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 Pensées et modes de vie


Dim 26 Fév - 18:29

SOMMAIRE

La charte aborde vaguement ce sujet, mais pour être certain d'être parfaitement clair, je vais développer davantage la pensée qui organise le monde de l'Ancien Régime au XVIIe.

Bon, au souvenir de vos cours de collège qui de mon côté sont plutôt flous et oubliés, vous devez pourtant avoir gardé en mémoire la hiérarchie particulière de l'Ancien régime. Une société pyramidale, dont les 3 ordres possèdent chacun une fonction particulière et spécifique, reflet de la pensée religieuse et de l'organisation céleste qui maintient la paix dans l'univers d'après les essais théologiques de l'époque. En haut de cette pyramide : le roi et le pape. L'un étant la force, celui qui possède le pouvoir temporel sur les hommes ; l'autre investi de la grâce divine, représentant des lois de Dieu, maître du pouvoir spirituel sur terre. Au-delà de cet univers : Dieu qui veille sur l'ordre de ce monde qu'il a créé un jour où il ne savait pas quoi faire. Le principe de cette société est donc une interdépendance forte entre les classes, l'un ne pouvant en principe pas vivre sans l'autre. En principe. Il n'y a pas de droit dans la société d'Ancien Régime, simplement des privilèges accordés selon sa classe et son titre.
Le caractère et l'orgueil de votre personnage à présent. La société de l'époque est divisée en trois catégories, chacune ayant dans l'esprit du temps une fonction bien particulière. La noblesse défend le royaume et donne son sang, le clergé prie pour le salut de l'âme et sacrifie sa vie, le peuple travaille pour nourrir les deux autres et dispense sa sueur et son labeur. Un paysan discipliné et travailleur ne se comportera pas de la même manière qu'un noble oisif et dispendieux. L'éducation n'est pas offerte à tous, savoir lire parmi les gens du peuple est une chose rare. Dans le cadre de la cour les comportements opposés à toute étiquette pourront s'en mordre les doigts et s'attendre à des disgrâces. Combien de fois un joueur a-t-il été tentér d'écrire: "Il ne craignait personne, et certainement pas le roi, qui ne pouvait pas lui faire grand chose"(vive les clichés pour faire des exemples). Et pourtant si. A l'époque, on ne plaisante pas avec le respect dû au monarque, représentant de Dieu sur terre, et à sa famille, descendant d'un sang considéré comme sacré. On craint d'une manière ou d'une autre un châtiment plus ou moins mérité, des conséquences plutôt désagréables. Les droits de l'homme et du citoyen n'existent pas, encore moins les droits de la femme ou de l'enfant. Ne parlons pas des pensées liées à toute personne étrangère ou de couleur de peau différente.


  • La Noblesse
  • Le Clergé
  • Le Peuple



Dernière édition par Deus ex Machina le Mar 3 Avr - 22:20, édité 12 fois
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Dim 1 Avr - 13:56

♞ La Noblesse ♞


C'est le don du sang, la supériorité de l'honneur, le devoir d'obéissance comme tous les autres. Le privilège du loisir en temps de paix, de la chasse, le droit de porter l'épée signe distinctif de la caste et qui est donc douée d'une certaine autorité sur ceux qu'elle protège. Ce sont eux qui sont les garants de la paix et de la justice en ce bas monde et ils y veillent avec plus ou moins de complaisance.

