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 J'ai besoin de vos conseils ft. Ninon de l'Enclos


Dim 16 Juin - 4:39



" J'y pense encore. Toujours. Encore. Et ça tourne en rond. J'y pense autant que le temps nous attends. Il est ma prison. Tout ce désir me tanne. Tout ce qui m'attire me condamne. "



Une fois encore, je pressais ma femme de chambre. Dans bien peu de temps maintenant, il me faudrait être chez mon amie, Ninon de l'Enclos. J'avais quelques conseils à lui demander. Des conseils d'ordre amoureux. Ninon était une femme de lettres que j'avais eu le plaisir de rencontrer lors d'un de ses salons. Brillante, intelligente, cultivée, d'une gentillesse rare, elle m'avait tout de suite donné envie de mieux la connaître. Et, pourquoi pas, d'en faire une de mes amies. Alors, nous avions parlés beaucoup. De tout et de rien. De littérature, principalement. Après tout, c'était ce qui nous avait fait nous rencontrer. Et, au fur et à mesure du temps qui passait, j'avais appris à découvrir une femme douée d'un véritable bon sens. Une femme qui m'avait de suite fait avoir entièrement confiance en elle. Alors, c'était pourquoi je lui avais envoyé une lettre pour lui demander à la voir, il y avait environ une semaine de cela. Je lui avouais que le sujet était embarrassant et le besoin de la voir pressant. Malheureusement, ce n'était guère des choses dont nous pouvions parler dans des lettres, au risque de nous mettre moi et l'homme dont j'allais parler à Ninon dans l'embarras le plus complet, si jamais cela passait dans les mains de mauvaises personnes. Les ragots vont bon train et circulent aisément ici. Et briser la réputation de cet homme était la dernière chose que je désirais. Et la femme de lettres m'avait répondue, m'invitant à aller chez elle en ce jour pour lui parler donc. Attrapant sur le bord de mon lit un de ces chapeaux que j'affectionnais particulièrement puisque création de ce cher Jefferson Abbott, mon meilleur ami et frère de coeur, je déposais un baiser sur la joue de ma femme de chambre qui commençais à grogner. Le même geste qu'une fille aurait pour sa mère. Marie était un  peu comme une mère, pour moi. Du haut de ses quarante-cinq ans, elle aurait pu l'être en tout cas. Abandonnant l'idée de prendre une calèche quand je vis le resplendissant soleil dehors, je marchais donc dans les rues de Paris, direction l'hôtel particulier de Ninon. Peu douée quand il s'agissait de m'orienter, je demandais mon chemin à deux reprises avant de me présenter finalement devant le bâtiment. Frappant à la porte, je fus accueillie par un domestique. Alors que je m'annonçais, il me mena dans le salon de réception où mon amie m'attendait. Esquissant une petite révérence rapide et polie, je me dirigeais vers elle.

- Ma chère Ninon, j'ai tellement besoin de vos conseils. Vous ne pouvez savoir à quel point.


Dernière édition par Héloïse de Fontanges le Jeu 26 Déc - 8:41, édité 9 fois
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Dim 7 Juil - 13:07

Cela faisait maintenant une semaine que Ninon avait reçu une lettre d’Héloïse de Fontanges. Cette lettre avait d’ailleurs particulièrement alarmé la femme de lettre qui s’empressa de lui répondre. Au premier abord, la jeune Héloïse avait besoin de conseil sur une situation qui avait l’ait toute particulièrement délicate. Les histoires d’amour ne sont pas toujours évidentes après tout. Ninon en sait quelque chose d’ailleurs. Tout ce qu’elle espérait, c’est qu’elle pourrait l’aider. Elle s’empressa de se lever et fit tout pour avancer toute la paperasse qui semblait être urgente afin de consacrer à Héloïse tout le temps dont elle aurait besoin. Elle avait donc prévu de boire le thé avec elle afin de la détendre. Ce serait plus facile pour parler. Une fois sa paperasse terminée, elle se rendit dans son salon afin de voir si ses domestiques avaient terminé ce qu’elle leur avait demandé. La table était parfaitement bien dressée. Le thé était en train d’infusé parfaitement et les macarons avaient étaient parfaitement disposé. Ninon inspecta toute la pièce. Après tout, elle avait une réputation à tenir et tout devait être absolument parfait.

-Bien, tout semble parfait. Je vais dans mon bureau, venait me chercher quand mon invitée sera là.

Elle repartit dans son bureau. Elle regarda une de ses lettres en soupirant. Il s’agissait d’une correspondance dont elle ne voulait pas répondre mais elle n’avait pas le choix. Cela faisait déjà un mois qu’elle la laissait trainer sur son bureau. Elle prit donc son courage à deux mains et commença à rédiger sa réponse. Heureusement pour elle, la réponse lui prit moins de temps qu’elle pensait. Elle eut tout juste le temps de remettre sa plume dans son encrier, que son domestique vint lui annoncer la venue d’Héloïse. Ninon sourit et se leva. Elle sortit de son bureau et se dirigea vers le salon. Elle eut à peine le temps de lui dire bonjour qu’Héloïse se dirigea vers elle.

-Bonjour ma chère, allons calmez-vous. Elle la prit doucement par le bras et la dirigea vers la table qui avait été dressée tout simplement pour l’occasion. –Venez, vous allez vous assoir et tout me raconter. Mais tout d’abord calmez-vous.

