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 It's morning after dark {Athénaïs}


Mer 16 Oct - 10:52

Ce qu'il y avait de bien avec les jardins disposés de part et d'autre de la ville de Paris, c'était qu'il n'y avait jamais grand monde le matin, lorsque le soleil venait à peine de se lever dans le ciel. En cette journée maussade, cela s'avérait d'autant plus vrai que peu de personnes osaient s'aventurer dehors, alors que le brouillard s'était installé par endroit, et que la pluie menaçait à tout instant. Dans de telles conditions climatiques, il valait mieux rester chez soit, au chaud et éviter ainsi de tomber malade d'une quelconque manière que ce soit. Cela n'avait pas empêché la jeune Laura de traîner hors des murs de sa maison de fortune, car après tout, il y faisait tout aussi froid dehors qu'à l'intérieur. Elle n'était pas non plus folle au point de sortir peu couverte, c'est pourquoi elle portait une sorte de cape par-dessus ses épaules frêles, afin de se protéger au mieux de la température environnante. Seules ses jambes et ses pieds restaient directement attaqués par ce léger vent frais soufflant dans l'air, et venant caresser les feuilles des arbres qu'elle croisait le long de son chemin. Rares étaient les fois où la voleuse marchait dans un des jardins de la capitale, car ces derniers étaient souvent infesté de personnes bien trop nobles par rapport à elle, qui aurait fait bien tâches et aurait jouée le rôle de l'intrus... Pourtant, elle ressentait l'envie de s'y promener ce matin. Temps peu clément égalait à une foule peu présente, et donc plus de tranquillité pour réfléchir, sans avoir l'impression d'être de trop parmi des gens qu'elle ne côtoyait jamais. Enfin... Sauf quand il s'agissait de prendre leurs bien, évidemment. Ses pas crissaient sur les petits cailloux composant le chemin qu'elle suivait innocemment, sans vraiment savoir où il la mènerait, le brouillard qui l'entourait l'empêchant de voir plus loin que quelques mètres devant elle. Néanmoins, elle avançait, tel un fantôme qui flottait dans son cimetière en pleine nuit. Par chance, le soleil commençait à percer ce voile blanc et floue, amenant plus de clarté, et sans doute plus de chaleur -ce qui, entre nous, ne ferait pas de mal-.

Un soupire s'échappa des lèvres de Laura, faisant apparaître une discrète petite fumée blanche qui disparut bien vite. La nuit avait été longue. Très longue. À peu près comme toutes les nuits qu'elle passait en compagnie de l'Araignée. Mais celle là lui avait paru bien plus horrible que la précédente, qu'il l'avait également été plus... Peut-être était-ce le fait qu'elle ait de plus en plus de mal voir son reflet à travers un miroir ou une simple vitre... Mais quoi qu'elle puisse ressentir, la demoiselle en avait prit pour son grade. Le gueux et elle ne s'étaient pas revus depuis le jour où elle avait fuit de sa chambre pour chercher un quelconque réconfort ailleurs, soit dans les bras de ce parfait inconnu nommé Ian. Et comme elle l'avait imaginé, le fait qu'elle soit partie sans rien dire, « comme une voleuse », l'avait parfaitement agacé. Ajoutez à cela cette histoire de vol au palais dont il ignorait tout, et vous obtenez un parfait cocktail explosif. Cocktail qui n'avait pas tardé à exploser en compagnie de Laura... La pauvre avait dû subir le courroux du roi Thunes, encore une fois. Elle pourrait s'y être habitué à force, mais comme dit un peu plus haut, elle en était incapable.