On pourrait dire qu'il y a deux sortes de noblesse :

Tout d'abord la plus digne d'entre toutes, la plus vaniteuse sans doute, la noblesse immémoriale. Leurs ancêtres ont eu la force et la brutalité que n'ont pas eu les autres, ils en ont construit un pouvoir et une dignité qui se sont transmis de père en fils. C'est la noblesse de race, de lignée, dont l’ancienneté depuis Charlemagne (exemple au hasard) est la fierté du lignage et leur donne le mépris de ces fats qui se prétendent nobles. Ce sont eux qui se battent pour le royaume, qui sont les officiers des armées et qui mènent les hommes au combat.
D'une manière moins héroïque, la noblesse se fait aussi par ceux qui ont possédé suffisamment d'argent pour acheter une particule et un domaine afin de s'extirper de la classe la plus laborieuse. Ou alors ce sont ceux que le roi a récompensés et anoblis. C'est la noblesse de robe, tous les magistrats, les parlementaires, tous ceux enfin qui ne font pas la guerre mais qui possèdent une charge dans le domaine du droit et qui rendent la justice au nom du Roi.
D'une manière plus vile ce sont aussi ceux qui ont usurpé un titre qu'ils ne possèdent ni de droit ni de sang, et mine de rien ils sont particulièrement nombreux.

Puisqu'ils se battent, qu'ils versent leur sang, le travail leur est prohibé. Il est inconcevable pour un aristocrate d'être laborieux et c'est un déshonneur que de travailler (des fois qu'on insiste pas assez). Aussi lorsqu'ils ne guerroient pas, ils sont oisifs le plus souvent. Le plus souvent, car il est certains nobles qui malgré tout se mêlent de travailler, de s'occuper correctement de leur terre, qui y restent donc. La majorité des nobles de Paris et de la Cour délègue ces futilités à leurs intendants, par dédain, paresse, ou manque de temps, vivre à la cour prend un temps considérable.
La supériorité, donnée par Dieu, dans la pensée de l'époque, doit être affirmée par une tenue et une éducation variée qui fasse d'un mâle un homme d'honneur et de guerre et des femmes dociles et propres à pouvoir accueillir en leur sein la progéniture de leur mari. Les hommes sont donc éduqués pour la guerre, par l'enseignement de l'épée, de l'équitation principalement et pour les plus raffinés s'ajoute l'étude des grands stratèges antiques, et donc parfois l'apprentissage du grec, bien que le latin soit presque incontournable, comme dans toutes les études d'alors. Néanmoins, il n'est pas rare pour une famille pauvre de n'apprendre que l'essentiel, à savoir les arts militaires, et de ne pas savoir lire ou écrire. Dans une famille de noblesse de robe, l'accent se porte bien entendu sur les différentes législations, et autres embarras judiciaires. Le reste peut s'accompagner d'un apprentissage d'une langue étrangère pour les plus fortunés (à remarquer qu'apprendre l'espagnol ou l'anglais, langues des deux plus grands ennemis de la France n'est pas forcément bien vu, contrairement à l'italien qui est la langue venue des Anciens), d'instruments de musique, et aussi de la danse et du chant afin de pouvoir briller en société. Les plaisirs restent à la proportion de sa propre fortune ou de la fortune des amis, ou encore de la tolérance des créanciers. Les femmes restaient cantonnées à l'apprentissage de l'écriture, de la lecture et surtout de tout ce qui ferait non pas une bonne mère puisque les enfants sont confiés à des gouvernantes et des nourrices, mais une parfaite maîtresse de maison.
N'abusez pas de la coutume du couvent, où l'on envoyait les jeunes filles jusqu'à ce qu'elle se marient, pour les éduquer dans les bonnes mœurs et la bonne religion, ne nous en faites pas des usines à innocentes non plus, il pouvait s'y passer des choses pas très catholiques.

Le point central de la noblesse est l'importance qu'elle donne à son honneur, à la parole donnée. Un noble dont l'honneur est souillé sera rejeté, évité ou tout au moins hypocritement apprécié par ses pairs. Il faut ajouter le fait que les duels sont interdits depuis un édit de Richelieu, mais que ces derniers bien qu'illégaux se déroulent envers et contre tout, ajoutant à la défense de son honneur une preuve de courage, puisque le châtiment est la mort pure et simple du ou des survivants.

