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 Qu'est-ce qu'il y a pour votre service Madame ? || La Montespan & Louise Julien


Mer 16 Oct - 23:54

L a M o n t e s p a n e t L o u i s e J u l i e n
Allongée sur son lit, le regard rivé sur le plafond, Louise ne baissait que de temps en temps ses grands yeux pour lancer un regard vers la pendule de sa chambre. Cette journée était plutôt calme question travail et la jeune domestique en profitait même si elle était consciente de l’heure d’aller chez la Montespan ne tarderait pas. Louise ne comprenait pas ce que la courtisane avait vu en elle mais travailler dans ses appartements lui plaisait et elle préférait ne pas poser de questions, de peur de se voir dépourvue d’un emploi qui lui plaisait. Peut-être que la Montespan voyait en elle une sorte de confidente. Une jeune fille sans ambition était évidemment la confidente parfaite : il était on-ne-peut-plus certain qu’elle ne dirait jamais rien à qui que ce soit, en tout cas pas pour les mauvaises raisons. En tout cas, c’est ce que Louise avait cru comprendre des paroles de la Montespan qui étaient de plus en plus personnelles… et même simplement de plus en plus nombreuses. Car au début évidemment, elle ne lui parlait presque pas, et puis la langue s’était déliée et d’abord quelques commentaires sur ce qu’elle faisait, puis quelques compliments même sur ses qualités de coiffeuse – il faut dire qu’elle avait eu de quoi s’entraîner avec sa petite sœur et ses magnifiques cheveux blonds – et enfin, des conversations, des vraies. C’est là que la tendresse de Louise pour Athénaïs s’était installée. C’est sans doute aussi cette tendresse que la courtisane a dû ressentir. Et puis, la domestique n’était pas désagréable à regarder et vu ses goûts d’esthète, cela ne devait pas être sans importance. Louise sortit de ses rêveries.

L’heure passait vite – elle le faisait toujours lorsque le repos était rare – et elle ne tarda plus à se lever pour aller se préparer. Elle changea de chemise et enfila sa robe, tentant de la lisser comme elle pouvait. Il fallait vraiment qu’elle économise pour en racheter une, celle-ci devenait ridicule pour une servante de Cour : tellement froissée qu’on la confondrait par endroits avec un chiffon, tachée au possible (même si les taches étaient dissimulées pour la plupart par un napperon) et si décolorée qu’on jurerait qu’au départ elle était grise ou vert d’eau et non pas bleue. Elle prit un linge qu’elle humidifia avant de se rafraîchir le visage ; enfin elle brossa ses cheveux et dégagea son visage ramenant deux mèches de cheveux à l’arrière de sa tête par un vieux ruban bleu. Elle se regarda dans le miroir, se demandant si elle était tout de même un peu présentable puis se décida à rejoindre sa maîtresse du jour. De son pas léger, elle traversa les quartiers des domestiques, les embrassades de ses collègues aînées tendres et maternelles la ralentissant un peu dans son cheminement, elle accéléra le pas pour ne pas être en retard. Ses petites chaussures résonnaient sur le marbre alors qu’elle souriait aux gens qu’elle croisait – ou s’inclinait dépendant de qui elle croisait. Elle arriva finalement devant les appartements d’Athénaïs, croisant justement la femme de chambre de la courtisane qui sortait. Profitant de la porte que celle qui la précédait laissa entrouverte, Louise passa la tête, grattant simultanément la porte.

« Madame de Montespan ? » demanda-t-elle d’une voix timide pour avoir la permission d’entrer.

Ses grands yeux bleus dévoraient à chaque fois cette pièce du regard. Certes, sa petite chambre était déjà un progrès immense par rapport à la bicoque qu’elle habitait avec sa sœur et sa mère, mais cette chambre-ci était encore mille fois plus impressionnante, en tout cas dans les yeux d’une simple domestique. Avec la permission de la Montespan, elle entra doucement dans la chambre en souriant. Elle se dirigea immédiatement vers les rideaux qui étaient mal arrangés à ses yeux et qu’elle remit bien, refaisant le nœud à l’épaisse corde dorée qui les retenait. Elle rougit un peu en regardant sa maîtresse, sachant qu’elle prenait un peu les avants. Elle joignit ses mains devant elle et fit un petite révérence maladroite pour lui demander pardon. Dans le silence, elle releva le regard vers la courtisane et demanda doucement :

« Que puis-je pour votre service aujourd’hui Madame ? »