À nouveau, elle poussa un soupire, joignant ses bras pour les croiser sous cape bien trop légère à son goût. C'est alors qu'en levant par hasard les yeux, elle vit une silhouette marchant dans direction, un peu plus loin devant. Sans vraiment savoir pourquoi, ni comment, la Zirrafon s'arrêta près d'un arbre et fit mine de l'observer, comme pour éviter de croiser le regard de cette forme semblant plus féminine que masculine. Mais bon sang, comme elle paraîtrait idiote de se stopper ainsi à l'examen de ce végétal croisé chaque jour ! Tant pis.
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Jeu 17 Oct - 14:18

En cette matinée de mars, Atrhénaïs s'était levée tôt pour rejoindre son poste au Palais. Elle avait passé la nuit à Paris, chez elle, pour mieux pouvoir s'occuper de ses enfants et donner ses instructions à sa domestiques pour l'entretien de la maison. En l'absence de son mari, il lui fallait tenir les rennes du ménage ce qui n'était pas toujours chose aisée, d'autant que sa belle-mère se faisait un malin plaisir de mettre son grain de sel partout. La marquise ne pouvait l'empêcher de venir voir ses petits-enfants si elle y tenait, mais elle avait bien du mal à rester courtoise avec cette femme qui ne cessait de lui faire des remarques désobligeantes, que ce soit sur sa façon d'élever ses enfants ou de se vêtir, se comporter et autres. Bref, la jeune femme était bien heureuse de devoir partir travailler, et elle en avait profité pour quitter son foyer bien plus tôt, prétextant un prompt levé de la Reine, afin de pouvoir respirer.
Etant donc très en avance, elle en profita pour passer par les jardins parisiens. En cette heure bien matinale, elle savait qu'elle n'y croiserait probablement personne et aurait donc la paix pour s'aérer l'esprit. Les tracas de ces derniers jours l'avaient fortement préoccupée et elle avait bien besoin de tranquillité. Elle marchait donc d'un pas tranquille dans la brume du matin hivernal, le nez en l'air, regardant la cime des arbres qui avaient perdu leurs feuilles durant le rude hiver, se demandant quand elle en verrait poindre de nouvelles. Puis, machinalement, son regard fut attiré plus pas. Elle distingua une silhouette immobile près d'un tronc d'arbre, comme quelqu'un qui essayait de se cacher ou d'observer en silence. Quelqu'un aurait-il eu la même idée qu'elle? A mesure qu'elle s'approchait, la silhouette qui se dévoilait à ses yeux lui paraissait bien être celle d'une femme. Un instant, elle crut voir son amie Bonne d'Heudicourt, qui elle aussi était une dame de la Maison de la reine. Contente à l'idée de voir une personne qui lui était chère, elle pressa le pas en sa direction. Mais lorsqu'elle fut suffisamment proche pour distinguer clairement le visage et l'allure générale de cette personne, la marquise vit immédiatement qu'il ne s'agissait là aucunement d'une amie, d'une connaissance ni même d'une noble, mais d'une simple fille des rues, une inconnue. Enfin, pas réellement une inconnue, mais une jeune mendiante qu'elle avait déjà croisée auparavant, quelques jours plus tôt. Décidément, la providence la mettait bien souvent sur son chemin. A présent qu'elle était si près d'elle, elle ne pouvait plus faire mine de l'ignorer, ç'aurait été bien impoli de sa part. Elle décida donc de la saluer, faisant un effort pour se remémorer son nom.


-Bonjour mademoiselle... Zirrafon.

La marquise ne put s'empêcher de remarquer l'état déplorable des vêtements qu'elle portait. Elle avait sur les épaules une cape tellement fine et trouée qu'on eut pu voir au travers. Athénaïs n'aurait même pas laissé ce bout de tissu pour que son chien dorme dessus. Et la pauvre jeune femme devait s'en contenter pour se protéger du froid. Cette vision lui fit réellement pitié, elle était désolée que tant de gens soient ainsi livrés aux intempéries de l'hiver, alors qu'elle était bien au chaud dans ses robes de saison, ses gants et sa cape bien épaisse et rembourrée de fourrure par endroits. Puis, la curiosité étant l'un de ses principaux défauts, la belle dame se demanda ce que pouvait bien faire si tôt dehors Laura. Aussi lui posa-t-elle la question.

-Pardonnez ma curiosité, mais que faites-vous dehors à une heure aussi matinale?

