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 Une promenade parisienne[Libre]


Jeu 3 Oct - 0:12

La nuit est douce, les draps sont soyeux, le lit moelleux, la température est agréable, tous les éléments sont réunis pour un sommeil du juste. Mais il y a longtemps que Viviane ne trouve plus le repos sans être tourmentée par son passée, ses nuits sont agitées, bruyantes, elle est captive de ses songes. Chaque nuit, elle revit cette soirée dans cette lugubre ruelle.

Elle est allongée sur le pavé froid qui même avec sa cape lui gêle les os. Elle ne peut crier tant la peur l'assaille. Pourquoi avait elle été si butée? Elle n'aurait jamais du sortir à une heure aussi tardive. Pourquoi avait il fallu qu'elle prenne en pitié cet enfant? Pourquoi l'avait elle suivie dans cette ruelle sombre?

Les draps sont froissés et les gémissements se font plus bruyants. La vision de cette soirée est poignante, aussi douleureuse que les coups reçus, aussi paralysante que la vue du poignard qui était pointé vers elle, aussi assourdissante que les ricanements de son agresseur. Il n'en voulait pas à sa bourse et encore moins lui voler son innocence, non. Il n'était pas de cette espèce! Son agresseur était plus sombre, plus ténébreux et dénué du moindre sentiment pour ses semblables, elle avait pu lire l'émoi que sa peur lui avait procuré et elle avait su au contact de sa lame sur son poignet, que la mort était l'ami de son bourreau et qu'il l'avait conviée à cette rencontre.

Un cri strident et viviane est haletante, trempée et tremblante. Des larmes perlent ses joues, elle se hait, elle excècre sa faiblesse. Dix mois qu'elle avait été agressée, et pourtant la peur est encore sa compagne à chaquefois qu'elle ferme les yeux. Quand retrouvera-t-elle la quiétude?
Elle entend le plancher qui craque et sait que c'est sophie, comme tous les soirs quand elle entend les hurlements de Viviane, elle vient s'assurer que tout va bien. La jeune femme se lève, passant machinalement la main dans ses cheveux pour les ramener sur le côté, puis s'adosse à la porte.

-Ca ira Sophie, ne t'inquiètes pas pour moi. La douce voix de sophie se pare de crainte.

''Laissez moi m'en assurer Mademoiselle, ouvrez s'il vous plait''. Sa main est fermement pressée contre sa bouche pour étouffer ses sanglots, elle n'aime pas être vue comme une femme en détresse. Elle parvient à se maitriser et renchérit avec fermeté.

-Cela suffit Sophie! Je vais bien, ça sera tout merci. Bonne nuit. Les mains ramènent les cheveux en arrière, prenant une grande bouffée d'air avant de retourner sous les draps, implorant les saints pour la quiétude de son âme.

Le lendemain, c'est bien mise dans une robe de dentelle verte citron que la belle descend gaiement les marches d'escalier, souriante, rayonnante. Nul ne pourrait certifier qu'il y a encore quelques heures, elle était en proie à un tourment vicéral. La voix est douce et mélodieuse, les mains gantées prennent l'ombrelle tendu par Charles.

-Merci Charles, je ne pense pas être longue. Je vais juste prendre un peu d'air. De la marche me fera le plus grand bien.

''Permettez qu'on vous accompagne Mademoiselle''.

-Non, j'aimerai être seule. Sophie vous communiquera mes recommandations pour la journée. Dit elle en ajustant ses gants.

''Bien Mademoiselle, une agréable promenade dans ce cas''.

