pas, par respect pour ma mère, cependant, je peux m'attendre à un flot d'injures et peut-être même de calomnies de sa part par la suite. Peu m'importe, il pourra dire ce qu'il veut, nul ne m'empêchera de rendre un dernier hommage à ma mère, elle le mérite, après tout ce qu'elle a fait pour moi, de plus, je sais qu'il ne me déshéritera pas, d'abord parce qu'il n'a plus beaucoup d'argent, donc même s'il le faisait je ne serais pas trop pénalisé, de plus, s'il lui prenait l'envie de me renier, il y réfléchirait à deux fois, d'une part, renier son enfant parce qu'il est allé à l'enterrement de sa mère, cela ne se fait pas, de plus, je suis son seul enfant et il est bien trop âgé pour en concevoir un autre et comme il souhaite voir son nom de famille perdurer, il n'a pas vraiment le choix.

La petite horloge posée sur la cheminée de marbre sonnait quinze heures, il était temps pour moi de prendre un peu l'air. Même si le ciel était gris, la pluie semblait nous laisser un peu de répit. Je décidais donc d'aller faire un tour sur le marché à Paris, à cheval j'en avais au moins pour une heure de route, mais peu importe. Je rangeais donc ma feuille et sortais de la pièce pour me diriger vers les écuries, je fis apprêter un cheval et montais dessus. Une fois que je fus hors de la Cour intérieure, je galopais à brides abattues vers la ville. J'aimais cette sensation que faisait le vent sur mon visage. Depuis tout petit, j'avais toujours adoré l'équitation, peut-être était-ce pour cela que mon premier amant a été le fils de notre palefrenier, c'était lui que je voyais le plus souvent après tout.

Au bout d'une bonne heure de route, j'arrivais en vue des étals du marché. Je n'étais pas vraiment un amoureux des emplettes, mais j'avais acheté une médaille que je comptais mettre autour de mon cou en souvenir de ma mère. Je sais, cela peut paraître sot, mais lorsque je l'ai quitté, j'avais quatorze ans et je ne l'ai plus revu depuis, alors j'avais envie d'avoir sur moi quelque chose qui me la rappellerait. Sur le médaillon il y a une orchidée, ses fleurs préférées. J'étais certain de retrouver le marchand puisqu'il devait graver une inscription sur le médaillon, à ma demande, puis je lui avais dit que je repasserais aujourd'hui chercher le bijou. Auparavant, je déambulais parmi les divers commerçants, pour voir si d'aventure, je ne pourrais pas trouver un présent à faire à...à quelqu'un de cher à mon coeur. Mes pas m'emmenèrent inéluctablement vers l'étal du marchand avec qui j'avais rendez-vous. Je me doute bien qu'il voit beaucoup de personnes dans une journée et qu'il n'est pas très aisé pour lui de se remémorer tout le monde. Je me mis donc juste devant lui.


- Bonjour Monsieur, je suis le Marquis d'Effiat et je viens chercher le médaillon que je vous ai commandé l'autre jour.

- Oh oui, bonjour Monsieur le Marquis, je vais chercher votre bijou, je viens justement de le terminer. Si vous voulez bien patienter quelques instants, je reviens.

Sur ces mots, il parti dans une boutique située juste derrière son étal. Tandis que je l'attendais, mes yeux parcouraient rapidement les lieux et s'arrêtèrent sur un homme qui me fixait étrangement. Je ne saurais dire ce qu'il pensait, je n'arrivais pas à déchiffrer son regard, mais je me sentais un peu mal à l'aise. Une chose était certaine, je ne l'avais jamais vu de ma vie, alors pourquoi me regardait-il ainsi ? Je n'étais pas d'un naturel bagarreur, mais je n'aime pas non plus que l'on me fixe sans raison, aussi je fis les quelques pas qui me séparaient de lui et lui adressais la parole.

- Bonjour Monsieur, je peux vous aider peut-être ? J'ai remarqué que vous me fixiez depuis tout à l'heure, vous aurais-je offensé d'une quelconque manière ?
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Dim 21 Avr - 21:31

J'avais passé ma nuit avec Elizabeth, une belle Anglaise que j'avais connu grâce à Maria. Elle était de bonne compagnie et loin d'être vilaine à observer. C'était une de mes seules clientes que j'aimais bien voir, bien que je ne couche pas qu'avec des femmes dénuées de beauté. Sa peau tiède était très agréable, comme la chaleur que créait son corps contre le mien. Avoir une femme dans mes bras était une sensation que j'adorais. Leur présence était apaisante, douce et comblait un vide d'affection que je subissait depuis mon départ de Londres. C'était le petit matin et nous nous levâmes pour nous diriger vers la salle d'eau où nous prîmes un bain durant une petite heure. Je m'installa en premier dans la baignoire et elle vint se poser entre mes jambes. Cette position nous mettait un peu à l'étroit, mais cela ne me gênait en aucun cas.
-What a shame that Maria found you so quickly, dit-elle en me caressant la jambe.
-We probably would have never met my sweet, souris-je en laissant promener mes doigts sur le haut de son corps.
-Hmmm, It's not wrong, but I could have possessed you, répondit-elle en soupirant.
-So that is what life is like

Nous nous rhabillâmes et elle me paya gracieusement, comme à son habitude. Je me dirigeais alors au marché, car j'aimais bien aller retrouver les premiers amis que je me suis fait en France, soit les marchands. De plus je devais parler avec eux d'affaires... car Grégoire m'envoyait prendre des nouvelles régulièrement sur le terrain. L'Araignée aimait bien être au courant de ce qu'il se passait sur son territoire.

