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 Achille de Montaron, pour vous servir

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Mer 3 Juil - 17:59

Achille de Montaron



Métier/Titre(s) : Mousquetaire, chevalier de Montaron
Âge : 22 ans
Origines : Françaises
Langue(s) parlée(s) et niveau de maîtrise : Petit anglais - Petit latin - Espagnol médiocre
Orientation sexuelle : Hétérosexuel
Situation : Célibataire
Date de naissance : 5 octobre
Religion : Catholique
Groupe : Soldat
Personnage ayant existé? : Non
Avatar : Douglas Booth


Le Miroir ...

Johana de Joncy regardait attentivement le jeune mousquetaire assis en face d’elle. En halte dans son château, elle lui avait offert l’hospitalité pour la nuit. Il était épuisé par son long voyage depuis Paris et aussitôt elle avait ordonné la cuisinière de ressortir le soir même ses plats préférés. Elle était seule dans le château, mis à part les domestiques, avec cet homme. Le Comte, son époux, et ses trois garçons étaient remontés à Paris pour quelque affaire. Fixant toujours le jeune homme qu’elle trouvait fascinant, elle sourit et glissa sa main tendue vers la sienne posée sur la table. Il la prit délicatement, l’approcha de sa bouche et y déposa un chaste baiser. À la lueur des bougies, il vit le sourire de la maîtresse des lieux s’accroître.

« Achille, mon cher, quelle joie de te revoir après tant d’années ! Dieu sois loué, tu te portes toujours merveilleusement bien ! Comme tu m’as terriblement manqué mon garçon... ! »

Johana observa son fils, il semblait très ému, comme un enfant retrouvant sa mère qu’il n’avait pas vu pendant un bout de temps.

« Mère, j’attendais ce moment depuis fort longtemps. L’idée de revenir ici ne m’enchantait guère, mais je n’ai pas hésité une seconde à passer te voir lors d’une de mes permissions. »

Mousquetaire, son fils avait de très rares permissions lui autorisant de retourner au château familial auprès de sa mère. Ainsi, Johana profitait de chaque instant avec son fils. Le seul qu’elle ait vraiment chéri. Une raison connue et commune entre Dieu, les deux époux et les hommes de confiance du Comte. Elle était tenue au secret et ne devait absolument pas le divulguer à quiconque. Par sa faute, le Comte et sa famille seraient souillés à vie. Elle était responsable certes mais, en son for intérieur, elle ne regretta pas son acte, celui-ci lui avait donné un magnifique fils.  Afin de préserver l’honneur de son époux comme l’exigeait une femme de son rang et surtout la vie de son fils, elle s’était juré devant Dieu que ce secret disparaîtra avec elle. Elle ne comptait jamais le dire à son fils. Jamais. Même dans la maladie ou la mort. Elle savait qu’il n’en ressortirait pas indemne, elle le connaissait par cœur. Elle ne tint pas à ce qu’il devienne un étranger, un bâtard aux yeux de tous.

Prise de nostalgie, elle se remémora d’une fête donnée en sa demeure en 1656. C’était il y a exactement 10 ans. Achille avait 12 ans. Son époux et elle-même accueillaient les invités dans le petit vestibule et les présentaient ensuite à leurs quatre enfants postés au bas de l’escalier. Tous étaient ébahis, poussaient des cris d’admiration et les tarissait d’éloges. Après l’accueil, ils devaient les envoyer se coucher. Les derniers invités, leurs voisins, firent leur entrée et s’extasièrent comme à l’accoutumé devant les visages juvéniles. Sa voisine, assez ronde sous sa robe de bal, s'écria d'une voix enjôlée :

« Oh, qu'ils sont charmants vos petits ! Oh, Achille ressemble énormément à ses frères, on dirait tous des jumeaux ! Oh ! »

Elle continua sa série de « oh ! » admiratifs tout en suivant Johana et les enfants grimpèrent l'escalier. Elle emmenait sa voisine et son époux vers la salle adjacente où se tenait le buffet. Elle eut soudain l'impression qu'on la fixait et d'instinct elle tourna la tête vers l'escalier. Achille était là. Debout, les mains sur la rambarde, il la regarda avec un air qu'elle lui reconnut. Elle lui lança un bisou avec sa main droite dans sa direction. Son visage s'illumina et il remonta les marches. Ravie, elle rejoignit la fête qui battait son plein.

