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 I'm happy, free, confused and lonely at the same time ft. Achille de Montaron [-18 // Secret]


Mar 30 Juil - 1:52



" Give me a second, I need to get my story straight. My friends are in the bathroom getting higher than the Empire State. My lover [he's] waiting for me just across the bar. My seat's been taken by some sunglasses asking about scar and ... I know I give it to you months ago. I know you're trying to forget. But between the drinks and subtle things, the holes in my apologies, you know I'm trying hard to take it back. So if by the time the bar closes and you feel like falling down, I'll carry you home. "


Cette soirée avait été mémorable ! Tellement mémorable que la brune n'avait pas voulu la quitter. Mais voilà, le lendemain, elle avait des choses importantes à faire, alors il fallait mieux qu'elle dorme un peu. Sortant de l'hôtel particulier de son amie, Héloïse tituba un peu. Elle avait bu. Et tout le monde savait que l'italienne plus l'alcool ne faisaient pas bon ménage. Mais peu importait, on l'avait laissé s'amuser, la gardant à l'oeil tout durant. De toute façon, quand elle buvait, la brune n'était jamais méchante. C'était ce qui comptait, non ? Faisant un signe de la main à son amie qui l'accompagna à la sortie, ce fut une Héloïse légèrement malade qui monta dans la calèche l'attendant devant. La même avec laquelle elle était venue ici.

- Au palais, s'il-vous-plaît ! Dit-elle au cocher, son haleine sentant fort l'alcool.

Le cocher ria gentiment et, une fois la noble installée, démarra, amenant la jeune femme au palais, comme demandé. Durant le trajet, Héloïse qui se sentait de plus en plus malade pria pour qu'ils arrivent le plus vite possible. Heureusement, sa prière fut exaucée et lorsque l'on ouvrir la porte, elle poussa un long soupir de soulagement avant de descendre de la calèche, titubant encore.

- Madame, vous voulez de l'aide ? Demanda un serviteur, la voyant en mauvais état. Peut-être pourrais-je vous aider à regagner vos appartements ?

Mais la noble l'ignora tout simplement, continuant son avancée périlleuse. Entrant dans le château, elle s'adossa contre un mur, se tenant le ventre, mourant de chaud.

- Dieu, où est cet éventail encore ? Grogna-t-elle pour elle-même, fouillant dans ses affaires.

Alors qu'ils passèrent devant elle, quelques nobles rièrent. Héloïse, comme une enfant, leur tira la langue pour toute réponse. Après quelques minutes, et sentant qu'elle n'allait pas encore vomir pour le moment, elle reprit donc sa marche, se tenant toutefois aux murs pour plus de sûreté.  Une fois de plus, l'italienne se promit de ne plus boire comme ça. Même si elle savait qu'elle recommencerait dès que l'occasion se présenterait. Alors qu'elle avançait à la vitesse de l'escargot, ou presque, une silhouette se dressa face à elle. Un homme avançait. Incapable de discerner s'il s'agissait d'un noble ou d'un serviteur encore, elle préféra ne pas prendre de risques et ne pas être encore la risée des passants. Grognant silencieusement et pour elle-même, Héloïse s'adossa à nouveau à un mur, croisant les bras sur sa poitrine, dans une position qui se voulait naturelle mais qui n'en avait rien.


Dernière édition par Héloïse de Fontanges le Lun 13 Jan - 1:08, édité 7 fois
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Lun 5 Aoû - 2:36



Héloïse & Achille

C’était une soirée comme les autres, qui n’avait rien d’exaltant pour le jeune Achille. Elles se ressemblaient tellement toutes qu’à son entrée chez les mousquetaires, il les trouvait exécrables et ennuyeuses à mourir. Mais il y était maintenant habitué qu’il se bornait à faire ce qu’on lui ordonnait. Néanmoins le désir de quitter cette condition qui lui déplaisait tant ne s’affaiblissait pas. Si pendant toutes ces années de veille et de garde il arrivait à supporter cela, c’est, d’un côté, grâce à sa bonne volonté de rendre service aux gens, il avait toujours été d’un naturel aimable. D’un autre côté, c’est grâce à la chaleur et à la bienveillance de quelques-uns de ses compagnons, plus particulièrement l’homme dont il n’aurait jamais pensé devenir un jour son ami, Laurent de Flone. Avec ce dernier et d’autres mousquetaires, Achille était chargé le soir même de monter la garde au château qui tenait lieu de résidence actuelle au souverain. Il fallait bien assurer la protection du roi et de sa famille, ainsi que celle des courtisans.

Achille se trouvait à l’intérieur du château avec une poignée de mousquetaires. Les autres étaient dehors, sous un ciel sans nuages, mais ils n’étaient pas seuls, des soldats de la garde les accompagnaient. Ensemble, ils gardaient les entrées et les sorties. Quant à Achille, il faisait un nombre incalculable de fois le tour du château, passant en revue toutes les pièces et les moindres recoins susceptibles d’abriter une personne aux intentions mauvaises. On ne sait jamais ! Si cela arrivait un jour, Achille, comme tout mousquetaire, saurait prendre la bonne décision et l’attitude à adopter vis-à-vis de cet intrus. Alors qu’il parcourait les pièces du regard, il pouvait à tout moment croiser ses compagnons et en profitait pour les saluer ou bavarder un court instant avec eux. La nuit s’avançait et un voile obscur enveloppait le château. Par la fenêtre, Achille apercevait les flammes des torches danser au gré du vent. Elles perçaient tant bien que mal dans les ténèbres.

Soudain, il entendit quelque chose au loin qui s’approchait. Le bruit des sabots claquant sur le sol rocailleux se fit plus distinct. Une calèche tirée par des chevaux arrivait à une vitesse folle et s’arrêta au niveau de la grille d’entrée dans un crissement. Le cocher en descendit et appela un serviteur qui fit descendre l’occupante. Dans la descente, elle faillit trébucher mais parvint à reprendre son équilibre avant de traverser la cour. Achille essaya de discerner ses traits à travers la vitre mais il ne vit rien, la nuit était trop sombre et la personne déjà rentrée dans le château. Cependant, il était sûr d’une chose, il ne l’avait jamais vue. Il se détacha de la fenêtre et reprit sa besogne. Des rires provenant du hall attirèrent son attention. Achille jeta un rapide coup d’œil sur la pendule richement ornée du salon dans lequel il était. Deux heures cinq. Mais qui pouvait bien rire à cette heure-ci ? Personne normalement. À cette heure avancée de la nuit, le château était plongé dans le sommeil et il n’y avait que très peu de bruits, surtout pas des rires !

Une minute plus tard, Achille arriva dans la cage d’escalier et ce qu’il vit ne le surprenait guère. Il lâcha un soupir et laissa passer un groupe de nobles complètement bourrés regagner leurs appartements. Il en voyait tout le temps mais il ne comprenait toujours pas pourquoi ils riaient tout à l’heure. Achille descendit alors les marches de l’escalier dans l’espoir de trouver la source des rires en bas. Il se rapprocha de la rambarde et se pencha. Une dame, la même qui descendait de la calèche, était en-dessous de lui, adossée à la paroi de l’escalier. Il ne la vit que de haut mais l’éclat de ses boucles brunes le frappa. La cape bleu roi aux reflets satinés qu’elle portait sur ses épaules recouvrait entièrement sa robe. Elle devait être très séduisante.

Aussitôt, les souvenirs de sa mère lui revinrent à l’esprit. Elle lui disait toujours de se méfier de ce genre de femme car cela ne présageait rien de bon. Elles sont dangereuses. Achille regarda une nouvelle fois la noble, elle ne semblait pas être dans son assiette, se cramponnant encore au mur. Il eut l’impression qu’elle avait envie de vomir mais elle réussit à se retenir.

*Tant pis, maman, il faut que je lui vienne en aide*, pensait-il.

Achille sauta les dernières marches et fit un virage de 180 degrés à gauche. La noble tentait bien que mal d’avancer et prenant conscience de la présence du jeune mousquetaire en face d’elle, elle stoppa net et se renfrogna le visage en croisant les bras. Cette attitude le surprit un peu, il venait juste l’aider. Bref, il s’avança vers elle et lui demanda avec douceur :

- Vous vous sentez bien mademoiselle ?

Un sourire illumina le visage d’Achille.



Dernière édition par Achille de Montaron le Dim 5 Jan - 22:16, édité 2 fois
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Mer 21 Aoû - 1:12

Alors, premièrement, il s'avérait que le jeune homme était bel et bien un noble, mais, en plus, un mousquetaire si elle en croyait sa tenue. Et, qui plus est, il avait un sourire à tomber. Déglutissant, l'italienne se redressa, laissant tomber ses bras le long de son corps, essayant d'opter pour une posture moins ridicule. Mais, au vu de son état, la chose semblait complexe et avoir bougé aussi vite lui donna rapidement la nausée. Se retenant de vomir lamentablement aux pieds du beau jeune homme, Héloïse dessina un sourire sur son visage et se contenta d'hocher la tête, essayant de ne pas avoir à ouvrir la bouche, sachant son haleine quelque peu repoussante après ces verres avalés. D'un coup d'oeil, elle regarda le mousquetaire de haut en bas. Très bel homme. Assez jeune. A peu près son âge, sans doute. Non ! Non, non, non. Il lui fallait se ressaisir. Un regard vers une horloge lui annonça qu'il était deux heures du matin. Dans six heures maintenant, il lui faudrait monter à cheval avec son tendre amour.

- Oh mon Dieu ! S'exclama-t-elle pour elle-même. Dans six heures.

Mais pourquoi diable avait-elle acceptée ce rendez-vous aussi tôt, sachant très bien qu'elle était conviée à une soirée la veille ? Euh...venait-elle vraiment de penser à voix haute ? Réalisant alors à quel point elle devait sembler étrange pour le mousquetaire, elle rougit, ses joues se mettant à la chauffer et son teint de porcelaine virant instantanément au pivoine. Et merde ! Une telle chose ne pouvait arriver qu'à elle. La brune était la reine des gaffes lorsqu'elle avait bu. Et cette nuit ne faisait pas exception à la règle. N'ayant guère plus d'autre choix, la de Fontanges inclina la tête en une révérence rapide, jugeant une véritable bien trop dangereuse dans son état et sourit à son tour au jeune homme dont le nom lui était jusqu'alors inconnu.

- Héloïse de Fontanges, se présenta-t-elle. Un autre haut-le-coeur. Je crois avoir besoin d'aide, monsieur.

Oui, de l'aide il lui en faudrait pour retourner à ses appartements. La vision qu'elle donnait à voir était d'un lamentable sans nom. Mais, à quoi bon être jeune s'il on ne pouvait profiter de cette jeunesse pour s'amuser et tenter tous les excès ? Et pour s'amuser, on pouvait dire qu'elle le faisait. Et plutôt bien. Et puis, ce n'était pas comme si elle buvait tous les jours ... Bon d'accord, si ! Mais pas tout le temps jusqu'à l'ivresse. En général, elle se contentait d'un petit verre au repas du midi. Se laissant tomber dos contre le mur, la brune aux cheveux bouclés poussa un long soupir.

- Il fait chaud ici, vous ne trouvez pas ?


Dernière édition par Héloïse de Fontanges le Ven 3 Jan - 22:31, édité 4 fois
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Sam 7 Sep - 19:41



Héloïse & Achille

La pauvre, elle était vraiment mal en point. Retenant un énième haut-le-cœur, elle tenta d’adopter une position plus convenable à son rang face à ce mousquetaire qu’était Achille. La jeune femme, c’était une noble et cela se voyait à ses vêtements malgré son attitude. Avec un effort considérable, Achille dut ne pas trop se rapprocher d’elle pour l’aider, sans son consentement il ne pouvait rien faire. Il maudissait ce fichu protocole de la Cour française, l’étiquette y était très stricte, il le savait. Il sourit une nouvelle fois, tentant une approche. Il le fallait bien et puis, il ne niait pas qu’elle fût vraiment séduisante. Elle lui sourit en retour et hocha la tête.

*Tu es sûre que tu te sens bien ?*, ne put-il s’empêcher de penser.

Son état prouvait le contraire mais il se retint tout commentaire. Elle était jeune la miss et cela expliquait pourquoi elle ne tenait pas vraiment à l’alcool. Même si elle gardait la bouche fermée, elle empestait déjà l’alcool. Pouah ! Il fallait absolument qu’elle arrête de boire car cela ne pouvait pas continuer ainsi. Certes ce n’était pas à lui d’en décider mais regardez dans l’état qu’elle se met quand elle boit. Bien, il allait avoir une discussion sérieuse avec elle sur l’alcool, sujet souvent délicat à aborder chez les nobles mais avec elle, ce sera facile puisqu’ils avaient le même âge. De plus, Achille n’aimait pas trop laisser les gens qu’il rencontrait dans le pétrin. Être mousquetaire lui donnait de nombreux avantages pour les aider. La noble l’étudiait maintenant du regard. Il semblait lui faire une forte impression car elle était comme plongée dans ses rêveries en le contemplant. Elle releva brusquement les yeux et lui sourit, toujours adossée au mur. Puis elle se détourna de lui, regardant par-dessus son épaule. « Oh mon Dieu ! Dans six heures », s’exclama-t-elle. Pardon ?

Lui parlait-elle ou à quelqu’un d’autre ? Il jeta un coup d’œil furtif autour de lui. Personne. Peut-être parlait-elle à elle-même ? Oui c’était ça. Achille se demanda alors si elle allait bien, si elle était dans son état normal. Bref, dans six heures, voyons quelle heure serait-il ? Se fiant à l’heure qu’il avait lue dans le salon à l’étage, il fit le calcul de tête. Huit heures du matin, il sera huit heures du matin dans six heures. Fronçant les sourcils, il l’observait. À quoi pensait-elle ? S’était-elle rendu compte d’un truc important à faire dans six heures ? Peu importe, ça ne l’intéressait pas. C’était sans importance même. Il se contenta pour l’instant de l’observer. Il vit qu’elle virait au rouge, consciente de sa bévue. Mais qu’avait-elle pour rougir comme ça ? C’était lui qui lui faisait de l’effet ou quoi ? Il pouffa intérieurement, la noble se couvrait de ridicule et cumulait les gaffes. Bon Dieu, Achille, agis ! Une voix lui disait ça dans sa tête. La noble tenta bien que mal de faire une légère révérence et pria le mousquetaire de l’aider. Elle se présenta même. « Héloïse de Fontanges, je crois avoir besoin d’aide, monsieur. ».

Enfin le consentement ! Et c’est pas "je crois", c’est certain même. Regardez-vous dans un miroir jeune demoiselle et vous comprendrez. Bon, il avait bien entendu d’une certaine Héloïse de Fontanges, réputée pour sa beauté mais surtout pour ses fantasques. Elle s’habillait un peu différemment des autres femmes nobles, n’hésitant pas à oser des couleurs assez pétantes et de montrer à la vue de tous ses plus beaux atouts. Le pire était qu’elle montait à cheval en pantalon comme un homme et non en amazone. Étrange mode mais offensante pour les courtisans.

*Messieurs il y a des problèmes plus graves dans la vie que le comportement de l’un d’entre vous*, pensait-il.

Tantôt il admirait les nobles, tantôt ils le dégoûtaient. Il pouvait tolérer mademoiselle de Fontanges, même si elle se comportait ainsi, en parfaite étrangère. Il lui rendit le sourire et inclina la tête en signe de respect.

- Bien mademoiselle, en quoi puis-je vous aider ?

Elle ne répondit pas tout de suite.

- Mademoiselle ?, répéta Achille, essayant de capter son attention.

Elle se colla au mur de l’escalier et soupira : « Il fait chaud ici, vous ne trouvez pas ? ». Elle haleta et une goutte de sueur perlait sur son visage.

- Restez ici !, lui conseilla Achille.

Il partit vers les portes-fenêtres au fond du hall et en ouvrit un. Le vent s’engouffra dans la pièce et dans sa foulée amena quelques feuilles qui se dispersèrent sur le sol dallé. D’un coup de botte, transformé en balai, il les rassembla à la va-vite et les jeta dehors. Mais une bourrasque les ramena à l’intérieur. Tant pis ! L’air apportait néanmoins de la fraîcheur dans le hall. Achille retourna vers la noble, la dénommée Héloïse. Il lui demanda :

- Mademoiselle se sent-elle beaucoup mieux maintenant ?

Remarquant que ses traits étaient livides, il ajouta :

- Je reviens, ne bougez pas, d’accord ?