Il y avait foule aujourd'hui, mais un détail m'intrigua, enfin, juste une personne que je n'avais jamais vu auparavant. Mon instinct me dit de la suivre le plus discrètement possible et de l’épier. Son visage était beau, ses yeux splendides et ses traits fins. Une légère calvitie commençait à apparaître, ce qui lui donnait du charme en plus, mais il donnait l'impression d'être frêle. Par sa démarche étudiée et ses mimiques, on pouvait voir qu'il était noble.

Arrivé devant l'orfèvre, il commença à parler d'un pendentif et quand il prononça son nom, mon sang ne fit qu'un tour dans tout mon corps. Ainsi j'avais devant moi le fameux homme qui avait laissé mon ami Armand tombé dans une situation que l'on peut nommé de merdique !

***Londres, 13 ans auparavant***

Je me baladais tranquillement dans une petite rue, sans aucun but. Mon esprit était ailleurs car je venais de me disputer pour une énième fois avec mon frère. Alors j'avais pris de quoi acheter une miche de pain, quelques légumes et un bière et me dirigeais vers le marché. Tout à coup, je sentis une main maladroite se faufiler dans ma poche et essayer de soustraire l'argent qui s'y trouvait. Ni une, ni deux, je lui fis une clé de bras et le plaqua contre le mur d'une petite ruelle à l'écart des gens.
-You choose the wrong target, lui dis-je en le tuant du regard. Le jeune homme tenta de baragouiner quelques phrases en Anglais.
-Stop it ! Stop it please ! Gémit-il.
-Why ? Demandais-je, toujours avec un peu d'agressivité dans la voix.
-I just arrive from France and... I lost everything...
-Well, but I don't want to see you again ! And never steal like this or you will not survive for a long time...

Après l'avoir sermoné, je le relâchais. Le Français me regarda droit dans les yeux, avec de la rancoeur.
-Who are you to talk to me like this ? Cria-t-il.
-I'm an hardens thief.
L'étranger baissa la tête, peu fier de son coup.
-Am I so pathetic ?
Je n'osais pas répondre à sa question car cela était évident.
-Bon à rien, je ne suis qu'un bon à rien ! S'exclama le français dans sa langue natale.
Il s'effondra dans mes bras en pleure. Je mis un quart d'heure à le réconforter et il commença à me raconter sa vie. Le pauvre homme me faisait pitié et je le pris alors sous mon aile.

Les mois qui suivirent furent courts car je devais apprendre à Armand comment voler. Toutes les bases, les bonnes choses à savoir, ce qu'il faut ou ne faut pas faire pour être un bon voleur. Nous passions beaucoup de temps ensemble et nous nous racontions nos vie. Il me parlait souvent de la raison de son départ, de la rancœur qu'il avait contre un certain homme qui l'avait abandonné à son triste sort


Antoine d'Effiat, grommelais-je les dents serrées.
Mes traits se tirèrent rien que sous son nom. Je ne pus décoller mes yeux de cet homme qui avait trahi Armand. Puis lorsque le marchand retourna dans sa boutique, il me regarda droit dans les yeux, je n'y vis maintenant plus qu'une personne fourbe, qui profite des autres. Mon regard ne le lâchait toujours pas, si bien que ça devait en être gênant pour lui.

Après un bref instant, il marcha en ma direction. Je ne pouvais pas le fuir, et je ne voulais pas, il allait voir de quel bois je me chauffe... Arrivé devant moi, il commença à me parler doucement, mais sa voix était fourbe à mes oreilles.

-Yes Sir vous le pouvez ! Avant tout j'aimerais une réponse honnête de votre part. Êtes-vous bien Antoine d'Effiat, car si c'est le cas, nous allons devoir nous expliquer, d'une certaine façon..., dis-je d'une façon agressive au possible. Je n'aurais aucun mal à lui mettre une raclée dont il se souviendra longtemps ! J'avançais à mon tour de manière à me démarquer et à montrer que le combat ne m'effrayait pas. Je ferai tout pour récupérer l'honneur de mon amis.
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Mer 1 Mai - 9:37