Ninon s’assit et montra une chaise à Héloïse. Un des domestiques vint verser le thé et prendre le chapeau d’Héloïse qu’il prit le soin d’accrocher sur le porte manteau juste derrière elles. Ninon prit sa tasse de thé qu’elle porta à ses lèvres et but une gorgée. Elle regarda ensuite son invitée.

-D’après votre lettre, ça avait l’air important. Je suis tout à vous et je ferais tout pour vous conseiller au mieux.
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Lun 19 Aoû - 13:10

Je m'asseyais alors qu'elle me me proposa, me contentant de regarder la tasse de thé posée sur la table. Comment lui raconter ? Devrais-je lui dire que cet homme aimé dont j'allais lui parler était Mathis ? Je savais que Ninon était une femme gentille et une bonne amie en qui je pouvais avoir confiance, mais confiance à ce point ? Je comptais bien lui parler de mon amour secret, c'était certain. Mais jusqu'où pourrais-je et devrais-je aller ?Je décidais de commencer simplement par le début.

- Vous savez que j'ai fait avec Mathis, mon frère, un voyage assez long pour venir ici, depuis notre Lugano natale. Nous avons plus ou moins pris notre temps, il faut le dire. Et, alors que nous entrions en France, il y avait dans une des auberges où nous nous sommes arrêtés pour un petit moment un homme. Un bel homme.

Levant le visage vers elle, je souris en me remémorant le visage de cet homme. Bien entendu, la vérité que j'allais offrir là à Ninon était modifiée. Mais il le fallait, pour nous protéger Mathis et moi. En tout cas, alors que le visage de celui dont je partageais les sentiments s'inscrivait encore une fois dans ma mémoire, je sentis mes joues rougir, quelque peu honteuse au fond de moi de ne pas faire assez confiance à la dame pour tout lui avouer. Peut-être plus tard, au cours de la conversation, lâcherais-je son nom. Mais il me fallait d'abord savoir comment elle allait réagir aux faits. Je ne pourrais supporter l'idée d'avoir mis la vie de Mathis en danger juste pour soulager le poids d'un amour devenu trop lourd. Je bus une gorgée de thé avant de continuer mon récit.

- Il était noble. Il l'est toujours d'ailleurs. Je ne sais pas exactement comment nous en sommes venus là mais nous avons ... partagés le même lit. Je me mis à rougir. Et ce tous les soirs, pendant la semaine où nous étions là-bas.

Et nous avions continués après, vivant pendant ce voyage un genre de lune de miel, bien que nous n'étions pas mariés.

- Je sais que ce n'est pas bien, mais je l'ai fait. Mais le problème est que j'ai recroisé cet homme à la Cour et que nous entretenons une relation secrète.

Je reposais ma tasse de thé, gardée jusqu'alors entre mes mains pâles et regardait Ninon dans les yeux. La peur se lisait sur mes traits, dans mes yeux. J'avais si peur. Je craignais pour la vie de cet homme, pour la mienne aussi.

- Je sais que je ne devrais pas ressentir de telles choses et encore moins avoir de tels actes, mais je l'aime. Et il m'aime aussi, il me l'a dit. Je ne sais que faire.

Je tendis mes mains, prenant celles de Ninon entre, la suppliant du regard de m'aider. J'espérais tellement qu'elle pourrait me comprendre et me donner des conseils pour soulager cette peine qui était la mienne. Mais je redoutais une possible parole de la part de la femme de Lettres. Je craignais tellement qu'elle me dise de quitter cet homme. Car comment pourrais-je quitter celui avec qui j'avais toujours vécu et pour qui j'étais capable de mourir ?


Dernière édition par Héloïse de Fontanges le Jeu 26 Déc - 8:06, édité 5 fois
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Lun 16 Sep - 20:50

Ninon regarda Héloïse s’assoir devant elle. Elle ne le montrait pas mais elle ne pouvait que l’envier. Elle était jeune et belle. Tout ce que Ninon avait perdu. Elle se rendit compte en la voyant à quel point le temps avait passé rapidement. Mais à première vue, cette jeune femme avait quelque chose d’important à lui dire. Voyant la beauté et l’innocence de la jeune femme, il ne pouvait s’agir que d’un souci d’amour. Elle ne put s’empêcher d’avoir un petit sourire discret à cette pensée. Son sourire n’était pas du tout méchant mais simplement nostalgique. Elle ramena la tasse à ses lèvres et but une gorgée. Elle posa ensuite la tasse sur la table et attendit qu’Héloïse prenne la parole.

Son pressentiment était donc le bon. Il s’agissait bien d’un problème de cœur, et d’après les premiers éléments, il avait l’air plutôt corsé. Mais Ninon en voulait pas interrompre la jeune femme et resta donc silencieuse. Héloïse avait donc rencontré un bel homme. Ah les hommes, ils étaient bien connu pour faire tourner la tête de n’importe quelle femme et ce à tout âge. Ils y en a même qui arrivaient à faire tourner la tête de Ninon. Mais cette dernière avait toujours réussi à se protéger. Chose difficile quand on est jeune et innocente. Mais toutes les expériences qu’elle avait eues ont pu la renforcer.