Elle opine légèrement du chef pour remercier Monsieur Durant, ornant ses lèvres d'un ravissant sourire avant d'entamer le pas. La porte de l'hôtel particulier est ouverte et dans une démarche élégante et gracieuse, la belle se perd dans la foule et le chahut parisien.
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Jeu 3 Oct - 11:08

Athénaïs avait dû rentrer à Paris en catastrophe la veille au soir. Sa belle-mère, qui avait la garde des enfants en l'absence du marquis, était rentrée dans leur logis avec les petits et avait fait prévenir la marquise de son arrivée et surtout de son inquiétude quant à Marie-Christine, la fille aînée d'Athénaïs et Louis-Henry. La petite avait, vraisemblablement, pris froid, la fièvre ne la quittait plus depuis déjà trois jours, et la grand-mère de l'enfant, inquiète, avait fait dépêcher un courrier à sa belle-fille, lui mandant l'état de l'enfant. La marquise, aussitôt la missive reçue, s'était empressée de les rejoindre le soir venu, pour s'enquérir de l'état de sa fille. La pauvre enfant d'à peine trois ans délirait. Athénaïs avait donc fait venir un médecin que sa domestique avait été chercher. Il avait passé un certain temps à ausculter la petite, lui avait donné une certaine décoction et finalement avait prescrit des plantes à lui faire ingurgiter en infusions. La fièvre avait commencé à baisser pendant la nuit, Marie-Christine serait tirée d'affaire, mais il faudrait continuer les soins. La marquise avait donc pris l'initiative, ce matin-là, d'aller elle-même chercher les plantes chez l’apothicaire. La mère de son mari, avec qui elle ne s'entendait que très moyennement, lui avait déjà suffisamment reproché de ne pas assez s'occuper de ses enfants, aussi avait-elle décidé de lui prouver le contraire en allant elle-même s'acquitter de cette course. Il fallait dire aussi que la vue de son enfant souffrant rendait Athénaïs malade. S'il y avait une chose qu'elle ne supportait pas ou très difficilement, c'était les pleurs des enfants. Non pas qu'elle y était insensible, c'était tout le contraire justement. Elle se sentait démunie, incapable de faire quoi que ce soit pour améliorer la situation. Au moins, en allant chercher les médications de sa fille, elle se sentait utile.

L'apothicaire lui avait donné dans une petite bourse le mélange de plantes à faire infuser. Entre les honoraires du médecin et le coût de ces soins, Athénaïs avait vu le contenu de sa bourse considérablement diminuer, ce qui ne serait pas de bonne augure pour traiter l'affaire fâcheuse qui la liait au voleur de lettre. Mais la santé de sa fille passait avant tout. Elle trouverait bien une solution avant le soir venu pour retrouver l'argent manquant. Sortant donc de la boutique de l'apothicaire, après avoir refermé la porte derrière elle, elle percuta en se retournant une jeune femme blonde. La marquise ainsi surprise sursauta et fit tomber ce qu'elle était venue acheter. Par chance, le contenu ne sortit pas de son emballage de tissu. Elle se précipita pour le ramasser et, se relevant, jeta un regard noir à la blondinette qui lui faisait face. Les yeux bleus de la marquise étaient assombris par les cernes qu'elle avait difficilement cachés avec un peu de poudre. Mais le temps lui manquait pour s'arranger comme à la Cour, n'ayant pas dormi de la nuit pour veiller sa fille, elle avait souhaité se rendre dès la première heure en ville pour pouvoir la soigner
.

-Enfin, ne regardez-vous pas devant vous lorsque vous marchez?!lâcha-t-elle en la dévisageant.

Cette jeune personne était bien mise, les dentelles de sa tenue faisaient presqu'envie à la marquise. Mais, à ses vêtements, Athénaïs remarqua qu'elle n'était pas noble. Cependant, elle était fort élégante et devait probablement être fortunée. Qui pouvait-elle bien être? Elle n'en avait aucune idée. En temps normal, Athénaïs aurait passé quelques secondes à regarder l'habillement de cette femme, y chercher des failles ou remarquer les points particulièrement intéressants afin de s'en inspirer. Mais l'heure n'était pas à la mode.
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Jeu 3 Oct - 12:45

