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 L'alcool et l'esprit ne font pas bon ménage {Melechia}


Dim 29 Sep - 9:26

Laura n'avait jamais été une grande adepte des boissons alcoolisées. Elles étaient néanmoins l'une des principales consommations des gueux de Paris. À défaut d'avoir du bon vin coûtant un bras, on se contentait de bière ou autre alcool infecte vous prenant la tête à la moindre gorgée. Cela faisait partie des festivités quotidiennes : on buvait à en devenir malade, mais après tout, quelle importance ? On s'amuse, et là est le principal ! C'est aussi à cause des soûlards passant leurs journées à boire que le bas peuple avait cette réputation de personnes à ne pas fréquenter... L'alcool ne se trouvait jamais bien loin d'un affrontement et d'une bagarre collective, il en était même souvent la source. Et là était le problème : la jeune femme avait été témoint de ces nombreuses violentes gratuites, due à de l'alcool un peu trop important dans le sang. Non pas que cela l'avait dégoûté et lui faisait peur, puisqu'il lui arrivait d'en boire de temps à autre, lorsque l'occasion s'y prêtait. Mais devoir paraître aussi stupide et bourrin devant un public hilare ou agacé n'avait rien de très attrayant. Alors elle se modérait, faisant bien plus intention que la majorité de ses compatriote, afin de rester un tant soit peu potable et lucide dans ses agissements. Sauf cet après-midi.

Depuis le vol a bal donné au palais, la voleuse était dans un état de stress permanent, se posant mille et une question, et surtout, paniquait pour un rien. Au fond d'elle-même, elle avait peur. Oui. Elle avait peur qu'on arrive à les retrouver, eux, les petits vauriens ayant osé s'attaquer à de si hautes personnes. Quand elle subtilisait une bourse, des bijoux, un bien quelconque, cette même petite boule d'inquiétude jaillissait dans son ventre, la bloquant parfois dans son geste sans qu'elle sache réellement pourquoi. Toute cette histoire était finie depuis quelques jours déjà, mais pourtant, elle ne cessait de se méfier de tout et n'importe quoi, passant presque pour une folle quand elle piquait des sortes de petites crises. Aucun représentant de l'ordre ne lui était encore tombé dessus depuis, il y avait peu de chance pour qu'on la soupçonne elle plutôt qu'un autre des nombreux malfaiteurs peuplant la capitale... Mais comme tout, on est jamais à l'abri. Avec les semaines, sans doute arriva-t-elle à se calmer, les recherches s'arrêtant bien un jour ou l'autre. Et bon sang, ce n'est que des bijoux ! N'en avaient-ils pas assez en leur possession ? Tsss. Quoi qu'il en soit, Laura avait sentie un grand besoin d'évacuer tout ce stress accumulé. Elle n'avait pas envie de se défouler sur quelqu'un ou quelque chose. Non, elle avait besoin... de rire. D'oublier. De se laisser aller. Et quel meilleur moyen pouvait s'offrir à elle que de succomber au bon vouloir de l'alcool ?

Assise dans le coin de la salle en compagnie d'un petit groupe de deux connaissances, la demoiselle rigolait à gorge déployée, d'une manière tellement caricaturale que cela ne lui ressemblait aucunement, à elle qui se montrait d'ordinaire si discrète. Des chopes de bières étaient disposées sur la table, s'empilant presque les unes sur les autres tellement la place manquait. La taverne n'était pas pleine à craquer comme on pourrait s'y attendre, ce qui permettait à quiconque présent d'entendre le rire si « charmant » de la femme soûle qu'était Laura à cet instant même. Ses pommettes étaient rouge comme s'il faisait horriblement chaud, alors que le feu crépitant ne parvenait à réchauffer qu'une partie minime de l'établissement. Avec ses amis, ils passèrent au crible les tables une à une, se moquant ouvertement de leurs occupant, à leur grand désespoir. Bien évidemment, ils n'étaient pas totalement fous, et se contentaient des personnes plus fétiches qu'eux pour ne pas avoir à faire à l'un des gros costauds, tournant ainsi à la bataille.