Ce souvenir l'amusa. Ainsi, au premier abord, les gens voyaient Achille comme ses frères. Mais Johana sut très vite qu'il se démarquait des autres enfants. Elle l'avait maintes fois observé depuis sa naissance relevant les caractères physiques qui n'apparaissaient pas chez ses frères. Des quatre garçons, il avait les yeux les plus clairs, noisettes presque verts. Comme son père. Ses cheveux coupés courts et bruns le cerclant étaient légèrement bouclés et couvraient naturellement ses oreilles. Son visage doux et régulier était en contraste avec celui de ses frères, plus anguleux. Johana supposa que son visage presque rond et lisse provenait de son père, des quatre il avait le visage le moins long. Si l'on scrutait les quatre frères ensemble, la différence serait flagrante. Autre héritage de son père, sa peau, qui brunissait légèrement au soleil. Normal puisque son père appartenait au peuple et n'avait pas des origines nobles. Quant à ses frères, ils avaient la peau plus claire, blanche comme celle des nobles, mais très sensible aux coups de soleil. Son nez, assez fin, était très répandu dans la famille de sa mère, les Joncy, preuve qu'il avait tout de même des gênes à demi nobles. Et l'énième chose qu'elle reconnaissait entre mille était ses lèvres, des lèvres musclées, celles de son père. Qui la ramenèrent aux moments charnels avec son amant et père biologique de son fils adoré. Ce fils qu'elle contempla sans arrêt alors qu'il mangeait. Elle aimait l'observer, son grand bonhomme, il lui rappela toujours l'homme qu'elle avait réellement aimé. Déjà, elle avait pu constater depuis le début de sa puberté qu'il se rapprochait assez physiquement de son père. Et puis, détail cocasse, lui qui n'était pas friand des sports d'armes ou de l'équitation, il s'était plutôt bien débrouillé. Bien bâti comme il le devait pour devenir soldat, Johana fut fière de tout ce qu'elle lui avait appris et qu'il fut engagé au service du Roy. Elle était amplement comblée, son fils avait déjà une carrière toute tracée chez les mousquetaires. Mais cela était-il suffisant pour Achille ? Nous verrons bien...

(Comme tout soldat, il avait des blessures de guerre, quelques légères cicatrices sur son torse et une plus profonde sur sa cuisse droite).