Le réveil fut dur pour Stefano car la nuit avait été longue, et ne croyez pas que cela était à cause d’un quelconque plaisir charnel auquel il aimait d’adonner. Non, cette soirée avait été rythmée de questions pour sa pauvre amie Athénaïs. Il prévoyait de gentiment lui donner les 20 sous qui lui manquait pour l’histoire de ces fameuses lettres. L’Italien n’avait pas pu imaginer une seule seconde la laisser sombrer seule à cause de ce plan qu’ils avaient monté ensemble. Sa mère lui avait appris la notion de l’amitié et du partage et c’était deux choses auxquelles il tenait énormément. Malgré le fait qu’il soit arrivé totalement fauché, Stefano avait réussi à réunir un petit pécule, rien de grandiose, mais bien assez pour ses dépenses. Il n’était pas un grand dépensier, même s’il aimait bien vivre. Ce geste allait être un grand sacrifice pour lui, mais cela allait contre sa morale et sa personne d’abandonner Athénaïs, elle qui avait déjà tant de mal avec son mari dépensier… C’était la première fois qu’il pensait si fort qu’il n’arrivait pas à dormir. Il s’agissait dans ce cas de quelque chose qui risquait de les amener les deux dans une situation qu’il n’osait même pas imaginer.

Le matin même, il prit son courage à deux mains et alla compter sa petite réserve monétaire. Il en préleva une partie pour la mettre dans une bourse qu’il allait donner à son amie plus tard, quand il la croisera dans le château, mais il la laissa dans sa chambre, pour ne pas qu’on la lui vole car aujourd’hui il allait en ville, à Paris. Après avoir fait appeler une voiture, il demanda qu’on l’amène à la capitale du Royaume. Le long du chemin, il laissa se perdre son regard et sa pensée dans la nature. Il avait caché les cernes qui avaient commencé à se creuser sous ses yeux verts et s’était vêtu d’un vêtement pas trop voyant, car il n’allait pas se balader dans un endroit aussi sûr que la Cour.

Après être sorti du carrosse et avoir donné des indications au jeune homme qui l’avait mené ici, il se dirigea dans les rues, à la recherche de trois petit bijoux, ohhh, rien de bien kitsch et cher, mais il voulait trouver deux bagues, une pour lui et Josef et un bracelet pour son Antoine. En se dirigeant vers une boutique qu’il connaissait, il vite Une silhouette qu’il connaissait bien, Athénaïs ! il se dirigea vers elle quand il vit qu’elle s’était heurtée à une personne qu’il ne connaissait pas, aux cheveux blonds comme le blé. Voyant que la situation n’était pas des plus détendue, il s’imposa.

- Bonjour Athénaïs, comment allez-vous ? Lui demanda-t-il avant de regarder la Dame qui semblait très bien habillée, pourtant il ne l’avait jamais vu au château. Et nous avons l’honneur à ?


Dernière édition par Stefano Sforza le Sam 5 Oct - 13:18, édité 1 fois
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Jeu 3 Oct - 17:02

Les semelles claquent gracieusement sur le pavé, Viviane est quelque peu perdue dans ses songes. La nuit n'avait pas été tendre avec elle, mais elle en avait l'habitude à présent et elle avait appris à s'en accommoder. Les azurs regardent laconiquement les vitrines des boutiques à la recherche d'un cadeau pour Sophie si chère à son coeur. Elle n'avait pas remarqué s'être aventurée si loin de son hôtel particulier, il lui arrivait souvent de ne plus avoir la notion du temps et de se perdre dans ses vieilles hantises. Un regard vers son poignet et plus précisément vers cette cicatrice qui la marquait jusqu'au plus profond de ses entrailles et elle ferme les yeux  pour maitriser son angoisse. Comme il est déstabilisant d'être une femme et encore plus d'être une femme sans défense. Cette nuit là, elle avait été une victime, sa victime et peut-être avait il réussi à lui voler bien plus qu'un cri, qu'une peur, que de la douleur. C'était sa vie qu'il avait dérobé et elle était restée là, impuissante face à ce monstre. Elle n'avait pas supplié, elle ne pouvait l'expliquer, mais elle avait pu lire au fond de ses yeux. Ne dit on pas que les yeux sont les fenêtres de l'âme? Cela explique peut-être pourquoi elle avait compris que ses suppliques n'auraient eu comme pour seul effet que d'attiser la folie meurtrière de son oppresseur. Avait elle abdiqué? S'était elle soumise? Peut-être.

