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 Juin 1638 - I wanna be like you ft. Grégoire l'Araignée


Mer 23 Oct - 9:19


Deux ans. Voilà deux longues années que l’enfant courait, errait dans les rues de Paris, sans famille de sang, s’en faisant une rien qu’à elle, une qu’elle choisissait. Malgré ce que l’on aurait pu croire de la part d’une enfant de son âge, la petite Jeanne ne pleurait pas. Ou pas beaucoup. Certes, sa mère lui manquait. Mais certainement pas au point de s’apitoyer constamment sur son sort. Elle se sentait libre, voguant entre l’insouciance de l’enfance et une forme de volonté et de certitude dont on pouvait déjà déceler qu’elle l’a mènerait loin. En tout cas, plus loin que les remparts invisibles entourant cette Cour des Miracles. Non, Jeanne n’était pas faite pour rester ici toute sa vie, c’était certain. Mais, à vrai dire, de cela, l’enfant qu’elle était alors en cet été naissant de 1638 ne s’en souciait guère, se contentant de vivre au jour le jour, n’écoutant que sa faim heureusement peu présente. Du haut de ses sept ans, elle connaissait déjà les environs de son univers à la perfection, ayant marchés des heures durant, des jours durant dans les rues, déambulant parmi les gens, volant ça et là quelques bourses bien remplies dont elle partageait les gains avec son petit groupe d’amis, ainsi qu’ils avaient tous décidés de le faire. Parfois, les gestes étaient maladroits et la course peu discrète, mais elle n’avait encore jamais eu de réels problèmes, heureusement pour elle. Assez fine et petite, Jeanne Deveraux se faufilait un peu partout dans les ruelles étroites de Paris, à l’image de ces chats dont elle aimait la compagnie. Cet après-midi là, ce fut d’ailleurs en se faufilant dans une de ces ruelles, une bourse dans sa main qu’elle tomba nez à nez avec celui qui allait devenir, plusieurs années plus tard, le roi des gueux. Haletante de par sa course effrénée sous la chaleur quasi-étouffante, elle riait aussi à en avoir mal au ventre. La dame qu’elle avait volée était une femme d’un certain âge qui ne s’était rendue que trop tard compte de la disparition de son argent. Argent plutôt en évidence sur sa robe d’un vieux rose délicat que la petite avait admirée un instant avant de l’oublier au profit de la bourse. Un jour, elle en aurait une, une robe comme celle là. Elle se l’était promis. Elle y parviendrait. Il n’y avait pas de raisons. S’adossant à un mur, reprenant son souffle, Jeanne passa une main sur son visage, essuyant les gouttes de sueur perlant sur son front. Dans ses yeux sombres brillait une lueur de malice plutôt caractéristique de l’enfant. Mais rapidement son sourire disparut et elle se redressa d’un bond, cachant le fruit de son vol dans une des poches de sa robe abîmée. Elle entendait des voix, des rires et des pas. Quelqu’un se dirigeait vers elle. Ou plutôt un groupe de personnes. Grommelant,  Jeanne jeta des regards autour d’elle. Mais quand elle vit qui se trouvait là, elle ne put s’empêcher de pousser un soupir de soulagement. Ce n’était que Grégoire et sa bande. Enfin, que … façon de parler ! Grégoire était connu dans la Cour des Miracles pour être une personne, malgré son jeune âge, imposant le respect. Et ce n’était pas la petite fille qui allait un jour penser à se rebeller contre lui. En tout cas, pas pour le moment. A dire vrai, elle l’admirait, lui qui osait tant de choses, qui se moquait des gardes. Lui qui s’était entourée d’une bande semblant prête à tout pour lui. Cette bande, Jeanne rêvait de la rejoindre. Faire parti du cercle d’amis de Grégoire. Souriant à ceux qui venaient d’arriver, Jeanne pencha la tête sur le côté et, les mains dans les poches, se balançait d’un pied sur l’autre.

