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 L'Alcool Tourne la Tête de Tout Homme, Même des Plus Convaincus / Secret [PV Achille]


Jeu 24 Oct - 16:38





STEFANO & ACHILLE ;



L’alcool, quelle douce boisson ! Bière, hydromel ou encore toute sorte de liquide plus fort – infect entre nous soit dit – coulaient a flot où se trouvait actuellement Stefano. Oui, l’Italien était descendu sur la Grande ville de l’Empire seul en cette sombre soirée hivernale. Inconscient ? Peut-être. Mais surtout fuyant. Fuir la Cour, fuir histoire d’un instant, de quelques heures ce palais de faux semblants et de paraitre pour se retrouver dans la masse. Se sentir banal, normal, voilà ce qu’il était venu chercher dans cette taverne miteuse remplie de gens commun. Ici les gens étaient vrais, riaient lorsqu’ils le voulaient et ne le faisaient pas dans le cas contraire. Au château, lorsque Monsieur ou son chevalier faisait un semblant de farce, il fallait rire, participer à toute cette petite scène pour faire bien, pour plaire. Il faut dire que si on ne suivait pas ses règles, la Cour était une réelle jungle où les bêtes les plus fourbes attaquaient leurs adversaires par derrière sans aucune pitié. Il ne les comptait plus ces plaisanteries de mauvais goût, cependant, s’il y avait bien une chose que le Milanais appréciait, c’était les potins. Oui, vous avez bien entendu, les potins. Certes, il ne s’amusait pas avec ceux-là, mais il les lançait à coup de « Mais mon cher, vous savez que mon amie la Marquise m’a dit que… » ou encore «  A ce qu’il parait… ». Je vous vois venir et c’est pour cela que je vous arrête tout de suite ! Il n’était pas dans ceux qui cherchaient à détruire une personne en lançant une rumeur, c’était juste une façon de se distraire, de voir jusqu’où pouvait aller l’Homme dans sa bêtise. Cette distraction était forte amusante à ses yeux, c’était elle qui représentait le mieux son côté enfant certainement car le danseur avait grandit trop vite.

Le noble ne s’était pas pris le chou pour s’habiller, il avait même d’ailleurs donné sa soirée à son valait pour qu’il puisse s’en aller sans être affublé de question de sa part. Malgré ses bons services, le jeune homme qui le servait avec une tendance à être trop curieux, et surtout trop consciencieux envers Stefano. Il avait les mêmes qualités que sa mère et c’est pour cela qu’il l’avait engagé d’ailleurs. Une fois seul, il alla ouvrir l’armoire où se trouvait sa misère. C’est toujours tirant ces poignées qu’il sentait un mal prendre ses tripes. Il était loin de posséder une garde-robe digne d’une personne de la Cour, très loin… Heureusement pour lui, son amour lui donnait quelques habits de temps en temps, ce qui lui permettait de changer, mais qu’aurait-il fait sans cette aide ? Un autre point qui le soulagea fut son serveur - qui aurait pu tâcher sa personne en commençant à rependre la vérité - mais ce dernier préférait se taire. Le jeune Sforza prit ses culottes les plus simples, enfila un pourpoint simple, se vêtit d’une cape sombre et chaussa ses bottes.

Le verre à la main, il laissa la choppe atterrir sur le comptoir sans trop prêter garde à la force où elle frappa le bois, si bien qu’une flaque d’hydromel lui arriva en pleine figure. La chance n’était vraiment pas avec lui aujourd’hui… Stefano s’essuya le visage du revers de la main et finit ce qu’il restait de la boisson en commandant une autre encore. Ce soir, il avait arrêté de compter ce qu’il avait bu, le danseur ne savait même plus s’il pouvait compter ses dix doigts. Il émit un grognement après une tentative pas très productive où il s’en vit treize et il sauta, secouant ses mains pour essayer de se les enlever. Le malheureux s’encoubla dans sa propre cape et tomba sur les genoux d’une jolie demoiselle qui ne lui avait rien fait. Les yeux mi-clos, l’Italien fit un sourire charmeur au trois silhouettes qui composaient la jeune demoiselle.

- Ciao bella ragazza… Désoulé d’êtrrre tohmbé… surrrr vos belle jambes…

Après s’être laissé tomber par terre comme un sac à pomme de terre, l’Italien se releva difficilement. Il faut dire que l’alcool lui avait enlevé toute sa grâce qu’il avait quand il était sobre. Le danseur se déplaçait maintenant comme un ivrogne et avait la même capacité que tout le monde à garder son équilibre après quelques doses d’alcool. Au moins, devant Dame boisson, tout le monde était égal ! Il tira une chaise sous son fessier et ouvrit la bouche pour parler quand il tomba à nouveau sur son fessier, la chaise étant placée plus à droite que ce qu’il l’avait vu.

Maintenant que ses petites fesses de nobles étaient posées plus ou moins stablement sur le bois, il s’accouda à la table et regarda la jeune femme avec intérêt. Cette dernière avait vraiment un beau visage, des yeux bruns-noisettes très charmant et des lèvres pulpeuse. Pour la première fois de sa vie – oui, bien la première fois de sa vie – le Milanais laissa son regard trainer sur la poitrine de la jeune inconnue qui lui semblait bien trop attirante à son goût.

-Siete… un angelo… ? Euhh, S’cusi… Êtes-vous une ange ma douce ?

Il posa son regard vert dans celui de la belle femme alors que cette dernière lui prit la main. Ses doigts étaient fins, même si un peu crasseux pour le danseur. Ils dégageaient une douce chaleur et elle n’était pas si mal habillée que ça pour une dame du peuple…

- Monsieur, je crois que vous avez trop bu…

Lui dit-elle en riant. Son rire était mélodieux, doux aux oreilles du jeune Sforza et sa voix ressemblait à celle de sa mère, légèrement rauque mais si charmante. Il lui adressa un sourire charmeur et la regarda avec des yeux de braises. C’était sûrement l’alcool, mais cette femme l’attirait autant qu’un homme. Il ne savait pas ce qu’il se passait dans sa tête, mais il n’avait pas envie de réfléchir à ça…

- Et.. io crois.. que vous siete… euhhh… êtes très… bella Madame…

Sa main alla caresser celle de l’inconnue gentiment.


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Dernière édition par Stefano Sforza le Lun 11 Nov - 10:53, édité 1 fois
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Mar 29 Oct - 21:39

❝ stefano & achille ❞

Une fois n’est pas coutume, le jeune mousquetaire ne traînait pas ce soir dans l’un des salons les plus courus de la capitale. Soucieux d’être plus tranquille la nuit venue, il avait opté pour une taverne qu’il avait trouvée au passage. Achille avait envie d’être seul ce soir-là, loin du château qu’il veillait certains soirs et des discussions parfois ennuyeuses des gens du salon qu’il fréquentait habituellement. Mais ce soir, son amie de salon, madame de La Fayette, était absente pour une raison qu’il ignorait. Elle l’avait prévenu plus tôt dans la journée via une missive qu’elle ne serait pas présente ce soir-là avec lui au salon et qu’elle lui expliquerait le moment venu de vive-voix la raison de sa non-venue. Elle le pria également de lui pardonner son absence malvenue tout en lui souhaitant toutefois une excellente soirée. Achille souriait amèrement à cette dernière phrase, la soirée sans sa compagnie semblait fade. Il savourait chacune de leur rencontre, se trouvait des points communs chez elle et il pouvait discuter de tout avec elle. Elle était en quelque sorte sa confidente. Désespéré de ne point la revoir ce soir, il s’était réfugié dans une taverne, cuvant son chagrin avec quelques pintes de bière. Il y était depuis… il ne savait plus, l’heure défilait à toute vitesse et il était absorbé par l’animation discontinue de la salle en contrebas. Assis en retrait sur la mezzanine, il observait à travers la rambarde tout de la scène en bas. Sans quitter la salle des yeux, il ne remarqua pas le tavernier s’approcher de lui, un pichet à la main. Sa voix tonitruante le fit sursauter :
    ▬ Une chope encore mon p'tit gars ?
    ▬ Non ce sera tout ! répliqua Achille avec sa voix impérieuse de soldat.
Il le gratifia d’une pièce qu’il rangea dans un coin de son tablier et repartit aussitôt. Le soldat se retourna dans sa chaise, reprenant là où le tavernier l’avait interrompu. Il vit quelque chose de nouveau dans son champ de vision. D’un doigt, il compta machinalement les personnes sous lui. Oui il en avait un de plus et il était installé sur le comptoir. Achille plissa les yeux pour mieux l’entrevoir mais il était trop loin. Il haussa les épaules, ce n’était sans importance. Cependant il eut la désagréable impression d’avoir déjà vu cette tête quelque part. La chope en main encore pleine, la deuxième ou troisième il ne s’en souvenait plus, il la porta à sa bouche et en but une gorgée. Trop distrait par les occupants de la salle en-dessous qui offraient un véritable divertissement pour ses yeux, il n’avait plus compté combien de chopes de bière il avait bu… Ce soir, il avait assisté à des discussions masculines qui tournaient parfois à la catastrophe, à des tentatives de séduction vaines, à des insultes entre deux jaloux, à un petit spectacle improvisé, et j’en passe. Achille suivait des yeux le nouvel arrivant qui cumulait sans arrêt les chopes. À vue d’œil, il devenait ivre. Le mousquetaire eut un sourire en coin, un nouvel spectacle en vue et qui allait faire parler de lui. Il reprit un peu de bière tout en restant attentif à la personne assis au comptoir. L’homme sauta à terre, secouant sa main, et se recula. Il ne prêta pas attention à la table derrière lui où était assise une jolie demoiselle. Soudain, il s’emmêla dans les pans de sa longue cape et trébucha. Il atterrit sur les jambes de cette demoiselle qui recula aussitôt avec sa chaise afin de ne pas être entraînée elle aussi dans la chute. Il se releva difficilement et marmonna des dires qu’Achille n’entendit pas. Il tendit alors l’oreille pour mieux l’entendre, il parlait italien. Italien ? Oui il était originaire du pays de Galilée. Il se rapprocha encore plus de la rambarde, il voulait voir de quoi il avait l’air. Mais il le voyait de dos, impossible de voir sa tête. Réprimant un grognement, il ne se laissa pas abattre.

