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 Petites Confidences Entre Sœurs [PV : Athénaïs de Montespan]


Lun 28 Oct - 15:06



Petites Confidences entre Sœurs.
Avec Athénaïs de Montespan.

Malgré son goût immodéré pour le luxe, les appartements de Madame de Thianges en étaient étrangement dépouillés. Les tentures colorées, accrochées aux murs demeuraient sublimes et le mobilier joliment sculpté... Cependant ce décor n'inspirait pas la grandeur mais plutôt une familière simplicité.

À dire vrai, Gabrielle ne se préoccupait que peu de son intérieur tant ses sorties étaient longues et ses rentrées courtes. S'il lui était arrivée de s'en inquiéter par le passé, – notamment lors de certaines visites impromptues de courtisans importants ou de membres de la royauté - ce n'était plus le cas aujourd'hui. L'espace lumineux et confortable lui convenait parfaitement.

Ce jour-ci, la marquise avait souhaité demeurer au calme. La cheminée était allumée et les flammes rougeoyaient posément dans l'âtre. Tandis qu'une douce chaleur continuait à se propager, Gabrielle - enfoncée dans l'une de ses causeuses de damas indigo - lisait avec un sourire appréciateur les derniers vers du jeune Beauchateau. On ne le voyait plus tant à la Cour depuis la mort de la Reine mère. Cette dernière avait été une adoratrice de l'art du poète et cela depuis le tout début, une chose qu'elle avait partagé avec Madame de Thianges... Chose partagée qui fut probablement la seule.

Gabrielle venait tout juste de refermer le carnet contenant les élégantes rimes lorsque l'une de ses domestiques vint lui annoncer la venue de sa précieuse sœur, Françoise-Athénaïs. La marquise haussa un sourcil... Elle prenait la peine de faire connaître sa présence avant de lui apparaître désormais ?

Sa jeune sœur était une habituée des lieux et ne s'encombrait généralement pas de froides préséances en sa compagnie, elle avait toujours précédé ses servantes à ses arrivées. Ce rite n'ennuyait aucunement Madame de Thianges, cela allait sans dire.


- Qu'elle entre évidemment. Faites dire à la marquise que même si parfois négligente, je sais me rappeler qu'il convient d'être toute habillée en journée !

La marquise éleva un rien la voix avec malice à cette dernière réplique, histoire d'être certaine qu'elle parvienne sans difficulté jusqu'aux oreilles de Madame de Montespan. L'amusement de Gabrielle était encore visible quand sa cadette franchit le seuil de la pièce. Elle était magnifique comme à son habitude, son regard azuré se porta un instant sur le cadre avant de venir se poser sur son aînée qui s'extrait alors de son siège.

Athénaïs était inquiète ou du moins contrariée, détermina l'observatrice marquise de Thianges : elle le savait car sa sœur avait cette légère manie - presque imperceptible - de se mordiller la lèvre inférieure lorsqu'elle était troublée.


- Prenez place dans un fauteuil ma sœur, un chocolat va nous être apporté et peut-être ensuite partagerez-vous l'objet de vos soucis ?

Le petit livret de Beauchateau siégeait encore sur le guéridon cependant, - et si le minois froissé de la marquise de Montespan était toujours une indication fiable - Madame de Thianges doutait fort qu'elles s'étendent en lecture poétique aujourd'hui...

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Lun 28 Oct - 16:58


En l'espace d'une semaine, un trouble des plus importants avait été jeté sur la vie de la marquise de Montespan. Ce bal organisé par Monsieur, qui aurait dû être synonyme de joie et festivités, avait été un véritable fiasco et avait marqué le début d'une véritable descente aux Enfers pour Athénaïs. Elle avait alors bien senti l'ampleur de son erreur, à quel point elle avait été aveuglée par la haine et le mépris d'une personne, au risque de se perdre elle-même. L'angoisse que tout ne soit découvert lui avait causé quelques insomnies et autres cauchemars, et ce sérieux manque de sommeil commençait à se faire visible, creusant son visage de sombres cernes qu'elle dissimulait au mieux avec de la poudre. Les femmes avaient cet avantage du maquillage, elles pouvaient se farder à outrance en plein jour sans que cela ne paraisse trop excentrique, contrairement à ces messieurs. Un peu de rouge aux joues et aux lèvres et le teint était relevé, mis en valeur comme il se devait.

