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 René Stuart, dit Renée d'Aubigny

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Dim 21 Avr - 21:51

René Stuart
dit Renée, Comtesse de Fareham & Duchesse d’Aubigny


Métier/Titre(s) : diplomate.
Âge : 21 ans.
Origines : françaises : le château de la Verrerie.
Langue(s) parlée(s) et niveau de maîtrise : anglais excellent, bon latin et grec.
Orientation sexuelle : libertin. Pour employer le vocabulaire de notre temps : pansexuel.
Situation: liaison adultère mais néanmoins officielle, et notamment officialisée par une descendance reconnue, avec Charles d’Angleterre.
Date de naissance : 14 février 1645.
Religion: catholique.
Groupe : noblesse.
Personnage ayant existé?: pas exactement ; inspiré de l’histoire familiale de Louise-Renée de Kéroual, et de la carrière du Chevalier d’Eon.
Avatar : Tilda Swinton


Le Miroir ...

De loin, vous remarquerez ses cheveux aux teintes incandescentes, et sans doute sa maigreur. Les tenues à la mode lui collent aux jambes, et lui donnent des airs d’échassier. Ou peut-être ses jambes seront-elles enfouies sous des jupons et des dentelles à n’en plus finir ; auquel cas, vous remarquerez la forme carrée de ses épaules, sa manière militaire de se tenir, et les angles de son visage, sur lequel le maquillage jure toujours un peu. Son goût vestimentaire a pu choquer certains, ou en inspirer d’autres, mais de manière générale, il fleure la provocation, davantage intellectuelle que sensuelle, sans y mettre trop d’insistance. De plus près, un détail vous frappera : non pas son regard, mais ses sourcils. Ils semblent absents ; en réalité, ils sont excessivement clairs, et se fondent dans l’éclat de sa peau laiteuse, héritée des britanniques venus s’implanter au Royaume de France. Parfois, par coquetterie ou pour ne point attirer l'attention, il les colore, redessinant leur forme invisible du bout d'un crayon à la mode. Son visage vous semblera peut-être menu, dur ou énigmatique selon ses intentions, et d’aucuns l’ont comparé au profil aigu d’un oiseau de proie famélique.

Si vous êtes sa proie, et lui la sienne, peut-être irez-vous au déduit entre adultes consentants ; les liens du mariage ne le lient pas, et à quelle espèce pourraient-ils le lier ? Il n’en est pas adepte, et ne s’est pas posé la question. Toujours est-il que vous apprécierez la douceur féminine de ses mains, et la précise fermeté, plus masculine, de leur toucher expert. Comme vous l’aviez supposé, son corps est androgyne, sans volumes, ou très peu, quoiqu’en excellente condition physique. C'est la maigreur sèche des athlètes et des jeunes gens grandis trop vite, non la maigreur maladive des hommes faibles et des femmes souffreteuses, quoique son teint de lait évoque davantage cette dernière catégorie. Quant au reste, mieux vaut jouer au jeu des yeux bandés, de peur d’y perdre votre attrait sous l’effet de la surprise, et de gâcher ainsi un moment qu’un Roi a qualifié d’agréable. La conformation intime de notre cher René n’est en effet pas commune. Ses attributs, d’apparence mâle quoique modeste, s’ouvrent cependant sur des mystères qui ont déjà su enfanter. Cela dit, si son but est de vous dissimuler l’un ou l’autre de ces attributs, des années d’entraînement, et votre probable ignorance de l’existence même d’une telle condition, le lui permettront sans grande difficulté.

... n'est pas le reflet de l'âme


Les faiblesses ne manquent pas, reste à savoir en faire des forces. Anxieux en compagnie des chevaux, en raison d’une éducation paternelle trop stricte qui lui donne le sentiment permanent de tout faire de travers, René sait monter, mais préférera de loin l’usage de la calèche ou de ses propres bottes. De même, son éducation guerrière est loin d’avoir été menée au terme de la virtuosité. Dans l’enfance, âge où les garçons se familiarisent avec ces disciplines, il était davantage attiré par la musique – il n’a pas été formé aux instruments de musique, mais chante avec grâce – ainsi que les lettres et la culture classique, les manières de table et les subtilités de la danse. Ce n’est que plus tard, alors qu’il partait au couvent s’instruire dans ces disciplines éminemment féminines, qu’il s’est lancé sur les routes et a formé ses techniques de combat au gré des situations dangereuses, des disputes de taverne et des leçons des spadassins. Toute son éducation s’est poursuivie de la même manière, et ainsi s’est formée sa personnalité d’aujourd’hui.