Il continua à suivre la scène de la mezzanine et attendit que l’Italien bouge d’un côté pour tirer une chaise. Ivre comme il était, il retomba sur ses fesses, tournant la face vers Achille qui étouffa un cri. Il le reconnut. Messire Sforza, l’éternel séducteur. Le bel Apollon… Le mousquetaire fronça les sourcils, venait-il de l’appeler ainsi ? Il secoua la tête, chassant ce commentaire qui tombait comme un cheveu dans la soupe. Ce n’était pas le moment de rêver du beau physique de l’Italien. Certes il était bel homme mais nul doute qu’il aimait les hommes et non pas les femmes. Et tout le monde était au courant, même le mousquetaire. Achille se concentra sur la scène qui se déroulait, que faisait Stefano Sforza ici et ivre en plus ? Il le savait pas enclin à l’alcool mais là, tout prétendait au contraire. Curieux, il écouta attentivement leur conversation maintenant que l’Italien avait trouvé appui sur la chaise. Il était assis à la table de la femme et discutait avec elle. Achille la trouva différente de celles d’habitude, plus dodues et plus crasseuses. Elle restait néanmoins une fille de peuple mais jolie et avec qui il pourrait bien coucher. Il maugréa entre ses dents, la bière lui avait vraiment embrouillé l’esprit, faisant revenir ses mauvais démons. Bien que cela fasse une éternité, il se sentait capable de se contenir et comptait bien le rester. Pfiou ! Il reprit sa chope en main qu’il but d’un coup, le vidant entièrement. Puis il se frotta les yeux pour rester éveillé et reporta son attention sur l’Italien et la jolie donzelle. Il frappa du poing sur la table, le bruit heureusement couvert par le brouhaha de la taverne. L’alcool avait décidément mauvais effet sur lui. La jeune femme. Voilà ce qu’il voulait dire au lieu de "jolie donzelle".

Il écarta d’une main la chope contre le bord de la table, se jurant de ne plus y toucher la prochaine fois, et se reconcentra sur eux. L’Italien lui parut bizarre car il semblait s’absorber dans la contemplation de sa poitrine. Pour tout dire, la jeune femme l’absorbait et il l’entendit dire qu’elle ressemblait à un ange. Achille écarquilla les yeux, parlait-il d’ange à une femme ? Il l’avait si souvent entendu le dire aux hommes, mais aux femmes… euh, c’était une première ! Il la vit prendre une main à l’Italien qu’elle apposa sur la table. Puis elle lui dit qu’il avait trop bu. Le soldat fit un léger signe de tête, comme pour dire qu’il était d’accord avec elle. En même temps, cela expliquerait son penchant soudain pour les femmes quand il était sous l’emprise de l’alcool. Après tout, ce n’était peut-être rien du tout. Mais il n’avait jamais vu l’Italien draguer une femme. Il crut bien l’avoir entendu dire que jamais il n’était attiré par celles-ci et pourtant il la draguait elle. Tant qu’il n’irait pas plus loin, tout roulait pour lui. Mais tout s’accélérait à la fin, il lui déclara qu’elle était belle et il caressait, comme il le faisait avec un homme, sa main. Achille se rapetissa sur sa chaise pour mieux voir à travers la rambarde. Cela commençait à devenir intéressant et il ne voulait pas rater une seule miette de la scène qui se déroulait à ses yeux : l’Italien draguant une fille du peuple. Et il ne semblait pas faire exprès, il était irrémédiablement attiré par elle. Le jeune mousquetaire flaira le super scoop.


Dernière édition par Achille de Montaron le Mar 1 Juil - 4:40, édité 2 fois
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Lun 11 Nov - 16:31





STEFANO & ACHILLE ;



L’alcool n’était sûrement pas l’ami de notre cher Sforza, qui se mit à tripoter la main de la donzelle qui était en face de lui comme si c’était celle d’un charmant Apollon qui courait dans les couloirs de le Cour de Monsieur. Malgré le fait qu’il soit aussi cuit qu’un coq au vin, il restait tout de même charmant, même si son haleine était un peu moins attirante qu’à son habitude, on ne peut pas avoir que des points positifs quand on boit... L’Italien n’avait pas l’habitude des grosses biturées comme celle qu’il était en train de vivre maintenant. Il buvait assez fréquemment un ou deux verres de vin avec un bon repas, et un peu plus si la soirée se prolongeait ou s’il se retrouvait avec un de ses amants, mais il perdait très rarement la tête. Bien sûr, cela lui arrivait mais le Milanais aimait se souvenir de ce qu’il avait fait. Ces maux de crâne matinaux n’étaient pas non plus son fort, préférant se lever tôt pour aller danser ou faire une grasse matinée dans les bras de son Joseph ou d’un autre amant. C’était une chose qui lui manquait ces derniers temps, une douce matinée collé contre le puissant torse de son amour, à se faire des papouilles, à rire. Le danseur aimait sentir la peau de son homme contre la sienne, tiède, douce, de pouvoir savourer la moindre parcelle de son corps, de pouvoir manger ses lèvres charnues encore et encore. En s’imaginant avoir sa moitié devant lui, il s’avança jusqu’à voler un baiser à la demoiselle qui n’avait rien demandé, mais à voir, elle n’avait rien contre le fait de se faire embrasser goulument par un inconnu. Il resta dans cette position une longue minute, profitant de la bouche de l’étrangère un maximum. N’importe qui connaissant l’Italien aurait cru rêver en voyant cette scène irréaliste se dérouler devant eux. Jamais cela ne s’était passé durant toutes sa vie : Embrasser une femme librement, de son propre grès.

Il se leva et alla se poser sur ses genoux, faisait comme la plus part des hommes aussi remplis que des cuves à bière et recommença à l’embrasser, tout en caressant ses formes avec envie. Le danseur se sentait observer, mais vu qu’il n’arrivait déjà plus à compter ses doigts, imaginez seulement la créature qu’il pouvait voir rien qu’en regardant un pauvre poupon au fond de son couffin. Il reprit son souffle et la regarda dans les yeux avant de lui murmurer des mots doux à l’oreille avant de la lui mordiller, ce qui la fit gémir. Pour le plus grand plaisir de Stefano, il sut enfin qu’il arrivait aussi à faire plaisir au sexe opposé. Il se retourna pour reprendre un verre sur la table et descendit la chope de son voisin cul sec avant que ce dernier lui lance un regard noir auquel il sourit.

- Ohhhhh fais pas cette… cette testa moi coro… c’est qu’oune biera…

L’inconnu lui sauta dessus et le traina sur la table avant de mettre le danseur par terre et de s’asseoir sur lui à califourchon et de le menacer de ses poings. Lors de son court passage sur la tablette, il embarqua avec lui les autres verres remplis qui se trouvait tranquillement sur le bois. En l’espace d’un instant, il se retrouva aussi trempe qu’à la sortie d’un bain, sauf qu’il était encore habillé. Le Milanais mit une droite monumentale dans le visage de son agresseur.

- On ne m’agresse pas… pas comme ça testa di cazzo !