Ces jours passés à s'angoisser sur son avenir à la cour, incertain si l'on parvenait à découvrir ce qui s'était passé, qu'elle avait fait voler une lettre d'Henriette et que, voulant la remettre à Stefano, elle se l'était fait dérober à son tour, cette période noire l'avait faite en quelque sorte s'isoler. Outre Sforza, la seule personne au courant de ce drame était Antoine d'Effiat, à qui elle s'était confiée car, n'y tenant plus, elle était sur le point de craquer. Après tout, il était son confident, et lui aussi se livrait de temps à autres à quelques révélations personnelles. Elle savait qu'elle pouvait avoir confiance en lui, fort heureusement d'ailleurs. Mais à l'issue de cette sombre semaine, elle s'était aperçue qu'elle n'avait plus revu sa chère soeur aînée, de qui elle était si proche. Elle en était proche, certes, mais elle ne souhaitait pas l'inquiéter outre mesure avec ce problème qui était le sien. D'une part, qu'aurait-elle pensé d'elle? Et si elle le disait à leur père ou leur frère, allaient-ils tous la renier, la regarder de travers pour avoir échafaudé un plan aussi stupide et si facilement voué à l'échec? C'aurait été tout-à-fait compréhensible, et c'était pour cette raison qu'Athénaïs avait préféré garder le silence à ce propos. Cependant, une absence prolongée aurait été douteuse, aussi s'était-elle fait violence pour sortir de chez elle et aller rendre visite à Gabrielle.

L'état dans lequel elle se trouvait lui faisait oublier toute habitude et familiarité, aussi, lorsqu'elle arriva devant l'appartement de sa soeur, se fit-elle annoncer comme si elle rendait visite à une simple amie. Mais au moment où la domestique quitta l'antichambre, Athénaïs se rendit compte de ce qu'elle venait de faire et avança sur les talons de celle-ci, mais il était déjà trop tard. Elle entendit Gabrielle pousser sur sa voix pour lui faire entendre sa réflexion, ce qui lui valu un sourire en coin. Elle entra donc, quelque peu confuse et avança silencieusement, se mordillant la lèvre inférieure, alors que son aînée l'invita à s'installer. En un regard, elle l'avait percée à jour. Ah, la famille! En passant pour s'asseoir dans le confortable fauteuil bleu, elle attrapa machinalement le carnet posé sur le guéridon.


-Beauchateau, n'est-ce pas? J'aime beaucoup ses rimes, commença-t-elle, oubliant que c'était elle qui lui avait donné ce recueil alors que Gabrielle avait perdu le sien. Des soucis, continua-t-elle avec un petit rire forcé, où donc allez-vous chercher de telles choses? Faut-il donc que je sois seulement inquiétée pour vous venir visiter?

Elle tâchait d'ajouter de la sincérité dans ses mots, de la conviction, mais son regard qui ne quittait pas le recueil mentait sur l'assurance de ses propos. Elle avait simplement besoin d'une présence rassurante, pour l'heure, aucune autre ne l'était d'avantage que celle de sa grande soeur. Gabrielle avait, depuis sa sortie du couvent, toujours été là pour sa cadette. Elle l'avait initiée aux salons, à la Cour, et sa vie actuelle qu'elle aimait tant, elle la lui devait, en quelques sortes. Comment alors pourrait-elle oser lui avouer que pour une simple histoire de vengeance, elle avait failli tout gâcher?
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Lun 28 Oct - 22:03



Petites Confidences entre Sœurs.
Avec Athénaïs de Montespan.

Comme Françoise-Athénaïs s'installait dans le siège capitonné bleu foncé, Gabrielle eut l'occasion de la détailler plus encore. La poudre immaculée - qui habituellement n'était là que par petite touche sur le visage fin de sa cadette – lui semblait fort bien épaisse tout à coup. Madame de Thianges avait également relevé une certaine distance, un confinement nouveau que pour une raison inconnue elle souhaitait s'imposer... Quels que soient les problèmes actuels de sa sœur, ils ne l'épargnaient en rien. L'hôte du jour ignorait si elle accepterait de se confier à elle car la marquise de Montespan était une femme forte - ou du moins le paraissait-elle – et il lui était souvent nécessaire de taire ses faiblesses afin de ne pas s'effondrer sous leur poids. En cela, les deux sœurs se ressemblaient.

