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 Petits meurtres entre époux (PV Monsieur)


Jeu 18 Juil - 21:10

Henriette s’était, pour une fois, levée du bon pied. Chaleureuse et aimable avec toute sa maison, elle s’était teintée d’une humeur douce et tendre, souriant au premier venu. Elle s’était laissée habiller paisiblement, n’avait point bronché quand la coiffeuse lui avait tiré la chevelure et n’avait émis qu’un sourire discret quand on lui apporta les nouvelles, souvent mauvaises, de la semaine. Assise seule dans son antichambre, simplement entourée de ses dames de compagnie et dames de service, elle écoutait les informations importantes : actualités littéraires, théâtrales, royales parfois (c’était assez rare) et les futures festivités à venir à la Cour.

La duchesse d’Orléans aimait beaucoup Saint-Cloud où elle se sentait détendue et solitaire. Des moments reposants qui contrastaient complètement avec le faste royal imposé par son beau-frère couronné. Ainsi, quand son mari décidait de filer à Saint-Cloud, elle suivait souvent sans froncer les sourcils, contente de trouver un peu de répit. Enfin, cela n’arrivait que rarement car les visites à Saint-Cloud de Monsieur se limitaient souvent à marquer son mécontentement contre son épouse. Henriette était donc souvent la cause de ces déplacements soudains et devait, quasiment  à chaque fois, jouer d’intelligence et de diplomatie pour rassurer et calmer son époux sur les différents qui s’étaient installés entre eux.

Car contrairement aux apparences, Henriette aimait beaucoup son mari. Certes, elle ne le considérait pas comme l’époux idéal (elle aurait préféré qu’il se consacre à sa beauté plutôt qu’à celle de ses mignons) mais elle aimait l’homme des fêtes, le guerrier, l’homme de théâtre. Elle savait également qu’elle ne devait sa place qu’à son titre et qu’elle devait le satisfaire, sur tous les points. Elle avait simplement appris à le comprendre et, parfois, essayer de la manipuler pour éviter les conflits (cela se passait souvent en allant dire un mot au royal grand frère). Sauf qu’Henriette était humaine, avec ses sentiments et ses humeurs, et que l’époux colérique et italien lui déplaisait parfois au point de la faire rougir de rage. Elle ne voulait, ni ne pouvait, lui laisser passer tous ses caprices.

Ce jour-là, c’était elle qui réclamait quelque chose. Ses appartements, à Saint Cloud, ne lui plaisaient pas, ou plus. Elle n’aimait ni la vue, ni la position. Elle était trop loin de ceux son époux, trop loin de ceux de son fils (petit, certes, mais héritier de la famille !) et peu pratique pour toutes les grossesses qu’elle endurait (et auxquelles elle s’attendait pour la suite). En somme, elle sortit de chez elle pour demander audience à son propre mari pour réclamer d’emménager dans une autre aile du château, qu’elle considérait mériter de plein droits (et dont elle savait qu’ils étaient, en majeure partie, occupés par le chevalier de Lorraine quand il était en visite).

Retrouvant son époux en promenade dans les jardins, elle vint à sa rencontre, lui proposa de marcher à ses côtés et commença la conversation. Au bout de quelques minutes de banalités, Henriette sentit que sa présence gênait, dérangeait. Elle comprit rapidement que Monsieur n’était pas idiot et qu’il attendait qu’elle exprime clairement son désir.


-Monsieur, après mûre réflexion, il m’a semblé plus juste que je dispose des appartements dans l’aile sud, qui communique directement avec les vôtres. Cela me permettrait de voir nos enfants plus rapidement et d’accéder aux jardins plus facilement. Ma condition, qui peut être amenée à changer si nous venions à attendre un autre enfant, n’en serait que réconfortée.
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Jeu 25 Juil - 16:26


    Saint-Cloud était sans doute la meilleure chose que Mazarin avait pu offrir à Philippe d'Orléans. La seule bonne chose sans doute. L'unique. Dire que Giulio Mazarini avait espéré ruiner ainsi le cadet gênant.
    Et pour cause, les travaux de Saint-Cloud demandait un argent constant au frère du Roi. Philippe s'était avéré être un excellent meneur de projet pour ce qui était de l'embellissement de la jolie petite demeure qu'il avait acquit en 1658. Il en faisait une magnifique demeure, une demeure digne des Rois.
    Les projets de l’Éminence avaient donc porté leurs fruits. Philippe était bien plus préoccupé d'obtenir des bourses pour la construction de ses fontaines et de ses jardins plutôt que de se procurer... Voyons... Au hasard de l'esprit du Cardinal... Hum... Du poison ? Une armée ? En toute simplicité de quoi comploter contre son royal frère bien-aimé ?
    Malheureusement pour feu le Cardinal, le frère du Roi en avait fait une bien trop belle demeure et ce n'était pas elle qui le ruinait mais sa tendance fâcheuse à perdre bien trop souvent aux jeux qui ainsi rattrapait les souhaits de Mazarin.
    Saint-Cloud était donc la seule maîtresse du Duc d'Orléans. Il la chérissait, était prêt à toutes les dépenses pour elle, toutes les folies, tous les caprices. La seule femme qu'il ait aimé outre sa mère.