En somme, il aime tous les arts, mais n’en maîtrise aucun ; il sait converser de toutes les disciplines, mais ne pousse jamais leur pratique à la perfection. Son esprit effleure le monde à la manière des ailes d’un papillon. Par la faute de ce travers, il se sent fragile et menacé ; il a donc coutume d’habiller ses maladresses en touchantes vulnérabilités, et ses faux pas en manœuvres habilement calculées. Il lui est infiniment pénible d’être pris en défaut, et quasiment insupportable d’être raillé. Il est aisément tenté de prendre la fuite, non pas devant le danger, pour se préserver, mais devant la critique, pour se dispenser de répliquer. Capable de sournoiserie, de moyens détournés, il n’est pas lui-même à l’abri de la manipulation et notamment de la flatterie. Le plus à même de pratiquer celle-ci reste naturellement son unique supérieur hiérarchique, et peut-être la seule autorité qu’il reconnaisse sur Terre, voire aux Cieux, malgré son éducation chrétienne : le souverain français.

Pour ce qui est de sa petite originalité anatomique, quant à nous, le masculin nous semble approprié, dans la mesure où il tient également lieu de neutre dans notre belle langue française - celle-ci ayant le souvenir de l'époque grecque dont nous parlons plus bas, où tout être appartenait plus ou moins au genre mâle, le plus étant l'homme, et le moins, la femme et par plaisanterie les hommes un peu moins hommes que les autres. Licence donc de folâtrer avec des adolescents, puisque ce n'étaient pas tout à fait des hommes ; licence de passer du bon temps au lit d'un castrat ou de tout autre mâle résolument passif... Enfin, la science moderne elle-même tend à ranger nos amis les hermaphrodites dans le genre auquel ils s'identifient le plus naturellement ; et si, poussé dans ses derniers retranchements, René devait choisir une catégorie à laquelle appartenir, même imparfaitement, il s'étiquetterait certainement masculin efféminé adepte du travestissement. Si vous vous exprimez en allemand, préférez cependant le neutre, il lui serait plus naturel ; et dans les langues marquées par la binarité latine, esquivez les marqueurs du genre, ou adaptez votre discours à l'habit qu'il porte lors de votre rencontre ; vous lui ferez une politesse appréciée.


Dernière édition par René Stuart le Lun 22 Avr - 10:02, édité 3 fois
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Dim 21 Avr - 21:52

On naît tous un jour ...




“The Auld Alliance has not been written
On an ewe skin parchment,
But engraved in human skin,
Traced in blood and not in ink.”


Cent ans avant la naissance de René, son domaine familial, qui remontait aux temps médiévaux, fut ravagé par un incendie. Son ancêtre dut sacrifier trois forêts magnifiques pour le rebâtir plus beau encore qu’il ne l’était jadis, et aujourd’hui, ces murailles de chêne tiennent toujours. Le clan y perdit sa fortune, qui ne devait se relever que grâce aux efforts d’un rejeton pas comme les autres, et à la générosité du Roi Soleil, mais y gagna sa devise :
« Du bois dont on fait les tours et les flambeaux ». En somme, de très redoutables têtes brûlées. Leur sens de l’humour leur venait probablement des origines britanniques de leur sang, avec les teintes flamboyantes de leurs chevelures et l'ivoire de leur teint ; et c’est là une longue histoire, que je dois vous conter avant de passer à celle de notre héros.

Stuart est un nom que vous avez peut-être déjà entendu. Il est courant dans les Highlands, où tout un chacun aime à se réclamer du sang des Rois, sans doute généreusement distribué lors de ripailles avec les plus aimables représentantes de la population. Il se trouvait un soldat, du nom d’Alan Stuart, qui, avec quelques autres, se lança dans l’invasion de l’Angleterre en l’an de grâce 1346. L’Angleterre attaquait la France, et il s’agissait de faire diversion. C’était à la fois très brave et très inconsidéré ; leur roi, David, fut fait prisonnier ; Alan s’échappa, et alla se cacher en France, où il fut bien reçu, en qualité d’allié. Quarante ans plus tard, son petit-fils, prénommé David, retournait à l’assaut de son Ecosse natale et asservie, avec des troupes françaises venues payer leur dette.

C’était le début d’une alliance tenace et durable. A plusieurs reprises au cours des siècles qui suivirent, l’Angleterre n’eut de cesse d’envahir l’un ou l’autre de ces deux royaumes qui excitaient tant ses terrestres appétits, et à chaque fois, elle se trouvait maîtrisée, prise en tenaille tel un loup dévorant, chacun des deux alliés répondant fidèlement aux appels de l’autre, pareils au cor de Roland à Roncevaux. Lorsque Jeanne d’Arc assiégeait Orléans, les descendants d’Alan Stuart étaient à ses côtés. Leur valeur fut récompensée royalement : la terre d’Aubigny leur fut offerte, et ils y sont toujours. Voilà ce qui se racontait en tout cas, devant la cheminée rougeoyante du château de chêne, par les longs soirs d’hiver.