Elle fit un léger signe de tête comme pour dire oui, qu’elle avait compris ses consignes. Achille repartit de plus belle, abandonnant mademoiselle de Fontanges dans le hall. Il marcha d’un pas décidé mais avec prudence car le château dormait encore à cette heure-ci, se dirigeant vers la cuisine. Arrivé dans ladite pièce, il consigna une cuisinière encore en service un verre de lait, un bon remède contre l’alcool, simple mais efficace. La cuisinière sortit un bidon de lait de vache et une marmite en cuivre qu’elle plaça au-dessus du feu. Elle y déversa le contenu du bidon, la chaleur permettra de stériliser le lait, supprimant ainsi toutes les impuretés et les bactéries qu’elle contenait. Cela se passa si vite puisque la cuisinière déplaça la marmite quelques secondes après avoir déversé le lait pour l’accrocher à côté, à l’écart du feu sinon le lait deviendrait trop crémeux par la suite. La cuisinière se servit d’une louche pour verser délicatement le lait dans un verre. Elle le posa ensuite sur la grande table en bois au milieu de la cuisine. Achille le prit pour l’amener à mademoiselle de Fontanges mais il la reposa aussitôt sur la table. Le lait était brûlant. Il crispa la main avec laquelle il avait pris le lait. Il ne s’était pas brûlé heureusement. La cuisinière prit avec précaution le verre et le déposa sur un petit plateau qu’elle tendit ensuite à Achille. Il la remercia et sortit de la cuisine rejoindre Héloïse qui l’attendait certainement dans le hall. Quand il la retrouva, elle se releva, trop vite et elle allait vomir. Achille posa rapidement le plateau sur un meuble et déplaça une chaise qui se trouvait pas loin. Il la plaça près du verre de lait et aida mademoiselle de Fontanges à faire quelques centimètres pour l’atteindre. Puis elle s’assit dessus.

- Mademoiselle, buvez !, dit Achille en lui tendant le verre de lait.



Dernière édition par Achille de Montaron le Dim 5 Jan - 22:20, édité 2 fois
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Sam 21 Sep - 4:41

Aussitôt eut-elle formulé ces mots que le jeune mousquetaire se précipita vers une fenêtre qu’il ouvrit en grand. Les yeux clos et une main posée contre son ventre, contre ce corset qui rendait sa respiration difficile, la brune souffla de soulagement. Elle avait déjà un peu moins chaud. L’air frais s’engouffra dans le hall, le vent venant caresser doucement la peau de la demoiselle, la faisant frémir un court instant et soulevant un peu ses longues boucles brunes qui vinrent se reposer délicatement sur ses épaules pâles. Elle rouvrit les yeux. Le mousquetaire dont elle n’avait pas retenu le nom – s’était-il seulement présenté ? – s’avança dans sa direction et l’italienne ne le quitta pas du regard. Son visage était doux et ses yeux d’un marron étincelant contribuaient à lui donner cette apparence. Il devait avoir à peu de choses près le même âge qu’elle. Mais il semblait plus mature, plus adulte. A vrai dire, cela n’était pas chose complexe quand on savait qu’Héloïse était encore par bien des côtés une enfant. Et une enfant qui refusait de trop grandir, qui plus est. Il le faudrait bien un jour, mais autant retarder la chose. Tentant un sourire amical en direction du jeune homme, elle ne put que grimacer, une affreuse douleur la prenant à la tête. Cela, plus son estomac qui semblait se tordre dans son ventre. Elle avait faim. Il lui fallait manger quelque chose. Ou, en tout cas, boire quelque chose qui ne serait pas de l’alcool. Le mousquetaire lui demanda si elle allait mieux. Pas vraiment, non. S’adossant un peu plus contre le mur, refermant ses yeux tant la lumière pourtant faible dans ce couloir lui faisait mal au crâne, elle hocha mollement la tête dans l’espoir de ne pas inquiéter celui qui devait avoir des choses plus importantes à faire que de s’occuper du cas désespéré qu’elle était alors. Mais son visage sans doute plus pâle que d’habitude ne dut pas tromper le mousquetaire qui lui intima alors de l’attendre là sans bouger. Où pourrait-elle bien aller, de toute manière ? Dans son état, nul part, c’était certain. Alors qu’elle entendit les bruits de pas s’éloigner, elle comprit qu’il devait être parti chercher quelque chose ou quelqu’un pour l’aider.  Elle rouvrit les yeux et tenta de se redresser. Prise d’un haut-le-cœur, elle décida alors de rester dans sa position initiale, à moitié avachie contre le mur, ce stupide corset l’empêchant de se mouvoir ainsi qu’elle le désirait vraiment et rendant sa respiration difficile encore. Mais qu’avait-elle bien pu boire pour être dans un tel état ? Jamais encore elle n’avait été malade à ce point. L’alcool chez son amie devait être plus fort que d’accoutumée. Portant une main dans son dos, elle tira un peu sur les rubans de son corset pour le desserrer un peu. Alors, elle put prendre une grande bouffée d’air frais et son visage reprit quelques couleurs. Héloïse pria pour que Mathis ne soit jamais mis au courant de cela. Le jeune homme allait s’inquiéter pour elle et la réprimander, lui répétant une fois de plus qu’une jeune femme ne devait pas boire ainsi, qu’elle devrait penser à adopter un comportement plus en adéquation avec son rang. Mathis n’était pas méchant, loin de là. Mais il l’aimait tout autant qu’elle l’aimait, elle. Et, bien entendu, il s’inquiétait de son état et de sa réputation. La brune lui avait répété à plusieurs reprises qu’il n’y avait pas de quoi s’inquiéter. Mais il était aussi têtu qu’elle et continuait. Alors, elle le laissait parler, ne l’écoutant que d’une oreille. En pensant à Mathis, Héloïse sourit tendrement. Ce fut alors qu’elle entendit à nouveau des bruits de pas. Cherchant à voir qui arrivait, elle souffla en ne voyant que le mousquetaire. Il avançait dans sa direction et semblait même porter quelque chose. Elle se redressa pour s’approcher un peu plus de lui. Nouvel haut-le-cœur. Elle abandonna l’idée. Le jeune homme posa ce qui s’avérait être un plateau sur un meuble tout près avant de se précipiter vers une chaise qu’il porta jusqu’au meuble. Alors, il s’approcha d’elle et l’aida à marcher jusqu’à cette dernière pour finalement l’y asseoir.

- Merci, souffla la noble, un faible sourire sur le visage.

Il lui tendit ce qui était un verre de lait, lui intimant de boire. Elle s’en empara d’une main faible et obéit, portant le verre à ses lèvres. Le liquide chaud coula dans sa gorge. Elle but pratiquement d’un coup le tout. Cela lui faisait un bien fou. Relevant à nouveau le regard vers lui, elle reprit des couleurs. D’une voix un peu plus claire, elle réitéra ses remerciements et posa le verre sur le meuble à côté d’elle, sur le plateau. Pendant quelques longues secondes, elle le regarda en silence, plongeant son regard dans le sien. Dieu qu’il était séduisant ! Et ce n’était pas l’alcool encore présent dans son organisme qui lui faisait penser cela. Le jeune homme ressemblait à un ange. En tout cas, à la vision qu’Héloïse se faisait des anges. Peut-être en était-il un. Son père lui avait souvent dit, alors qu’elle était une petite fille, qu’ils existaient réellement et que parfois ils descendaient sur Terre pour venir en aide à la personne qu’ils avaient pour mission de protéger. Des anges gardiens, voilà comment on les appelait. La brune se plut à penser que le mousquetaire devait être cet ange gardien. Ses gestes encore quelque peu mal assurés, elle passa une main dans ses cheveux, jouant avec une des mèches qui entouraient son visage, l’entortillant nerveusement autour de son doigt.

- Merci d’être descendu pour moi.

Et si, après tout, les anges existaient vraiment ?[/size]


Dernière édition par Héloïse de Fontanges le Ven 3 Jan - 22:34, édité 4 fois
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Mer 2 Oct - 22:35



Héloïse & Achille

Le lait chaud redonnait des couleurs au visage d’Héloïse. Elle semblait aller beaucoup mieux. Beaucoup trop ! C’était une autre Héloïse qui se présentait aux yeux d’Achille, une Héloïse plus sauvage et lucide. Tout ça en un claquement de doigt, grâce au liquide brûlant. Un changement de personnalité ? Non, elle restait la même mais le jeune soldat avait remarqué le changement quand elle buvait le verre de lait. Un changement mineur qui faisait toute la différence. Libérée de l’emprise alcoolique malgré elle (elle avait encore des grammes d’alcool dans son sang), elle paraissait différente. L’Héloïse qu’Achille ne connaissait pas encore.

Alors qu’elle le bombardait de remerciements, Achille tenta de rester modeste. Elle le perturbait. D’abord, elle n’arrêtait pas de jouer avec ses boucles brunes, les tortillant à jamais. Puis elle n’arrêtait pas non plus d’arranger sa robe, surtout son corset. Enfin elle le dévorait des yeux, plongeant ses yeux couleur miel dans son regard clair. Elle l’émoustillait, le faisait trembler, il n’était pas insensible à ses charmes. Sans le vouloir, il sentit la chaleur corporelle l’envahir et monter partout en lui, il rougissait. Comme une tomate certainement puisqu’il en avait la fâcheuse habitude. Tout de suite gêné, il lutta vaillamment contre sa timidité. Que faire ? Baisser les yeux au sol tout simplement, c’était la solution la plus facile mais la plus efficace aussi.

Les yeux rivés au sol, il put relâcher sa gêne et reprendre sa respiration normalement. Il souffla au rythme des battements de son cœur et se concentra sur autre chose, il ne fallait absolument pas qu’il repensait à elle. Mais elle ne lui laissa pas de répit. « Merci d’être descendu pour moi. », lui disait-elle.

*Je vous en prie*, pensait Achille sans lui répondre.

Bien qu’elle lui fasse de l’effet, il ne regretta pas d’être descendu. Il était curieux de la découvrir et était heureux de rencontrer la fameuse Héloïse de Fontanges. Qu’elle était fantasque, avait-il souvent entendu de la bouche de ses camarades. Achille partageait le même avis, elle pouvait brusquement changer d’humeur et ce sans raison valable.

Bref, il avait décidé qu’à partir d’aujourd’hui la timidité n’était plus un obstacle. Il releva la tête et remarqua qu’elle le regardait assez étrangement, attendant probablement sa réponse. Ouf, elle avait refermé sa cape, son décolleté ne se trouvait plus dans son champ de vision.

- Mademoiselle se sent-elle beaucoup mieux ?, demanda Achille.

Il n’avait pas oublié son rôle, venir en aide aux gens dans le besoin et éventuellement les veiller.

- Voulez-vous que je vous tienne compagnie un moment ?

Et il n’allait pas non plus l’abandonner dans le hall, vous vous souvenez de son état lorsqu’elle était arrivée ici, n’est-ce pas ? Bien, retenez la leçon, ne jamais laisser seule une femme en détresse.



Dernière édition par Achille de Montaron le Dim 5 Jan - 22:22, édité 2 fois
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Sam 12 Oct - 15:16

La jeune brune remarqua la gêne du mousquetaire. Alors qu’il regarda par terre, elle ne put retenir un petit rire amusé. Etait-ce elle qui lui faisait cet effet ? L’homme était devenu rouge et ne semblait plus savoir où se mettre. Elle sourit, ses yeux rieurs se posant sur lui. Les regards qu’il avait porté sur son décolleté n’avaient évidemment pas échappés aux yeux de l’italienne qui en avait profité pour mettre un peu plus sa poitrine en avant, l’alcool n’aidant certainement pas à la retenue dont elle aurait du faire preuve toutefois. La retenue. N’était-ce pas toutefois ce que l’on attendait d’une jeune femme de son rang ? En tout cas, c’était ce que ses parents lui avaient appris. Prenant une grande inspiration, elle se calma un peu, ses mains posées sur ses cuisses, bien à plat, le verre retourné sur le plateau et sa cape refermée sur son décolleté. Elle attendit qu’il dise quelque chose, le fixant. Après ce qui sembla à la noble une éternité, le mousquetaire leva enfin les yeux. Et quels yeux ! D’un vert sans pareil. Le fixant toujours, elle poussa presque malgré elle un soupir de soulagement quand il parla enfin. Comme si elle avait douté qu’il puisse reprendre la parole. Se sentait-elle mieux ? Elle hocha la tête. Oui, bien mieux. Même si sa tête lui tournait encore, elle pouvait à nouveau avoir des paroles et des pensées à peu près cohérentes. C’était déjà ça. Alors, il lui proposa de rester un peu avec elle et soudain ce fut comme si Héloïse était redevenue une enfant. Dans un de ses habituels et brusques changements de caractère, elle se mit alors à trépigner, sautant presque sur sa chaise et regarda le brun, des étoiles dans les yeux.

- Vous ferez ça ?

Dans son esprit de petite fille encore bien présent en des moments comme celui-là, la présence de cet homme à son côté semblait juste magique. L’ange gardien était là et ne comptait pas repartir de sitôt. Mais rapidement – peut-être trop – la magie de l’enfance et de cet imaginaire qu’elle gardait en commun avec la Héloïse qu’elle avait été à Lugano disparut pour laisser place à la Héloïse adulte, séductrice et pas mal alcoolisée. Une jeune femme qui ne pouvait bien entendu pas ignorer longtemps les regards du mousquetaire sur sa personne. Elle se redressa sur sa chaise, rejetant ses épaules en arrière. Quiconque l’aurait vu ainsi n’aurait pu qu’appuyer le côté ridicule de la posture de l’italienne, mais la Fontanges se sentait belle et désirable. L’alcool faussait les jugements à un point …Elle plongea à nouveau ses yeux dans ceux du mousquetaire et senti chez elle soudainement l’envie, le besoin presque de l’embrasser, voire même plus. Au diable Mathis et sa promenade ! Selon la noble, il ne l’abandonnait que trop et elle avait besoin d’une présence à ses côtés. Et il semblait que cette présence choisie par Héloïse soit celle du mousquetaire. Mais alors qu’elle s’apprêtait à le remercier encore – et plus, si possible -, la brune se rendit compte qu’elle ne connaissait toujours pas le nom du jeune homme aux sublimes yeux verts. Elle poussa un soupir, passa une main lasse dans ses boucles brunes. La fatigue commençait à se lire sur ses traits. Mais, pourtant, elle ne se sentait pas fatiguée, loin de là. Alors que son corps ne réclamait que du repos, son esprit voulait danser encore et boire plus que possible. Insouciante. Inconsciente aussi. Voilà ce qu’était la Fontanges. Et malheureusement, ce qu’elle jugeait elle comme des qualités était vu ici plutôt comme des défauts. Défauts qu’il lui faudrait bien vite éliminer si elle ne voulait pas que les choses tournent plus mal encore.

- Vous êtes un ange, monsieur ….


Dernière édition par Héloïse de Fontanges le Ven 3 Jan - 22:36, édité 3 fois
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Mar 10 Déc - 11:44



Héloïse & Achille

Achille n’ébaucha qu’un bref sourire, il resta modeste face à cette jolie demoiselle qu’était la Fontanges qui, elle, le prenait pour un ange. Achille, un ange ? Il ne s’en rendait pas compte mais il se comportait tel un ange car il avait toutes les qualités requises pour l’être. Cela pourrait vous paraître étonnant puisqu’il était mousquetaire. Cependant, rappelez-vous que ce n’était pas lui qui avait décidé de ce qu’il était devenu maintenant, un mousquetaire, soit le métier qu’il n’avait jamais désiré… Pauvre ange ! Un métier dur, difficile, qui n’était pourtant pas adapté au profil d’Achille mais contre toute attente, il y parvenait. En effet, il avait surmonté bien des choses plus affreuses lorsqu’il était plus jeune dans l’armée. Il fallait avoir du mental, un mental d’acier, et Achille en avait, Dieu merci ! Malgré une vie qui lui déplaisait et bien des épreuves, le jeune soldat restait égal à lui-même, entier. Il n’avait guère changé, toujours la même personne que lorsqu’il avait quitté la demeure familiale pour l’armée, après des adieux encore marquants dans son esprit. Sa mère lui manquait terriblement.

Il écarta une mèche rebelle de son front, chassant par la même occasion sa mère de ses pensées. Pas question de repenser à elle sinon il se remettait à pleurer. Et ça, il était hors de question ! Que penseraient ses autres camarades en le voyant dans cet état totalement indigne d’un mousquetaire ? Il expira un bon coup et reposa ses yeux clairs sur Héloïse. Qu’elle était belle. Hop, nouvelle pensée chassée. Il secoua légèrement la tête, honteux de cet aveu intérieur. Il soupira une nouvelle fois et reprit son sourire. Gentil, intègre, courageux, en voilà des qualités qui ne manquaient pas à Achille. Des qualités qu’honoraient aussi les anges. Donc on pourrait qualifier Achille comme étant un ange si l’on suivait la logique. Mais entre Achille et les anges, il y avait quand même une sacrée différence. Outre les mêmes qualités, ils étaient différents. Il était un être mortel alors que les anges, eux, étaient célestes. Et il n’était pas non plus le messager de Dieu. Dieu sur terre, c’était le roi et il n’était point son messager mais son serviteur. Il le servait comme tous les autres sujets du royaume, toutes catégories sociales confondues.

