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 Vous me parlez, madame ? ft. Athénaïs de Montespan


Mer 21 Aoû - 1:37




" Oui, je suis bien entrain de te juger ! "
Héloïse & Athénaïs



- Non, mais vous imaginez le scandale ? J'ai une amie qui s'est fait volé un rubis. Et moi-même mon collier de perles. Vous vous rendez compte ? Le sublime collier de perles que j'avais acheté spécialement pour l'occasion. Ce Monsieur aurait pu être un peu plus à cheval sur la sécurité. Il avait embauché qui ? Des débutants ?

La dame qui avait parlé éclata de rire, suivie par l'assemblée autour d'elle, son petit cercle d'amis. Amis parmi lesquels Héloïse de Fontanges qui, elle aussi, riait aux éclats.

- Heureusement que j'étais sortie de la salle à ce moment là ! Sourit-elle. Et que je n'avais sur moi ni mon camé, ni mon pendentif.

- Vous avez eu une telle chance ! S'exclama un homme. Par chance, je n'étais pas invité. Quel malheur cela aurait-il été si j'avais perdu un de mes biens !  Ces choses coûtent assez cher.

Tous acquiescèrent et ce fut dans un froissement commun de tissus qu'ils avancèrent alors. Ils rentraient d'une balade en ville et étaient épuisés. Mais quoi de mieux que de passer un peu de temps avec ses amis ? Remontant son manteau sur ses épaules au passage d'un coup de vent, l'italienne sourit encore à la remarque d'une personne du petit groupe et ils rirent encore aux éclats. Monsieur et son bal masqué étaient au centre de nombreuses discussions et ce n'était pas la belle et jeune italienne qui allait se priver de quelques ragots. Elle adorait ça. Et le frère du Roy était pour elle une cible de choix au vu des sentiments qu'elle avait à son égard. Cet homme, aussi haut soit-il, était bien trop proche de Mathis à son goût et la brune au caractère de feu ne pouvait supporter cela. Alors, devant le Prince, ce n'était que flatteries hypocrites et, une fois le membre de la famille royale disparu, elle se plaisait en moqueries et commentaires tous plus méchants les uns que les autres. Combien de fois avec ces mêmes amis avait-elle moqué les manières du prince et sa démarche qu'elle jugeait d'un ridicule sans nom ! Non vraiment, elle ne le supportait pas ! Alors qu'ils arrivaient dans le hall d'entrée, Héloïse vit au loin une silhouette croisée plusieurs fois : celle d'Athénaïs de Montespan, la soeur de Gabrielle de Thianges, son amie. Et l'italienne sachant Athénaïs proche du frère du Roy, elle ne put s'empêcher alors de la narguer. Donnant un coup de coude à un jeune homme à sa droite, elle lui montra d'un coup d'oeil Athénaïs et, arrivant à la hauteur de la jeune femme, lâcha, sa voix pleine de moqueries :

- A croire que le palais de Monsieur est aussi mal fréquenté que sa Cour personnelle...





FICHE PAR ROMANE DE ARTSOUL




Dernière édition par Héloïse de Fontanges le Mar 8 Oct - 7:14, édité 2 fois
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Mer 21 Aoû - 12:47


Athénaïs, comme la plupart des invités du fameux bal de Monsieur, avait subi ce soir-là un vol d'objet personnel. Elle en souffrait d'ailleurs bien plus que les autres, elle en était persuadé, puisque ce qui lui avait été dérobé n'était pas un objet de valeur comme un bijou, mais une lettre qui la compromettait. Une lettre écrite de la main de Madame, qu'elle avait elle-même volée par l'entremise d'une domestique afin de ridiculiser auprès du Roy cette femme avec qui elle était en querelle depuis un certain temps. Le but était de remettre cette missive à Stefano qui devait la montrer à Monsieur, qui lui en parlerait à son royal frère. Ainsi, la disgrâce de l'anglaise était assurée. Mais c'était sans compter le plan de ces fichus voleurs encore inconnus qui s'étaient visiblement mis en tête de saboter la soirée. Depuis ce jour-là, la marquise se sentait bien mal. Si la lettre était rendue publique et que l'on remontait jusqu'à elle, elle aurait de bien gros problèmes, bien plus important que de savoir comment se vêtir... La dame d'honneur de la Reine était donc rongée par la peur et la culpabilité depuis cet événement qui lui paraissait effroyable, bien qu'en bonne courtisane elle ne laissait rien paraître.