Dans la pratique, les voyageurs écossais avaient surtout eu à cœur de développer le commerce drapier, et l’avènement du Roi Soleil couronna leurs efforts par l’intérêt qu’y portait le ministre Colbert, observateur avisé du développement économique en région. Le domaine relevait la tête, après un petit siècle à se serrer la ceinture et à faire profil bas dans d’autres questions également, car les guerres de religion n’étaient pas d’un abord aisé. Fidèles au Roi de France, soulagés lorsqu’un protestant à peine converti s’était assis sur le trône, les Albiniens avaient grincé des dents au moment de prendre d’assaut La Rochelle, que les protestants d’Ecosse étaient venus défendre contre la tyrannie catholique. La politique devenait de plus en plus complexe, et leur cœur vaillant d’aventuriers médiévaux se sentait quelque peu dépassé. L’avènement d’un héritier inattendu les ramènerait définitivement dans le giron de la France, et dans le labyrinthe de ses intrigues courtisanes.

Le frère aîné de René, Sébaste, devint capitaine de vaisseau et l’on ne reçut plus que de rares courriers pleins d’exaltation, où il contait l’ardeur des batailles et les merveilles des terres lointaines. La sœur cadette de René, Henriette, avait un destin tout tracé : les épousailles avec le charmant rejeton de la grande famille voisine, la réunion de quelques terres, une maternité heureuse et fréquente, et peut-être l’administration d’une draperie prospère. René, entre les deux, posait problème.

Sur son extrait de naissance, on pouvait lire une sorte de rature en fin de prénom, un « e » supplémentaire ajouté puis rayé, et cette mention sibylline : « sexe ambigu ». Le masculin l’emportant en langue française, on décida, car il fallait bien se décider afin de présenter l’enfant à la famille, qu’il s’agirait d’un jeune homme peu doté par la nature. La discussion semblait close ; d’ailleurs, elle n’était pas agréable à discuter. On en ferait un prêtre, et la question serait réglée. Et si d’aventure il enfantait, des fruits d’un commerce contre-nature avec ses camarades de séminaire, eh bien il serait déchiqueté par la foule sur la Grand-Place, comme la Papesse Jeanne accouchant sur son âne, et on n’en parlerait plus ! Mais René ne se prêtait pas au jeu.

Dès son plus jeune âge, il volait les jupons de sa mère pendus au soleil pour sécher, s’enfuyait avec au village voisin, et se trouvait de petits compagnons de jeu ignorants de son rang social, auxquels il déclarait s’appeler « Renée ». Il y avait surtout beaucoup de malice dans cette attitude, car il savait rendre sa pauvre mère folle de courroux et d’angoisse. L’exorcisme pratiqué par le curé du château le calma un peu ; il se contenta dès lors d’affirmer qu’il adorait la natation, et de se promener nu sous ce prétexte. La propreté toute relative de la rivière voisine palliait à l’exhibition que cela aurait pu représenter dans une eau transparente. On lui autorisa ce léger caprice, et il y perdit dès lors tout intérêt.

L’âge adulte, ou du moins sa forme corporelle, commençant à se dessiner, l’enfant joua un nouveau vilain tour à ses parents, malgré lui cette fois. Deux protubérances de mauvais aloi, discrètes mais indubitables, se dessinaient sous ses vêtements. Les corsets lui faisaient mal, et René les ôtait à la première occasion ; bref, il fallut se résoudre à changer de refrain. On l’envoya étudier au couvent de la tante Caroline, sous le prénom de Renée, loin de la terre familiale, et on prétendit à sa mort. L’enfant serait prié de rester là-bas et, une fois encore, de faire carrière dans les ordres. Ce n’était pas la culture classique qui lui manquerait, ni le timbre de voix. Mais il faut croire que Renée percevait l’appel d’un destin extérieur aux choses de la religion.

Elle n’eut rien de plus pressé que d’aller s’enticher passionnément d’une autre jeune élève, de se raser la tête sous prétexte, auprès de sa tante, de faire acte de contrition… et de chuchoter à sa petite camarade qu’elle était en réalité un homme, du nom de René, envoyé ici par sa famille pour le faire disparaître. Toutefois, ses manœuvres de séduction, encore mal rodées, n’eurent guère d’impact ; la demoiselle préférait le Christ. Notre Don Juan en herbe, le cœur brisé, renia Dieu, s’enfuit dans la campagne, et entra au service du Duc de Beaufort en qualité de page. Ce dernier apprécia les bonnes manières de ce petit vagabond ; on aurait presque dit qu’il était de bonne famille !