Ninon avait donc une jeune femme innocente et vierge en face d’elle. Le sourire de Ninon ne put s’empêcher de s’élargir. Héloïse avait encore beaucoup de choses à apprendre. Elle allait devoir faire face à des peines de cœur. Ce qui ne serait pas facile du tout d’ailleurs. Car notre premier amour et une chose intense que l’on vit pleinement et lorsque on le perd, il est très difficile de s’en remettre. Les blessures finissent toujours par se refermer avec le temps, mais certaines nous prennent plus de temps que d’autre. Mais Ninon perdit son sourire aussi vite qu’il était apparu sur son visage poudré. Si cette jeune femme se trouvait en face d’elle, c’est que l’histoire n’allait pas forcément bien se terminer. Ou peut-être que si après tout. Elle avait peut-être tout simplement besoin d’un conseil pour savoir quelle décision elle allait devoir prendre. Mais pour cela, il fallait que Ninon cesse de penser et se consacre au récit d’Héloïse. Elle continuait de l’écouter, attendant patiemment le moment où elle allait devoir intervenir.

Le moment tant attendu ne tarda pas à arriver. Héloïse lui avoua qu’ils avaient partagé le même lit plusieurs fois. Ninon ne put s’empêcher de secouer la tête par la pensée. Héloïse n’était pas mariée. Sans en être consciente, Héloïse venait de tirait un trait sur son avenir c’était plus que certain… Il était très mal venu de la part d’une jeune femme bien élevée de coucher avec qui que ce soit avant le mariage. Ces femmes terminaient seul et au couvant dans la plupart des cas. Ninon serra doucement les mains d’Héloïse dans les siennes.

-Calmez-vous ma chère. Je ne vous cache pas que votre situation est des plus délicates. Je ne veux pas vous mentir en vous disant ce que vous désirez entendre. Vous aimez cet homme et il vous aime aussi. J’espère pour vous que son amour est des plus sincères.

Elle savait que la plupart des hommes étaient des beaux parleurs… Elle en avait connu suffisamment pour savoir comment ils fonctionnaient.

-Je ne suis pas ici pour vous faire la morale mais pour vous dire les faits. Il est clair que vous n’auriez jamais dû coucher avec lui. Si vous aviez été mariée, la situation aurait été beaucoup plus simple. J’ignore où se trouve vos parents et encore moins ce qu’ils vous réservent mais votre avenir semble vraiment compromis. Ils sont en droit de vous enfermer dans un couvent jusqu’à la fin de votre vie. Pouvez-vous m’en dire un peu plus sur cet homme ? Avez-vous la possibilité de vous marié avec lui d’une manière ou d’une autre ? Car j’aimerais vraiment vous aider à trouver une solution mais je n’ai pas assez de renseignements. Et j’aimerais vous aider du mieux que je peux.

Pour pouvoir l’aider, il fallait qu’elle lui fasse confiance. Car si elle pouvait réussir sa vie amoureuse, Ninon en serait enchantée.
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Ven 4 Oct - 1:57

Si j'avais choisi d'en parler à Ninon plus qu'à toute autre personne, c'était bel et bien pour cette raison. Je savais que la dame allait me dire tout ce qu'elle pensait sans prendre de pincettes, ni chercher à me garder de quelques remarques blessantes mais vraies. D'ailleurs, ce qu'elle me dit d'abord me serra un peu le coeur. Elle disait espérer que l'amour de Mathis pour moi était sincère. Si seulement elle savait à quel point j'espérais la même chose, à quel point je priais pour avoir la certitude que ce que me disait mon tendre amour était réel et non pas un discours répété cent fois devant son miroir. Enfin ... Regard rivé sur les mains de Ninon liées aux miennes, j'écoutais la suite de ses paroles, légèrement honteuse alors qu'elle me disait ce que je savais être une vérité vraie. Non, je n'aurais jamais du coucher avec Mathis. Oui, mon avenir semblait réellement compromis. Je pinçais les lèvres. Tout cela, je le savais depuis la première fois où Mathis m'avait regardé dans les yeux et m'avait dit "je t'aime". J'avais su, en lui disant à mon tour, que j'empruntais là une voie périlleuse et que je ne pourrais jamais faire demi-tour. Cette route empruntée avec l'amour de ma vie pourrait très bien m'emmener vers un monde empli de bonheur autant que vers la mort. Seul le Destin savait... Et moi, je ne pouvais que me contenter de cette peur qui vivait constamment en moi, plus ou moins silencieuse selon la situation. En ce moment, elle semblait d’ailleurs hurler. A m’en casser les tympans. Alors que Ninon aborda le sujet de mes parents, je ne pus m’empêcher de grimacer. Heureusement – et malheureusement à la fois -, ils n’étaient plus un obstacle possible à ma relation avec Mathis. Mon père était décédé il y avait maintenant quelques années de cela. Et ma mère ne donnait plus aucune nouvelle. Pas un signe de vie. Elle semblait nous avoir tout simplement rejetés, Mathis et moi. Il était vrai que la chose était douloureuse, mais je ne m’en portais pas si mal à vrai dire. Surtout quand je repensais au fait qu’elle m’avait cachée pendant 20 ans mon adoption et ne me l’aurait jamais dit si Mathis n’était pas intervenu. Pour mon aimé, la chose semblait plus complexe. Et je ne savais pas comment l’aider. Enfin, là n’était pas la question pour le moment. Des renseignements. Ninon voulait des renseignements sur l’homme mystère. Aussitôt eut-elle formulée cette demande que je lâchais ses mains, prenant entre les miennes la tasse de thé sans y boire. Regard vrillé sur le liquide, je rougis instantanément. Comment lui dire ? Comment m’assurer qu’elle allait rester mon amie, ne pas me jeter dehors et, encore pire, ne pas nous dénoncer Mathis et moi pour un inceste qui n’en était pas un en réalité ? Je tremblais. Je savais que si j’étais venue ici, c’était pour en arriver à un moment ou un autre à cela. Mais voilà, maintenant que la situation était bien placée et que je ne pouvais reculer, j’avais peur. Une peur bleue.