Une porte qui se ferme et une douleur dans le bras, Viviane est poussée en arrière, mais n'en perd pas son équilibre pour autant, un pas en arrière et les azurs regardent avec perplexité la jeune femme qui se dresse devant elle. Grand Dieu, quelle gourde!

-Veuillez me pardonner Madame, j'avais l'esprit ailleurs.
Dit elle soucieuse. Ne jamais se mettre en colère, voila ce qu'on lui avait appris, toujours se montrer respectueuse et s'assurer que son interlocuteur ne vous a pas dans son carnet noir. Les mirettes observent discrètement la dame, sa tenue, son teint, ainsi que son parfum, dévoilaient clairement une femme de haute naissance,  et même si la jeune femme n'attachait pas une grande importance aux titres, elle savait se tenir en face d'une noble. Simple femme du peuple, aussi bourgeoise soit elle, c'est avec déférence qu'elle ploie les genoux pour une légère révérence.

-J'espère que vous pardonnerez ma maladresse Madame et que je ne serais pas cause d'un quelconque contre-temps. Je me doute que vous devez avoir fort à faire. Un regard sur le paquet qu'elle tient et la crainte d'avoir abîmé son contenu l'accable.

-Votre colis n'a pas eu à souffrir de cette brusque rencontre?
Les orbes fixent avec douceur la jeune femme pour finalement glisser vers un homme qui vient de les rejoindre. La jeune femme est légèrement gênée, espérant que cette perdition intérieure ne sera pas à l'origine d'un procès public. Viviane est une femme discrète qui n'aime guère être exposée. Un sourire policé destiné aux inconnus et la douce voix se rend audible.

-Mademoiselle Roseray Monsieur.
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Jeu 3 Oct - 17:23


Athénaïs, après s'être assurée encore une fois que le contenu de son paquet n'avait en rein souffert de la chute, épousseta sa robe machinalement tout en fixant l'inconnue qui lui faisait face. Et en un éclair, sans qu'elle ne sache ni comment ni pourquoi, ni d'où il sortait, Stefano fit son apparition. Incroyable! La marquise écarquilla les yeux, comme pour s'assurer qu'il ne s'agissait pas d'une vision. Non, le bel italien était bien là. Elle lui sourit alors.

-Stefano, vous ici! Quelle bonne surprise. Il faudra que ej vous parle en privé, ajouta-t-elle plus bas, ayant rapproché son visage du sien pour ne pas que cette nouvelle phrase s'entende.

Puis la jeune femme inconnue se présenta, ce qui, quelque part, rassura Athénaïs. Après tout, quel mal pouvait bien lui faire cette grande gigue blonde? Probablement aucun. Mais après le vol dont elle avait été victime au bal de Monsieur, et l'introduction chez elle de la petite manante, la marquise avait tendance à être sur la défensive de prime abord. Elle se radoucit lorsque la jeune femme s'inclina et s'excusa. Après tout, l'erreur était humaine, elle le savait. Elle lui sourit alors.

-Ce n'est rien. Je en voulais pas m'emporter de la sorte.

Elle lui demanda si son colis n'avait pas souffert du choc, et Athénaïs l'examina une troisième fois pour s'en assurer.

-Fort heureusement non. Ce sont des herbes médicinales pour ma fille.

A présent que Stefano était là, sa présence la troublait et elle brûlait de lui raconter tout ce qui s'était passé depuis le bal. Mais elle hésitait, avait-elle le droit de le mêler à la sombre affaire qui lui faisait vivre un enfer depuis deux jours? Entre cela, la maladie de sa fille, elle avait l'impression que, plus que jamais, le sort s'acharnait sur elle et que le sol allait se dérober sous ses pieds. Elle releva la tête et regarda Mlle Roseray, en souriant de manière bienveillante.