- Bonjour, dit-elle d’une voix timide.


Dernière édition par Jeanne Deveraux le Sam 7 Déc - 7:16, édité 1 fois
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Sam 16 Nov - 10:57

Les rues de Paris n'avait plus aucun secret pour le jeune Grégoire. Lui et ses amis les arpentaient chaque jour à la recherche d'un nouveau coup pouvant leur rapporter gros. Enfin, amis... Eux ne représentaient guère grand-chose aux yeux du truand, qui déjà à cet âge, avait su placé une barrière entre son rôle et le leur. Il était déjà leur chef, le garçon leur disant quoi faire, organisant tous les plans d'attaque et bien sûr, empochant le plus d'argent au final. Il avait rapidement montré aux autres ce qu'il valait et ce dont il était capable, s'imposant face à ces poules mouillée n'osant pas toujours entrer les premiers dans l'eau. Lui n'en avait pas peur : s'il y avait gros lot à la ligne d'arriver, il n'hésitait pas à plonger le premier et à traverser le lac gelé si cela s'avérait nécessaire. Il n'avait pas froid au yeux, et là était son point fort : les défis ne lui faisaient aucunement peur, même si cela pouvait atteindre à sa vie. À quatorze ans, il en avait vu des vertes et des pas mures, et presque plus rien ne le touchait à présent. Mais comme tout jeune de son âge, il entrait dans une période où le contrarier pouvait être dangereux, d'autant plus quand on savait qu'il ne se déplaçait jamais sans une arme quelconque, mais assez efficace pour qu'on se rappelle de lui. Ses camarades de jeux étaient au courant que le contrarier, notamment en ce moment, risquait de les envoyer dans la minute qui suit en Enfer. Alors, sauf quelques téméraires, ils restaient tous à peu près calme et ne contestait que très rarement ses décisions.

Au début de son adolescence, celui que l'on commençait à peine à appeler l'Araignée possédait encore une stature assez frêle. Il était plus grand que ses compères, mince, mais conservait un certain charisme le démarquant des autres. Ses yeux bleus vous fixaient avec l'étrange sensation de vous refroidir, tellement peu d'expression passaient à travers. Les pleures, il ne les connaissait pas, même en face de la dureté de la vie. Ce n'était qu'en de très, très rares occasions que Grégoire avait versé quelques larmes, la plus grande des faiblesse selon lui. Comment voulez-vous vivre ici si vous passez pour une chiffe molle ? Personne ne croyait en vos capacités et vous reléguerait au rang de simple mendiant... Avouez qu'il y a avait toujours plus excitant comme passe-temps que de quémander de l'argent aux parisiens en ayant l'air d'un infirme ou d'un malade ! Heureusement pour lui, le jeune homme avait quitté cette catégorie depuis bien longtemps déjà, et ne rechignait jamais à exécuter les commandes qu'on lui demander : vol, meurtre, espionnage... Rien ne lui faisait peur;du moins plus maintenant. Il se rappellerait toujours de son premier homicide... Il avait tremblé, avait hésité longtemps et même paniqué avant de passer à l'acte. Le sang qui s'était retrouvé sur son couteau et sur ses doigts avait failli le faire défaillir... Mais il était rentré fier de son œuvre, et près à recommencer. Sans cœur vous dites ? C'est presque ça... et d'autant plus lorsqu'il s'agissait de nobles roulant sur l'or.

Guidant sa troupe tel un joyeux général, le manant rigolait à gorge déployée à une blague salace, entraînant le rire des autres membres du groupe. Certains étaient nerveux et même forcés, mais qu'importe, lui s'amusait beaucoup, et là était le principal. Son rire se stoppa néanmoins quand il entendit la voix bien plus fluette qu'une femme adulte les interpeller. Ses yeux se posèrent alors sur la fille -semblant bien plus jeune que lui- et l'observèrent de haut en bas. Elle semblait intimidée par lui et son groupe, ce qui le fit à moitié sourire, à défaut de se moquer d'elle.