Les gracieuses mains de Madame de Montespan se saisirent du livret de poésie oublié comme pour se donner contenance.  


- Beauchateau, en effet. L'homme ne paraît guère à la Cour ces jours-ci.

La marquise de Thianges omit volontairement de faire remarquer à sa jeune sœur que ce carnet de vers ne devrait pas lui être si méconnu, puisqu'il lui venait d'elle. Il était désormais évident que Françoise-Athénaïs souffrait silencieusement. Mais pour quelle raison ? À l'évocation d'éventuels tourments la marquise de Montespan convulsa presque dans sa causeuse avant de se reprendre immédiatement pour éteindre au mieux l'appréhension de son aînée.

Gabrielle chercha un moment le regard bleu d'Athénaïs avant de lui répondre avec la tendresse qu'elle lui réservait toujours.


- Bien sûr que non, seulement je sais d'expérience que plus lourd est le silence, plus grand sont les ennuis et garder ces derniers pour soi peut rendre très malheureux...

Sa sœur lui apparut soudainement émue et fragile. Telle la jeune femme qu'elle avait été, perdue et chavirée par le faste de la Cour lorsqu'elle s'était présentée à elle lors de sa sortie du couvent. Elle posa une main qu'elle espérait réconfortante sur les siennes. C'est alors qu'une domestique surgit dans la petite pièce, supportant un plateau sur lequel attendaient leurs tasses de chocolat fumants. Gabrielle agacée par l’interruption n'en montra rien, cependant l'innocente servante venait peut-être de briser le faible espoir qu'avait la marquise à ce que sa cadette lui révèle enfin la nature de ses problèmes.

Une fois celle-ci partie, elle jeta un œil à Madame de Montespan laquelle sirotait son chocolat puis se redressa de son fauteuil pour atteindre les portes qu'elle ferma à clé. Simple précaution, elle ne voulait plus d’interruption et l'affaire que lui dissimulait sa sœur paraissait de trop grande importance pour prendre le risque qu'elle soit éventée. Elle se détourna bien vite de l'entrée pour faire face à sa sœur qui n'avait pas bougé et semblait fort pensive.


- Pouvez-vous me parler à cœur ouvert désormais ? Je sais qu'il n'est jamais simple de se laisser aller aux confidences, surtout ici. Vous devez savoir que vos soucis, aussi affreux et inaudibles vous paraissent-ils sont les miens.

Gabrielle s'approcha lentement de la marquise, s'agenouilla pour se ressaisir des mains qu'elle avait abandonné un peu plus tôt et sentir une larme tomber sans bruit sur les siennes. Qu'avait-il bien pu se produire ?

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Mar 29 Oct - 18:20


Gabrielle n'eut nul besoin de rappeler la défaillance de la mémoire de sa soeur, celle-ci, en feuilletant d'un air absent le carnet, ne tarda pas à se souvenir qu'il s'agissait là du sien. Elle le referma rapidement et le posa entre elle et l'accoudoir du fauteuil. Puis, l’aînée des Mortemart insista sur le fait que plus le silence était grand, plus le secret était lourd. Bien entendu, qu'espérait-elle pouvoir lui cacher? Il était évident que l'expérience de madame de Thianges ne laissait aucune place au doute ni à l'erreur, nulle part. Elle lisait en sa soeur comme en un livre ouvert. Athénaïs détourna quelque secondes le regard, le temps de dissimuler quelques larmes qui commençaient à se former dans ses yeux. Puis la domestique revint avec les tasses de chocolat du fumet appétissant, ce qui coupa Gabrielle dans son enquête et laissa à la cadette le temps de reprendre ses esprits et un peu de contenance. Elle espérait pouvoir en ravoir en buvant une gorgée de ce délicieux nectar chaud qu'elle n'avait plus eu le loisir de déguster depuis quelques jours. Il fallait dire qu'elle n'avait plus goût à rien ces derniers temps. Elle eut ensuite seulement le temps de reposer sa tasse que Gabrielle vint s'agenouiller devant elle en lui prenant les mains d'un air si affectueux que c'en était émouvant. Pouvait-elle réellement lui confier une chose aussi grave? Athénaïs avait si peur d'être rejetée de sa famille, ce serait la pire des choses au monde qui pouvait lui arriver, ça et l'exil sur les terres lointaines et campagnardes de son mari. Même la mort, qui l'effrayait tant, lui paraissait un destin plus enviable. Elle poussa un petit soupir et se décidé enfin à poser ses iris azurs dans ceux de sa soeur.