Il n'y a pas de réelle hiérarchie entre les nobles, mais s'il fallait en établir une la situation la plus basse serait le chevalier, viendrait ensuite barons, comte, marquis puis duc, duc et pair, prince, prince du sang et roi. Sachant que parfois plusieurs titres se mêlaient en une personne sans parler des origines familiales(qui font que par exemple le Comte d'Artois aura la préséance sur le pauvre petit marquis du coin) les préséances étaient un casse-tête avec beaucoup d'exception même à l'époque et donc encore plus aujourd'hui. Une petite précision encore, être noble ne veut pas dire qu'on est en possession d'une fortune inépuisable. Une grande majorité des aristocrates de l'époque sont à la merci de leurs créanciers et des pensions du roi. Les plus grands du royaume sont criblés de dettes... Tout est dit.

Me semble qu'il y a là le principal... Ah nan peut-être qu'avoir une petite liste des duchés, comtés, et peut-être marquisats vous intéresserait. Hop tadam c'est fait ! Pour la noblesse étrangère, wikipédia a fait une liste des grandes familles d'Europe

Ajoutons aussi le fait que TOUTES les familles nobles de l'époque ont été impliquées, touchées d'une manière ou d'une autre par cet événement majeur du siècle : la Fronde. N'oubliez pas ce petit point.


Dernière édition par Deus ex Machina le Lun 2 Avr - 1:36, édité 13 fois
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Dim 1 Avr - 13:57

♗ Le Clergé ♗


C'est le don de l'âme, la supériorité du culte, le devoir de chasteté et de célibat. Le privilège de pouvoir s'élever, d'aborder les plus grands. Ce sont eux qui possèdent la sagesse et le savoir divin, la connaissance du repentir. Ce sont aussi eux qui s'occupent des registres d'Etat civil (baptême, mariage, décès etc..) et doivent assistance aux miséreux et malades.

La particularité du clergé est qu'on y retrouve tous les horizons, ce qui explique sa grande diversité. Du fils d'un cordonnier, au fils d'un Prince, tous se retrouvent dans cette grande famille que représente l'Eglise et qui aime ses enfants également, du moins en théorie. Bien plus cohérent que les deux autres ordres par ses propres institutions qui peuvent dépasser le simple cadre du pays. Ce sont le plus souvent les fils cadets des familles aisées qui se retrouvent là, car exclus de la succession par le droit d'aînesse. C'est la perspective d'un toit, de nourriture et puis aussi la possibilité de monter l'échelle sociale

Pour entrer dans le clergé il faut le plus souvent avoir fait de longues études théologiques, d'où le fait que chacun des membres de cet ordre, ou presque, connait son latin de messe sur le bout des ongles. On peut aussi intégrer une abbaye et se retirer du monde, devenir moine ou soeur.

Il y a bien deux sortes de clergé. Le haut et le bas clergé.

Vous imaginez bien que le Haut clergé regroupe les plus grandes figures de l'ordre, les plus riches, les plus influentes et donc les descendants des plus nobles familles ou les hommes les plus habiles. Archevêques, évêques, abbés possèdent une influence considérable sur la cour et profitent de ses fastes et de ses privilèges. Leur influence leur vient de cette autorité spirituelle bien sûr mais aussi de leurs possessions foncières parfois considérable qui leur donne les revenus nécessaires (peut-être pas suffisants) pour assurer une vie digne de la cour.

Vient ensuite le Bas clergé qui se sépare en clergé séculier et clergé régulier, le dernier se déroulant dans le cadre d'une "règle" d'un ordre, d'un abbaye, d'un couvent etc... le second est celui qui est au plus près de la communauté, qui vit avec les autres et qui, bien souvent partage sa misère et ses problèmes. Ils célèbrent la messe bien sûr, mais sont chargés des mariages, des baptêmes, des enterrements, des confessions...


