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 Et si on parlait de nos démons ? ft. Laura Zirrafon


Mar 29 Oct - 16:33



" Open your eyes and look outside. Find the reasons why you've been rejected. And now, you can't find what you left behind. Be strong, be strong now. Too many, too many problems. Don"t know where she belongs, where she belongs. She wants to go home, but nobody's home. It's where she lies, broken inside with no place to go, no place to go to dry her eyes. Broken inside. "



L’italienne marchait depuis de nombreuses dizaines de minutes déjà dans les rues sombres du Paris nocturne et il lui semblait qu’elle n’avait toujours aucune idée du lieu où elle échouerait. Les yeux dans les yeux avec la lune face à elle, elle longeait les rives de Seine, enchainant les pas comme elle enchaînait habituellement les verres. Mais cette nuit là, aucune n’envie de boire chez la jeune noble. Pour une fois, elle n’allait pas s’arrêter dans une taverne et y passer une bonne partie de sa nuit à boire plus que de raison, dans le simple but d’effacer un court instant un douleur intense lui déchirant le cœur et dont elle savait pourtant qu’elle la retrouverait une fois l’alcool dissipé. Pour une fois, elle allait se contenter d’accepter cette vie qui était la sienne, sans chercher à la fuir. Sans vouloir créer une illusion plus belle et acceptable. Ca ne servait à rien, elle le savait bien. En ce mois de mars, l’air était gelé encore et Héloïse frissonna en sentant un courant d’air glacial venir caresser sa nuque, soulevant sa longue et lourde chevelure sombre. Elle remonta sa cape sur ses épaules, entourant un peu plus sa frêle silhouette. Sans ses habituels talons, elle semblait petite, perdant alors de cette attitude altière qui était sienne. Mais, il lui avait fallu être discrète ce soir là. La belle brune était partie telle une voleuse du palais, échappant à la vigilance de sa bonne Marie, ressentant plus que jamais le besoin d’être seule. Elle s’était tournée et retournée encore entre ses draps blancs sans parvenir jamais à trouver le sommeil. Il lui semblait que Morphée ne voulait pas d’elle ce soir là. Poussant un long soupir ainsi qu’elle en avait l’habitude, l’italienne s’arrêta devant la Seine, suivant du regard le reflet de l’astre lunaire sur l’eau pâle. Plusieurs fois depuis qu’elle était arrivée à Paris, Héloïse avait pensé s’y jeter. Mais jamais elle n’était passée à l’acte, heureusement. Elle n’était pas assez forte pour cela. Des pensées. Rien d’autre que de morbides pensées qui jamais ne deviendront des actes. La Fontanges dodelina de la tête, restant là, droite et comme statufiée. Au loin, les cloches d’une église sonnaient minuit. Minuit déjà… Seulement minuit… Une main passa parmi les boucles brunes. Héloïse fit demi-tour, s’apprêtant à revenir sur ses pas, direction le château et St Germain. Sans vraiment de logique, elle quitta les rebords des rives de Seine pour s’enfoncer un peu plus dans la rue pavée, se collant presque aux bâtiments épargnés par la lumière lunaire. Comme si elle pouvait se mélanger à cette noirceur, devenant invisible aux yeux des passants dont elle se doutait bien qu’ils n’étaient que peu fréquentables dans ces quartiers de Paris. Ce fut en passant devant une ruelle éclairée par quelques lampes accrochées aux fenêtres qu’Héloïse entendit des gémissements et des couinements. Pensant d’abord à quelque animal blessé, elle ne prêta guère plus d’attention et continua son chemin. Mais les gémissements se firent alors plus nombreux et la noble s’arrêta, intriguée. Consciente du danger encouru et du possible fait d’un piège pour lui subtiliser ses biens, la noble s’aventura quand même dans la ruelle. Au fur et à mesure qu’elle avançait, les reniflements se faisaient plus audibles. Et finalement, Héloïse se retrouva face à une jeune femme allongée sur le sol, recroquevillée sur elle-même, sa robe sale remontée sur ses cuisses mises à nu. Sans réfléchir et se doutant malheureusement bien de ce qui avait pu arriver à la jeune femme, l’italienne se débarrassa de sa cape pour la poser sur elle, se baissant à sa hauteur. Elle ne reconnut pas d’abord celle qui lui avait subtilisé son collier quelques jours auparavant. Et puis même si ça avait été le cas, jamais la brune n’aurait pu laisser la gueuse ainsi. Ce n’était pas dans sa nature. Ce n’était pas ce que ses parents lui avaient appris. Redressant un peu la jeune femme après s’être assise sur le sol froid, elle la serra doucement contre elle, presque maternelle, caressant ses cheveux dans un geste qui se voulait réconfortant.