- A vrai dire, commençais-je, non pas vraiment. Je déglutis. Nous ne pouvons pas vraiment nous marier. Et ce pour la simple raison que cet homme est … Je serrais plus encore la tasse, la but d’un coup comme s’il s’était agit d’un verre d’alcool et levais timidement les yeux vers Ninon … C’est mon frère. Mathis.

Ninon connaissait Mathis. Je ne pensais pas qu’ils se soient rencontrés un jour, mais je lui en avais déjà parlé. A vrai dire, il était la personne qui comptait le plus à mes yeux, de toutes les manières possibles entre nous deux. N’osant plus regarder Ninon dans les yeux, je reposais la tasse sur la table et mes yeux sur mes mains, elles-mêmes posées sur mes cuisses. Je tremblais comme si j’avais été soudainement prise d’un violent coup de froid, ou de fièvre. Mais non, rien de tout cela. Oh mon Dieu, quelle erreur n’avais-je pas fait là ?


Dernière édition par Héloïse de Fontanges le Jeu 26 Déc - 8:09, édité 2 fois
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Ven 18 Oct - 12:38

Ninon ne pouvait pas s’empêcher de se demander ce qui avait bien pu pousser Héloïse à venir lui parler. Certes, elle avait de l’expérience, mais elle n’était pas forcément de très bon conseil. Elle n’était pas mariée et elle collectionnait les amants comme on collectionnait les éventails. Si Héloïse voulait coucher avec un garçon qui était déjà en couple, Ninon aurait su quoi lui dire et lui conseiller. Mais là, la situation était totalement différente. Héloïse était plus que mordue de ce garçon et Ninon le voyait bien. Il y avait des signes sur son visage et dans ses gestes qui ne trompaient pas. Elle ne put s’empêcher de sourire car Héloïse la faisait un peu penser à elle à son âge. Mais il s’en était passé des choses depuis. Ninon avait appris à se protéger et à fermer son cœur. Il ne fallait pas qu’elle tombe amoureuse. Elle avait décidé de se l’interdire car l’amour fait trop souffrir et elle s’en était bien rendu compte. Elle était tombée amoureuse d’un homme marié. Elle avait vécu de merveilleux moment avec lui et elle était même tombée enceinte. Elle lui avait donné un fils qu’il avait eu l’honnêteté de reconnaitre à la naissance. Mais il avait fini par s’en aller et ils avaient cessé de se voir. Ils s’écrivaient juste de temps en temps mais sans plus.

Ninon secoua doucement la tête pour ne plus penser à toute cette histoire. Le seul côté positif de cette relation avait été la naissance de son fils pour lequel elle était très fière d’ailleurs. Mais revenons à cette pauvre Héloïse. Ninon voulait l’aider au mieux et le mieux pour cela était de se concentrer d’avantage sur son histoire. Il ne fallait pas qu’elle en manque une seul miette car il fallait qu’elle évite de lui faire répéter ses phrases afin d’éviter d’enfoncer d’avantage le couteau dans la plaie. Quand Héloïse reprit la parole, Ninon prit sa tasse de thé et sans quitter Héloïse du regard, elle en but une gorgée. A un moment, elle manqua de s’étouffer. Non, c’était impossible, elle avait dû mal comprendre. Son frère ? Bien évidemment, Ninon ignorait qu’en réalité il s’agissait de son frère adoptif. Ce qui aurait pu lui éviter un malaise si ce détail avait pu lui être précisé. Malgré tout, Ninon avala de travers. Elle se mit à tousser et posa sa tasse. Non mais son frère ??? Comment pouvait-on coucher avec une personne qui possède le même sang que vous ? Cette situation était vraiment mal seine. Ninon posa sa main sur sa poitrine et tenta de calmer sa toux.

-Attendez, j’espère avoir mal compris. Votre frère ??? Mais comment peut-on coucher avec son frère ? Vous devez arrêter cette relation mal seine tout de suite. Mais enfin votre frère ?? Vous réalisez la gravité de la situation ?

Elle réalisa qu’elle était en train de monter un peu le ton sans le faire exprès. Elle n’avait jamais entendu une chose pareille. Si d’autres personnes l’apprenaient, ça pourrait vraiment mal finir pour eux. Plus Ninon s’interrogeait, moins elle comprenait comment on pouvait être attiré par son frère au point de coucher avec ? Elle ne trouvait aucune réponse à cette question d’ailleurs. Elle n’avait pas réalisé qu’elle était restée quelques minutes sans parler. Dans sa tête, le temps avait paru beaucoup plus court que dans la réalité. Elle regarda Héloïse.