René laissa repousser ses boucles rouges, mais les conserva à longueur convenable pour un représentant du sexe masculin. Le Duc surprit cependant son page dans les appartements de sa gouvernante, en train d’essayer ses tenues et de se peinturlurer de son maquillage. Au lieu de le chasser, il éclata d’un grand rire, et lui proposa de devenir sa maîtresse. Occasionnelle, non pas attitrée, ça allait de soi ; il n’était pas souvent chez lui, et René voyait plus souvent ses chevaux que son maître. Il refusa donc, par pure fierté. D’ailleurs, il était encore adolescent, et la blessure de cœur causée par la jeune nonne n’était pas entièrement refermée.

Croyant avoir affaire à une ombrageuse aventurière travestie, peut-être saphiste qui plus est, Beaufort le séducteur, d’autant plus déterminé à plier sa détermination, sortit le grand jeu et lui offrit son appui : une présentation à la Cour, une place auprès de Madame, qui, standing oblige, engageait à tour de bras, et donc, toutes les étoffes et les poudres dont pouvait rêver un page pour se faire belle en secret. René accepta cette fois, sans préciser qu’il n’envisageait pas un instant d’échanger ces menus services contre ses faveurs. Hélas, le décès du cher Duc l’empêcha de faire la présentation lui-même, mais les courriers qu’il avait écrits tinrent lieu de recommandation, et son exemple avait instruit René dans l’art de plaire et de se faire écouter.

C’est ainsi que, de page, il devint demoiselle d’honneur, et que son frère Sébaste d’Aubigny fut tout ébaubi de le croiser en imposante robe à rubans au retour triomphant d’une de ses campagnes. Il ne lui tint pas rigueur de cette surprise ; au contraire, ils dansèrent une valse ensemble. Reparti en mer, il devait mourir au combat, à vingt-cinq ans seulement, alors qu’Henriette, au pays, célébrait son mariage, et que René, à la Cour, se faisait remarquer du Roi. Ce dernier lui portait, ce qui lui fit grand plaisir, un intérêt tout platonique et d’ordre purement intellectuel. Une telle créature avait les ruses des duchesses et l’implacable ténacité des soldats, le charme des enfants et la prudence de ceux qui ont déjà vécu plusieurs vies.

Pour juger de ses capacités, il l’employa à transmettre divers courriers au sein même de la Cour, en tenant compte des intrigues des uns et des jalousies des autres. Puis, convaincu, il décida que ce chardon d’Ecosse était l’épine rêvée à planter dans le dos de son cher cousin, le Roi d’Angleterre. Madame en étant la sœur, elle lui rendait parfois visite ; un tel voyage était prévu et Louis confia secrètement à la demoiselle d’honneur, connue désormais sous le nom de Renée d’Aubigny, le soin d'en profiter pour influencer le monarque anglais.

Se faire vanter auprès de lui par les hommes de sa Cour préalablement mis dans sa poche : ce fut chose aisée, même si son principal ministre avait une préférence pour le sexe fort. Se faire apprécier de lui lorsqu’il se montrerait suffisamment curieux pour la rencontrer ; cette fois, la demoiselle mit ses prétentions de côté, et cessa bientôt de l’être. Lui faire miroiter un apport annuel, consenti par la Couronne Française, de deux cent mille livres, pour le soutenir dans la reconquête du royaume de son père… Le côté Stuart grinça des dents, le côté d’Aubigny fit la commission avec grâce. L’inciter à se convertir, comme son grand-père Henri IV, au catholicisme… Le tout se conclut à merveille, et, grande nouvelle qui en fit pâlir certains, assurés qu’ils étaient d’avoir attiré un charmant page français dans leur lit : Renée d’Aubigny portait à présent un bâtard.

Le titre de Comtesse de Fareham, que lui offrit le Roi d’Angleterre dans sa joie d’apprendre cet heureux évènement, s’accompagna d’un feint mariage au cours d’un bal dont la Reine était absente, et d’une nuit de noces bien réelle. Les noms, les identités, les appartenances nationales s’accumulaient et se mêlaient dans l’esprit de notre diplomate. L’enfant mis au monde, l’angoisse suprême naquit avec lui : serait-il un être mêlé, à son image ? Mais il s’agissait d’un petit garçon, sans aucune ambiguïté possible, et qui fut prénommé Charles, comme son royal auteur, au cas où quelqu’un dans le royaume ait encore un doute à ce sujet.