- Ca va aller ! Vous n’êtes plus seule. Je suis là.


Dernière édition par Héloïse de Fontanges le Lun 13 Jan - 1:21, édité 3 fois
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Mer 30 Oct - 14:17

La nuit. Qu'est-ce que Laura pouvait détester la nuit... Le soleil, une fois disparu, laissait sa place à la lune, surplombant de ses minces rayons le noir enveloppant la ville de Paris. Malgré les quelques éclairages, certaines rues restaient encore dans la pénombre, cachant bien des choses que le commun des mortels avait de la chance de ne pas voir. Les étoiles, une fois dans le ciel, avertissaient les humains qu'il valait mieux rester chez soit. Le soleil couché, les ténèbres prenaient le relais et faisaient de cette terre leur territoire... Un territoire de vice ou tout était presque permis. On ne pouvait pas dire que la jeune femme en avait particulièrement peur, bien au contraire. Après avoir vécue de si longs moments au sein de la Cour des Miracles, elle avait appris à vivre avec ce genre d'individus louches et souvent loin d'avoir de bonnes intentions. Elle avait appris à les connaître, à savoir comment ils se comportaient, et surtout comment elles devaient se tenir face à eux. Elle restait une femme bien plus fragile que tous ces gros balourds parfois louchant un peu trop sur elle... Mais aucun d'eux n'osaient la toucher. Yvan veillait au grain, et ne la laissait jamais seule bien longtemps. Quiconque oserait approcher un peu trop près de sa soeur risquait de voir sa vie raccourcir bien plus vite qu'il ne l'avait imaginé, se vantait-il à dire. Mais au-delà de cette protection constante, et bien qu'elle paraisse plus frêle que ses compagnons d'infortune, la demoiselle n'était pas du genre à se laisser marcher sur les pieds, et ne se laissait jamais impressionnés par les autres truands. Sauf un... Oh, celui-ci était craint de tous certainement, mais pas autant que de Laura. C'était le seul homme à qui elle avait dit non... Et le seul à avoir réussi à la soumettre plus facilement qu'elle ne l'aurait voulu. Lui. Le roi Thunes. Elle tentait de lui résistait, et il semblait aimé ça plus qu'autre chose. Et puis elle avait fini par craquer. Elle avait fini par entrer dans un cauchemar sans fin.

Souvent, lorsque la nuit tombait, Laura prétextait devoir aller rendre visite à l'orphelinat ou à une amie ne se sentant guère en grande forme. Mensonge. Car dans la journée, un des comparses de Grégoire venait lui glisser quelques mots à son oreille : « Il veut te voir. Ce soir. ». Puis il repartait comme si de rien n'était. Ces quelques mots suffisaient à la faire passer de la joie à l'anxiété. Qu'allait-il lui demander cette nuit ? Serait-il aussi brute que les autres fois ? Tant de questions tournaient dans son esprit. Mais elle ne montrait rien, et surtout pas en face de son cadet. Il ne devait rien savoir, ni qui que ce soit d'autre. C'était son secret, certes, lourd à porter, mais le révéler la détruirait plus qu'autre chose. Comment ne pas avoir honte de se laisser ainsi aller dans les bras d'un homme, telle une vulgaire prostituée ? Tel un simple objet sans âme et conscience ?
Ce scénario horrible... La voleuse venait de le revivre encore une fois. Et encore une fois, elle se retrouvait seule dehors, le froid et le noir ayant gagnés la capitale. Grégoire n'avait pas pu l'attendre bien longtemps. La croiser dans la rue avait suffi à réveiller son envie bestiale et dévorante envers elle... N'arriverait-il donc jamais à se passer d'elle ? Bon sang, elle n'était tout de même pas la seule femme peuplant sa Cour !

Désormais seule, frigorifiée et encore sous le choc de ce qu'il venait de se passer, Laura était recroquevillée sur elle-même, sans oser bouger depuis le départ son son bourreau. Ses jambes et tout le bas de son bassin la fessait souffrir, l'empêcher de faire le moindre mouvement pour espérer rejoindre son taudis. Que ses jambes soient découverte, que le froid la congèle, elle n'en avait que faire. Grégoire avait été particulièrement brutal, exprimant sa colère à travers elle, sans se soucier de ce qu'elle pouvait ressentir. Mais elle, en parfaite femme soumise, s'était contenter de rester silencieuse, faisant ce qu'il lui demandait. Dans sa tête, les images de cet instant défilaient. Quand elle revoyait son visage, qu'elle le ressentait encore prendre du plaisir avec son âme meurtri, elle se retenait de pleurer. Seuls quelques couinements sortaient d'entre ses lèvres tremblantes et encore au goût des lèvres de cet homme vil et cruel. Il la dégoûtait, lui donnait la nausée ! Et elle se taisait...