Il semblait clair que cette jeune femme ne possédait pas réellement d'emploi, donc que faisait-elle dehros? Avait-elle passé l nuit là? La marquise espérait que cette pauvre femme n'était pas contrainte de se livrer à la prostitution pour gagner un maigre pécule lui permettant de survivre, comme c'était bien trop souvent le cas pour les pauvres femmes des rues de Paris.
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Ven 1 Nov - 12:20

Laura n'avait pas envie de croiser quelqu'un, et encore moins de parler. Si elle s'était rendue dans ce coin de verdure, c'était avant tout pour pouvoir profiter d'un instant en solitaire, loin du tumulte et du capharnaüm quotidien de la capitale. Dans quelques minutes à peine, ces chemins terreux et silencieux seraient bientôt des chemins piétinés par les passages des nombreux français venant profiter de ce que la nature pouvait leur apporter. Tout ce calme disparaîtrait, comme chaque jour de l'année, au fur et à mesure que le brouillard se lèvera, si du moins il daigne le faire pour ainsi laisser les quelques rayons de soleil couvrir la ville.

C'est fou comme, dans son désespoir, la demoiselle s'intéressa soudain à l'aspect de l'arbre devant lequel elle se trouvait. Ses lignes, les mousses qui par endroit le recouvraient, ses trous et nombreux défaut... Jamais elle n'avait été aussi absorbée par la contemplation d'une telle chose. Mais elle voulait tellement fuir la personne qui s'approchait qu'elle en était presque au point de se demander si se cacher derrière ce tronc d'arbre ne serait pas une bonne idée. Après tout, elle était assez fine pour passer inaperçue, d'autant plus que le brouillard viendrait ajouter une couche de discrétion à cette cache improvisée à la dernière seconde. Toutefois, si comme elle l'inconnue l'avait aperçue de loin, cela ne servirait guère à grand-chose... C'est pourquoi Laura se contenta de passer pour une dame occupée, pensive, et donc inapte à adresser la parole à qui que ce soit. Et sincèrement, qui viendrait converser avec une jeune femme de cette allure ? Elle avait plus l'air d'une prostituée finissant son travail de nuit ou d'une jeune malfrat prête à sauter à la gorge du premier venue pour lui voler ses biens. Cela n'empêcha néanmoins pas la noble rencontrée quelques jours plus tôt de venir vers elle...

La dénommée Françoise était toujours aussi élégante que lors de leur première rencontre, du moins c'est ce que remarqua la voleuse quand elle se tourna pour poser ses yeux sur elle. Elle enviait tellement son long manteau, tellement plus chaud en apparence que le sien... Son regard fut tellement perdu à contempler ses vêtements toujours aussi beaux à ses yeux, qu'elle en oublia les bonnes manières.


-Bonjour madame. Dit-elle timidement.

Laura fut étonnée d'entendre qu'elle n'avait pas encore oubliée son nom, et en ressentit même un certain plaisir. Peut-être que sa gentillesse passée avait marqué son esprit, aller savoir... Quoi qu'elle ne doit pas être la seule personne honnête peuplant Paris, du moins elle l'espérait.

Elle aurait voulu fuir, devenir un de ses insectes que personne ne pouvait voir. Si cela ne tenait qu'à elle, elle aurait prit les jambes à son cou et se serait déjà retournée pour partir aussi vite qu'elle était arrivée dans ces jardins. Mais ce geste serait un grand manque de respect envers la noble ayant eu la gentillesse de venir la saluer, d'autant plus que sa question l'empêchait de se dérober.


-Je... Je voulais simplement profiter un peu des jardins pendant qu'ils sont encore vide.

Le fait qu'elle bute sur chaque fin de mot, lui donnant une parole saccadée, montrait parfaitement qu'elle cherchait ses mots.

-Mais je souhaite pas m'attarder, mon frère m'attend depuis plusieurs heures déjà...

