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 Ambroise Delacroix pour vous servir..


Ven 20 Sep - 18:10

Ambroise Delacroix



Métier/Titre(s) : Médecin
Âge : 26
Origines : Françaises
Langue(s) parlée(s) et niveau de maîtrise : Bon latin - Petit grec
Orientation sexuelle : Hétérosexuel
Situation: Célibataire
Date de naissance : 23 février 1640
Religion: Catholique
Groupe : Médecin
Personnage ayant existé?: Non
Avatar : Jamie Dornan


Le Miroir ...


Bordeaux, le 7 mars 1666. Il semblait à tous que l’hiver ne prendrait jamais fin : février s’était étiré dans les lourds flocons d’un mois de deuil, et les premiers jours de mars peinaient à faire disparaître le souvenir de ces longues semaines où l’on ne distinguait guère la pâleur du ciel de l’horizon laiteuse. Mais les jours avaient passé et les couleurs reparaissaient peu à peu sous les rayons d’un soleil matinal. Le rouge surtout. Aliénor resserra sa cape autour de ses épaules, et glissa de ses doigts fins une mèche de ses cheveux blonds sous son capuchon carmin : l’air était vif et faisait rosir ses joues alors qu’elle progressait sur les pavés de la cité bordelaise, cherchant de ses yeux verts la silhouette de celui qui s’était emparé de son cœur depuis des mois déjà, et à qui elle avait fait don de son corps et de son innocence quelques jours auparavant. Les hommes se pressaient les uns contre les autres dans les ruelles, et nombreux furent les visages qu’elle vit sans même les retenir. Pas un n’avait son regard, son sourire, l’aura solaire qui émanait de son être… La jeune dentelière sentait son cœur se serrer au creux de son être à chaque fois qu’elle pensait deviner sa carrure, et son espoir pur se voyait renouvelé dès lors qu’elle apercevait une chevelure brune que le vent qui venait du large avait pris plaisir à décoiffer, mais sans qu’elle ne sache seulement l’expliquer, il naissait en elle une imperceptible amertume, comme l’âcre sensation que la fois où elle avait pu contempler son corps serait la dernière. Et pourtant… Ambroise l’aimait. Il le lui avait juré ce matin là. Jamais elle n’aurait pu l’oublier, tout comme elle ne pouvait faire disparaître de son esprit le premier des regards qu’il avait posé sur son doux visage.

Il était venu à elle un matin de novembre, cherchant parmi les dentelles qu’elle avait confectionné une pièce susceptible de lui plaire, et avait laissé ses yeux bleus sombres détailler sa silhouette gracile : en quelques instants seulement, elle se sentit percée à jour par ce regard qui lui sembla-t-il, s’immisçait en elle et la touchait au cœur. Sa main chaude avait effleuré la sienne, son sourire l’avait troublé, elle avait succombé à son charme sans qu’il n’ait pourtant prononcé aucune parole.

Ils avaient commencé à se fréquenter le mois suivant, leurs lèvres et leurs langues s’étaient mêlées aux premiers jours de l’année nouvelle, et quelques semaines plus tard ils partageaient la même couche et s’abandonnaient l’un à l’autre dans un plaisir qu’elle ne connaissait encore. Ambroise… Ce nom sonnait comme une douce musique à ses oreilles lorsqu’elle le murmurait, et convoquait en elle tant de souvenirs… Celui de sa silhouette harmonieuse, de sa peau légèrement hâlée par le grand air et par le soleil provençal, les cicatrices qu’elle avait parcourues de ses doigts fins, l’odeur de sa peau, son souffle, ses lèvres, son expérience… Cette nuit comptait parmi les plus belles qu’elle avait pu passer jusqu’alors. Aliénor n’avait pu s’empêcher de le regarder alors qu’il enfilait les vêtements qu’elle lui avait elle-même ôté la veille : elle aimait cette allure informelle, qui lui avait inspiré confiance dès les premiers instants, cette façon de se montrer plus attentifs aux autres qu’à lui-même et qui rejaillissait agréablement sur son apparence... Car Ambroise plaisait par son élégance naturelle, dénuée de tout artifice, qui s’éloignait des conventions et des modes : il était habillé très sobrement et portait une barbe de quelques jours qu’elle avait immédiatement apprécié, pour le côté aventurier qu’elle lui conférait. La jeune femme avait toujours rêvé de quitter cette condition qui la privait d’une certaine forme de liberté, et avait trouvé en Ambroise l’incarnation de tous ses espoirs. Mais l’espérance de même que la liberté ne connaissent la moindre entrave, et le jeune homme qui figurait l’une et promettait l’autre ne lui avait donné signe de vie depuis une semaine déjà.

