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 Si on se croise fréquemment, on ne se connait pas forcément. [Achille]


Sam 21 Sep - 15:40

Il était 17h. La Reine avait souhaité, en début d'après-midi, se rendre en son petit jardin avec ses dames de compagnie et ses petits chiens, pour voir ces dernier gambader autour d'elle, sans être importunée d'une foule de courtisans à qui faire bonne impression. Faire bonne impression, voilà le cadet des soucis de Marie-Thérèse. Elle voulait s'amuse,r passer du bon temps. Après quelques heures passées ici, de manière plutôt joviale pour une fois, l'espagnole avait même glissé une plaisanterie ou deux à ses dames, ce qui était des plus surprenants venant d'elle, elle avait ensuite émis le désir de se retirer avec la Comtesse de Soissons pour certains préparatifs, laissant ainsi les autres dames libres de leur fin de journée.

Parmi les personnes présentes, outre les dames de compagnie, les chiens et les domestiques espagnoles, une figure masculine toute nouvelle dans l'entourage de la reine, et non moins fréquente, était là: Achille de Montaron, un jeune mousquetaire, somme toute assez séduisant pour que certaines dames aient jeté leur dévolu dessus et parlent de lui à voix basse tout en lui lançant des regards en coin. Ce jeune mousquetaire avait, il y a peu, secouru la reine, ce qui lui avait valu une estime des plus hautes de la part de l'espagnole. Ainsi, chaque fois qu'elle le croisait, elle l'invitait à rester avec la petite assemblée. Sans doute se sentait-elle protégée ainsi. Ce n'était d'ailleurs pas désagréable pour les dames, mais sans doute l'était-ce pour lui, qui devait alors souffrir les discussions féminines, sans pour autant y participer.

Alors que la plupart des dames s'étaient retirées, la marquise remarqua qu'il ne restait plus qu'elle, jusqu'à présent perdue dans ses pensées, et le jeune homme, présents dans ce charmant petit jardin. Athénaïs était préoccupée par le vol de la lettre de Madame qu'elle avait subi et qui la mettait en péril, et par cette lettre de menace reçu de la part du voleur. Elle ne pouvait en parler à personne, sans quoi toute l'affaire serait dévoilée, et elle serait perdue, condamnée à l'exil sur les terres lointaines et campagnardes de son mari,n ou pire, peut-être même la prison? Bref, tout cela était synonyme de mort pour elle, et elle ne pouvait s'y résoudre. Aussi lui fallait-il demander de l'aide, mais de manière subtile. Et voilà qu'une idée lui traversa l'esprit alors qu'elle posa son regard sur le mousquetaire. Lui, un homme des armes, saurait sans doute lui enseigner la manière de se défendre? Après tout, une enfant de quatorze ans lui avait fait la remarque, quelques jours plus tôt, qu'elle tenait extrêmement mal la rapière de son mari, qu'elle ne semblait donc pas menaçante pour un sou et que la seule personne qui devrait être effrayée serait elle-même, car elle risquait d'abîmer son beau visage. Ces paroles avaient beau représenter un affront et un manque de respect, la marquise ne pouvait cependant pas nier qu'elle manquait cruellement d'expérience dans le maniement des armes, ce qui était normal après tout, les dames de sa qualités n'étaient pas élevées pour manier le fleuret ni l'épée, mais plutôt la langue et les arts.

Rajustant ses gants et son manchon, car les températures étaient toujours bien fraîches en ce mois de mars, la marquise se leva en souriant et s'approcha d'Achille.


-Monsieur de Montaron, je pensais que la présence de toutes ces dames vous aurait quelque peu agacé et que vous seriez bien vite reparti en vos quartiers, mais je constate avec plaisir qu'il n'en est rien. Il est vrai que le petit jardin de Sa Majesté est tout-à-fait charmant, même en cette saison, et que c'est un privilège que de pouvoir le voir.
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Mar 24 Sep - 11:35





ATHÉNAÏS & ACHILLE ;



Le fond de l’air était frais, l’hiver persistait encore, mais en ce jour de mars, quelques rayons de soleil tentaient de réchauffer le corps et l’âme. La reine Marie-Thérèse cherchait un endroit où passer un après-midi agréable avec ses dames de compagnie et son petit jardin s’était révélé comme l’endroit idéal. Là où il était possible également d’avoir un peu de tranquillité, se reposer et profiter un peu de sa propre vie, loin des agitations mondaines. La reine aimait beaucoup s’y ressourcer, se détendre un peu et observer ses chiens sautiller en tous coins. Elle était lasse de cette Cour française où tout le monde parlait français, son Espagne natal lui manquait terriblement. Mais elle y restait, juste pour le roi, son tendre époux. Ne nous voilons pas la face, Marie-Thérèse s’était très éprise de lui.

Elle ne refusait pas non plus la compagnie de son cher sauveur, Achille. Depuis qu’il l’avait sauvée alors qu’elle était grosse de sa deuxième fille, la reine gardait une haute estime de lui et l’invitait sans vergogne à passer un joyeux moment avec elle. Il y avait aussi autre chose chez lui qui plaisait particulièrement à la reine. Parfois, il usait de sa langue maternelle pour amorcer une conversation avec elle mais il s’y prenait de façon maladroite. Et cela lui avait fallu une considération accrue de la part de Marie-Thérèse. Ils passaient de bons moments ensemble et quand il parlait espagnol, elle corrigeait toutes ses fautes tout en lui apprenant la langue. « Qué buen tiempo ! », s’exclama-t-il à l’intention de la reine. « Non, bueno avec un "o", qué bueno tiempo ! », corrigea la reine. Elle continua : « En effet, chevalier, quel beau temps ! », dans un rire à peine imperceptible. Achille sourit à la souveraine, son visage resplendissait de joie.

Le soleil se glissait doucement dans le ciel et la fin de la journée approchait. La reine se retira avec la comtesse de Soissons, abandonnant le mousquetaire et ses dames de compagnie dans le petit jardin. Sans la reine, ils pouvaient d’ores et déjà aller où ils le souhaitaient. Par petits groupes, ils déambulaient dans les allées du jardin, se saluant au grès des parcours puis chuchotant entre eux les dernières rumeurs colportées. Trop concentré sur la reine, il n’avait pas remarqué jusque là les tenues des dames de compagnies. Elles exhibaient des robes colorées, sorties pour l’occasion et parfois bien décolletées, risquant la pneumonie. Bon dieu, qu’elles devraient encore garder leurs tenues chaudes mais non. D’accord, le printemps était proche mais les températures restaient toujours hivernales.

Dans le jardin, Achille marchait avec un groupe de dames qui plaisantaient entre elles. Pour l’heure, il se contentait de lutter contre le mercure qui descendait. En frissonnant, il essaya de se concentrer sur ce que lui racontait son interlocutrice. « … un parterre magnifique bien sûr, enfin, si elle n’avait pas eu l’idée de planter tous ces hellébores. Certes ce n’est pas moche, mais alors quelle odeur, ça me donne de ces migraines à chaque fois… Enfin, qu’est-ce que je disais ? ». Achille écarquilla de grands yeux, il n’en avait pas la moindre idée. Il ne savait même plus de qui cette pie bavarde était en train de parler. Voyant le peu d’intérêt que suscitaient ses élucubrations, sa voisine reporta son attention vers une autre proie, au grand soulagement d’Achille.

Il laissa le groupe le distancer un peu et porta son regard sur le jardin alentour, superbement aménagé. Son esprit s’envola alors bien loin de ces lieux, mais son corps suivait le mouvement. Tout à ses pensées, il ne vit pas que les dames s’étaient retirées et qu’il ne restait plus que lui et une autre dame, assise sur un banc, dans le petit jardin. Le mousquetaire remarqua que la dame le fixait depuis un bon moment. Il se détourna et la regarda une nouvelle fois. Sa tête n’était pas étrangère à Achille. Elle avait comme la plupart des nobles un de ces longs titres de noblesse et si souvent difficile à retenir. Elle était l’épouse du marquis de Montespan, qu’Achille connaissait de nom et pour l’avoir déjà croisé lors de réunions militaires, mais elle était plus connue sous le nom d’Athénaïs. Il entendait souvent ce nom sortir de la bouche de Monsieur, frère du roi.

Bref, Madame de Montespan était différente des autres dames qui venaient de partir. Elle semblait plus humble mais ne restait pas moins coquette que les autres. En effet, elle avait sorti une robe plus appropriée à la saison, chaude et qui recouvrait bien les parties du corps les plus sensibles au froid, ne s’affichant pas comme l’avaient fait les autres dames, en décolleté plongeant. Ses boucles foncées couvraient soigneusement ses oreilles et un manchon était posé à ses côtés. Elle le prit en se levant et réajusta ses gants. Marchant dans sa direction, elle sourit et s’adressa à Achille. Dans une formule de politesse, elle expliqua qu’elle était ravie que les discussions féminines ne l’aient point ennuyé et qu’elle trouvait le petit jardin tout à fait charmant.

Certes, l’endroit était agréable à l’œil et on pouvait apercevoir les premières pousses de printemps côtoyer les fleurs hivernales. En même temps, le temps était au rendez-vous pour que l’on s’y promène entre deux parterres. « Ma foi, Madame, il est intéressant de noter comme quoi les gens peuvent être soporifiques à mort, voyez-vous qu’il m’en fallait du courage pour garder mes yeux éveillés. Elles racontent comme pas possible et quand je vous dis "elles", je parle bien sûr d’une catégorie en particulier… ». Il laissa la phrase en suspens et enchaîna : « Si je vous ai paru fort impoli, Madame, veuillez m’en excuser ! En quoi puis-je vous être utile ? ». Il inclina légèrement la tête.


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Mar 24 Sep - 16:16


Si elle avait déjà croisé plusieurs fois le jeune mousquetaire, c'était la première fois qu'elle lui adressait réellement la parole. Et ce qu'il lui dit la fit rire. On put entendre son rire charmant et délicat se propager dans le petit jardin de la Reine au gré du vent. C'était la première fois depuis le bal que la marquise riait de bon coeur. Etait-ce la manière de s'exprimer du mousquetaire, le fait qu'il laisse sa phrase en suspens pour s'excuser? En tout cas elle était amusée par ce premier échange, et cela lui fit du bien. Elle lui sourit, laissant apparaître ses dents blanches et alignées, chose extrêmement rare en cette époque.

-Je vous en prie, ce n'est rien. Je dois bien reconnaître qu'il m'arrive parfois de souhaiter les voir se taire, ajouta-t-elle sur le ton de la confidence.

La conversation était engagée, comment faire à présent pour lui demander de manière discrète de l'aider? Il lui faudrait faire mine de s'intéresser au maniement des armes pour souhaiter en apprendre les rudiments. Ah, l'art de la manipulation.

-Je dois bien dire, monsieur de Montaron, que chaque fois que je vous vois, vous attisez ma curiosité. En effet, depuis quelques temps, je me demande ce que cela fait d'être un homme d'armes. Apprendre à manier une lame est-il chose compliquée? Vous semblez si à l'aise avec cela, que j'en suis admirative.

A peine l'avait-elle dite qu'elle trouvait son excuse complètement ridicule. Mais il fallait qu'elle trouve une excuse pour que quelqu'un lui apprenne à manier une rapière. Elle ne pouvait retourner voir son voleur anglais sans avoir quelque chose pour se protéger, puisqu'il était hors de question de venir avec quelqu'un. Elle emporterait avec elle discrètement la vieille rapière de son mari et pourrait se défendre en cas de besoin, si l'anglois avait décidé cette fois d'être un peu mois "distant". Il lui avait fait froid dans le dos, et elle avait réalisé bien après ce rendez-vous nocturne combien elle avait été imprudente. Il aurait pu lui arriver mille choses. Après ce constat, elle s'était dit qu'on ne l'y prendrait plus. Elle était mère de deux enfants après tout, elle ne pouvait se permettre de prendre de tels risques. Et dans une situation aussi délicate, la prudence était de mise. Il lui faudrait donc apprendre à se défendre comme il se devait.