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Dim 1 Avr - 14:03

♟ Le Peuple ♟



Le Tiers-Etat était la classe la plus répandue puisqu'à elle-seule elle représentait plus de 90% de la population. Cette classe est également appelée celle des "roturiers" et se subdivise en trois catégories:
-Les paysans, les plus nombreux, 80% de la population
-Les artisans,
-Les bourgeois (les plus riches de la classe et qui aspirent à ressembler aux Nobles)

Les paysans constituaient la principale population des campagnes et étaient souvent propriétaires.
Les artisans exerçaient des métiers manuels et étaient peu rémunérés.
Les bourgeois étaient les plus riches et instruits et exerçaient des métiers non-manuels tels que médecin, banquiers, notaires, marchands, officiers de justice ou de finances). Ils avaient pour but de s'enrichir pour acheter des charges importantes en vue d'un titre éventuel.
Les artisans et bourgeois formaient la principale population des villes.

Chacun aspire à atteindre "la classe au-dessus".
Ainsi, le bourgeois aspire à devenir Noble grâce à ses richesses qui pourraient lui permettre d'acheter un titre avec l'autorisation du roy, bien sûr (et donc accéder à la Noblesse de robe)! L'artisan aspire à devenir "bourgeois", à gagner mieux sa vie et ne plus trimer 17 heures par jour en s'usant le corps et le moral. Le paysan, lorsqu'il ne l'est pas, aspire à devenir propriétaire d'une terre, et lorsqu'il l'est, à gagner suffisamment pour demeuré "aisé" après le paiement des impôts (la taille étant le plus important).
Car, ne l'oublions pas, le Tiers-état était la classe sociale qui payait le plus d'impôts.

Pour résumer, ceux qui sont tout en bas de l'échelle sont les mendiants et les vagabond. Puis, les ouvriers agricoles pour les campagnes, et les domestiques pour les villes. Puis les tenanciers (paysans moyens), les laboureurs (paysans riches) pour les campagnes et artisans pour les villes (comprenant les apprentis, compagnons, et maîtres) et enfin tout au sommet de la classe, les bourgeois (de robe ou de marchandises).

La vie dans les campagnes était différente de celle à la ville.
Pour tous, la religion tient une place très importante. La paroisse était la première forme de patrie.

Les plus humbles des maisons paysannes étaient basses, étroites, formées souvent d’une seule pièce et de quelques petits réduits. Les demeures plus importantes comprenaient deux, trois pièces ou davantage, parfois fort grandes. Près de la cheminée de grands lits ; le fauteuil du père de famille; la huche à sel et les coffres qui servaient d’armoires et de sièges.

La nourriture du paysan était très variable d’une région à l’autre et d’une année à l’autre. Les paysans ne mangeaient que peu de viande et se nourrissaient surtout de soupe, de légumes, de fruits, de laitages et de pain. Le paysan vivait de ce qu’il produisait.
Chaque village comportait une population à peu près uniforme : le seigneur dans son manoir, sa famille, ses valets et servantes, le curé, le juge, le notaire, le maître d’école, les laboureurs, le maréchal, le boulan­ger, le meunier, les maçons et les fileuses. L’autorité du seigneur et les croyances religieuses communes groupaient toute la société rurale. Comme la famille, la communauté villageoise était la base même de l’État.


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Dim 1 Avr - 14:04

1 louis d'or = 10 livres
1 livre  20 sous (ou sols) = 240 deniers
1 écu  3 livres
1 pistole 10 livres

Un bon cheval : de 600 à 1.500 livres
Harnachement de guerre : 300 livres
Equipement complet de mousquetaire : de 1.500 à 2.000 livres
Fréter un bâtiment de guerre : 10.000 livres
Un beau diamant de famille : de 5.000 à 7.000 livres
Excellent pourboire pour un laquais : 5 livres

Distances :
1 lieue  4 kilomètres environ
1 pied  32 centimètres environ
3 pieds  1 mètre environ
1 pouce  2,7 centimètres environ
12 pouces  1 pied
1 toise  2 mètres environ
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