Depuis hier soir, pour être précis, mais était-il nécessaire de le signaler ici ?
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Mar 5 Nov - 12:22

La marquise s'était donc arrêtée pour saluer la jeune femme des rues qu'elle avait reconnue pour être celle qui lui avait rendu son précieux bracelet à sa sortie du théâtre. La dénommée Laura Zirrafon sembla surprise qu'Athénaïs ait retenu son patronyme, et en vérité, la marquise elle-même s'en étonna. Etrange chose que la mémoire, qui peut nous faire retenir les choses les plus insignifiantes et oublier des informations de la plus haute importance...
Laura répondit d'une manière assez saccadée à la simple question de la belle dame, comme si elle cherchait un prétexte, comme si elle mentait. Pourquoi donc mentir sur la raison de sa présence bien matinale en ces lieux? Athénaïs lui souriait toujours d'un sourire chaleureux et bienveillant, et hocha lentement la tête.


-Je vous comprends, cet endroit est à présent si paisible et reposant qu'on aurait peine à croire que dans quelques heures, il y fourmillera des dizaines d'individus.

Elle eut alors un petit rire amusé. Rares étaient les personnes suffisamment matinales pour avoir le loisir de profiter des jardins encore désert, jouir du plaisir de les avoir pour eux seuls. Il était encore tellement tôt que les premiers rayons de l'astre perçaient à peine et péniblement le brouillard non encore dissipé. Athénaïs ne pouvait s'empêcher d'avoir pitié pour la pauvre Laura qui semblait avoir si froid sous ses minces couches de tissus qui lui servaient de vêtements, aussi, lorsque celle-ci lui annonça qu'elle ne s'attarderait pas car son frère l'attendait, la marquise hocha vivement la tête.

-Oh, oui bien sûr, je ne voudrais surtout pas vous mettre en retard avec des bavardages inutiles. J'espère que votre journée sera bonne.

Elle se demandait bien sincèrement comment cette jeune femme parvenait à survivre à un tel froid d'hiver avec si peu de vêtements chauds. Il lui sembla que sous ses guenille, ses jambes étaient nues, aucun bas! Qu'elle devait avoir froid, la pauvre jeune femme! Oui, il valait mieux qu'elle rentre se mettre au chaud et à l'abri des intempéries.

-Le jour promet d'être frais, vous devriez vous abriter.

Puis soudain, la curiosité d'Athénaïs reprit le dessus. Elle se demandait à quoi pouvait bien ressembler le quotidien d'une personne comme Laura, qui visiblement n'avait pas d'emploi. Que faisait-elle de ses journées? Comment survivait-elle? Cette demoiselle qui lui avait semblé si honnête en lui rapportant son bracelet était-elle en fait une voleuse? Ou tâchait-elle de vendre des choses, peut-être faisait-elle la cuisine, ou des ménages chez des bourgeois? Vraiment, la marquise n'avait aucune idée de ce à quoi pouvait ressembler une journée type d'une personne des rues. Faisait-elle la manche? A voir l'état de ses vêtements, c'était plus que probable. Et le constater désolait la dame de cour. Elle disait avoir un frère. Etait-ce un petit frère, un enfant dont elle devait s'occuper? Comme beaucoup de familles pauvres où les enfants se retrouvaient orphelins car les parents étaient emportés par la maladie, devait-elle assumer à elle seule toute une famille? Ou avait-elle la chance d'avoir uin grand frère protecteur, comme Athénaïs avait Vivonne? L'imagination de la marquise émettait des hypothèses toutes plus alambiquées les unes que les autres, alors que finalement la réponse était peut-être toute simple.

-Quel âge a votre frère? finit-elle par demander, presque honteuse de sa curiosité.
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Mar 7 Jan - 13:07