-Qu'est-ce que tu veux, gamine ? Lança-t-il d'un ton presque hautain.

Son côté macho revenait souvent lorsque Grégoire se trouvait en compagnie du sexe faible. Il les trouvait tellement inutiles et embêtantes, à se plaindre et geindre à longueur de journée !
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Sam 7 Déc - 7:33


Devant le sourire amusé du chef de bande, la gamine grimaça. Elle émit un grognement silencieux quand il l'appela "gamine". Elle n'était pas une gamine. Elle avait sept ans. Poussant un soupir, elle prit une attitude vue chez les grandes personnes qui pourraient prêter à rire chez elle. Une de ses mèches de cheveux sales devant ses yeux, elle l'écarta d'un geste rapide avant de plonger ses mains dans ses poches nerveusement. Elle leva un instant les yeux vers Grégoire et sa bande avant de les baisser, intimidée. Celui qui allait devenir des années plus tard roi de la Cour des Miracles l'intimidait. Il lui imposait un certain respect. Quelques secondes passèrent ainsi où Jeanne n'osait dire quoi que ce soit, puis elle leva enfin les yeux sur lui. Timidement.

- Je veux appartenir à ton groupe.

Sa voix était timide, mais il fallait avouer que la petite fille avait une certaine assurance dans le regard soudainement. Elle eut un petit sourire et redressa complètement la tête. La chose était dite. Depuis le temps qu'elle voulait le faire. Certes, elle n'avait pas beaucoup d'espoir quant à l'obtention d'une réponse positive, mais cela n'empêchait qu'elle avait enfin demandée ce qu'elle rêvait de demander depuis quelques temps déjà. Et puis, pour l'enfant qu'elle était alors, tout semblait possible. Même si avec le recul des années, Jeanne savait qu'elle aurait dû s'attendre à ce qui allait suivre, elle ne faisait, à sept ans, qu'espérer, croisant les doigts dans ses poches.

- Je sais voler. Dit-elle fièrement. Regardes.

Elle sortit la bourse de sa poche et la tendit juste devant les yeux de Grégoire. Autre erreur, sans doute. Mais l'enfant était fière et se sentait grande, d'un coup. Ses yeux brillaient de malice et d'admiration. Si Grégoire la prenait avec lui, tout irait bien. Elle le pensait réellement. Après tout, personne ne pourrait vouloir du mal à un membre de l'équipe de Grégoire. Même s'il s'agissait d'une fille. Alors que seule dans les rues froides de Paris, Jeanne savait qu'elle n'était pas vraiment en sécurité. Ce qu'elle voulait avant tout, c'était un clan où se réfugier. Parmi les siens. Et pourquoi pas celui de ce garçon que tout le monde respectait ? Cela semblait un choix idéal et justifié.
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Mer 8 Jan - 14:37