La jeune femme souffla sur ses doigts rougis par le froid mordant de ce petit matin de mars, comptant les pas qui la mèneraient à lui, à sa chambre, à leurs retrouvailles… Elle aurait pu retrouver l’établissement dans lequel il louait sa chambre les yeux fermés, pour l’avoir parcouru tant de fois déjà, mais il lui sembla cette fois ci que quelque chose avant changé : le doute avait pris possession de son cœur ingénu et rongeait l’espoir qui la guidait vers Ambroise. Aussi, lorsqu’elle poussa la porte de bois de la pension non loin du fleuve, le regard qu’elle tourna vers le tenancier n’était plus que l’ombre de celui, vert, lumineux, resplendissant, qu’elle lui avait adressé quelques jours plus tôt.

« Mademoiselle, puis-je vous aider ? »

Le cœur de la jeune dentelière manqua un battement lorsqu’elle entendit cette voix chaude s’adresser à elle : le temps d’un instant, ce fut les intonations séduisantes d’Ambroise qu’elle avait perçu… Mais il lui fallait se reprendre : ses espoirs l’attendaient à l’étage, à étudier quelques volumes de médecine ou à rédiger quelques missives à sa famille. Tout irait mieux lorsqu’elle sentirait ses bras enserrer sa taille frêle et ses lèvres courir sur sa peau diaphane. Inspirant profondément, Aliénor se prit à sourire légèrement : il n’y avait de craintes à avoir, leur amour triomphait de ses inquiétudes. Ses doutes s’envolèrent comme s’ils n’avaient jamais existés.  

« Je cherche Ambroise Delacroix »

... n'est pas le reflet de l'âme

Bordeaux, le 7 mars 1666. Il semblait à tous que l’hiver ne prendrait jamais fin, et que ce jour passerait, comme l’avaient fait tant d’autres auparavant, dans les souffles glacés des vents du large. Les brumes de ce pâle matin qui avaient noyé le port de la Lune se dissipaient peu à peu, et laissaient apparaître les silhouettes fantômatiques des navires marchands blanchis par le givre : tout n’était que silence sur le fleuve. Silence et opacité.
Née des zéphyr qui caressaient inlassablement les côtes, une lente brise avait remonté les courbes de la Garonne pour se glisser dans la chevelure d’or de la jeune dentelière, et emporter avec elle le subtil parfum de sa peau ainsi que le sel d’une larme qui roulait sur sa joue. Nombreux auraient été les mots nécessaires à l’expression de la douleur qui l’avait étreinte, et si Aliénor les avait appris un jour, le manuscrit qui serait né de sa plume aurait bouleversé tout un siècle. Seulement, jamais ses doigts agiles n’avaient connu d’autre art que celui de faire naître des arabesques et motifs délicats des fils de soie qu’elle entrelaçait, et l’infinité de son affliction ne trouverait pour seul écrin que les larmes qu’elle ne cesserait de verser.
La jeune femme avait erré au hasard des rues, si longtemps lui semblait il, avant que ses pas ne la conduisent en ce lieu. Peut être avait elle un instant espéré noyer sa souffrance dans les brumes opaques qui baignaient le fleuve, ou bien imaginé la voir appareiller et disparaître sur l’un des navires encore amarrés au port… Cruel et fol espoir que celui de songer à échapper à une meurtrissure qui faisait désormais corps avec elle et dont elle ne pourrait se défaire. Sa main trembla, insensiblement. Entre ses doigts diaphane se trouvait le feuillet qu’on lui avait remis, sur lequel il avait tracé quelques phrases, qui avaient pourtant brisé le cœur de la jeune bordelaise mieux que ne l’auraient fait de longs discours. Parfois, quelques mots suffisent, et Ambroise avait su les choisir : Aliénor s’était épanouie sous ses paroles mais était morte de ses écrits.
A dire vrai, cet homme avait été l’artiste de sa Renaissance et les jours qu’elle avait vécu à ses côtés avaient été bien plus enivrants que ne le seraient jamais les longues années du reste de sa vie. Ambroise était celui qu’elle avait toujours attendu, et dont elle n’avait jamais cessé de rêver : un homme avenant, prévenant, cultivé, et qui avait su déceler en elle la valeur qu’elle n’aurait jamais osé s’accorder s’il ne l’avait fait lui-même. Il avait ce regard si particulier qui la rendait unique dès lors qu’il se posait sur elle, et chacun de ses gestes semblait destiné aux seuls fins de lui être agréable et de la rendre plus désirable encore, par la modeste retenue qui faisait rosir ses joues et battre son cœur plus vite qu’à l’ordinaire lorsqu’il se trouvait à ses côtés. La jeune dentelière ferma les yeux. Ce regard… Il fallait qu’elle le revoit une fois encore.