Renée, cependant, ne s’en remettait pas. Avait-elle fait la fierté de son lignage, ou sa honte ? Ce rejeton inattendu, signait-il un noble sacrifice, ou la plus coupable des passions ? Avait-elle berné l’envahisseur anglais, ou l’avait-elle servilement subi ? Etait-elle « elle », et devait-elle se réjouir, ou était-il « il », et devait-il se désoler du triste état de son corps ?

Le Roi de France, son unique loyauté inamovible, la boussole qui lui évitait la folie, lui témoignait en tout cas dans ses courriers de ses mille remerciements pour les services rendus à l’Etat, et lui décernait à son tour le titre d’Aubigny, du fait de la mort de son frère ; Renée en était nommée Duchesse. – Ainsi, Charles d’Angleterre ne pouvait se réclamer du « Stuart » contenu dans son nom pour se l’arroger, et remettre un pied en France, sous prétexte qu’il avait mis une autre extrémité de son corps en l’héritière de ce domaine. Mais Duchesse, était-ce un titre souhaitable ? Renée rentra en France et supplia Sa Majesté de lui rendre l’abri du couvent, sous le nom de Frère René, afin d’expier son existence pécheresse. Mais le Roi n’était pas qu’un doux visage, il savait lui aussi s’exprimer et convaincre. Et il n'était pas bien difficile de convaincre une oreille meurtrie, qui ne demandait qu'à entendre de telles paroles.

« Les Anglais vous haïssent pour l’influence que vous avez sur leur désormais catholique monarque ? Vous aspirez à retrouver votre identité masculine, qui vous permettrait de vous défendre ? Nul besoin des murs d’un couvent pour cela. Au contraire, bientôt vous regretteriez de nouveau la liberté qui seule vous apporte la paix. René vous serez donc, mon serviteur à la Cour, et Duchesse en vos terres, où grandit d’ailleurs votre enfant. Il a besoin de sa mère comme j’ai besoin de mon espion. Vous contenterez tout le monde ainsi, et cela, j’en suis sûr, vous contentera, car vous êtes une âme dévouée. »

La Cour jasa, comme il est bien naturel. Les dévots hurlaient à la sorcellerie, les libertins applaudissaient des deux mains, et les doctrines les plus farfelues s’affrontaient sur la place publique. On parla de « Querelle du Grec Païen et du Latin d’Eglise ». La formule opposait l’androgyne des légende, enfant des amours adultères du Dieu des Voleurs avec de la Déesse des Plaisirs, à l’anatomie strictement réglementée en deux corps distincts et s’excluant l’un l’autre, que consacraient les travaux de la Renaissance Italienne, et les prémices de la science moderne. L’hermaphrodite endormi du Louvre face à l’Homme de Vitruve. Une telle fascination masquait opportunément les manœuvres politiques ; mieux valait donc la nourrir, l’encourager, quelque malsaine qu’elle fût, plutôt que chercher à l’éteindre, ce qui aurait d’ailleurs été vain.

Les gazettes arrêtaient parfois René dans la rue afin de recueillir son opinion. Pince-sans-rire, l’intéressé résuma la question par une formule lapidaire : « Au jardin d’Eden, il y avait une homme, une femme, et un serpent. Or, reconnaissez-le : sans lui, point d’Histoire. Je suis fier de mes origines. » Après tout, son ancêtre Robert Stuart, compagnon du chevalier Bayard, avait connu Léonard de Vinci ; ce dernier n’aurait certes pas apprécié qu’on le calomnie en son nom. Ces réponses lui attiraient la sympathie de certains, mais d’autres ne pouvaient se résoudre à desserrer les mâchoires. On parla créatures damnées des neiges de l’Ecosse, red-caps, changeformes, mélusines et loups-garous. Des mèches rouges se vendaient au marché de l’ombre, prétendues apporter la fertilité aux hommes aussi bien qu’aux femmes, et il est à peu près certain qu’on s’en servait pour les messes noires.

Il était plaisant d’être un personnage, il l’était moins d’être une créature. Le Roi avait raison : sa place était sur les routes, en mission dans les Cours d’Europe, là où la curiosité des puissants le servirait sans le salir, contrairement à la bave des bourgeois. Tout comme l’entremetteur des quais de Seine avait raison : la place de ce sémillant giton, de cette plantureuse commère, était au bordel, à faire ce qu’ils savaient le mieux, pour la plus grande gloire de sa bourse. Et ainsi avaient-ils leur place en ce monde, aussi bien que n’importe qui.


Dernière édition par René Stuart le Lun 22 Avr - 10:07, édité 4 fois
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Dim 21 Avr - 21:59

Ôtez le masque !