Ses yeux posèrent alors sur un client, bien plus jeune qu'elle, assit un peu plus loin. Sourire aux lèvres, elle décida de se lever et d'aller l'enquiquiner un peu, comme à chaque fois qu'elle se pensait -ridiculement- en position de force face à son « adversaire ».


-Hey l'gamin ! T'pas un peu p'tit pour v'nir ici ? Dit-elle avec un sourire idiot sur les lèvres, bien qu'elle tentait de paraître le plus normal au monde.

Son haleine empestait l'alcool à des kilomètre, au point d'en faire mourir une mouche, dites donc !
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Mar 1 Oct - 19:08

Allongée sur son lit Melechia contemplait avec fascination les poutres de bois brun qui trônait au-dessus de sa caboche abimée. Le bois clair et couvert d’une fine couche de poussière sentait l’humidité dût aux orages de l’après-midi et cette odeur loin d’agresser le nez de la jeune Ducatore, la berçait doucement. Elle ferma les yeux et se laissa glisser sous les couvertures en songeant au sommeil qui l’assaillait bien qu’il ne soit pas encore six heures de l’après-midi.
« Oh oh, sleepy tu te réveilles… »
Une main ferme secouait Melechia sans ménagement alors qu’elle rêvait de macarons au chocolat de mal de mer. Sur le coup la jeune fille eut la vague impression d’être un sac de pomme de terre et elle se retourna pour faire face au mur et échapper à son agresseur. Malheureusement quelqu’un s’acharna sur la patate et elle finit par émerger doucement. Dans ses yeux encore un peu embués, elle devinait le visage sans grâce mais étrangement sympathique de Gautier-le-gaucher.
« bastardo, Gautier qu’est-ce que tu fous ? »
Le jeune homme ne demanda pas le sens de l’insulte, finalement transparent, et se laissa tomber sur le matelas de la jeune fille avec un fracas à réveiller les morts. Malheureusement pour lui, Melechia n’était pas morte et après avoir sauvé ses jambes d’une mort par écrasement elle se roula en boule et tenta de retourner dormir.
« J’ai reçu une jolie prime grâce à toi… » Expliqua le jeune homme en l’ébouriffant.
Elle se recoiffa, ce qui signifie qu’elle aplatit ses épis bruns, et grogna de vague félicitation.
« Donc pour fêter ça, je t’offre une tournée des bars »
Il eut à peine finit sa phrase que la jeune fille était sur ses pieds en train d’enfiler une botte et sa veste simultanément. Cela relevait d’ailleurs plus de l’exercice de voltige que du changement vestimentaire mais il ne fit pas la moindre remarque, heureux de voir sa meilleure amie être redevenue elle-même. D’ailleurs, elle dévala les escaliers du bordel en riant et trouva le moyen de lâcher trois remarques moqueuses à chacune des pensionnaires qu’ils croisaient.
Une fois dehors, elle avança d’un pas sautillant et se mit à parler à toute allure. Les orages, les fêtes à la cours, et la politique des gueux tout y passa. Gautier l’écouta un sourire aux lèvres tandis qu’elle se moquait sans vergogne des bourgeois engoncés dans des costumes trop serrés et des voleurs sans talents. Il se mit cependant à rougir quand elle évoqua sans gêne le faible qu’il avait pour Lucie, une des plus jeunes pensionnaires de la Louison.
« Qu’est-ce que ça veut dire sleepy ? » demanda l’adolescente alors que d’un pas agile elle bondissait au-dessus d’une flaque d’eau.
« Endormi, c’est Ian qui me l’a appris… »
Melechia ne répondit rien mais un éclat s’alluma soudain dans ses prunelles claires et Gautier fut soudain mal à l’aise. La gosse avait beau avoir cinq ans de moins que lui, elle se montrait redoutablement fine et rusée. Aussi, il n’écouta pas la suite de ses discours et se demanda plutôt ce qu’il avait bien put dire de si intéressant au sujet de l’anglais.
Ils pénétrèrent dans une auberge, étrangement propre au regard des standards de la cour des miracles. Ils se posèrent dans un coin et furent bientôt rejoints par d’autres habitués. Malheureusement ces derniers ne restèrent pas bien longtemps. A un moment Gautier s’absenta pour aller soulager sa vessie. Melechia lui fit un signe de la main et lâcha une remarque sur la servante qui lui avait fait un clin d’œil. Rosissant l’assassin partit la nuque un peu raide.
Elle lâcha un ricanement fort peu discret et demanda un nouveau verre qu’elle but à la santé de la virilité de son ami. Elle le but d’autant plus volontiers que ce dernier avait annoncé que tout allait sur sa note.
Alors qu’elle se laissait tomber sur son siège en croisant les chevilles sous la table et en songeant que la vie lui souriait presque. Puis un bruit se fit entendre et elle tourna la tête pour faire face à celle qui venait de l’interpeller.
Brune, petite, maigre cette fille ne devait pas avoir eu une vie beaucoup plus facile qu’elle mais cela n’empêchait pas Melechia de s’énerver en s’entendant traité de gamine.
« Et toi tu te sens pas un peu minable ? Je veux dire aller chercher des noises à quelqu’un seul et qui fait deux tête de moins que toi, c’est franchement pathétique. Mais un conseil Laura. Tu te la fermes et tu éloignes ton haleine puante de mon nez et peut être que tu passeras de rebus de l’humanité à pauvre alcoolique décrépie. »
Finalement Gautier aurait pas dût la laisser seule.
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Ven 11 Oct - 17:54