... n'est pas le reflet de l'âme


Une porte s'ouvrit et Achille pénétra dans sa chambre. La chambre qu'il avait connu petit. Une chambre qui reflétait bien son caractère. Cette chambre était son repaire, l'endroit où il pouvait laisser libre cours à ses ambitions, à ses rêves... Achille dût s'avouer maintenant, il n'aurait jamais imaginé être mousquetaire un jour. Avec les études, il aurait pu être professeur ou écrivain. Cela lui aurait certainement plu. Mais la vie en avait décidé autrement. De plus, Achille n'avait pas eu une enfance heureuse. Il gardait de bons souvenirs avec sa mère certes mais souffrait particulièrement des moqueries de ses frères et de la présence quasi-invisible de son père. Il se souvint parfaitement que ses frères s'amusaient à le martyriser, à le défier, à l'humilier... et personne autour de lui pour l'aider. Sa mère essayait en vain de persuader ses frères de le laisser tranquille mais ils ne lui obéissaient pas. Achille avait traversé des périodes difficiles qu'il préférait effacer. C'était du passé. Néanmoins il n'oubliera jamais l'attitude de son père, il ne comprenait pas comment il pouvait agir de la sorte depuis sa naissance, il avait vraiment eu l'impression que d'être père avec lui, c'était impossible. Un jour, quand il le vit entraîner ses trois frères aux sports d'armes, ce qu'il constata était un autre personnage. Il riait, encourageait et plaisantait avec ses grands frères. Il était déçu qu'il ne réagisse pas de la même façon avec lui, il avait espéré qu'il serait présent à ses côtés pour l'aider dans sa lecture par exemple ou de jouer avec lui. Espoirs vains. Son père ne venait jamais le voir, peut-être quelques rares moments intimes avant de se coucher. Rien de plus. Il n'était pas le père qu'il espérait tant. Lorsqu'il traversait des moments de solitude et qu'il voulait de la compagnie, il ne la trouva que chez sa mère. Elle était toujours présente pour lui, il lui en était reconnaissant. Ses frères le rejetaient. Comme son père. C'était du mépris qu'il reçut en retour. Ces épreuves firent de lui une force, il chercha par tous les moyens de regagner l'estime de son père, lui montrer qu'il avait du mérite et il chercha à lui prouver qu'il était digne de son nom. Le Comte voulut bien faire des efforts pour le jeune Achille. Il le réorienta sur le bon chemin, pas dans des études de langues ou de littérature qu'il affectionnait pourtant, mais dans la carrière militaire. À l'aide d'un maître d'armes, le Comte forma son fils adoptif et l'envoya dans l'armée du Roy au détriment de sa mère. Cette séparation forcée avec sa mère qui l'avait tant chéri et affectionné pendant toute son enfance le brisa. Il ne fut plus le garçon apeuré et fragile, pleurant à chaque moquerie des frères et craignant le tonnerre. Désormais plus rien ne le recule. Il avait vu et affronté maintes atrocités dans l'armée et avait supporté avec le temps. Achille repoussait l'idée d'y consacrer toute sa vie et réalisa quelques coups d'éclat qui le fit entrer chez les mousquetaires. Il reste encore un soldat mais il est plus proche de la Cour. La noblesse le fascine sans cesse. Bien qu'intelligent, il est encore niais. Il peut s'attirer des ennuis s'il joue trop avec les sentiments des gens, il n'a pas toujours conscience de ses actes, comme ce jeu de séduction avec la Reine qui risque de lui attirer les foudres du Roy. Il a parfois besoin d'un mentor qui lui redonne raison. Curieux et studieux, il peut rivaliser avec les plus intelligents et peut fomenter un bon ou mauvais coup. Lui qui était devenu une fine lame et échappant à l'armée où son père adoptif l'avait envoyé dans l'espoir qu'il meure, il se lie avec des personnes influents et qui peuvent jouer en sa faveur. Il y voit donc là une échappatoire à la carrière de mousquetaire.


Dernière édition par Achille de Montaron le Mer 10 Juil - 4:43, édité 6 fois
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Mer 3 Juil - 18:00

On naît tous un jour ...



    


5 octobre 1644
L'été 1644 avait été particulièrement froid. Les vendanges avaient été tardives pour un mois d'octobre. L'hiver semblait se profiler au loin, et pourtant, nul ne se doutait de ce qui allait se produire ce jour-là dans le Morvan. Là-bas, les premières lueurs de l'aube inondaient les forêts de feuillus qui rougissaient au soleil, dévoilant une palette de jolies couleurs automnales. Après les premières gelées d'automne, l'air s'était radouci et les oiseaux se remettaient à chanter des mélodies sous le ciel bleu. Aucun nuage n'était visible à l'horizon. Des lacs plus ou moins grands étaient parsemés un peu partout et un château en pierres blanches bordait l'un d'entre eux. Il était entouré d’un parc magnifiquement entretenu et s’étendait presque autour du lac. La brise qui y venait apportait de la fraîcheur aux lieux et faisait danser les feuilles colorées. La journée s'annonçait merveilleuse mais ne semblait pas bousculer les habitants du château. Ils étaient bien plus préoccupés par un autre événement que ce spectacle vivant à l'extérieur.
 
Un cri fendit le cadre alentour et fit envoler les oiseaux proches. À l'étage du château, on voyait dans une chambre, toutes fenêtres ouvertes, une femme qui devait avoir une vingtaine d'années. Elle était allongée au milieu de son lit, les jambes écartées et le visage dégoulinant de sueur. Elle gesticulait de douleur. Sa respiration était saccadée et le bébé qu'elle tâta du bout des doigts sur son gros ventre allait bientôt naître. Deux femmes portant l’uniforme des sages-femmes s'affairaient autour d'elle. La future maman cria de nouveau. La sage-femme qui se tenait sous elle pria son apprentie de renouveler l'eau, désormais moins chaude et impure. Elle exécuta sa demande et revint aussitôt avec un sceau d’eau claire. Elle le posa près de sa chef et attendit ses ordres.
 