Le mousquetaire était un homme bon et c’était ce qui le rapprochait des anges, voilà tout. La réponse de mademoiselle de Fontanges l’avait pris de court, peu de gens s’intéressaient vraiment aux mousquetaires – dont lui – qui étaient à leur service (les nobles comme elle) pour les complimenter ainsi. Achille devina une autre raison, il avait remarqué qu’Héloïse n’était pas insensible tout comme lui à ses charmes. Non, non, il ne fallait absolument pas qu’il tomba amoureux d’elle et vice-versa. Achille fit clignoter ses paupières et sentit la rougeur sur son visage diminuer. Pas compliqué à savoir, si tu as le visage chaud, c’est que tu rougis ! Bref, le jeune mousquetaire se contenta de rester là où il était posté dans le hall, à bonne distance de la jeune noble. Elle semblait reprendre des couleurs mais adopta quelques secondes plus tard une posture assez étrange. Signe d’une rechute ? Apparemment non car elle rehaussait juste son buste, dévoilant sous sa cape les deux belles courbes rondes de sa poitrine. Achille eut un hoquet de surprise. Dieu pouvait lui remercier de ne pas l’avoir fait en présence d’un cercle plus puritain ou d’une assemblée fort nombreuse puisqu’ils étaient seuls, elle et lui, dans le hall. Car il s’agissait là d’une attaque semblait-il fétiche à la Fontanges, la provocation.

Achille avait ouï-dire qu’elle en avait usé avec le duc d’Orléans, sans le faire exprès paraît-il. Elle ignorait tout des derniers événements lors de son arrivée à la Cour que cela lui avait porté préjudice. En effet, la Cour était encore sous le deuil de la reine-mère dont le décès était survenu en janvier dernier qu’elle était sortie dans les jardins de Saint-Germain à la rencontre de Monsieur dans une robe jugée inapte à la situation. Inconsciente de son geste, la jeune noble avait dû se mesurer face à Monsieur, choqué par son manque de respect à la mémoire de sa mère adorée. Parfois elle restait encore une enfant et n’avait donc pas toujours consciente de ses actes, souvent vus comme provocants. Les nobles parlaient d’elle d’une irresponsable, qui allait à l’encontre des mœurs. Ils ne la portaient pas dans leur cœur. C’était le cas de la Montespan. Un camarade à Achille lui avait narré un soir qu’une fois, il avait assisté, du haut des escaliers du hall, à l’humiliation de la Fontanges par la marquise. C’était parfaitement clair qu’elle ne l’aimait pas et le jour où elle l’avait cassée en public, la nouvelle avait rapidement fait le tour du château. Achille avait été mis au courant le soir même, n’étant pas au château cette journée-là. Pauvre Héloïse, elle qui débutait dans la Cour de l’un des plus grands royaumes d’Europe n'avait décidément pas de chance. De ses yeux ronds, il la fixait encore un moment avant de finir par déclarer :

- Mademoiselle, voulez-vous que je vous aide à remonter ? Vous avez l’air fatiguée…

Bien qu’elle commence à aller mieux, elle présentait des signes de fatigue qui n’avaient pas échappé à l’œil attentif du jeune mousquetaire. Il avait l’œil à tout et c’était un don auquel il avait rarement conscience. En même temps, il parvenait à gérer ses pulsions. Oui des pulsions, m’enfin comment résister à une femme pareille. Achille avait connu des filles mais aucune ne lui avait fait autant d’effet. Euh si finalement, il y avait son premier amour, la truande à l’église et elle. Il avait compté mentalement parmi les filles qu’il avait fréquentées celles qui lui avaient fait beaucoup d’effet et cela retombait sur les trois filles citées plus tôt. Il soupira, les filles n'apportaient que le chaos et sa mère lui répétait qu’il fallait constamment se méfier d’elles. Elle n’avait pas tort, se disait-il. Il souffrait encore du départ précipité de son premier amour, elle l’avait quitté du jour au lendemain, sans raison explicite. Pour mademoiselle de Fontanges, il n’allait pas refaire la même erreur donc il n’engagea pas le premier pas. Il espéra vraiment qu’elle ne fasse pas ce qu’il avait en tête. Il ne voulait en aucun cas une aventure avec elle. À quoi bon si c'était pour souffrir de nouveau.



Dernière édition par Achille de Montaron le Dim 5 Jan - 22:14, édité 1 fois
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Ven 3 Jan - 23:33


- Non, cria-t-elle presque. Non, je ne veux pas remonter. Je ne suis pas fatiguée.

Elle se leva d'un bond, sa chevelure brune rebondissant sur ses épaules, des mèches se perdant devant ses yeux. Il ne fallait pas qu'elle remonte. Pas maintenant. Elle savait que Marie, sa femme de chambre, l'attendait et commençait sans doute à s'impatienter. Et Héloïse n'était pas en état pour se faire réprimander. Après tout, elle avait 21 ans. Elle avait l'âge de s'amuser. Et puis, à quoi bon remonter et se coucher ? Elle savait bien qu'elle n'allait pas dormir. A dire vrai, elle avait plus de chance de s'endormir ici que dans son lit, paradoxalement. Et peu importe si des personnes la voyaient. Peu importe ce qu'ils pourraient croire. La jeune femme n'avait pas envie de leur prêter de l'importance en ce moment. Prenant les mains du mousquetaire, elle plongea son regard dans le sien.

- Soyez gentil, monsieur ! Restez avec moi ici. Je vais dormir ici. Cette chaise a l'air confortable.

La jeune italienne serra les mains du jeune homme dans les siennes et appuya son regard. Les yeux de l'ange gardien étaient si verts ... L'esprit embrumé, Héloïse frissonna. Il ne fallait pas succomber. Et pourtant ... elle en mourait d'envie. Elle mourrait d'envie d'embrasser ce mousquetaire devant avoir à peu près son âge. Peut-être même de passer une nuit avec lui, qui sait ? Non. Non. NON. NON. NON. Elle ne devait pas. Elle ne pouvait pas. Héloïse se battait avec sa conscience. Cette conscience qui lui rappelait qu'il y avait Mathis. Qu'elle aimait Mathis. Ce même Mathis qui était Dieu sait où à faire Dieu sait quoi avec Dieu sait qui. Peut-être même avec des femmes. L'être aimé avait beau lui avoir dit qu'il ne couchait qu'avec des hommes en dehors d'elle, Héloïse n'en avait aucune preuve et s’imaginait bien des choses. Alors pendant que Mathis faisait toutes ces choses, elle pouvait bien s'amuser un peu. Se rapprochant un peu plus du mousquetaire, la Fontanges laissa alors parler son instinct et déposa un baiser sur les lèvres de ce dernier. Un baiser volatile. Un baiser volé. Puis, elle se recula et partit d'un petit rire, lâchant les mains du mousquetaire.

- Bonne soirée, monsieur le mousquetaire sans nom.

Enfin, avec l'espoir qu'il la suive, elle partit en courant en direction des escaliers, riant à gorge déployée.
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Dim 5 Jan - 22:34



Héloïse & Achille

Les cris de la demoiselle le prirent au dépourvu, ne s’attendant sans doute pas à cette réaction assez capricieuse. Elle réagissait comme une enfant et pas comme quelqu’un de vingt-et-un ans. C’est donc sous cette pensée qu’Achille regardait la Fontanges se déchaîner telle une furie. L’idée de la calmer ne lui effleura même pas l’esprit, se disant certainement que ce serait inutile, que cela ne la ferait pas changer. C’était en partie vrai car Héloïse restait une enfant pourrie gâtée. Cela pourrait paraître blessant à vos oreilles mais c’était la vérité. Elle-même semblait en être consciente et répondrait de ses actes. À la Cour cependant, il lui faudrait quelqu’un pour l’aider, un mentor, et, d’après ce que ses camarades lui avaient rapporté, la marquise de Thianges se révélait être la personne idéale. La connaissant de réputation, il ne douta aucunement ses capacités de la faire gagner en maturité. Elle lui apprendrait donc à affronter le regard des courtisans, à se contenir face aux langues bien pendues et à savoir riposter quand il faut. Un long chemin d’initiation attendait Héloïse de Fontanges.

La voyant faire le premier pas, Achille sentait l’épée de Damoclès peser dangereusement au-dessus de lui. Qu’allait-il advenir ensuite ? Il n’en savait rien, seul le destin pouvait en décider. Le destin... Quelle cruelle fatalité ! Il décidait de tout, de ce que vous feriez dans la vie, que vous seriez heureux ou non. Il vous emmenait sur divers chemins qui s’entrecroiseraient peut-être et dont les destinations vous seraient inconnues, sauf une. La mort bien sûr, tout être vivant ne vivait pas éternellement. Au bout du chemin, de n’importe lequel, la mort vous attendrait. Patiente comme toujours, elle viendrait au moment opportun, lorsque toute once de vie quitterait le corps d’un être animé pour en devenir inanimé. Par contre, ce n’était pas la mort qui attendait Achille mais l’incertitude. Son avenir l’était car il ne saurait pas s’il finirait mousquetaire ou non, ou de comment la soirée allait se terminer. Finirait-elle dans son lit ou autrement ?

Ne niant pas le fil de sa pensée, il se rendit à l’évidence qu’il n’était pas réellement amoureux d’elle. Elle lui plaisait énormément c’est tout. Il laissa la jeune demoiselle s’avancer vers lui et lui prendre les mains. Ses doigts se mêlaient à ceux d’Achille. Il en apprécia le contact et stoppa sa respiration quand ses yeux vinrent se poser sur les siens. Ils étaient si dorés, semblables au miel que produisaient les abeilles, et où l’on voyait les flammes des bougies vaciller. Cette lumière orangée accentuait la couleur de ses iris. Dedans, il vit qu’elle le regardait avec insistance, s’attendant à quelque manœuvre fortuite de sa part. Le souffle court, Achille se détacha de ses orbites envoûtantes et reprit sa respiration. Mais dès qu’il revint sur ses traits caucasiques, elle avait déjà baissé le regard, honteuse de la puissance de ses iris, du pouvoir qu’ils exerçaient sur un homme. Un bref instant, elle fixait le sol, les yeux vides. Quelque chose la tenaillait mais quoi ? Elle ne pensait pas au mousquetaire, cela était certain, et semblait réfléchir de la décision à prendre. En tout cas, c’était ce que son visage laissait présager. Ce ne fut pas long car elle revint rapidement sur les yeux d’Achille.

Il ne se doutait pas le moins du monde ce qui allait se produire une seconde après. La Fontanges était suffisamment près de lui pour lui voler un baiser rapide. Heureusement que tout s’était passé très vite car il n’eut pas le temps d’écarquiller les yeux comme deux soucoupes. Son esprit n’eut même pas le temps aussi d’enregistrer ce baiser. Pour tout vous dire, il n’avait rien ressenti. Rien. Un contact futile. Il lui fallut plus de trois secondes pour reprendre ses esprits et s’exclama :

- Mais...

Sauf que la demoiselle était déjà partie en direction des escaliers et riait de plus belle. Ses instincts de mousquetaire reprirent le dessus, elle allait réveiller tout le château. Sans plus tarder, Achille s’élança vers l’escalier et monta les marches deux par deux avant de rattraper Héloïse en-haut des marches. Il avait été plus rapide qu’elle et ses bottes étaient plus silencieuses que ses talons qui, eux, claquaient à chacun de ses pas et la ralentissaient dans sa course. En l’attrapant par le bras, le soldat lui intima de se taire :

- Chut ! Pas ici et je vous raccompagne à vos appartements.

Elle se débattait en riant encore mais Achille la retenait. Il lui dit d’une voix presque suppliante :

- S’il vous plaît...

Il comprenait qu’elle voulait s’amuser avec lui mais ce n’était ni l’heure et ni l’endroit pour le faire. D’un geste vif, il la tira vers lui et ils se collèrent soudain. Elle se tut aussitôt, comme par magie. Il la regarda  intensément et, du doigt, remontait son menton. Se souvenant des conseils de son ami le Lorrain, il profita de ce moment propice pour l’embrasser enfin. Bien qu’elle l’ait fait en bas, il n’avait pu goûter à ses lèvres tellement le baiser fut rapide. Ils recommençaient cette fois mais c’était lui qui avait donné le coup de départ. Achille s’était lancé et était maintenant embarqué avec elle. Le baiser ne fut pas simple mais long et passionné. Le monde autour d'eux était comme suspendu. Étonnamment, l’Italienne semblait y prendre goût. Après un moment qui lui semblait infini, Achille se releva et humecta ses lèvres, le parfum d’Héloïse s’y reposant encore.

- Achille de Montaron, pour vous servir mademoiselle.

Une boule se forma instantanément au fond de sa gorge, il craignait sa réaction face au baiser.

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Lun 6 Jan - 3:05

En haut de l’escalier, Héloïse jeta un regard amusé vers le mousquetaire hébété qui mit un court instant avant de se rendre compte de ce qui venait de se passer et de se lancer à sa poursuite. Désireuse de s’amuser avec celui dont elle ne pouvait décemment nier la beauté, elle l’attendit en haut des premières marches, son but n’étant certainement pas de le perdre dans les dédales des couloirs du palais. Elle riait à gorge déployée, ses talons claquant contre le sol. Penchée sur la rambarde, elle le regarda monter les escaliers à son tour, deux à deux. Il était plus silencieux qu’elle et plus rapide. Et il se déplaçait avec agilité et aisance, presque semblable à un félin. Les yeux de l’italienne brillèrent de malice. Alors qu’il était plus proche d’elle, elle reprit sa course, s’apprétant à monter les autres marches face à elle. Mais, une main se posa sur le bras de l’italienne, la faisant stopper. Se tournant vers le mousquetaire sans nom, elle se débattait mollement, pour la forme et continuait surtout de rire, manquant de réveiller toutes les personnes vivant au palais. Le mousquetaire la pria de se taire, une fois encore. Non, le jeu était trop amusant. Mais alors qu’elle allait répliquer, le jeune homme la tira contre lui. Héloïse se tut soudainement. Le regard du mousquetaire appuyait intensément le sien. Elle déglutit. A part celui de Mathis, Héloïse ne connaissait aucun autre regard aussi captivant que celui-ci. Elle plongea dans les iris du jeune homme, s’y noyant sans chercher un seul instant à résister. Du doigt, il parcouru son menton. Elle frissonna. Baissant son regard vers les lèvres du mousquetaire, elle humecta les siennes. Allait-il l’embrasser à nouveau ? Elle en mourrait d’envie, en tout cas. Regard toujours posé sur les lèvres du jeune homme sans nom, elle soupira intérieurement de bonheur quand il les posa sur les siennes. Les yeux de l’italienne se fermèrent aussitôt et elle répondit au baiser tendrement, puis plus passionnément. Les mains d’Héloïse vinrent se poser sur les hanches du jeune homme, le rapprochant un peu plus d’elle encore. Il embrassait divinement bien. Bien plus qu’avant encore, Héloïse mourrait de chaud. Les secondes défilèrent. Les minutes, peut-être même. Et aucun d’entre eux ne vint briser ce baiser. Il était long et délicieux. Il lui faisait perdre la notion du temps et de l’espace. Si quelqu’un venait à les surprendre, Héloïse n’espérait qu’une chose : que cette personne ne soit pas Mathis. Oh et puis au diable Mathis ! Non, elle ne voulait pas penser à lui. Pas cette fois. Non, l’italienne ne tombait pas amoureuse du mousquetaire. Elle aimait déjà Mathis et personne ne pourrait prendre sa place dans son cœur. Mais, il l’attirait véritablement et elle serait stupide de ne pas profiter pleinement de l’instant. Ce fut le mousquetaire qui brisa le premier le baiser. Se décollant de lui, lâchant ses hanches, Héloïse sourit. Un sourire tendre et sincère qui la faisait rayonner. Elle le regarda s’humecter les lèvres et posa un doigt sur les siennes avant de rire nerveusement. Un petit rire qui fut de courte durée et presqu’inaudible. Enfin, il se présenta. Ainsi, l’ange s’appelait Achille de Montaron. Ca lui allait bien. Le nom d’un héros antique pour un homme sans nul doute héroïque. Quoi que plus doux que l’image qu’elle se faisait du héros d’Homère. Sur le visage du dénommé Achille, Héloïse n’eut aucun mal à lire la crainte. Avait-il peur de sa réaction ? Voulant le rassurer, l’italienne posa une main sur la joue du mousquetaire et lui sourit encore.

- Enchantée de vous connaître, monsieur de Montaron.