Elle s'apprêtait donc à regagner son poste auprès de Sa Majesté la Reine lorsqu'en entrant dans le hall, elle entendit ricaner. Depuis le bal raté, les langues de vipères ne cessaient de répandre leur venin, et les courtisans se conduisaient comme des hyènes en parlant de Monsieur, ce qui avait le don d'agacer fortement la marquise qui figurait parmi les amis proches du frère du roy. Pour la énième fois de la matinée, Athénaïs soupira en entendant au loin rire ces personnes idiotes. Fort heureusement, Monsieur conservait l'amitié des personnes les plus respectables malgré l'incident, mais il lui faudrait bien vite se refaire une réputation.

Ce n'est qu'en passant auprès de la brune qui lâcha cette phrase cinglante qui était clairement à son attention qu'Athénaïs fit attention à l'identité de la personne qui en était l'auteure. La marquise ne connaissait pas cette personne, du moins pas son nom. Elle l'avait probablement déjà croisée, puisque tout un chacun en cette Cour fréquentait les mêmes événements, et vu l'assurance de son propos, cette jeune femme avait surement aussi été victime des voleurs du bal. La dame d'honneur de la Reine s'arrêta, et sans détourner son regard de l'horizon qu'elle fixait en marchant quelques secondes auparavant, répondit d'un ton calme mais ferme.

-Si le palais de Monsieur et sa Cour vous déplaisaient tant, madame, il fallait simplement y soustraire votre présence. En effet, l'illustre inconnue que vous êtes n'aurait certainement pas brillé par son absence puisque celle-ci serait assurément passée inaperçue.

Elle ponctua cette phrase d'un sourire en coin, en inclinant légèrement la tête de coté en guise de fausse compassion. En effet, cette demoiselle ne figurait ni dans les proches de Monsieur, comme elle se plaisait à le faire remarquer implicitement, ni dans les proches du Roy, pas même dans ceux de la Reine. Ainsi donc, elle n'était personne, et Athénaïs venait de le lui faire remarquer, et ce devant son entourage qui auparavant, se gaussait de ses remarques. A présent, ces personnes se taisaient face à cette remise en place cinglante.
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Ven 13 Sep - 1:47




" Oui, je suis bien entrain de te juger ! "
Héloïse & Athénaïs



Héloïse lança un regard à ses amis autour d’elle qui, à la remarque de la française, s’étaient tus. Intérieurement, l’italienne réprima une envie de lui sauter à la gorge. Cette femme l’énervait. Elle la croisait plusieurs fois dans les couloirs et l’on pouvait dire que la Montespan n’était pas peu fière. Du moins, d’après la vision qu’elle donnait à voir à Héloïse. Et voilà maintenant qu’elle osait dire d’elle qu’elle n’était qu’une parfaite inconnue, comme si la de Fontanges n’était rien. Bien sûr que si, elle était quelqu’un. Pas dans les grands cercles, bien entendu. Mais auprès de ses amis, de Mathis, de ses amants, … des personnes qui comptaient pour elle. Et c’était tout ce qui importait pour la jeune brune. Bien entendu, comme tout le monde ici, Héloïse rêvait de grandeur et rageait de ne pas pouvoir même atteindre un petit rang de plus. Mais, elle n’allait pas en faire toute une histoire. Par contre, pour Athénaïs de Montespan …. Les très rares fois où Héloïse avait été là quand le Roy était passé devant la femme, elle n’avait pas manquée de remarquer les regards que cette dernière avait lancés au souverain. Et l’italienne pensait bien qu'Athénaïs voulait atteindre la couche royale. Pour elle-même, la Fontanges ria. Ces femmes qui couraient après le monarque, ne semblant vivre que pour cette faveur accordée à peu d’entre elles, Héloïse aimait à s’en moquer plus encore qu’elle ne riait du frère du Roy. Pathétiques. Ridicules. Voilà ce qu’elles étaient. Et Athénaïs de Montespan ne semblait pas faire exception. Qui plus est, dans sa grande fierté, Héloïse ne put qu’être un peu blessée par les dires de la Montespan. Pour la peine, 2/10 ! Et bam !