-Prenez donc garde, mademoiselle Roseray, les rues de Paris ne sont pas toujours très fréquentables, et à rêvasser ainsi, vous risqueriez de faire de mauvaises rencontres.

Sans doute le savait-elle, qui ne le savait pas? Mais un rappel était toujours utile. D'autant que la jeune femme semblait issue d'une famille aisée pour ne pas dire fortunée, elle était donc une proie attirante et facile pour les brigands de la capitale,d 'autant qu'elle était sortie sans accompagnateur.


Dernière édition par Athénaïs de Montespan le Sam 5 Oct - 18:03, édité 1 fois
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Sam 5 Oct - 13:15

Les nobles descendaient sur Paris, même si la plus part préféraient rester au château, au chaud et surtout à l'abri des regards indiscrets. La capitale représentait pour eux un endroit sale où vivait les gens de bas étages, ceux qui n'étaient pas instruits, ceux qui ne savaient pas se tenir, ceux qui n'avaient aucune idée de ce qui se passaient en haut. La vie de la Cour leur était totalement étrangère et il n'y voyait que du mal, ou presque, mais qu'en était-il vraiment. Ils vivaient dans le plus grand Royaume au monde, la France! Et cela n'aurait certainement pas été le cas si le pouvoir avait été dans les mains de ces ignorants.

Stefano fut surpris de retrouver Athénaïs à Paris! Que dire, il aurait voulu la retrouver qu'il ne l'aurait pas pu... Avec tout ce monde et cette immense foule, cela aurait été clairement impossible.

Et bien Athénaïs, bonjourno mia cara! dit-il avant de lui faire un baise-main. Il écouta son amie attentivement. No problemo pour mio, voulez-vous me rejoindre à mes appartements ce soir ou domani?

L'Italien se retourna vers la jeune femme qui faisait face à son amie en attendant sa réponse. Cette dernière était vraiment bien habillée pour une personne du peuple, de belles dentelles pendaient le longs de sa ligne. Cependant, on voyait quand même que la jeune inconnue ne faisait pas partie de la Cour. Stefano ressentait qu'Athénaïs n'allait pas bien, elle était différente, plus sur les nerfs que d'habitude. Peut-être était-ce pour cela qu'elle voulait le voir en privé? Il le saurait bien assez vite! Cependant la pression retomba quand la dame du peuple s'excusa et s'inclina tout en dévoilant son identité.

Après s'être assuré que sa complice aille bien, il retourna son regard vers Vivianne.

-Et vous, vous n'avez rien de cassé?

Demanda-t-il, sans vraiment y porter attention. C'était juste une attention, il n'aurait pas voulu laisser la demoiselle seule et blessée. Le danseur avait toujours porté une certaine importance au bien-être des autres et cela depuis tout petit. A vrai dire il en avait toujours été comme ça avec lui. Son frère aîné avait toujours porté un point important à la santé de son cadet alors il ne voyait pas pourquoi il ne devait pas le faire avec son prochain.
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Sam 5 Oct - 16:38

Très observatrice, ''viviane'' remarque la surprise de la dame lorsque celui qui semble être un proche ami, vu son intervention et leur proximité, les rejoint. Il est vrai que l'inconnu était sorti de nulle part et que la belle l'avait à peine entendu se rapprocher, surement monsieur avait il le pas leste. Un sourire policé à l'attention de la jeune femme qui semble regretter son débordement d'humeur, viviane tient à la rassurer.

-Ne vous accablez pas madame, votre colère est justifiée et je ne vous en tiendrai pas rigueur. Il n'est pas dans mes habitudes de prendre ombrage pour si peu, surtout si je suis la principale fautive. Les océanes observent fugacement le paquet dont le contenu lui était maintenant connu et la compassion nait en son sein et les billes ne peuvent en dissimuler la profondeur.