Il tenta de renverser l’homme qui se trouvait sur lui, mais n’y arriva pas du premier coup. Il faut dire que le bel apollon avait beau être sportif, ses compétences restaient dans le domaine de la danse et pas du combat ou de la lutte. Le noble savait utiliser une épée, plus ou moins car son frère lui avait appris cet art, mais cela faisait tellement longtemps qu’il n’avait plus retouché à ce genre d’outil métallique qu’il devait encore plus ressembler à une pucelle tentant d’impressionner son adversaire avec un cure-dent en main. En temps normal, le jeune Sforza était contre la violence, mais dès que la boisson montait dans son petit cerveau, certaines limites tombaient très rapidement. Dès qu’il y avait un peu de trop de liqueur dans son sang, le bel Adonis était capable de beaucoup de chose, même si ses actes avaient des conséquences graves.

Sûr de lui, le danseur décida d’employer une technique pas très honnête pour reprendre le dessus. Il violenta alors les jumelles pendantes de l’inconnu d’un bon coup de poing, et le retourna. En l’entendant gémir de mal, l’Italien sourit. Il connaissait cette douleur, comme tous les hommes sur cette planète. S’il y avait bien un ressentit sur lequel tous les mâles de cette planète étaient d’accord, c’était sur ce sentiment indescriptible. Attaquer ce point faible était très bas… mais dans la situation dans laquelle le Milanais se trouvait, cela n’était pas le plus important. Comme dit plus haut, il en était à un moment ou pour lui, tant qu’il arrivait à ses fins, tous les moyens étaient bons. Il se releva et, content d’avoir pu mettre son ennemi à terre, se dirigea à nouveau vers la charmante demoiselle. Après avoir roucouler quelques minutes, il prit sa cape, embrassa à nouveau la belle en la plotant et alla vers le bar.

A mi-chemin, il se sentit tomber sur le parquet, mais il arriva plus fort contre la terre et c’est là qu’il sentit qu’il y avait quelqu’un sur son dos et à peine avait-il pu reprendre ses esprits du choc, qu’il sentit une immense douleur au niveau du dos, et après un cri, tout s’arrêta.


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Lun 30 Déc - 17:30

Achille rapprocha encore plus sa tête près de la rambarde et se plongea dans le film de l’action qui s’offrait à ses yeux. Il était si absorbé par les gestes totalement inédits du Milanais qu’il notait mentalement tout ce qu’il voyait. S’il pouvait, il crierait de joie car il tenait là la chose la plus inouïe qui lui était venu de voir. Force était de constater que l’alcool pouvait changer tout un homme, même les plus convaincus, comme cet Italien qui ne dérogeait pas à la règle. Lui qui était si populaire auprès des hommes se retrouvait ce soir aux bras d’une femme. Quiconque le connaissant, s’il venait à assister à cette scène, n’en croirait pas ses yeux. La personne en resterait coite, ébahie et aurait perdu sa langue. Il n’y avait pas de mots pour expliquer la grosse surprise qui se présentait à elle. Le jeune mousquetaire était sans conteste cette personne car il ne voyait personne d’autre dans la taverne qui connaissait aussi le signor Sforza. Cloué sur sa chaise sous l’effet de la surprise, Achille suivit avec intérêt la suite des événements. Installé à la même table, l’Italien charmait la femme assise en face de lui et qui tournait le dos à Achille. Néanmoins, il pouvait voir les douces caresses qu’il donnait à sa main. Puis il remonta avec ses deux doigts vers son visage et, comme pris dans un songe, il s’approcha de celui-ci pour finalement goûter à ses lèvres charnues. Il augmenta la cadence de son baiser avant de l’embrasser avec fougue. Cela dura une bonne minute. Pendant ce temps-là, Achille qui observait tout depuis la mezzanine s’était brusquement accroché aux bras de sa chaise, y enfonçant ses ongles carrés, il allait de surprise en surprise. Son expression s’était figée sous le choc et sa bouche restée entrouverte. Il commençait à avoir la gorge sèche, tellement il n’arrêtait pas d’ouvrir la bouche à chacune d’entre elles. Sur le coup, il ne savait plus quoi penser. L’Italien était-il vraiment attiré par elle ? Qui, plus est, était une fille du peuple. Que penserait-on de lui s’il était vu en sa compagnie ? Sa réputation d’éternel séducteur auprès des hommes en pâtirait.

Le mousquetaire avait l’esprit embrouillé, les effets de l’alcool se faisaient ressentir. Il cligna ses paupières, dans l’espoir de ne pas sombrer dans le sommeil ici-même sur la table. L’heure lui importait peu mais il ne douta pas une seconde que dehors la nuit était déjà bien avancée. Étouffant un bâillement, il se cala dans sa chaise et se frotta le visage avec ses deux mains. Son attention se reporta ensuite sur la chope qu’il avait écartée plus tôt dans la soirée. Il la regarda attentivement, comme fasciné par elle, et la replaça devant lui. Il leva le bras pour appeler le tavernier mais se résigna une seconde plus tard. La chope retrouva sa place initiale, soit sur le bord de la table. Le soldat avait été une nouvelle fois tenté de reboire une chope de bière. Il en avait déjà bu... oh, il ne savait plus, il avait arrêté de compter. Il posa un coude sur la table, puis l’autre et balança son visage en avant tout en soupirant. Le front sur ses mains, ses yeux n’étaient qu’à une faible distance de la table. En l’espace court d’un instant, il oublia l’Italien qui embrassait la jeune femme et ferma ses yeux. Il ne dormirait pas là mais chez lui, dans sa chambre, sous des draps douillets. Là, il avait juste besoin de souffler un moment. Cependant, il ne put s’empêcher de repenser à l’homme qui était en bas, l’homme qu’il ne voyait pas pour l’instant. Que lui arrivait-il d’embrasser une personne du sexe opposé ? Il comprendrait si ça avait été un homme puisque c’était son genre. Mais ce soir, on dirait qu’il avait une préférence pour les deux sexes. Vu la façon dont il la galochait, il n’y avait plus de doute là-dessus. À moins que ce soit l’alcool qui lui ait monté à la tête. Achille opta pour la deuxième solution mais à l’entendre, il semblait y prendre beaucoup de plaisir. Il se releva car il entendait effectivement des gémissements qui, mêlés au bruit environnant, arrivaient faibles aux oreilles du chevalier.

Achille se courba de nouveau pour mieux voir à travers la rambarde. Ses yeux se dessinèrent rapidement en soucoupes, une énième surprise de la part du Milanais se montrait encore à lui. Décidément, les surprises étaient très en vogue ce soir car il les cumulait toutes depuis l’arrivée de l’Italien dans la taverne. Le mousquetaire se colla maintenant aux barreaux de la rambarde, il avait vu quelque chose qui le troublait énormément. Il se demanda à un moment donné si ce qu’il avait surpris en bas ne venait pas de son imaginaire. Ou bien s’il ne devenait pas fou. Une scène purement irréaliste se passait sous ses yeux. Alors là, mon Dieu, il n’y avait pas moyen de décrire l’état d’esprit d’Achille face à la scène. On était au comble de la stupéfaction, à son paroxysme. Ses amants en seraient tous bouche bée s’ils le voyaient dans cet état. Leur pauvre tendre amour dans les bras d’une donzelle du peuple. Dégoûtés même car certains d’entre eux, plus particulièrement Joseph de Montavaux, n’avaient que yeux pour lui. Achille n’irait pas le blâmer, c’était son problème. Même en admettant que la scène qui se déroulait à lui était bien réelle, elle lui parut tout aussi à la fois inconcevable. Pourtant, il fallait se rendre à l’évidence que, même en étant un homosexuel convaincu, on ne l’était pas en réalité. Bien évidemment sinon il ferait abstinence de la gente féminine. Or ce n’était pas ce que faisait Stefano Sforza. Il mordillait l’oreille de la jeune femme et caressait tout en même temps avec envie ses formes. Il lui procurait du plaisir, d’où ses gémissements.

Le soldat esquissa un léger rire, la scène prenait une tournure assez drôle. En effet, l’Italien était à califourchon sur les genoux de la femme et semblait prêt à la sauter. Il interrompit ses caresses pour se retourner vers la table et avala cul sec par erreur la chope de son voisin. Achille redouta sa réaction car il affichait une mine mécontente et semblait bien décidé à lui faire sa peau. Ce qu’il fit. Il le prit par le col et l’extirpa des genoux de la donzelle. Dans les airs, Stefano, prisonnier de son col, secouait énergiquement ses jambes et tentait tant bien que mal de se libérer mais l’homme était beaucoup plus puissant. Achille imaginait le Milanais plus lourd mais ses qualités de danseur l’avaient rendu plus léger. Celui-ci n’eut pas le temps de réagir quand l’homme le lâcha par terre après l’avoir balancé sur la table, renversant les chopes pleines sur lui, car dès qu’il eut touché le sol dur, tout juste sorti d’un bain, il lui sauta dessus et le menaça avec son poing levé. Achille voulut intervenir, son rôle était de protéger les gens de la Cour et Stefano en faisait partie. Mais il l’en empêcha car il avait touché à un point sensible de l’homme, à l’endroit où tous les garçons savaient que cela ferait très mal si l’on le violentait fort. L’homme qui avait trempé le jeune danseur quelques secondes auparavant se replia sur lui-même en gémissant de douleur. L’Italien se remit debout, tout fier de son geste, et sortit victorieux de son combat à mains nues. Quant à l’homme, toujours cambré en deux, il prit la direction opposée que prenait Stefano avec sa nouvelle "copine", c’est-à-dire vers la sortie de la taverne.