Ses yeux étaient fixés sur le sol de terre couvrant cette ruelle sombre. C'est à peine si la jeune Zirrafon entendit les bruits de pas s'approchant d'elle. Ce n'est qu'en sentant quelques chose recouvrir son corps à demi-nu qu'elle daigna bouger son visage pour voir celui de la nouvelle venue. Immédiatement,elle la reconnue. Il s'agissait de cette femme à qui elle avait subtiliser un collier, ainsi qu'un foulard... Néanmoins, Laura se laissa faire, sans vraiment apprécier son geste.Tout lui paraissait bien amer cette nuit...


-V... Vous... ?

Sa voix était faible et même à peine audible pour la noble tout proche d'elle. En fait,elle avait peur qu'elle la rejette, ou qu'elle devienne simplement aussi violente que la dernière fois envers elle. Une souffrance de plus ou de moins, qu'est-ce que cela faisait ? La souffrance physique n'avait aucune importance face au mal moral qu'elle pouvait ressentir. Elle était encore plus souillée que la veille... Encore plus honteuse, et ce d'autant plus à l'idée qu'on venait de la découvrir ainsi.
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Lun 6 Jan - 1:24

Alors que la brune prononça ses premières paroles depuis qu’Héloïse était arrivée, l’italienne la regarda plus attentivement, haussant un sourcil. Oui, elle. Elles se connaissaient ? A vrai dire, à part le prostitué de la dernière fois, Héloïse ne connaissait personne dans ce monde de pauvreté. Il y avait bien la voleuse, celle qui lui avait pris son foulard et avait tenté de s’emparer du camé de ses parents – qu’elle ne portait d’ailleurs pas ce soir-là -, mais c’était tout. Et l’on ne pouvait pas vraiment dire qu’elles se connaissaient. Héloïse l’avait juste frappée. D’ailleurs, en repensant à cet instant et aux coups donnés, la Fontanges déglutit. Peut-être n’aurait-elle pas du être si violente. Elle avait perdu le contrôle d’elle-même. Elle s’en voulait. Ecartant des mèches de cheveux poisseuses et collées le long du front de la jeune femme violée, Héloïse eut un faible sourire. La jeune femme était jolie, si on la débarassait de ses guenilles et de la crasse qui la souillait. Mais, rapidement, le sourire fit place à l’étonnement. Ce regard…ces traits…elle les reconnaissait. C’était la fille de la dernière fois, la voleuse. Héloïse déglutit une fois encore. Elle releva le regard vers le mut face à elles, son cœur sérré et génée par la situation. Et bien ! Il fallait que ce soit elle. Non pas qu’Héloïse ne voulait pas venir en aide à cette jeune femme, ne le voulait plus. Au contraire. Cette femme aurait pu commettre les pires délits, il n’en restait pas moins que le viol qu’elle semblait venir de subir restait odieux et impardonnable et que la Fontanges ne pouvait tolérer qu’on fasse vivre pareil enfer à une femme pour l’abandonner ensuite comme un petit animal que l’on n’aime plus. Le froid était mordant, cette nuit là et la voleuse bien peu vêtue. Sans doute aurait-elle pu mourir de froid si Héloïse ne l’avait pas recouverte de sa cape chaude. Mais elle, voudrait-elle de l’aide de celle qui l’avait battue ? Continuant de caresser les cheveux de la jeune femme, la noble souffla doucement :

- Oui…moi…

La redressant un peu plus contre elle, elle la recouvrit encore, l’emmalliotant presque dans la cape. Le vent souffla et Héloïse frissona. Peut-être allait-ce être elle qui allait attraper un mal quelconque cette nuit. Mais bon, elle avait les moyens de se payer le médecin si jamais elle venait à tomber malade. Et puis, c’était pour la bonne cause. Même si elle ne cherchait pas les honneurs en faisant un tel geste. Pas d’arrières penssées chez la jeune italienne. Juste un profond besoin d’aider cette truande.

- Je m’appelle Héloïse de Fontanges, se présenta-t-elle. Je ne vous veux pas de mal. Au contraire.

Oui, bien au contraire.

- Je suis désolée…pour la dernière fois. Continua-t-elle. Sincèrement désolée. Je…n’aurais jamais du vous frapper.