-J'espère que votre fille ne souffrira pas de ce contre-temps que mon étourderie vous contraint à emprunter. Les enfants sont notre plus grande richesse et j'espère que la votre se rétablira prestement. C'est tout le mal que je lui souhaite, si je puis dire.

Une écoute attentive des paroles de la dame, viviane arque légèrement un sourcil et se raidit à la mise en garde, quelque peu offensée qu'on puisse une nouvelle fois, voir en elle une faible femme ou une proie de choix, mais elle comprend et pour être sincère, la dame est incontestablement dans le vrai. C'est donc reconnaissante que la voix s'élève.

-N'ayez crainte Madame...? Elle marque une pause pour ainsi inviter ses interlocuteurs à lui rendre la politesse. C'était la moindre des choses, et puis, sait-on jamais, il se pourrait qu'un jour sa classe sociale vienne à évoluer. Elle serait alors ravie de reconnaitre et d'interpeller certaines personnes.

-Je sais Paris une ville périlleuse pour avoir déjà fait une mauvaise rencontre et je ne m'attarde jamais bien longtemps, surtout si le ciel s'obscurcit. Même si je trouve regrettable qu'une si belle ville, soit ainsi infestée et souillée par la vermine.

La voix du jeune homme rompt une nouvelle fois le silence de son petit accent Italien qui l'amuse plus qu'autre chose, certes, la belle ne parlait pas cette langue, mais elle l'avait moult fois entendue pour être apte à la reconnaitre.
Monsieur veut s'assurer qu'elle n'a rien de cassé dit il, mais il est assez aisé pour la belle de dicerner l'indifférence et peut-être même le mépris que cet homme a pour elle et les gens de sa caste. Une risette apparait subtilement, car elle ne désire pas dévoiler sa rudesse face à un tel spécimen. Oui cet homme était bien de ceux qu'elle se plaisait à nommer intérieurement de la sorte, car il était de ceux qui se croient au dessus des autres et ainsi occupent un pouvoir de domination sur leur caste. La belle excécrait la domination sous toutes ses formes, même celles qu'on dit douces. Elle s'y pliait parfois, époque oblige, pensait elle souvent ironiquement, mais elle se voulait libre de toute volonté et de ce pouvoir de domination qu'exerce les bien-nés. C'est donc avec la même indifférence, mais enjolivée par un courtois étirement des lèvres que la belle dissimule ses pensées.

-Ne vous fiez pas à mon frêle corps monsieur, je suis plus résistante qu'il n'y parait. Ne dit on pas que les apparences sont souvent trompeuses? Les mirettes glissent vers la dame.

-Assurez vous plutôt que cette ravissante dame retrouve au plus vite son logis sans subir une nouvelle fois, la maladresse d'une tête à l'air. Termine-t-elle un brin amusée.
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Sam 5 Oct - 18:22

Quelque part, Athénaïs était heureuse que le hasard ait mis Stefano sur son chemin. Cela lui permettait de prévoir une entrevue avec lui le soir-même, puisqu'il le proposait, et ce qui lui laisserait le loisir de l'entretenir à propos de son affaire de lettre. Elle le regarda avec un petit sourire crispé tout en hochant la tête.

-Je vous retrouve ce soir après le dîner de la Reine, répondit-elle, oubliant un instant la présence de Viviane.

Celle-ci d'ailleurs lui demanda son nom. La marquise se rappela qu'elle ne s'était pas présentée. Mais la façon qu'eut la jeune femme de recevoir ses excuses, se plaçant presque au même rang qu'elle, la dérangea quelque peu. Si la marquise était de nature généreuse, elle avait cependant une haute estime d'elle-même et de la famille à qui elle appartenait, l'une des familles nobles les plus anciennes qui soient. Aussi se fit-elle un plaisir de rappeler son origine.

-Françoise de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan, dit-elle à l'attention de la belle bourgeoise, un sourire en coin sur ses lèvres roses.