Spoiler:
 
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Jeu 17 Oct - 21:13


Ces derniers temps, les nuits de la marquise de Montespan n'étaient pas de tout repos. Non pas qu'elle fasse des folies de son corps, qu'allez-vous imaginer?! Non, ç'eut été préférable. Au contraire, son sommeil était agité de nombreux cauchemars et autres angoisses. Ce vol de lettre compromettante et le chantage qui en avait découlé l'avaient sérieusement affectée moralement, d'autant plus qu'elle avait dû garder cela pour elle seule. Il était bien difficile pour une femme qui, comme elle, risquait sa place à la cour si les choses s'étaient sues, de garder un sourire de façade toute la journée durant. Et avoir eu à quémander l'argent qui lui manquait à son ami Stefano pour payer le vile anglois de maître-chanteur l'avait d'autant plus affectée. Une Mortemart, aller réclamer de l'argent, avait-on vu chose pareille? Elle en était sure, ses ancêtres devaient se retourner dans leur tombe. Mais elle n'avait pas eu le choix. Stefano Sforza était tout aussi impliqué qu'elle dans cette affaire, il était donc le seul à qui elle pouvait parler de ce sujet sans crainte, et donc le seul à pouvoir la dépanner de cette somme dont elle ne disposait pas, étant peu fortunée pour l'heure.

Bref, c'est donc une nouvelle fois des yeux fatigués qu'elle entrouvrit lorsque la femme de chambre était venue la réveiller. Agnès, de son prénom, avait ouvert nonchalamment les rideaux, laissant ainsi les premiers rayons du soleil pénétrer dans la chambre spacieuse de la marquise. Elle avait ensuite ouvert les rideaux du lit à baldaquin, déposé le plateau avec une tasse de café et du pain tranché sur la table de nuit. Athénaïs s'étira, plissant les yeux en y recevant les lueurs de l'astre solaire pour la première fois de la journée. Elle n'eut pas le temps de saluer Agnès que celle-ci sortit, laissant entrer Louise Julien. La marquise avait eu plusieurs fois l'occasion de l'avoir à son service et était toujours ravie lorsque cette charmante blondinette pouvait en être: il était rare d'avoir du personnel aussi honnête et dévoué qu'elle pouvait l'être. Cette jeune femme était d'une douceur peu commune, et avait un certain talent pour la coiffure, ce qui plaisait fort à Athénaïs qui se plaisait à être coquette. Elle avait mené une première fois sa tasse de café encore fumant à ses lèvres lorsqu'elle vit Louise entrer, arranger les rideaux à sa manière et enfin la saluer d'une petite révérence. La marquise ne put s'empêcher de sourire en voyant ce doux minois rougir.


-Bonjour Louise, commença-t-elle d'une voix mal réveillée, le sourire toujours accroché à ses lèvres. Comment allez-vous ce matin?

Athénaïs but encore quelques gorgées de café avant de reposer la tasse sur le plateau et attraper une tranche de pain qu'elle grignota doucement pendant que Louise revenait vers elle.

-Soyez gentille, prenez-moi une toilette pour aujourd'hui. Quel temps fait-il?

Les domestiques étant levés depuis plus longtemps que les maîtres qu'ils servaient, ils étaient forcément au fait du climat et températures journaliers. Le mois de mars était forcément plus clément que février, mais l'on ne savait jamais vraiment s'il ferait beau ou non avant que d'avoir observé le ciel. De plus, la période de deuil pour la reine-mère étant achevée, l'on pouvait peu à peu retrouver des tenues aux couleurs plus gaies que ce triste noir et violets arborés des semaines durant. Athénaïs ne possédait pas énormément de toilettes, son mari étant un fieffé dépensier et joueur perdant plus que de raison, elle n'avait guère la possibilité d'investir des sommes faramineuses en tissus de luxe, bien que son poste à la cour l'oblige à faire montre d'une certaine classe. Ce qu'elle faisait, d'ailleurs, autant que faire se pouvait. Mais ces derniers temps, avec le chantage dont elle avait été victime, l'argent se faisait d'autant plus rare. Cependant, bien que vêtue simplement et sans trop de fioriture, elle l'était toujours avec bon goût.