Tout à l'heure, lorsque j'étais sur mon cheval pour venir ici, je n'avais pas pu m'empêcher de repenser à Armand, mon tendre Armand qui par un sourire réussissait à chasser chaque sombre pensée que je pouvais avoir. Il est des blessures qui ne se referment pas totalement et celle que ma mère me causa le jour où elle m'apprit le départ de mon aimé était de ce genre. Tant que Dieu m'accordera un souffle de vie, je n'oublierais jamais la peine que je ressenti ce jour-là. J'avais de la peine parce que je le perdais, probablement à jamais, mais également, j'étais triste parce que pas une seule fois elle n'avait pensé à ce qu'il pourrait faire en dehors du manoir, elle aurait pu leur écrire une lettre de recommandation à Armand et à son père, mais elle n'en fit rien. J'avais bien essayé de le rechercher par la suite, mais je n'avais que treize ans alors et ne pouvais pas grand-chose et puis l'année suivante, j'entrais dans l'entourage de Monsieur. Ce jour-là je compris que si grande fut ma peine, elle était inévitable, car Armand et moi étions de deux mondes complètement différents et cela n'aurait jamais pu durer. Il n'empêche que j'aurais préféré que notre liaison se termine de manière moins...brutale.

Au jour d'aujourd'hui, la douleur que j'avais ressentie s'est estompée, de même que les sentiments que j'avais eu pour lui. Oh bien sûr, lorsqu'il arrive dans mes pensées, j'ai toujours une grande tendresse à son souvenir et je me demande ce qu'il est devenu, mais je crois que s'il m'arrivait un jour de le croiser, je serais heureux, mais cela ressemblerait plus à la joie que l'on ressent lorsque l'on revoit un ami de longue date qu'un amant ayant énormément compté. Que voulez-vous, je ne peux pas aimer passionnément deux personnes à la fois. J'espère simplement que n'importe où il soit, il est heureux et a bien refait sa vie. C'est tout ce que je lui souhaite. Quelque chose aussi me rend curieux, j'aimerais savoir s'il m'en veut pour ce qu'il s'est passé, me croit-il coupable ? Pense t-il que je n'ai absolument pas bougé le petit doigt pour empêcher ma mère de nous séparer ? Seigneur, s'il croit cela alors il a une bien piètre et bien fausse opinion de moi, si j'avais su ce qui lui arrivait en temps et en heure, probablement que je serais parti avec eux ou bien que j'aurais exercé un chantage sur ma mère pour qu'il reste, oui j'aurais été prêt à tout et ma mère le savait, c'était pour cela qu'elle ne m'avait parlé du renvoi du palefrenier que trois jours après que celui-ci ait eu lieu, Armand et son père étaient déjà loin. Seigneur, ce que j'ai pu la haÏr, j'avais refusé d'adresser la parole à ma mère par la suite, lorsque j'avais quelque chose à lui dire, je passais par les domestiques ou bien je lui écrivais, mais j'estimais qu'elle ne méritait plus d'entendre le son de ma voix. Elle ne l'entendit à nouveau que l'année suivante, lorsque je lui fis mes adieux et parti pour rejoindre la "Cour" de Monsieur. Il y a quelques temps que je lui ai pardonné, malheureusement je n'ai jamais pu le lui dire et elle est morte en pensant probablement que je lui en voulais toujours. C'est là mon seul regret, ne pas avoir pu faire la paix avec elle, car je sais qu'elle m'aimait et aussi cruel que fut pour moi son acte à l'époque, elle l'avait fait pour mon bien.

Tandis que j'attendais le marchand, j'avais repéré un petit bijou que j'aurais bien offert à Stefano, c'était un petit médaillon avec un angelot gravé derrière. Cependant que je regardais ce bijou, je sentais toujours le regard de quelqu'un posé sur moi, j'avais relevé la tête et m'étais dirigé vers l'individu que je n'avais encore jamais vu de ma vie, à moins bien sûr que ma mémoire me fasse défaut. Je lui avais donc demandé si je pouvais l'aider, je lui avais dit que peut-être je l'aurais offensé d'une quelconque manière. La réponse qu'il me fit me surpris, enfin ce n'était pas tant la réponse, mais plutôt le ton qu'il employait, c'était comme s'il m'en voulait pour quelque chose. La question était : qu'avais-je bien pu lui faire pour susciter une telle colère chez lui, j'avais l'impression qu'il allait me tuer dans la seconde. Il ne fallait pas se fier aux apparences, je savais me battre, cependant je préférais toujours le dialogue pour désamorcer une situation, je n'utilisais les coups qu'en dernier ressort. Je ne pu m'empêcher de froncer les sourcils.

- Si fait Monsieur, je suis bien Antoine d'Effiat. A présent que vous connaissez mon identité, pouvez-vous, je vous prie, décliner la vôtre et surtout me dire pourquoi vous semblez si en colère contre moi, parce que je ne me souviens pas vous avoir causé quelque ennui, si c'était le cas, je m'en excuse, mais j'avoue que j'aime bien savoir à qui je m'adresse.