Tout semblait finir par le mieux. Le danseur et la fille roucoulaient pendant un long moment en bas et le mousquetaire se détourna d’eux. Il réfléchit à la suite de la soirée. Qu’allait-il faire ? Certainement aller se coucher, il devait se faire très tard maintenant. Il se leva alors de sa chaise pour se préparer à partir quand soudain la porte de la taverne s’ouvrit sur ses gonds. Achille se pencha par-dessus la rambarde et vit l’homme avec qui Stefano s’était battu arriver avec du renfort. Sans plus traîner, il quitta la table et dévala les escaliers lorsqu’un cri survint à ses oreilles. Il reconnut la voix du Milanais. Débarquant en trombe dans la salle du rez-de-chaussée, il aperçut un groupe de trois, quatre, cinq hommes autour de son corps inanimé. L’un des cinq appuyait son dos avec son pied botté et était prêt à lui régler son compte. Le tavernier tremblait comme une feuille dans un coin et les clients ne bougeaient pas d’un pouce, de crainte d’y passer à leur tour. Ils assistaient impuissants au triste sort de Stefano. Concernant la jeune femme, elle pleurait sous le comptoir et un des hommes lui intimait fermement de se taire. Achille devait agir, il ne lui restait que très peu de temps. Sortant son épée, il le mit en position d’attaque et cria :
    ▬ Assez ! Laissez cet homme tranquille !
Les cinq têtes se tournaient vers lui et le regardaient, le visage blême.
    ▬ Partez tous avant que je règle vos comptes.
Il pointa son épée plus en avant et les hommes tressaillirent. Sa force de persuasion fut convaincante car ils déguerpirent aussi vite qu’ils étaient venus. Achille souffla un bon coup, il n’aurait pas réagi ainsi si les cinq hommes avaient été armés. La chance était avec lui ce soir, sinon ils seraient tous les deux morts. Ces hommes étaient des lâches car on ne tuait pas quelqu’un dans son dos. Ceux-ci partis, il ordonna au tavernier un seau d’eau et se pencha au-dessus de Stefano. Il le poussa pour l’allonger sur son dos car il était à plat ventre. La tâche ne fut pas rude, il n’était pas très lourd et le jeune soldat avait assez de force pour le retourner. Achille plaça l’épée sous son nez et observa sa respiration. Un souffle se dessina sur la lame polie, il respirait. La jeune femme dont Stefano s’était épris poussa un cri joyeux et se décolla du comptoir auquel elle s’était agrippée lors de l’intervention inopinée des cinq hommes. Elle se rapprocha de lui à quatre pattes et le secoua en criant. Avec le chiffon mouillé apporté par le tavernier, elle tamponna son front, puis son visage pour le réveiller. Au bout d’un instant, elle pleurait presque, craignant que celui qui lui avait apporté du plaisir mourrait dans ses bras. Elle tapota alors plus vivement son visage, en vain. Perdue, elle s’écroula sur lui et des sanglots masquaient sa voix. Achille qui avait suivi avec peine les tentatives manquées de la jeune femme se décida à son tour de l’aider. Il s’accroupit pour le gifler tout lui criant dessus :
    ▬ Hé ho ! Réveillez-vous ! Hé ho !
Il lui asséna des gifles, sans résultat. En même temps, il lui pria de l’excuser plus tard car il usait de la manière forte. Il fit cependant attention à ne pas abîmer son doux visage angélique mais il fallait bien le sauver. Messire Sforza n’était pas du tout chanceux ce soir, d’abord cette aventure - ou pas - avec une femme du peuple qui risquait d’entacher sa réputation chez les hommes et enfin cette bagarre qui avait mal tourné à la fin puisqu’il se retrouvait complètement inerte sur le parquet de la taverne. Achille arrêta ses tapes pour réfléchir rapidement à une autre solution, il vit le seau d’eau froide posé à ras le sol de l’autre côté de lui et une idée germa dans son esprit. Il leva ses genoux, passa son pied par-dessus son corps et attrapa la lanière du seau. Il se recula et versa tout son contenu sur le jeune danseur. Puis il se pencha sur lui car il le vit relever ses épaules et cligner des yeux. Il se réveillait enfin. La jeune femme le regarda, les yeux remplis à la fois de stupeur et de joie. Il ne se releva pas immédiatement car elle sauta déjà à son cou. Achille l’écarta de l’Italien afin de l’ausculter vite fait. Il se rapprocha de ses yeux miroitants qui s’ouvraient doucement et lui demanda gentiment :
    ▬ Vous m’entendez, messire Sforza ?


Dernière édition par Achille de Montaron le Mar 1 Juil - 4:44, édité 1 fois
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Jeu 13 Mar - 10:45

Spoiler:
 





STEFANO & ACHILLE ;



La bouche pâteuse… Voilà la première sensation que l’Italien eut dans son moment d’absence. Il avait l’impression que sa langue avait triplé de volume et qu’elle prenait désormais toute la place dans sa cavité buccale.  Combien de verres avait-il bu ? Lui-même avait arrêté de les compter,  mais la réponse était simple : Trop. Beaucoup trop. Il se passait de ces soirées où tout coïncide pour vous faire boire : l’ambiance, les gens ou encore l’humeur. Il fallait croire que le Milanais était de tempérament buveur ce soir, même s’il n’avait aucune excuse pour descendre l’alcool aussi facilement dans son gosier de charmant danseur. Tout allait bien au château ! Il dansait toujours autant qu’il le souhaitait, avait une bonne santé… bref rien qui l’aurait excusé telle qu’une séparation sentimentale ou quelconque autre prétexte. Il est vrai que la boisson est une solution facile pour oublier le quotidien, les soucis et surtout la réalité ! Il est si simple avec elle de se transporter dans une sorte de réalité parallèle où tout est joie, mais la redescente n’est que deux fois plus dure. Du paradis, on retombe en enfer en moins de quelques minutes, avec les effets secondaires indésirables en plus, comme les maux de tête et les nausées.

Ce sont les douleurs qui ramenèrent Stefano à la surface de la conscience. Il avait la joue gelée collée contre le sol et son dos lui semblait en feu. Un son uniforme arrivait à ses oreilles, rien ne se détachait pour se distinguer, c’était comme si toutes les voix, tous les bruits ne formaient plus qu’un, se mélangeaient. Ses yeux étaient toujours fermés, il n’arrivait pas à les ouvrir. Il savait qu’autour de lui, les choses bougeaient mais rien ne lui semblait clair. Tout était noir. C’était comme si son cerveau n’arrivait plus à commander ses yeux, qu’il avait perdu le contrôle.

Tout à coup, le mal qu’il ressentait sur sa colonne vertébrale diminua, comme si on lui avait enlevé une aiguille, mais rien ne changea, il était toujours perdu dans le néant. Il sentit comme des coups sur son visage. Les voix se firent plus claires, mais rien ne semblait pouvoir le sortir de son sommeil de plomb. Le danseur sentit ses joues s’enflammer et sa tête se faire secouer de droite à gauche et vis versa, mais ce ne fut pas encore ça qui le réveilla.

Telle une claque monumentale, l’eau réveilla le danseur, mais le laissa toujours dans un état second, hébété. Il tenta de bouger, de se lever, mais la seule chose qu’il arriva à soulever furent ses épaules avant qu’elles ne retombent sur le sol. Cependant ses paupières marquèrent la fin d’une trêve et acceptèrent de se lever lentement pour lui laisser voir des tâches de couleurs tout autour de lui. Rien n’était précis, comme si les traits avaient disparu et que les couleurs s’étaient mélangées pour devenir floues.

Un bruit plus distinct sonna à ses oreilles, mais l’information n’arriva pas à bon port. Tout à coup, il fut prit de nausée et tout commença à tourner autour de lui avant qu’il ressentit tout son estomac remonter et se vider sur son sauveur.
-Sono desolato…
Ses excuses furent la seule chose qu’il puisse faire avant de retomber dans le néant.