Il était vrai que l'heure cependant n'était pas à l'étalage de titres. Sa fille l'attendait à la maison. Viviane semblait comprendre l'importance que pouvaient avoir les enfants pour une mère. Ceci-dit, cela semblait logique puisque, contrairement aux nobles, les gens du peuples élevaient leurs enfants eux-même. Les plus fortunés faisaient appels à des précepteurs, mais les enfants grandissaient aux cotés de leurs parents et l'apprentissage se faisait ainsi.

-Avez-vous des enfants, mademoiselle Roseray?

Athénaïs hocha la tête avec un sourire lorsque la belle blonde souhaita un prompt rétablissement à sa fille. Elle trouva Stefano quelque peu brutal dans sa manière de demander des nouvelles de l'état de la jeune femme en affichant un air totalement détaché. Mais Viviane semblait ne point manquer de répartie, ce qui plut assez à la marquise qui elle-même n'était pas dénuée de caractère. L'inconnue ensuite se défendit en incitant Stefano à raccompagner son amie chez elle. Aussitôt, la dame de la Reine secoua la tête.

-Ce sera inutile, je vous l'assure. Je suis à deux pas.

Elle n'avait pas forcément envie que son ami italien fasse la connaissance de sa belle-mère qui ne se gênerait probablement pas pour la dénigrer devant lui, puisqu'elle se permettait de le faire devant son fils qui était le mari d'Athénaïs. Celle-ci s'entendait donc assez mal avec sa belle-mère qui avait tendance à attiser les disputes entre les époux.

-D'ailleurs je me hâte, une fois ma petite soignée, je dois retrouver le chevet de la Reine.

Elle reposa ses iris azur sur l'inconnue, puis lança un regard à Stefano.

-Mademoiselle Roseray, je vous souhaite une belle journée. Stefano, ajouta-t-elle en souriant.

Puis, elle pressa le pas pour regagner son logis où, faisant fi des remarques de sa belle-mère qui ne se priva pour lui faire entendre qu'elle avait trouvé le temps long. Elle fit infuser les plantes sans demander quoi que ce soit à la cuisinière qu'elle n'appréciait guère plus, et alla faire boire la décoction à Marie-Christine.

HJ: je vous laisse tranquille ^^
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Dim 6 Oct - 0:23

Au titre de la charmante dame, Viviane étire délicatement ses lèvres et les azurs sont marqués par la surprise. Il était rare de croiser une personnalité aussi prestigieuse dans les rues souillées de Paris, mais il est vrai qu'ils ne côtoyaient pas tout le monde.

-Enchantée madame la Marquise, je suis toute à la fois charmée et troublée par cette hasardeuse rencontre. Et d'autant plus confuse pour la brusquerie dont j'ai fait preuve en heurtant votre gracieuse personne. Heureusement pour vous, cela n'est pas récurrent. Plus qu'amusée par le choix des mots, une risette qui se fait vive égaye son joli minois. Mais l'amusement est éphémère car le sujet abordé attriste toujours la jeune femme et son regard devient fiévreux et s'assombrit. Cette nuit là, elle avait aussi perdu cette envie, les coups portés l'avaient fragilisés et un enfant en son sein lui ferait prendre un énorme risque. Un risque qu'elle n'est pas prête à prendre, même pour l'homme qui partagera sa vie. Elle est égoiste? Peut-être, mais il s'agit de sa vie et surtout de sa douleur. Elle ne sera certainement pas de celles qui assurent une pérénité au nom de leur époux.
La main est délicatement et discrètement posée sur son ventre pour garder contenance et c'est négativement qu'elle secoue la tête.

-Je n'ai pas cette chance madame, mais il ne faut pas forcément être mère pour le savoir. Un léger rire cristallin, puis aux paroles de la marquise, elle comprend qu'elle souhaite écourter cet échange et avec raison. Les salutations sont faites et c'est prestement qu'elle leur quitte. Viviane reste quelque peu désarçonnée, avait elle oublié son ami? Ou monsieur avait un achat? Les mirettes le fixent alors qu'elle rajuste ses gants de cuir, elle veut s'assurer que la discussion est close ou si il avait un autre motif qui le retenait.