Voir Laura après plusieurs verres d'alcool était un spectacle que bien peu de personnes avaient la chance, ou la malchance, de voir. Dans la vie de tous les jours, il était très rare de la rencontrer en train de faire une tête montrant bien à quel point sa fille était loin d'être la plus parfaite au monde. Le sourire inversé tel un clown triste, la mauvaise humeur et tout ce qui s'en suivait ne faisait pas partie de son caractère habituel. Ce genre d'attitude, elle le laissait aux mendiants et aux faux infirmes quémandant à longueur de journée l'aumône pour eux, pauvre êtres qu'ils étaient... Sauf que la majorité de leur récolte de la journée allait directement dans la poche du roi des gueux, à leur grand malheur. C'était sa lois, et nul vaux rien n'oserait la défier, au risque de subir de graves dégâts... De ce point de vue, la demoiselle était heureuse de sa condition. Elle volait et devait donner un petit quelque chose au Grand Coëstre pour être un minimum tranquille, mais leurs gains étaient souvent tellement faibles, qu'ils n'avaient souvent rien à donner. Ou bien il suffisait d'être malin... Des pièces bien cachées au fond d'une boîte, ou dépensée pour du pain ou autre babiole et le tour était joué ! Et de la malice, Laura n'en manquait jamais. C'est sans nul doute pour cela qu'on pouvait toujours la voir en train de sourire et de vagabonder comme si le monde était rose et parfait autour d'elle. Cela était loin d'être le cas, bien sûr... Mais à quoi cela servait-il de s'apitoyer constamment sur son sort ? Il fallait avancer en profiter de chaque petit plaisir que la vie nous offrait. Sauf qu'une fois qu'elle s'était enfilée plusieurs pintes de bière à la suite, son état était bien plus que caricaturé...

C'est à peine si la voleuse réussit à suivre le discours qu'enchaîna la jeune fille suite à son « agression » verbale. À vrai dire, c'est comme si une abeille bourdonnait à l'intérieur de sa tête, l'empêchant de tout comprendre. Néanmoins, elle réussit à retenir quelques mots comme « minable », « Laura ». En entendant son nom, elle fronça les sourcils et s'installa sans perdre une minute sur la chaise laissée chaude par son ami. Elle le fit avec un tel empressement qu'elle manqua de se retrouver les fesses par-terre, mais arriva tout de même à légèrement se balancer sur deux pieds. Elle n'était pourtant pas si lourde... Peut-être que l'alcool lui faisait également prendre du poids ?


-D'où t'sais mon nom toi ? Dit Laura en s'approchant -que dis-je!- en s'allongeant à moitié sur la table, tête dans ses mains, pour pouvoir mieux la voir en face d'elle.