Sa main caressa la mâchoire du brun. Ses doigts passèrent le long des lèvres de ce dernier. Sur les siennes, elle en avait encore le goût. Elle voulait l’embrasser encore. Il embrassait si bien. Il était si beau. Et Héloïse étant qui elle était, elle savait ne pas pouvoir résister longtemps. Maintenant, son esprit lui criait d’aller dans ses appartements avec le jeune homme. Elle mourrait d’envie d’aller plus loin. Un autre amant de plus. Un homme avec qui elle passerait une nuit, peut-être bien unique et pour qui elle ressentirait de l’affection. Mais, le voudrait-il, lui ? Et puis, il restait son ange gardien. Même après ce baiser. Héloïse ne pouvait décemment coucher avec son ange gardien. Quel dilemme ! Oh et puis arrêtons de réfléchir ! De toute façon, il fallait qu’elle retourne à ses appartements et le mousquetaire semblait décider à l’y amener. Elle avait qu’à y aller avec lui. On verrait bien là bas comment les choses allaient tourner. S’il voulait rester, tant mieux. Sinon, tant pis. Lâchant la mâchoire d’Achille, Héloïse retira ses chaussures pour ne pas faire de bruit, puis, les tenant dans sa main, prit de l’autre celle du mousquetaire.

- Vous me raccompagnez à mes appartements, monsieur de Montaron ?
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Sam 11 Jan - 23:59



Héloïse & Achille

Son rire nerveux, bien que presque inaudible, était perceptible aux oreilles sensibles du jeune mousquetaire. Intrigué par ce lapsus révélateur, il en comprit rapidement la signification. En bref, Héloïse et Achille se désiraient aussi bien l’un que l’autre. Elle semblait gênée d’avoir répondu aussi passionnément que lui au baiser et riait nerveusement. De surcroît, elle passait son index entre deux dents, le rongeant presque. Faut dire qu’elle avait grandement apprécié ce moment qui éveillait en elle des appétits charnels. L’interprétation s’arrêtait là, le soldat n’était ni un devin, ni un sorcier pouvant lire les pensées des autres. Malgré cela, Achille voulut bien connaître celles de mademoiselle de Fontanges, il la convoitait tout autant qu’elle et - pourquoi pas - chercher à combler ses désirs, mais aussi les siens. Il la regarda, non sans envie, et nota scrupuleusement les gestes et mimiques qu’elle lui envoyait, des signaux à ne surtout pas négliger. Dans sa tête, tout était confus, ses pensées se bousculaient entre elles et refusaient de s’exposer clairement. Il n’avait alors vraiment aucune idée de la suite des événements, ne soupçonnant aucunement bien des surprises.

Le mousquetaire ne savait plus quoi penser tellement son esprit était embrumé. Son cerveau ne réagissait pas comme il le sentait et refusait de l’écouter. Il agissait à sa sorte et faisait exactement le contraire de ce que la raison lui dictait de faire. Une chose était certaine cependant, Achille avait préparé son baiser dans le but de séduire Héloïse de Fontanges. Oui, vous l’avez compris, c’était bel et bien sa raison qui lui avait ordonné cela. Mais alors pourquoi son esprit s’embrouillait-il après ce baiser ? Disons qu’on ne lui avait pas laissé un moment de répit durant le baiser, il n’imaginait certainement pas à quel point il pouvait être intense. Intense était bien le mot. Dieu que c’était délicieux ! Il en oublierait presque la dernière fois qu’il avait embrassé une fille. Il n’avait plus compté des doigts cette dernière fois. Ne lui demandez pas quand c’était, surtout pas ! Il risquerait de vous haïr jusqu’à la nuit des temps si vous lui posez cette question. Même s’il venait de coucher avec vous ! Vous êtes prévenus ! Il était inutile de raviver de vieux mais douloureux souvenirs, alors autant éviter.

Achille regardait docilement la jeune demoiselle, ses craintes s'étant envolées car elle avait réagi positivement à son baiser. Il avait une raison de redouter sa réaction puisqu’il l’avait embrassé longuement et passionnément mais rien n’y fit. Le constat se voulait rassurant et il esquissa un nouveau sourire lorsqu’elle apprit enfin son nom. Néanmoins, il était encore perdu derrière son sourire. La main que portait mademoiselle de Fontanges à sa joue le surprit un peu. Elle le regardait presque affectueusement et il continua à sourire. Pendant qu’elle caressait les lignes nettes de sa mâchoire du bout des doigts, il put profiter de cet instant quasi maternel pour faire de l’ordre dans ses pensées. En même temps, il prit soin d’écarter sa mère de son esprit car les gestes qu’effectuait Héloïse sur sa barbe naissante lui rappelaient fortement sa mère, les gestes qu’elle faisait également sur sa mâchoire et ses joues quand il passait la voir, pour une raison qu’elle seule savait. Une preuve indéniable de la tendresse qu’elle éprouvait vis-à-vis de son fils Achille. Elle l’aimait plus que tout être et se réjouissait de chacune de ses visites. Elle ne manquait pas d’admirer à chaque fois sa beauté grandissante et de témoigner via ces gestes l’amour qu’elle portait pour lui, son fils adoré.

Lorsque l’Italienne passa ses doigts sur ses lèvres, son esprit s’éveilla et tout se rangea automatiquement dans sa tête. Pour ce soir, il décida de n’écouter que son instinct. Où le conduirait-il ? Il n’en savait rien, il se borna juste de suivre ce que le destin lui avait préparé bien à l’avance. Il ne réfléchit pas à ce qu’il pourrait faire avec la Fontanges ce soir, tout était décidé à l’avance, à lui de continuer son chemin et elle le sien. Ce baiser n’était pas la fin, intuitivement il le sentait. Pourquoi ? Car il avait aimé ce baiser et ne serait pas contre pour un deuxième, techniquement le troisième puisqu’elle l’avait embrassé en bas même si pour lui c’en n’était pas un. Non pas parce qu’il tombait amoureux d’elle mais parce qu’il l’enviait. Oui il avait envie d’elle, il ne pouvait pas nier. Et puis, même si elle ne se présentait pas sous son meilleur jour, ayant passé une soirée plutôt arrosée, elle restait belle. Elle était incroyablement belle. La voyant se déchausser, il n’eut guère le temps de réagir qu’elle le prit par la main, le tirant en haut des escaliers. Elle le priait de la raccompagner à ses appartements.

- Oui mademoiselle. Vos désirs sont les miens.

Il escalada l’escalier à son rythme et arriva rapidement au premier étage. L'absence de chaussures aux pieds de la demoiselle rendait la montée plus silencieuse aux oreilles de tous, donc plus personne ne pouvait entendre les claquements incessants de ses talons. C'était parfait. Achille espéra toutefois qu’il n’y ait pas un courtisan qui s’était levé entre-temps pour les réprimander du bruit qu’ils faisaient, enfin qu’Héloïse faisait. Ses rires avaient été si bruyants qu’ils auraient pu réveiller n’importe quel insomniaque. Ceux qui ronflaient vivaient, eux, une nuit calme puisqu’ils dormaient profondément comme des bébés dans leurs lits. Ils ne se doutaient point de ce qui se passait en dehors de leurs chambres...

Sur le palier du premier étage, le mousquetaire inspecta rapidement les couloirs. Ils étaient déserts, comme les salles du rez-de-chaussée. Pas un courtisan ou de soldat en vue. Achille emprunta l’un de ces couloirs, en silence et Héloïse à ses trousses. La Fontanges tenait toujours sa main et le suivait dans le dédale des couloirs du château. Achille connaissait le château comme sa poche et savait où se trouvaient les appartements d’Héloïse, d’ailleurs ils n’étaient plus très loin. Le marbre ne résonnait plus à chacun de leurs pas, ils ne devaient faire en aucun cas du bruit car ils traversaient un couloir plein d’appartements à craquer. Ils entrèrent ensuite dans une autre aile, marchant toujours à pas de loups.

La porte de l’appartement d’Héloïse ne tarda pas à venir vers eux et ils s’arrêtèrent devant. Achille sentit la main d’Héloïse le lâcher avant de sortir son petit sac. Puis il la vit enfouir sa main dedans, à la recherche de sa clé. Elle la cherchait à tâtons mais la trouva rapidement. Le mousquetaire restait là, à ses côtés, attendant patiemment la permission de se retirer. Il avait fini sa mission, il avait raccompagné mademoiselle de Fontanges à ses appartements. Que demander de plus ?

*Surprends-la ! Elle n’attend que ça*, se disait-il depuis quelques bonnes minutes.

Achille luttait contre cette envie qui le tenaillait depuis qu’il avait embrassé la jeune et charmante Héloïse de Fontanges. Il regretta presque son geste mais son corps lui disait le contraire, il l’encourageait fortement de passer à l’acte. Il se souvint à un moment donné que c’était son instinct qui était maître de lui et il lui criait de foncer. Allez !

*Moi aussi, je n’attendais que ça !*, se surprit-il à se dire.

Sans laisser le temps à Héloïse d’engager la clé dans la serrure, il lui prit la tête des deux mains et l'embrassa à pleine bouche. Cela dura moins longtemps que le précédent baiser mais celui-là était plus fougueux. Achille bougea la tête tout en l’embrassant et s’étonna tout d’un coup de penser à s’excuser de son comportement irrespectueux. Au diable les règles, Achille faisait ce qu’il voulait. Il goûta à la bouche de mademoiselle de Fontanges et veilla à ne pas lui faire du mal car il l’avait presque sautée au départ. Le soldat pria mentalement la jeune demoiselle de lui pardonner sa subite vivacité. Son corps avait trop attendu, paraît-il.

Après ce qui semblait être une éternité, il se décolla des lèvres d’Héloïse et la regarda dans les yeux. Il pinça intérieurement sa lèvre inférieure et contrôla son souffle. L’Italienne occupait la totalité des pensées du jeune mousquetaire, il l’enviait ce soir. Mais la réalité le rattrapa, il ne pouvait pas passer une nuit avec elle, ce n’était pas possible. Il se retira encore plus d’elle et voulut marmonner une excuse mais rien ne sortait de sa bouche. Le parfum d’Héloïse collé à ses lèvres le perturbait. Il la sentait en lui, sur sa bouche. Il ne pouvait plus se débarrasser de cette odeur, elle était désormais imprégnée en lui. Et il était trop tard pour revenir en arrière. Il se rapprocha d'elle, passa une main dans son dos et l'avança vers lui. Il ne lui lança pas une phrase du genre « Désolé mademoiselle, veuillez excuser mon attitude indigne d'un homme comme moi. » comme il l’aurait aimé mais plutôt ça :

- Appelez-moi Achille, Héloïse...

Ses lèvres furent si proches de sa joue qu'il avait presque frissonné en énonçant ces dires. Il déglutit sans bruit, avalant péniblement sa salive, et remonta un peu la tête pour pencher à son oreille. Il y souffla dedans :

- Sachez que je vous envie... ce soir...

Les apparences n'étaient pas trompeuses et le jeune mousquetaire espéra grandement n'avoir pas fait fausse route.

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Lun 13 Jan - 1:07

Suivant le mousquetaire dans les couloirs, direction ses appartements, la brune ne put s’empêcher de lui regarder les fesses. Après tout, qui avait-il de mal à cela ? Elles se trouvaient être juste à hauteur de ses yeux dans les escaliers, précédemment. Et puis, si Achille avait été fait si beau, ce n’était pas pour que l’on détourne les yeux. Souriante et repensant encore au baiser qu’il lui avait donné, l’italienne repassa un doigt le long de ses lèvres d’où le parfum de celles du soldat ne semblait pas vouloir s’effacer. Tant mieux, à vrai dire. Elle ne voulait pas qu’il s’efface. Elle désirait le garder encore quelques temps, en souvenir de cet instant qui lui avait plu et qui ne se reproduirait peut-être plus. Pourtant, elle en mourrait d’envie. Elle voulait qu’il l’embrasse encore. Plusieurs fois. De la même manière toujours. Mais lui, en avait-il envie ? Il avait semblé gêné après le premier baiser. Tenterait-il de s’emparer des lèvres de la Fontanges une fois de plus ? Tenant toujours sa main dans la sienne, Héloïse la serra fort, regardant les portes qui passaient devant ses yeux et qui n’étaient pas encore celle de ses appartements. Grimaçant alors qu’ils marchaient devant ceux de Stefano, elle pinça ses lèvres. Mathis était-il là ? Couchait-il avec Stefano, cette nuit-là ? D’un geste de la main imaginaire, elle effaça cette pensée de son esprit. Non, hors de question de penser à Mathis ! Achille. Achille. Achille. Seul ce nom devait s’inscrire dans son esprit en ce moment. Elle ne pouvait pas penser à son aîmé. Elle ne voulait pas pleurer, cette nuit. Elle allait être heureuse, elle ne se laissait pas le choix. Ses bas glissèrent sur le parquet des couloirs, donnant à la jeune femme alcoolisée une démarche quelque peu étrange. Mais, elle tenait sur ses pieds. C’était le principal. Ses chaussures toujours dans sa main, elle serrait toujours de l’autre celle d’Achille. Enfin, ses appartements furent en vue. Stoppant juste devant, l’italienne lâcha la main du mousquetaire, à regret presque et lâcha ses chaussures qu’elle posa sur le sol avant de se redresser et de commencer à fouiller dans son sac à la recherche de ses clés. De temps en temps, elle jetait quelques discrets regards vers Achille. Enfin discrets….pas tant que ça pour quiconque les aurait surpris. Mais, apparement, le mousquetaire, lui, ne les remarquaient pas. Allait-il vraiment partir sans l’embrasser à nouveau ? Sans passer un instant avec elle, entre ses draps ? Elle ne pouvait le croire. Elle ne voulait pas que sa soirée se termine sur une frustration. Elle désirait le soldat et voulait que les choses aillent plus loin. Elle voulait que tout cela reste secret, ne se produise peut-être qu’un fois, mais que ça existe. Elle voulait sentir le corps du jeune homme tout contre le sien et graver à jamais ces instants dans sa mémoire pour ne pas les oublier. Mais, peut-être le fait qu’il soit mousquetaire et donc appeler à croiser la jeune italienne souvent dans les couloirs dérangeait-il Achille et l’empêchait d’aller plus loin. Ou, peut-être ne la désirait-il simplement pas autant qu’elle le désirait. Pourtant, qu’est ce qu’elle avait envie de lui ! L’italienne pinça ses lèvres lorsqu’enfin elle mit la main sur sa clé. Bon, et bien, si Achille ne faisait pas de suite le premier pas, la belle allait se coucher frustrée. L’italienne fit exprès de ralentir ses gestes, prenant le temps de refermer son sac, voulant presque forcer le destin. Le Montaron allait-il le remarquer et comprendre le message ? Apparement oui, puisqu’à peine entreprit-elle de mettre la clé dans la serrure qu’Achille se jetait sur elle, prenant son visage fin dans ses mains et l’embrassant comme il ne l’avait pas encore embrassée. Le premier baiser que le mousquetaire avait échangé avec la noble était doux. Ils étaient dans leur bulle. Mais celui-là…la Fontanges pouvait lire dans ce baiser avec aisance toute l’envie émanant du jeune homme. Et, cette envie, elle la partageait. Les mains d’Héloïse se nouèrent d’abord dans la nuque du mousquetaire. Mais, elles se perdirent rapidement dans sa chevelure. Les yeux clos, Héloïse avait toutefois l’impression encore de voir face à elle les iris verts du mousquetaire qui contribuaient pour beaucoup à son état d’excitation. Il faisait chaud dans ce couloir ! Le baiser dura une éternité et trop peu de temps à la fois. Héloïse aurait tellement aimé qu’il dure plus longtemps encore. Mais, ils étaient tous les deux humains et commençaient à manquer de souffle. Ce fut lui qui mit fin au baiser. Le souffle court, Héloïse tentait de maîtriser ce dernier pour reprendre une respiration normale. Les yeux du mousquetaire étaient maintenant dans les siens et l’italienne eut beaucoup de mal à respirer à nouveau. Elle déglutit avec l’impression que son souffle était coincé dans sa gorge. Rapidement, les iris chocolat de la jeune femme se posèrent sur les lèvres d’Achille pour revenir par la suite dans ses yeux. En elle, l’espoir était encore présent. Oui, il allait certainement passer la nuit avec elle. Ah ! Non, en fait ! Le soldat s’écarta soudainement, comme gêné à nouveau. Elle baissa les yeux déçue. Mais, elle comprenait. Il était mousquetaire. Il ne pouvait pas se permettre de se défaire à son poste, même pour elle. Surtout pas pour elle. Peu importe à quel point elle avait envie d’elle. A quel point il avait envie d’elle. Car, s’il y avait bien une chose qui était certaine après ce baiser, c’était qu’Achille aussi avait envie d’elle. Héloïse n’était pas idiote. Le mousquetaire mourrait tout autant qu’elle de ne pas pouvoir aller plus loin. Mais soit, il en serait ainsi. Il chercha à formuler des excuses, mais aucun son ne passa les lèvres tremblantes du jeune homme. Héloïse poussa un petit soupir.

- Ce n’est pas grave, monsieur de Montaron. Commença-t-elle, dessinant un timide sourire sur son visage. Merci pour votre temps…et vos baisers.