Laura n'avait jamais été très forte pour les longues phrases et les grands discours. Le simple fait de converser était en fait quelque chose ressemblant bien plus à de la banalité à ses yeux que quelque chose que l'on apprenait à maîtriser. Les mots se bousculaient dans sa bouche et en sortaient souvent sans réfléchir aux conséquences qu'ils pouvaient avoir à qui voudrait bien les entendre. Être franche avait des conséquences à double tranchant : d'un côté on se sent libérer d'un poids et d'une sorte de mensonge, tandis que l'autre nous apporte les foudres et voir la haine de notre interlocuteur. Voilà ici la raison pour laquelle bon nombre de gens préfèrent se cacher derrière le masque de l'hypocrisie. On a peur de blesser, de devoir supporter une vengeance, ou tout simplement de perdre quelqu'un qui nous est cher. Même la plus franche des personnes ne peut se vanter de toujours dire ce qu'elle pense des autres, car cela serait mentir. La nature humaine et fait ainsi, et la blâmer serait nous blâmer nous-même. Souvent, quand elle entendait ces grandes dames parler entre elle dans le coin d'une rue, en troupeau, la jeune parisienne perdait rapidement le fil de leur conversation, chaque phrase comportant un nombre de mots bien trop important pour elle, et surtout des termes qu'elle ne connaissait pas. C'était malheureux à dire, mais c'était néanmoins bien vrai : Laura n'avait pas reçu une éducation d'excellence. C'est à peine si elle savait encore lire et écrire convenablement... Alors comprendre les échanges vocaux de ces nobles relevait presque de l'impossible, au risque de passer pour encore plus minable qu'elle ne l'était. Elle écouta toutefois celle se tenant devant elle, poliment, silencieusement.... Comme une élève écouterait sa maîtresse. Cette voix sortant de ses lèvres était si douce à entendre, qu'on resterait là auprès d'elle juste pour elle. C'était tellement différent des cris que la demoiselle pouvait entendre sur son passage. Une gueuse, la saleté recouvrant son corps et son visage, ses cheveux sûrement infestés de poux et puant... Eurk, quelle horreur. Comment pouvait-on rester une seule seconde non loin de cette fille des rues, sincèrement ? Il serait peut-être temps que les grands de ce monde mette leur préjugés de côté et de s'intéresser à l'être humain plutôt qu'à l'apparence qu'il dégage. Si on lui enlevait ces horribles oripeaux et qu'on lui débarbouillait un peu le visage, nul doute qu'elle serait bien plus jolie et qu'elle aspirerait bien plus confiance.

-Bonne... Oui.

Il n'y avait aucune réelle conviction dans sa voix, car Laura savait d'avance ce qui allait l'attendre : voler. Ces journées se résumaient principalement à ça, et bien que cela ne l'ennuyait pas, elle le faisait uniquement par obligation et cela se ressentait. Elle resserra un peu son maigre châle autour d'elle en adressant un sourire aimable à la Dame. Il est vrai que restait dehors par ce temps n'avait rien d'une bonne idée, mais lorsque votre seule maison était les rues de la capitale...

-26 ans, madame ! Lança-t-elle, soudainement rayonnante de voir que l'on s'intéressait un tant soit peu à la personne qui lui est le plus cher. C'est la seule personne qui me reste...

Un frisson la parcourut, amenant un lourd silence entre elles.

-... Je voudrais pas qu'il pense que j'suis partie... Moi aussi.

Comme leurs parents adoptifs, comme leur jeune soeur Fanny... Ces épreuves leur avaient permis de se souder encore plus qu'ils ne l'étaient, au point d'être inséparables.
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Sam 15 Fév - 16:35


La curiosité de la marquise exaucée, celle-ci se dit qu'elle aurait peut-être mieux fait de ne pas importuner la pauvre femme avec des questions qui sans doute l'embarrassaient. Mais il lui sembla que le simple fait qu'on s'intéresse à elle et ce qu'elle vivait avait apporté un peu de joie dans son regard sombre. Cette pensée fit esquisser un sourire à la belle dame. Ainsi donc, le frère de Laura avait 26 ans, il était à peine plus âgé qu'elle. D'ici quelques mois, Athénaïs fêterait ses 26 ans. Et contrairement à Laura et son frère, elle avait des vêtements chauds pour l'hiver, un toit au-dessus de la tête, de quoi dormir au sec et en sécurité... Tant de choses dont on ne se rendait pas compte quand on les possédait, et qui finalement, nous faisaient prendre conscience de la chance que l'on avait lorsqu'on rencontrait des personnes comme la jeune Laura. La marquise n'était pas assez riche pour encore lui donner de l'argent, elle n'avait d'ailleurs rien sur elle, mais le réel sentiment de pitié que lui inspirait cette jeune femme était profond: elle compatissait à sa situation et espérait sincèrement que sa vie pourrait être améliorer sous peu. Sous la crasse et la poussière, on devinait un visage qui pouvait s'avérer doux et charmant. Nul doute que Laura était une belle femme, pour peu qu'on sache la mettre en valeur. Malgré cet air résigné et cette carapace qu'elle semblait s'être forgée, on devinait également une certaine fragilité, et le fait d'apprendre qu'elle avait un grand frère pour prendre soin d'elle la rassura.
Le silence qui s'était instauré mit Athénaïs quelque peu mal à l'aise, elle décida donc de rompre le silence et parla tout en souriant amicalement.