- Je ne suis peut-être personne ici, mais je n’aspire pas à être reconnue. Par contre vous, reconnue, vous l’êtes ! Comme la femme de ce mari ruiné qu’est le vôtre. Vos toilettes ne mentent pas et ne laissent passer aucune illusion sur votre condition.

A cette remarque de la de Fontanges, ses amis se remirent à rire aux éclats. Un sourire de fierté se dessina sur le visage de l’italienne. Et bam encore ! Un point de plus pour Héloïse. D’ailleurs en parlant de points, il n’y  avait pas à douter quant aux faits que certains des amis d’Héloïse comptait les points et prenaient déjà des paris. Héloïse les connaissait plutôt bien. Ils étaient comme elle. Alors, elle se rapprocha de la marquise et la regarda méchamment, sans un mot.





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Dernière édition par Héloïse de Fontanges le Mer 30 Oct - 9:52, édité 4 fois
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Ven 13 Sep - 11:26

HJ: petite précision chérie câlin, on est en 66, Athé n'est pas la maîtresse du roy et n'aspire aucunement à l'être. Au contraire elle plaint son amie Louise d'être "assez malheureuse pour être sa favorite". Donc si tu peux changer ça ce serait top :DJe n'en tiens pas compte pour ma réponse ^^ Après, Hélo peut le penser, mais nullement le mettre comme un fait avéré ^^ (sinon, si tu veux dire "la" devant un nom, il ne faut pas mettre la particule... et "rire" est un verbe du 3eme groupe, on dit donc "rit-elle" ^^ )


On se sentait toujours plus fort lorsqu'on était entouré de ses amis. Un esprit de meute, en quelques sortes. Héloïse avait donc une certaine assurance qui lui permettait, bien qu'elle ne fut ni chez elle, ni dans une Cour à laquelle elle appartenait, de déblatérer des horreurs. Et la teneur de ses propos ne faisait que démontrer sa jeunesse, son insouciance et son être très limité. Certes elle était renseignée sur la marquise et savait que son mari dilapidait tout leur argent, soit aux jeux, soit en équipages pour s'illustrer à l'armée, chose qu'il ne parvenait malheureusement pas à faire. C'était un fait. Mais tout le monde le savait, et jamais personne n'osait en faire remarque. Le fait que la Fontanges le fasse était certainement un peu blessant, mais par-dessus tout risible. Ainsi, sa remarque sur Louis-Henry ne tira de son beau visage qu'un sourire, et un certain éclair dans ses yeux bleus.

-Eh bien madame, je vous sens en pleine forme. Quel trait d'esprit imparable d'avoir ainsi mis des mots sur une situation que nul autre avant vous n'avait découverte. Je vous en félicite, vraiment, je pense sincèrement que vous venez d'épater tout votre petit cercle d'amis tout aussi illustre que vous.

A quoi bon nier, c'était la vérité, et tout un chacun à la Cour le savait. Mais cela n'empêchait pas Athénaïs de briller. Si elle ne brillait pas avec des diamants que son mari avait mis en gages depuis longtemps, elle brillait pas son esprit et la finesse de ses propos, ce qui était loin d'être le cas de l'italienne qui lui faisait face. Assurément, la toilette que portait la dame d'atour de la Reine en ce jour n'était pas parée de centaines de pierreries, mais elle s'habillait toujours avec goût. Par cette remarque, elle venait de souligner devant tout le monde l'étroitesse d'esprit et le manque de jugeote d'Héloïse. Néanmoins, il fallait reconnaître que la Fontanges aussi, et son argent l'aidait à se couvrir de magnifiques bijoux. A moins que ce ne soit des cadeaux de ses amants? Car les rumeurs allaient vite, très vite, et si la condition désargentée de la marquise n'était un secret pour quasiment personne, la légèreté des cuisses de l'italienne n'en était pas un non plus.
Voyant que son interlocutrice s'approchait un peu trop d'elle, la fixant avec un regard plus noir qu'un ciel d'orage, la marquise, souriant toujours, agita son éventail, ne quittant pas l'horizon de vue.