Ses souvenirs la ramenèrent quelques semaines auparavant,  dans la chaleur d’une foule qui se pressait devant la scène éphémère installée sur la grande place sur laquelle se tenait habituellement le marché de la ville. Ambroise était un homme instruit et se plaisait à entretenir une culture vaste qu’il usait à bon escient : jamais elle ne l’avait vu se targuer de ses lectures ou encore chercher à se faire valoir par de longs discours érudits dans lequel percerait une quelconque vanité. Il conservait une forme de modestie qui lui plaisait et dont elle lui était reconnaissante, elle-même n’ayant le loisir de lire autant qu’il lui plairait de le faire, et n’ayant de culture que celle qu’il la menait à découvrir à ses côtés. Aliénor était la plus heureuse des femmes. La pièce de Tirso de Molina fut un véritable succès : que ne pouvait-elle déplaire, puisqu’elle racontait les aventures amoureuses d’un noble séducteur accompagné de son loyal valet, dans un style extrêmement vivant inspiré du jeu italien. Comme cet homme odieux différait d’Ambroise… Dans la pénombre et les rires, sa main chaude avait trouvé la sienne et ne l’avait plus lâché. La jeune dentelière avait été séduite par son charme certain, et par ce côté tactile qui l’avait d’abord quelque peu effarouché, mais qu’elle avait su accepter et trouver indéniablement attirant. Ses premières craintes s’étaient évanouies avec sa prévenance, et Ambroise avait gagné la confiance qu’elle n’avait jamais accordée à d’autre homme jusqu’alors.
Aliénor se plaisait à l’écouter parler lors des longues marches qu’elle faisait à ses côtés, elle aimait le timbre de sa voix lorsqu’il évoquait la médecine, les arts, ou ses propres rêves et projets d’avenir : le jeune médecin maniait les mots avec une aisance et une éloquence rare qu’elle admirait sans pouvoir y prétendre. Ses pensées, parfois trop libre au goût de la dentelière, étaient exprimées avec tant d’assurance, tant de prestance qu’elles en perdaient leur aspect parfois dérangeant ou dévoyé et revêtaient l’habit de la raison qui les rendaient bien plus redoutable encore. La jeune femme avait, à l’aube de sa dix-huitième année, succombé à cette figure de liberté et d’indépendance à laquelle elle avait livré son corps aussi bien que son âme.
N’était-elle qu’une inconsciente que sa confiance aveugle avait perdu ? Répondre à l’affirmative à une telle question serait manquer de justice envers la douce Aliénor, dont la naïveté ingénue n’avait en rien jeté de voile sur certains aspects de la personnalité du jeune médecin : Ambroise était caustique, critique et démagogue, mais peu lui importait puisqu’elle avait choisi d’aimer jusqu’à ses défauts même. La vertueuse dentelière lui avait même pardonné son manque de considération à l’égard du créateur de toute chose, et un certain aspect licencieux de son caractère qui avait fait murmurer dans l’ombre les médisant lorsqu’ils avaient commencé à se fréquenter. Quelle importance, Ambroise l’aimait, et était aimé d’elle en retour. Mais, plus que tout, Aliénor se plaisait à croire que sa tendresse pouvait le tempérer : il lui semblait qu’il avait trouvé en elle le havre qui lui manquait, et qu’il s’abreuvait de sa douceur comme elle le faisait de sa passion. Ce qu’elle ignorait pourtant, c’était que son bel amant était un inconstant, et qu’il l’oublia avec autant d’aisance qu’elle s’était éprise de lui.
Aurait elle pu imaginer ne serait ce qu’un seul instant la figure que le médecin dissimulait si adroitement derrière un masque aussi longuement et savamment étudié ? Si elle demeurerait intimement persuadée qu’il l’avait aimé un jour, ce n’était que grâce à ses talents de manipulateurs, acquis à force d’expérience et de cœurs brisés. Le visage qu’offrait Ambroise au monde était mouvant, puisqu’il s’agissait pour chaque femme, de celui là même qu’elle désirait voir. Le jeune homme n’obéissait à aucune règles sinon à celles qu’il se fixait lui-même et trouvait bien exigu le carcan étriqué des conventions : pourquoi donc se borner à n’être qu’un seul homme lorsqu’il pouvait revêtir les habits de dizaines d’entre eux ? Certes c’était dans le costume de médecin qu’il serait amené à jouer le plus grand de ses rôles, mais celui d’homme du monde lui seyait fort bien également. Un escroc. Un charlatan. Voilà ce qu’était Ambroise pour les femmes et pour la profession qu’il avait embrassé. Mais il demeurait toutefois un escroc habile, car dans l’art de séduire comme dans celui de tromper le mal sous le titre de médecin, sans n’en avoir jamais pour seule légitimité que les quelques années d’études qu’il avait effectuées à Bordeaux et un diplôme frelaté obtenu lors de son arrivée à Paris, le jeune homme avait toujours su tirer son épingle du jeu et n’avait jamais été pris. Tout du moins ne l’avait il été jusqu’alors…

