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 Décembre 1665 - Nous étions destinés à nous rencontrer ft. Jefferson Abbott


Mar 30 Avr - 12:06




" On a la même innocence. Parfois les mêmes croyances. "
Héloïse & Jefferson



Trois jours. Cela faisait maintenant trois jours qu’Héloïse de Fontanges était arrivée à St Germain avec son frère Mathis. Et bien que nous fussions au mois de décembre et que le froid était glacial, la belle n’avait pas pu s’empêcher de sortir dans les jardins. Le soleil brillait dans le ciel bleu, aveuglant mais ne réchauffant pas la jeune femme de ses rayons. Alors, elle s’était enroulée presque dans sa cape brune, ses mains gantées de noir. Elle s’assit sur un banc et se plongea dans la lecture de son journal. Un vieux journal relié de cuir qui en avait vu des choses durant le voyage les ayant conduits de Lugano jusqu’ici avec Mathis. A vrai dire, ce journal n’était pas le premier qu’elle écrivait. Elle avait l’habitude de mettre sur papier ses pensées depuis qu’elle avait atteint l’âge de huit ans. Depuis qu’elle avait vu ce prince charmant qui lui avait offert une broche, lui promettant de revenir l’épouser. C’était à Lugano. Elle était une enfant, amoureuse de la vision qu’elle pensait être celle du prince charmant des contes. Son premier coup de cœur. Héloïse ne pourrait juste jamais l’oublier. La broche, elle l’avait encore, cachée dans une boîte à bijoux que même son frère ne connaissait pas. Mais le souvenir du jeune homme se faisait un peu plus flou à chaque jour qui passait. Elle se souvenait juste de ses sublimes yeux bleus et de ses cheveux bruns. Et aussi des moments qu’ils avaient passés ensemble. Souriant à cette pensée, elle ne put s’empêcher de lâcher un petit rire. Elle ne savait pas si un jour cet homme reviendrait à Lugano. Mais elle était certaine qu’il allait avoir oublié sa promesse donnée à une petite fille dix ans plus jeune que lui. Dans les pensées d’Héloïse adulte, ce n’étaient que des paroles en l’air comme on en dit aux enfants pour les faire rêver. Caressant du bout des doigts la couverture de cuir abîmée, elle souffla, son souffle se transformant en buée à peine sorti de ses lèvres. Revenant à la lecture de son journal, elle sentit son cœur battre un rythme effréné dans sa poitrine. Là-bas, dans une taverne quelconque où ils s’étaient arrêtés avec Mathis, elle avait fait la connaissance de l’homme qu’elle aimait. Un homme qui appartenait à cette cour. Un homme avec qui elle avait passé une nuit incroyable, mais dont elle ne savait pas si elle avait pouvoir le revoir dans de pareilles conditions maintenant qu’ils étaient ici. Elle savait qu’il vivait ici, lui aussi. Elle l’avait croisé au fil des couloirs. Mais elle n’osait lui parler de cette nuit somptueuse. Elle savait leur amour impossible. Et comme l’enfant de huit ans avait souffert de la disparition de son prince charmant, l’adulte de vingt-et-un souffrait aussi. Elle soupira encore. Il n’y avait pas grand monde dans les jardins aujourd’hui. La journée n’était pas encore bien avancée. Il devait être à peine dix heures du matin. Fermant son journal, elle releva le regard, l’air frais s’engouffrant dans sa chevelure sombre laissée libre sur ses épaules couvertes. Elle n’aimait pas vraiment s’attacher les cheveux.. Alors, elle se leva. Mathis lui manquait déjà, bien qu’ils se soient séparés la veille au soir, vers les vingt-trois heures. Mais elle avait passée vingt-et-une années à ses côtés alors … Souriant à la pensée qu’elle allait sans doute le réveiller, elle se mit donc en marche. Mais, au bout de quelques petites minutes, elle fut coupée dans son avancée par une silhouette chapeautée dressée droit devant elle. En temps normal, elle l’aurait laissé passer et aurait continué sa marche vers les appartements de Mathis, mais là il lui semblait reconnaître l’homme. Où elle l’avait vu ? Elle n’en avait pas la moindre idée. Mais elle le connaissait, elle en était certaine. Se rapprochant un peu plus de lui, elle s’inclina respectueusement et commença :

- Monsieur, excusez-moi mais nous nous connaissons ?






FICHE PAR ROMANE DE ARTSOUL


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