[…]

Tout secouait autour de lui. Stefano ouvrit les yeux et remarqua qu’il était dans un carrosse. La seconde chose qu’il remarqua était qu’il avait un goût désagréable dans la bouche, comme s’il avait vomi. Ni une, ni deux, il se précipita vers la porte et l’ouvrit en pleine course pour vider ce qui avait été retenu la première fois, le laissant complètement purgé. Il se rassit après avoir essuyé  son visage du revers de la main pour enlever les preuves restantes de son états nauséeux, sans s’occuper de ce qu’il y avait autour de lui, trop occupé à retenir une troisième salve.



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Ven 28 Mar - 21:03

((hj : désolé j'ai voulu faire court mais je n'ai pas pu, j'ai été inspiré ♥))

Non sans un air de surprise, le jeune mousquetaire brun reçut en moins de quelques secondes, en réponse à sa question, le vomi de messire Sforza sur ses bottes. Les yeux grands ouverts et la bouche entrouverte, il retint de justesse un cri suraigu qui exprimerait son dégoût pour l'infect mélange qui, plus tôt, était noyé dans l'estomac du jeune Milanais. À en croire son état, il avait rejeté tout son contenu en se penchant sur les hautes bottes cirées du soldat. Son visage laissait entrevoir l'ombre d'une grimace qui s'effaça pour laisser place à un sourire crispé. Les mains en l'air, le mousquetaire constata avec effroi l'ampleur du désastre qu'avait causé l'estomac du pauvre Italien qui s'écroula aussitôt après avoir vomi. Il se releva au ralenti, tout en ayant les mains écartées, et jeta un regard circulaire autour de lui, dans la salle. Les gens s'étaient tus, leurs yeux rivés sur le flot de vomissures dans lequel nageaient les bottes du mousquetaire et sur le corps inerte du jeune danseur.

Un silence pesant s'abattit dans la salle et la taverne était extraordinairement calme. Il n'y avait plus aucun bruit, plus aucun son, et tout le brouhaha incessant qu'il y avait auparavant avait disparu. Le mousquetaire, prenant soudain compte de l'irréalité de la situation, regarda les clients un par un, dont les regards étaient tous braqués dans sa direction. Il tourna la tête vers la jeune femme qui s'était vivement écartée quand son homme du jour, Stefano, avait déversé tout le contenu de son estomac sur les bottes brillantes du Montaron. Cette vision le rendait déjà malade dès qu'il y repensait. Enfin, ce n'était pas le vomi en lui-même qui l’écœurait, il avait vu bien pire, mais le fait que le Milanais ait vomi sur ses belles bottes, des bottes sur lesquelles il avait passé de longues minutes à décrasser, à nettoyer et à cirer la veille au soir. Il se mordait les doigts à l'idée d'avoir gaspillé autant de temps qu'il aurait pu faire quelque chose de plus plaisant, une chose autre que ses obligations. Du genre lire un bouquin mais il n'avait guère le temps pour cela, son métier l'occupait à temps plein. Un métier auquel il n'avait jamais rêvé, ni désiré, mais qui le rapprochait davantage de la Cour.

La femme, vers qui Achille avait tourné la tête, le regardait à présent d'un air ébahi, certainement étonnée sur le fait que le signor Sforza ait vomi sur lui alors qu'il l'avait aidé à se réveiller, à plusieurs reprises d'ailleurs. Tout dans cette taverne semblait s'être immobilisé, tout sauf le mousquetaire qui, debout, esquissait des mouvements de bassin à droite et à gauche, sans bouger d'un iota ses jambes qui s'enfonçaient petit à petit dans la mare de vomi. Ce fut lui qui rompit le silence après quelques moments de réflexion et d’effarement. Il n’y avait pas de mots pour expliquer ce petit instant de désarroi qui planait depuis peu sur le jeune soldat, les gens restaient immobiles car ils attendaient de lui un signe quelconque les permettant de reprendre leur train-train habituel. Après tout, Achille avaient chassé les cinq hommes qui allaient transformer la taverne en un champ de combat. Il était en quelque sorte le représentant du roi dans cette taverne à la réputation calme et tranquille, donc il était normal que les gens attendaient patiemment une réponse de ce dernier. Mais lui n’en avait pas l’habitude, plutôt habitué à suivre les ordres que de les donner. Regardant l’assemblée avec des yeux baladeurs, il se racla la gorge et commença par dire d’une voix presque hésitante, qui finalement ne s’avérerait pas si hésitante que cela :
    ▬ Messieurs, retournez à vos occupations. Tavernier, j’aurai besoin de votre aide, remplissez ce seau d’eau claire, il désigna le seau du doigt, et ramenez un chiffon.
Le tavernier s’exécuta aussitôt et se retira en prenant à la volée le seau qui gisait non loin du corps inanimé du Milanais. La salle se réactivait doucement, les discussions reprirent, ainsi que les rires, mais les gens n’ignoraient pas pour autant encore les mésaventures de Sforza dans cette taverne, jetant quelquefois des regards curieux en direction de celui-ci et du mousquetaire tout en conversant indistinctement. Ils répétaient sans doute entre eux ce qu’ils venaient d’assister et commentaient. Achille n’y prêta pas attention, dans quelques jours ils auraient oublié. Tout en prenant le soin de ne pas mettre de vomi partout, il écarta ses bottes de la mare et attendit le tavernier qui revint très vite avec le seau rempli à ras bord et un chiffon propre. Achille sourit en le voyant en bon état et le prit pour le tremper dans le seau avant de nettoyer ses bottes couvertes de vomi. Il réprima une grimace de dégoût, il s’était penché et sentait plus l’odeur de cette matière en décomposition qui s’était accrochée à ses hautes chaussures. Il les frotta rapidement mais efficacement, jusqu’à ce qu’il n’ait plus la moindre vomissure qui s'y reposerait.

Ayant retrouvé une humeur joyeuse à la vue de ses bottes propres et bien nettoyées, il ne s’attarda pas cependant à leur contemplation. Il y avait plus urgent à faire pensait-il en observant le corps du Milanais qui semblait avoir perdu toute once de vie. Le pauvre, d’où lui était venue l’absurde idée de se saouler ici ? Qu’est-ce qui avait bien pu traverser sa tête ? Certes, on pouvait venir boire quelques verres dans un endroit comme celui-ci, c’était tout naturel, mais pas autant. Enfin, pas lui. Pour les ivrognes d’accord mais lui, un noble de surcroît, et dans une taverne en plus ! Était-il désespéré ou était-ce une brusque envie de s’enivrer avec plusieurs chopes d’hydromel ? À moins que ce ne soit une expérience ? Bref, le soldat n’obtint pas satisfaction, ses questions restaient sans réponse et le danseur était toujours inconscient. Soudain fatigué, le jeune Morvandeau abandonna l’idée de réveiller à nouveau le signor Sforza dans un soupir et se pencha vers lui pour le tirer, l’éloignant de la mare de vomi. La femme le suivit dans sa trajectoire, s’accrocha à sa chemise tout en geignant et finit par enfouir sa tête au creux de son torse. Achille se demandait vraiment si elle s’était réellement attachée à lui, refusant de le laisser partir, ou si elle jouait la comédie. Il n’en savait rien, et puis cet homme, il ne reverrait sans doute jamais cette femme dont il s’était entiché. Qui dit qu’elle partirait avec lui ? Seul le Tout puissant pouvait en décider. Lui-même doutait néanmoins de la forte probabilité que cela se réalise au vu de l’attachement du Milanais pour le vice italien. Achille la dégagea de Stefano et lui intima de rester là où elle était. Puis il appela le tavernier et lui sollicita son aide pour soulever le corps évanoui de l’Italien. Il lui dicta sa décision :
    ▬ Aidez-moi à le conduire dehors et dès que nous y sommes, appelez un carrosse voulez-vous ?
Le vieil homme de cinquante-cinq ans, à la tête de son établissement, hocha vigoureusement la tête et passa un bras sous l’aisselle du jeune danseur pour aider Achille qui tenait déjà l’autre aisselle. Rapidement, Stefano se retrouva dans la position du Christ, soutenu de chaque côté par les deux hommes qui le traînèrent jusqu’à la porte de la taverne. Le soldat l’ouvrit avec son bras libre et ils sortirent dans la nuit noire. Dévalant une montée de marches, le mousquetaire tint correctement l’Italien avec son bras et son épaule car le vieil homme n’avait plus sa force d’antan. Ce dernier s’éclipsa discrètement et Achille fut laissé seul avec Sforza au milieu de la rue. Dehors, la nuit n’était pas aussi fraîche que les autres soirs de mars. Plus douce et plus calme cette fois car ce soir le vent manquait à l’appel. Alors qu’il sentait la fatigue musculaire le gagner, le jeune brun vit avec soulagement le carrosse qui arrivait au pas (pour ne pas réveiller les habitants qui dormaient) devant lui. Il s’écarta aussi vite qu’il pouvait avec le corps assez lourd du Milanais pour le laisser s’arrêter à son niveau. Il ouvrit la porte et fit installer ce dernier sur l'un des bancs duveteux du carrosse. Quand il ferma la porte, il entendit un gros fracas. Les yeux qui avaient l’air de se demander ce qui se passait, Achille passa la tête à travers la fenêtre du carrosse et vit avec un léger sourire moqueur que le jeune Sforza, initialement allongé sur le banc, s’était écroulé sur le sol du carrosse. Il ne s’était même pas réveillé ! Retenant un rire, il sortit la tête du carrosse, remercia d’un signe de tête le vieil aubergiste qui rentra dans sa taverne et s’approcha du cocher pour lui donner la destination à prendre. Il ajouta qu’il allait l’accompagner, devant lui aussi rentrer à Saint-Germain. Après s’être enfourché sur sa monture qui l’attendait à deux rues de là et d’avoir rejoint le carrosse, le cocher fit claquer le fouet et le carrosse démarra.