-Vous savez... Mon mari est absent, et ma fille est tombée malade. Je me fais beaucoup de souci pour elle, et ma belle-mère est insupportable avec moi, elle ne cesse de me reprocher mon absence. Vous verrez qu'elle ne tardera par à me reprocher le rhume de Marie-Christine, comme si je lui avais intimé l'ordre de se mettre en plein vent!

Ces banalités, certes vraies, allaient-elles suffire à calmer la curiosité de la belle Gabrielle à l'oeil de lynx à qui rien n'échappait? Il lui faudrait trouver autre chose. Les deux soeurs se parlaient régulièrement de leurs familles respectives, et ce n'était pas le simple fait, bien que très préoccupant, que sa fille soit souffrante, qui suffirait à mettre la marquise dans un tel état d'angoisse. D'autant qu'un rhume de ce genre et une belle-mère un peu trop zélée n'avaient jamais tué personne.

-Et puis... il y a eu le bal de Monsieur la semaine dernière, qui s'est si dramatiquement terminé... Le pauvre Philippe en est dévasté... et cette vipère de Fontanges qui ne fait que l'accabler... Savez-vous qu'elle a osé paraître devant lui, il y a de cela trois semaines, dans une toilette d'une couleur si éclatante que vous en auriez eu la migraine? Alors que notre cher prince était abattu de chagrin à cause du deuil de feue sa mère... Et elle a osé s'en prendre à lui devant moi... Croyez-moi, avec ce qu'elle s'est pris de ma part et devant sa petite assemblée, je doute qu'elle ose encore dire un mot sur qui que ce soit, ajouta-t-elle, un brin de malice dans le regard. A-t-on vu pareille noble ainsi se comporter à la Cour? Même une bourgeoise serait mieux éduquée qu'elle.

Sans s'en rendre compte, cet air de façade qu'elle était parvenue à instaurer commençait à se détériorer au profit d'une mine de nouveau pensive et inquiète. Evoquer quelques railleries sur une jeune écervelée ne suffirait sans doute pas à distraire son aînée. Mais Athénaïs savait qu'elle la connaissait, alors peut-être que Gabrielle à son tour se livrerait à quelque jugement sur cette demoiselle à la cuisse légère.
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Sam 9 Nov - 0:16



Petites Confidences entre Sœurs.
Avec Athénaïs de Montespan.


Fort bien, sa sœur ne soufflerait pas un mot de l’affaire préoccupante. La vraie affaire, bien sûr… Pas le savant substitut qu’elle venait tout juste de lui déclamer. Gabrielle savait que Madame de Montespan - quand elle n’était pas tourmentée par l'absence de son époux -, se trouvait fort inquiétée par ses agissements peu louables. Force est d’admettre que si ce trouble était devenu une constante dans la vie de Françoise-Athénaïs, les faits n’en étaient guère moins tristes et déplorables…

Gabrielle se redressa alors pour lisser ses jupes - s’assurant dans le même temps que la clé du petit salon était correctement dissimulée entre deux étoffes -, puis reprit place dans son siège. La marquise de Montespan aborda alors le mal qui avait saisi sa fille aînée, Marie-Christine. Sa pauvre nièce était de faible constitution et portait presque constamment un teint blanchâtre… Maladif.

Lorsqu’elle en vint à sa belle-mère et ses obscures opinions, la marquise de Thianges préféra noyer un rictus amer dans le fond de sa tasse de chocolat : elle détestait cette vieille mégère de Zamet. Toute enserrée qu’elle était dans ses carcans de dentelles couleur crème, Gabrielle se demandait quelquefois si tout le sang nécessaire affluait jusqu'au cerveau de cette femme. Qu’elle ose ne serait-ce que suggérer à Françoise-Athénaïs la bonne façon de se conduire avec sa fille était un comble : Il suffisait de constater quel phénomène de mauvaise vie la Zamet avait engendré…


- Votre belle-mère doit avoir oublié que votre rôle n’est pas celui d’une nourrice, je vous trouve déjà bien plus présente et attentionnée avec vos enfants que la plupart des Dames de cette Cour… Auxquelles, je m’inclus bien sûr.