« Tenez, Madame, de l’eau propre comme vous me l’avez demandé ! »
 
« Merci Dorine ! Peux-tu faire monter le docteur s’il te plaît, j’ai bientôt fini ! », lui répondit-elle.
 
La prénommée Dorine acquiesça et sortit de la chambre descendre chercher le médecin qui attendait probablement dans l’une des pièces du rez-de-chaussée.
 
« Ah la tête, je la vois ! Allez, Madame Johana, une dernière poussée et ce sera terminé ! », s’écria la sage-femme dans un sourire.
 
Dorine rentra dans la pièce et vint prendre la main de Johana. Celle-ci reprit un dernier souffle et releva son dos. Usant des forces qui lui restaient encore, elle se crispa et sentit une masse sortir lentement de son bas-ventre. Exténuée, elle s’affaissa sur les draps mouillés. La sage-femme prit rapidement les ciseaux au fond de sa mallette et coupa le cordon qui reliait la mère à l’enfant. Elle le tendit ensuite à Dorine qui l’amena nettoyer dans la salle d’eau et trempa ses mains gantées de sang dans le sceau d’eau chaude. Johanna entrouvrit les yeux et vit Dorine emporter le nourrisson en dehors de la chambre. Elle perçut au milieu de ses cris des pas s’avancer vers elle, ceux du médecin certainement, avant de sombrer dans le néant.
 
La pièce en face de la chambre de Johana était la chambre de son mari, le comte François Louis de Montaron. D'ailleurs, il s'y trouvait depuis le début de l'accouchement. Affalé dans un fauteuil, il maudissait les cris de son épouse et surtout l'enfant qui allait naître. Il n'était pas de son sang et était répugné à l'idée de l'accueillir dans sa famille. Après un long moment de réflexion, il se leva et s'approcha de son bureau. Pris d'une rage subite, il déversa tout son contenu sur le parquet. Il n'avait jamais pardonné à sa femme de l'avoir surpris dans les bras d'un autre. Du palefrenier en plus. Qu'est-ce qu'elle lui trouvait de beau ? Il lâcha un juron couvert par les hurlements de sa femme. Han, il avait une forte envie de se boucher les oreilles et leva la tête vers le plafond. Il se rappela de la première fois qu'il l'avait vue, c'était une très jolie femme, brune aux yeux marron presque noirs. Les yeux de ses trois fils. Oui, ils se marièrent et elle lui donna trois beaux garçons. Enfin, d'après le comte. Puis, elle attendit un quatrième enfant et ce fut une fille. Elle fit le bonheur de Johana qui désirait ardemment une fille après trois garçons. Pour lui tenir compagnie lors des longues soirées par exemple. Elle était très heureuse jusqu'au jour où tout bascula. La petite mourut quelques semaines après sa naissance car trop faible. Dès lors, Johana tomba dans la dépression et devint inconsolable. Elle lui fermait la porte tous les soirs et il ne supportait plus ses humeurs. Il se tourna donc vers d'autres femmes plus accessibles. Elle lui reprocha par la suite d'aller voir ailleurs alors qu'elle aurait aimé avoir son soutien durant l'épreuve. Il s'éloigna encore plus de son épouse et elle trouva du réconfort chez le palefrenier. Un jour, tout s'accéléra et elle eut un enfant de lui. Le comte, furieux de cet adultère, le chassa littéralement du château, le tuant à la sortie du domaine. Il entendit soudain quelqu'un toquer à sa porte. Reprenant ses esprits, il mit sa main sur le front et alla ouvrir la porte de sa chambre. Il vit Dorine et le nourrisson emmailloté dans ses bras. Elle le félicita :
 
« Bravo Monsieur ! C'est un très beau garçon que vous avez ! »
 