-Excusez-moi, je ne voulais pas me montrer grossière. Je ne suis pas ici pour faire l’avocat du Diable mais uniquement pour vous donner des conseils comme vous me l’avez demandé. Mais ma chère, comprenez que vous ne pourrez pas continuer comme ça. Il faut absolument que vous cessiez de le voir. Cette situation peut vous apporter de terrible ennuis.
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Jeu 26 Déc - 8:30


Une fois encore, j'avais parlé sans prendre le temps de réfléchir avant. Et une fois encore, je venais de me mettre dans une situation qui pourrait bien me valoir un jour ou l'autre de terribles ennuis. Mais d'où venait donc cette envie de me confier à tout le monde ? Pourquoi n'étais-je pas capable de tenir ma langue ? Il y avait eu Ian, puis Jefferson, puis Gabrielle et maintenant Ninon. Quatre personnes au courant de ma relation avec Mathis. Quatre personnes de trop. Si Mathis venait à le savoir ... Alors que la dame toussa, manquant de s'étouffer, je me retins de pleurer. Pleurer. Une chose que je faisais un peu trop souvent à mon goût. Mais quand est-ce que cela s'arrêterait donc ? Si je réalisais la gravité de la situation ? Oh oui, mieux que quiconque. Je savais que j'étais perdue depuis la première fois où je m'étais emparée des lèvres de Mathis. S'il n'y avait pas eu de baiser ce soir là, peut-être aurais-je pu lui fermer mon coeur et ne garder de lui que l'image d'un frère. J'aurais souffert. Il aurait souffert. Mais moins que nous souffrions aujourd'hui. Ninon haussa le ton et je me recroquevillais sur ma chaise comme une enfant prise la main dans le sac. J'avais honte. Si honte. Les minutes défilèrent et la dame resta silencieuse. Moi, je n'osais parler. De toute manière, je ne savais que dire. Peut-être aurais-je du l'informer du fait que Mathis et moi n'avions aucun lien de sang, qu'il était mon frère adoptif. Mais, les mots ne semblaient pas vouloir sortir de ma gorge. Alors qu'avec un autre je me serais empressée de le dire, avec Ninon je ne le pouvais. Peut-être était-ce parce qu'elle disait tout ce que je pensais et ne voulait m'avouer à voix haute. Elle se remit à parler et je levais timidement les yeux vers elle. Il fallait que je cesse de le voir, hein ? Ca, je le savais. Marie, ma douce femme de chambre, me l'avait déjà dit alors que je pleurais dans mon lit, une fois encore, blottie contre celle qui m'avait rejointe comme une mère attentionnée.

- Je ... je sais. Articulais-je difficilement.

Puis, levant plus la tête et regardant Ninon dans les yeux malgré les larmes qui embuaient les miens comme bien - trop ? - souvent ...

- Je le sais. Mais...je l'aime. Enfin, je crois que je l'aime.

Cette conversation me donnait l'impression de parler avec ma conscience. Et, pour une fois, j'étais prête à l'écouter. Prenant un macaron, je l'avalais en deux bouchées, voulant m'occuper les mains mais les ayant trop rapidement vides. Je rabaissais mon regard sur la tasse de thé désormais vide. Je pris une grande inspiration. J'allais lui dire pour mon adoption. Il le fallait quand même.

- Il vous faut savoir quelque chose. Ma voix était basse. Je marquais un silence, avant de reprendre avec le même manque d'audibilité. Je ne suis pas une Fontanges par le sang. Ma ... mère m'a adoptée alors que je venais de naître. Quelqu'un m'avait déposée devant la maison familiale. Mon frè...Mathis et moi n'avons aucun lien de sang. Puis, enfin, j'avouais. Mais parfois, je me dis que tout serait plus simple si c'était le cas. Au moins, je n'aurais pas laissé mes sentiments amoureux s'éveiller et je ne serais pas dans un tel pétrin.
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Lun 6 Jan - 12:01

Ninon crut vraiment qu’elle allait finir par s’étouffer. Elle réussit cependant à reprendre sa respiration. Elle ne pouvait s’empêcher de se demander ce qui pouvait bien trainer dans la tête de cette jeune femme. Ninon savait que l’amour faisait parfois faire des choses étranges mais pas à ce point-là. Elle finit par se reprendre et sortit un mouchoir afin de s’essuyer les yeux qui étaient en train de couler. Ninon ne savait vraiment pas quoi lui dire. Elle avait juste envie de la soulever et de la secouer aussi fort que possible afin de lui remettre d’avantage les idées en place. Car il s’agissait vraiment d’une relation mal saine qui ne lui apporterait que des désagréments. Mais elle chassa cette image de sa tête, car ce genre de comportement ne l’aiderait pas. Héloïse avait vraiment l’air perdue et Ninon pouvait le comprendre. Elle regarda donc la jeune femme sans ouvrir la bouche. Attendant qu’elle lui donne d’avantage d’informations. Et puis, elle fut soulagée lorsqu’elle lui dit qu’il s’agissait de son frère d’adoption. Ninon ne put s’empêcher de soupirer de soulagement. La situation n’était pas si terrible que cela après tout. Elle se repositionna correctement sur son fauteuil. Elle prit un autre mouchoir et le tendit à Héloïse afin que cette dernière puisse sécher ses larmes.

-Allons ne pleurez pas. Voilà qui me soulage. S’il s’agit là de votre frère adoptif, rien ne vous empêche de vous marier. Vous n’êtes pas lié par les liens de sang donc vous pouvez très bien vous exposez ensemble. Certes, ça fera très certainement étrange à votre entourage de vous voir marié, mais ils vont finir par s’y faire. Si j’étais à votre place, je n’hésiterais pas une seconde. Rien ne vous empêche de vivre heureuse. Et si les autres personnes ne sont pas satisfaites ou si vous avez peur d’être mal jugée, rien ne vous empêche de commencer une vie dans un autre endroit.