Il s’agissait de la rassurer et de montrer à sa soeur qu’elle avait toujours son soutien, que ce soit à l’encontre d’une Zamet ou à l’encontre d’un quelconque problème innommable… Après tout, les deux n’étaient-ils pas synonymes ? Cependant la tâche s’avérait ardue et Madame de Thianges n’espérait pas une confidence immédiate.

Avec un empressement renouvelé, Madame de Montespan choisi soudainement un sujet plus dense et contrariant. La liesse de Monseigneur et sa fin prématurée… Le scandale que Philippe d’Orléans subissait encore. Certes, le vol s’était déroulé en son domaine mais les mauvaises langues - pour certaines victimes du fameux larcin et pour d’autres non -, avaient cette tendance à rejeter la faute sur plus haut, plus grand qu’elles pour le simple plaisir de se croire un bref instant leur égal.

Ce soir-là, Gabrielle avait miraculeusement conservé toutes ses possessions : il faut croire que ses perles n’avaient pas été au goût - très raffiné - des brigands. En revanche, le sublime collier du Prince l’avait été lui… Pour le plus grand malheur de ce dernier.


- J’espère sincèrement qu’on retrouvera les objets disparus ainsi que ces marauds, s'exprima la marquise de Thianges posément. Monsieur en sera soulagé plus que quiconque et le venin cessera vite de se répandre autour de sa personne.

Elle sourcilla un instant, en proie à une brusque confusion :  la marquise savait que Madame de Montespan s’était également retrouvée dans les victimes des scélérats, cependant elle n’avait pas souvenir de s’être fait préciser la nature de l’objet volé. Une breloque sans doute… Il faudra qu’elle pense à s’en enquérir plus tard car déjà, Françoise-Athénaïs avait retrouvé de sa verve et s’employait à lui conter la dernière mésaventure de Mademoiselle de Fontanges.

Aussitôt, Gabrielle apparut plus intéressée. Elle plissait les yeux, presque entièrement concentrée sur les paroles de sa cadette. Ce n’était un secret pour personne… Madame de Thianges appréciait les cancans et si elle n’ignorait rien de la profonde mortification dans laquelle Monseigneur avait plongé la trop flamboyante héritière des Fontanges, elle ne savait encore que peu de choses sur l’altercation ayant opposé la jeune femme à Françoise-Athénaïs.    

- Je vous accorde ceci ma sœur, la demoiselle ne semble rien connaître du plus simple respect ou de l’étiquette… La marquise de Thianges délaissa sa tasse de porcelaine - désormais vide - sur le dessus de son petit guéridon, avant de poursuivre avec une sombre mélancolie. Je me souviens d'avoir été une jeune femme fougueuse également et de ce que les autres pensaient alors de ma personne.

Oui, Gabrielle se souvenait des méchants commentaires dont elle avait souffert. Des propos calomnieux qui l’avaient finalement conduite à épouser moins que ce qu’elle avait espéré. La Cour n’avait jamais toléré le plus petit écart, en l’occurrence Mademoiselle de Fontanges en avait exécuté un grand : ignorer l’une des règles, sinon la règle du protocole la plus élémentaire qui soit… Le port du deuil, qui plus est afin d’honorer la mémoire de la Reine Mère.

C’était là une véritable offense et Héloïse de Fontanges pouvait s’estimer heureuse de ne s’être vue que légèrement rabrouée par un Prince un peu vif. Lui si stricte sur la bienséance, usuellement.


- Quoi qu’il en soit, ne portez pas de jugement trop sévère envers Mademoiselle de Fontanges… Cette enfant n’a pas eu la chance de se faire introduire au faste de la Cour comme la plupart d’entre nous, elle n’a même personne pour la guider ici.

Gabrielle avait eu leur mère, Diane de Mortemart. Françoise-Athénaïs l’avait eu, elle. C’était un fait véridique… Héloïse de Fontanges n’avait encore personne dans ce rôle. La marquise de Thianges s’extirpa de sa causeuse pour faire quelques pas… Fallait-il qu’elle lui annonce maintenant ? Comment sa sœur réagirait-elle ? Mal… Sans aucun doute : Héloïse de Fontanges n’était définitivement pas de ses amies.