Je n'avais rien demandé que de très légitime, il savait mon nom, je voulais savoir le sien et puis, cela m'éclairerait peut-être sur les raisons de son courroux, quoi que j'en doute parce que si je me réfère à son accent, il doit être Anglais et je n'ai jamais mis un seul pied en Angleterre.
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Sam 25 Mai - 22:45

Je ne m'étais pas du tout attendu à croiser cet fameux homme ici à Paris ! Car si je me souviens bien, mon ami ne m'avait pas parlé de cette ville. Pourtant nous avions épilogué longtemps avec Armand, lors de soirée légèrement arrosée, c'est bien connu, l'alcool fait parler les hommes, non ? Il était pour moi comme un frère, nous avions tout partagé, sauf notre lit, bien que cela ait faillit se passer plusieurs fois... Quelques gestes de tendresses se glissaient dans notre quotidien. Ils s'étaient amusés à se comparer physiquement et s'étaient déjà adonné à des attouchements mutuels, jeu de jeune homme un peu immature, mais cela avait seulement un caractère affectif et amical. Tout au long de son intégration que j'avais en quelque sorte préparée, il me décrivit sa vie. Au fil du temps, je connaissais sa vie aussi bien qu'il connaissait la mienne. Au fur et à mesure, le Français allait mieux physiquement et psychologiquement et les grosses crises de tristesse s'en allèrent. Il apprit rapidement l'Anglais, mais quand j'avais quitté mon pays, il avait toujours cet accent français qui faisait craquer bien des hommes de l'autre côté de la Manche.

Antoine d'Effiat ! Combien de fois avais-je entendu ce nom ? Des dizaines, non des centaines de fois ! Il avait accompagné bon nombre de nos discussions, et aujourd'hui il était en face de moi. J'avais essayé de mettre un visage sur ce prénom, mais j'avais été loin de la réalité. Un seul détail qu'Armand m'avait compté était réel : ses yeux ! Ils étaient de vrais pièges, son regard était malicieux et j'y voyait une personne distante, froide. Peut-être que les dires d'Armand m'influençaient, mais j'en n'avais rien à faire, l'homme qui se trouvait en face de moi était la cause du malheur de celui qui était... avait été mon meilleur ami.

-Why je vous donnerais my name Sir ? Qu'est-ce que j'y gagne ? Dis-je toujours avec un ton non chaland !


La parole n'était pas forcément un bon moyen de régler ses problèmes avec Ian, surtout quand on lui parlait dans un langage qu'il ne comprenait pas forcément. Les tournures de phrase d'Antoine lui faisait penser à la monarchie Anglaise qu'il ne pouvait pas supporter.

-Ahh, yes, riiight, c'est vrai que j'avais oublié que votre mémoire est aussi développée que celle d'un golden fish ! Si je vous dis : problème, France, mesquinerie et lâcheté, à quoi can you bien thinking ?


Je ne lui donnerais pas mon nom, non, il ne le méritait pas ! J'espère pour lui qu'il n'a pas oublié ce qu'il a fait à Armand, à cet homme qui l'avait aimé de tout son être, de tout son coeur. Je ne changerais pas d'attitude envers lui. Comment pouvait-il être aussi culotté? Enfin, la réponse était simple à mes yeux : c'était ce pourri-gaté d'Antoine d'Effiat.

Cet homme n'allait pas s'en sortir comme ça... Il fallait qu'il paie quelque chose. Je ne pouvais pas le laisser s'en aller. Une sorte de Vendetta en quelque sorte, oui, une Vendetta pour mon ami. Je fis un pas de plus envers lui, toujours avec un peu d’agressivité.

Dois-je encore rajouter des mots pour éclaircir la chose? Demandais-je, légèrement amusé.

Une foule commençait à s'amasser autour de nous, des gens de la rue, attirés par ce qui allait certainement être l'animation du jour, ou même de la semaine. Qui l'eut cru? Croiser cet arpète dans Paris! Je vis des visages que je connaissais, de personne à qui j'avais déjà parlé. Je ne pouvais plus faire marche arrière et je devais aller jusqu'au bout de ce que j'avais en tête!
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Dim 9 Juin - 15:01

Le dialogue avec cet inconnu commençait plutôt mal, voilà qu'il refusait de me donner son nom. En même temps, je ne suis qu'à moitié surpris, les Anglais, même s'ils sont civilisés ne sont pas très polis lorsqu'ils voyagent à l'étranger, tout du moins, c'est ce que j'ai entendu dire. De plus, cet Anglais-ci ne semble pas vraiment faire parti de la noblesse de son pays, il suffit de regarder son allure, sa façon de s'exprimer, ses manières sont celles d'un vagabond, voir d'un voleur...quelle sale engeance. S'il croit qu'il m'impressionne, il se trompe complètement. J'esquissais un petit sourire amusé.

- Cela ne vous apporterait rien en effet, il s'agissait seulement d'une des règles de base de la courtoisie, mais il semblerait que vous soyez dépourvu de tout savoir à ce sujet. Enfin peu importe, ce n'est pas comme si votre identité avait une quelconque importance après tout.