-Monsieur va-t-il se retirer ou avez vous autre chose à me dire? La nuit ne va pas tarder et je me dois de me hâter pour ne pas croiser le grand méchant loup. Lance-t-elle le regard rieur et le timbre jovial.

-D'ailleurs vous aussi vous devriez vous presser. Loin de moi l'idée de vous dicter votre conduite, mais même un homme n'est pas en sureté dans ces rues. Ajoute-t-elle inquiète. Même si son comportement avait été méprisant, elle ne souhaitait pas son malheur. Un regard vers la direction empruntée par la marquise, Viviane renchérit.

-Je m'inquiète pour votre amie, j'espère qu'aucun mal ne lui sera fait et qu'elle sera au plus tôt au chevet de sa fille.

Les orbes sont dirigés vers le ciel et Viviane sent des gouttes perler son minois. Il ne manquait plus que ça, pense-t-elle dépitée en cherchant déjà un abri de son regard giratoire, mais elle veut tout de même la réponse de Monsieur avant de s'abriter. Les océanes le fixent de nouveau.
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Lun 7 Oct - 12:25

Apprendre de la sorte que l’enfant de son amie était malade mit le Milanais mal à l’aise. Il savait combien ses enfants étaient importants pour la Marquise et qu’elle ferait tout pour eux. A vrai dire, cela était normal car toutes mères tenait à sa progéniture, souvent bien plus que le père. Son expérience personnelle le lui avait bien démontré. Il trouvait Athénaïs courageuse de venir ici seule, alors que l’on connait les rues de Paris dangereuses. Elle en était consciente vu qu’elle avait conseillé à la demoiselle inconnue de ne pas s’y promener comme elle l’avait fait. Stefano n’avait jamais vu les enfants de son amie, et certainement qu’il ne les verra jamais… C’est bien dommage car il aimait les enfants et leur caractère jovial. Ils avaient un esprit créatif qui l’émerveillait toujours. Il faut dire que ces derniers temps, sa complice et lui n’avait pas beaucoup parlé d’autre chose que leur coup contre Henriette d’Angleterre.

-Je vais aussi me retirer mademoiselle, on m’attend au château ! Et cela depuis un petit moment !

Effectivement, le danseur savait que sa moitié l’attendrait ce soir, il lui avait promis de passer la soirée avec lui car cela faisait deux ou trois jours qu’ils n’avaient pas pu profiter l’un de l’autre et Stefano tenait beaucoup à Joseph. Sa voix lui manquait, son regard, sa présence. Le Français était ce que l’on s’amuse à nommer le coup de foudre. Il était son inséparable, bien que l’Italien soit moins attaché à lui que l’inverse. Son amour lui vouait un sentiment très fort, et souvent cela pouvait mener à des scènes de ménage car l’Italien ne se privait pas d’aller voir ses amants et de profiter de leur chair. Il le faisait pas pour blesser sa moitié, mais parce qu’il avait toujours été clair avec celui qu’il aimait plus que les autres.

-Rentrez et ne vous inquiétez pas pour moi Viviane, io vais rentrer comme je suis venu ! Faites attention à vous, la nuit est sombre et propice à tous ses sales voleurs et gueux.

Cela fit bizarre au noble qu’elle se préoccupe de lui. Ce n’était pas des habitudes des petites gens de faire cela, quoique, peut-être était-elle différente.

-J’espère aussi qu’elle sera bien rentrée, mais je ne me fait pas de soucis pour elle ! C’est une femme de caractère et elle ira droit au but, surtout si c’est pour ses enfants. Sur ce, l’Italien se retourna après l’avoir saluée. Bonne soirée Mademoiselle, et que vostro chemin ne croise pas celui d’un sale homme…
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