Aliénor rouvrit lentement ses yeux et laissa leur vert tendre embué de larme se poser de nouveau sur les derniers mots qu’il lui avait laissé.  « Adieu, belle Aliénor. Je ne vous oublierais jamais. » La dentelière n’aurait pu en relire davantage. Ambroise était parti, Dieu ne savait où, pour Dieu ne sait quelles obligations qui l’attendaient et auxquelles il ne pouvait se soustraire. Elle ne devrait l’attendre : il ne reviendrait pas. Le feuillet qu’elle tenait jusqu’alors entre ses doigts glacés lui fut arraché par une bourrasque de vent froid puis s’envola hors de son atteinte et virevolta quelqus instants au dessus de l’eau trouble avant de se laisser choir sur elle. L’encre, peu à peu, se délava et disparut. Ce fut alors comme s’il n’avait jamais existé.
Aliénor demeura immobile quelques instants encore, telle une épave à la dérive sombrant inéluctablement vers un douloureux abîme dont elle ne verrait jamais le fond. Ainsi serait elle à jamais déchirée entre le besoin d’oublier et le désir de se souvenir, seule, condamnée à regarder l’horizon jusqu’à ne plus le distinguer, avec cet irrépressible sentiment de n’avoir point vécu de sa vie et d’avoir perdu son âme et sa jeunesse le jour où il l’avait abandonné. Son regard lumineux s’était teinté de l’ombre doucereuse de la nostalgie. Bien des années plus tard, il le serait encore.  


Dernière édition par Ambroise Delacroix le Jeu 30 Jan - 16:14, édité 6 fois
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Ven 20 Sep - 18:11

On naît tous un jour ...



… Je ne saurais vous exprimer une fois de plus la joie qui est mienne ma douce amie, et je regrette de ne point pouvoir entreprendre moi-même le voyage qui me permettrait de vous retrouver pour vous témoigner de ma plus tendre affection et du bonheur qui m’habite. Voilà désormais une semaine qu’Ambroise est venu au monde, mais je ne me lasse point de son sourire ni de ses yeux rieurs : si seulement vous pouviez le voir vous-même, vous comprendrez ce pourquoi il est l’objet de toute ma félicité.
Veuillez, très chère Diane, considérer cette lettre comme le témoignage de ma sincère amitié, et de l’empressement que j’ai de vous voir à nouveau.