Des rires s'échappèrent des rangs du groupe quand la jeune fille exposa sa demande de les rejoindre. Des rires semblables à des bourdonnements d'abeilles et menaçant à l'oreille de quiconque. Les jeunes gueux se moquaient d'elle sans s'en cacher. Avec cette attitude, ils ne voulaient qu'une chose : l'humilier. Comment pouvait-elle croire ne serait-ce qu'une seule seconde que Grégoire allait la laisser entrer comme membre à part entière dans son groupe, composé de jeunes hommes bien plus fort que cette petite fillette de même pas sept ans. Il n'avait jamais considéré les femmes comme l'égal de l'homme, et ça, tous ici le savait parfaitement. Des femmes qui volaient, il y en avait plus d'une au sein des rues de la capitale, en quoi pouvait-elle penser que cela était un atout pour son intégration -si intégration il y a- ? Il fallait être bien niaise pour penser pouvoir intégrer le cercle très privé de Grégoire, et ce déjà à cette époque.
Quoi qu'il en soit et malgré sa réputation, ce n'est pas le leader des truands présents qui rigolaiet le plus fort. En fait, aucun rire ne sortait d'entre ses lèvres. Seul un sourire y était dessiné, le même qu'il arborait depuis qu'elle s'était présentée face à lui et ses complices. Il ne se moquerait pas, d'elle, du moins pas directement. Lui aussi, il y a quelques années de cela, voulait appartenir à un groupe quelconque afin d'avoir l'impression d'appartenir à quelque chose. Mais son ambition allait bien au-delà : il ne voulait pas seulement appartenir à un projet, il voulait le mener, être quelqu'un qui marquerait par ses exploits. Jusqu'à maintenant, cet objectif était plutôt bien réussi, étant donné qu'il était plus craint qu'autre chose... mais il en voulait davantage... toujours et encore plus... Que cette demoiselle ait autant d'ambition que lui, peu importait. Elle ne serait jamais l'une des leur pour une seule et bonne raison, à savoir qu'elle était jeune, mais aussi tout bonnement une personne du sexe opposé. Elle-même devait forcément se douter qu'elle devait s'attendre à un refus. Néanmoins...


-Et... Comment tu t'appelles ? Dit-il calmement en s'approchant d'elle.

Son sourire ne le quittait pas d'une seule seconde, tandis qu'il faisait tout pour la mettre en confiance. Il ne voulait pas lui montrer son refus, pas maintenant... Il avait besoin de la laisser encore espérer un peu que la porte soit toujours ouverte pour elle.... Pour mieux pouvoir lui claquer au nez.
Derrière lui, son groupe avait cessé de rire, se contentant d'observer la suite des événements en silence. Ils le connaissaient mieux que quiconque, et avait certainement une petite idée de ce qu'il préparer déjà sans leur dire. Ils avaient l'habitude, les bougres.
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Sam 22 Fév - 16:11

Alors qu’il s’approha d’elle, la petite brune rangea la bourse dans sa poche, ses mains toujours cachées dans ces dernières. Plus il était près d’elle, et plus elle baissait les yeux. Le fait que les compagnons de l’Araignée aient stoppés leurs rires n’était pas pour la rassurer. Elle n’était pas totalement stupide. Et plus les secondes défilaient, plus elle sentait que le chef de gang n’allait rien faire d’autre que se moquer d’elle, la ridiculiser. Elle aurait sans doute du fuir, oublier le petit groupe, oublier son ambition. Mais, Jeanne n’était pas du genre lâche et n’abandonnait pas comme ça.

- Jeanne. La petite leva ses grands yeux bruns vers l’adolescent. Jeanne Deveraux.

Elle tremblait un peu. Qu’ils la ridiculisent était une possibilité. Mais, ce n’était pas la seule. Et la petite fille savait qu’elle ne ferait pas le poids face à tous ces garçons si les choses venaient à mal tourner. Dans sa tête, une petite voix lui criait de fuir en vitesse et rien à faire du clan de Grégoire. Mais, il était toujours hors de question qu’elle ne l’écoute. Jeanne posa à nouveau son regard sur ses pieds, triturant les coutures de ses poches qui commençaient à céder.

- Tu crois que je pourrais … hein ?

Elle en avait vraiment envie. Ca s’entendait à sa voix. Elle se balança d’un pied sur l’autre, sortit ses mains de ses poches pour entortiller nerveusement des mèches de ses longs cheveux bouclés autour de ses doigts, pour en mordiller une. Par pitié, faites qu’il dise oui ! Qu’elle appartienne à un groupe. Qu’elle se fasse des amis, des vrais. Qu’elle ait une famille. Une nouvelle famille pour prendre soin d’elle. C’était tout ce qu’elle voulait, à vrai dire. Pas grand-chose. Enfin, ça lui semblait ne pas l’être. Tout le monde méritait d’avoir une famille. Pourquoi pas elle ?
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