S’excuser. Oui, elle devait le faire. Surtout si elle voulait que l’autre la laisse l’aider. Surtout si elle voulait avoir une chance de sauver cette pauvre jeune femme. Elle la sauverait, oui. Et pour commencer, elle allait lui payer de quoi manger et de quoi la réchauffer un peu. Il le fallait. Et qui sait, peut-être deviendraient-elles amies par la suite… Héloïse aimerait tellement avoir une amie. Certes, elle en avait déjà. Mais pas de meilleure amie encore. Et ça lui manquait. Secouant la tête, elle partit d’un petit rire nerveux. Non, ce n’était pas le moment de penser à ça. Arrêtant de caresser les cheveux de la truande, la Fontanges reposa son regard sur cette dernière.

- Laissez-moi vous aider, je vous en prie. Vous en avez besoin. Et je vous jure sur la mémoire de mon père que je ne vous veux aucun mal.
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Jeu 30 Jan - 16:29

Pourquoi ? Pourquoi cette femme voulait-elle aider une femme telle qu'elle ? Une femme qui l'avait volée, une femme qui s'était montré particulièrement insolente envers elle ? Et surtout une femme qu'elle avait violenté et marquée d'un beau bleu sur le bras... C'était incompréhensible, et même totalement irréel. Elle pensait savoir quel mal avait frappée Laura cette nuit là, mais elle n'en savait rien, et ne saurait certainement à quel point cela la rongeait... Ce qui lui était arrivé ne pouvait pas se soigner par des mots ou des gestes attendrissant, car tout recommencerait le lendemain ou les jours qui suivent, encore et encore, sans que cela ne cesse. Grégoire avait laissé sa marque sur le corps de la pauvre voleuse qui, dès qu'elle réussissait à l'effacer, revenait en un peu plus voyant, et en un peu plus difficile à enlever. Sans doute n'y arriverait-elle jamais... Et c'est là le plus compliquer à accepter. Vivre avec la peur constante d'être jugée si on apprenait ce qu'il se passait entre le roi des gueux et elle en était presque insoutenable, mais être prise de pitié l'était d'avantage. Non, Laura n'aimait pas recevoir la pitié des gens, c'était quelque chose de presque hypocrite à ses yeux, comme s'il suffisait de voir une personne souffrir pour tout de suite être bonne avec elle. Elle doutait fortement que la noble se serait excusée de ses actes si elle l'avait croisé tout bonnement dans la rue. Elle aurait appeler quelqu'un pour l'arrêter, ou peut-être l'aurait-elle encore frappé... Après tout, ce comportement était parfaitement légitime, étant donné que la demoiselle n'aurait rien fait pour racheter le vole commit. Pour elle, ce qu'elle avait fait était parfaitement légitime et, après tout, ne lui avait-elle pas donné volontairement le foulard ? La brunette le possédait toujours, d'ailleurs. Il se trouvait chez elle, en compagnie de nombreux autres objets « empruntés » à d'autres nobles et qu'elle trouvait bien trop beaux pour oser s'en séparer.

Les caresses de la dénommée Héloïse sur ses cheveux l’apaisèrent bien plus qu'elle n'aurait osée le dire. C'était un geste si maternelle et protecteur à la fois, qu'elle eut la sensation d'y goûter pour la première fois. Laura se recroquevilla sur elle-même, serrant la cape autour d'elle du peu de force qui lui restait. L'espace de quelques secondes, elle se perdit même à fermer les yeux, profitant de cet instant de douceur inopiné. Cela faisait un bien étrange, comme une petite boule de chaleur au creux du ventre... Si agréable... Mais guère assez pour la calmer complètement, si bien que la truande retira un peu brusquement le bout de tissu de son corps frêle et se dégagea de la Fontange en se levant.


-Je... J'ai pas b'soin de votre aide ! Déclara-t-elle d'une voix bien plus faible qu'elle ne voudrait. J'veux pas d'aide ! Lai... Laissez-moi !

Des larmes apparurent au creux de ses yeux, timide, mais ne demandant qu'à s'enfuir le long de ses joues sale et rosie par le froid. Elle remonta mécaniquement les bretelles de sa robe avant de se laisser retomber sur le sol telle un tas. Ses mains frottant son visage, elle tenta en vain de stopper ses larmes coulant sans s'arrêter, en silence. Laura ne voulait pas pleurer, et encore moins devant elle, car cela serait admettre son état de détresse. Elle avait tellement honte... Tellement mal. Son visage regardait fixement le sol dallé de la ruelle sombre, ses mains serrant son ventre... perdue.