Sans se retenir plus que ça, ladite Laura laissa s'échapper un rot d'entre ses lèvres, sans doute un autre résultat de ses nombreux verres ingurgité. Ce geste la fit rire, de la façon la plus stupide qui existe au monde. Elle était vraiment au fin fond du fond du fin fond du... enfin bref : il n'y avait pas plus dépravée qu'elle ce soir ! Et pour en rajouter une couche, la truande se permit de prendre le verre posé devant la jeune et d'en boire une longue gorgée, avant de le poser avec violence sur la table.


-Comment tu peux boire ça ? ERK !

Elle grimaça et cracha ce qu'elle avait dans la bouche entre ses jambes, en en mettant à moitié sur sa robe déjà bien sale. Non, voir ce spectacle n'avait rien de bien jolie...

-'fait... t'es qui au juste ?

Laura la fixait intensément, plissant quelques fois même les yeux pour se concentrer sur son visage qui, sur l'instant, ne ressemblait à personne de sa connaissance.
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Ven 3 Jan - 21:46

Melechia se retint de donner un coup de pied à l’ivrogne qui se permettait de prendre ainsi la place de son ami. Certes Gautier l’avait abandonné pour une espèce de petite mijaurée sans intérêt et probablement mortellement ennuyeuse mais ce n’était pas une raison pour se comporter ainsi.

« A ta place, j’éviterais de m’allonger sur cette table. Dieu seul sait ce qui s’est passé sur cette table. Personnellement, je peux te citer trois cas de coït différents, et parfois avec des personnages inattendue, un certain nombre de régurgitation d’alcool sans compter la bave de ceux qui comme toi s’y endorme la confondant avec un oreiller. Enfin, personnellement je pense que d’un point de vue hygiénique ce n’est pas très sain mais c’est ton problème. Et peut être sens tu comme un air de ressemblance entre toi et cette table, toi aussi on ne sait pas trop ou tu traines. »

Elle était ainsi la Ducatore, ce que la plupart des gens pensaient elle le disait. Enfin, elle le débitait à une vitesse incroyable prenant à peine le temps de respirer et rendant son discours impénétrable et insupportable pour les gens normaux, à plus forte raison quand ils avaient bu. Et ce discours incroyablement cohérent indiquait à coup sur quelque chose d’important, le furet était de mauvaise humeur. De très mauvaise humeur, sans quoi elle aurait abordé trois sujets différents dans le même intervalle de temps. Qu’elle se restreigne à un seul centre de conversation sans que cela ne lui soit explicitement demandé marquait son agacement d’être interrompu dans son projet d’enivrement destiné à lui permettre de passer une bonne soirée. Mais comme elle n’avait pas les moyens de s’investir dans une bonne bagarre, que pour une fois elle pouvait gagner, elle se contint.

Melechia n’était pas précisément une grosse buveuse encore un peu trop jeune et beaucoup trop fauché pour se le permettre. Bien sûr, elle avait quelque souvenir de soirées trop arrosées mais rien de bien compromettant ou indiquant une quelconque addiction. Et en voyant l’état désastreux de la voleuse qui lui faisait face qui empestait désormais la crasse et la vinasse (tiens cela rimait) Melechia se promit solennellement de ne jamais tomber aussi bas dans la déchéance. D’ailleurs après que l’autre ait but dans son verre, elle l’éloigna soigneusement d’elle pour ne pas être contaminé par la jeune femme. Qui sait peut être que l’idiotie, l’alcoolisme, et la saleté étaient contagieuses et elle ne tenait pas à mourir d’une infection quelconque, de même elle craignait de perdre le peu de bon sens qu’elle possédait encore.
Elle observa en silence la voleuse roter puis cracher entre ses jambes et s’en mettre un peu partout. Elle avait vu des scènes plus répugnantes, choquantes et agaçantes mais généralement cela faisait partie de son travail et ne gâcher pas ses plaisirs et en temps normal elle était d’assez bonne composition, ce qui n’était pas le cas aujourd’hui. Mais avant qu’elle ne puisse s’agacer et exprimer un peu plus sa mauvaise humeur un ivrogne habitué des lieux répondit à la question de Laura.