Et en plus il se permet de m'insulter, comment ose-t-il critiquer ma "mémoire" alors qu'il ne me connaît pas, non mais quel culot. Plus le temps passe et plus ce personnage devient de plus en plus antipathique à mes yeux. Je ne lui répondit pas directement, je ne pouvais m'empêcher de chercher ce qu'il pouvait bien me reprocher. Problème, France, mesquinerie et lâcheté. Je ne vois là aucun mot qui pourrait expliquer sa colère. Je n'ai jamais été lâche et mesquin, lorsque j'avais fait quelque chose, lorsque j'en étais la cause, j'en avais toujours assumé les conséquences, enfin sauf une fois, pour Armand, je n'ai su que trois jours après son départ qu'il avait été renvoyé et Dieu seul sait combien j'étais en colère et malheureux suite à cette annonce, ma mère fut la cible principale de ma vengeance qui passa par de l'ignorance pure et simple. Quoi qu'il en soit, ce que me reprochait cet anglais ne pouvait pas avoir de lien avec cette affaire, cela n'aurait aucun sens.

Il était toujours aussi agressif lorsqu'il me demanda s'il devait rajouter quelque chose. Je me tins l'arrête du nez quelques secondes, sentant un mal de tête me gagner tellement il m'exaspérait, mais je me repris bien vite et regardais mon interlocuteur, le début d'une colère commençait à monter en moi, non pas parce que nous étions observés par les villageois, je n'en avais que faire, mais simplement parce que j'ai toujours eu horreur de ne pas comprendre ce que l'on me reprochait.

- Mais faites donc stupido inglese ! Ainsi vous m'expliquerez peut-être avec un peu plus de précision, en construisant des phrases correctes par exemple ce que vous me reprochez, vous n'avez aucun droit d'utiliser les termes mesquinerie et lâcheté devant moi, vous ne me connaissez pas et si l'on vous a parlé de moi, que cette personne ait au moins le cran de se montrer elle-même pour me dire en face ce qu'elle me reproche plutôt que de passer par un intermédiaire. C'est cela être lâche.

Je ne redoutais aucune confrontation...enfin si, je savais pertinemment que si un jour je revoyais Armand, je ferais tout pour me rattraper à ses yeux, c'est vrai, j'ignore son avis à mon propos, mais quelque chose me dit qu'il doit m'en vouloir pour le renvoi de son père, peut-être même pense t-il que j'ai eu une influence quelconque sur ma mère et que c'est moi qui ais précipité cet événement. Grand Dieu, si un jour il venait devant moi et me disais ce genre de choses, je crois que je serais prêt à me jeter à ses pieds pour l'implorer de croire en mon innocence. Oui, je l'ai tant aimé autrefois que jamais je n'aurais pu lui faire le moindre mal, j'aurais préféré fuir avec lui plutôt que de le laisser s'éloigner de moi. Malheureusement, on ne peut pas changer le passé. Quoi qu'il en soit, cet Anglais en face de moi avait plutôt intérêt à me faire une réponse claire et précise avant que je ne perde réellement patience.

En tous cas, cela me fera une histoire à raconter à Stefano lorsque je le verrais tout à l'heure et peut-être même distraira t-elle Monsieur également. Enfin, tout dépend comment tout ceci va tourner.
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Dim 21 Juil - 21:27

J'avais déjà croisé des nobles au marcher, mais cela ne s'était jamais déroulé de la sorte. D'habitude, la chose avait un ordre répétitif qui se constituait de trois étapes : l'observation, le vol et la disparition. Mais disons que cette fois, la chose s'était présentée à moi différemment! Depuis petit, j'évitais les conflits car d'après moi ils ne servaient à rien! De plus ma tendre et défunte mère prônait la résolution constructive des problèmes par le calme. Mais dans certains cas, l'homme qui était en moi ressortait, cela était inévitable surtout quand on touchait à des amis proches ou lointains. Je n'hésitais pas à mordre, et je vous préviens mes dents ne sont pas molles! Ce n'est pas parce que je suis pour la non-violence que je ne sais pas me battre, je ne suis quand même pas stupide!

En Angleterre, les personnes avec qui je m’entraînais m'avaient appris à ne pas sous-estimer son adversaire car le plus petit des êtres, celui qui peut sembler être le plus inoffensif a toujours la capacité de vous planter une dague en plein dos pour vous abattre ensuite. Erwan Mi-Bottes en est le meilleur exemple. Ce petit homme d'à peine plus d'un mètre quarante en était le meilleur exemple. Ce petit homme était certainement le plus tordu de ceux que je connaissais, il était fourbe et il agissait de façon à ce que le doute traîne toujours et à se laisser une porte de sortie dans n'importe quelle solution. Le nain avait certainement raison car la vie ne faisait jamais de cadeau, au contraire... mais mon empathie était peut-être trop haute pour pouvoir imiter le comportement du "trois-pommes". En quelques sortes, le Français me fit penser à ce petit homme. Il n'avait pas l'air dangereux, même freluquet! Il ne donnait pas l'impression de savoir se battre, mais je restais quand même sur mes gardes...