Madeleine Delacroix, à Mont de Marsan, le 1er mars 1640

***

Monsieur Delacroix
Je me permets de vous adresser cette missive pour vous faire part de mon inquiétude au sujet de votre plus jeune fils, Ambroise Delacroix. Vous devinerez aisément les motifs de mes craintes, puisque je ne suis pas sans croire que vous avez pu les constater de vous-même : si je ne puis que considérer avec un grand contentement l’assiduité et la modestie de Gabriel, je suis au regret de vous dire qu’Ambroise est loin de suivre l’excellent exemple que lui offre son ainé. Voilà plusieurs jours que je ne l’ai vu se présenter aux enseignements de catéchèse que nous prodiguons ici, et il me semble que je ne l’ai point vu communier depuis trois semaines. J’ose espérer que vous saurez lui rappeler l’importance que revêt la vie religieuse et que vous l’amènerez à devenir aussi assidu que l’est votre premier fils.
Vous me voyez d’autant plus alarmé de ce comportement que je lui soupçonne d’avoir une nouvelle cause : la vigueur de ses seize années, sa curiosité insatiable et le charme certain qu’il exerce sur certaines de nos jeunes fidèles… L’homme de Dieu que je suis se doit de conserver le secret de la confession, mais je puis vous assurer que ce que j’ai pu entendre dans l’intimité de certains de ces aveux de pénitence a su éveiller ma vigilance et m’a décidé à vous écrire. Je vous prie de raisonner votre fils, sous peine qu’il ne devienne un dévoyé qui s’attirerait les colères de Notre Seigneur.
Que Dieu vous garde, Monsieur Delacroix.

Monseigneur du Clary, père supérieur du couvent des Barnabites
A Mont de Marsan, le 15 juin 1656

***
Ambroise,
Je sais que nous ne nous sommes pas quitté en de très bons termes mais je te prie de ne pas nous imposer plus longtemps encore ce long silence qui dure depuis des mois déjà. Je ne suis pas sans ignorer les raisons qui motivent ce choix, mais je t’en prie, ne laisse pas nos récentes querelles prendre le pas sur les liens fraternels qui nous unissent : tu es un Delacroix, tout comme je le suis, et si ce nom ne revêt à tes yeux suffisaient d’éclat pour honorer l’homme que tu es en voie de devenir, sache que c’est pourtant celui qui t’unit à nous.  
Je ne sais si tu peux seulement concevoir la peine que ton départ pour Bordeaux à causé ici : père te destinait à reprendre son office d’apothicaire, mais tu as préféré courir la France à la recherche d’aventures et de grandeur. La vie te semblait étroite ici à Mont de Marsan, où il fait pourtant si bon vivre. Que ne t’aurait il suffit de reprendre l’affaire familiale et de mener comme moi une vie douce et équilibrée ? Mais je sais que tu n’as jamais envié le bonheur qui est mien : devenir un homme droit, travaillant honnêtement, jouir au soir des bras de sa femme et du sourire de ses enfants… Tout cela te paraissait si morne, si lassant, si peu… Exaltant. Je n’oublierais jamais les mots que tu as prononcé ce soir là.
Mon frère, sache que j’ai cessé de t’en vouloir et que c’est l’âme en paix que je rédige cette lettre, dans l’espoir qu’elle te parviendra et que tu la liras un jour. Tu me manques. Et tu manques à nos parents. Je ne désespère pas te voir changer d’avis un jour, et si jamais tu décidais de rentrer chez nous, dans ce village provençale qui t’a vu grandir, sache que ma porte te sera ouverte, aussi longtemps que je serais ton frère et que nous partagerons le même sang.

Gabriel Delacroix, à Mont de Marsan, le 30 mai 1663

***

Laurent,
Tu m’avais fait promettre de t’informer au plus vite des suites et retombées de la rixe d’il y a trois jours et dont notre ami commun fut le héros, et sache que si je n’ai pu tenir ma parole plus tôt, c’est que certaines circonstances m’en ont empêché.
Ambroise a quitté la ville ce matin, avant que le nom de Delacroix ne parvienne aux hautes sphères de l’autorité bordelaise. Qui sait combien de temps avait il encore… Un jour ? Deux peut être ? Tout ce que je puis en penser, c’est qu’il a bien fait d’accepter l’injonction de monsieur Levesque de partir loin de la ville et de sa colère. Je m’étonne même qu’Ambroise ait eu cette chance après avoir déshonnoré sa fille et humilié son fils quelques jours plus tard, en brisant son orgueil, son bras ainsi que trois de ses côtes. Mais quelle bataille ! Une rixe comme jamais je n’en ai vu, et comme le pauvre Levesque se souviendra sans doute toute sa vie.
Mais venons en au fait. Notre ami est venu se réfugier chez moi quelques jours avant de partir en direction de Paris et nous avons mentionné ses projets futurs : je ne pu apprendre beaucoup de sa part mais je gage qu’il va rejoindre le grand oncle médecin dont il nous avait parlé un jour, et dont il était sûr de recevoir un bon accueil quelques soient les circonstances. J’ose espérer que cette histoire ne le poursuivra pas et qu’il pourra bientôt nous rendre visite. Qui sait, peut être pourra-t-il même reprendre ses études de médecine là bas : il serait dommage qu'il ne puisse s'adonner à ce qui semble être sa vocation pour une simple querelle et pour la beauté saisissante de mademoiselle Levesque.
Je te salue mon ami,et  il ne se passera que peu de temps avant que je ne te rende visite.