Pendant que Louise s'affairait alors à lui obéir, la marquise acheva de manger son morceau de pain, termina sa tasse de café et s'installa au bord du lit. Elle s'étira une seconde fois, puis se leva pour s'installer à sa coiffeuse pour regarder l'état de son visage. Les cernes se creusaient de plus en plus, il lui faudrait se poudrer d'avantage que la veille pour dissimuler tout signe de fatigue trop évident. Après avoir minutieusement inspecté sous toutes les coutures son minois, elle se leva de nouveau pour verser de l'eau présente dans un pichet en porcelaine dans une cuvette de même matière. Elle y plongea ses blanches mains ainsi qu'un petit carré de tissu qui, une fois humidifié, vint s'appliquer contre son visage pour se débarbouiller.
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Jeu 24 Oct - 18:30

On allait finir par la croire maniaque car c’était devenu un réflexe chez Louise d’arranger les rideaux. Cela faisait rire certains de ses maîtres, en énervait d’autres ou encore en inquiétait d’autres encore. Au moins, ici, cela faisait sourire. A la question si attentionnée de la Marquise, la jeune servante fit une petite révérence de remerciement tout en arrangeant les rideaux avant d’entreprendre de lui répondre.

- Je n’ai pas de quoi me plaindre Madame, mon réveil fut fort doux et c’est une journée calme que j’ai devant moi. Toutes les servantes sont présentes et comme Saint-Germain ne reçoit pas trop d’invités en ce moment, on me laisse me reposer.

C’était rare que les maîtres s’inquiètent de l’état de leurs domestiques, encore moins lorsque c’était des domestiques temporaires ou occasionnels. C’était peut-être pour ça que la jolie blonde avait de la tendresse pour la dame… simplement parce que la Montespan avait de la tendresse pour elle. Difficile de savoir qui rendait la tendresse à l’autre mais en tous les cas, elle était mutuelle. Revenant vers le lit de la marquise qui buvait son café, elle ajouta en souriant :

- Et les rares tâches que j’ai aujourd’hui sont des plus agréables. Ce n’est au fond même pas une tâche de travailler pour vous… Mais plutôt un cadeau.

La Marquise de Montespan savait apprécier une petite flatterie et Louise y devenant plus habile chaque jour, n’hésitait pas à en place pour lui plaire. Après tout, travailler chez elle était bien plus agréable que trimer ailleurs en nettoyant ou faisant les lessives avec les autres. Ici au moins, ses mains guérissait car leurs seules épreuves était de lacer des corsets et de coiffer : cela les changeait et ne pouvait leur faire que du bien.

- Mais vous-même Madame, si ce n’est point trop indiscret et si le cœur vous dit de m’en parler, comment vous portez-vous par cette journée ensoleillée ?

Recevant ses ordres, elle se dirigea vers l’armoire et glissa ses doigts avec les yeux émerveillés d’une petite fille à travers les tissus. Certes, elle avait vu et touché de plus belles robes – celles que le roi offrait aux (jolies) princesses étrangères par exemple – mais elle ne pouvait s’empêcher d’admirer celles d’Athénaïs. Elle sortit une robe verte nuancée de rose et la présenta à sa maîtresse du jour.

- Le Soleil a traversé le brouillard de ce matin pour nous éclairer et nous réchauffer mais le printemps tarde. Peut-être que cette robe aux couleurs de ce même printemps le pressera quelque peu ?

Tenant la robe d’une main, de sa main libre elle sortit un shale d’un vieux rose de l’armoire et le passa par-dessus. La jeune femme n’avait peut-être pas d’argent – et donc pas de quoi se payer de nombreuses robes colorées – mais elle avait assez bon goût et savait manier les couleurs. Ses années de vendeuse de fleurs l’avaient habituée à voir quelles couleurs se mariaient avec douceur, s’unissaient avec passion ou au contraire, lesquelles se dépareillaient avec fureur.

- Ce shale irait parfaitement avec la robe et vous empêcherait de souffrir du froid si l’envie de vous promener au jardin vous prenait. Il est magnifique avec ses bourgeons et sa nature renaissante. J’y suis passée ce matin et… mais je parle beaucoup trop Madame. Je vous prie de m’en excuser.