Ninon ne comprenait pas pourquoi elle se mettait dans un tel état. Si elle était à sa place, il y a bien longtemps qu’elle serait partie avec celui qu’elle aimait menait la vie dont elle rêvait.

-Personne ne doit vous dire ce que vous devez faire. Qu’en pense votre frère ? Enfin, si je peux toujours l’appeler ainsi car je ne sais pas trop comment le nommer depuis ce que vous venez de m’avouer. Mais la prochaine fois, n’attendez pas avant de me donner une information aussi importante, car j’ai vraiment eu peur qu’il s’agisse de votre frère de sang et si tel avait été le cas, je ne sais pas ce que j’aurais pu faire pour vous aider. Maintenant, expliquez-moi ce qui vous empêche de vous marier avec lui.

Tout en lui parlant, elle prit la théière et reversa du thé dans la tasse de son invitée.
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Mar 14 Jan - 3:43

S’il y avait bien une chose que je n’étais pas sûre de parvenir à maîtriser un jour, c’était bel et bien ma façon de parler aux gens. J’avais la fâcheuse habitude de dire ce qui me passait par la tête, sans prendre le temps de faire attention aux mots qui sortaient de ma bouche. Parfois, cela pouvait me mettre dans de fâcheuses situations. Je le savais, mais c’était plus fort que moi. Et cette fois-ci, la chose s’était encore reproduite. J’aurais du dire en premier lieu à Ninon que Mathis n’était pas mon frère de sang, que j’avais été adoptée. Mais, non. Il avait fallu que j’oublie ce détail, la première fois. Détail qui, pourtant, avait une très grande importance. Voir même une importance capitale. Prenant le mouchoir que me tendait la dame, je la remerciais d’un signe de tête et essuyais un peu mes larmes, reniflant pour y mettre fin. J’écoutais avec attention ce qu’elle me disait et ne put m’empêcher de secouer la tête. Non, les choses n’étaient pas aussi simples que la dame le pensait. Mais, ce n’était pas sa faute, encore une fois. J’avais oublié là aussi de lui donner des informations. Enfin, pour certaines. Car, il y en avait d’autres que je faisais exprès d’omettre. Des secrets entre Mathis et moi qui ne devaient être révélés à personne, mais qui étaient importants à la compréhension de la situation. Serrant le mouchoir dans mes mains, je posais ces dernières sur mes cuisses et regardais Ninon, la remerciant quand elle me resserra une tasse de thé.

- Pour tout le monde, je suis une Fontanges. Enfin…je sais que je ne changerais pas de nom en épousant Mathis, mais j’ai peur de la réaction des gens autour de nous. Spécialement de celle de notre mère.

Je pris la tasse entre mes mains et réchauffais ces dernières. Oh oui, je craignais sa réaction. Après tout, elle ne voulait déjà plus parler à Mathis et l’avait banni de la demeure familiale simplement parce qu’il m’avait avoué mon adoption. Alors si elle apprenait que nous étions un couple, lui et moi…et que nous étions mariés… Je n’osais imaginer sa réaction. Elle ne voudrait sans doute plus de nous auprès d’elle. Elle nous rejetterait purement et simplement, j’en avais peur. Pour ma part, je savais que cela allait me chagriner sur le coup, mais que je m’en remettrais bien vite. Après tout, tant que je pouvais vivre une existence de bonheur auprès de mon aimé, je n’avais cure de la manière dont pourrais me voir ma mère adoptive. C’était pour Mathis que j’avais peur. Il aimait notre mère plus que tout au monde. Il avait déjà beaucoup de mal à supporter l’idée d’être banni de la demeure familiale. Si elle venait à la renier… J’entretenais une relation épistolaire avec Luciana de Fontanges. Une correspondance qui devait rester secrète aux yeux de Mathis. Il risquerait de se mettre dans un état pas possible s’il l’apprenait, lui qui m’avait tout bonnement interdit de reprendre contact avec celle qu’il appelait « le tyran ». Je bus une gorgée et continuais.

- Ma mère adoptive n’a jamais voulu m’avouer que je n’étais pas une Fontanges de par le sang. Je ne sais de quoi elle avait peur, mais le fait est qu’elle a bannie Mathis de Lugano. Nous n’avons d’autres endroits où nous réfugier pour recommencer une nouvelle vie à deux. Et puis, je crois bien que jamais Mathis ne voudrait partir de Saint Germain, de toute manière. Il se plait ici. Plus que moi, en tout cas. Il est fait pour ce monde.

Oh oui, il l’était. C’était étonnant de voir la facilité avec laquelle mon aimé se fondait dans la masse des courtisans. J’avais l’impression en le voyant qu’il avait toujours vécu ici. Il était fait pour cette vie. A la différence de moi. Moi, c’était à l’extérieur que je me sentais le mieux. C’était lorsque je marchais sans but, à l’air libre que je me sentais vivre. Que ne donnerais-je pas pour retourner à Lugano… Mais, je ne pouvais abandonner Mathis. Je ne le voulais pas.
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Mer 29 Jan - 13:13

Ninon commençait à en avoir un peu assez du comportement d’Héloïse. Elle n’avait rien contre lui donner des conseils bien au contraire. Mais au bout d’un moment, il fallait prendre son courage à deux mains et assumer ses actes. Elle voulait être heureuse avec son amour ? Il fallait donc qu’elle joue les égoïstes et qu’elle donne un bon coup de pied dans la fourmilière. Ses parents n’allaient pas être éternel, et une chose était bien connue, on ne fait pas sa vie avec ses parents. Si elle épousait son frère adoptif, sa mère serait au moins certaine qu’il prendrait soin de sa fille. Donc au bout d’un moment, on prend son courage à deux mains. Ninon n’avait pas envie de se montrer grossière avec elle, mais le seul moyen de faire bouger les choses était de la secouer un peu. Ninon commençait donc à en avoir assez et décida de se montrer un peu plus direct.