-Je sais que cette demande vous paraîtra incongrue, mais je crois qu'il me plairait d'être habile à la rapière. Croyez-vous que cela serait mal? demanda-t-elle d'un air innocent.

Elle le savait, Achille était un jeune homme extrêmement gentil, et il ne lui viendrait sans doute pas à l'esprit d'ébruiter cette demande de la marquise. Il était un homme d'honneur, c'était certain. Il avait volé au secours de la Reine tel un héros de roman, aussi ne rechignerait-il pas à l'aider, elle en était persuadée. Et puis, lui qui semblait tant goûter la compagnie de la Reine, il serait probablement enchanté de venir en aide à l'une de ses plus proches dames. Il lui avait demandé ce qu'il pouvait faire pour lui être utile? Il avait sa réponse...

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Sam 5 Oct - 23:59





ATHÉNAÏS & ACHILLE ;



Son rire le surprit un peu. Il ne s’attendait pas à la faire rire, vraiment pas. Il pensait qu’elle serait plutôt dans la retenue mais en réalité, elle agissait de façon naturelle, parfaitement à l'aise. Or il n’était pas fréquent de croiser de telles personnes à la Cour de France. Là où tout était possible, n’importe quel scandale, même minime, pouvait mener votre famille en disgrâce. Incroyable, non ? Bref, le rire cristallin de la marquise percuta en tous côtés dans le petit jardin. Elle riait joyeusement, le malaise d’Achille mêlé à sa franchise semblait beaucoup l’amuser. Conforté par la mine gracieuse de la marquise, le jeune mousquetaire ébaucha un sourire, heureux de la voir de bonne humeur, puis se mit à rire lui aussi. C’était communicatif, il n’y pouvait rien et puis, rire leur faisait un bien fou, leurs soucis oubliés. Achille ignorait ceux de la marquise mais il n’était pas pour autant aveugle, même libre de son après-midi, elle paraissait fort préoccupée lorsqu’il l’avait remarquée par-dessus l’épaule de la reine. Contrairement à ce qu’elle laissait paraître en apparence, ce qu’elle savait si bien le faire, dupant toutes les dames de compagnie venues passer l’après-midi avec la reine, sa nervosité cachée n’avait cependant pas échappé au regard scrutateur du jeune mousquetaire. Quand elle discutait avec une de ses amies disant qu’elle se portait à merveille alors que tout le monde savait que son couple battait de l’aile, même s’ils prétendaient parfois le contraire, son corps suivait son esprit. Mais lorsqu’elle se retrouvait seule et qu’aucun regard n’était braqué sur elle, ses yeux disaient le contraire, qu’elle avait de réels soucis. Son corps ne suivait plus son esprit puisqu’elle laissait entrevoir son inquiétude, n’ayant plus le contrôle d’elle-même. Au sein même de la Cour, il était préférable de se montrer prudent car on risquait cher sa place lors de ces moments de faiblesse, sous peine d’alimenter les rumeurs, voire pire. La marquise, en l’espace de quelques secondes, avait la tête ailleurs, perdue dans ses pensées, et Achille l’avait surprise à cet instant-là et sans qu’elle se rendit compte. Il avait compris à ses yeux qui la trahissaient qu’elle n’allait pas aussi bien qu’elle le disait. Maintenant qu’elle riait devant lui, il eut la ferme conviction qu’elle était comme soulagée d’un poids, quelque chose ou quelqu’un la tourmentait donc bien avant. Elle riait encore et encore, laissant entrevoir ses dents impeccablement blanches. Oui impeccables. Au-dessus de leurs têtes, le ciel rougit face au soleil couchant et les oiseaux croassèrent. Dans un souffle, la marquise calma son rire et sortit son plus bel sourire. Elle avoua au jeune soldat qu’elle partageait son opinion concernant les autres dames, ces pies bavardes. Sur sa lancée, elle lui expliqua ce qu’elle pensait de son métier, que cela devrait être réjouissant pour lui et qui faisait certainement la fierté de sa famille. Elle lui confia également qu’elle aimerait s’initier à l’art des combats, à savoir tenir correctement une rapière et en être habile.

Comment ? Avait-il bien entendu ce que la marquise venait de lui dire ? Oui et cela lui fit l’effet d’un coup de poing sur la figure. Décidément, cette marquise était cachottière. Achille allait de surprise en surprise avec elle. Les premières secondes, il resta coi et ne sut quoi répondre. Pourquoi demandait-elle à un mousquetaire de lui apprendre à manier la rapière ? Une femme en plus ! Bon d’accord, cassons les préjugés, certaines femmes arrivaient à se battre ou à se défendre à l’épée et pourquoi pas elle ? Toute simple la réponse et sous vos yeux, ne voyiez-vous pas que la marquise appartenait à la noblesse et qu’elle descendait d’une vieille famille noble… Or les femmes de la noblesse ne maniaient pas l’épée et encore moins les armes en général. C’étaient les hommes qui s’en servaient uniquement. En plus de ça, elle ne savait pas comme tout le monde qu’Achille abhorrait les armes, il l’avait fait pour rendre fier son "père" mais aussi car il le fallait bien, dans l’armée tu mourais si tu ne combattais pas et tu ne combattais pas sans arme. Achille écoutait sa respiration tout en essayant de rester le plus naturel possible. Il était difficile de décliner poliment la demande de la marquise, elle voulait apprendre à se servir correctement d’une rapière et il n’était pas contre. Après tout, qu’est-ce qui l’empêchait de l’aider ? Il n’en savait rien, tout était à présent embrouillé dans sa tête. Son devoir de mousquetaire était de respecter son choix, elle avait demandé ceci et il devait faire cela. Et puis, elle était dame d’honneur de la reine. Achille ne refuserait pas à rendre service à l’une de ses amies, soit elle, la marquise de Montespan. Il s’inquiétait juste des conséquences qui pourraient s’ensuivre. « Fort bien, Madame, quelle idée de génie ! La rapière demande quelques exercices certes mais il n’y a rien de mal à l’apprendre, j’accepte volontiers de vous y instruire, vous seriez douée ! », répondit Achille. « Ne pensez pas que c’est un jeu d’enfant, vous pourriez vous blesser avec… Madame, ayez la gentillesse d’éclairer ma lanterne en ce qui concerne votre attrait soudain pour les armes ? Vous sentiez-vous menacée ? ». Le jeune mousquetaire trouvait étrange que la marquise ne venait seulement maintenant lui demander des conseils sur le maniement des armes, alors qu’il la croisait assez régulièrement dans l’entourage de la reine. Y avait-il une raison mystérieuse derrière ? Nous verrons bien car la curiosité d’Achille était maintenant éveillée, deux surprises en l'espace de quelques minutes, c’était déjà énorme !


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Dim 6 Oct - 10:53


La jeunesse pouvait avoir bien des aspect. Il y avait les jeunes gens qui se contentaient d'exécuter ce qu'on leur demandait sans broncher, sans mot dire, sans poser de question, et il y avait ceux qui se laissaient pousser par leur curiosité, suffisamment pour se permettre de poser des questions. D'autres n'auraient pas osé, mais Achille se permit de demander ce qui avait poussé la marquise à émettre le souhait d'apprendre le maniement des armes. Si Athénaïs avait d'abord été ravie de sa réponse positive à cette demande, ce qui lui avait arraché un sourire de satisfaction, sa question concernant l'origine de ce souhait le lui fit perdre, d'autant qu'elle fut déstabilisée par sa seconde question. Si elle se sentait menacée? La réponse était oui! Allait-elle le lui révéler? Certainement pas. Ce serait bien trop risqué. Ce jeune mousquetaire, aussi désireux de rendre service fut-il, semblait bien trop bavard au vu des questions personnelles qu'il posait. Ses questions n'avaient pas pour but de la mettre mal à l'aise, elle le savait, il voulait certainement s'enquérir de son ressenti pour la protéger et la conseiller, mais en l'occurrence, révéler ce qui lui arrivait serait bien loin de mettre la marquise à l'abri. Aussi sourit-elle de plus belle, tachant de cacher son malaise.

-Menacée? Certes non, dit-elle en riant. Par qui le serais-je, voyons? Ne sommes-nous pas en sécurité ici?demanda-t-elle. Non, simplement, je suis curieuse concernant le métier que mon mari exerce, et comme je ne le vois pas souvent ces derniers temps, j'aurais aimé connaître d'avantage son quotidien...

A mesure qu'elle parlait, elle sentait son excuse fortement peu recevable. Quoi que... Mais elle savait pertinemment que ce genre de demande émanant d'une femme de son rang était certainement très rare. Il fallait appuyer son argumentaire encore, afin de ne point éveiller de soupçons. Peut-être qu'en révélant une vérité partielle, le mousquetaire y serait sensible.

-Et puis, il est vrai que notre capitale n'est pas des villes les plus sures. Je dois bien reconnaître que j'ai été quelque peu effrayée lorsque, rentrant chez moi la semaine passée, j'ai découvert que mon logis avait été visité, dit-elle sur le ton de la confidence. Alors, peut-être que si je savais quelques bases d'escrime, je me sentirais plus rassurée lorsque je rentre à Paris?

Voilà qui était nettement plus crédible, et surtout vrai. La visite de Melechia chez elle l'avait tout de même apeurée, d'autant que peu avant elle avait reçu la lettre de menace de Ian, son voleur de lettre dont elle ignorait l'identité. Elle avait bien réalisé que seule, elle ne faisait pas le poids pour se protéger contre ces vermines qui étaient habituée à se battre depuis leur plus jeune âge.

-Puis-je compter sur vous pour que cette conversation reste connue de nous seuls? demanda-t-elle avec un sourire presqu'irrésistible.

Le jeune homme avait l'air de bonne foi et paraissait vouloir rendre service, et sans savoir pourquoi, la marquise sentait qu'elle pourrait lui faire confiance. Et puis maintenant qu'elle s'était lancée, elle n'avait plus vraiment le choix. Il n'y avait plus qu'à espérer qu'il tiendrait parole et ne s'amuserait pas à révéler cette demande qu'elle lui avait faite. Après tout, il était issu d'une famille noble lui aussi, et en principe, il n'aurait qu'une parole, tout comme elle.
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Lun 7 Oct - 22:10





ATHÉNAÏS & ACHILLE ;



Le simple fait d’être mousquetaire lui avait permis d’affiner ses sens d’observation et de déduction. Si Achille s’attendait à cette réponse de la marquise, elle confirma également ses doutes. La marquise avait réellement peur mais de quoi ? Il n’alla pas plus loin, inutile de la brusquer. Il se contenta pour le moment de respecter ses choix, elle lui dirait peut-être quand elle se sentirait prête. La pauvre… Mais Achille sut par instinct qu’elle était assez forte pour faire face, elle en était capable et il allait l’aider. Avec lui, elle apprendrait comment se défendre contre les gens de la pègre, des bas-fonds de la capitale, et éventuellement contre les brigands des grands chemins. Au moins elle en saurait les bases pour efficacement s’en sortir car, avouons-le, ces gens-là étaient assez coriaces pour ne pas se laisser faire. Fort heureusement que la marquise possédait une bonne dose de courage. Elle lui assurait de rester infiniment en vie. Que la chance soit toujours à vos côtés marquise, espérait Achille.