-Gardez donc vos distances, madame, je ne souhaite pas que l'odeur de tous ces hommes que vous avez dévergondés cette nuit ne m'atteigne. D'ailleurs, je ne sais pourquoi je m'obstine à vous appeler "madame". Sans doute une politesse qui, assurément, vous est inconnue. "Mademoiselle" serait plus judicieux. (c'était là une sorte d'insulte, car il était de coutume d'appeler une femme "madame", même si elle n'était pas mariée.) Je ne sais comment, à votre âge, vos parents feront pour vous marier, étant données les frasques et le déshonneur que vous faites subir à votre famille. Cela me désole pour eux, car leur nom était respectable. Enfin, j'imagine que passé un certain temps, leur patience aura des limites et vous irez cracher votre venin depuis un sombre couvent.

A ces mots, la marquise poussa un soupir de fausse compassion, accompagné d'un léger rire. Les amis d'Héloïse ne savaient où donner de la tête, ni laquelle des deux sauterait à la gorge de l'autre la première. Si ses paroles étaient piquantes, Athénaïs restait pourtant d'un calme olympien. Après tout, si personne ne s'occupait de remettre en place cette inconnue, il fallait bien que quelqu'un le fasse. Sa jeunesse et son manque d'expérience de la Cour seraient sa perte, elle venait de le montrer. Elle n'avait aucun argument contre la marquise, elle ne la connaissait pas, et même si ce fut le cas, rien dans son comportement ne permettait de la railler. Si les seuls arguments de l'italienne étaient le manque d'argent du marquis, c'était bien limité.


Dernière édition par Athénaïs de Montespan le Lun 14 Oct - 17:16, édité 1 fois
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Lun 14 Oct - 17:02




" Oui, je suis bien entrain de te juger ! "
Héloïse & Athénaïs



Alors que la Montespan lui reprochait ses nombreux amants, Héloïse retint de justesse un grognement et pinça les lèvres. Elle ne couchait pas avec tout le monde non plus. Bien entendu, l’italienne était au courant de la réputation qui était le sienne et des rumeurs toutes plus ridicules les unes que les autres. Enfin, presque toutes. Il fallait bien dire que certaines étaient fondées, pour le malheur d’Héloïse, mais surtout de Mathis qui cherchait à tout prix à changer la jeune femme. Toutefois, la brune ignora l’insulte d’Athénaïs, décidée à ne prêter que peu d’attention à cette femme qu’elle ne supportait pas. A vrai dire, elle en entendait d’autres et ce n’était pas cela qui allait blesser la demoiselle. Certes, l’Héloïse que tous connaissaient se serait indignée de cela. Mais la Fontanges en avait assez de cette image qui n’était qu’un côté d’elle, bien moins important d’ailleurs que ce qu’elle voulait bien faire croire. Autour d’elle, elle entendait les commentaires de ses amis et sentait que certains ne retenaient que difficilement des éclats de rire suite aux dires d’Athénaïs. Toutefois, les choses tournèrent quand la Montespan attaqua le sujet des parents d’Héloïse, sujet délicat depuis la mort de son père, mais surtout depuis qu’elle avait appris qu’ils n’étaient que ses parents adoptifs. Oui, ils étaient très respectables. Mais, malheureusement, sa mère ne semblait pas vraiment s’intéresser à la réputation de ses enfants. Et Héloïse doutait encore plus qu’elle se soucie de son mariage. Après tout, aux dernières nouvelles – la noble ayant du d’ ailleurs se battre contre sa mère et envoyer des dizaines de lettres pour obtenir une réponse -, sa mère lui en voulait encore d’être partie avec Mathis et se fichait complètement du fait qu’elle entretienne même une relation avec celui qui était, aux yeux de tous, son frère. Elle ne put alors s’empêcher de répondre à Athénaïs, son ton froid et cinglant.

- Vous ne savez rien de ma famille, madame.

Personne ne savait rien de sa famille et de la réputation des enfants Fontanges avec leur mère. Et ni elle, ni Mathis ne voulaient que cela se sache. Non pas que cela soit une honte, mais une faiblesse, du point de vue des jeunes gens. Et s’il y avait bien une chose que les Fontanges ne supportaient pas, c’était bien de paraître faibles. Elle serra les poings sur ses jupons, les relâchant rapidement. Par esprit de gentillesse, un amie d’Héloïse posa une main sur son épaule et lui adressa un fin sourire. La brune lui répondit avant de pousser un long soupir et de revenir à Athénaïs.