François Descuras, à Bordeaux, le 5 mars 1666

***

Paris, le 16 mars 1666
Voilà déjà cinq jours que je suis arrivé à Paris pour reprendre le cabinet et la charge qui m’ont été légués, mais quelques soient les décoctions que je prenne, je n’arrive point à faire disparaître totalement la fatigue du voyage qui m’a mené ici. Je ressens encore les tressautements de la voiture dans le creux de mes reins… Ou peut être sont-ce là mes nuits qui empiètent sur mes jours.
Le cabinet est dans un désordre sans nom, et il m’a bien fallu deux jours pour débarrasser l’étage des effets qui l’encombraient pour y prendre mes quartiers. Quoi que je n’ai encore passé la moindre nuit dans mes nouveaux appartements, je dois reconnaître qu’une fois qu’ils seront décemment aménagés, ils m’offriront de nouvelles possibilités on ne peut plus séduisantes.
Il faut toutefois que je pense à me procurer ce dont j’ai besoin : je ne peux reprendre la clientèle de ce cabinet avec ce qu’il me reste d’herbes et d’onguents. Il faudra également songer à aller me présenter aux fournisseurs de Delacroix mon grand oncle ainsi qu’à mes condisciples.
Mais pourquoi se presser : Paris est si vaste, et il y a tant à découvrir…




Dernière édition par Ambroise Delacroix le Mer 5 Mar - 16:51, édité 7 fois
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Ven 20 Sep - 18:12

Ôtez le masque !



Prénom (Pseudo) : Leah † Âge : 20 † Comment êtes-vous arrivé jusqu'ici ? Je ne pouvais rester loin de Monsieur plus longtemps † comment trouvez-vous le forum ? Incroyable † Le code du règlement : OK by LiamUn dernier mot ? Merci !

test rp, un minimum de 300 mots est demandé:
 


Dernière édition par Ambroise Delacroix le Mer 5 Mar - 15:38, édité 6 fois
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Ven 20 Sep - 18:21

Heyyy !!

Sois le bienvenu sur Vexilla Regis Ambroise !

Si tu as la moindre question n'hésite pas à nous en faire part ^^

Bonne chance pour ta fiche ^^
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Compte Fonda

“Le règne la puissance
et la gloire”
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Voir le profil de l'utilisateur http://vexilla-regis.activebb.net

Ven 20 Sep - 19:34

Bienvenue ^^
Tu cites monsieur et pas moi? devrais je me vexer?  
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....
Titre/Métier : furet, fléau humain
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Ven 20 Sep - 22:03

AM.BROA.SE !!!!!!!  Tayaut

fan attitude

Bienvienduuuuuu

Je sais que tu sais déjà que si tu as des questions tu peux les poser mais je le redis

Mufufu Mel, je suis le seul et l'unique c'est normal  
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À s'habiller sans péril, on triomphe sans goût
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Titre/Métier : Fils de France, Frère unique du Roi, Duc d'Orléans
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Situation : Marié à Henriette d'Angleterre

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Ven 20 Sep - 22:18

Bienvenue à toiiii ! Depuis le temps que j'entends parler de toi Very Happy Au plaisir de lire ta fiche et d'ensuite RP avec toi Very Happy câlin
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Sam 21 Sep - 1:27

Bienvenue sur le fofo! Very Happy

Bonne écriture, hâte de lire ta fiche! fan attitude
Un homme hétéro en plus pour ces dames, enfin Razz
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Sam 21 Sep - 1:53

WELCOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOME BG bave
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Dim 22 Sep - 0:56

Bienvenue sur le forum et bon courage pour ta fiche x)