Ses joues fraîches rougirent une nouvelle fois et elle se rendit compte, son bras commençant à fatiguer, qu’elle tenait toujours la lourde robe et son shale. Elle ne montra évidemment pas la fatigue de son bras, la robe ne semblant peser qu’un poids-plume. Ce ne fut que sa question qui trahit le poids de la robe :

- Cela vous convient-il ? demanda-t-elle ses grands yeux bleus un peu écarquillés sous ses sourcils levés.
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Jeu 24 Oct - 22:38


A mesure qu'elle épongeait son visage au teint de lait avec une serviette fraîchement sortie d'un tiroir, la marquise observait Louise au travers du reflet du miroir de la coiffeuse, écoutant sa réponse concernant sa journée. La demoiselle semblait enjouée à l'idée de venir la servir, ce qui plut également à la dame, qui sourit à son compliment. Cette petite demoiselle Julien était une vraie bouffée d'air frais, comparée aux autres domestiques pour la plupart aigris. Elle lui demanda alors comment elle-même se portait. Athénaïs se retourna, sourit aussi bien qu'elle put et mentit, comme elle le devait, puisqu'il lui était impossible de dire la vérité.

-Tout va pour le mieux, c'est une journée ordinaire qui commence, sourit-elle.

Elle regarda alors la robe que Louise venait de lui sortir, et se mit à rire joyeusement de ce que les couleurs de la robes appelleraient peut-être le printemps.

-Dieu vous entende, mademoiselle Julien! répondit-elle sur le même ton jovial.

La marquise aussi trouvait que cette nouvelle saison se faisait attendre. L'hiver avait été bien long avec ce deuil qui ne faisait que l'alourdir et le rendre encore plus froid qu'il ne l'était déjà. Ajoutés à cela les soucis qu'avait rencontré la belle dame en échafaudant ce plan stupide avec son ami italien, et qui les avaient mis dans de sales draps, l'hiver avait définitivement été insupportable et il était grand temps de le balayer.
La jolie blondinette lui présenta un châle dont, en effet, les tons s'accordaient parfaitement avec ceux de la toilette qu'elle tenait toujours, insistant sur le fait qu'il lui serait fort utile si elle décidait de sortir. Le rire de la marquise retentit de nouveau dans la pièce lorsque la domestique s'excusa de trop parler. Cette petite avait réellement le don de l'amuser et de l'égayer, et Athénaïs en avait grand besoin ces temps-ci.


-Je vous trouve au contraire d'une loquacité intéressante. Ne changez point. Et vous avez raison, ce châle ira parfaitement avec cette tenue, je ne manquerai pas de le mettre pour sortir dans le jardin sur votre conseil, ajouta-t-elle, un sourire quelque peu rêveur aux lèvres.

Elle pivota ensuite sur son tabouret pour se remettre face au miroir. Même si elle était en avance encore, l'heure tournait et il lui faudrait continuer à se préparer, même si sa fatigue s'étant accumulée, elle serait bien restée dormir encore une heure ou deux. Athénaïs se leva et alla derrière son paravent afin de retirer sa chemise de nuit.

-Passez-moi une chemise, je vous prie, lança-t-elle à Louise afin que celle-ci lui apporte une chemise de jour.

Il lui faudrait ensuite passer un corps à baleines que Louise lacerait avec soin avant de l'aider à passer ses jupons, sa jupe, sa robe, et enfin viendraient la coiffure et le maquillage. Tout cela prendrait quelques heures.
Une fois sa chemise passée, la marquise sortir de derrière le paravent pour revenir au milieu de la pièce, attendant que Louise lui apporte son corps baleiné. L'avantage avec cette domestique, c'était qu'elle savait anticiper la plupart des demandes, c'était donc reposant de l'avoir à son service. Et puis elle ne rechignait pas à la tâche, on sentait sa bonne humeur qui était comme... communicative. Bref, c'était une jeune femme agréable à côtoyer, et Athénaïs regrettait fort que pas plus de serviteurs du château de soient à son image.
Peu à peu, la marquise sentait les rayons de l'astre éclairer et adoucir d'avantage les températures de la pièce, et c'était en effet un bon signe pour une journée agréable. Il ferait beau, c'était certain, tout comme l'avait annoncé Louise. Athénaïs avait hâte de revêtir cette tenue aux couleurs printanières que lui avait choisie Louise. Il était vrai que, bien souvent, ce que l'on portait était révélateur de son humeur journalière, et l'humeur pouvait beaucoup aussi dépendre du temps. En ce jour, la dame de cour décida que tout irait bien, que rien ne viendrait altérer sa bonne humeur, pas même sa fatigue et son exaspération de la situation dans laquelle elle se trouvait. L'un de ses amis lui avait un jour dit que l'on ne passait une bonne journée qu'en le décidant dès son lever. C'était ce qu'elle venait de faire.
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