- Je vais faire que cela change, déclara Gabrielle du tout au tout en se tournant vers Madame de Montespan, laquelle elle avait rarement vu plus surprise. Je vais m’occuper d’elle et de ce petit souci de tenue…

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Mar 12 Nov - 13:55

Comme elle l'avait bien pensé, évoqué ses mésententes avec sa belle-mère ne ferait pas gober à sa sœur qu'Athénaïs n'avait que ce souci à gérer et que c'était uniquement cela qui lui donnait une mine pareille. Mais la marquise ne se sentait pas prête à avouer à son aînée qu'elle admirait tant combien elle avait pu être stupide de comploter de la sorte. Pas encore. Il lui faudrait se détendre d'avantage. Elle esquissa un sourire amusé lorsque Gabrielle avoua ne pas être très présente pour ses enfants. Mais elle était une femme si exceptionnelle à ses yeux que quoi qu'elle ait pu faire, Athénaïs la regarderait toujours avec un œil admiratif.

-Cette femme ne vit que pour me critiquer, et si elle n'était pas la mère de Louis-Henry, voilà longtemps que je lui aurais dit ses quatre vérités. Mais pour dire vrai, je pense qu'elle nous sera utile. Je songe de plus en plus à lui confier pour un temps Marie-Christine et Louis-Antoine afin qu'elle les emmène sur ses terres.

Ce serait un moyen de faire des économies tout en s'assurant une bonne éducation pour les petits. Car si la belle-mère Zamet se montrait vindicatif avec sa belle-fille, elle n'en demeurait pas moins une grand-mère attentionnée.
Athénaïs regarda sa sœur se relever et s'asseoir en face d'elle. Elle était si belle, et son visage respirait l'intelligence. A coup sûr, elle ne se serait jamais laissée entraîner dans une histoire aussi saugrenue que ce fichu plan qui était tombé lamentablement à l'eau et qui mettait la jeune marquise dans de sales draps, c'était certain.
Elle hocha la tête d'un air pensif quant au souhait de Gabrielle que les biens dérobés ainsi que les voleurs soient prestement retrouvés. S'ils l'étaient, ils parleraient de la lettre, et une enquête parallèle serait sans doute menée afin de savoir comment ce billet s'était retrouvé au bal de Monsieur. Mieux valait ne pas penser à cela. Les chances de mettre la main sur ces bandits étaient très minces.
Mais alors, il sembla à Athénaïs que Gabrielle défendait Héloïse de Fontanges, en la comparant à ce qu'elle était au même âge. La marquise de Montespan reposa à son tour sa tasse vide sur la petite table avant de planter son regard bleuté dans celui de son aînée.


-Allons bon, vous vous moquez ! Il n'y a nulle comparaison possible entre vous et cette petite écervelée. La jeunesse et les origines n'excusent pas tout !

Mais à peine eut-elle le temps d'achever cette phrase que l'aînée des Mortemart déclara vouloir faire changer l'attitude de la Fontanges en s'occupant personnellement d'elle. Comme elle l'avait fait pour sa jeune sœur. A ces mots, la belle dame n'y tint plus et bondit de sa chaise, tant la stupéfaction était grande.

-Mais enfin, vous n'y pensez pas ?! Mais... mais... Pourquoi ?

Ses yeux s'écarquillaient tout en fixant Gabrielle.  En plus de ce sentiment de mépris qu'elle éprouvait à l'encontre de cette demoiselle si effrontée, Athénaïs sentait monter en elle une once de jalousie. Gabrielle était sa sœur à elle, sa protectrice, pourquoi donc aurait-elle à la partager ? Et surtout avec une femme qu'elle détestait ? Non, la chose n'était décemment pas pensable.

-Après ce qu'elle a fait à Philippe... Elle l'a insulté ! Et moi aussi, d'ailleurs. Pardonnerez-vous ainsi si aisément à une personne qui nous a blessés ?