Après bon nombre d’interrogatoires et de courses-poursuites qui avaient aiguisé les facultés d’Achille, il nota que la marquise lui avait répondu en riant qu’elle ne se sentait pas du tout menacée. Rire lui avait fait défaut malgré elle. En effet, il savait que rire à une question très personnelle voulait dire oui, en principe. Ainsi avait-il raison. Cependant elle n’était pas une suspecte et lui, pas un inspecteur qui la bombardait de questions. Dévier la conversation en interrogatoire, ce n’était pas ce qu’il voulait, il ne préférait même pas. Il n’était pas là pour ennuyer la marquise, l’embêter avec ses questions gênantes. Alors il ne dit rien, il se tut, s’arrêtant là. Mais une part en lui l’injuriait de ne pas aller plus loin, de persuader la marquise de tout lui révéler, de tout ce qui lui pesait sur sa conscience. Tais-toi, implora-t-il à cette voix démoniaque. Tu es un homme d’honneur, souviens-t’en Achille, disait une autre voix, plus angélique.

Au rire de la marquise, il se borna d’hocher la tête, tout sourire et sans arrière-pensée. Il ne cacha rien de méchant, ni d’intention mauvaise. L’idée de tout rapporter les confidences de la marquise ne lui avait pas effleuré l’esprit, ce n’était pas du tout son genre d’ailleurs. Et puis, il respectait ses choix, voilà tout. Qu’est-ce que cela lui importait ? Rien, à part l’aider, mais sinon rien (tant qu’il n’en saurait rien). Elle lui demanda ensuite si le petit jardin était réellement sûr. Mais bien évidemment ! Quel importun viendrait-il s’y introduire au vu du nombre de gardes qui le gardaient précieusement… Personne en tout cas. Sauf s’il fallait être vraiment fou pour le faire ! Mais sinon non, il ne voyait personne. Pris d’un doute, Achille reconsidéra sa question. Qu’entendait-elle par là ? Il eut la désagréable sensation qu’elle lui avait posé une question dont elle savait pertinemment la réponse. Pour la simple et bonne raison de le mettre sur une fausse piste.

« Assurément marquise ! Il n’y a pas plus sécurisé que ce petit jardin charmant. », répondit-il, sans montrer ses soupçons.

Par la suite, elle lui parla de son mari. L’excuse bidon, si caractéristique des gens ne voulant pas admettre qu’ils l’étaient vraiment, menacée pour la marquise. Achille se retint de tout commentaire mais c’était une première qu’Athénaïs s’intéressa de près au métier de son mari, après tout elle avait le droit. Même si elle était toujours amoureuse de lui, elle commençait à voir d’un mauvais œil ses sorties nocturnes, alourdissant encore plus les dettes du couple.

Raté marquise ! Achille avait déjà des soupçons. Ceux-ci s’envolèrent quand elle lui révéla une part de vérité, retenant de justesse un cri. La marquise aurait-elle croisé la route de la personne qui s’était introduit chez elle ? Il pria que non, il la comprenait mieux à présent. Cette révélation renforça aussi sa décision de lui apprendre l’art de la rapière.

« Je compatis, Madame, je tâcherais de vous aider au mieux ! ».

Quand une noble vous donnait sa confiance, il ne fallait point la trahir. Depuis, Achille n’en avait trahi aucune, il était un homme de parole et le resterait. La marquise lui avait émis qu’elle souhaitait garder secret l’intrusion qui avait eu lieu en son logis et il allait tout simplement respecter sa demande. Rien de bien compliqué.

« Vous pouvez comptez Madame », chuchota Achille « sur mon entière discrétion. ».

Il termina par un léger sourire.


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Mar 8 Oct - 9:03


Achille de continua pas l'interrogatoire, et Athénaïs l'en remercia mentalement. Elle aurait difficilement supporté d'avoir à répondre à d'autres questions, c'était déjà extrêmement pénible pour elle de se retrouver dans cette fâcheuse situations, de devoir trouver des solutions peu réjouissantes et d'avoir à mentir à tout le monde toute la journée. Peu à peu, elle devenait l'ombre d'elle-même, et cela faisait moins d'une semaine que tout ceci avait commencé. Qu'adviendrait-il d'elle si cela s'attardait encore d'avantage? Elle préférait ne pas y penser. Si son brave et charmant mousquetaire ne poursuivit pas ses questions, il y avait cependant fort à parier qu'il n'avait pas gobé la première partie de son excuse pitoyable, et pour la première fois sans doute de sa vie, Athénaïs se sentit bête. Elle qui regorgeait toujours d'imagination, là, celle-ci lui avait cruellement fait défaut.

Par sa question sur la sécurité des lieux, la marquise entendait la Cour en général. Les palais royaux étant ordinairement mieux gardé que tout autre lieu, sa question, certes rhétorique, portait sur la totalité du château. Le fait que Montaron ne fasse allusion qu'au petit jardin de la reine déstabilisa la jeune femme qui, une seconde durant, le regarda, presqu'interrogative. Puis elle se ressaisit, assurément, il plaisantait. Elle lui sourit alors, d'autant qu'il semblait prêt à ne la point contrarier et garder pour lui les révélations qu'elle venait de lui faire. Son air compatissant, en revanche, ne lui plaisait guère. Elle ne voulait en aucun cas susciter la pitié! Cela non! Quelle horreur, jamais de la vie. Elle tâcha de prendre un air qui la rendrait sure d'elle, forte, et sourit.


-Compatir est inutile. Enseignez-moi. Commençons, voulez-vous? Il fera jour encore deux heures au moins. Pensez-vous pouvoir relever le défi de m'apprendre quelque chose en deux heures?

Un défi, voilà le genre de choses qu'aimait relever un homme d'armes. Son mari le premier. Tous les hommes aimaient à se sentir valoriser, ayant l'impression d'accomplir quelque chose d'irréalisable ou presque. Bon, à la vérité, la marquise apprenait vite. Elle était de ces femmes dotées d'intelligence, qui enregistraient mentalement toutes les informations données aussi bien verbalement que physiquement, surtout si le cas s'avérait important. Et là, la situation exigeait d'elle qu'elle soit des plus attentives. Il en allait de sa propre sécurité, elle en était persuadée.
Elle se débarrassa de son manchon qu'elle posa sur le petit banc en pierre, conservant toujours ses gants de cuir sur ses mains délicates, et se mit face à Achille d'un air déterminé.


-Je suis prête,dit-elle en souriant.

Elle était prête à se montrer une élève appliquée et désireuse d'en apprendre un maximum. Bien entendu, elle faisait comme si tout cela n'était qu'un jeu, une manière de se divertir et de charmer le quotidien et les habitudes rituelles d'une journée identique aux autres. En apparence. La réalité était tout autre. Mais le jeune mousquetaire n'avait pas besoin de la connaître.


Dernière édition par Athénaïs de Montespan le Mer 23 Oct - 20:17, édité 1 fois
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Mer 23 Oct - 20:10





ATHÉNAÏS & ACHILLE ;



Un défi ? Comme dans défi ? Achille n'aimait pas les défis et la marquise ne le savait point. De plus, elle n'avait pas besoin de le savoir. À quoi bon ? Ils n'étaient pas intimes. Bref, elle voyait dans cet angle cet apprentissage et lui dans un autre. Il le faisait par pur plaisir, non pas pour se valoriser. Pour montrer qui il était réellement, un homme, un soldat ! Or la réalité était toute autre, depuis sa plus tendre enfance, Achille avait toujours imaginé son futur métier autre que celui de soldat. Mais la marquise ne savait rien de tout cela bien sûr. Il allait lui apprendre la rapière simplement car transmettre et partager son savoir, sur l'art de l'épée ici, aux autres, ceux qui s'y intéressaient de près comme la marquise, étaient deux valeurs auxquelles il attachait beaucoup d'importance. Si au départ les armes le dégoûtaient, il avait néanmoins appris au fil du temps à les aimer. D'ailleurs, les soldats n'étaient pas les seuls à en porter, les nobles aussi. Aux dires de la marquise, il sourit. Il la vit se débarrasser rapidement de son manchon qu'elle déposa sur le banc de pierre où elle était assise quelques minutes plus tôt. Elle se retourna, bougeant ses bras pour montrer qu'elle était motivée, et dit dans un soupir encourageant qu'elle était prête. Achille retint un air étonné, voulait-elle apprendre ici dans ce petit jardin ?

"Madame de Montespan, sans vouloir vous importuner, mais ne préférez-vous pas une salle plus approprié que cet espace de verdure pour apprendre la rapière ?".

Il descendit la main pour sentir le contact de son épée sous ses doigts. L'épée. Ah, l'épée voulait tout dire. Symbole masculin par excellence, elle était l'arme la plus noble qui puisse exister. Mais la plus redoutable aussi car elle pouvait repousser tout être indésirable. Achille allait lui apprendre un peu les bases et il en fut ravi. Il se sentait utile après tout et il ne serait pas n'importe quel mousquetaire aux yeux de la marquise. L'épée, elle le fascinait et l'effrayait à la fois. Pour les mêmes raisons indiquées plus haut. Que se passerait-il si l'épée tombait dans les mains de la marquise ? Il préféra ne pas savoir, était-ce pour son propre plaisir, rien qu'un rêve de gosse de tenir l'épée et de zigzaguer avec ou plutôt un moyen de protection. Elle lui avait paru anxieuse tout à l'heure alors si elle se sentait menacée comme il le pensait, le fait de vouloir apprendre l'épée maintenant expliquait tout. Elle lui permettrait de se protéger, de se sentir moins vulnérable, mais ce qui l'inquiétait le plus, c'était qu'elle pouvait faire une bêtise avec. C'est pourquoi il avait choisi de l'aider afin qu'elle ne fasse rien de stupide.

"Mais sinon oui, pourquoi pas ? Tentons l'expérience de nous entraîner ici.", affirma Achille.

Le jardin était un petit cadre agréable et qui disposait d'assez de place pour s'entraîner donc bon. Et épargnons à la marquise le déplacement jusqu'aux salles d'armes. Achille sourit et enleva sa cape qu'il jeta de côté sur la pelouse, malgré le froid qui empiétait avec la venue de la nuit. Le soleil déclinait peu à peu mais on y voyait encore clair. Sortant l'épée de son étui, il le brandit dans les airs et savoura l'effet produit. La lame polie luisait au soleil couchant et passa au rouge flamboyant. Il la contempla un court instant, félicitant le forgeron, le travail effectué était remarquable. Puis il la pointa au sol et s'avança vers la marquise qui était restée immobile depuis. Il lui tendit l'arme.

"Voulez-vous essayer ? Eh bien, prenez-la.", lui intima Achille.

Elle sourit à sa requête et se colla à lui pour lui prendre l'épée des mains. Elle attrapa la fusée laissée libre et quand il lâcha, elle poussa un petit cri. L'épée avait glissé de ses doigts et tomba sur le gravier. Il laissa échapper un léger rire, elle n'était pas la première et certainement pas la dernière. D'autres étaient tombés aussi dans le piège. C'était drôle de voir la réaction des gens sur son poids. Comme quoi on se faisait des illusions car l'épée avait un poids bien supérieur que l'on croyait. Mais on saurait sans trop mal à la tenir après un petit exercice. Pour la manier, ça c'était autre chose. Avant, ne faudrait-il pas d'abord savoir tenir une épée, non ?


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Ven 25 Oct - 12:38

HJ: par contre chouchou, ne joue pas à ma place mon perso stp Wink

Le jeune mousquetaire était réellement d'une gentillesse et d'une courtoisie fort agréables. Il semblait ne pas vouloir contrarier la marquise et ne point trop lui poser de questions indiscrètes, ce qui lui convenait parfaitement. Oh, en général, il n'était pas dans les habitudes des hommes de la garde de contrarier les nobles dames, surtout lorsque celles-ci étaient au service de la reine, mais après tout, Athénaïs n'était pas en service puisque la journée s'achevait. Mais le fait qu'Achille conserve ses manière douces plaisait à la belle dame. Lorsqu'elle lui montra qu'elle était prête à débuter la leçon, celui-ci sembla s'étonner qu'elle veuille pratiquer ici. En effet, elle avait volontairement omis de préciser qu'elle préférait que tout cela reste secret, car il lui aurait encore fallu se justifier, ce qui devenait de plus en plus difficile à mesure que le mensonge grandissait. Mais là, elle n'avait guère trop le choix.