    Aussi Monsieur adorait-il revenir chez lui dès qu'il en avait l'occasion et se promener d'un air rêveur dans ses jardins, accompagné de ses tendres chéris. Aussi détestait-il être dérangé dans ce petit plaisir qui était le sien.
    Pourquoi venait-elle subitement, pourquoi était-elle là à ses côtés ? C'eut été de mauvaise foi de la renvoyer, Monsieur se connaissant l'aurait fait avec rudesse, d'autant plus que ces derniers temps Henriette faisait des efforts.
    Mais il l'admettait avec peine. Il en faudrait bien plus... C'était à parier que son épouse avait quelque chose à lui réclamer.
    Philippe en était certain, Madame était bien trop coulante et mielleuse lors de leurs dernières Soirées en Appartement. Il flairait quelque chose et cela l'irritait d'autant plus que la jeune femme se cachait à nouveau derrière des sourires et des gentillesses de circonstances.
    Mais voilà ! De quelles circonstances ?
    Oh il doutait que cela provienne de la mort de sa mère, bien qu'il eut pensé un certain temps que cela en fut la cause. Pourtant cela durait depuis trop de temps pour que cela soit véritablement le cas.
    Alors quoi ?
    Un voyage en Angleterre ? Si c'était cela... Jamais. Il le lui refuserait nettement, ne lui donnerait pas ce plaisir.
    En acceptant que Madame marche avec lui il avait pensé que cela ne durerait qu'un instant, le temps d'un babillage poli, le temps de se saluer de parler du temps voire des dernières futiles nouvelles de la Cour (en évitant soigneusement le sujet du dernier bal qui avait été une catastrophe). Monsieur comprit rapidement pourtant que Madame ne le lâcherait pas sans avoir obtenu son désir qu'elle conservait en son sein.
    Cela l'irritait, l'impatientait. Il voulait retourner à sa promenade et à ses... bosquets.
    Ses petits sucres marchaient à distance respectable comme il le leur avait demandé, tout en suivant leur seigneur, prêt à reprendre leur place à ses côtés et Philippe jetait de plus en plus fréquemment de regard en arrière.
    Quand partirait-elle ?

    Il n'y cru presque pas lorsqu'elle se décida enfin à se dévoiler. Il aurait cru qu'elle ferait traîner la chose pendant quelques jours encore. Visiblement non. Il l'écouta d'un air distrait, observant le feuillage des arbres et sa cascade au loin.
    Philippe affectait la plus grande indifférence jusqu'à ce qu'elle parle de l'aile sud du château.
    Vipère. Il voyait parfaitement où elle voulait en venir.
    Le Prince en entendant les justifications de son épouse avait haussé un sourcil hautain et incrédule. A qui comptait-elle faire croire cela ? "Si nous en venions à attendre un autre enfant" ?


    -J'entends Madame, néanmoins je ne vois là pas de raison suffisante pour faire déplacer vos appartements... Si vous souhaitez voir nos enfants plus rapidement, peut-être faudrait-il d'abord les voir plus régulièrement. Quant à l'accès aux jardins il ne sera ni plus long ni plus court selon l'endroit où vous vous trouverez dans le château.

    Il voulait couper la conversation au plus tôt et lui faire comprendre son refus le plus rapidement possible pour qu'il puisse de nouveau jouir de ses jardins en paix et sans elle.

    - Enfin,
    dit-il d'un blanc murmure, pour ce qui est de votre "condition" future il faudrait déjà que vos grossesses arrivent à terme... Ou survivent...

    Une fausse-couche, une fille morte-née l'an passé... Combien d'autres enfants tuerait-elle encore ? Heureusement que sa petite fée et son héritier vivaient eux. Il tenait pour responsable son épouse quant au décès des deux autres. Lui avait accompli sa part du marché, elle...
    Philippe donc ne mâchait pas ses mots. Irrité par ces dissimulations, par le vol du bal, toujours à fleur de peau suite à la mort de sa mère, il supportait difficilement la demande de son épouse qui à ses yeux était une nouvelle attaque contre son Chevalier adoré.
    Il sortit de sa manche un mouchoir parfumé de violette et se l'agita sous le nez, comme il le faisait souvent lorsqu'il était irrité et montrait ainsi qu'il se désintéressait de la question qui pour lui était désormais réglée.

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À s'habiller sans péril, on triomphe sans goût
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Titre/Métier : Fils de France, Frère unique du Roi, Duc d'Orléans
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Situation : Marié à Henriette d'Angleterre

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