Elle sentait également la colère monter. Non pas contre sa soeur qu'elle adorait, mais contre cette petite garce de Fontanges qui ne méritait guère l'honneur que souhaitait lui faire Gabrielle. Pourquoi donc accorder tant de privilèges à une jeune femme qui ne méritait rien d'autre que le Carmel pour la punir de ses péchés et ses affronts ? Le monde tournait-il à l'envers ? Athénaïs commençait à se le demander.
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Sam 7 Déc - 9:59



Petites Confidences entre Sœurs.
Avec Athénaïs de Montespan.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que Madame de Thianges ne s'était guère encombrée de détours.  Elle s'était même empressée de délivrer la nouvelle à Madame de Montespan d'un trait, d'un seul. L'incompréhension que Gabrielle lisait désormais sur le visage de sa sœur, lui fit regretter quelque peu la brusquerie avec laquelle elle avait amené son curieux dessein. Mille et une questions semblaient vouloir se bousculer sur les fines lèvres de sa cadette sans qu'elle ne sache cependant laquelle énoncer en premier.

- J'y songe depuis un long moment, ma sœur. Admit-elle sobrement avant de s'emparer d'un petit récipient de cristal - lequel débordait de pâtes de fruits et de massepains -, quelques douceurs ne seraient sans doute pas superflues. Il faut bien que quelqu'un le fasse, de plus je trouve fortement désagréable qu'on laisse une jeune femme se faire passer pour plus sotte qu'elle ne l'est.

Héloïse de Fontanges était intelligente, elle en était certaine. Intelligente mais aveuglée par le faste de la Cour, comme beaucoup d'autres. Madame de Thianges revint sur ses pas pour se défaire du récipient qu'elle entreposa sur le petit guéridon, non sans l'avoir découvert de son couvercle au préalable. Mais Françoise-Athénaïs si préoccupée par ses pensées, remarqua à peine les confiseries et préféra poursuivre sur le sujet entamé.

Ce fut ensuite au tour de Gabrielle d'être surprise, puisqu'elle crut discerner une pointe de jalousie sous les paroles quelque peu amères de sa jeune sœur. La marquise de Thianges dû se mordre l'intérieur des joues pour taire au mieux un rire nostalgique, tant Madame de Montespan lui rappelait la petite fille qu'elle avait été autrefois... La rubescente teinte que prenaient progressivement ses pommettes, trahissait toujours autant les colères qu'elle s'employait à museler si soigneusement.


- Allons ma sœur, qu'y a-t-il à pardonner... Monsieur a su – on me l'a rapporté -, se faire justice de la moins noble façon qui soit. Madame de Thianges retint un soupir de dépit au souvenir du fameux récit. Quant à votre discorde, je suis sûre que Mademoiselle de Fontanges s'en repentira si ce n'est déjà le cas. Un demi-sourire naquit soudain sur les lèvres de l'aînée des Mortemart... Souhaitez-vous que je la gronde méchamment et lui ordonne de ne plus vous importuner ?

Gabrielle laissa se dissiper son innocente facétie pour mieux se saisir d'une pâte de fruits avant de se diriger vers ses fenêtres. Celles-ci donnaient opportunément sur la cour intérieure du château. Elle était rarement bondée de monde, mis à part les quelques courtisans s'y rencontrant de temps à autre. Les nobles gens s'y croyaient souvent à l’abri des regards indiscrets et des rumeurs naissantes... Pauvres inconscients.

- Vous savez mieux que personne ce que Mademoiselle de Fontanges a pu ressentir en arrivant à la Cour... Déclara la marquise de Thianges avec douceur, sans se détourner des croisées cependant. Toute cette ostentation, ces faux compliments, ces piques déguisés : très vite on éprouve l'envie d'être mieux, d'être plus que quiconque et c'est à cet instant que nous sommes prompts à faire des erreurs.

Si Mademoiselle de Fontanges s'était décidée à provoquer sa sœur sans même se donner le temps de la réflexion, c'était sans doute pour s'attirer l'attention et ainsi se rendre plus intéressante. Françoise-Athénaïs devait déjà l'avoir deviné. Le regard de Madame de Thianges s'était perdu dans le lointain, la laissant plus songeuse encore qu'à son habitude.

- Tout le monde fait des erreurs, même les plus parfaits d'entre nous.