-Eh bien... je me disais que nous aurions tort de nous priver d'un endroit qui nous assure une certaine discrétion. Bien entendu, une salle d'armes serait plus appropriée, j'en conviens, mais je ne souhaite pas répondre aux questions éventuelles de vos confrères qui, nous surprenant, se demanderaient ce que je fais une lame à la main. Je ne voudrais pas que d'excentriques rumeurs courent à mon sujet, comprenez-vous? demanda-t-elle d'une voix douce.

Puis le mousquetaire acquiesça, ce qui rassura la marquise. Moins elle aurait d'explications à fournir, mieux elle s'en porterait. Elle regarda alors attentivement le jeune homme dans son geste leste et vif lorsqu'il sortit son épée. On sentait l'habitude de ce mouvement, Achille avait l'air de maîtriser à la perfection l'utilisation de cette arme. Bien entendu, elle s'y attendait, ce n'était pas une surprise, mais c'était toujours impressionnant à voir. Elle contempla à son tour le travail d'orfèvre qui avait été fait sur cette arme. La lame était brillante et semblait extrêmement tranchante, et la pointe de celle-ci était tout aussi impressionnante. Combien de personnes avait affronté le mousquetaire? Avait-il tué des gens avec cette épée? La marquise congédia cette curiosité, ce n'était pas le moment de se laisser envahir par des questions de ce genre. Il lui fallait apprendre rapidement. Le temps était compté. Achille lui proposa donc de prendre l'épée en main pour se familiariser avec, ce qui en effet était judicieux pour commencer. Athénaïs s'approcha donc de lui et prit l'arme dans ses mains, ce qui la fit se pencher considérablement en avant. L'épée alors lui échappa des mains, ce qui, sans sa surprise, la fit également pousser un petit cri. Elle ne s'était pas doutée à quelle point une épée pouvait être lourde. La rapière de son mari était bien plus légère, car l'arme était plus courte. Mais en apprenant avec une lame plus lourde et encombrante, elle serait sans doute plus à l'aise lorsqu'elle en utiliserait une plus petite. Enfin, elle espérait ne pas avoir à s'en servir, mais savait-on jamais.

-Je vous demande pardon, s'excusa-t-elle.

Elle la ramassa et se redressa donc après quelques secondes, le temps de jauger le poids de l'épée qu'elle tenait. Elle tâcha d'imiter la position du jeune homme lorsqu'il tenait l'arme quelques instants auparavant.

-Bien, je suis prête cette fois, dit-elle en souriant.

Elle espérait que le cours serait concluant, que son intelligence lui permettrait d’emmagasiner au plus vite toutes les informations à connaître.
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Mar 29 Oct - 21:49

Mille excuses Athé





ATHÉNAÏS & ACHILLE ;



Discrétion. Tel était le maître-mot de cette séance que la marquise désirait garder secrète. Françoise-Athénaïs était décidément une belle dame pleine de mystère. Les nobles et leurs manies de vouloir tout garder secret. Ahah. Ce n'était guère surprenant pour le jeune Achille. Il en rirait même. Certains nobles se montraient assez stupides de vouloir à tout prix sauver la face devant Sa Majesté. Mais fort heureusement que cela ne concernait qu'une infime partie, presque dérisoire, de la Cour. Les nobles y entraient et s'en allaient, comme dans un moulin et sous l'œil attentif du Roi. Depuis la Fronde, il se méfiait de cette Cour perverse dont il contrôlait les entrées et sorties avec soin. Bien sûr, il ne le faisait pas seul, il avait sous sa main toute une armée d'hommes de confiance et de mousquetaires.

La crainte première des nobles étant d'alimenter les potins actuels qui couraient les rues, ce n'était alors pas le genre d'Athénaïs de se faire un sang d’encre. Achille la savait humble pour ne pas faire quelconque maladresse ou bêtise et pourtant c'était ce qui lui était arrivé, la malchance lui était tombée dessus et cette erreur de parcours lui pesait maintenant sur la conscience. Elle était allée trop loin, au-delà des limites qu'elle s'était fixée et cela lui avait été fatal. Pauvre marquise. Achille la comprenait et comme l'avait-elle clairement dit auparavant, elle ne voulait point de sa compassion. Malgré tout, il la regarda d'un air compatissant lorsqu'elle lui présenta ses excuses. Il ne pouvait pas s'empêcher de penser au mal qu'on faisait à la marquise. Il aurait tant aimé l'aider, avec ce cours ça devrait le faire...

« Ne vous excusez pas madame de Montespan, cela n’arrive pas qu’à vous. », ironisa-t-il. « Quoique… ». Il laissa la phrase un moment en suspens. « Non rien, je vous mets en boîte. ».

Un long sourire étira les lèvres d’Achille, il ne tentait rien de moins que de détendre un peu l’atmosphère. Stressée, la marquise ne pourrait pas suivre correctement le cours, risquant d’en perdre une miette. Il lui fallait donc se détendre. Voyant qu’elle ramassait son épée à terre, il allongea ses bras en avant, de crainte qu’elle perde encore l’équilibre mais il n’en fut rien. Dans un soupir de soulagement, il baissa les bras. Il se rapprocha de la marquise qui brandissait déjà l’épée, dans la même posture que lui plus tôt.

« Bien, vous m’en voyez ravi marquise. Vous apprenez vite ! », dit-il en applaudissant la marquise. « Nous pouvons commencer ! ».

Achille se rapprocha encore plus de la marquise afin d’ajuster au mieux ses appuis avant de pouvoir commencer sérieusement l’entraînement. Il y avait quelques erreurs techniques mais classiques de débutant. Il était là pour les corriger, tant mieux ! Avec l’exercice qui allait s’ensuivre, elle connaîtra des petites astuces qui lui permettraient de porter une épée, n’importe laquelle, sans difficulté. Le mousquetaire avait conscience que la marquise était une femme, donc d’une force inférieure aux hommes. Les armes n’étaient pas préfabriquées pour elles, les hommes étant plus habitués à porter des charges lourdes que les femmes, d’où leur surprise concernant le poids de celles-ci. Mais avec des gestes plus précis que l’on enseignait aux hommes, elles parviendraient à les porter tout comme eux. C’est pourquoi la marquise, bien qu’elle réussisse à brandir son épée, avait des gestes encore mal assurés.

Avançant une main vers les mains de la marquise où elle tenait fermement l’épée, il lui demanda dans un souffle.

« Puis-je ? ».


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Jeu 31 Oct - 10:53


Une chose était certaine, l'humour des mousquetaires était particulier et échappait quelque peu à la marquise. Aussi, sa réflexion lui fit de prime abord écarquiller des yeux ronds comme des soucoupes. Puis, elle eut un sourire un peu gêné avant d'ensuite reprendre sa concentration pour pouvoir recevoir au mieux l'enseignement qu'il lui dispensait. Elle fut par la suite enchantée de s'entendre dire qu'elle apprenait vite et qu'ils allaient commencer. Il était temps, l'heure tournait, il lui faudrait retenir un maximum de choses en un minimum de temps. Mais Athénaïs avait confiance en ses facultés intellectuelles, là n'était pas le problème. Le souci était le suivant: était-il humainement possible d'apprendre les bases des rudiments du combat à l'épée en si peu de temps? Au moins assez pour se sentir en sécurité en car d'attaque? Le doute était plus que possible, mais il fallait garder espoir. Elle se laissa faire lorsqu'Achille s'approcha pour corriger sa position. Ses muscles, non-habitués à se trouver ainsi mobilisés, commençaient à lui faire mal, mais elle endurait en silence, car après tout, si l'art de l'épée fut chose aisée, il serait donné à n'importe qui de devenir mousquetaire ou militaire; Or, ça ne l'était pas.

-Faites, je vous en prie, lâcha-t-elle dans un souffle.

Le poids de la lourde épée commençait sérieusement à se faire sentir, et les bras d'Athénaïs commençaient à faiblir. Dieu que cette arme était lourde! Avait-on idée de fabriquer pareilles choses? Après quelques longs instants d'entrainement à la position, des crampes se faisaient sentir. N'étant pas habituée à souffrir de la sorte, la belle dame lança un regard implorant au mousquetaire pour qu'il change d'exercice. Ou alors, au mieux, elle espérait que cette fois sa position était parfaite et qu'ils pourraient ainsi passer à autre chose.

-Est-ce mieux désormais?

Puis, elle se rappela la raison pour laquelle elle avait demandé cet enseignement. Elle s'imagina face à ce voleur anglais. Si celui-ci décidait de se débarrasser d'elle, elle n'aurait pas le temps de lui demander s'il voulait bien la laisser reprendre ses esprits car l'arme était lourde. Elle se reprit donc, se redressa, n'écoutant plus la douleur qui était pourtant belle et bien présente, et tâcha de faire au mieux, comme son jeune maître lui enseignait.
Bien entendu, elle espérait que la prochaine rencontre avec le malfrat se passe "au mieux". Elle lui donnerait son argent, il lui rendrait ses lettres, ils se quitteraient ainsi et ne se reverrait plus jamais, elle l'espérait. C'était ce qui pouvait se passer dans le meilleur des cas. Ainsi, pas besoin de sortir d'arme, de risquer de le tuer si la vue de celle-ci n'était pas assez dissuasive. Après tout, si les brigands savaient se battre, ils n'avaient pas forcément la chance d'apprendre à le faire avec des armes, et la distance qui se trouvait entre deux adversaires, séparer par la taille de la lame, était quelque chose d'avantageux. Plus il serait éloigné d'elle, mieux ce serait.

C'était donc une élève des plus appliquées qui se trouvait face à Achille de Montaron. S'il savait les raisons réelles qui poussaient la marquise à demander telles leçons, il la prendrait pour une folle, peut-être la dénoncerait-il et l'enverrait-il en prison? Mieux valait avoir ses potentiels ennemis près de soi, à l'oeil, que les laisser se poser des questions seuls et loin. Enfin, Achille n'était pas un potentiel ennemi, il était tout ce qu'il y avait de plus serviable, bien sûr, mais en apprenant la vérité, il pourrait vite changer d'avis. La prudence était donc de mise malgré tout.
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Sam 2 Nov - 14:04





ATHÉNAÏS & ACHILLE ;



Ses tentatives, pourtant vaines, de refouler sa grande souffrance au niveau des bras persuadèrent le mousquetaire d’imposer une courte pause à l’exercice. Courte car il ne restait que très peu de temps avant que la nuit vienne envelopper d’un linceul obscur le petit jardin qui s’assombrissait à mesure que les secondes défilaient. Et puis aussi parce que la marquise semblait trépigner d’impatience de savoir qu’à la fin du cours, elle saurait tenir correctement n’importe quelle épée. Visiblement, cet exercice lui tenait vraiment à cœur et elle était prête à tout, jusqu’à monnayer tous ses efforts, pour que le résultat lui paraisse concluant. Elle espérait s’en sortir pleinement satisfaite. Ce serait le cas si elle pouvait moins se précipiter. D’accord, le temps était restreint, la nuit n’allait pas trop tarder mais ce n’était pas pour autant une raison. De plus, il ne fallait pas confondre vitesse et précipitation. Or la raison, elle n’était connue seulement de la marquise, pas du jeune mousquetaire bien sûr. Ensuite, si elle pouvait aussi oublier un instant ses soucis, les mettre de côté durant tout l’exercice, ce serait mieux, non ? Ne plus y penser quoi pour se concentrer sur les conseils d’Achille. Car il avait bien remarqué que ses soucis en étaient la raison, qu’ils l’avaient poussé à demander de l’aide à Achille afin qu’il lui apprenne la rapière. Patience marquise, Achille veillerait à mettre en application votre demande, même s’il lui fallait passer toute la nuit. Comprenant que la marquise n’avait pas de temps à perdre, le jeune homme se mit à l’œuvre tout de suite et rapidement.