Prénom (Pseudo) : René. † Âge : 28 ans. † Comment êtes-vous arrivé jusqu'ici ? en me renseignant sur l’hymne « Vexilla Regis ». † comment trouvez-vous le forum ? subtil, une qualité nécessaire à l’épanouissement de mon personnage. † Le code du règlement :
Spoiler:
 
Un dernier mot ? billevesée. ^^

test rp, un minimum de 300 mots est demandé:
 


Dernière édition par René Stuart le Lun 22 Avr - 10:09, édité 2 fois
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Dim 21 Avr - 22:10

Encore un Anglais !!!!?

Pitié restez en Albiooooon :cryyy:

Sinon Tilda Swinton d'Orlando nétoiles fan attitude

Alors moi aussi je n'ai vraiment pas le temps de lire ta fiche ce soir, j'espère que je pourrai demain, en tout cas pardon pour la petite attente, néanmoins au vu du nom et de ton histoire (que je vais passer au crible attention :3) et de la qualité des lignes que je viens de survoler ça promet

Bienvenu parmi nouuus Kyaa


Dernière édition par Monsieur le Dim 21 Avr - 22:16, édité 1 fois
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À s'habiller sans péril, on triomphe sans goût
À s'habiller sans péril, on triomphe sans goût
Titre/Métier : Fils de France, Frère unique du Roi, Duc d'Orléans
Billets envoyés : 4140
Situation : Marié à Henriette d'Angleterre

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Dim 21 Avr - 22:13

Bienvenue sur Vex cher comtesse! hop hop (désolé, j'ai posté trop vite x) )

Je n'ai malheureusement pas trop le temps de lire ta fiche ce soir, mais je le fais demain dès que je peux Smile

En tout cas pour le peu que j'ai lu elle a l'air génial!
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Dim 21 Avr - 22:13

Bonsoir et merci ^^ Mais ne me traitez pas d'Anglais, par pitié, je descends des Ecossais venus combattre l'ennemi commun aux côtés du trône de France. La récente passade n'était que service du Roi, et de Madame votre épouse, qui, vous le savez mieux que quiconque, a conservé quelques liens avec sa patrie d'origine... Je ne fus que le jouet des événements. Rolling Eyes
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Lun 22 Avr - 6:30

Bienvenue ^^ Vivement que je lise cette fiche moi aussi - 6h30 du matin c'est un peu tôt dormir Réserves moi un lien dès que tu seras validée. On peut même être ennemie si ça te chante Smile J'adore avoir des ennemis devil
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Lun 22 Avr - 10:15

Voyons ce qui est possible. ^^ (Tout ce que je vous dis là est sujet à validation, naturellement.)

Je débarquais de province, où la Maison de Beaufort m'avait employé comme page. Grâce à ses recommandations, j'ai servi un temps Madame en qualité de Demoiselle d'Honneur. Puis j'ai abandonné son service lors de son dernier voyage à Londres pour m'attirer les faveurs du roi Charles. Ceci étant fait, et mes ennemis là-bas étant nombreux, j'ai fui l'Angleterre pour entrer au service du Roi, en qualité non officielle d'ambassadeur du charme français dans les Cours d'Europe. Je n'ai point changé de figure, et suis aisément reconnaissable, même si mon costume s'est adapté à mon nouveau titre. Quand aurais-je pu vous nuire, ou vous, me nuire ? Cool

J'y songe, vous n'avez pas étudié au couvent dans vos jeunes années, par hasard ? devil
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Lun 22 Avr - 10:24

Bienvenue à toi!!! Que voilà un personnage intéressant! Et ta plume est vraiment géniale! Je te félicite! câlin
Si, une fois ta validation obtenue, un RP avec moi te tente (et un lien au passage), ce sera avec graaand plaisir Very Happy
Encore bienvenue et bravo!
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Lun 22 Avr - 10:33

Bienvenue !!! yeah
Je vais pécher par bis repetita : mais superbe plume ! Sans compter le personnage en lui-même !
A moi aussi il me faudra un lien ! ^^
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Lun 22 Avr - 10:40

Merci à tous ! Quel accueil, on ne se croirait pas du tout à la Cour. Pour ceux qui cherchent des liens, d'affection, d'hostilité ou, volontiers en ce qui me concerne, d'ambiguïté, n'hésitez pas à me proposer d'ores et déjà vos possibilités, et nous y réfléchirons. Encore une fois, j'ignore ce qui sera confirmé par la validation et ce qui sera à retravailler, mais autant partir du principe que tout est parfait XD et commencer à poser quelques fondations.
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Lun 22 Avr - 10:43