- Cela ne vous apporterait rien en effet, il s'agissait seulement d'une des règles de base de la courtoisie, mais il semblerait que vous soyez dépourvu de tout savoir à ce sujet. Enfin peu importe, ce n'est pas comme si votre identité avait une quelconque importance après tout.

- Voyez-vous Monseigneur, dis-je en appuyant très fort sur le dernier mot, nous ne sommes pas tous nés avec une petite cuiller dans le cul! Et non, je ne possède pas ce que vous... appelez courtoisie, car voyez-vous, pendant que vous appreniez cette chose, nous étions trop occupé à chercher une façon de survivre dans les bas quartiers!

Ce pauvre Monsieur d'Effiat ne savait certainement pas ce que vivait les gens d'en bas, et quel était notre intérêt pour la courtoisie et l'éducation. S'intéresser à ces stupidités dans la pègre, dans le milieu des truands menait bien souvent à la mort et à quoi bon toutes ces futilités! Que l'on mange avec les doigts ou ces instruments étranges qu'ils nommaient "fourchette", la nourriture arrivait de la même manière dans l'estomac et ressortait par le même trou!

- Mais faites donc stupido inglese ! Ainsi vous m'expliquerez peut-être avec un peu plus de précision, en construisant des phrases correctes par exemple ce que vous me reprochez, vous n'avez aucun droit d'utiliser les termes mesquinerie et lâcheté devant moi, vous ne me connaissez pas et si l'on vous a parlé de moi, que cette personne ait au moins le cran de se montrer elle-même pour me dire en face ce qu'elle me reproche plutôt que de passer par un intermédiaire. C'est cela être lâche.

Le voir rougir de la sorte sous l'énervement me tira un sourire.

- Stupido Inglese? Je vous prie Messires, je ne mérite pas un rang tel que celui que vous me donnez... répondis-je avec sourire pour le provoquer encore plus. Je vais essayer de vous l'explique avec une langage qui conviendra à vos oreilles de Baronnet. Voyez-vous mon cher Damelot, en Angleterre j'ai eu vent de votre lâcheté par celui qui est devenu un de mes "sweet friend". Oui, je parle bien de celui que vous avez abandonné au sort, mon cher ami, votre Armand.

Mes mots étaient agressifs car en sortant cette dernière phrase, tous mes souvenirs remontaient à la surface, tous ce que j'avais vécu avec ce jeune Français à Londres. Je ne lâchais pas le-dit Antoine D'Effiat des yeux, lui exprimant tous ce que je ressentais à son propos par un regard noir revolver.
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Sam 24 Aoû - 16:37

Cette conversation que j'avais avec cet individu commençait sincèrement à m'ennuyer et je sentais poindre un terrible mal de tête, cependant, je feignis tout de même d'écouter ce qu'il me disait, il semblait heureux de la répartie qu'il avait, sa vulgarité n'était pas vraiment surprenante, après tout, que pouvais-je espérer d'un homme qui n'était même pas capable de me dire une chose aussi simple que son nom. Pas que cela m'intéresse, mais j'aime bien savoir à qui je m'adresse en règle générale. Enfin, peu importe. Tandis qu'il parlait, se plaignant de sa condition, comme si j'y pouvais quelque chose, je laissais mes pensées vagabonder vers le château, je me demandais ce que faisait le Prince à cette heure et Stefano, où était-il ? Dansait-il ? Oui, très probablement, il n'avait pas besoin d'attendre un moment précis pour le faire, il dansait dès que l'envie s'en faisait sentir. Oh bien sûr il n'est pas sot au point de danser en plein milieu des corridors, même si cette image pourrait être comique, il n'a pas spécialement envie de se ridiculiser.

- J'aime votre langage fleurit, c'est indéniable. Qu'y puis-je si je ne suis pas né dans la rue ? Faudrait-il que je m'excuse d'un fait dont je n'ai aucun contrôle ? Par ailleurs, je doute que ce soit pour cette raison bancale que votre regard semble me promettre mille tourments.

Et voilà, continue, ne te dérange surtout pas. J'avais retrouvé mon calme, après tout, cet homme ne m'était rien, que m'importe ses insultes, son avis sur moi m'est complètement indifférent.

- Stupido Inglese? Je vous prie Messires, je ne mérite pas un rang tel que celui que vous me donnez. Je vais essayer de vous l'explique avec une langage qui conviendra à vos oreilles de Baronnet. Voyez-vous mon cher Damelot, en Angleterre j'ai eu vent de votre lâcheté par celui qui est devenu un de mes "sweet friend". Oui, je parle bien de celui que vous avez abandonné au sort, mon cher ami, votre Armand.

Si mon visage perdit instantanément de ses couleurs, ce n'était pas à cause des pitoyables moqueries que cet individu faisait, non, c'était parce qu'il venait de prononcer le prénom d'une personne qui m'était cher. Ainsi donc, c'est à cause d'Armand qu'il était là. Mais alors, si un étranger a tant de rancoeur contre moi, je n'ose imaginer ce qu'Armand pense à l'heure actuelle. Une chose est certaine, il doit me croire coupable du renvoi de son père. Malgré moi je murmurais doucement


- Armand.