Le comte semblait perdu face à l'annonce de la jeune sage-femme, ne sachant quoi lui dire son refus de porter l'enfant. Il ne le voulait absolument pas, dans tes rêves ma petite, mais Dorine, dans ses gestes, insista :
 
« Tenez-le un moment ! Vous verrez qu'il est adorable. »
 
Elle sourit et tendit l'enfant à son "père". Il le prit à contrecœur dans ses bras et regarda le nouveau-né. Il pesta intérieurement, il avait les yeux légèrement marron, verts sous la lumière. Comme son père le palefrenier. Il se sentit mal, cet enfant lui restait en travers de la gorge. Il le haïssait déjà et le haïra toute sa vie. Il refusa de le considérer comme son propre fils, lui le bâtard de la famille, mais dût l'accepter, malheureusement pour lui, car c'était son honneur qui primait. Le comte regarda à nouveau l'enfant. À sa grande surprise, il le trouva beau. Beau ? Non, jamais, il n'était pas son fils. Il babillait et souriait. Souriait ? Non, il eut plutôt l'impression qu'il le narguait avec ce sourire béat. Bref, il le rendit ensuite à Dorine.
 
À 14 heures tapantes, le soleil était à son zénith et éblouissait le visage endormi de Johana. Celle-ci se réveilla doucement et vit ce qu'elle s'attendait à voir, pas son mari, c'est certain, mais son médecin. Il se leva de sa chaise et l'ausculta rapidement.
 
« Madame, tout s'est très bien passé ! Vous vous remettez doucement certes mais vous êtes sain et sauf votre enfant et vous... Il s'agit d'un garçon ! »
 
Johana laissa échapper un soupir de soulagement, ils se portaient bien, elle et son fils. Elle mit un trait à l'épisode douloureux qui suivait après la mort de sa fille. Elle ne voulait plus y penser, ça la chagrinait encore mais ne laissons pas cette souffrance entacher cette magnifique journée. Elle avait donné la vie à un petit garçon qu'elle n'avait pourtant pas encore vu. Cet enfant, peu importe le sexe, était un don du ciel. Elle promit à Dieu de le chérir toute sa vie.
 
« Qu'on m'amène mon enfant, s'il vous plaît, docteur ! »
 
Aussitôt dit, aussitôt fait. Dorine entra dans la chambre avec le bébé et le déposa dans les mains de sa mère. Elle l'approcha vers elle et l'étreignit légèrement, de peur de lui faire mal. Il était fragile comme une poupée en porcelaine. Elle l'admira longuement et détourna son regard vers la fenêtre. La vue sur le lac était belle, surtout ce jour-là. Soudain, ses pensées furent interrompues par la voix enjouée de Dorine.
 
« Madame Johana, comment allez-vous l'appeler ? Monsieur François m'envoie vous dire qu'il vous laisse le soin de choisir son prénom. »
 
Johana n'hésita pas longtemps.
 
« Achille... Il s'appellera Achille de Montaron. »


_______
 
10 février 1660
Achille avait reçu une éducation différente de celle de ses frères, éduqués par Madame de Sarrins, la gouvernante engagée par le comte. Ses méthodes déplurent à Johana et elle avait refusé catégoriquement de mettre à sa charge l’éducation de son fils Achille. Le seul vrai fils à ses yeux. Elle aimait beaucoup moins ses autres fils et eux n’appréciaient guère leur mère. L’éducation d’Achille était alors entièrement dans les mains de Johana. Elle le berçait et chantait des comptines lorsqu’il était encore bébé. Plus tard, elle lui lisait des romans chaque soir avant de se coucher. Elle lui enseigna la littérature et lui apprit l’anglais et le latin. Achille vécut une enfance tourmentée par l’indifférence de son père, les moqueries de ses frères... mais Johana le protégeait toujours. Elle l’avait tellement chouchouté qu’il fut difficile de les séparer ensuite.