« Arrêtons-nous un moment marquise, voulez-vous bien ? », lui dit Achille en reprenant son épée dans ses mains. « Faisons une pause, le temps de vous reprendre… ».

L’épée en main, Achille l’inclina vers le bas, la pointe neutralisée. Il ne fallait pas jouer avec et encore moins, blesser la marquise. Le danger écarté, il se rapprocha de nouveau de la marquise, lui montrer comment détendre ses muscles endoloris. L’étui accroché à sa ceinture se gonfla lorsque l’épée s’y logea, elle était rangée. Le mousquetaire se plaça face à la marquise avant de soulever ses bras. Avec ses deux pouces, il eut le loisir de les masser vers l’extérieur, priant que cela marchait sinon l’exercice s’arrêtait là. Achille s’efforça d’y aller le plus doucement possible, c’était la première fois qu’il massait une femme et encore moins quelqu’un d’autant titré. Il déglutit en silence, craignant que le moindre mouvement lui fasse mal, et détourna son regard ailleurs, sur les plantes du jardin par exemple. Le silence perdurait. Après ce qui lui avait semblé une éternité (une minute en réalité), il lui parla avec la voix la plus chaleureuse possible. Il ne savait pas si la marquise avait toujours mal ou si cela diminuait, alors il ouvrit la bouche. Il hésita quelques secondes, fallait-il parler du massage ? Non, inutile d’y revenir, ce n’était pas très convenable comme sujet de discussion entre une dame et un mousquetaire, donc il passa à l’étape suivante.

« Madame, dégourdissez les muscles de vos bras à l’aide de vos poignets. Je vous montre. ».

Il lâcha ses bras pour prendre délicatement ses poignets. Il les tira un peu en avant, vers lui, allongeant le long de ses bras et tournant les paumes vers le haut. Puis il tourna les poignets vers l’intérieur, faisant un tour complet de 180 degrés. Il répéta une nouvelle fois la manœuvre à effectuer et laissa la marquise libre de ses mouvements.

« Faites-le autant de fois qu’il vous plaira et les crampes disparaîtront. Étirez-vous comme je vous l’ai montré. ».

Il termina sa phrase par un sourire. Ses crampes ne disparaîtraient pas tant qu’elle n’étirait pas ses muscles endoloris.

Achille se remémora de la façon dont elle avait tenu l’épée et de sa question. C’était quoi déjà ? Ah oui, elle lui demandait si cela était mieux. Pour ne pas froisser la marquise, il s’était tut. Mais là, il lui dit :

« Pour répondre à votre question de tout à l’heure marquise, je ne vais pas vous mentir. Vous étiez mauvaise. ».

Il réprima une grimace qu’il jugea impropre à la situation tout en laissant la marquise le temps de digérer la nouvelle.

« Mais bon, voyons le bon côté des choses, vous savez lever une épée, c’en est une chose et la tenir en est une autre. Le problème ne vient pas de vous mais de l’épée. Elle est lourde, vous l’avez remarqué donc… comment l’expliquer clairement ? Savez-vous ce qu’est un contrefort ? Je sais, je n’ai pas meilleur exemple mais disons que vous êtes un contrefort… l’épée vous entraîne, elle vous tire et vous devez la tirer sinon vous tombez, vous voyez ce que je veux dire ? ».

Il continua sans lui laisser le temps de parler.

« Bien, donc "tirer" l’épée vers vous avec seulement vos bras, c’est pas possible, vous vous fatiguez vite. Or c’est ce que vous avez fait et c’est pourquoi les douleurs sont apparues si vite dans vos bras. Ce que vous devez faire, c’est prendre appui non pas que de vos bras mais de tout votre corps, de vos jambes surtout ! ».

Le jeune soldat humecta ses lèvres tellement il avait parlé. Surpris d’avoir été aussi bavard, il se plut néanmoins de jouer le jeu du professeur.

« Je vous ferai un petit exercice pour vous faire une idée, vous verrez. ».


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Mar 5 Nov - 14:29

Achille avait senti et remarqué la détresse musculaire de la marquise et lui avait demandé de faire une pause. Il avait récupéré et rangé son arme, et lui avait donné quelques conseils afin de détendre ses muscles qui avaient été violemment sollicités. Quelle ne fut pas la surprise d'Athénaïs lorsque le mousquetaire lui prit doucement les bras afin de masser ses muscles endoloris. Elle n'osa rien dire, comme lui n'osa pas la regarder, mais la marquise avait ouvert des yeux ronds comme des soucoupes, tant la stupéfaction fut grande. Elle n'était pas accoutumée à ce qu'un homme la touche ainsi. Aucun homme à la cour ne se permettait de poser les mains sur des dames de la noblesse sans y être invité. Mais bien vite, elle reconnut de bon coeur qu'il avait eu raison d'agir de la sorte car la douleur s'estompait. Elle le laissa donc faire, puis écouta ses conseils, l'observa, et les mit en pratique. Il était connaisseur en la matière, cela se voyait, et c'était tant mieux. Il enseignait fort bien.

-Vous avez raison, cela fonctionne, lança-t-elle en souriant.

Il avait également la franchise de lui dire qu'elle avait été mauvaise. Une seconde durant, la belle dame baissa les yeux, comme une petite fille à qui son précepteur aurait dit qu'elle avait rendu un mauvais devoir. Puis elle se reprit, le regardant dans les yeux pour mieux capter ses conseils. Elle hocha la tête pour signifier qu'elle avait compris. Achille avait parfaitement remarqué les défauts dont elle avait fait preuve et il les corrigea. Ainsi donc, il ne fallait pas utiliser seulement ses bras, mais tout son corps. Ce n'était pas forcément facile pour quelqu'un qui n'avait pas l'habitude d'avoir trait aux armes de la sorte. Mais le conseil était judicieux et logique quand on y réfléchissait.

-Oui, je comprends, je vois ce que vous voulez dire. Pouvez-vous me remontrer une fois encore?

La marquise aimait apprendre, elle aimait être au fait de nouvelles choses. Avec cet apprentissage des armes, elle était servie, car aucune femme à la cour, à sa connaissance, n'était instruite de ce genre de choses. Le jeune mousquetaire se proposa à lui faire faire un nouvel exercice, et Athénaïs hocha vigoureusement la tête. Elle regarda une seconde le ciel qui commençait sérieusement à s'obscurcir.  Il faudrait faire vite. Le temps était compté. Et puis elle avait hâte à présent de mettre en pratique ce que son jeune professeur venait de lui enseigner. Il semblait se découvrir une passion pour l'enseignement, comme la belle dame se découvrait une élève appliquée.

-Excellente idée, oui. Faisons cela.

Elle se remit alors dans une position droite, prête à observer et agir ensuite à l'image de son maître d'armes. Reproduire ses mouvements lorsqu'elle tenait l'épée n'était pas chose aisée, mais il lui fallait absolument apprendre et s'accoutumer à cette lourde lame. Celle qu'elle utiliserait serait bien plus légère, et la manier lui paraîtrait plus simple. Mais pour l'heure, il lui faudrait endurer cette lourde épée et tâcher de faire et refaire exactement les bons mouvements, mobilisant non plus seulement ses petits bras, mais tout son corps. Un peu comme une danse. Oui, la danse, elle connaissait, elle maîtrisait à présent. Il fallait qu'elle prenne cette leçon comme un cours de danse. Cela lui semblerait sans doute moins insurmontable. Qu'elle avait hâte à présent d'être dans son bain pour se délasser complètement. A coup sûr, elle dormirait comme un bébé ce soir, même si ses soucis l'assaillaient sans cesse, son corps serait tellement fatigué qu'elle ne ferait pas long feu.
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Lun 30 Déc - 18:11





ATHÉNAÏS & ACHILLE ;



En d’autres circonstances, Achille serait assis sur l’un des bancs de pierre, à bavarder avec la marquise d’un sujet quelconque. Ce n’était guère le cas puisqu’ils n’avaient échangé jusque-là que des futilités. Mais là où ils allaient à présent pourrait en perturber plus qu’un, le mousquetaire et la marquise pratiquaient en cette heure avancée de fin d’après-midi une chose déroutante. Effectivement, beaucoup seraient surpris de les retrouver ainsi. Une marquise, une femme parbleu, brandissant une épée et qui écoutait les conseils d’un soldat... AH ! Certains en seraient même catastrophés.

Au diable ces atteintes à la gloire de Dieu ! Achille ne comprenait pas comment une femme aussi cultivée et intelligente que la marquise pouvait être défendue à des choses que seul l’homme avait accès. Il n’imaginait pas comment la femme puisse être inférieure à l’homme au regard de la religion, il trouvait cela inconcevable. Mais bien sûr, personne ne contredirait la parole de Dieu, l’être suprême aux yeux de tous... et dont le roi était son représentant sur terre. Non pas qu’Achille avait des idées révolutionnaires, loin de là, mais il ne manquait pas de voir au quotidien comment la société était mal tournée. Cependant il se savait pragmatique, ce n’était pas lui qui allait tout bouleverser.

De plus, comme il servait le roi, Achille lui était néanmoins fidèle. Il ne contestait point ses ordres et les exécutait sans broncher. Grâce à lui, Achille ne défendait plus ses armes aux confins du royaume, dans des guerres parfois sanglantes, mais restait toutefois encore dans ses rangs, en tant que mousquetaire. Certes, ce n’était toujours pas ce qu’aurait voulu Achille mais il avait résigné depuis longtemps, son entrée chez les mousquetaires en fait, de faire ce qu’il avait réellement envie. Rien n’était gagné, à moins qu’une succession d’événements le pousserait à enfin quitter sa "misérable" condition dont le premier serait son sauvetage de la reine... Il avait, suite à cet événement, gagné ses faveurs et celles du roi.

Les pas assurés des gardes qui arpentaient au loin les limites du jardin le firent reporter son attention sur la marquise. Son visage lui parut soudain sombre mais toujours aussi blanc que la neige immaculée. Un filtre obscur semblait s’y accumuler pour ensuite ne plus y avoir clair. Achille comprit très vite la source de cette soudaine obscurité. Le soleil avait maintenant disparu derrière les toits du château royal et la nuit arrivait dangereusement. Il fallait faire vite mais une petite voix lui disait dans sa tête qu’ils n’auraient pas le temps de tout finir avant l’arrivée de la nuit. Peut-être qu’ils finiraient à l’intérieur... Achille haussa les épaules, il n’y repensa point pour le moment.

*Reconcentre-toi !*, se disait-il à lui-même.

— Madame la marquise, puis-je vous montrer quelque chose avant que nous commençons l’exercice ?

Sachant qu’elle lui répondrait par l’affirmative, Achille ne lui laissa pas le temps de répondre car les secondes, puis les minutes commençaient à s’affoler. Il s’avança vers la marquise qui n’était qu’à quelques mètres et sortit prudemment son épée. Tout en s’approchant d’elle avec l’épée, il se plaça dans son dos et glissa la longue arme dans sa main libre, la gauche, qu’il ne lâcha pas. Avec sa main droite, il ramena l’autre main d’Athénaïs sur la fusée de son épée, au-dessus de sa main gauche. Sa main droite ne la lâcha pas non plus, il les tenait bien sur l’épée. Avant d’effectuer le moindre mouvement, il voulut vérifier un dernier détail avec la marquise. Alors il s’approcha de son oreille et lui souffla dedans :

— Êtes-vous bien droitière marquise ?