« Aha. Zirrafon, tu as l’honneur de parler à Melechia Ducatore ! Une vraie petite teigne si tu veux mon avis. Mais méfie-toi, le furet est plus dangereux que ce que laisse soupçonner son insolence. »

L’ivrogne eut pour tout remerciement le droit de se prendre sur l’épaule la chope vide de Gautier. Ce qui valut à Mel un regard noir de l’aubergiste qui fit comprendre à la petite truande que la prochaine fois ce serait ses fesses qui voleraient à travers l’auberge. Elle accusa la réception du message par une inclinaison fantaisiste de la tête.

« Bon, l’alcolo, je te félicite chaleureusement. Tu as pourri ma soirée, définitivement. Maintenant est ce que ton cul, que les mecs de la cour des miracles trouvent adorables, pourrait dégager de cette chaise de façon à ce que ton haleine cesse de détruire mon nez et que je n’attrape pas ta connerie ? »
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Sam 1 Mar - 11:39

Si Laura avait la possibilité de se voir et surtout de prendre conscience de l'état dans lequel elle se trouvait, sans doute n'aurait-elle pas hésité un seul instant avant de s'administrer une gifle monumentale pour se raisonner. Elle avait tout l'air d'un être pitoyable pour lequel on aurait à peine pitié, tellement il semblait désespérant. Et c'est bien là ce qu'était la voleuse actuellement : désespérante. Elle était le stéréotype même de la vulgarité et de la moins que rien alcoolique au possible. Ces personnes qu'elle préférait d'ordinaire éviter et qu'elle méprisait parfois, elle leur ressemblait comme deux gouttes d'eaux, et peut-être même en caricature. Sans doute se réveillerait-elle le lendemain avec une migraine atroce l'empêchant de se souvenir de ce qu'elle avait fait la veille au soir... À vrai dire, il valait mieux qu'il en soit ainsi, car il n'y avait aucun sur le fait que la demoiselle n'oserait plus se rendre dans cette taverne avant des semaines. Quelle honte ! S'imaginer croiser un des ivrognes présents et pensant qu'elle était partante pour une deuxième tournée, et même pire, n'avait rien de bien reluisant. Leurs pensées toutes aussi farfelues les unes que les autres étaient bien trop bizarres pour qu'elle ose les imaginer, bien qu'elle se doutait déjà un peu de leur couleur...
Quoi qu'il en soit, pour le moment, la jeune femme se tenait là comme une épave pour laquelle on ne pouvait plus rien faire. Son cerveau marchait tellement au ralentit qu'elle ne ressentit d'aucune façon l'agacement de la jeune quant à sa présence imposée à sa table. Elle enregistra néanmoins parfaitement bien ce qu'elle lui « cracha » à la figure et se redressa tant bien que mal contre sa chaise, grimaçant. L'image de toutes les cochonneries s'étant retrouvées sur cette table réussit à la dégoûter, alors qu'au fond, le fait qu'elle ait crachée sur le sol n'avait rien de plus propre... Comme le reste des rues des bas-quartiers de la capitale. Laura avait l'habitude de vivre dans l'environnement le plus sale et le moins hygiénique de Paris, son corps était lui-même recouvert d'une fine couche de crasse qu'elle enlevait de temps à autre, c'est-à-dire les rares fois où elle entrait en contact avec l'eau. La pluie, l'eau d'une fontaine quand il faisait un peu trop chaud pour que cela soit supportable... Ce liquide arrivait souvent par hasard sur sa peau de gueuse, qui en avait en vérité peur. Jamais elle n'oserait rentrer complètement dans ce qu'on appelle un bain, de peur de se noyer,ou que sais-je encore ! Pourtant, enfant, ses parents adoptifs l'avaient habitués de temps à autres à se nettoyer le corps en passant de l'eau sur ce dernier. Mais ce contact lui donnait tellement de frisson que s'en était presque désagréable... D'où sa réticence à s'en approcher à moins de quelques centimètres.

La saoul leva son regard vers l'ivrogne et se mit à rigoler à sa réponse, et surtout à la réaction impulsive de la dénommée Melechia Ducatore. Vous savez, ce même rire complètement idiot et avec lequel on ne pouvait que s'apitoyer davantage devant elle...


-J't'ai froissé, jeune Mel ? Lui lança-t-elle, complètement incapable de faire une longue phrase réfléchit et un peu moins... brut.