-Ecoutez-moi, je ne veux pas me montrer grossière avec vous mais au bout d’un moment il faudrait savoir ce que vous voulez. Ou vous assumez vos actes, vous vous mariez tous les deux et vous vivez heureux en laissant vos parents de côtés. Vous savez aussi bien que moi que vos parents ne sont pas éternels donc il serait judicieux de les oublier un peu. Ou dernière solution, vous oubliez toute cette histoire et vous recommencer à zéro une relation frère et sœur comme si de rien ne s’était passé. Je comprends tout à fait que si vous choisissez de vous marier avec votre frère adoptif, ça va faire drôle à votre mère mais il n’y a pas de mal à ça. Pourquoi quitter la ville ? Si Mathis travaille suffisamment il pourra gagner bien assez pour que vous ayez tous les deux une vie confortable. Ayez confiance en lui. Il aime peut être son mode de vie mais s'il vous aime vraiment il saura y renoncer pour un temps.

D’une certaine manière, Ninon se sentait beaucoup mieux. Elle avait pu lui dire tout ce qu’elle pensait. Elle ne savait pas comment Héloïse allait le prendre mais au bout d’un moment il faut prendre le taureau par les cornes. Ça devait être très certainement à cause de l’âge que Ninon commençait à perdre patience. Le comportement d’Héloïse commençait à l’agacer. Ce n’est pas en pleurnichant qu’elle allait réussir à améliorer la situation.

-Cette relation n’est pas impossible du tout si vous et Mathis y croyez. Il faut donc vous soutenir. Je suis désolée si je suis un peu dur avec vous.

Elle lui prit doucement les mains.


-Mais si je vous secoue un peu c’est uniquement dans votre intérêt. Les larmes n’ont jamais rien arrangé. Vous êtes une adulte et il faut vous comporter comme telle. Donc maintenant prenez une décision et si c’est celle de l’épouser alors faîtes-le. Si vous avez besoin d’un toit au-dessus de votre tête, je peux peut être vous trouvez quelque chose mais ce sera du temporaire.

Elle voulait les aider car elle avait envie qu’Héloïse soit heureuse. On a tous droit au bonheur.

-C’est donc avec plaisir que je vous aiderais mais avant toute chose, il faut que vous preniez une décision et vous devrez vous y tenir.
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Jeu 6 Mar - 1:12

Ce fut attentivement que j’écoutais les dires de Ninon. Elle avait raison, je le savais bien, le sentais bien. Elle disait tout ce que je voulais entendre, à vrai dire. Tout ce que je n’osais pas me dire à moi-même. Ca avait toujours été comme ça. J’étais ce genre de personnes qui pensent quelque chose, qui savent au fond d’elles comment trouver le bonheur, mais qui n’osent pas se le dire jusqu’à ce que quelqu’un le fasse à leur place. Et c’était ce que Ninon venait de faire. Non, ma mère n’était pas immortelle. Oui, Mathis m’aimait assez pour quitter la Cour par amour pour moi. De tout cela, j’étais certaine. Regardant les mains de Ninon s’emparant des miennes, j’inspirais longuement, me calmant un peu. Un sourire timide mais néanmoins présent se dessina même sur mes lèvres. Oui, j’allais pouvoir le faire. J’allais pouvoir dire à Mathis tout ce que j’avais sur le cœur. Lui dire à quel point j’avais besoin de lui, à quel point je voulais être sa femme, à quel point nous n’avions pas besoin de tout cela, de la Cour. J’allais lui dire. Mais quand ? Quand est-ce que je le reverrais enfin ? Et le verrais-je assez longtemps pour avoir le temps de lui dire ou se contenterait-il encore de deux minutes à nous embrasser en cachette dans un recoin sombre du palais avant de nous séparer encore sans un mot ?

- Je le ferais, acquiesçais-je à mon amie. Je lui dirais tout ça. Je trouverais l’occassion. Et c’est très gentil de votre part, mais je crois que si…quand nous partirons de la Cour, ce sera pour retourner à Lugano. Au moins l’espace d’un instant.

Je lâchais les mains de Ninon, pris dans les miennes un petit gâteau que je ne mangeais pas toutefois. Pas encore.

- A Paris et à St Germain, j’ai beaucoup d’amis. Dont vous. Des personnes auxquelles je tiens énormément. Mais, ce n’est pas chez moi. Et j’ai besoin de rentrer un peu chez moi. Au moins, le temps que la situation se calme, que Mathis et moi mettions les choses au clair. Ensuite, nous reviendrons ici.

Oui, il n’y avait qu’à Lugano que je me sentais vraiment chez moi. C’était là-bas que j’avais vécu la majorité de mon existence. Là-bas que j’avais mes plus beaux souvenirs. A Paris, je me sentais comme une étrangère. Bien que j’ai ici beaucoup de personnes comptant énormément pour moi. Mais, ce n’était pas parce que j’allais retourner à un moment donné à Lugano que nous devrions pour cela perdre tout contact. Et quand je reviendrais, ce sera comme si je n’étais jamais partie.