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Lun 9 Déc - 13:27

Gabrielle s'employait si bien à poser la jeune Fontanges en victime qu'Athénaïs commençait presque à y croire. Presque, car malgré les efforts de sa soeur, la jeune marquise restait consciente de ce qu'était la demoiselle. Pourtant, à en écouter l'aînée des Mortemart, la pauvre Fontanges serait purement et simplement aussi douce et innocente qu'une brebis égarée, victime et aveuglée par les fastes de la cour qui lui auraient fait perdre la raison, ce qui expliquerait ses actions et ses propos aussi déplacés les uns que les autres. Madame de Thianges semblait persuadée de l'intelligence et l'esprit de cette fille à qui Athénaïs n'aurait guère prêté plus de jugeotte qu'à une oie. Elle disait ne pas supporter qu'on la fasse passer pour plus sotte qu'elle n'était? Allons bon, Héloïse se débrouillait très bien toute seule!

-Elle ne passe que pour ce qu'elle veut bien laisser voir d'elle, ma soeur. Mais soit, vous semblez déterminée. Ne la grondez guère pour moi, je m'en suis chargée moi-même. J'espère seulement que votre bonté à son égard ne se retournera pas contre vous.

Qu'essayait-elle de prouver? Pourquoi Gabrielle s'acharnait tant à défendre cette fille? Se sentait-elle investie d'une mission divine, Héloïse représentait-elle réellement sa brebis égarée, et madame de Thianges son berger? Malgré la pointe de jalousie éveillée en la marquise, celle-ci tâcha de sourire à sa soeur pour la rassurée.

-J'ai en vous une confiance aveugle, ma chère soeur, et si vous m'assurez que cette Fontanges peut s'avérer être une jeune femme respectable, alors je vous crois. Et si vous vous sentez le courage de faire comprendre à cette petite effrontée que la cour n'est pas sa campagne et qu'elle ne peut se permettre n'importe quelle frasque sans en subir les conséquences, libre à vous, et surtout je vous souhaite bien du plaisir...

Alors qu'elle voulait se calmer, les mots s'emportèrent en sortant de sa bouche et Athénaïs baissa les yeux après avoir achevé sa tirade. Elle n'arriverait pas à s'apaiser ainsi. Elle poussa un petit soupir et regarda à nouveau sa soeur.

-Pardonnez-moi. Vous savez que pour moi la famille et l'amitié sont des notions auxquelles je tiens profondément. Et de savoir que mon ami a été blessé par cette personne, je ne peux m'empêcher d'être inquiète pour vous. Mais je vous connais, je sais que vous n'êtes pas femme à vous laisser marcher sur les pieds ni laisser compromettre, et tout comme Philippe a su se défendre, vous saurez anticiper. Je vous aime, Gabrielle, et je souhaite de tout coeur que votre générosité soit un jour récompensée. Vous l'avez dit, tout le monde commet des erreurs, et bien que cette Fontanges en ait commis beaucoup, si vous pensez pouvoir la persuader d'en calmer le flot, alors je vous crois.

Gabrielle avait touché un point sensible en déclarant qu'Athénaïs savait mieux que personne ce qu'on ressentait en arrivant à la cour pour la première fois. En effet, si elle n'avait eu sa soeur aînée pour la guider, sans doute qu'elle aussi se serait sentie, comme Héloïse, avec l'envie de montrer qu'elle valait tout aussi bien voire mieux que quiconque, les compliments lui seraient montés à la tête et elle aurait voulu prouver qu'elle était au-dessus des autres... Elle se serait ridiculisée, comme la Fontanges l'avait fait avec Monsieur. Sensibilité à fleur de peau, la jeune marquise sentit les larmes lui monter aux yeux. Mais elle les retint de couler en fermant doucement les yeux.

-Je m'incline, murmura-t-elle. Je tâcherai, malgré ce que je pense d'elle, de me montrer courtoise et de l'aider si elle me le demande. Pour vous, uniquement pour vous, Gabrielle.

Oui, ces paroles lui coûtaient car malgré tout, elle s'avouait être un peu rancunière. Mais si Gabrielle disait vrai, si cette jeune fille n'avait pas bénéficié des mêmes chances qu'elle au départ? Alors, peut-être qu'en effet, tout n'était pas réellement de sa faute. Elle avait le bénéfice du doute...

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Petites Confidences Entre Sœurs [PV : Athénaïs de Montespan]

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