A nouveau, la voleuse se pencha vers elle, mais cette fois si en se levant de sa chaise. Ses grands yeux rouges d'ivrognes ressortaient presque de leur orbite, comme ceux d'un malade proche du dernier souffle le faisant passer dans l'autre monde, afin de rejoindre le diable. Elle afficha un grand sourire, montrant par endroit des dents un peu jaunes, mais étrangement plus propre que ce que l'on pourrait penser, et remua son dernier de façon provocante.


-T'veux parler de c'cul là ?

Laura prit soin de bien parler assez proche de Melechia pour qu'elle puisse sentir son haleine alcoolisée et se remit à rire.
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Lun 10 Mar - 22:04

Laura Zirrafon laissait généralement Mel’ de marbre. Elle avait apprit et retenu son nom un peu par hasard et parce que dans son métier, enfin son métier théorique, il était important de pouvoir prétendre connaitre tout le monde. Mais la jeune voleuse l’intéressait assez peu. Bien sûr, elle avait un choix de carrière surprenant si on considérait son physique, enfin ce qu’on devinait de son physique sous la crasse, mais à part ça… On n’avait pas grand chose à dire à son sujet que ce soit en terme de ragots croustillants ou mieux en terme d’information que l’on pouvait troquer contre quelques pièces sonnantes et trébuchantes.
Vraiment, elle n’éprouvait pour elle ni antipathie, ni empathie. Juste la vague indifférence qui caractérisait si rarement ses rapports avec les gens.
Mais là… Là on aurait offert un seau de rhum bon marché à balancer à la figure de la dépravée qui s’acharnait à la coller, Melechia l’aurait sans doute accepter. Comme elle regrettait. Oh oui comme elle regrettait sa négligence de ces dernières années. Dès que cette exécrable soirée serait finie, elle allait se faire un plaisir d’inspecter la vie de la petite voleuse. Bien qu’il soit assez ironique que Mel qualifie qui que ce soit de petit. C’était comme entendre Grégoire décrire quelqu’un comme malhonnête.

Et en plus elle se foutait de son prénom. Melechia grinça des dents et marmonna une malédiction en italien à l’égard de l’ivrogne. Ce dernier répondit par un rire qui ressemblait fort au gloussement d’une poule édentée. En voilà un autre qui allait se retrouver sur sa liste noir et qui risquait fort de voir une rumeur fort malvenue se répandre à propos de sa personne. Une fois de plus, elle maudit le prêtre l’ayant baptisé la condamnant aux moqueries et aux plaisanteries pour l’éternité. Il ne l’emporterait pas au paradis ça s’était sûr. De toute façon, une telle négligence vis-à-vis d’une enfant sans défense devrait lui valoir la damnation éternelle.

Observant la chope vide qui tourbillonnait désormais sur le sol répandant un peu de liquide sur le parquet déjà crasseux tandis que les lumières flaibarde des chandelles se reflétaient sur le métal gris sale. Se concentrer sur un détail ordinaire du quotidien paraissait pour être ne bonne façon de reprendre la maitrise de ses émotions. Ce qui n’empêchait pas le petit poings de Mel de se serrait et se désserait à un rythme insoutenable, ses ongles courts et crasseux s’enfonçant dans une paume tout aussi crasseuse. Elle ne se battait rarement parce que malgré sa vivacité, elle ne gagnait que très rarement. La faute à sa putain de génitrice (ce n’était pas une insulte il y avait une forte chance que sa mère ait été une pute). Mais là, vu, l’état de décrépitude de Laura. Elle avait largement toute ses chances. Une victoire facile encore plus facile que les victoires sur un nourrisson. Et cher lecteur avant de rire en lisant la comparaison je vous invite à considérer l’incroyable puissance pulmonaire de ces petits êtres et leur capacité de nuisance tout à fait remarquable.

Jeune Mel’. Déjà elle n’était pas si jeune. On sentait juste la jalousie percer sous les propos de l’alcoolique tout comme on sentait la mauvaise foi qui percer sous les pensées de Melechia alors qu’elle se contentait d’un regard froids et méprisant en direction de la jeune voleuse.