Pour ma part, je pense que mon perso ne présente aucune ambiguïté xD cependant un lien "d'affection" ou "d'hostilité" est parfaitement envisageable, à toi de voir ce que tu souhaites avec mon perso Very Happy si tu as des idées je suis preneuse
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Lun 22 Avr - 10:43

Malheureusement, non. Ou devrais-je dire heureusement ? Je n'ai jamais vraiment été le genre faite pour la vie au couvent. Mais je suis le genre qui s'enerve facilement quand on brise ma carapace de fille fragile et innocente. Vous qui me semblez professionnelle dans l'art des masques, peut-être aurions-nous pu nous connaître à la Cour où vous auriez rapidement compris qui je suis réellement, ce qui évidemment ne m'aurait pas appelé à vous aimer. Qu'en dites-vous ?
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Lun 22 Avr - 10:45

Aucun rapport mais sur ta sign, Heloise, ce serait pas plutôt "OF" plutôt que "OH"? Razz
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Lun 22 Avr - 10:59

Héloïse, je vous propose un rôle dans un incident qui fait partie de mon histoire. Alors que je servais sa belle-sœur, le Roi m'a fait l'honneur de remarquer ma présence, et m'a confié une petite mission, la transmission discrète d'un billet compromettant lors d'un soir de Bal particulièrement peuplé. Nos intérêts auraient pu se croiser à cette occasion. D'abord vous imaginant ingénue, telle que vous vous présentez, j'aurais tenté de vous manipuler afin de faire de vous ma complice, ou du moins, ma diversion. Puis, décelant chez vous les indices ténus d'un bouillonnement sous la surface, j'aurais fait marche arrière. Mais vous auriez eu le temps de comprendre mes intentions.

Ma mission s'est déroulée sans anicroches, ce n'est donc pas ce soir-là que notre opposition se serait concrétisée. Cependant, vous auriez conservé à mon égard un malaise lié au fait que j'aurais réagi non pas à votre apparence, mais à vos réelles intentions. Vous vous seriez sentie percée à jour, et cela vous aurait été désagréable. De mon côté, je vous aurais accordé mon estime pour votre intelligence inattendue, mais vous aurais retiré ma confiance, ce qui est un échange fréquent chez moi ; peu de temps après cela, j'ai pris la route de l'Angleterre à la suite de ma maîtresse, et nous n'avons sans doute pu nous revoir qu'ensuite. Entre-temps, qui sait quelles rumeurs on vous a rapportées, vous donnant le sentiment que j'utilisais ma connaissance de votre caractère à mauvais escient, peut-être pour vous calomnier auprès de Madame et donc de la Famille Royale.

De retour avec la faveur du souverain pour mes bons et loyaux services, autorisé à paraître à la cour en tenue de gentilhomme, j'aurais dès lors excité votre ressentiment : ce succès vous aurait semblé injuste, dans la mesure où j'aurais piétiné votre réputation pour y parvenir. La balle serait donc dans votre camp pour chercher à vous venger, et dans le même temps, à mieux me connaître, si votre rancœur s'accompagne d'une certaine dose d'intérêt, ce qui reste toujours envisageable. Après tout, ne fais-je pas un séduisant ambassadeur ?

Athénaïs : que dire, je ne vous connais point, j'ignore notamment vos préventions sociales, philosophiques et religieuses, et ne sais donc quand nos pas ont pu se croiser, ou en quels termes. Permettez-moi de consulter votre fiche avant toute proposition, et comme vous venez de consulter la mienne, n'hésitez pas à me faire dans l'intervalles celles qui vous passeraient par l'esprit.
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Lun 22 Avr - 11:03

Fort bien. Peut-être pouvons-nous simplement nous rencontrer et créer un lien suite à cette rencontre?
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Lun 22 Avr - 11:10

Citation :
Elle grandira dans son Lussac natal et ira au couvent pour son éducation à l'âge de 11 ans à Saintes, en comptant quelques escapades à la cour avec Monsieur quand son père viendra la chercher. Elle en sortira à 18 ans ou elle sera nommée Mlle de Tonnay-Charentes.