Depuis une heure, Achille suivait le carrosse de derrière, il roulait à une allure modeste. Cependant, par endroits, la route n’était pas tout à fait plate et rendait donc instable le carrosse qui, durant le trajet, fut incessamment secoué par des soubresauts. Le gros véhicule qui transportait l’inconscient danseur semblait hoqueter tout au long de la route et était, à cette heure tardive, le seul divertissement appréciable pour le mousquetaire derrière. Soudain, il lui semblait bien avoir vu la porte du carrosse s’ouvrir en pleine course. Sans réfléchir, il conduisit son cheval sur ce côté du carrosse et vit la tête de Stefano en dehors de l’embrasure, vomissant une nouvelle fois. Le soldat fit un écart avec les rênes de son cheval pour éviter de recevoir encore une fois ces flaques qui sortaient de sa bouche. Il gardait un mauvais souvenir du vomi sur ses bottes. Haussant les épaules à cette pensée, il redonna de l’allure à son cheval qui galopait déjà pour se rapprocher du cocher. Il lui cria suffisamment fort pour qu’il l’entende :
    ▬ Arrêtez-vous ! Arrêtez-vous je vous dis !
Le cocher le regarda avec un air ahuri, ne comprenant pas sur le coup la raison de cet arrêt brutal. Ils n’étaient même pas arrivés à destination. Néanmoins, il acquiesça car Achille lui ordonnait fermement de s’arrêter. Oui oui, voulut-il dire avec sa tête en perpétuel mouvement. Il tira sur les rênes qu’il tenait dans les deux mains et les chevaux hennirent.  Le carrosse s’arrêta un peu brusquement, le mousquetaire, lui, finit sa course un peu plus loin. Il descendit de son cheval, qu’il ramena au cocher, et entra dans le carrosse. S’asseyant sur le banc inoccupé, il détailla du regard le Milanais et constata qu’il était assez mal en point. Son teint livide démontrait qu’il venait de revider le contenu de son estomac et il avait les pupilles dilatées. Il souriait au danseur qui le regardait d’un étrange air. Il voulut savoir d’abord comment il se sentait. Après tout, il était responsable de lui puisqu’il le ramenait au château.
    ▬ Messire, m’entendez-vous ?
Il rapprocha sa tête de la sienne pour mieux entrevoir son visage et ses yeux. Voyant qu’il avait la tête qui tournait et qu’il marmonnait des bribes de phrases qu’il ne comprenait pas, il fronça un sourcil et, à l’aide de sa main, reposa la tête de Sforza sur un coussin.
    ▬ Calmez-vous messire, vous devez vous reposer. Nous rentrons bientôt et vous allez pouvoir dormir longuement cette nuit. Il vous faut reprendre des forces.
Achille parlait si bas pour ne pas apeurer l’Italien, aussi dut-il s’approcher encore de son visage. Il se voulait compatissant et soucieux de le savoir entre de bonnes mains, les siennes.


Dernière édition par Achille de Montaron le Mar 1 Juil - 4:48, édité 2 fois
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Dim 20 Avr - 1:18





STEFANO & ACHILLE ;



Le regard de Stefano arrivait à s’attacher à rien tellement les effets de l’alcool étaient forts à ce moment même. C’était comme s’il se retrouvait dans une sorte de toupie géante qui ne faisait que de tourner, sans arrêt. Même si l’Italien n’était pas croyant, il aurait prié la Sainte Marie pour que ce fichu fiacre s’arrête de suite. Le bois donnait l’impression de se déformer par endroit, pour laisser place à des formes plus étranges les unes que les autres. Cette cuite était certainement la plus violente que le Milanais ait jamais eue. Même sa première pirouette lors de son premier cours de danse lui avait moins donné le tournis ! Le jeune Sforza s’accrocha à la banquette comme il le pouvait, pensant pouvoir au moins perdre cette fichue impression et de reprendre possession de son équilibre pourtant d’habitude très fiable. Un grognement de mécontentement sortit de la gorge du danseur en remarquant que cela n’allait rien arranger à la situation.

Comme dans la majeure partie des cas, le simple fait de s’être délesté du surplus d’alcool qu’il avait dans son estomac lui rendit un répit dans sa lutte contre les effets secondaires du poison qu’il venait d’ingurgiter tout au long de la soirée, car oui, c’était un poison qui vous rongeait petit à petit, aussi vicieusement qu’un boa étouffe sa victime avant de la manger. Un goût horrible remonta de sa bouche jusqu’à son cerveau, ce qui le fit penser que son haleine n’était pas la chose la plus désirable en lui ce soir, même s’il fallait avouer que dans son état, il n’y avait plus grand-chose qui faisait envie… Heureusement pour lui, Stefano ne dormait pas dans les mêmes appartements que Joseph, ou tout autre de ses amants. Ne dit-on pas qu’il n’y a rien de plus répugnant qu’un amant avec une odeur plus que douteuse et un goût nauséabond lorsqu’on essaie de l’embrasser ? A voir, ses prières avaient été exhaussées car il entendit une voix crier l’arrêt du char. Une voix qu’il avait déjà entendu ce soir-là… Mais à qui pouvait-elle bien être ? La réponse arriva rapidement quand il vit un bel homme monter dans le carrosse pour s’asseoir en face de lui. Certainement devait-il être un homme du peuple, il n’avait pas l’air noble… ni gueux pourtant ! Le Milanais regarda alors l’inconnu dans les yeux, avec un sourire aux lèvres. Il lui sourit bêtement, comme si le jeune étranger allait l’embrasser, mais se laissa faire, bien que déçu de ne pas avoir reçu ce petit présent.
-Ss… Si… Si moi angelo ! Io vouz’entends très bienne ! Mais qui êtes-vous ? Jé né… Jé… Jé ne mé souviens pas vous… vous avoir embrassé ou quoi qué cé… cé soua ! Sé bienne douhomage parcé… parcé que vous êtes ploutôt mignong !
Le noble essaya de parler le plus distinctement possible, mais le mélange de son accent déjà très marqué et de l’alcool ne laissait rien sortir de très audible de sa bouche.

Une fois la tête confortablement posée sur un coussin, Stefano se laissa faire et écouta la voix du jeune homme qui était comme une douce berceuse à ces oreilles. Il avait un timbre de voix plutôt agréable, tout comme son petit minois qui, même s’il était encore légèrement juvénile, était attirant.
- Io compte bienne dormir bello ! Enne plous, si io dors dans vostre braccia, rien né pourra mé répouhoser plus…
Il balbutia la dernière phrase, si bien qu’elle en était presque inaudible pour le mousquetaire qui l’accompagnait. Il le regardait et posa une main au niveau de sa rotule et la caressa doucement, cherchant un tant soit peu de réconfort.
- Grazzie… Sei un angelo
Lorsqu’il réussit à mieux voir son visage, Stefano fronça des sourcils car il ne le reconnut pas. Jamais il n’avait vu ce jeune homme… Que pouvait-il bien faire avec lui dans un fiacre ?
-Mais… Mais… qui êtes… qui êtes-vous ? Et qué… qué mé voulez-vous ?