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Mer 26 Mar - 19:36

Ninon ne se rendit pas vraiment compte qu’elle lui avait parlé peut être un peu sèchement. Elle ne voulait pas la blesser mais juste la secouer un peu. La Dame de lettre voulait tout simplement lui faire comprendre que même si elle est jeune il faut qu’elle se forge un caractère car les femmes sont connues pour être le sexe faible. Mais Ninon n’a jamais été d’accord avec ça. Pour elle, il était tout à fait hors de question pour Ninon de se laisser marcher dessus par la gente masculine. Et Ninon voulait tout simplement l’apprendre à Héloïse afin que cette dernière puisse le mettre en pratique. Elle ne connaissait pas Héloïse plus que cela et elle n’était en aucun cas obligée de lui donner conseil. Mais elle souhaitait le faire. Après tout, Ninon n’avait jamais eu de fille, alors dans ce cas, pourquoi ne pas s’entraîner avec Héloïse ? Ninon n’avait pas vraiment eu la chance d’avoir une mère qui était de son côté. Sa mère était pire qu’une grenouille de bénitier. Heureusement que le père de Ninon était là pour équilibrer la balance. Mais lorsque Ninon termina seul avec sa mère, car son père dut fuir suite une situation assez déplaisante, Ninon se retrouva en duo avec sa mère. D’une certaine manière, elle voulait peut être donné à Héloïse les conseils qu’elle aurait voulu avoir de la part de sa propre mère. Mais il n’est pas bon de retourner le passer. Il est donc plus prudent de changer de sujet. Elle ne put s’empêcher de sourire lorsqu’Héloïse termina sa phrase.

-Non seulement j’espère que vous le ferez, mais en plus, j’espère que vous allez me tenir au courant de l’évolution de votre situation. Je comprends votre envie de partir, et je vous souhaite tout le bonheur du monde. Si vous partez là-bas, soyez prudente, la route sera longue. Veillez l’un sur l’autre et soyez prudent. Si vous avez le temps, essayez de m’écrire si vous le pouvez ou si vous en avez l’occasion.

Une fois qu’Héloïse lâcha les mains de Ninon, cette dernière prit sa tasse de thé et en but une gorgée.

-Je comprends tout à fait votre point de vue et le besoin que vous avez de retrouver vos terres. Cela vous fera même le plus grand bien. Avec un peu de chance, vous vous y plairez et y passerez quelques temps. Je pense que ce serait idéal pour vous retrouver. Vous avez toutes les cartes en main à présent. Je suis certaine que tout ira bien.

Elle lui fit également savoir qu’elle serait toujours là pour elle. Ninon avait besoin de penser à autre chose ces derniers temps et les soucis d’Héloïse tombaient à point nommé. Elle ne lui souhaitait pas de malheur bien au contraire, mais elle était contente de se sentir utile et de penser à autre chose.
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Sam 19 Avr - 14:08

Je poussais un soupir de soulagement. Qu’est-ce que je pouvais être stupide, des fois ! La solution à mes malheurs était pourtant simple et je n’y avais pas pensé avant. J’espèrais tellement que Mathis accepterait de rentrer à Lugano. Peut-être notre mère ne voudrait-elle pas de nous, mais ce n’était pas important. Dans ces cas là, Mathis et moi irions vivre ailleurs. La fortune des Fontanges était assz importante pour s’acheter une autre demeure. Nous n’avions pas besoin de beaucoup d’espace. Juste de quoi être bien. Juste un endroit pour fonder une famille. Oui, Mathis et moi allions fonder une famille. Nous allions nous marier. Et plus personne ne pourra rien faire contre nous. Mais je voulais que cela se fasse sur nos terres natales. Il fallait que je le dise à mon aîmé le plus vite possible. J’espèrais tellement qu’il aurait le même enthousiasme que moi. Me levant d’un bond de mon siège, je déposais un baiser sur la joue de Ninon, souriante.

- Merci, madame. Merci beaucoup.

Je me rassis aussi vite que je m’étais levée et trépignais presque sur ma chaise. Maintenant, je n’avais qu’une envie : filer au château pour trouver Mathis et le prévenir. Peut-être voudra-t-il que nous partions ce soir. Refaire la route à cheval, à côté de lui était une idée qui me plaisait beaucoup. L’aller avait déjà été un des meilleurs moments de toute ma vie. Même si nous avions connu un peu d’éloignement quand il m’avait avoué la première fois ses sentiments, le reste du voyage n’avait été que bonheur et amour. Peut-être était-ce pour cela que j’avais tant de mal à supporter ma vie ici, à Saint Germain et à Paris. Nous étions passés d’une parfaite symbiose à une presque ignorance. Quand je le croisais dans les couloirs, je lui souriais. Il me répondait lui aussi par un sourire. Mais j’avais l’impression que ces sourires ne signifiaent pas la même chose que les miens. Il fallait qu’il donne le change, j’en étais consciente. Mais, je voulais retrouver l’homme que j’aimais. Et grâce à Ninon de l’Enclos, la chose allait être possible. J’adressais un sourire tendre à la dame face à moi.

- Madame, veillez m’excuser, mais je pense que je vais prendre congé. Si cela ne vous embête pas trop. Comme vous devez vous en douter, j’ai hâte d’aller en parler à Mathis.
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J'ai besoin de vos conseils ft. Ninon de l'Enclos

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