Vous conviendriez pour ma petite aventure au couvent et vous ne m'en parlez pas ! ^^ D'ailleurs, le caractère correspond, charitable et spirituel, suffisamment pour m'avoir séduit malgré nos quatre ans de différence, et cependant droit et intransigeant, suffisamment pour m'avoir remis à ma place et ainsi entraîné à fuguer, ce qui m'a peut-être sauvé la vie. Je me serais éteint en ces murs froids et sombres, ou j'aurais fini emmuré par les sœurs pour mes tentatives de séduction coupables. Peut-être le pressentiez-vous ?
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Lun 22 Avr - 11:28

Nous serions donc d'anciennes compagnes de couvent? Vous auriez été donc élevée en Poitou comme moi? Cela me conviendrait magnifiquement Very Happy
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Lun 22 Avr - 11:47

Je suis originaire du Cher voisin, mais la nécessité de dissimuler à notre entourage le développement quelque peu féminin de ma poitrine a poussé mes parents à m'exiler auprès d'une vieille tante qui avait fait carrière dans les ordres. Son couvent peut fort bien se situer dans le Poitou, en effet. ^^ J'y aurais fait mon arrivée aux alentours de treize ans, vous en aviez donc dix-sept. Fasciné par votre beauté et votre noblesse de cœur, j'aurais alors tenté de vous faire entendre que j'étais un jeune garçon déguisé en fille par une parenté jalouse pour l'écarter de la liste de succession, et par ailleurs, que nous étions faits l'un pour l'autre. Vous auriez dédaigné mes avances, sachant pertinemment que vous me brisiez le cœur, mais que vous m'évitiez de sérieux ennuis ; et j'aurais un beau jour disparu dans la campagne, pour ne plus donner de nouvelles. Le nom sous lequel mon inscription s'était faite, sur les registres du couvent, était Thècle-Marie de l'Illumination, et l'on me nommait simplement Marie.
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Lun 22 Avr - 11:54

Oh que voilà une idée remarquable!!!! J'aime beaucoup, j'adhère totalement Very Happy fan attitude
Comment procéder à nos "retrouvailles" alors? Qu'imaginez-vous pour cela?
Quant à cette fameuse histoire, souhaiteriez-vous que nous l'écrivions dans la partie "in memento"? Very Happy
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Lun 22 Avr - 12:03

Pourquoi pas. ^^ Cela peut en effet développer nos personnages d'autant plus. Et pour ce qui est des retrouvailles, j'ai changé depuis, je n'étais qu'un enfant au crâne rasé... Vous, en revanche, vous n'avez fait que vous épanouir, et votre nom est passé sur toutes les bouches. Avant même d'arriver à la Cour, je savais que vous étiez là. Naturellement, je ne vous ai pas sauté au cou. Vous êtes peut-être la seule personne qui me donne sincèrement honte d'être ce que je suis. Blessé dans mon orgueil adolescent, je n'ai jamais voulu comprendre que vous aviez eu raison de me repousser. J'en ai donc conclu que je n'étais "pas assez bien pour vous", si je puis me permettre cette formule populaire, et c'est encore ainsi que je me positionne.

C'est pourquoi, devant la Cour, je me dessine des sourcils au crayon : pour vous épargner de vous souvenir de moi. En effet, tant que je ne vous regarde pas dans les yeux en vous rappelant notre première rencontre, vous ne risquez pas de me reconnaître car je vous dissimule mon signe particulier le plus évident, l'absence de mes sourcils. Mais à présent que je suis rentré d'Angleterre en tenue d'homme, et que l'on jase en ville, vous pouvez toujours tomber sur une gazette où mon portrait sera un peu plus fidèle au souvenir que vous en avez, si souvenir il y a Wink Le doute s'insinuera dès lors dans votre esprit, et Dieu seul sait ce que vous en ferez. Je vous en laisse libre, et préfère en avoir la surprise.
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Lun 22 Avr - 12:13

Bienvenue parmi nous câlin J'aime bien quand il y a des nouveaux venus moi fan attitude
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Lun 22 Avr - 12:16

Oooh c'est merveilleux, j'adore j'adore j'adore!!! J'ai hâte que vous soyez validé très cher(e) Very Happy Afin de pouvoir mettre en jeu tout cela. fan attitude
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Lun 22 Avr - 12:23

Merci, messire Antoine. Dieu vous garde, mais pas de trop près. ^^
Moi de même, Athénaïs, je ne doute pas que les développements en auront toute la saveur des scénarios dûment travaillés. :study:
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Lun 22 Avr - 13:33

Bienvenue parmi nous balon

J'ai vraiment beaucoup aimé ton histoire donc dans un futur hypothétiquement proche -dont la proximité avec le présent dépendra en fait de ma capacité ou non à mettre mes neurones en marche pour trouver une idée digne de ce nom- je serai OBLIGÉE de venir te quémander un lien nétoiles

_________________________

QUELQUE CHOSE APPROCHANT COMME UNE TRAGÉDIE† Un spectacle ; en un mot, quatre mains de papier. J’attendrai là-dessus que le diable m’éveille.  (c) P!A
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René Stuart, dit Renée d'Aubigny

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