-Fort bien... Je ne voudrais surtout pas vous mettre en retard, d'autant que j'ai moi-même à faire.

En fait, n'étant que peu habituée à dialoguer avec des gens de la rue, cette entrevue inattendue mettait la marquise quelque peu mal à l'aise. C'était étrange, d'ailleurs, comme sentiment. D'ordinaire, peu de gens parvenaient à la mettre mal à l'aise et c'était toujours des personnes d'un rang supérieur à elle: le roi, par exemple. Jamais un domestique, et jamais une personne du peuple.

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Sam 12 Juil - 18:58

Laura n'aimait pas que les gens aient pitiés d'elle et de sa condition. Elle n'avait pas besoin de leur regard attendrissant, de leurs mots doux censés la rassurer et lui donner du baume au cœur... Pour dire la vérité, si elle refusait l'aumône ou quoi que ce soit d'autre de similaire, c'est avant tout parce que la demoiselle avait honte d'elle-même, de ce qu'elle était condamnée à être. Tout ces regards dépités pour elle, s'en était presque insultant. Ce qu'elle était aujourd'hui, elle ne le devait qu'à elle-même... Après tout, c'était elle qui volait et qui se laissait malmener par l'homme le plus puissant de Paris. Si vraiment elle avait voulu s'en sortir, elle aurait cherchée à avoir une situation convenable en apprenant un travail quelconque dans l'endroit le plus miteux de la capital. Mais peut importe le lieu, au moins elle gagnerait de l'argent honnêtement, et ne serait pas vu aux yeux du monde comme une moins que rien. C'était malheureux à dire, mais c'était ainsi que les sociétés avançait : il y avait les gens de hauts rangs, parfaits, les gens travaillant durs, et ceux en bas de l'échelle, ne servant pas à grand chose. Laura n'était que ça, en fin de compte : une jeune femme vivant en volant le travail des autres. Comment pouvait-on avoir pitié d'elle...

Un soupir s'échappa de ses lèvres, tandis que timidement, elle hocha la tête en direction de la noble en resserrant ses bras autour d'elle pour se réchauffer. Peut-être est-ce sa présence qui l’accommodait tant, ne serait-ce que pour son odeur ou son aspect physique ? Que diraient les autres personnes de son rang en la voyant en telle compagnie ? Bah, cette question pouvait aller également pour Laura... On lui demanderait sans aucun doute pourquoi elle ne l'a pas subtilisé de ses biens ou profité de sa gentillesse. Sans oublier le fameux mouchoir de leur première rencontre qu'elle portait toujours sur elle.


-Oui... Oui bien sûr, je veux pas vous retenir, vous avez mieux à faire que de parler avec moi.

La voleuse prit un air humble en tournant un instant son regard vers le chemin. Instantanément, son regard prit un air horrifié et, sans réfléchir, elle se retourna et se mit légèrement derrière la dame. Elle était tremblante, apeurée, comme si elle avait vu le diable en personne. Mais en réalité, elle n'avait vu qu'une ombre, mais dont la forme lui rappelait son pire cauchemar.

-S'vous plaît, si un homme s'approche, dites pas mon nom !

Elle ne savait pas si l'ombre de l'homme en question allait s'approcher, mais mieux valait prévenir que guérir.
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