Et puis voilà qu’elle se repenchait vers elle. Dio Mio. Qui voulait voir le triste spectacle de son visage crasseux de ses dents jaunes et de son haleine alcoolisé. Pas elle. Bon sang, il y avait pleins de gars qui aurait été ravie de loucher sur le décolleté de son interlocutrice donc pourquoi elle s’acharnait sur elle pauvre petit créature qui innocente qui voulait juste se saouler en paix. Mais nan, même ses heures de repos se trouvaient troubler par cette putain d’alcool.

La façon dont elle remuait le derrière n’aurait certainement pas put passer pour aguicheuse dans un endroit un temps soit peu civilisé. Mais ici on était à la cour de miracles. On était même dans le trou du cul de la Cour des Miracles, entourés d’alcoolique qui se firent donc un plaisir de reluquer Laura en sifflant et en y allant chacun de leur petit commentaire graveleux.

Melechia se leva, ce qui lui permettait de dépasser Laura et cracha:

« Sérieusement tu as un problème, j’espère que tu en es consciente ! Mierda ! J’avais presque réussi à oublier ma journée de merde et il fallu que tu revienne. Et puis t’es vraiment donne ! J’aurais parler de ton con humide et puant tu le leur aurais montré? Tu as envie de te faire violer parce que tu es en manques ou quoi? Si c’est le cas sache que la plupart des bordel propose un service avec des gigolos qui seront heureux de coucher avec une femme au lieu de se faire enculer par un homosexuel refouler. Sinon c’est quoi ton problème? Tu préfères les femmes? Et pourquoi tu te foues de mon prénom tu crois que le tien est mieux? Tu sais quoi tu m’emmerdes. »

Et dans un mouvement d’humeur rare chez elle, car pour que Melechia perde sa tendance au sarcasme et à la plaisanterie il fallait y allait fort. Elle abattit son poing dans le ventre de Laura.

« Tu sais quoi? Comme je suis charitable, je vais te trainer hors de cet établissement, je vais te foutre dans la seine ou une fontaine pour te faire dégriser et je vais te laisser dehors dans le froids pour que tu crève à cause d’une maladie. »

Sans attendre de protestation, elle saisit l’ivrogne par le devant de la robe et commença à la trainer dans l’auberge.
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Lun 14 Juil - 16:08

Laura le savait très bien, elle en était même presque sûre. Demain, elle allait regretter tout ce qui a pu se passer dans cette taverne, ce soir. Tous ces hommes la fixant tels de gros pervers et souhaitant la toucher, ne l'avoir rien que pour eux... Elle n'avait pas bu assez d'alcool pour se comporter de manière encore plus stupide qu'elle ne le faisait déjà, et heureusement pour elle. Si une goutte de plus avait franchit ses lèvres, sans doute serait-elle déjà dans les bras d'une de ce gros balourds pouilleux, en train de se faire caresse de toute part comme une vulgaire traînée, et d'autres choses qu'elle n'oserait jamais imaginer. Sans doute s'en rendrait-elle compte avant, ou lorsqu'il sera trop tard. Elle qui avait plus tendance à repousser les hommes qu'autre chose, ce soir apparaissait comme une opportunité pour tous ces alcooliques la reluquant depuis des lustres ! Mais c'était très mal connaître la voleuse que de dire qu'elle se rendrait facilement dans les bras de l'un d'eux dans un tel état, même en étant aussi ma qu'elle pouvait l'être aujourd'hui. Ce qui lui permettait d'être forte était la vision de son frère, toujours présente dans son esprit lors de moment difficile. Il lui rappelait que quoi qu'elle fasse, quoi qu'il lui arrive, il sera toujours la pour elle. Oui, c'était très rassurant de savoir qu'on possédait quelqu'un sur qui comptai. Et elle avait bien besoin de ça, de se sentir aimer et épauler. Malgré cette dure carapace et cette armure la faisant passer pour une femme forte que rien n'atteint, Laura était bien plus fragile qu'il n'y paraissait. Il lui arrivait parfois de se sentir seule, comme abandonnée. Elle l'avait déjà été par ses parents, puis par le brave couple mort pendant la fronde, et enfin par sa jeune sœur Fanny... Qui d'autre allait disparaître de sa vie ? Si tant de secret l'entourait, c'était avant tout pour ne pas risquer de perdre les dernières personnes comptant cher pour elle. Car si elle venait à se retrouver une fois pour toute belle et bien seule, elle n'y survivrait pas...
C'était étrange, de la savoir d'ordinaire si réfléchit quand on voyait l'état d'ivresse dans lequel elle se trouvait actuellement... Mais elle et Yvan se complétait : tandis qu'elle réfléchissait et se montrait maligne, lui fonçait et savait les défendre tous les deux. Bien sûr, la demoiselle s'était déjà servit d'une arme volée ainsi que d'un pistolet, mais la violence n'avait jamais vraiment été son truc. Elle en avait même plus peur qu'autre chose. Il était si facile de tuer un pauvre misérable et de se faire tuer par vengeance dans le coin d'une rue. C'est également pour ça qu'elle évitait généralement de se rendre dans des tavernes, car elle savait pertinemment qu'une soirée se terminait une fois sur deux par une bagarre de groupe. La seule nuit qu'elle avait passée entièrement dans ce genre d'endroit en était la preuve.