Ce jour-là, il quitta le domaine familial pour s’engager dans l’armée du Roy. Était-ce là un rêve enfin concrétisé ? Nullement. Il était juste parti pour le grand plaisir de son "père". Il n’en croyait pas ses oreilles le jour où il lui avait annoncé ça lors d’un dîner familial. Il prenait un malin plaisir de l’humilier en public, comme toujours. Achille essayait tant bien que mal de satisfaire son "père" depuis sa naissance, il s’était entraîné matin et soir aux arts de combat et à l’équitation dès qu’il lui avait confié un maître d’armes, mais il n’y arrivait pas. Il n’était jamais content et le méprisait sans cesse. Achille n’en pouvait plus de cette attitude. Heureusement que sa mère n’était pas loin. De même que le maître d’armes. En effet, il était le père qu’il n’avait jamais eu. Il était présent à ses côtés presque tous les jours et, comme Achille lui rappelait parfois son fils disparu quelques années plus tôt, il se montrait prévenant et protecteur avec lui, mais pas trop. Johana lui avait conseillé d’être prudent de l’affection qu’il portait pour Achille car il ne fallait absolument pas que ça sautait aux yeux de son mari. Il serait remplacé sinon et Achille aurait été touché par son départ. Bref, Achille pouvait à tout moment, sous les regards bien sûr, lui confier ses joies et ses peines et y trouvait un peu de réconfort. En gros, il était tout le contraire de son "père" qu’il ne voyait pratiquement pas de la journée. De plus, le maître d’armes admirait l’intelligence d’Achille et l’appréciait beaucoup. Achille partageait avec lui autant que possible ses ressources littéraires et linguistiques, il était ravi de parler de ses études à quelqu’un d’autre que sa mère qui l’écoutait.
 
Mais en cette journée du 10 février 1660, son monde s’était écroulé. Comment avait-il pu lui balancer ça dans la figure ? Achille, à sa connaissance, n’avait rien fait de mal à son "père" et ne le comprenait toujours pas. Même en demandant à sa mère la ou les raison(s) de son comportement, il savait qu’il n’en tirerait pas grand-chose, voire rien du tout, Johana ne lui dévoilera jamais ses origines bâtardes. Et Achille ne voulait pas quitter sa mère, la seule personne pour qui il comptait énormément.
 
« Non père, je n’y irai pas, je refuse de partir ! », lui avait-il répondu à table.
 
« Achille, tu feras ce que je t’ai dit ! Tu partiras dans une semaine comme je te l’ai demandé ! Je ne reviendrai pas là-dessus, c'est clair ! », avait répliqué son père tout rouge de colère.
 
Johana, vêtue d’une robe de soir, tentait en vain de calmer son époux assis à sa droite.
 
« Chéri, arrête ! Il n’y a que 15 ans ! »
 
« Presque 16 et il est en grande forme parbleu ! Il fera un bon soldat pour le Roy et le royaume de France ! », avait-il crié à tue-tête.
 
« Mais... »
 
« Ne t’en mêles pas ! Achille y ira point barre ! »
 
En même temps, Achille entendait les noms de "lâche" et de "couard" que lui lançaient ses frères assis de l’autre côté de la table. Ils rigolaient, ce qui ne plaisait pas à Achille. Il se résolvait désespérément à partir dans un régiment oublié en tant que caporal et supportait difficilement d’être séparé de sa mère.
 
Le jour du départ, comme il était de coutume, toute la famille et les domestiques étaient sortis à l’entrée du château faire les adieux à Achille. Il en fit à chaque membre du personnel, serrant et embrassant les plus intimes. Lorsqu’il passa à son maître d’armes, il vit qu’il avait les larmes aux yeux et qu’il tentait de les refouler, cela le fit un peu rire et s’empressa de lui faire un bref câlin. Il aimait bien sa présence et était déçu de ne plus le voir après. Puis, ce fut le tour de ses trois frères. Il leur fit par politesse des adieux mais était pressé de s’en débarrasser. Il détestait ses frères donc il n’allait non plus leur lancer des fleurs. Ensuite, la figure de son "père" se dressait. Il ne sut pas trop comment s’y prendre avec lui. Il lui lança un « au revoir père ! ». Il resta silencieux, le regardant de haut. Pas de câlins ni de bisous. On ne pouvait rien faire avec lui. Enfin, il termina avec sa mère. Elle pleurait et séchait de temps en temps ses larmes avec un mouchoir blanc. Les adieux furent longs et déchirants. Achille monta sur son cheval et s’engagea dans l’allée menant à la sortie du domaine familial avec celui qui était venu le chercher pour l’emmener dans les rangs. Il se retourna, retenant ses pleurs, et vit une dernière fois sa mère qui agitait son mouchoir blanc et les domestiques le bras en l’air, son "père" et ses frères n’étaient même pas là pour lui souhaiter un bon départ, ils étaient déjà rentrés dans le château. Il remit droit sa tête sur la route et fila vers l'inconnu.