Mais, alors que la brune s’apprêtait à tourner les talons et à ouvrir la porte pour rentrer chez elle, elle fut stoppée dans son geste par la main d’Achille dans son dos. Le soldat la rapprocha de lui et le sourire d’Héloïse s’agrandit. En fait, peut-être que la nuit allait prendre une dimension plus intéressante que ce qu’elle croyait quelques secondes plus tôt. Il parla alors, lui intimant doucement de l’appeler Achille. Elle frisonna. Dans la bouche du soldat, le prénom de l’italienne sonnait différemment. Et elle aimait bien. Le souffle du beau jeune homme se posait sur la joue de la Fontanges qui se mordit la lèvre inférieure. Et, lorsqu’il souffla à son oreille, Héloïse déglutit à son tour sans bruit. La situation semblait tellement parfaite. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Approchant à son tour ses lèvres de l’oreille du brun, elle laissa quelques mèches de sa chevelure lâche caresser sa peau si douce.

- Moi aussi, souffla-t-elle avant de se reculer.

Jetant des regards rapides autour d’eux, elle s’assura du fait qu’ils étaient seuls et se tourna vers la porte qu’elle ouvrit. Alors, elle invita le mousquetaire à entrer et passa après lui, refermant derrière elle. Les bougies étaient encore allumées, signe que Marie était encore là, attendant dans sa chambre pour disputer sa maîtresse. Mais, en entendant qu’Héloïse n’était pas seule, la femme de chambre avait sans doute préféré rester dans la pièce, laissant l’italienne à ces occupations qu’elle n’approuvait pas du tout. Entendant la porte s’ouvrir, Cali, la petite chienne de la jeune femme, se précipita en direction de l’entrée et vint japper aux pieds du mousquetaire et de la brune. Héloïse l’ignora. Cali allait rester dans le boudoir, cette nuit. Le petit animal monta sur un sofa et s’y installa, non sans grogner mollement deux trois fois en direction de l’inconnu. Héloïse partit d’un petit rire et fit signe à Achille de ne pas faire de bruit, désignant la porte de la chambre de Marie. Rapidement, elle souffla sur les bougies et entraîna le mousquetaire dans sa chambre dont elle ferma la porte.

- Ici, nous serons tranquilles.

Puis, sans cérémonie aucune, elle laissa parler ses envies et se rapprocha de ce dernier, s’emparant à son tour du visage du beau mousquetaire pour l’embrasser passionnément, sensuellement. Sans gêne aucune, elle se colla un peu plus lascivement à lui, ses mains allant de la peau blanche du jeune homme à ses cheveux châtains.
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Mer 15 Jan - 17:08



Héloïse & Achille

Dans le creux de son cou, le jeune mousquetaire huma d'une manière discrète les touches de parfum qu'elle avait apposé délicatement à son cou. Lentement, il ferma ses paupières, les rendant clos, et se laissa enivrer des douces odeurs qu'il dégageait, de bergamote et de rose. Il se plongea dans une vague de désir et retint sa respiration quand ses mèches rebelles vinrent frôler sa joue. Levant une main, il la dirigea vers sa longue chevelure qui pendait par delà ses épaules. Du bout des doigts, il caressa la pointe de ses boucles et en apprécia le toucher soyeux. Rien ne lui disait qu'elle l'avait senti. Il expira faiblement tout en mêlant ses doigts dans les boucles légères de la jeune femme mais s'arrêta quand elle lui révéla dans un souffle constant qu'elle partageait cette même envie qui le tenaillait. Le soldat ferma sa bouche pour déglutir à nouveau et rouvrit ses yeux. La vague de désir en lui allait crescendo et le beau brun eut de la peine à la contenir. Elle déferlait à cent à l'heure et rongeait ce petit bouton imaginaire qui l'ordonnait de se calmer. Achille essayait tant bien que mal d'apaiser son corps tout bouillonnant de désir. Il prit son mal en patience, il fallait tenir coûte que coûte. Ils se trouvaient tous les deux dans un couloir certes désert et dénué de toute autre vie que les leurs mais n'importe qui, plus vraisemblablement un garde, pouvait les surprendre à tout moment. Alors il faudrait rapidement entrer dans l'un de ces appartements ou trouver un autre lieu. La première option parut la plus évidente aux yeux du mousquetaire et, puisqu'ils étaient postés devant la porte de ceux de la Fontanges, il n'avait qu'une envie, y entrer sur-le-champ avec elle. Il s'impatientait déjà mais parvint étonnamment à se retenir. Encore quelques temps, se disait-il en boucle dans sa tête. Des fois, il clignait des yeux en remerciement à Dieu de le soutenir dans cette épreuve et de l'armer avec autant de patience.

Le jeune soldat sentit les boucles de l'Italienne le libérer et les regretta aussitôt. Il voulut encore la rapprocher, pour pouvoir la tenir dans ses bras, caresser sa peau douce et lisse, humer le parfum odorant de ses cheveux, tout plein de choses, tout sauf qu'elle soit à l'écart, à l'écart de lui. Il la voulait près de lui, que son corps s'unisse au sien. Il ne pouvait plus attendre, il lui avait offert un baiser et cela avait été fatal. Il la désirait plus que tout et trépignait intérieurement. Se mordant la joue pour ne rien laisser paraître, il l'abandonna à contrecœur et elle avança vers sa porte pour l'ouvrir. Elle lui fit signe de passer en premier. Il releva la tête dans sa direction et acquiesça. Les mains crispées, il pénétra dans les appartements de la jolie brune et entendit la porte se refermer derrière lui. La pièce dans laquelle ils venaient d'entrer baignait dans une semi-obscurité grâce à quelques bougies dispersées çà et là. Le mousquetaire eut la soudaine mais désagréable impression qu'ils n'étaient pas seuls. Il lança un regard presque courroucé à Héloïse qu'elle ignora, tout comme sa chienne. Elle avait accouru vers sa maîtresse lorsqu'elle était entrée et poussait des jappements. Puis l'animal tourna autour des bottes du mousquetaire. Il se pencha pour la câliner mais elle esquissa un faible grognement. Il se releva alors, protégeant ses mains, et s'écarta d'elle. Elle suivit son geste, ne voulant pas le lâcher. Pour essayer de s'en débarrasser, il suivit Héloïse dans la pièce et la chienne retourna automatiquement là d'où elle était venue. Il la vit grimper sur le sofa et s'y installer confortablement. Alors qu'il passait pour rejoindre la jeune demoiselle, par réflexion il l'évita car elle grognait en sa direction. Faisait-elle ça à tous les inconnus qu'elle rencontrait ? Il y avait des chances que ce soit possible car c'était la première fois qu'il se trouvait dans les appartements de la Fontanges. Après tout, la chienne était certainement inoffensive, le mousquetaire ne prétendait pas le contraire mais quand même. Jamais un chien ne lui avait fait aussi peur que ce soir. Il chassa cette pensée et n'y repensa plus jamais, la chienne était sorti de son esprit, ouf ! À part cet animal, quelqu'un d'autre était aussi dans les appartements...

Il fut tenté d'exiger des explications de la jeune demoiselle mais elle avait déjà disparu dans la pièce d'à côté après avoir éteint la majorité des bougies. Elle lui avait montré avant de disparaître la porte de l'autre côté de la pièce où derrière se cachait la personne en question. Bon sang Héloïse, qui se cachait derrière cette porte ? Cette question le malmenait et il oublia l'espace d'un instant son corps tout brûlant de désir. L'Italienne revint chercher le soldat et le tira vers sa chambre dont elle referma la porte. Elle se retourna, le dos collé à la porte, et il la vit le regarder avec envie. Une seconde, Achille perdit contact avec la réalité, décontenancé par la scène qui s'offrait à lui. Ce qu'il voyait sous ses yeux était pour sa part assez surréaliste et il cligna des paupières pour se réveiller. En rouvrant les yeux, il ne la vit plus collée à la porte de sa chambre mais en face de lui, elle l'embrassait à pleine bouche. Ses yeux s'ouvrirent tout ronds et il se rendit compte un peu tardivement qu'il ne faisait rien, il restait planté là à ne rien faire. Rattrapant son retard, il glissa ses deux mains dans le dos d'Héloïse pour répondre aussi fougueusement qu'elle au baiser qu'elle lui donnait. Dans son dos, il coulissa ses mains, remontant l'une vers la nuque et descendant l'autre vers la région lombaire. En la serrant ainsi, il ne pensa aucunement à la pièce où il se trouvait avec la jolie brune. C'était à elle qu'il pensait, à sa peau douce qu'il caressait sans façon, à sa bouche qu'il enviait follement. Il continua à l'embrasser, faisant remonter le désir qui le possédait, et lui caressa les côtes d'une main. L'autre main passait sous une bretelle de sa robe, à une des épaules de la jeune femme. Il malaxait en douceur cette partie de son épaule et, sans la quitter, il approcha ses lèvres à sou cou et souffla dessus. Tout en humectant mollement sa bouche, il huma de nouveau les parfums qu'il trouvait enivrants tout à l'heure. Il les ressentit tous sous son nez sensible. Mmh ! Il le rapprocha du cou de la brune et le frôla presque avec. Il se retira un peu le temps de réoxygéner sa chaîne respiratoire et y retourna, donnant cette fois de doux baisers à différents endroits. Achille promena ses baisers sur le haut du thorax, puis les remonta vers son menton avant de finir par la bouche. Il lui redonna un long et passionné baiser et la serra plus fort dans ses bras.

Quelques minutes plus tard, le mousquetaire s'écarta de la jolie brune et respira un bon coup sans la quitter du regard. Il la regarda langoureusement et se rapprocha d'elle en prenant ses mains. Il entrelaça ses doigts avec les siens et murmura :

- Elle sait que je suis là, n'est-ce pas ?

Achille était certain qu'Héloïse comprendrait ce qu'il entendait par là puisqu'il parlait bien de la personne qui se trouvait aussi dans ses appartements.

- Je croyais que vous voulez que cela reste secret...

Il avait bien compris également qu'il n'allait pas non plus s'afficher publiquement avec mademoiselle de Fontanges à la Cour...

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Jeu 6 Mar - 0:51


Sous les mains du mousquetaire, la jeune femme soupira d’aise. Il avait cette façon de la toucher qui la faisait se sentir bien, désirable. Et c’était exactement ce dont elle avait besoin en ce moment. Avec tout ce qui se passait dans sa vie ces derniers temps, elle avait besoin d’un moment comme ça. Un moment qui n’aurait aucune conséquence dangereuse dans le futur. Un moment qui ne lui apporterait rien d’autre que du bien-être, du plaisir. Elle se sentait femme. Ca faisait longtemps que ça n’était plus arrivé. Ca faisait longtemps qu’elle n’avait plus rien ressenti de tel. Contrairement à ce que les rumeurs disaient, la Fontanges n’était pas du genre à coucher avec un homme différent tous les soirs. La vérité était que les seuls hommes avec lesquels elle avait partagés de tels moments intimes étaient Mathis, bien sûr, et Ian Wilhood, le prostitué anglais. Et maintenant, Achille de Montaron. Et pour Achille comme pour Ian, cela arrivait à un moment où la brune en avait besoin, où elle allait mal. Plus mal que ce qu’elle voulait bien s’avouer. Alors qu’elle se perdait dans ses pensées, l’italienne entrouvrit soudainement les lèvres sur un petit gémissement discret. Les baisers du chevalier contre son thorax  lui firent pencher la tête de côté. Ce contact l’électrisait. Et quand il l’embrassa, la serrant dans ses bras, elle sentit une douce et délicieuse chaleur l’envahir entièrement. Oui, Héloïse aimait les contacts intimes avec les hommes. Mais pas pour l’acte en lui-même, comme beaucoup de personnes. Si elle aimait ces instants, c’était pour ce qu’ils lui apportaient. Savoir qu’un homme la trouvait suffisament désirable pour partager cela avec elle renforçait son ego pourtant généralement bien bas. Quand Mathis l’abandonnait, Héloïse avait l’impression que c’était sa faute à elle. Rien qu’à elle. Elle pensait ne plus être assez désirable, ne plus être assez bien pour cet homme à qui elle avait tout donné. Alors, le fait que d’autres hommes la trouvent belle, désirable était pour elle un réconfort certain. Ce n’était pas elle qui faisait fuir Mathis. Elle le savait alors. Ce fut le souffle court qu’Héloïse regarda Achille s’écarter un peu pour reprendre lui aussi son souffle. Un sourire se dessina sur les lèvres de la Fontanges. Un sourire en coin. Ses yeux brillaient de malice et dans ses iris chocolat dansaient les flammes des bougies. Les jeux d’ombres, elle le savait, creusaient ses courbes un peu plus, ne la rendant que plus belle, sensuelle encore. C’était un jeu dans lequel elle était passée professionnelle : savoir comment user de l’environnement, des artifices pour se mettre en valeur. Nouant ses doigts à ceux d’Achille quand il prit ses mains, elle plongea son regard dans celui si vert du mousquetaire. Elle se pinça la lèvre en l’écoutant. Le Montaron s’inquiétait. Pourtant, il n’avait pas à avoir peur. Et Héloïse allait le rassurer. Le fixant toujours, elle souffla :

- Vous n’avez rien à craindre. La personne qui est bien dans mes appartements est ma femme de chambre Marie. Et c’est la personne en laquelle j’ai le plus confiance. Elle ne dira rien à personne si je ne désire pas qu’elle le fasse. Et je ne le désire pas.

Elle déposa un baiser chaste et rapide sur les lèvres du chevalier et continua.

- Vous savez, je ne désire pas plus que vous que ce moment que nous allons partager soit connu de tous. Je ne prends aucun plaisir dans le fait d’afficher aux yeux et oreilles de tous les noms des hommes avec qui je passe la nuit.

La brune partit d’un petit rire.

- Et croyez-moi, ils sont loin d’être aussi nombreux que ce disent les rumeurs …

Oh ! Elle n’en doutait pas. Achille avait du entendre parler d’elle. Héloïse de Fontanges, la jeune femme aux mœurs bien peu convenables. Ces rumeurs blessaient l’italienne. Qu’est-ce que Mathis pensait d’elle ? Il les avait entendues, c’était certain. Et elle espérait tellement qu’il la connaisse assez bien pour ne pas les croire. Mais devant les autres, la brune en riait. A nouveau, la Fontanges s’empara des lèvres du mousquetaire dans un baiser sensuel et passioné. Ses mains lâchèrent les siennes et elle entreprit doucement de défaire les boutons fermant l’impecable pourpoint du soldat. Pourpoint qu’elle fit glisser le long des épaules musclées du jeune homme avant de le laisser finir par terre. Ses mains glissèrent le long des bras du soldat, le long de ses hanches. Puis, finalement, elles passèrent sous la chemise de ce dernier pour se poser sur le torse dont elle devinait les muscles. Souriant contre les lèvres du brun, l’italienne avança un peu, le faisant reculer dans cette chambre qu’elle connaissait par cœur. Ce fut quand le Montaron fut pris entre elle et le rebord du lit qu’elle se décolla de lui quelque peu. Alors, elle ôta le ruban qui maintenait ses lourdes boucles relevées et les fit tomber sur ses épaules dénudées, le long de sa gorge mise en valeur par son corset serré juste comme il fallait. Ses mains fines vinrent habilement et rapidement détacher la robe fermée par le devant. Sa poitrine se soulevait au fil de sa respiration haletante. Elle espérait que le mousquetaire n’allait pas fuir, qu’il n’allait pas se dire soudainement que tout cela était une mauvaise idée et qu’il ferait mieux de partir. Elle avait envie de lui. Tellement envie.
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Ven 7 Mar - 2:01



Héloïse & Achille

Le corps, bien qu'habillé, de la jeune Fontanges respirait la volupté, la sensualité et éveillait le plaisir des sens. Rien que de suivre, du coin de l'œil, les courbes gracieuses de la jolie brune sur lesquelles vacillaient les faibles lueurs des quelques bougies parsemées dans la pièce augmentait l'intensité du désir déjà fort du jeune Montaron. Le mousquetaire ne put s'empêcher de lorgner sur les lignes voluptueuses qui se dessinaient sous la robe de la jeune femme pendant qu'elle le rassurait de l'évident silence de sa femme de chambre Marie. Bien sûr qu'elle le savait puisqu'elle n'était pas intervenue auprès de sa maîtresse. Elle savait qu'elle n'était pas rentrée seule, qu'elle était accompagnée par un parfait inconnu. De ce fait, elle restait enfermée dans sa chambre tout en sachant néanmoins que sa maîtresse ne désirait nullement être dérangée. Mais cela gênait quelque peu le jeune soldat de savoir qu'une autre personne que la belle Italienne connaisse sa position actuelle, dans la chambre de la Fontanges. Il s'inquiétait également de savoir que cette bonne devine sa présence dans la chambre de sa maîtresse et donc son identité ; à part elle et Héloïse, ni ses camarades ni les autres gens ne savaient où il se trouvait réellement et le plus était que la bonne ne savait pas non plus qui il était. Une chance. Qu'arriverait-il si elle venait à intervenir ? Il ne la connaissait pas personnellement et ne pouvait donc pas connaître ses agissements, ni ses habitudes. La crainte mêlée au doute et au désir, le cerveau d'Achille voyait tout un mélange de questions qui jaillissait sans arrêt qu'il essayait de boucher, qu'il n'y ait plus d'avalanche de questions de toutes sortes qui inonderait son esprit et le noierait.