Mes yeux se fermèrent douloureusement une fraction de seconde puis je les ouvris à nouveau pour regarder mon interlocuteur, à présent, nul énervement, nulle colère n'habitait mon regard, non, il y avait une tristesse et une mélancolie qui étaient les sentiments que j'avais à présent lorsque je pensais à mon premier amour. Ma voix était douce, presque un murmure lorsque je pris de nouveau la parole.

- Et bien Monsieur, si vous avez tant de haine à mon égard, je suppose qu'Armand me déteste encore bien plus. Je ne sais ce qu'il vous a raconté et je n'ai pas l'intention de dénigrer ses paroles, mais je vous demande de bien vouloir me laisser vous raconter ce qu'il s'est passé entre lui et moi. Après, si vous voulez me frapper, vous pourrez le faire, je ne répondrais pas. Ce n'est pas de la lâcheté, c'est simplement que si vous êtes le messager d'Armand et que vous me frappez, alors c'est qu'il pense que je dois l'être.

Je soupirais doucement et commençais mon récit.


- Cela s'est passé il y a bien longtemps de cela, à l'époque, j'avais douze ans et je vivais dans le manoir familial, je ne voyais pas beaucoup les autres jeunes de mon âge puisque je ne suis pas allé à l'école, j'avais étudié à la maison, sous la direction de ma mère, cependant, il y avait un garçon, je le connaissais depuis que nous étions enfants, c'était Armand, il était le fils de notre palefrenier. Armand et moi nous nous entendions vraiment très bien, je le considérais comme mon meilleur ami, malgré que nous ne soyons pas du même rang social, cela n'avait pas d'importance pour moi. Mes parents ne voyaient pas cette amitié d'un très bon oeil, mais ils ne dirent rien. Cependant, petit à petit, mes sentiments pour mon ami commencèrent à changer, d'une simple amitié, cela devenait un amour sincère, oui un premier amour. Je me souviens encore du trac qui fut le mien lorsque je voulu confier à Armand ce que je ressentais pour lui, je craignais qu'en faisant cela, je l'éloignerais de moi. Fort heureusement, il n'en fut rien, bien au contraire, Armand profita de l'occasion pour me dire qu'il partageait ces sentiments. Pendant une année environ, nous nous retrouvions lors de rendez-vous secrets et nous nous embrassions et avions, l'un pour l'autre, des gestes d'une tendresse incroyable. Cela aurait pu durer longtemps car nous étions indifférents au fait que nous n'étions pas du même monde. Oui, j'aimais Armand pour l'homme qu'il était, non pour sa classe sociale et je savais qu'il en était de même pour lui à mon propos. Cependant, un incident nous sépara. Nous nous étions retrouvés à l'écurie où travaillait son père et nous étions cachés, à l'étage, sur un tas de foin. Je n'ai pas besoin de vous dire ce que nous y faisions, quand tout à coup, ma mère entra telle une furie, elle appelait le père d'Armand, elle l'accusait d'avoir mal fait son travail. Cela faisait un petit moment qu'elle en avait après lui, je n'ai jamais su pourquoi. Quoi qu'il en soit, la surprise fut telle, que nous sursautions et que je n'eus pas le temps de me rhabiller, je tombais de mon perchoir, juste aux pieds de ma mère. Ma tenue ne lui laissait aucun doute sur ce que je faisais. Elle leva la tête et lança un regard noir à Armand, de mon côté, j'attirais l'attention de ma mère pour l'empêcher de s'en prendre à mon ami. Elle me fit porter à la maison et fit venir un rebouteux. Depuis ce jour, lorsqu'il pleut ou que je suis fatigué, je boîte un peu. Mais là n'est pas le sujet. Je restais un peu groggy pendant deux ou trois jours. Lorsque je repris pleinement conscience, je réalisais alors que pas une seule fois je n'eus des nouvelles d'Armand, pas une seule fois il n'avait trouvé un stratagème pour venir me voir. Cela ne lui ressemblait guère, aussi, je demandais discrètement aux autres domestiques s'ils avaient vu mon ami, mais la réponse que me fit la cuisinière ne me satisfit pas, elle me dit que Armand était parti, lui et son père avaient été renvoyés du Manoir il y avait quelques jours. Le cri de rage que je poussais alors résonna dans les couloirs et ma mère accourut pour voir ce qu'il se passait. Je lui demandais de revenir sur sa parole, de faire revenir Armand et son père, mais elle s'y refusa. Je décrétais alors que je ne lui adresserais plus jamais la parole, sauf si Armand me revenait. Ma mère n'a plus jamais entendu le son de ma voix.

Voilà, mon récit était terminé, enfin à peu près. Je m'approchais de mon interlocuteur.