_______


Les conditions de vie dans l'armée du Roy furent effroyables. Achille vit bon nombre de ses compagnons périr sous les coups de l'ennemi et ceux qui étaient blessés poussaient des cris inimaginables. L'armée était de ce qu'il avait de pire sur Terre et c'était son "père" qui l'avait envoyé dans cet enfer dans l'espoir qu'il se fasse tuer. Achille tenta alors le tout pour le tout de s'en sortir, mort ou vivant. Il suffoquait et ne pouvait plus y rester, c'était insupportable. De plus, la séparation avec sa mère l'avait brisé. D'abord, il essaya de se suicider mais ça ne marchait jamais, il semblait être né sous une bonne étoile. Ensuite, à son grand désespoir, ses coups les plus dangereux se soldèrent en des coups d'éclat. Grâce à sa réputation et grâce à son "père" qui lui paya l'équipement qui coûtait une fortune, il entra chez les mousquetaires. C'était mieux que l'armée mais il n'était toujours pas pleinement satisfait. Il s'était rapproché de la Cour certes mais ne comptait pas d'arrêter là.


Dernière édition par Achille de Montaron le Mer 1 Jan - 22:27, édité 11 fois
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Mer 3 Juil - 18:01

Ôtez le masque !



Prénom (Pseudo) : Thomas † Âge : 18 ans † Comment êtes-vous arrivé jusqu'ici ? Haha à votre avis... Internet et le hasard x) † comment trouvez-vous le forum ? J'adore, j'ai pas de mots fan attitude † Le code du règlement :
:
 
Un dernier mot ? Tu crois !? (à la réponse au code) Et sushi powaa  

test rp, un minimum de 300 mots est demandé:
 


Dernière édition par Achille de Montaron le Ven 12 Juil - 22:15, édité 3 fois
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Mer 3 Juil - 18:21

Bienvenue et bonne chance pour ta fiche !Kyaa 
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Mer 3 Juil - 18:33

Je commence à peine, merci du courage Very Happy
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Mer 3 Juil - 18:58

Bienvenue petit membre fan attitude 
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Mer 3 Juil - 19:49

Bienvenue !!!! fan attitude 

Alors tout d'abord, bonne chance pour ta fiche !

Et si tu as la moindre question n'hésites pas à la poser ici même ^^

Au plaisir de voir Achille et mon Liamounet se disputer !   

J'ai corrigé les codes de ta fiche, la nouvelle version de forumactif me tuera xD
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Mer 3 Juil - 19:55

Bienvenue amour 
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Mer 3 Juil - 19:59

Je l'ai déjà mais : Bienvienduuuu sauvage

Léa l'a déjà dit, n'hésite pas à poser tes questions amour

Bon courage pour ta fiche !
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Mer 3 Juil - 20:42

Merci à tous Kyaa

Douglas Booth ? Pourquoi pas. Allez, dès que j'aie fini la première partie sur Word, je cours m'en faire un. Vous le verrez peut-être ce soir Smile
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Mer 3 Juil - 21:26

J'ai hâte de lire ça ! ^^
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Jeu 4 Juil - 8:43

Re bienvenuuuuue fan attitude
Bonne chance pour ta fiche, mais je suis certaine que tu vas t'en sortir à merveille vu que le perso semblait t'inspirer Very Happy (ton perso est né le 5 octobre, comme le mien Very Happy )
Il me tarde de lire toute son histoire ^^
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Jeu 4 Juil - 9:03

Bienvenue à toi hop hop
Bonne chance pour ta fiche et très bon choix d'avatar bave
Dommage que tu ne sois pas de l'autre bord Laughing Ca aurait été drôle Razz
Quoique ces dames ont aussi le droit d'avoir des hommes
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Jeu 4 Juil - 10:47