La Fontanges lui certifia qu'il n'y avait aucune inquiétude à avoir, sa bonne Marie était digne de confiance. Le mousquetaire la crut sur parole et il en fut soulagé... partiellement. Alors la jeune brune l'approcha vers elle en le tirant par les mains et lui vola un doux baiser chaste qui, à son grand désespoir, fut court. Un râle silencieux s'échappa de sa délicieuse bouche pleine de saveurs et d'arômes de rose et de bergamote. Il avait cueilli avec ses lèvres les effluves odorantes de son cou élégant. Si blanc, si immaculé, il présentait toutefois les marques d'un bronzage discret que la jeune demoiselle devait cacher sous une mince couche de poudre blanche. D'ailleurs, le jeune Montaron, sans qu'il puisse le voir, avait la pointe du nez plus blanche que le reste de son nez. Souriant avec ce petit rond blanc, il avait l'air d'un comique et ressemblait donc à un clown. Il se donnait presque en spectacle et, voyant la jeune femme rire un bon coup, il redoubla son sourire. Ce qui fit augmenter le comique de la situation. Bref, après ce petit moment de détente, Achille se sentit bien, plus rassuré cette fois. Il lui refit un sourire, comme pour la remercier d'avoir apaisé son esprit et chassé cette pensée torturante qui le tourmentait presque. Il ne se posait plus de questions désormais et c'était beaucoup mieux, il se sentait détendu sans que son désir baisse. Non, il restait brûlant, ce corps mouvant au gré des flammes de la belle brune l'excitait toujours autant.

Achille n'écoutait plus vraiment Héloïse, ses yeux étaient rivés sur la partie non couverte de ses seins. Il ne suivait plus tout ce qu'elle lui racontait, il avait perdu le fil dès le début ; l'écho de sa voix semblait venir de loin et franchissait les oreilles en sourdine. Il entendait très bas, comme si on avait baissé à fond le son et qu'on ne ressentait que les vibrations. La jeune Fontanges ne semblait point remarquer que le mousquetaire était complètement ailleurs, l'attention toujours focalisé sur ses plus beaux atouts. Il fouillait du regard le creux renversant situé entre les deux seins et y plongeait ses yeux verts. Soudainement il se ressaisit, comprenant qu'il aurait l'air bête s'il regardait longuement ainsi sa poitrine malheureusement compressée par le corset de sa robe, qui toutefois la faisait rehausser. Aussitôt il imagina des baffes invisibles lui claquer le visage pour mieux se réveiller. Il était dans un rêve éveillé Achille. Lui-même cachait sa gêne derrière un sourire ravissant, quoiqu'un peu trop ravissant même. Grognant intérieurement, il se maudit de se montrer l'air stupide face à une telle silhouette, fine et gracieuse, une silhouette qui faisait la fierté d'Héloïse de Fontanges.

Tremblant de toutes parts, il se mordit fort la joue intérieure pour se calmer. Il regrettait d'avoir été aussi idiot et naïf face à l'Italienne qui semblait maîtriser à la perfection ses charmes. Non, non, non, pas question de faire demi-tour. Les questions lui revenaient maintenant et il avait de nouveau peur. Ses tremblements cessèrent quand la Fontanges retrouva le chemin de ses lèvres et le soldat rouvrit ses yeux en grand, saisissant l'importance de son désir grandissant. Achille n'avait pas seulement peur de ses capacités, il avait peur aussi de ne pas être à la hauteur des attentes de la jolie brune, manquant souvent de confiance en lui. Il pria mentalement Dieu de lui donner le courage qui lui manquait et, d'une volonté nouvelle, il agrippa des deux mains le dos des bretelles de la robe pour donner plus de fougue au baiser échangé avec Héloïse. Il la rapprocha en tirant dessus et, d'une main, il descendit avec une lenteur extrême mais sensuelle le long de son dos pour arriver à la courbe redondante de ses fesses.

Le soldat sentit les doigts de la jeune femme chercher le long de son torse les boutons bien cirés de son pourpoint. Dès qu'elle les trouvât, elle s'entreprit de les défaire aussitôt et rapidement la veste qui recouvrait la chemise du mousquetaire tomba à terre. Celui-ci continuait à entretenir la fougue de leurs passions unis par un seul membre, leurs bouches. Oubliant complètement sa peur, son manque de confiance en lui, Achille mettait tout son ardeur dans ce baiser, long et vivement passionné. La belle brune le serrait dans ses bras, parcourant ses mains chaudes sous sa chemise légère et vaporeuse. Ses doigts fuselés caressaient les muscles de son torse et de son dos. Lorsqu'ils croisaient une fine cicatrice sur son torse, la jeune femme, du doigt, la longeait délicatement, suivant sa trace et sentant la marque d'une vieille blessure de guerre, cependant légère, qui maintenant était ancrée dans sa peau. La guerre n'avait épargné personne, pas même Achille.

Stoppant le baiser un court instant, il soupira d'aise et reposa son front sur une des épaules de la jeune femme. Son souffle était accéléré et le tissu de la bretelle de sa robe lui frottait le nez. Le mousquetaire se décala sur le côté, sur la peau nue de l'épaule. Il y apposa des baisers, plus prononcés et plus ardents que ceux donnés sur le haut du thorax quelques minutes plus tôt. Il remonta plus lentement que la dernière fois, tout en prenant son temps. Se dirigeant vers la nuque, il prit goût au plaisir qu'il offrait à sa partenaire et au plaisir qu'il s'offrait à lui-même. C'était toute une interaction de plaisirs qui rattachait les deux humains. Tout à coup, il sentit qu'on le poussait vers le centre de la pièce, puis à l'autre bout. Précautionneusement, il fit attention à ne pas marcher sur les pieds de la jeune femme et se laissa guider. Mais en reculant, sa jambe rencontra un obstacle et il reconnut avec une main la douceur familière des draps et comprit qu'il avait derrière lui un lit. Il se dit quand Héloïse s'écarta un peu, dans un souffle, que ce n'était pas le moment que les questions reviennent.

Bon sang Achille ! À quoi pensais-tu ? Ce genre de question, le mousquetaire tenta de l'envoyer à l'autre bout de sa cervelle, pour l'oublier définitivement ! Il n'en pouvait plus de ces freins qui l'empêchaient d'aller jusqu'au bout des choses, de sa raison qui essayait le tout pour le tout de le raisonner, qu'il était un être intelligent et droit dans ses bottes. Mais son esprit ne put ignorer son corps et son corps avait des désirs. Alors ce soir, c'était son corps qui primait sur son esprit. Point. Sans plus attendre, Achille prit la brune dans ses bras après qu'elle ait défait les lacets de sa robe et ses boucles. Il passa une main dans ses cheveux lâchés et mordit sa lèvre inférieure, il y jouait avec. Puis il l'embrassa avec ardeur et de l'autre main, il remonta sa robe et entra en contact avec un de ses bas. Grognant de plaisir, il lâcha sa robe et plaqua la même main sur son visage sans libérer celle dans les longues boucles. Tout s'emballait dans son esprit qui finalement ne contrôlait plus rien. Dans les gestes et le frottement de leurs corps, la robe de la jeune femme se glissait petit à petit, laissant d'abord entrevoir le corset et la tunique blanche dessous. Sa robe coulissait et descendait toute seule. Enfin, lorsqu'elle eût atterri au sol, à l'aide des bras le mousquetaire prit Héloïse sous les aisselles pour la soulever légèrement, ses talons décollèrent du sol. Soupesant la jeune Italienne, Achille eut un sourire en coin, elle était légère, et d'un coup de botte, envoya valser la robe dans un coin de la pièce.

Il la reposa immédiatement et se décolla de nouveau de sa bouche. Il descendit sa tête vers le cou de la jeune femme et vint caresser du bout des lèvres frémissantes le haut du thorax. Descendant encore, il arriva à l'orée de ses seins, sentant la chaleur qui s'y émanait. Elle était toute brûlante et le corset qui la compressait la rendait encore plus. Comme cela faisait plus d'une dizaine de minutes qu'ils brûlaient de passion, la jolie brune devait être impatiente à l'idée d'ôter ce corset qui serrait ses poumons. Achille s'écarta de sa poitrine et lui offrit un énième baiser tout en délassant son corset de derrière. En même temps, il essaya d'enlever ses bottes. Peine perdue, sans les mains c'était difficile. Il recommença la tentative, en vain. Dans un léger rire, il s'écarta une nouvelle fois des lèvres de la Fontanges et délaissa les lacets à demi défaits de son corset. Il s'assit lourdement sur le lit juste derrière lui et tira de toutes ses forces les hautes bottes. Très vite, grâce à la puissance de ses bras, il se remit sur pieds et abandonna ses bottes sur le côté.

Souriant, il ôta également sa chemise blanche et fit dévoiler un haut nu à la jeune noble dont les yeux semblaient s'émerveiller. Il ne lui laissa pas de répit car il avait sauté sur ses lèvres, et parallèlement il finissait le délaçage de son corset. Il passa d'agiles doigts entre les lacets qui se desserraient et qui partaient au fur et à mesure de leur progression. Sa main grimpait et enfin, le dernier lacet fut défait. Il fit signe à Héloïse qu'il allait se décoller encore une fois d'elle. Des deux mains il prit le corset et le retira délicatement de sa poitrine qui se regonflait, la pression étant décroissante. Ensuite il l'invita à se rapprocher de lui en passant une main dans son dos libre de tout corset mais dont le contact reposait encore sur un tissu, sa mince tunique qui lui recouvrait le haut et qui laissait néanmoins entrevoir les formes arrondies de ses seins. La langue d'Achille sortit de ses lèvres pour mieux les humecter, le spectacle saisissant des plus beaux atouts de l'Italienne l'émerveillait tout autant qu'il l'excitait.

Il se pencha vers Héloïse pour un nouvel échange de baisers et la main qui tenait le corset s'ouvrit, le faisant chuter sur le parquet. Libéré de sa main, Achille la porta au visage de la brune où l'autre main faisait déjà office. Il lui donnait un baiser savoureux et goûteux, qui dura plus longtemps qu'il ne l'imaginait. Les yeux clos, il se laissa porter par ce baiser et frémissait au plaisir qu'il lui procurait. C'était intense, c'était... son esprit faisait bloc, il ne pensait plus à rien, son corps s'exprimait, il laissait cours à son brûlant désir qui enflammait le corps du jeune soldat. Il était tout chaud, tout excité, tout paralysé à la fois, oui paralysé car il n'enviait que cette femme ce soir, dans sa tête c'était elle, elle, elle, rien qu'elle. Elle le rendait fou de désir.

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Sam 8 Mar - 14:59

Oh oui vraiment le mousquetaire était plutôt doué avec les femmes. Il n’y avait pas à en douter. Et Héloïse n’en doutait absolument pas. Surtout maintenant qu’elle sentait les mains de ce dernier contre sa peau brûlante. Il se pouvait même qu’il soit plus doué que Mathis, ce qui était une source d’étonnement pour la Fontanges. Certes, les choses n’étaient pas les mêmes et ses rapports avec Mathis étaient plus doux, empreints de cet amour fort et inaltérable qu’il n’y avait bien entendu pas entre Achille et l’italienne. Mais, il n’empêchait qu’Héloïse appréciait énormément le genre de rapport qui se créait entre elle et le mousquetaire. Le baiser que lui donna ce dernier mit rapidement fin aux craintes et interrogations de la jeune femme. A voir la façon dont il s’emparait de ses lèvres, il n’y avait aucun doute quand au fait qu’il ne partirait pas de si tôt, qu’il ne la laisserait pas avec un désir insatisfait. Elle allait passer un moment avec ce beau jeune homme et ce serait, à coup sûr, un très bon moment. Se détendant un peu plus, elle frisonna alors qu’une des mains du chevalier se posa sur sa cuisse, frôlant l’un de ses bas. Contre les lèvres du jeune homme, la Fontanges soupira d’aise. Elle sentait tout son corps s’électriser. Elle mourrait de chaud. Vivement que ce corset soit ôté. Il lui compressait la poitrine. Poitrine qui se soulevait toujours au rythme de la respiration désormais haletante de l’italienne. Le grognement de plaisir du soldat fit sourire Héloïse en coin. Et alors qu’il s’emparait de son visage, elle approfondit plus encore le baiser déjà sensuel et passioné. Elle était maintenant collée à Achille et pouvait sentir sa robe tomber lentement le long de ses bras, découvrant un peu plus à chaque seconde cette silhouette dont elle était extrémement fière. La journée passée et les nombreuses activités qu’avaient eu la jeune femme durant cette dernière avaient fait en sorte que la poudre blanche dont elle ne manquait pas de couvrir consciensieusement chaque partie du haut de son corps le matin s’était quelque peu volatilisée. Et, s’il la regardait d’assez près, le mousquetaire pourrait remarquer que le soleil avait subtilement marqué la peau de l’italienne, déposant un doux hale qu’elle appréciait beaucoup, mais qui n’était pas très bien vu à la Cour de France. Se sentant soudainement doucement surélevée, la jeune femme sourit contre les lèvres du brun, s’agrippant à ses épaules pour l’aider dans sa tâche. La belle robe carmin fut donc envoyée quelque part dans la chambre sombre et Héloïse reposée délicatement au sol, ses mains toujours sur les épaules musclées du soldat. Quelque peu essoufflée par ce baiser passioné qu’ils s’étaient encore offert, la Fontanges ne fut pas mécontente quand Achille s’écarta un peu, lui permettant de reprendre son souffle. Il n’y avait pas à dire, le mousquetaire avait de plus en plus l’air d’un excellent amant. Héloïse se félicita alors d’avoir eu l’audace de lui voler un baiser dans le couloir. Même si ça avait surtout été l’alcool qui avait parlé. Alcool qui se dissipait doucement, laissant à la jeune femme le loisir de pouvoir profiter pleinement et consciemment de ses instants de pur délice. Et pour en profiter, elle allait en profiter. Elle s’en fit la promesse. Il était hors de question, cette fois, qu’elle culpabilise. Mathis n’était pas là pour elle. Il ne lui apportait pas ce dont elle avait besoin en ce moment. Le Montaron, quant à lui, le faisait. Il était là pour l’aider à assouvir ce désir en elle. Alors, au diable Mathis ! Elle culpabiliserait un autre jour et pour autre chose. Elle en venait même à se demander si elle allait aller au rendez-vous dans quelques heures. Peut-être ferait-elle bien de le laisser comme lui la laissait. Il fallait réfléchir à cela. Mais une fois les choses finies avec Achille. Là, maintenant, elle ne voulait plus penser à Mathis. Elle ne désirait plus que se concentrer sur le plaisir que lui apportait le soldat. Rejettant quelque peu sa tête en arrière alors qu’il embrassait sa gorge tannée, elle se mordit la lèvre inférieure, retenant un énième soupir de bien-être. Dieu que c’était bon ! Sa poitrine dont le soldat embrassait la naissance était tellement compressée dans le corset que la jeune femme avait un peu. Aussi l’initiative du jeune homme de lui délacer son corset maintenant fut-elle bienvenue. Mais, les choses semblaient plus compliquées que ce que le soldat avait bien voulu croire. Enlever ses bottes tout en continuant à embrasser et dévêtir l’italienne paraissait chose impossible. Aussi dut-il s’écarter, faisant doucement rire Héloïse alors qu’il s’assit lourdement sur le lit. Un sourire gentiment moqueur orna le visage de la brune qui murmura avec amusement :

- Et bien, monsieur de Montaron. Cela semble plus difficile que de tenir une épée.