Non, cela ne servirait à rien de rigoler. Achille prenait soin aux détails, même les plus infimes, si la marquise s’entraînait dans de mauvaises positions, par exemple de tenir l’épée comme une gauchère alors qu’elle pouvait très bien être droitière, elle finirait par avoir des problèmes d’articulations, voire de ne plus écrire de la même façon qu’elle écrivait avant l’entraînement. Mieux faudrait ne pas lui porter préjudice et le jeune soldat y veillait particulièrement.


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Ven 3 Jan - 19:44


La nuit arrivait décidément bien vite, trop vite au goût de la marquise. L'entrainement reprenait donc, et avant qu'Athénaîs ait pu hocher la tête pour accepter sa proposition, Achille de Montaron était passé derrière. La jeune femme ne bougea pas d'un pouce, ayant pris confiance en son maître d'armes. Elle le laissa lui glisser l'épée entre les mains. Elle sentit son souffle dans son oreille, s'était une étrange sensation. Elle tâcha néanmoins de se concentrer car l'heure n'était pas à autre chose que l'entrainement. L'objectif était bien trop important pour s'en détourner. Sans bouger d'un millimètre, la marquise répondit.

-Oui, droitière, monsieur.

Il lui semblait qu'elle tenait l'arme de la même manière que précédemment. Elle ne comprenait pas vraiment où il souhaitait en venir. Mais elle en avait l'intime conviction, elle le saurait bien tôt. Il lui fallait avoir confiance, il savait de quoi de il parlait, puisque les armes étaient son métier ainsi que la protection. La confiance était une chose précieuse que la marquise n'accordait qu'à peu de personnes. La cour était si infestée de gens malintentionnés qu'il fallait savoir les distinguer des personnes de valeur. Et elle en était à présent persuadée, le jeune mousquetaire était une personne de confiance. Elle savait qu'il ne la trahirait pas et qu'il essayait sincèrement de l'aider. Le flair d'Athénaïs ne la trompait que rarement. Elle savait, la plupart du temps, cerner les gens. Les manipuler aussi. Son intelligence et son joli minois y aidaient beaucoup, il fallait le reconnaître. Mais la cour était ainsi faite: si l'on ne se jouait pas des autres, les autres le faisaient. Dans la vie, il y a les premiers et il y a les autres. Et la belle dame avait été éduquée pour le point faire partie du groupe des autres. L'ambition était le maître-mot de son état d'esprit.

La nuit tomberait vite à présent, les ombres avaient changé de forme et de position. Maintenant que le soleil était caché derrière les toits et baissait à vue d'oeil, la lumière se faisait beaucoup plus faible. Il faudrait vite se couvrir et rentrer s'abriter sous peine de se retrouver attrapant la mort. Et en l'état actuel des choses, inutile d'y ajouter des tracas supplémentaires. La marquise n'avait qu'une hâte, que ses ennuis se résolvent les uns après les autres. Premièrement, se savoir apte à se défendre avec une rapière, et donc achever brillamment cette leçon d'escrime avec son charmant professeur. Elle espérait qu'il lui dirait qu'elle avait fait des progrès.
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Dim 5 Jan - 22:54





ATHÉNAÏS & ACHILLE ;



— Bien, maintenant regardez-moi attentivement, disait la voix claire d’Achille dans l’oreille de la marquise.

Il n’avait guère le temps de penser à quelque chose tellement la nuit tombait très vite. Il fallait poursuivre l’entraînement sans délai et ne voulait point décevoir la marquise car elle lui faisait confiance désormais. Il le sentait. Tenant toujours les mains de la marquise sur son épée, il continua ses instructions au creux de son oreille.

— Suivez mes mouvements marquise, voulez-vous bien ? Je les ferai en délicatesse, n’ayez aucune crainte...

Il la rassurait le plus possible. Il ne fallait point qu’elle pensa à autre chose que ses mouvements et postures nécessaires à la poursuite de l’entraînement. Elle ne pouvait pas non plus être crispée sur l’arme, ce ne serait pas envisageable pour la suite des exercices. Sa petite voix lui dictait qu’elle était prête et concentrée sur les mouvements qu’il allait effectuer afin d’être capable de les reproduire. Au moins, elle les aurait sentis sur elle, se les appropriant même. Il trouvait cette solution plus adéquate à la situation dans laquelle ils étaient. La nuit approchait si vite qu’il fallait opter pour la méthode la plus rapide, mais aussi la plus efficace, pour apprendre. Et c’était celle-là.

Comme elle lui avait répondu droitière, Achille ne changea pas l’emplacement de ses mains. Elles avaient été placées pour une droitière et l’entraînement pouvait donc continuer. Sans lâcher les doigts de la marquise qui encerclaient l’épée, il les poussa vers le bas, faisant pencher l’épée non plus par un angle de 90 degrés mais de 45 degrés.

— 45 degrés, dit Achille.

L’épée était lourde mais fort heureusement que quatre mains la portaient. Le problème vint de leurs postures, ils étaient droits comme un I. Il expliqua à la marquise la raison de cette lourdeur et de comment la corriger. Avant de lui montrer la meilleure posture pour cela, il fit un petit piège.

— Mettez votre jambe gauche en avant et appuyez-vous dessus, faites-en sorte qu’elle soit pliée et mettez l’autre derrière.

Il lui montra la posture à effectuer et fit tourner légèrement à l’aide de ses coudes le buste de la marquise vers la droite. Il lui dit clairement cependant que le bassin devait rester bien droit et le haut de ses épaules légèrement tourné à droite.

— Maintenant, faites une coupe en diagonale, de haut en bas, avec l’épée.

Guidant les mains de la marquise vers le haut, l’épée s’éleva dans le ciel rouge et finit par pencher derrière eux. Puis il fit basculer les mains en avant. L’épée fendait très vite de droite à gauche la rétine de leurs yeux. Achille l’arrêta avant qu’elle ne cogne quelque chose. Le mousquetaire savait quoi mais c’était à la marquise de découvrir.

— Marquise, savez-vous pourquoi je l’ai arrêtée en route, sans pouvoir toucher le sol ? Regardez bien en bas, vous comprendrez.

Le soldat secouait sa jambe gauche.


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Lun 6 Jan - 11:47

La marquise écoutait et se laissait faire, docilement, de manière appliquée et concentrée. Elle n'avait pas d'autre choix de toutes façons si elle voulait progresser et emmagasiner le plus d'informations possibles avant la tombée imminente de la nuit. Achille ne mentait pas, il lui faisait effectuer les mouvements avec douceur et délicatesse, la soutenant de ses bras puissants. C'était agréable d'être son élève, mais Athénaïs se doutait bien qu'il n'en aurait été de même si elle avait été un homme. Mais qu'importe, elle profitait de l'enseignement dispensé par ce jeune homme adorable et serviable qui ne demandait qu'à l'aider.

Prête et attentive, la belle dame se positionna comme Achille le lui avait indiqué et le laissa la guider dans le mouvement qu'il lui insufflait, geste qui se stoppa à quelques centimètres du sol. La position et le mouvement étaient difficiles pour elle à effectuer, étant un peu coincée dans le corps baleiné qui l'obligeait à maintenir une posture droite. Les vêtements des femmes n'étaient guère faits pour ce genre de mouvements et de positionnements et ne laissaient à celles qui les portaient que peu de libertés de mouvements. Mais ce n'était pas le moment de se plaindre, il lui fallait apprendre, alors, elle effectua tout ce que le beau mousquetaire lui faisait faire, malgré la difficulté que ce geste représentait.

La coupe diagonale effectuée et le geste arrêté, Achille lui demanda si elle comprenait pourquoi le geste avait été arrêté prématurément. Athénaïs regarda rapidement la position de la lame et celle de son corps et tourna la tête en direction du jeune homme.


-Je suppose par sécurité, pour ne pas se blesser au niveau de la jambe d'appui? dit-elle d'une petite voix un peu dubitative.

C'était la réponse la plus logique qui lui apparaissait, mais les armes et leur pratique était quelque chose de tellement nouveau pour elle que ce qui lui paraissait logique ne l'était peut-être pas forcément dans cet art. Aussi ne se permettait-elle pas d'avoir l'air assuré, risquant d'être ridicule si elle se trompait.

Il fallait le reconnaître, le bel Achille avait des disposition à l'enseignement, il était extrêmement pédagogue car il expliquait les choses complètement, avec les raisons pour lesquelles il fallait ou ne fallait pas les faire. La compréhension était le principe-même de tout apprentissage, mais pas tous les professeurs, quelq que soient les domaines, ne semblaient comprendre cela. Athénaïs était donc reconnaissante à son professeur de si bien prendre à coeur la leçon.
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Mer 15 Jan - 17:59





ATHÉNAÏS & ACHILLE ;



Achille ne fut pas surpris de sa réponse, la marquise était très intelligente et apprenait vite, ce qui était bon signe d'ailleurs.

— Excellente déduction Madame, félicita le jeune brun. Continuons !

Effectivement, ils devaient continuer l'entraînement sous peine d'être rattrapés par la vague obscure qui commençait déjà à s'emparer du château, même du petit jardin où ils se trouvaient tous les deux. Ignorant complètement ce qui se passait autour de lui, soit le début de la fin d'une journée comme les autres, le mousquetaire se concentra sur la suite de la leçon. Doté d'un esprit étonnamment vif, il se remémora très vite des cours qu'on lui avait donné et les vit tous défiler les uns des autres, à une vitesse folle, ne retenant que les points essentiels qu'il pourrait transmettre plus tard à la marquise. Il revint vers elle et serra encore plus ses mains afin qu'elle tienne bien l'épée, qu'elle ressente le sentiment de liberté qu'elle vous procurait rien qu'en la tenant. Synonyme de force et de puissance, elle vous faisait sentir important. Mais attention, il faudrait qu'elle soit une part de vous-même pour que vous la ressentiez vraiment. Bien sûr, il ne faudrait pas aussi que vous vous sentiez étranger à cette arme, sans la connaître vous risquiez de subir ses foudres. Qu'elle se retourne contre vous car vous ne saviez pas l'utiliser correctement. C'est pourquoi, avant toute utilisation, il était capital que vous devriez en connaître un rayon. Au moins vous n'agiriez pas bêtement avec.

Achille réprima une grimace, la stature de la marquise l'embêtait quelque peu. Elle manquait de souplesse, de mouvements rapides, elle était comme coincée dans sa robe. Le soldat poussa un léger soupir d'exaspération, les femmes n'avaient pas la vie aussi facile que les hommes dans leurs habits. Quelle idée d'affabuler que les femmes devaient rester immobiles dans ces vêtements de torture dans le but de les éloigner des péchés qui peuplaient le monde. Pourtant, elles arrivaient à tout autant pécher que les hommes. Le fait de les reléguer à un rang inférieur aux hommes ne changeait rien. Sur quoi les gens se basaient-ils pour qu'ils aient lancé cette si insignifiante mode qui dénaturait les femmes ? Sur la religion bien évidemment. Et elle rapportait que la femme en général était à l'origine du premier péché sur terre et serait, en conséquence, responsable des maux humains. Il n'était guère surprenant qu'ensuite les hommes aient décidé de les enfermer à double tour dans ces robes, des cages qui bloquaient tout mouvement, et de les cantonner à leurs rôles de mères et d'épouses. Elle n'avaient pas été épargnées s'il pouvait bien dire.