Sforza l'avatar c'est celui qui est proposé dans le PV patate xD
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Jeu 4 Juil - 11:27

Oh mon ami, ne soyez pas si severe avec ce brave Sforza balon
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Jeu 4 Juil - 12:14

De plus, c'est l'avatar proposé dans le PV mais rien ne l'obligé à en proposer un autre Razz

Il a donc choisi son avatar dans un sens ^^
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Jeu 4 Juil - 12:22

ACHIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIILLEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE !!!! Tayaut 

Attention la compagnie débarque !!

Ahah ! Trop hâte de RP avec toi !

*ébouriffe les cheveux de son petit mousquetaire*
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Jeu 4 Juil - 21:22

Mais mais... Un homme qui aime les femmes  C'est que ça se faisait rare par ici xD
En tout cas bienvenue et bon courage pour ta fiche balon

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QUELQUE CHOSE APPROCHANT COMME UNE TRAGÉDIE† Un spectacle ; en un mot, quatre mains de papier. J’attendrai là-dessus que le diable m’éveille.  (c) P!A
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Crédits : AvengedInChain / P!A

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Jeu 4 Juil - 23:42

Roooooh merci pour tous vos messages de bienvenue balon

1/3 de la fiche faite ouf ! J'attends donc vos premières impressions Very Happy N'hésitez pas à me signaler ce qui n'irait pas et comme c'est la première fois que je "aiRPé", normal que j'aie une petite appréhension...

Me tuez pas hein scream
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Ven 5 Juil - 0:39

Eh bien moi je trouve ça vraiment très prometteur ! Si tu arrives à mettre des bouts de ton histoire dans la première partie de ta présentation sans que tu te retrouves à sec pour la partie histoire c'est parfait, personnellement ça m'aurait semblé dangereux mais tu sembles inspiré par le personnage alors tant mieux :copain: 

Juste pour être sûr (mais tu allais peut-être développer ça dans l'histoire ^^) le père d'Achille a éduqué son fils bien plus pour faire bonne figure que pour faire des efforts et enfin Achille a été tellement désespéré d'entrer d'abord dans un petit régiment de soldat (histoire qu'il s'y fasse tuer bien sûr) qu'il a voulu en terminer avec sa vie. Incapable de se suicider (par conviction religieuse ou autre) il se jette donc dans la tourmente et dans tous les coups les plus dangereux. Et malheureusement pour lui, bah il meurt pas xD
Voilà voilà mais je crois que tu es au clair déjà  

Continues comme ça en tout cas c'est parfait :lovehere:
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À s'habiller sans péril, on triomphe sans goût
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Ven 5 Juil - 3:12

je te le dis ici puisque je n'avais pas encore vu ton vava en te souhaitant la bienvenue : bel homme ! bave Il nous faudra un lien
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Ven 5 Juil - 8:38

Tu sais quoi? TU ECRIS SUPER BIEN!!!! Bravo pour ce début prometteur Very Happy
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Mer 10 Juil - 4:22

Merci à tous câlin

Fiche de prés à 2,75/3 faite, vite je me dépêche de finir 
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Mer 10 Juil - 8:20

C'est trop stylé, t'écris super bien! Very Happy et tu as raison: vive les Very Happy
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Mer 10 Juil - 18:25

Achille de Montaron a écrit:

Prénom (Pseudo) : Thomas †
Han un de nos rare joueurs masculin ? Bienviendue encore plus bienviendue alors câlin

Achille de Montaron a écrit:
comment trouvez-vous le forum ? J'adore, j'ai pas de mots fan attitude †
Vous me faites rougir Chevalier amour

Achille de Montaron a écrit:
Un dernier mot ? Tu crois !? (à la réponse au code) Et sushi powaa 
Bon... Spas possible... Vous cherchez vraiment à vous faire tapay c'est ça ?

En tout cas moi à part le ptit point que je t'ai glissé en CB et deux trois fautes d'inattention, j'ai rien à redire pour le moment
Vivement la validation :lovehere: 
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Achille de Montaron, pour vous servir

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