Mais, elle se tut bien vite quand, remis sur ses pieds, le mousquetaire ôta sa chemise, dévoilant aux yeux de la brune ce torse qu’elle avait deviné sous le vêtement. Elle se mordit la lèvre, lèvre qui fut bien vite agrippée par celles du soldat dans un baiser une fois encore sensuel, à la hauteur des précédents. Il semblait à Héloïse même que ces derniers augmentaient en intensité et tension au fur et à mesure de l’avancée des évènements. L’italienne sentait dans son dos les doigts d’Achille qui délaçaient avec aisance et agilité le corset et elle fut prise d’un frisson. Les choses allaient plutôt bien et la tension sexuelle régnait dans la chambre et entre les deux jeunes gens. Elle était palpable à des kilomètres à la ronde. Ce ne fut toutefois que lorsqu’elle sentit la main du Montaron sur son dos, simplement séparée de sa peau par la chemise fine qu’elle se permit de souffler un coup, reprenant ce souffle qui était comme resté bloqué dans sa gorge depuis le matin, quand Marie avait noué l’instrument de torture. Respirer un coup lui faisait du bien. Heureusement que cela lui permettait de mettre ses formes en avant. Car, si le corset n’avait été qu’une simple source de douleur, elle aurait vite refusé d’en mettre. Et au diable les convenances ! Les deux mains du mousquetaire vinrent alors se poser sur son visage fin et la brune, à l’image du jeune homme, ferma les yeux. Elle voulait savourer l’instant. Rien que ça. Se collant un peu plus lascivement au mousquetaire, Héloïse posa ses mains sur les hanches de ce dernier avant d’en glisser une entre leurs deux corps, la posant sur l’entrejambe du jeune homme. Ce qu’elle y sentit fit naître un énième sourire sur ses lèvres doucement rougies par un joli maquillage. Après tout, elle était sortie ce soir. Mettant fin au baiser que lui offrait le soldat, elle décolla doucement sa main, la posant comme l’autre sur les épaules d’Achille, front contre front, le souffle court. Le temps défila un peu sans qu’Héloïse ne puisse le compter avec exactitude. Elle reprit son souffle un peu sans jamais réussir à retrouver une respiration normale. Elle le désirait tant. Elle mourrait d’envie de passer à la suite des évènements. Il faisait tellement chaud dans cette chambre cette nuit là… Ses mains descendirent à nouveau sur le torse du soldat, se posant à plat. Bien qu’elle fût prise d’une frénésie, la jeune brune n’était pas du genre à aller vite. Elle voulait profiter pleinement de l’instant. Instant qui, bien entendu, n’aura pas de deuxième fois. Aussi se devait-elle de ne pas en gâcher la moindre seconde. Ce serait vraiment dommage. Lentement, elle caressa le torse du soldat avant d’agripper ses hanches, juste à la ceinture de son pantalon. Alors, elle vola un autre baiser à Achille, court mais durant suffisamment pour leur permettre de tourner, se retrouvant à son tour contre le lit. Héloïse monta alors sur ce dernier, s’y allongeant à moitié, souriant au mousquetaire, l’invitant à la rejoindre. Doucement, elle détacha le nœud maintenant quelque peu fermé le décolleté de sa tunique et cette dernière glissa sur une de ses épaules subtilement, la lumière de la bougie posée juste à côté du lit s’accrochant au bronzage de l’italienne.
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Dim 9 Mar - 2:18



Héloïse & Achille

Il n'y avait aucune raison de regretter cet instant de plaisir. Ce n'était pas la mère d'Achille qui dirait le contraire, elle attachait peu d'importance aux filles qui fréquentait son fils jusqu'à ce qu'il trouve la perle rare. Johana serait effectivement ravie de faire sa connaissance et de la considérer, si jamais le courant passait bien entre eux deux, comme sa propre fille. Elle adorerait l'accueillir à bras ouverts à chacune de ses visites avec Achille et de parler avec elle de sujets bien à eux, elle qui se sentait si seule et si éloignée de tous, dans ce grand domaine qu'était la propriété du comte de Montaron, son mari et père adoptif d'Achille. Tant pis si Achille n'avait pas le sang des Montaron qui coulait dans ses veines, il avait au moins le sang des Joncy, la famille de sa mère, noble tout comme les Montaron. Bien sûr, par souci de discrétion et en respect à la famille de son mari, Johana ne lui avouerait jamais le secret de sa naissance, qu'il était l'enfant de l'amour, entre elle et le palefrenier, injustement assassiné par le mari de cette dernière. Depuis son départ dans l'armée, il n'y eut pas un jour où, comme toute vraie mère, elle ne s'inquiéta pas du sort de son fils aimé. Nostalgique, même six ans après, elle espéra de tout cœur que son fils soit entre de bonnes mains. Elle ne crut pas si bien dire, Achille était réellement entre de bonnes mains.

Le mousquetaire était ravi à l'idée de finir la soirée dans la couche d'une des plus belles femmes de la Cour de Louis le Quatorzième, une Italienne de surcroît. Achille n'avait pas souvenir d'être déjà sorti avec une étrangère, la jolie brune était sa première. À cette pensée, il eut un sourire en coin, se rappelant également des conseils du Lorrain, l'amant de Monsieur. Mais il n'y pensa point trop, Héloïse n'était pas un pion parmi d'autres dans son projet d'ascension sociale. Oui le soldat en avait marre de rester soldat, même si maintenant les tâches lui étaient devenues familières, à force de les répéter il était évident qu'il agissait en professionnel mais cela ne pouvait pas durer indéfiniment, il refusait de croire qu'il pourrait finir sa vie ainsi. Il laissa également tomber ses ambitions dans cette chambre où la tension sexuelle électrisait l'air. Le Montaron ne pensait plus à rien, il était concentré dans ses mouvements et ne regrettait point d'entretenir à chacun d'entre eux les flammes du désir qui consumaient son corps tout entier. Il avait chaud, terriblement chaud. Le contact que la jeune femme avait fait au niveau de ses cuisses, devant, n'arrangeait rien.

Heureusement que son corps l'empêchait de s'interroger, son esprit étant bloqué, paralysé, car il eut un léger mouvement de recul quand la jeune Fontanges frôla la bosse de son pantalon. Inspirant un bon coup, il trouva tout d'un coup que tout allait très vite, et qu'il était temps de ralentir la cadence. Il avait besoin de... temps. Quoi ? Non, il n'en était pas question. En l'espace d'une seconde, son esprit avait réussi à semer le doute dans tout son corps lorsque la Fontanges avait fait ce geste. Il avait réussi à le faire douter mais son corps reprit rapidement le dessus. Il était impossible d'ignorer ses appels, si naturels qu'ils soient. Son corps était bien la preuve qu'il avait tellement envie d'elle, il réclamait une bonne dose de plaisir impossible à ignorer. Une seconde, il avait cru pouvoir s'arrêter là et arranger les choses après, qu'il s'agissait là d'une erreur qu'il ne faudrait plus reproduire à l'avenir. Foutaises ! Son esprit l'harcelait, tentait de le ramener à la raison, mais c'était chose perdue. Prenant soudainement conscience que le soldat ne ferait rien de mal, il s'inclina. Il comprit que cela ne servirait à rien de revenir en arrière, la machine était déjà enclenchée, et s'il s'arrêtait là, abandonnant la jeune demoiselle dans une demi-nudité, ce serait encore pire. Qu'est-ce qu'il avait de mal là-dedans ? Les deux jeunes gens s'enviaient depuis un bon moment et avaient donc la liberté et le droit d'assouvir leurs désirs.

Après que le corps et l'esprit du jeune mousquetaire eussent enterré la hache de guerre, Achille put enfin détendre tous ses muscles paralysés. Et tout se rebâtissait dans sa tête afin qu'il puisse jouir pleinement de l'instant présent. En effet, la jeune noble et le soldat étaient en parfaite symbiose. Leurs fronts étaient collés, leur respiration haletante et leurs mains sur le corps de l'autre. Achille avait fermé les yeux dès que le front d'Héloïse avait rencontré le sien et il la tenait depuis dans ses bras, ses mains se baladant par moment dans son dos. Il avait le souffle court et désirait ardemment la jeune femme. Même les yeux fermés elle restait désirable. Les caresses qu'elle effectuait sur son torse créaient des pics de plus en plus fréquents sur la courbe du désir. La bouche légèrement entrouverte, il tentait de reprendre un souffle normal pour calmer ces pics mais rien n'y fit, ses lèvres frémissaient d'impatience et il respirait vite. Son corps trépignait. Plus rien ne pouvait le stoppait !

Il eut un léger sursaut avant de partir dans un rire, la brune avait mis la main sur la ceinture de son pantalon. Riant toujours, ses lèvres rejoignirent celles de la Fontanges pour un nouvel baiser. Il sentit qu'en même temps on le faisait tourner et baissa donc ses mains sur le bassin de la jeune femme. Tout en continuant à l'embrasser, il donna des mouvements de tête pour donner plus d'entrain au baiser. Cependant, ce fut court et Achille refusa, après qu'ils aient échangé leurs places en se tournant sur eux-même, de décrocher ses lèvres de la bouche de la jolie brune, alors il se courba pour ne pas être séparé de cette dernière qui montait précautionneusement sur le lit. Mais ce fut encore de courte durée, elle l'attirait avec elle et il dut se retirer avant qu'il ne se fracture le dos. Ce serait malheureux sinon, donc autant éviter.

Confortablement allongée sur le lit, la jeune femme invitait dans un sourire le jeune mousquetaire à venir la rejoindre. En la voyant dans cette position, Achille déglutit en silence et regardait alternativement le corps à demi-nu de la Fontanges et ses yeux qui brillaient à la lueur des bougies. Ses boucles étaient dégagées en arrière, dévoilant plus l'opulence de sa poitrine. Elle l'envoûtait, ce corps l'envoûtait. Le soupir d'aise presque indistinct qu'elle poussait jouait sur les nerfs du jeune soldat. En effet, une nouvelle vague de désir le submergeait, brisant toutes ses résistances. Complètement hypnotisé par la silhouette sensuelle de la jeune Héloïse, le Montaron ne put détourner les yeux. Son regard suivait les lents mouvements de la brune, qui attrapa le nœud de sa fine tunique blanche pour ensuite le dérouler délicatement. Il fut défait et la fente, scellée auparavant par celui-ci, s'ouvrit en se cornant et dévoila scrupuleusement la ligne qui séparait les deux seins. La tunique glissa d'une de ses épaules et les joues du mousquetaire virèrent à l'incarnat. Il ne pouvait plus rester longtemps sur place, il était temps de la cueillir.

Achille était tout brûlant, il commençait à avoir trop chaud dans son pantalon qu'il l'enleva aussitôt. Puis il grimpa sur le lit avec le seul vêtement qui lui restait, la braie. Un sous-vêtement qu'il portait sous son pantalon et qu'il n'avait pas encore ôté, du moins pas dans l'immédiat. Il marcha à quatre pattes sur les draps bien lissés de la Fontanges et s'approcha d'elle sur le côté. Il lui donna un bref baiser avant de la regarder longuement dans les yeux, souriant quelque fois. Enfin il passa un bras au-dessus de son corps et fit descendre doucement à la main la tunique qui recouvrait encore une épaule de la jeune femme. Tout en coulissant la tunique, il sentit du bout des doigts la douce chaleur qui s'émanait de sa peau. Il s'arrêta lorsqu'il eut atteint la naissance d'un sein et, sans quitter Héloïse du regard, il remonta sa main pour caresser le bas de son épaule. Il ne se lassait pas de contempler le visage de la jolie brune et lui donna de temps en temps de courts mais passionnés baisers.

Après un baiser, il se releva et la regarda de nouveau avec un petit sourire. Il pouvait la regarder des heures et des heures sans se lasser, tant que son désir ne s'épuisait pas. Pour l'instant, il s'était stabilisé. Le soldat l'enviait toujours. Il la regarda avec envie :

- Vous êtes si belle, si désirable...

Il finit sa phrase en embrassant le haut de son épaule nu et continua à descendre la tunique. En la descendant, il perçut deux galbes harmonieuses qu'il reconnut de suite comme étant les seins et les passa pour toucher son ventre plat. Il remonta sa main sur le visage de la Fontanges et lui caressa la joue. Puis tout s'emballa. Il prit appui sur un bras pour lui offrir un autre baiser, plus ardent cette fois. Il descendit l'autre sur ses hanches pour les écarter et s'y plaça avec délicatesse.

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Jeu 20 Mar - 23:58


Achille au-dessus d’elle, l’italienne plongea son regard dans le sien si vert. Elle répondit aux sourires du mousquetaire, riant parfois nerveusement, quasi silencieusement. Il n’était plus temps de reculer, maintenant. Les choses étaient parties. Enfin, elle n’avait pas vraiment envie de reculer non plus. Elle ne désirait rien d’autre qu’Achille, que ses caresses, ses baisers, … En parlant de caresses, ce fut celle du soldat sur l’épaule de la jeune femme qui la fit sortir de ses pensées. Sa chemise était descendue un peu plus le long de sa gorge et l’on commençait à deviner un sein. L’italienne sentit son souffle s’augmenter, se faire plus irrégulier tant le désir qui s’emparait d’elle était grand. Il semblait même avoir atteint son paroxysme. La poitrine de la Fontanges se soulevait rapidement. Elle haletait entre les courts et délicieux baisers du Montaron. Mais, les mots du brun firent encore monter le désir d’un cran, preuve qu’il pouvait augmenter. Il la trouvait belle, désirable. Héloïse rougit un peu, le sang montant à ses joues. Elle plaisait à un homme, elle qui commençait depuis quelques jours à se poser des questions. Mathis ne venant plus, elle était persuadée que c’était de sa faute. Que c’était elle qui n’était plus assez bien pour attirer le désir du Fontanges. Qu’elle n’était plus belle. Mais apparement, ce n’était pas le cas… L’égo d’Héloïse remonta d’un cran. Et il en avait bien besoin. Elle voulut répondre, mais seul son souffle sortit de ses lèvres, suivi de près par un court gémissement de plaisir alors que les lèvres du mousquetaire se posaient sur son épaule. Ses mains frôlèrent ses seins alors qu’il baissait la tunique de l’italienne et elle se mordit la lèvre inférieure quand il en passa une sur son ventre. Ses joues étaient en feu. Tout son corps l’était. Elle brûlait. L’idée de coucher avec un autre homme l’excitait terriblement, il fallait le dire. Et qui plus est avec un très beau jeune homme qu’elle avait déjà remarqué dans les couloirs, quand ils se croisaient par hasard. La vérité était que la Fontanges avait déjà jeté des regards en direction du beau brun aux yeux verts. Mais, quelle femme ici ne l’avait jamais fait ? Ce fut sur sa joue brûlante que le Montaron posa finalement sa main. Héloïse n’aurait jamais pu dire depuis combien de temps ils étaient dans cette chambre. Il lui semblait que le temps s’était arrêté. Seul comptait le désir. Et rien ne pourrait arrêter les deux jeunes gens tant que la chose ne sera pas terminée. La brune sentit en même temps que le mousquetaire que les choses allaient plus vite. Aussi écarta-t-elle ses jambes pour qu’il vienne se placer entre elle. Il ne lui restait plus que sa braie et elle avait encore sa tunique qui couvrait son bas ventre et le haut de ses cuisses. Autrement dit, ils étaient pratiquement nus. Pliant un peu ses jambes, les remontant, elle se redressa pour venir capturer les lèvres du soldat en un long et délicieux baiser, perdant ses mains dans les cheveux du soldat, sur son torse, jusqu’à la ceinture de son sous-vêtement. Les yeux fermés, elle savoura l’instant, se collant lascivement à Achille. Une main passa entre leurs deux corps et se posa un court moment durant sur l’entrejambe du mousquetaire. La suisse-italienne mit fin au baiser et sourit en coin. Elle mourrait d’envie de passer à la suite. Elle le voulait en elle. Rien que ça. Pouvoir pleinement sentir le plaisir l’envahir. Se sentir belle. Désirable. Désirée. Femme. Elle avait besoin de se sentir femme. Plus une petite fille, mais bel et bien une femme. Ce qu’elle était, au fond.

- Je ne veux plus attendre, souffla-t-elle en baisant la braie sur les hanches du jeune homme. Je ne peux plus attendre.

Doucement, elle souleva ses hanches, faisant glisser un peu plus encore la tunique sur ces dernières, sans quitter un seul instant le regard du soldat. Il faudrait qu’il l’aide à ôter complétement le bout de tissu s’il voulait la dénuder entièrement, mais elle l’était déjà pas mal. Et l’on pouvait dire que la Fontanges était fière de son corps plutôt bien entretenu par des heures et des heures d’équitation et de marches. Cette fois, la poudre avait entièrement disparue, s’envolant dans les airs. Et l’on pouvait voir briller sous la lumière tamisée des quelques bougies allumées la peau tannée de l’italienne.
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Ven 28 Mar - 22:23



Héloïse & Achille

Pourquoi remettait-il tout en question ? Alors qu'il croyait avoir renoué avec sa paix intérieure, voilà que son cerveau revenait lui jouer un sale tour. Achille avait décidément un problème de confiance avec lui-même, il lui arrivait d'être tout intimidé par ce genre de situation. Or ce n'était pas ce que les femmes attendaient de lui en retour, dans ces instants-là. Elles espéraient plus que tout qu'un homme leur fasse rêver et passer une nuit inoubliable, pas qu'il soit indécis et incapable de prendre les choses en main. Le soldat avait appris cela à ses dépens lors de sa première fois. Pas un très joli souvenir en tout cas. Puis il y avait eu Manon, une jeune fille de province venue rendre visite à son vieil oncle à Paris, dont il s'était éperdument épris. Ils avaient passé de bons moments dans la capitale, mais durant ces jours ensemble, le mousquetaire n'avait jamais su d'où venait Manon. Un jour, subitement, elle était partie sans rien laisser derrière elle, pas une lettre d'adieu, rien. Et son oncle avait malencontreusement rejoint le monde des morts le jour-même de son départ. Aussitôt, Achille s'était mis à sa recherche, allant dans les endroits qu'il avait fréquenté avec Manon, se rendant dans les lieux qu'ils avaient mentionnés tous deux au détour d'une conversation ou dans ceux où il était susceptible de la trouver, mais il revint toujours les mains vides, sans la moindre indice à se mettre sous la dent. Elle avait mystérieusement disparu dans la nature et s'était comme envolée.