Si l’inconnu ne lui voulait pas de mal à ses yeux, il ne restait pas des moins un étranger et par ces temps, on ne savait pas ce que les personnes étaient prêtes à faire. Il allait attendre de voir ce qu’allait lui répondre le jeune éphèbe qui s’était assis en face de lui et il aviserait ensuite, bien qu’il ne soit sûrement pas en forme pour improviser grand-chose…



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Mer 30 Avr - 22:28

((hj : c'est plus court cette fois =P))

Achille essayait vainement de comprendre les mots en italien qui sortaient de la bouche de messire Sforza. L'Italien balbutiait, rendant confus tout ce qu'il disait aux oreilles du mousquetaire. Ce dernier fronça les sourcils, perdu, et recommença une nouvelle tentative. Il se pencha un peu en avant et s'arrêta près de la bouche du danseur. Ses yeux s'agrandirent lorsqu'il entendit, venant de lui, le mot mignon. Troublé et surpris par cette révélation, il releva sa tête et s'écarta de lui. Il n'imaginait pas pouvoir être mignon aux yeux de la gente masculine. Ainsi, il l'était pour les deux sexes. Se sentant soudain mal à l'aise dans la petite cage, il recula et, des mains, chercha la banquette sur laquelle il était assis plus tôt. Très vite le doux toucher du velours de celle-ci au contact de ses doigts l'incita à s'asseoir. Il put se reposer une minute durant, les yeux clos. Au départ il avait cru voir autour de lui les murs du carrosse se rétrécissant sur lui. Confortablement assis sur la banquette, il se frotta le crâne et rouvrit les yeux. À l'évidence, lui aussi avait passé une mauvaise soirée dans cette taverne, à en voir des vertes et des pas mûres. D'abord le nombre de chopes de bière qu'il avait dû ingurgiter pour se consoler de l'absence de madame de La Fayette, la femme qui d'ordinaire illuminait toutes ses nuits. Le mousquetaire se passa deux doigts entre les yeux, ne voulant plus repenser à elle. Puis il y avait eu lui, cet homme allongé là, sur la banquette et la tête sur un coussin, le signor Sforza. Il flirtait avec un femme. Oui, avec une femme ! Mon Dieu ! il en rirait presque. Même une heure et demie plus tard, Achille n'en croyait toujours pas ses yeux.

L'information – l'énorme scoop – il la gardait pour lui, il avait entre ses mains du lourd et se promit d'en faire usage si jamais cela lui permettait de se rapprocher encore plus de la Cour qu'il avait tant rêvé. Observant le Milanais du coin de l’œil, il réfléchit à ce qu'il pourrait en faire. Pour l'instant, rien du tout. Il se releva pour regarder le danseur de haut avant de se rasseoir, celui-ci reparlait mais de façon plus audible, même s'il bafouillait encore. Devant de nouveau pencher la tête, le soldat écouta attentivement chaque mot qu'il disait. Mentalement il traduisit les paroles du Milanais afin d'en saisir le sens. Il comprit qu'il comptait bien dormir à son arrivée au château et ajouta qu'il... QUOI ? Achille s'écarta brusquement de nouveau de l'Italien, mais qu'avait-il en tête pour lui dire cela ? Mais quoi ? Le jeune homme dut se répéter afin d'être certain de ce qu'il avait compris. Alors, il l'avait entendu dire qu'il aimerait dormir dans ses bras... Oh mon Dieu ! Éberlué par ses dires, il mit un long moment pour comprendre que Stefano était complètement ivre et que c'était l'alcool qui lui faisait dire cela. Peut-être qu'il ne le pensait pas vraiment... De toute façon, il oublierait certainement tout ce qu'il avait dit dans le carrosse et peut-être même la soirée qui s'était écoulée jusque-là le lendemain quand il se réveillerait, seul ou dans les bras d'un autre homme peu importe. Achille se surprit de sa pensée, certes il ne pensait jamais aux hommes mais il était évident qu'ils se réveillaient chaque matin dans les bras d'un autre, tous différents ou presque. Enfin, ce n'était pas vérifié mais ce qu'il voyait était suffisant. Tous les hommes qu'il connaissait et ayant le vice italien en eux visitaient plein d'autres hommes et comptaient donc plusieurs amants. C'en était presque fou mais c'était la vérité. C'était comme si ils ne pouvaient pas garder pour eux-mêmes le même seul homme. Tous étaient des monnaies d'échange.

C'est pourquoi Achille n'adhérait pas à ce vice qui touchait également le frère de son maître. Lui-même gardait encore un mauvais souvenir de ce dernier qui avait failli presque le tuer au théâtre et qui le poursuivait parfois dans les jardins. Un vrai pot de colle. Il comprit maintenant avec LA révélation que lui avait faite Stefano que c'était son joli minois qui en était la cause. Il happait les hommes tels que Stefano comme un aimant. Le mousquetaire ne pouvait pas en vouloir à son visage, la nature l'avait doté ainsi donc il ne pouvait rien faire. Il faillit geindre lorsque le danseur lui caressa le genou, cette manie qu'avaient ces hommes de caresser n'importe quelle partie du corps l’écœurait. Serrant ses dents, il attrapa la main de Stefano pour le reposer sur la banquette tout en arborant un sourire crispé. Il se rapprocha de lui pour lui signifier son refus de ce genre de geste mais vit que l'Italien commençait à reprendre conscience, les yeux presque paniqués. Achille se releva en tenant ses bras, lui intimant de rester couché. Le Milanais exprima clairement sa volonté de savoir qui il était et ce qu'il voulait.
    ▬ Un mousquetaire qui vous ramène au château, messire Sforza.
Le ton qui se voulait conciliant s'était quelque peu refroidi puisque le mousquetaire n'avait pas apprécié la caresse qu'avait donné le Milanais à son genou. Cela avait été de trop, pour lui. Il n'avait rien contre les hommes comme Stefano mais il n'aimait pas que ceux-ci tournent autour de lui.


Dernière édition par Achille de Montaron le Mar 1 Juil - 4:50, édité 1 fois
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Mar 10 Juin - 22:21





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Pauvre estomac ! Lui qui n’avait déjà pas la vie facile avec les multiples orgies que lui réservait l’Italien au long de ces multiples repas copieux. Tout arrivait chez lui, et il devait s’en occuper comme il le pouvait. Cependant il ne fallait pas que par malheurs il laisse ne serait-ce qu’une once de graisse apparaitre sous la douce peau de Stefano qui était tendue sur son corps musclé. Et si c’était le cas, le Milanais infligeait à ce pauvre organe une diète drastique à faire pâlir n’importe quel gueux ! Ces cris pour exprimer la faim ne servaient à rien dans ce cas. L’Italien était plus sourd qu’un pot lorsqu’il souhaitait perdre la matière qui gâchait sa forme physique. Un autre désagrément était l’alcool. Car même si la pense au danseur pouvait en contenir une certaine quantité, elle avait ces limites, comme elle l’avait montré ce soir-là. Stefano avait tendance à aimer boire, et parfois plus que de raison. Cela l’avait certes rendu plus résistant aux effets de ce poison, mais il n’en était pas immunisé, loin de là ! Le vin faisait ses aller et retour comme chez chaque homme, jusqu’à ce qu’il ressorte par sa bouche ou qu’il se calme. Malheureusement pour le jeune Sforza et sa dignité, ce fut de la première solution dont il fut victime cette soirée-là.

Se souviendrait-il de cette nuit-là ? Certainement pas ! Et heureusement pour lui ! Stefano aurait juste voulu être une petite souris pour se réfugier dans une petite cachette, ou se transformer en oiseau pour pouvoir s’enfuir par la fenêtre et aller se poser sur une branche d’un arbre touffu là où personne ne pourrait le voir. Il restait malencontreusement ce petit soldat qui avait tout vu. Ce mousquetaire avait été là depuis la sortie de la taverne ! Et qui sait, peut-être avant. Peut-être avait-il vu ce dont il ne se souvenait pas ! Le danseur se mit à se caresser les cheveux et poussa un gémissement de douleur lorsqu’il se toucha l’arrière du crâne. Une douleur intense se réveilla, ce qui le fit grimacer. C’était comme s’il avait fait une violente chute et que sa tête avait frappé le sol en premier. Une bosse imposante avait déjà commencé à gonfler, ce qui ne fit qu’augmenter la douleur. Il jacassa dans sa langue maternelle ses maux avant de reprendre légèrement conscience à nouveau.

Le jeune homme qui l’accompagnait avait bougé sous ses caresses qui n’avait rien de sensuelles, bien que le touché du Milanais évoquait souvent cette attrait-là. Il est vrai que dès qu’il s’agissait de jouer avec les hommes, Stefano franchissait rapidement la barrière du comportement autorisé. Beaucoup trop rapidement. Ce n’était pas qu’il laissait ses mains se balader n’importe où – sauf quand il avait bu à outrance et qu’aucun de ses amants n’avaient pu contenter ses désirs de chairs – mais il possédait une attitude très érotique quand il était en présence de la gêne masculine. Ses gestes étaient calculés, entre le masculin et le féminin, sans jamais dépasser la limite car le danseur aimait le viril et ne voulait pas apparaitre trop femme. Il aimait les hommes, les hommes qui l’aimaient pour ce qu’il était : un adonis. Il n’avait pas les arguments de Vénus, et grand Dieu jamais il ne les voudrait ! La belle déesse pouvait les garder, il ne la jalousait aucunement ! Il préférait ce qu’il avait entre les jambes ! Devant et derrière ! Il soupira et resta couché, comme le jeune inconnu le lui conseillait. Il entrouvrit les yeux et sourit au mousquetaire jusqu’à ce qu’il prenne peur et qu’il sursaute dans le coin du carrosse.
- Io né t’ai jamais vou… Comment… comment connais-tou mon nom ?
Ces quelques mots sortirent de sa bouche difficilement et quémandèrent toute sa concentration pour arriver à un résultat plus ou moins audible.
- I’ai mal au crâne ! Qué s’est-il passé ?