- Et pour en revenir à ma réputation et à mes soi-disant nombreux amants, sachez qu’il ne faut pas tout écouter et surtout tout croire. Certes, j’ai quelques amants et je ne m’en cache pas. Mais je ne partage pas ma chambre avec plusieurs hommes par nuit, et surtout n’en change pas tous les jours.

Il fallait mettre les choses au clair et l’italienne allait s’assurer que les fausses rumeurs à son sujet ne circulent plus.





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Dernière édition par Héloïse de Fontanges le Mer 30 Oct - 9:56, édité 2 fois
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Mar 15 Oct - 14:39


La marquise le sentait, la discussion s'essoufflait et la demoiselle de Fontanges semblait pester de s'être vue faire des remarques sur sa famille et l'opinion que celle-ci aurait d'elle. Athénaïs remarqua le regard noir de la jeune femme lorsqu'elle lui répondit sèchement qu'elle ne la connaissait pas. Et c'était tant mieux, qu'aurait-elle eu à faire avec ces gens? Ils avaient beau être nobles, ce n'était pas une raison pour ainsi laisser une jeune fille livrée à elle-même à la cour, sans aucun chaperon alors qu'elle n'était pas mariée. Rien n'étonnant alors à ce que le comportement d'Héloïse soit si déplacé et sans gène. Athénaïs ne put s'empêcher de sourire d'un air amusé en voyant cette première réaction de son interlocutrice, et de se tourner vers son petit cercle d'amis pour leur bien montrer son sourire éclatant et triomphant. La demoiselle semblait prête à sortir de ses gonds alors que la marquise gardait un calme olympien. Elle regarda l'amie d'Héloïse venir lui apporter une aide psychologique par un geste amical. La marquise avait déjà croisé cette jeune personne qui avait également été témoin d'une pique verbale d'Athénaïs envers un courtisan qui l'avait mérité. Sans doute celle-ci souhaitait mettre en garde la jeune effrontée que chez les Mortemart, une devise connue s'appliquait bien: "qui s'y frotte s'y pique"!

Voilà à présent que la Fontanges commençait à s'étaler sur sa vie privée en évoquant les hommes qui partageaient sa couche, avec moult détails inutiles dont la marquise se serait bien passé. Mais n'avait-elle donc aucune tenue, aucune dignité pour ainsi se dévoiler sans retenue à une inconnue? Ceci confirma ce qu'Athénaïs pensait, Héloïse manquait cruellement d'une figure parentale stricte pour la guider dans le droit chemin. Elle se contenta de conserver le sourire qu'elle lui adressait depuis le début, un sourire cette fois empli de fausse compassion. La belle dame secoua lentement la tête de gauche à droite, fermant quelques secondes les yeux avant de les rouvrir pour poser ses iris azur dans ceux de son interlocutrice.


-Le premier sentiment que vous m'inspirez, mademoiselle de Fontanges, est de la pitié. Je ne sais comment un jour votre âme sera sauvée, mais j'espère de tout coeur qu'elle le sera, commença-t-elle d'un ton doucereux.
Le second est du dégoût. Vous n'avez aucune tenue ni retenue, aucun savoir-vivre, ni plus de respect pour autrui comme pour vous-même, et vous faites cruellement honte à l'éducation due à votre rang de par votre manque d'esprit. Pensiez-vous réellement que l'insolence que vous avez eue de paraître aux yeux de tous devant mon ami le duc d'Orléans, frère du roy, est-il nécessaire de vous le rappeler, dans une toilette d'un bleu allant contre le principe-même du deuil dont toute la cour était accablée? Et pensez-vous enfin qu'avec de tels actes, ajoutés à votre évidente audace de critiquer ouvertement Monsieur, vous permettront de perdurer en cette cour?

Elle se tut une seconde pour contempler l'impact de ses paroles, prononcées sans hausser le ton, sur le minois charmant de la petite brune, avant de reprendre, penchant la tête de coté, toujours son sourire aux lèvres.