Je ne savais pas que tu étais si célèbre pour les autres membres ici, j'ai dû loupé un épisode Rolling Eyes
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Lun 28 Oct - 17:02

Un début très prometteur, j'adore

Vivement la suite!
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Lun 28 Oct - 18:21

Tu n'as finalement pas retrouvé ton texte? Sad
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Sam 7 Déc - 11:07

Bienvenue Ambroise-Le-Célèbre (que j'ai mainte fois croisé sur la CB) hop hop 

Une écriture très fine encore une fois   (les membres de Vex' sont vraiment les meilleurs, je sais pas où Monsieur va les trouver mais en tout cas... Ils ont tous un très joli style). Courage cher Ambroise, qui va fournir Lorraine en poisons sinon vous ? Kyaa

Qui va faire nombre d'examens buccales sur les dames de la Cour sinon vous ? Razz   

On a besoin de notre médecin escroc.
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Lun 9 Déc - 10:26

Ma soeur, comme toujours vous parlez avec une justesse incomparable
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Jeu 12 Déc - 10:25

Ambroise mon bel Ambroise

Ta fiche avance-t-elle bien ?
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Ven 31 Jan - 8:47

Je viens de lire la suite de ta fichette et je suis en totale admiration nétoiles

Vivement la suite Kyaa

Spoiler:
 
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Sam 1 Fév - 7:25

Welcome back Christian Grey *sort même si elle est fière de sa connerie*
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Mer 5 Mar - 15:49

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs...

A vous tous dont j'admire l'infinie patience
A vous qui m'avez poussé à poursuivre cette entreprise malgré les déconvenues passagères
A vous qui m'avez encouragé par des mots qui m'ont donné l'envie de me surpasser pour vous plaire
A vous à qui je dois tant
A vous que je souhaite découvrir au plus vite

J'ai le plaisir de vous annoncer que vous n'avez pas attendu en vain, et que je suis désormais tout à vous, corps et plume

Ambroise Delacroix, pour vous servir...
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Mer 5 Mar - 16:44

BRAVO ! Je suis bien contente de voir cette fiche terminée Very Happy
Je la lirai ce soir seulement, mais il me semble qu'il faut s'attendre à une jolie plume nétoiles

_________________________

QUELQUE CHOSE APPROCHANT COMME UNE TRAGÉDIE† Un spectacle ; en un mot, quatre mains de papier. J’attendrai là-dessus que le diable m’éveille.  (c) P!A
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Comédienne aux 1001 masques.Comédienne aux 1001 masques.
Titre/Métier : Comédienne
Billets envoyés : 1036
Situation : Officiellement célibataire, officieusement passe un peu trop de temps chez Gabriel de La Reynie
Crédits : AvengedInChain / P!A

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Mer 5 Mar - 16:57

TU ES VALIDE(E)

Voilà une validation qui était particulièrement attendue !!
Aussi, c'est avec un grand plaisir, face à la perfection de ta fiche et de ta plume que je te valide !!


A FAIRE IMPÉRATIVEMENT : Recenser ton avatar pour éviter l'invasion des clones - Fiche de Rp pour commencer à jouer - Fiche de lien pour se lier avec les autres membres - Prendre connaissance du système de dès pour maîtriser la fortune autant que faire se peut.
Les liens qui peuvent servir :
Une petite faveur? maison, rang ou charge? - Les connaissances pour mieux savoir et ne pas être pris au dépourvu Explication du système de points : Gagnez et dépensez !

Bon jeu sur Vexilla Regis!

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Mer 5 Mar - 17:02

Le Broisou il est validééééééééééééééé Tayaut sauvage

fan attitude
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À s'habiller sans péril, on triomphe sans goût
À s'habiller sans péril, on triomphe sans goût
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Situation : Marié à Henriette d'Angleterre

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Mer 5 Mar - 17:04

Bravo Ambroise, il était temps Razz

Quelle originalité de raconter l'histoire du perso sous forme de missives, je trouve que tu as une belle plume Very Happy

Encore bravo Kyaa
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Jeu 6 Mar - 12:01

OMG enfiiiin câlin Féliciatioooonsssss  Kyaa  Je veux un topiiiiiiiiiic Very Happy
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Ven 7 Mar - 8:50

Broiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiisou Tayautamour

Enfin validé mon beau médecin nétoiles

J'ai hâte de pouvoir recevoir tes soins
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Ambroise Delacroix pour vous servir..

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