Manon était un fantôme aux yeux des gens, un être qui n'avait jamais existé, mais qui vivait encore dans l'esprit du jeune soldat. Pour lui, elle était bien réelle et devait bien se trouver quelque part, peut-être en danger. Pendant longtemps, un an pour être exact, Achille s'était résolu à la retrouver, il se désespérait de ne plus jamais la revoir. Il l'aimait trop pour l'abandonner mais, grandissant d'une façon et d'une autre, il avait fini par comprendre que Manon n'était plus qu'un souvenir, une fille parmi d'autres, qui fut son premier grand amour cependant. Celui qu'il se rappellerait toujours car, malgré les apparences et les moments passés avec elle, il en fut sorti brisé et changé. Manon l'avait fait souffrir, il s'était posé des milliers de questions et celle qui revenait sans cesse dans sa tête était : est-ce de ma faute si elle est partie ? Voilà pourquoi la confiance du mousquetaire avait baissé d'un cran, il croyait être incompétent avec les femmes. Mais avec le temps et les conquêtes, il se rendit compte que ce n'était pas son incompétence qui était en cause mais sa confiance. Il ne voulait pas en effet que le même schéma se répète avec une autre femme, il craignait de revivre la même douleur qu'il avait durement éprouvé suite au départ de Manon. Achille regarda tendrement dans les yeux d'Héloïse et, étrangement, il ne repensa pas à Manon comme il le faisait parfois avec les autres filles. Du moins, pas ce soir et c'était en partie grâce à Lorraine. Il lui avait brièvement expliqué que les femmes avait besoin qu'on les rassure, pas qu'on panique ou qu'on leur montre que l'on n'est pas tout à fait à l'aise. Ce serait embarrassant même. Bref, Achille ne voulait pas les décevoir, même s'il le faisait par pure envie. Il devait se montrer bon avec les femmes et c'était bien ce qu'il avait en tête ce soir.

De plus, le Montaron savait par expérience, non pas grâce à Manon – elle avait plutôt nui à son lien avec les femmes –, qu'il fallait être entreprenant avec elles. S'il réussissait de la sorte ce soir, ce qui serait fort probable, il arriverait à rendre inoubliable la nuit qu'il passait avec la Suisse italienne. Il espérait qu'elle le soit vraiment car il l'enviait follement. Ce qui était moins le cas avec ses quelques rares conquêtes après Manon, bref n'en reparlons plus... Et comme cela faisait un bout de temps qu'il ne l'avait pas fait, on pouvait sérieusement en douter, de ses capacités. Cependant, c'était comme refaire du cheval, on remontait dessus et on retrouvait les techniques si l'on n'avait pas repris l'activité depuis longtemps. Non bien sûr, ce n'était pas pour retrouver ses aptitudes au lit qu'il couchait avec la jolie brune ce soir, oh que non, quelle idée ! Si cela restait bien secret, les mauvaises langues ne délieraient point. Ce serait un bon point – si l'on n'incluait pas Marie, la camériste de mademoiselle – ; chose que le mousquetaire veillerait toutefois à bien car, pour rien au monde, il ne souhaiterait voir sa réputation et celle de l'Italienne en pâtir. Achille supposa qu'elle avait pleinement conscience elle aussi du risque qu'ils encouraient ce soir. Mais ce n'était pas la première chose à laquelle les deux jeunes gens pensaient lorsqu'ils s'étaient rejoints dans le même lit. Pour eux, ce qui primait à l'instant présent, était leur désir déjà fort puissant. Ce sentiment de doute qui l'envahissait presque à chaque fois, le rendant hésitant avec les femmes, menaçait de nouveau le jeune mousquetaire. Pour la première fois ce soir, il se surprit à maudire son ancien amour de lui pourrir la vie. Réfléchissant rapidement à un moyen de se détendre, il reposa sa tête sur l'épaule de la jeune femme et ferma les yeux, le souffle toujours haletant. Il tenta d'oublier non sans réussite ses plus sombres angoisses et les questions qu'il se posait depuis le début.

Pourquoi diantre fallait-il que cela retombât sur lui, au moment où son désir, en partie uni avec celui de la jeune femme, stagnait au plus haut ? Il craignait peut-être de devoir regretter sa nuit avec la belle brune pour qu'il soit aussi assailli par les doutes... Non, ce n'était en aucun cas cela car le soldat rêvait depuis bien trop longtemps d'une nuit comme celle-ci. Depuis le temps qu'il n'avait plus ressenti une envie pareille. Depuis Manon, justement. Donc il aurait été idiot de sa part de passer à côté d'une telle nuit. Et puis, il ne pouvait pas trouver meilleure nuit que celle-là pour débuter parmi les courtisans puisque après, et avec certainement les autres nuits qu'il aurait passé avec d'autres aussi jolies femmes, il parviendrait mieux à les séduire et à obtenir d'elles ce qu'il désirait ardemment et secrètement depuis sa plus tendre enfance. La jeune femme était un bon début pour reprendre confiance dans ses relations avec les femmes. C'est pourquoi il l'avait choisie, elle, au départ car elle l'avait embrassé. Achille avait alors sauté sur l'occasion. Il espéra par la suite qu'elle n'apprendrait jamais les raisons réelles de sa nuit avec elle, qu'il couchait avec elle juste pour nourrir ses ambitions. C'était mal, il le savait, mais en même temps, question sentiments, il ne faisait pas semblant. Il avait été sincère quand il lui avait déclaré être fou d'elle. Cela embêtait toutefois les bonnes valeurs qu'avait inculqué la mère d'Achille à son fils, qui contestaient l'ambition de ce dernier et donc, constituaient un frein à ses désirs. Voilà la réponse à la source mystérieuse des questions ou des doutes qui venaient bombarder et envahir le corps toujours brûlant du jeune mousquetaire. Maintenant que sa nature ambitieuse ait repris le dessus et que sa confiance remontait légèrement, il allait tranquillement pouvoir passer une merveilleuse et fabuleuse nuit avec Héloïse de Fontanges.

Après s'être placé entre les cuisses de la belle Italienne, Achille savoura le contact de ses mains sur son dos nu pendant qu'elle lui arrachait un baiser tout en mêlant ses longs doigts fuselés dans ses cheveux. Grandement, il apprécia les nombreuses caresses qu'elle offrait à son corps, ses mains se promenant sur sa partie haute, la partie basse était toujours défendue par le seul vêtement qui restait au soldat : sa braie. Donnant une nouvelle série de baisers ardents à la jeune demoiselle, il en profita pour baisser encore sa tunique blanche qui arrivait désormais à la moitié de ses fesses. Se serrant contre elle, il y glissa ses mains et les caressa longuement avec douceur. Sans se presser, il fit durer les échanges passionnés avec la Fontanges et les caresses qu'il offrait lui aussi à son corps. En vérité, il ne voulait pas passer trop vite à l'action, il préférait prendre son temps. Après tout, ils en avaient pour toute la nuit et personne ne remarquerait l'absence du mousquetaire à trois heures du matin. Enfin, il pria pour pas qu'un de ses camarades vienne le chercher à son poste ou qu'il s'y rende, pour prendre le relais par exemple, alors qu'il pourrait ne pas être là.

Ce n'était cependant pas cela qui allait forcer le mousquetaire à écourter sa nuit avec la belle brune et à l'empêcher de savourer chaque instant passé avec elle. Il n'y avait pas honte à avoir de prolonger le désir entre deux jeunes gens tels qu'eux avant le passage à l'acte. Au moins le soldat reprenait confiance en lui et c'était bon signe pour la suite. Mû par un étrange pressentiment qui le confortait à rester, Achille sut irrévocablement qu'il ne repartirait plus ce soir. Ravi de finir la nuit dans la couche de la Fontanges, il redonna plus d'entrain à ses baisers et fit baisser l'échine de la jeune femme en se courbant en avant. Lorsque ses avant-bras rencontrèrent les draps et sans se décrocher de sa délicieuse bouche, il souleva avec précaution une cuisse après l'autre pour l'aider à retirer sa légère tunique mais elle l'interrompit dans ses gestes en se redressant à la vitesse de l'éclair, mordant presque sa langue. Achille n'eut pas le temps de rire son geste si soudain car elle baissait déjà l'unique vêtement qui lui restait, ce qui le fit subitement rougir. Ah les montées incontrôlables du désir, connues pour être à la fois plaisantes et extrêmement gênantes !  Le Montaron l'embrassa à nouveau tandis qu'elle descendait son sous-pantalon jusqu'à ses genoux, afin qu'elle ne remarque pas les rougeurs qui avaient envahi son visage. Cela le mettait dans un embarras indescriptible, embarras fort heureusement vite éclipsé par le plaisir que procurait les lèvres goûteuses de la jeune noble. Celle-ci embrassait divinement bien qu'il ne se lassait pas de lui donner en retour des baisers tout aussi gourmands.

Enfin, après de longues et plusieurs embrassades, le mousquetaire l'enlaça une dernière fois avant de se décoller de ses lèvres et de rouvrir les yeux. Lentement, il la fit allonger sur le lit, ses yeux pétillant d'envie. Des yeux que la jeune femme ne pouvait s'en passer, ne décrochant pas son regard plongé dans celui du soldat, tellement ils brillaient sous la lumière diffuse des bougies. Les petites lueurs qui les surmontaient faisaient doucement fondre aux mouvements de la flamme ces bâtonnets de cire et ressortir l'éclat céladon de ses iris clairs. Les yeux avides, Achille la fixa longuement du regard et décocha un sourire en coin. Il retint un rire gêné et fit partir toute son anxiété dans un silencieux soupir. Tout en caressant son dos, il continua à la regarder mine de rien et son souffle qui, cycliquement, sortait de ses poumons devint plus espacé dans le temps. Alors que sa respiration se fit plus lente, il se rapprocha de la joue d'Héloïse et la baisa avec chasteté. Puis il descendit le long de sa mâchoire en accentuant ses baisers qui ne s'arrêtèrent qu'à ses seins. Au même moment, le mousquetaire délaissa le dos de l'Italienne qu'il câlinait depuis avec ses mains douces et les ramena sur ses côtes. Il en remonta une pour toucher un sein tout en poursuivant ses baisers, tous empreints de fougue, sur la poitrine de la jeune brune. Il fit coulisser l'autre main jusqu'à sa tunique pour la retirer définitivement.

À l'infime pensée de sa nudité entière, il sentit un frisson le parcourir et parvint à refréner son désir, avec peine néanmoins. Ce dernier circulait à une vitesse folle dans ses vaisseaux sanguins, ne faisant qu'accroître le rythme cardiaque du mousquetaire. Son corps avait décidé de répondre à l'appel de la Fontanges qui, elle aussi, semblait prête à le recevoir, lui, en elle. Le visage tout chaud, Achille sortit la tête de sa poitrine et recula pour ôter avec ses pieds son vêtement serré qui pendait à ses chevilles. N'y arrivant pas, il lâcha la jeune femme, se retourna et l'enleva enfin avec ses mains. Riant nerveusement, il revint rapidement sur elle et lui donna d'autres baisers sur le ventre. Quelques-uns tout au plus ; ensuite, il remonta sa tête vers le visage de la belle brune et en caressa le contour du bout des doigts. Il la regarda droit dans les yeux, rapprocha davantage sa tête de la sienne et agrippa sa bouche pour un énième baiser ardent. Il se décolla d'elle une nouvelle fois en relevant son dos et vit dans son regard, même dans l'interprétation de ses gestes qui ne démentaient pas pourtant, qu'elle lui donnait son consentement. Achille l'embrassa à nouveau et automatiquement, dans un léger mouvement de bassin, il la pénétra. Un hurlement de plaisir, étouffé par le baiser qu'ils échangeaient, arracha les cordes vocales du Montaron.

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Ven 18 Avr - 1:27

Le mousquetaire croyait peut-être que ses rougissements passaient inaperçus aux yeux de l’italienne, mais ce n’était pas le cas. Elle les avait bien remarqués. Mais, plutôt que de s’en moquer, elle trouvait cela mignon et très séduisant. Les baisers qu’ils s’échangeaient faisaient d’ailleurs rougir à son tour la Fontanges, le sang montant à ses joues rendues maintenant aussi brûlantes que le reste de son corps. Elle avait tellement chaud qu’elle aurait bien proposé au Montaron de souffler quelques bougies, comme si cela allait aider à réduire la température dans la pièce. Mais l’italienne voulait pouvoir voir son tendre amant tout du long. Et elle n’était pas assez stupide pour croire réellement que cela changerait quelque chose. La tension avait beau être palpable dans la chambre, c’était de l’intérieur d’elle-même que provenait la chaleur. Et elle aimait cette sensation. Enlacée par le soldat qui mit fin au baiser, elle se mordit la lèvre en le laissant l’allonger un peu plus sur le lit. Ses yeux étaient vrillés dans ceux du dénommé Achille. Dieu, elle ne se lasserait jamais de ce regard. Il était si beau, si hypnotisant. Les mains du jeune homme caressaient son dos halé et elle continuait de torturer sa lèvre, sa poitrine se soulevant au rythme de son souffle haletant. En des gestes presque indécelables tant ils paraissaient timides, elle pressait leurs corps l’un contre l’autre, espérant qu’il comprendrait l’empressement de la jeune femme de vingt-et-un ans. Fermant les yeux tandis qu’il déposait enfin ses lèvres sur sa peau, elle lâcha un soupir d’aise. Soupir qui se transforma en gémissement quasi silencieux quand ce fut au tour de ses seins d’être embrassés par le soldat. Toutefois, elle ne douta pas du fait qu’il l’avait entendu. La tunique définitivement jetée hors du lit, Héloïse était enfin complètement nu, son corps moite de sueur semblant demander la présence du mousquetaire. Rouvrant les yeux alors qu’elle ne le sentait plus près d’elle, elle eut un petit sourire en le voyant ôter sa braie. Le jeune homme eut un rire nerveux auquel elle répondit tendrement. Il était incroyablement mignon. Dans le bon sens du terme. Le genre d’homme à faire fondre n’importe quelle femme. Une mèche de ses cheveux châtains lui tombait près des yeux, rendant ces derniers plus enivrants encore. Les bougies faisaient danser leurs ombres sur son corps tout en muscles. L’italienne déglutit. Oh oui, elle avait envie de lui. Il n’y avait aucun doute là-dessus. Qui n’aurait pas envie d’avoir un aussi bel homme dans son lit ? Même pour une seule et unique nuit. D’ailleurs, et puisque ce serait la seule fois qu’ils partageraient la même couche, Héloïse se jura de profiter pleinement de l’instant. Les lèvres du beau mousquetaire s’échouèrent sur le ventre plat de l’italienne qui se cambra un peu. C’était comme si les baisers du Montaron l’avaient brûlés. Mais la douleur était exquise et elle en redemanderait presque. Non, pas presque. Elle en redemandait, purement et simplement. Toutefois, Achille jugea bon d’arrêter là et vint plutôt caresser de ses doigts fins son visage sur lesquelles des mèches de cheveux noires s’étaient collées. Le fait qu’il la regarde ainsi droit dans les yeux la fit frémir. Elle posa à son tour ses doigts le long de la mâchoire du jeune homme. Il était rasé de près. Elle trouvait cela un peu dommage, d’ailleurs. La jeune femme aimait les barbes de quelques jours, trouvait que cela donnaient aux hommes un côté plus mature, plus séduisant. Mathis avait d’ailleurs lui aussi abandonné cette fine barbe qu’il avait porté durant le trajet jusqu’à Saint Germain. Une barbe de trois jours, comme on disait. Tant pis. Cela ne rendait pas le mousquetaire moins désirable. Après tout, peut-être que la barbe ne lui allait pas. Il l’embrassa. Une deuxième fois. La première avait été sensuelle, mais peut-être un peu trop rapide à son goût. Ce fut alors qu’il pénétra en elle, faisant entendre aux oreilles de la Fontanges son plaisir certain. Elle émit elle aussi un gémissement plus audible et ses mains glissèrent dans le haut du dos d’Achille. Sous ses doigts roulaient les muscles tendus du mousquetaire et elle appréciait la sensation. Tout sentait l’érotisme ici. Il n’y avait pas à en douter : l’acte était voulu des deux êtres. Aucune sensation de gêne, juste du plaisir. Un plaisir partagé. Elle mit fin au baiser, reprenant un instant son souffle plus court encore. Elle vint alors déposer des baisers le long du cou du brun, dans le creux de son épaule. Elle inspira longuement, respirant l’odeur délicieuse du soldat. Approchant alors ses lèvres de l’oreille d’Achille, elle murmura en italien, sans se soucier du fait qu’il comprenne ou non :

- Siete rifiniti, signore di Montaron (Vous êtes parfait, monsieur de Montaron).
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