-Il me serait infiniment agréable de n'avoir jamais plus à vous parler afin de ne plus subir vos paroles. Fort heureusement pour moi, le devoir m'appelle, ce que, sans doute, vous n'entendrez jamais. Aussi ai-je la joie d'écourter le déplaisir que j'ai à vous avoir sous les yeux. Je vous souhaite malgré tout, ainsi qu'à votre petite assemblée, une agréable journée.

Gardant son port altier et fier, la marquise fit volte-face, reprenant la trajectoire qui était initialement la sienne avant d'avoir dû s'interrompre pour parler à cette enfant. Oui, c'était le seul mot qui lui venait pour définir Héloïse de Fontanges: une enfant dans un corps d'adulte. Son manque de maturité jurait cruellement avec son physique de jeune femme et ce qu'elle en faisait. Elles n'avaient que quatre ans d'écart, et le comportement de la demoiselle restait celui d'une fillette capricieuse et trop gâtée, tandis que la marquise était une femme avec des responsabilités. Le monde était étrangement fait. Les pas de la belle dame ne tardèrent pas à la faire arriver dans l'antichambre de la reine, où enfin sa journée allait commencer. Elle oublierait bien vite cette petite altercation verbale avec une fillette qu'elle jugée dénuée d'esprit et de bon-sens moral.
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Mer 30 Oct - 10:19




" Oui, je suis bien entrain de te juger ! "
Héloïse & Athénaïs



La Montespan la critiquait ouvertement et l'italienne ne trouvait que répliquer. Au fond d'elle, elle savait qu'elle avait raison. Avec cette attitude, la brune n'allait pas faire long feu ici. Mais c'était ce qu'elle était et Héloïse ne voyait vraiment pas comment elle pourrait changer. A dire vrai, elle n'en avait pas vraiment envie. Plusieurs personnes s'étaient arrêtées pour assister à la petite altercation et l'italienne sentait leurs regards sur elle. Elle n'était absolument pas en position de force. Elle le sentait. Et ça l'énervait. Grinçant des dents, la Fontanges écouta sans vraiment entendre les dernières paroles de la Montespan, puis elle la regarda partir, serrant les poings, énervée au plus haut point. La jeune femme disparue, Héloïse lâcha un cri de frustration et de colère. Autour d'elle, on riait sous cape, ou plus ouvertement. En tout cas, on se moquait de la brune et ça l'agaçait. Lançant des regards mauvais vers les personnes autour d'elle, l'italienne serrait tellement les poings qu'elle enfonçait ses ongles dans sa paume douloureusement. Une de ses amies posa alors sa main sur son épaule et lui intima de se calmer, de respirer un grand coup.

- Je la hais. Grogna-t-elle. Je les hais tous !

Héloïse poussa un long soupir.

- Continuez sans moi ! Je n'ai plus envie de me promener.

Elle adressa un sourire désolé à sa bande d'amis qui hochèrent la tête. Alors, elle tourna les talons et regagna ses appartements, retenant des larmes de colère, mais aussi de honte. En peu de jours, Héloïse avait été deux fois humiliée publiquement. Une première fois par Monsieur en personne. Et maintenant par Athénaïs de Montespan. La brune en venait vraiment à se demander ce qui clochait chez elle. Certes, elle était consciente que son comportement n'était pas des plus appropriés à la Cour de France et pouvait entraîner quelques dommages collatéraux sur sa famille et la réputation de cette dernière. Mais, ce n'était pas comme si elle n'avait pas essayé. Juste qu'elle ne parvenait pas à être celle qu'on voulait qu'elle soit. Elle l'avait été, avant. Mais maintenant ... Trop de choses lui étaient tombées dessus en si peu de temps. Elle avait besoin de crier, d'hurler à la face du monde qu'elle allait mal. Entrant dans ses appartements, Héloïse ferma la porte derrière elle et se mit alors à pleurer, évacuant une pression qui lui pesait depuis quelques temps déjà. Marie, sa dévouée et aimée femme de chambre apparut alors, alertée par les bruits de pleurs.

- Que se passe-t-il, madame ? La questionna-t-elle.

Pour toute réponse, la Fontanges se laissa tomber dans les bras de celle qui était comme sa deuxième mère et marie lui caressa les cheveux, la berçant maternellement.





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