Melechia avait vraiment de a chance que Laura ait l'alcool heureux et ne s'énerve pas au quart de tour, et surtout qu'elle ne comprenne pas vraiment ce qu'elle était en train de lui dire. Si elle avait été parfaitement sobre, nul doute qu'elle l'aurait renvoyé sur ses trente-six mètres. Quoi qu'elle n'aurait pas eu à le faire, étant donné que les deux jeunes femmes ne seraient pas en train de se disputer à l'heure qui l'est, ou plutôt la voleuse ne serait pas en train d'enquiquiner la pauvre jeune.
Son coup de poing dans le ventre la fit se plier en deux et grimacer de douleur.


-Qu'es'ce tu fais ?

Elle n'eut pas le temps de réagir qu'elle sentit Melechia la tira par la robe, sous les regards et les rires des ivrognes. Laura lui tapa sur le bras et se mit à hurler :

-Lâaaaacheuh moiii!T'es tarée !
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Ven 12 Sep - 17:38

Mel n’avait aucune patience, aucune douceur, aucune sympathie et elle n’avait pas vraiment l’alcool heureux et bienveillant. C’était donc un miracle que les dents de Laura ne soit pas déjà sur le sol miteux de la taverne. Parce que Mel n’était pas une force de la nature, loin de là, mais même un bambin aurait exterminé Laura dans cet état. D’ailleurs les vagues coups que Laura donnait pour lui faire lâcher prise lui faisait serrer les dents mais pas beaucoup plus. Les rires en revanches lui arrachèrent les oreilles et elle se fit violence pour ne pas répondre. Parce que répondre était une stupidité qui allait lui attirer de gros ennuis. Une fois dehors, elle manqua de laisser tomber Laura. Au lieu de ça, elle la plaqua contre un mur.

- Ok, maintenant tu m’écoutes ! Si tu veux te faire violer c’est ton problème ! Mais si tu pouvais avoir la décence de ne pas m’impliquer dedans ça m’arrangerait. Donc oui je suis tarée, toi tu es bourrée et tu m’emmerdes. Donc je te le répètes, je te fais débourrer parce que je ne m’acharne pas contre les mourants. Et après-demain lorsque tu sera plus ivre comme un cochon et que tu auras plus la gueule de bois. A ce moment, et uniquement à ce moment, je vais te faire la misère la plus atroce que tu puisse imaginer. Tu m’as pourri une soirée et moi je vais faire pire.

Ce n’était pas du tout le style de Melechia. Droit directement aux faits, cinglants ces mots partaient sans hésitation de sa bouche.

- Tu m’as comprit ?

Elle ponctua son discours de quelques insultes italiennes puis sentit puis sans écouter, réponses acceptations, protestations ou insultes elle poussa Laura dans l’abreuvoir à cheval. Ce truc d’ailleurs ne servait qu’à ça. On n’avait pas de chevaux dans ce coin de Paris, par contre on avait plein d’ivrogne à foutre dans l’eau pour les aider à revenir à leurs sens. Mel conserva sa prise sur Laura et la fit ressortir de l’eau.

- Comment tu te sens ?
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L'alcool et l'esprit ne font pas bon ménage {Melechia}

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