- Bien sûr, j'ai recherché Armand, mais j'allais sur mes quatorze ans et je n'avais pas de grands pouvoirs, je ne l'ai pas retrouvé. A présent, si vous voulez que votre poing rencontre mon visage, faites-le, mais si jamais un jour vous revoyez Armand, vous voudrez bien lui dire que je regrette ce qu'il s'est passé, sincèrement, cela n'aurait jamais dû finir ainsi entre lui et moi. Rajoutez que si je l'avais en face de moi, je serais prêt à me jeter à ses genoux pour qu'il me pardonne.


Oui, tout cela était vrai, si cela avait été Armand devant moi au lieu de cet inconnu, je serais à présent à genoux sur la place du marché. Soyons réaliste, je sais bien que mon histoire avec Armand n'aurait pas pu durer parce que nous ne sommes pas du même rang social, mais je l'aurais toujours gardé avec moi, non pas comme domestique, mais comme ami. Mais cela, il ne le saura jamais.
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Lun 30 Sep - 12:08

Je me souvenais bien de ce jour où Armand m’avait tout révélé, toute sa vie. Il avait commencé par sa sexualité, me racontant comment tout cela s’était passé. Il me narra sa vie d’écuyer et sa rencontre avec celui qui l’avait lâché sans pitié. Cet homme qui était à ses yeux encore le plus beau, le plus intelligent, encore le plus tendre. Cet adolescent, il l’avait aimé de tout son être et ce fut en partie à cause de cette amour trop fort que cela s’était terminé de la sorte.

« Si seulement je ne l’avais pas aimé aussi fort, si seulement nous avions pu retenir nos ardeurs d’adolescents, notre envie, je n’en serais pas là. » Combien de fois avais-je entendu cette phrase, entre ses pleurs. Le jeune Français s’en remit lentement, au fil du temps, suite à de longues discussions. Petit à petit, nous nous rapprochâmes, peut-être un peu trop à mon goût, car je ne savais pas ce que je faisais.

-No, c’n’est pas pour ça… And n’vous ex’usez pas, cela risqu’rait d’vous écorcher l’coin la gueul’

Lorsque je prononçais le prénom de son amour d’enfant, je vis son visage se décomposer, comme s’il ne s’y attendait pas. Qui d’autre aurait pu m’informer de son nom et de son histoire ? Ce Damelot confirmait bien ce que je pensais des nobles : Intelligent mais pas logique pour un sous ! Sa peau devint aussi pâle que la neige et il ferma les yeux en murmurant le nom de celui qu’il avait abandonné, comme s’il y tenait toujours. Foutaise !

- Murm’rer son nom n’fera pas changer c’qui s’est passé.

Il me regarda dans les yeux, avec un regard différent d’avant. La colère était partie, tout comme l’énervement, laissant place à la tristesse. J’ai toujours pensé que les yeux étaient une porte sur l’âme et qu’ils reflétaient la personne. Le regard ne ment pas, contrairement à la bouche, qui est sale et traitresse. Il reprit la parole, et il me fallut tendre l’oreille pour pouvoir entendre ce qu’il dit, comme s’il en avait honte. Un instant, j’ai eu de la compassion pour lui, oui un instant, mais bref. Ce qu’il me raconta ne ressemblait en aucun point à ce qu’Armand m’avait raconté, sauf sur la partie de l’accident, ou de leur rencontre. Il prétendait avoir brassé terres et mers pour le retrouvé, alors que l’on m’avait raconté l’inverse. Il était facile de prétendre ne pas avoir été prévenu. Quelle meilleure excuse que de ne pas avoir su ?

Lorsqu’il se rapprocha de moi, je ne bougeais pas. Je ne voulais pas reculer, de un parce que je n’avais pas peur et de deux parce que la différence de rang était bien égale à mes yeux. Devant mère nature, nous sommes tous égaux non ? Si la mort veut nous emporter, elle trouvera toujours un moyen. Alors que ces mots sortirent de sa bouche, je n’en revenais pas. Cependant, je cachais ma surprise à ses dires. Bien sûr que j’avais envie de le frapper au visage, de laisser sortir ma haine envers ce « peigne-cul ». Une seconde j’imaginais mon poing rencontrer sa mâchoire dans un fracas tonitruant, fracassant et bruyant, sa tête partir en arrière sous la force du coup ou encore son petit minois de débauché ensanglanté, mais quelle plaisir en tirer ? Le passé était déjà tracé.

Ma résolution fut rapide. Je le frappais en plein estomac, laissant ma force s’exprimer. Je ne voulais pas le tuer, mais juste qu’il se souvienne de moi. Lorsque ma main heurta ses abdominaux, je ressentis un plaisir impressionnant m’envahir, comme un air frais. Toute ma haine, toute ma colère s’était exprimée en quelques secondes et elle était partie. Je crachais ensuite à ses pieds, avec l’attitude la plus ingrate possible.

- Vous l’avez assez fait souff’rir comm’ça et vous mettr’ lamentab’lment à ses g’noux n’changera nothing ! Alors au gran’jamais je lui parl’rai de vous !
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Si j'avais su qu'en allant au Marché je ferais cette rencontre...[PV : Ian Wilhood]

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