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Mar 1 Juil - 6:15

Relâchant ses mains des bras de Stefano, Achille revint s’asseoir sur la banquette avant. Encore une fois il soupira avant que ses fesses ne touchent le doux revêtement. Il ne savait plus quoi penser de cette soirée, l’alcool commençait à lui monter à la tête et son corps donnait des premiers signes de fatigue, le mousquetaire était épuisé. Il se frotta une dernière fois les yeux, priant qu’ils ne se referment plus soudainement, et retourna auprès du malheureux Italien qui souffrait de nouveau de maux d’estomac. D’une façon ou d’une autre, Achille le calma avec des mots judicieusement choisis. Connaissant sa réputation, il évita des termes à double sens, sinon Stefano croirait que le mousquetaire tombe lui aussi sous son charme – ou l’inverse. Sans conteste Achille trouvait le visage de l'Italien plus beau que le sien. Secouant la tête, il se débarrassa de cette pensée perverse, pas question de se laisser corrompre par ce vice. Il n’y était nullement tenté mais l’alcool lui embrouillait tellement l’esprit que ses pensées fusent de toutes parts.
    ▬ Ne bougez plus messire. Restez allongé et reposez-vous jusqu’au château.
Tant que le Milanais restait couché, ses maux de ventre devraient se calmer. Le soldat répétait calmement les mots qu’il avait employés, il ne put dire si le danseur avait compris tout ce que sa bouche formulait. Visiblement non car tout d’un coup il sursauta et se réfugia dans un coin du carrosse. Achille soupira de plus belle, les efforts qu’il avait entrepris jusque-là n’auraient servi à rien. On revenait au point de départ. Mais n’étant pas du genre à abandonner facilement la partie, le mousquetaire n’avait pas dit son dernier mot. Autant jouer cartes sur table puisque Stefano demandait à savoir comment il connaissait son nom, ainsi à comprendre pourquoi un jeune homme en uniforme de soldat était à ses côtés dans un carrosse. Évidemment qu’il ne s’en rappelait pas, il avait reçu un sacré coup sur le crâne, en plus d’une soirée arrosée et ce, en compagnie d’une femme. Si l’un ou plusieurs de ses amants avaient ouï-dire de cette soirée, Sforza serait à jamais délaissé, humilié par le fait d’avoir été vu avec une femme. S’il pensait cela, Achille deviendrait à coup sûr un élément gênant car il avait assisté à toute cette scène et que bien malgré lui il l’avait tout de même sauvé de ces hommes grossiers, balourds, qui en voulaient à sa peau. Son sentiment changerait-il quand il lui raconterait toute l’histoire ? Sur le moment présent, il n’en savait rien. La première chose à laquelle il pensait était son lit. La journée avait été chargée et la soirée riche en péripéties, du coup il avait la brusque sensation parfois qu’on le happait dans les bras de Morphée. Cependant il s’efforça de garder les yeux ouverts, jusqu’à ce qu’il ait un instant de repos à lui seul. Et cet instant, il l’enviait. Revenant vers le danseur, un léger ricanement glissa sur ses lèvres.
    ▬ Vous n’êtes pourtant pas méconnu messire Sforza. Tout le monde à la Cour connaît votre nom, moi inclus.
Entre-temps, un doute qui assaillait le mousquetaire depuis le début se dissipa. Stefano ne l’avait jamais vu, ne l’avait jamais remarqué donc. Achille s’estima heureux de ne pas être dans le viseur de cet homme alors qu’il l’est dans celui de Monsieur. Avoir deux hommes partageant le même vice dans les pattes aurait vraiment été embêtant, le jeune soldat ne supportant pas déjà les mignons du représentant Bourbon. Ceux-ci s’amusaient gaiement à embrasser certains jeunes hommes aimant le sexe opposé dans les couloirs du château. Les pauvres s’en retrouvaient traumatisés, les quelques-uns débutant tout juste une expérience avec les femmes, et comme Achille faisait partie de la garde, il connaissait leurs moindres faits et gestes et parvenait à leur échapper à chaque fois. Qu’ils étaient terribles et fort heureusement que Monsieur les tenait en laisse. On craindrait le pire sinon. Le mousquetaire redirigea les yeux vers le danseur, il voulut savoir à propos de la (mauvaise) soirée qu'il venait de vivre, ce qu'il s'était passé car bien évidemment il ne se rappelait de rien. Achille joua avec ses lèvres, se demandant s'il lui devait la vérité ou non. Cette vérité, il se l'était dit plus tôt, le détruirait... ou pas. Par contre il devait un minimum d'explication pour la bosse, elle n'était pas apparue par magie sur son crâne. Le soldat se rapprocha du Milanais afin qu'il l'entende et s'éclaircit la voix :
    ▬ Vous étiez dans une taverne... Il marqua un temps d'arrêt pour réfléchir rapidement à la suite de l'histoire, puis continua en articulant, vous avez eu la malchance de croiser des brutes et vous vous êtes battu avec cinq d'entre eux. Ils vous ont mis une raclée mais je vous ai sorti de là. Vous devriez être content que je sois passé pas loin, sinon vous seriez déjà dans la rue, pris pour mort.
Achille coupa court sa respiration nasale avec ses doigts, il regretta de s'être quelque peu emporté vers la fin, il n'avait rien fait le pauvre malheureux ! Il avait encore la hantise des mignons de Monsieur dans sa tête, puis l'alcool exacerbait ses sentiments. Lâchant un soupir, il se recula pour se relever avant de courber de nouveau l'échine vers l'oreille du danseur. Pas certain qu'il l'entendrait, néanmoins il lui dit plus faiblement :
    ▬ Pardonnez-moi messire... Il éleva la voix. Vous êtes sauf, c'est ce qui compte. Maintenant pas de temps à perdre, rentrons au château.
Le mousquetaire tapota l'épaule de Stefano, priant pour que plus rien ne remonte de son estomac et qu'il aille mieux couché ainsi. Il descendit ensuite du carrosse, approcha le cocher et lui déclama qu'il était l'heure de repartir. En effet, s'attarder seuls au beau milieu de la nuit sur une route déserte n'était pas chose à prendre à la légère. Chaque mouvement pouvait attirer l'attention dans les environs, des animaux ou des gens dangereux guettaient peut-être dans les bois alentour. Personne n'était à l'abri du danger. Mais là il s'agissait d'une exception, le Milanais ne se sentait pas bien et le soldat avait contrait le cocher d'arrêter le carrosse qui le transportait. À présent qu'il était allongé, reposant son ventre, et peut-être endormi, ils pouvaient reprendre la route.
Le souffle lent, Achille dessina un cercle avec ses yeux autour de lui, vérifiant que tout était en ordre. L'inspection terminée, il rejoignit sa monture et l'enjamba. Il lança le départ et prit la première position, le carrosse derrière lui. Avant l'arrêt spontané, il suivait le carrosse, désormais il se trouvait à l'avant, en sentinelle si l'on peut dire. Et pas question de galoper à une faible allure, Achille ressentait le besoin de dormir – Stefano sans doute aussi. Il augmenta alors la cadence de son bel étalon et entendit derrière lui les roues du carrosse, ainsi que les claquements bruyants des sabots des chevaux qui le tiraient. Bien le cocher ne voulait pas perdre la trace du mousquetaire et le suivait donc à folle allure. Pauvre Stefano qui devrait être secoué dans tous les sens à l'intérieur, tant pis le château n'était plus très loin, quelques kilomètres à parcourir et ils seraient arrivés.

Le château en vue, Achille fonça vers l'entrée, le carrosse en fit de même, tanguant presque à un virage. Par contre, il finit sa course tranquillement et les galets crissèrent silencieusement sous le freinage. On était à destination, au château et il ne fallait point alarmer toute la Cour qui ronflait en son sein. Le mousquetaire sauta de sa monture et ses bottes raclèrent le sol, enfin il se dirigea vers la porte du carrosse. Aidé du cocher, il releva le Milanais et lui tapota les joues :
    ▬ Vous allez bien messire ? Nous sommes au château ! Messire ? Je vous conduis à vos appartements ? Messire, répondez !
Achille leva les yeux au ciel, la réponse allait être longue. Il le secoua alors.
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L'Alcool Tourne la Tête de Tout Homme, Même des Plus Convaincus / Secret [PV Achille]

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