Enfin bref, la robe de la marquise ne laissait pas totalement libre cours à ses mouvements. Heureusement que toutes les femmes ne portaient pas ces robes baleinées et corsetées à fond, les femmes du peuple, elles, avaient des robes beaucoup moins rigides que les femmes nobles, les laissant plus libres de leurs mouvements, ce qui était plus pratique quand elles partaient travailler avec leurs maris dans les champs. Comment voulez-vous qu'elles coupent et ramassent le blé tout en étant empaquetées dans des robes destinées aux femmes de la noblesse ? De plus, il leur fallait des servantes à tour de bras pour les déshabiller car elles étaient incapables de se dévêtir toutes seules. Sauf avec une robe desserrée comme la robe de chambre ou de paysanne.

Un autre soupir se fit entendre. Achille se demanda comment remédier à ce problème même s'il savait au fond de lui qu'il n'allait pas ordonner la marquise de se défaire de ses baleines. Ah bah non, cela ne se faisait pas, on lui avait appris les bonnes manières, ce qu'il fallait dire et ne pas dire. On l'avait éduqué comme il faut, il était gentil, poli, serviable et agréable. Les femmes appréciaient sa compagnie et c'était tant mieux !

*Bon reprenons !*, se disait-il enfin.

N'ayant pas trouvé de solution au problème de la marquise, le jeune mousquetaire se pinça discrètement les lèvres. Il allait faire avec, il n'avait guère le choix. Tenant toujours l'épée avec les mains de la marquise, il revint là où ils s'étaient arrêtés. Il retira sa jambe gauche pour avancer celle de droite de l'autre côté de la robe. Tout en espérant que la marquise ait suivi son geste, il baissa l'épée tout doucement et ne rencontra aucun obstacle, la voie était apparemment libre. La marquise avait semblait-il changé aussi l'emplacement de ses pieds. Il voulut en être sûr et pour cela, il demanda à la marquise de refaire la même coupe qu'ils avaient fait précédemment. Sauf que cette fois c'était la marquise qui effectuait le mouvement, pas Achille. Cependant, il ne lâcha pas prise les mains de la marquise sur l'épée. Il l'observa refaire le geste, plutôt réussi, mais il y avait encore quelque chose qui gênait le mousquetaire.

— Soyez plus assurée madame !, ordonna-t-il presque.

Il la regarda refaire une troisième fois la coupe et elle était meilleure que le second essai. Même si cela restait moyen, bref ce n'était pas le plus important pour le moment. Le plus important, c'était de poursuivre le cours et de lui avoir appris un maximum de positions et de coups avant la fin de la journée. En conséquent, Achille continua son cours. Il lui expliqua donc qu'ils avaient vu jusque-là trois positions ou gardes, il monta l'épée en haut pour la garde haute, la descendit à 45 degrés avec la pointe légèrement relevée pour la garde médiane et la ramena au sol pour la garde basse. Il recommença une deuxième fois ces positions et n'oublia pas de donner à chacune leurs noms. Haute, médiane, basse. Il les refit encore et encore jusqu'à ce que la marquise se familiarise à ces positions de base. L'exercice se résumait à ça :

— Haute, médiane, basse. Haute, médiane, basse. Haute, médiane, basse, arrière et pendante.

Achille avait surpris la marquise avec ces deux dernières positions, de base également. Il y en avait cinq en tout. Pour la garde arrière, il avait inversé ses jambes et tourné son buste à droite pour positionner l'épée vers le bas, au niveau de la cuisse droite. Il avait senti la marquise se tordre en deux puisqu'elle n'avait pas changé la position de ses jambes, ni tourné son buste. Le mousquetaire supposa qu'elle n'avait pas vu le coup venir et se moqua gentiment de sa réaction :

— Il faut savoir anticiper madame, c'est ce que je vous apprends.

Pour la garde pendante, il avait replacé sa jambe droite en avant et tourné le buste à gauche mais en penchant l'épée derrière l'épaule, la pointe vers le bas. Cette position était la plus compliquée car elle demandait beaucoup de souplesse et d'agilité. Or la marquise n'avait pas ces deux critères, ce qui était déplorable. Bref, Achille irait tenter le tout pour le tout qu'elle les ait avant la journée suivante.

— Assouplissez-vous madame de Montespan ! Bougez vos jambes, vos bras, comme si vous dansez. Ne pensez plus à votre corps mais à l'arme que vous tenez ! Tenez-la bien je vous dis ! Il est important d'avoir une bonne adhérence et je pense que vous l'avez, vous me l'avez démontré tout à l'heure. Nous pouvons recommencer ? Êtes-vous prête ?

Le soldat espérait que la marquise avait bien retenu tout ce qu'il résultait de cet exercice. Le reste viendrait tout seul si l'on connaissait les cinq positions de base sur le bout des doigts.


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Les cinq positions de base à savoir marquise Razz :
 
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Sam 15 Fév - 19:50

A la vérité, il semblait à Athénaïs que le cours avait débuté il y avait des heures de cela. Les mouvements répétés avec cette arme qui, mine de rien, pesait somme toute assez lourd pour elle, retenir les différentes positions et autres informations données par le jeune mousquetaire, et les nouvelles données qu'il lui énonçait, tout cela s'emmêlait dans son esprit en un immense tourbillon qui lui faisait tourner la tête. Cependant, elle tâchait, tant bien que mal, de se montrer une élève attentive et docile, malgré toutes les difficultés qu'elle ressentait. Fort heureusement, Achille soutenait des siennes les mains de la marquise qui maintenant aussi bien que possible le manche de l'arme. Elle sourit néanmoins, sans qu'il puisse le voir puisqu'il se trouvait derrière elle, au fait qu'il soit satisfait de sa réponse. C'était un bon point marqué par cette élève qui faisait son maximum pour satisfaire les attentes de son professeur, surtout parce que si le professeur se trouvait content de son élève, en l'occurrence elle, cela signifiait qu'elle avait appris. Et c'était tout ce qui comptait dans l'urgence de la situation.

Plus d'assurance, voilà l'ordre suivant du maître d'arme improvisé. Inconsciemment, Athénaïs se redressa afin d'arborer une stature plus imposante, même si bien sûr elle était loin d'être impressionnante physiquement, c'était certain. Elle reproduisit les mouvements insufflés par le Montaron, mais seule cette fois. Avec la fatigue, l'épée lui parut peser une tonne, mais elle parvint à effectuer ce qui lui était demandé. Alors, une avalanche d'information vint à nouveau à ses oreilles. Les noms des nouvelles gardes. Que de données à mémoriser. Mais c'était bien, c'était ce qu'elle voulait, apprendre un maximum de choses. Il la prit à nouveau par surprise e ajoutant deux nouveaux mouvements à ceux qu'il lui faisait inlassablement reproduire. Athénaïs n'avait pas pensé au changement de position que celles-ci demandaient et se retrouva coincée. Machinalement, sentant qu'elle n'avait plus le choix, elle déplaça ses pieds. Elle entendit Achille glousser, se moquant gentiment de son inexpérience.

Anticiper. Voilà qui semblait être la clé de la réussite. C'était logique après tout. La marquise hocha la tête. Evidemment. Et s'assouplir aussi... Faire comme si elle dansait, ça, la danse, elle connaissait. Elle avait une certaine souplesse mais seulement celle requise pour cet art de cour qu'était la danse. Manier les armes était une tout autre affaire. Et elle n'aurait jamais le temps d'acquérir la souplesse nécessaire et relative à l'escrime en une seule soirée. Mais au moins, elle connaissait à présent les bases. Elle était épuisée, mais Achille voulait recommencer. Elle inspira profondément comme pour se donner du courage. Puis, rassemblant le peu de force qui lui restait, elle s'employa à refaire les mouvements que le jeune mousquetaire venait de lui apprendre, seule cette fois, tout en répétant les noms.


-Haute, médiane, basse. Haute, médiane, basse. Haute, médiane, basse, arrière et pendante.

Et pour la dernière, elle avait changé sa position, afin de ne pas reproduire l'erreur du coup précédant, se retrouvant bloquée sans pouvoir se mouvoir. Tout ceci effectué avec succès, elle se tourna, souriante, vers son professeur, espérant qu'il serait, lui aussi, content de ce qu'elle avait appris. Le temps ne jouait pas en leur faveur.

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Mar 18 Fév - 12:49





ATHÉNAÏS & ACHILLE ;



Athénaïs avait fait une erreur mais cela arrivait à tous les inexpérimentés. Le mousquetaire savait si bien qu'il était infaisable qu'en une soirée la marquise sache tout, tous les techniques de combat qui feraient d'elle une future vraie femme d'armes. Il avait fallu un certain mais long temps aux jeunes garçons promis à l'art de l'épée d'y acquérir une bonne expérience. Achille avait, quant à lui, eu un très bon maître d'armes qui lui avait insufflé cet art, il eut par la suite gagné en expérience dans l'armée, s'illustrant dans des combats mortels qui avaient fait de lui une fine lame. Enfin, grâce à son expérience, il fut remarqué et l'on offrit au jeune soldat une place chez les mousquetaires. Depuis qu'il les avait rejoints, il s'était nettement amélioré. Les entraînements intensifs avec ses camarades et les interventions l'avaient rendu plus vif, plus adroit aux coups donnés. Il aimait le travail bien accompli tout court et ne vantait pas ses mérites, il était en quelque sorte le bon élève qui, maintenant, devenait quelqu'un d'autre. Il n'aspirait, en effet, pas à une carrière militaire et espéra que dans les années à venir, il serait celui qu'il aurait aimé être. À l'origine, il détestait les armes mais pour attirer l'attention de son père qui se focalisait plutôt sur ses frères que sur lui, Achille avait payé le prix fort. Il avait fait l'effort de se plier à ses conditions, à l'entraînement qu'il lui proposait, mais au final, qu'y gagnait-il ? Au départ, il pensait regagner ses faveurs qu'il croyait perdues depuis longtemps mais se rendra compte que finalement, il n'obtint rien, même pas une considération accrue de sa part. Ce qu'il eût en retour ne l'enchanta guère, son père venait de lui tendre un cadeau empoisonné, une place dans un régiment oublié, et avait donc décidé pour ainsi dire de l'envoyer à la mort. Cette malheureuse affection marqua la rupture définitive entre Achille et son père.

Pour y survivre, Achille avait dû user des seuls moyens de bord qui existaient. Il avait pour lui sa propre expérience avec le maître d'armes que lui avait consigné son père et qui lui avait fort heureusement presque tout appris. Ainsi, il avait pu survivre. Donc, avec les bases qu'Achille essayait de faire comprendre à la marquise, il estima qu'elle pourrait parfaitement s'en sortir avec pour seule arme, la rapière. Mais d'abord, il faudrait qu'ils continuèrent à s'entraîner avant que la nuit remplaçât le jour. Il fallait faire vite et maintenant que la marquise de Montespan avait appris les cinq gardes de base, il était temps de passer au vif du sujet, la mise en application du cours. Eh oui, sans cours pratique, le cours théorique ne servait plus à grand chose. Le jeune mousquetaire réexamina les postures de la marquise lorsqu'elle repassa en boucle les cinq gardes. Ce n'était pas trop mal, cela commençait à venir mais elle reproduisait toujours et encore la même erreur que la première fois et ce, à la même position. Avec la pratique, ces cinq positions viendraient tous à bout automatiquement, c'était juste une question de temps. Or le temps, ils n'en avaient pas beaucoup, voire très peu. Aussitôt, Achille décida de prendre les choses en main pour la deuxième partie de son cours à la marquise. D'abord, il tint à signaler cette erreur qu'il conviendrait de corriger.

— Madame, votre jeu de jambes n'est pas bon à la garde pendante, vous inversez les jambes alors qu'il faudrait les inverser à la garde arrière. Retenez cela, changez seulement l'emplacement de vos pieds à la garde arrière et non pendante !

Il n'y eut aucune colère dans sa voix, ce n'était rien de grave et Achille remarquait que la marquise était presque à bout de forces avec son arme qui, admettons-le, pesait une tonne. Alors autant l'alléger d'un certain poids pour la suite de l'apprentissage. Après l'avoir observée refaire une dernière fois les cinq postures de base sans oublier de corriger celle qui n'allait pas, le mousquetaire hocha la tête comme pour dire à la marquise que c'était terminé et qu'il était temps de passer à l'étape suivante. Jusque-là, il trouva la performance de la blonde-châtaine plutôt bonne. Chose à confirmer à la fin de la leçon. Achille revint vers la marquise et lui prit délicatement l'épée des mains, épée qu'il rangea aussitôt. C'était terminé aussi avec cette arme, trop lourde pour une femme telle que la marquise. Ce n'était guère surprenant puisque l'épée avait été forgé spécialement pour les hommes. Le gravier crissant sous ses pas, le jeune soldat se mit à arpenter l'allée, à la recherche d'un morceau de bois, un bâton de préférence. Il n'en trouva pas de si près, la pelouse et les massifs floraux étaient impeccablement taillés et entretenus qu'il n'y avait rien qui traînait dessus ou autour. Tout était soigné. Achille dut se résoudre à aller au fond du jardin, du côté des arbres. Des morceaux de bois devraient s'y reposer mais avant d'y accourir, il prévint la marquise de ce qu'il comptait faire.

— Restez là madame, je vous en prie ! Je m'absente quelques minutes et je vous reviens aussitôt.

Il inclina légèrement la tête en guise de respect et s'élança vers les arbres. Le jardin était assez grand et il n'y avait pas de minute à perdre. Il arriva rapidement près des arbres, petits mais aussi bien taillés que le reste du jardin. Achille étouffa un juron, pas de bâton en vue. Il regarda rapidement aux alentours, apercevant la marquise qui se rasseyait au loin sur le même banc qu'auparavant. Exaspéré, il reprit sa marche tout en recherchant activement un truc qui aurait la forme d'une épée. Il parcourut la rangée d'arbres, longea le mur du jardin et s'approcha de celui du château. Soudain, un creux dans le mur attira son attention. De loin on ne le voyait pas et dedans s'y reposait des morceaux de bois, bien rangés dans la cavité et de la forme qu'il recherchait. Il en prit un et sourit en le dressant, voilà ce qui ferait parfaitement l'affaire. Le mousquetaire supposa que ces morceaux de bois, de la taille d'un bâton, étaient certainement entassés là pour que le soir venu, ils vinrent entretenir le feu des braséros que l'on trouvait aux limites du jardin. La nuit, ils s'enflammaient pour l'éclairer. Ce n'était pas le cas encore maintenant mais cela ne saurait tarder. Il restait moins de trois quarts d'heure, voire d'une demi-heure avant l'obscurité totale. Achille emprunta deux de ces bâtons, choisissant les plus fins. Il se releva et revint à l'endroit où il avait abandonné la marquise sur le banc. Tout guilleret de sa découverte, il lui en tendit une et se mit immédiatement en garde, prêt à porter un coup ou à le parer.

— Mettez-vous en garde marquise et venez m'affronter !, dit-il dans un sourire, le bâton en l'air.


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Dim 6 Avr - 22:20

Achille dispensait son cours tel un maître à danser apprenant à son élève une chorégraphie. Cette comparaison aidait énormément Athénaïs à mémoriser les mouvements de cette discipline dont la logique particulière ne l'était pas forcément pour elle. Cette leçon semblait durer depuis une éternité tant la fatigue la prenait, et les informations qui s'avéraient de plus en plus nombreuses et complexes s'accumulaient dans sa tête et se mélangeaient. Malgré tout, elle faisait de son mieux pour enregistrer les corrections de son professeur, et acquiesça à ce qu’il lui disait. Il fallait faire un dernier effort pour achever comme il se devait cette leçon. Elle corrigea donc sa position et hocha frénétiquement la tête à l’ordre que lui intima Achille. Mais qu’il était difficile d’ainsi tout retenir.

Quand enfin la marquise entrevit la fin de son calvaire, alors que la migraine commençait à poindre comme pour l’achever en plus de sa fatigue, Achille semblait en avoir décidé tout autrement. Il s’éloigna un moment, et Athénaïs pensa qu’il allait récupérer sa cape ou autre chose, et qu’ils pourraient enfin s’en aller prendre un repos bien mérité. Mais la réalité était bien moins douce. Le jeune mousquetaire revint avec deux bâtons en main et en tendit un à son élève. La jeune femme, qui venait alors de s’asseoir depuis à peine quelques secondes, dût faire un effort quasi surhumain, du moins il le lui parut, afin de se remettre sur ses jambes. Fatigue ou non, impossible de refuser un défi, en digne Mortemart qu’elle était. Elle se saisit donc de l’arme improvisée qu’Achille lui proposait, et se mit en garde comme le lui ordonna. Il fallait l’attaquer, l’affronter . Le maitre voulait voir si ses leçons avaient porté leur fruit. La belle dame, épuisée et donc la cervelle mélangeait toutes les informations enregistrées, se dit qu’à tête reposée, elle aurait certainement eu plus de discernement, mais pour l’heure, il lui fallut quelques petites secondes de concentration afin de se rappeler des détails les plus importants et les appliquer de manière cohérente. « Haute, médiane, basse. Haute, médiane, basse. Haute, médiane, basse, arrière et pendante. » Voilà quelles avaient été les paroles d’Achille, et voilà ce qu’il fallait reproduire avec exactitude, et surtout parvenir à se défendre en cas de riposte.

Ignorant la douleur que les muscles de ses bras lui provoquaient, Athénaïs s’exécuta donc du mieux qu’elle put, se souvenant des derniers conseils de son maître d’armes improvisé. Il fallait lui prouver qu’elle avait retenu et qu’elle pouvait mettre en application ce qui avait été montré en ce jour. Le professeur avait sans doute besoin de ce face à face pour jauger de l’apprentissage de son élève, et la marquise espérait qu’elle le satisferait.


-Est-ce mieux ? demanda-t-elle une fois toute la démonstration effectuée, et qu’elle s’était défendue du mieux qu’elle put.
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Lun 7 Avr - 22:49





ATHÉNAÏS & ACHILLE ;



La nuit galopa plus vite et arriva donc plus tôt que prévu sur le petit jardin afin de rendre l'âme au soleil qui s'éteignit complètement derrière les toitures du château royal. Seul un petit quart d'heure s'était écoulé entre le début de la mise en pratique des cinq gardes et l'arrivée totale de la nuit. Entre-temps, le jeune mousquetaire n'avait pas manqué de remarquer la fatigue évidente de la marquise et avait alors décidé d'interrompre le cours. C'était déjà pas mal ce qu'ils avaient vu depuis le début, la marquise avait appris suffisamment de choses pour une première leçon, donc autant en arrêter là. Peut-être qu'il y en aurait d'autres, peut-être pas... Toutefois, la marquise pouvait à tout moment le consulter, si elle le souhaitait, pour des conseils ou autre. Il était au service des nobles et se pliait donc à leurs demandes, même à leurs exigences, sans rechigner. Cela ne le dérangeait aucunement de servir une dame pleine d'esprit telle que la marquise. Cela le rendait tout fier car il était plutôt rare de croiser tous les jours une dame de cette envergure. La plupart des courtisanes préférait rire et caqueter entre elles à longueur de journée. C'était interminable et insupportable à la fois mais le soldat s'en était fait une habitude. Quand il les rejoignait, il n'écoutait que d'une oreille leurs sujets inintéressants et pensait surtout à autre chose. Tant de frivolité l'exaspérait. Lui qui avait si longtemps rêvé de la Cour se retrouvait avec un rêve à demi-brisé dans les mains.

La fatigue de la marquise influait sur ses mouvements, moins sûrs et plus branlants qu'auparavant. La marquise était éreintée et cela se voyait. En professeur qu'il était, Achille regretta presque aussitôt de n'avoir pas été à l'essentiel mais comme il y avait tellement de techniques, il avait oublié quelles étaient les premières qu'il avait apprises. De plus, il n'avait jamais vraiment aimé cela donc il n'y pensait point trop. Quel dommage pour la marquise qui voulait apprendre les rudiments de base en cas d'utilisation de la rapière de son époux. Achille ne se sentait pas pleinement satisfait du cours qu'il avait dispensé à la marquise. Les cinq gardes ne suffisaient pas, bref avec les autres conseils qu'il lui donnerait, il estima que la marquise pourrait progresser à son aise. Elle en était capable, il le savait. Elle l'avait prouvé malgré la fatigue qui commençait à la ronger. Elle avait répété ces cinq gardes et combattu avec lui alors qu'elle n'était pas en mesure de le faire. La pauvre. Achille avait tant surmené ses efforts qu'elle s'en retrouve toute épuisée. Fort heureusement qu'il ne ressemblait pas à l'un des ces maîtres d'armes qui poussait à bout leurs jeunes apprentis, les épuisant considérablement après chaque exercice. Le mousquetaire avait donc tiré la sonnette d'alarme avant que la marquise ne craque.

— C'est terminé marquise car c'est bien mieux, dit-il expressément.

Après ce court combat, le soldat put constater que la marquise était apte à se défendre face à un inexpérimenté, mais dans le cas contraire, c'était mort. Un cours ne suffisait pas effectivement. Achille haussa machinalement les épaules en reprenant le bâton de la marquise et se fit à l'idée qu'elle se défendrait du mieux qu'elle pourrait. Par contre, pour l'attaque, il y avait des choses à revoir. Elle avait retenu les cinq positions de base oui, mais fallait-il qu'elle retienne également que ce ne fût pas nécessaire de les faire dans l'ordre. Cela dépendrait de son adversaire et de sa capacité à anticiper. Ce qu'il fallait absolument retenir était l'emplacement des jambes pour chaque garde. Le reste se ferait tout seul puisque l'épée constituait le bras, bras qu'on pouvait manier comme on le sentait. Bon pas n'importe comment mais avec un minimum de concentration bien sûr.

— Vous avez suffisamment appris aujourd'hui et je vous remercie pour votre attention, Madame.

Achille ramassa sa cape qu'il avait laissé de côté sur le bord de l'allée et offrit à la marquise de la raccompagner dans ses appartements. Il attendit le temps qu'elle remette ses gants avant de lui tendre le bras afin qu'elle y prenne appui. Elle semblait à bout de forces qu'il était impensable au jeune soldat de la laisser remarcher toute seule. La soutenant par le bras, il remonta l'allée avec elle et nota avec amusement que les braséros avaient été allumés. Leurs flammes montaient dans la nuit noire et perçaient les ténèbres tout en diffusant leur douce lumière. Les quelques gardes qui se trouvaient dans le jardin s'étaient regroupés autour de ces feux, se réchauffant par la même occasion. Avec les ténèbres, la nuit avait apporté la fraîcheur. Achille rabattit sa cape sur ses épaules, il faisait de plus en plus froid et le vent se faisait plus fort. Devant eux, le château se dressait comme une immense masse sombre avec des fenêtres éclairées. Au milieu du jardin, le mousquetaire accéléra le pas, évitant soigneusement les plates-bandes qui leur barraient la route. Il rejoignit rapidement la galerie couverte, bordant le jardin, et fit rentrer la marquise dans le château.

— Un dernier conseil marquise : pensez à bien regarder votre adversaire et son épée. Et pour combattre, mettez-vous en profil, c'est important.

Il ponctua sa phrase par un sourire et la ramena dans ses appartements, non sans lui souhaiter un repos bien mérité. Elle avait bien "travaillé" aujourd'hui et se révélait plutôt bonne pour une débutante. Enfin, c'était la première fille à qui il apprenait tout cela mais elle avait fait ses preuves en montrant à son professeur, lui, qu'elle était capable de tout. Telle une Mortemart.


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