-Laissez moi... s'il... S'il vous plaît...
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Jeu 6 Mar - 2:12

La truande s’était écartée si rapidement qu’Héloïse n’avait pas su quoi faire, pas eu le temps de faire quoi que ce soit. Elle était restée comme hébétée devant la situation. La jeune femme allongée maintenant sur le sol, recroquevillée sur elle-même, pleurant semblait avoir connu tant de malheurs que la noble ne put que se sentir honteuse. Honteuse d’être une de Fontanges. Honteuse d’avoir l’argent, le titre qui la sauvait de tout cela. Honteuse d’avoir été adoptée par cette famille noble. Qui sait la vie qu’aurait eue Héloïse si les Fontanges n’avaient pas fait d’elle leur fille ? Elle ne voulait rien savoir à propos de ses parents biologiques. Sa seule famille était Mathis. Pas celle qui l’avait abandonnée. Mais parfois, l’italienne se demandait s’ils n’appartenaient pas à la rue, s’ils n’étaient pas eux aussi des gueux, des truands obliglés de voler pour survivre. Sans doute Héloïse aurait-elle pu se trouver dans la même situation que la jeune femme. Sans doute aurait-elle pu se retrouver seule, livrée à elle-même, sans personne pour lui venir en elle. Cette pensée arracha un frisson à la Fontanges. Elle ne se voyait pas avoir un tel mode de vie. Mais aurait-elle seulement eu le choix ? C’était pour cela qu’elle se devait d’aider la jeune femme étendue au sol. Parce qu’elle aurait pu être elle. Parce qu’elle n’a pas eu la chance qu’Héloïse avait eue. Reprenant la cape, elle la posa sur le corps frêle de la voleuse, puis posa sa tête sur ses genoux.

- Je ne vous laisserais pas. Je refuse de vous laisser.

Elle lui tendit un mouchoir pour essuyer ses larmes, le posant dans les mains de la jeune femme et reprit ses caresses maternelles sur ses cheveux. Non, elle ne la laisserait pas.

- Vous savez, si je vous aide, ce n’est pas pour mon bien être personnel, pour pouvoir m’en vanter auprès de mes amis après. Ce n’est pas non plus pour vous tendre un piège et vous livrer aux autorités. Je n’en ai rien à faire des autorités. Si je vous aide, si je refuse de vous laisser, c’est parce que j’aurais pu être à votre place. Mais, j’ai eu de la chance. Un ange gardien a du veiller sur moi toutes ces années durant. Mais maintenant, je suis votre ange gardien. Et je vous promets que je ne vous laisserais jamais tomber.

Elle prit doucement les mains de la truande dans les siennes, les serra un peu. Son regard posé sur la jeune femme était maternel. Elle avait en elle cet amour dont peu de personnes bénéficiaient. Et la voleuse allait être l’une d’entre elles.

- Mais, avant tout, dites-moi votre prénom. S’il vous plaît.
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Mar 8 Avr - 15:09

Laura ne savait vraiment quoi faire, ni quoi penser. En fait, son corps entier était vide, presque sans vie. Elle ne savait pas vraiment ce qu'elle voulait en cet instant : fuir, partir loin, ou rester auprès de la noble, qui malgré son rang bien différent du sien lui apportait un geste bien plus maternelle que ceux dont elle était habituée depuis quelques années déjà. La truande n'avait jamais été particulièrement câline avec qui que ce soit, mais durant toute son enfance auprès de sa famille d'accueil, chaque étreinte qu'elle avait pu recevoir de ces braves gens veillant sur elle était un véritable bonheur. Depuis leur mort, c'est bien la chose qui lui manquait le plus : le contact attendrissant d'une personne qu'on aimait et qui nous aimait également. Son frère était bien sûr pour lui apporter cet amour si unique qui caractérisait leur lien si fort, mais elle le connaissait tellement que recevoir l'attention de quelqu'un d'autre paraissait presque... étrange. Non, pas étrange : doux. Cette douce sensation de ne pas être invisible, et de ne pas être un simple objet, la gagna au fur et à mesure qu'elle tentait de se détendre sous les caresses de la jeune femme. A peine quelques minutes plus tôt, Laura s'était faite traiter comme un simple chiffon, une chose à laquelle on ne prête aucune intention, sauf quand on en avait besoin. Si la noble n'était pas apparue, elle serait sans doute restée ici encore plusieurs minutes, du moins le temps de se calmer un peu. Qu'aurait-elle fait ensuite ? Elle-même ne le savait pas. Sans doute serait-elle retournée chez elle, silencieuse, en espérant qu'Yvan soit déjà endormit et ne l'attende pas, mort d'inquiétude.
Son état était plus que lamentable et elle se sentait tellement sale dans ses vieux oripeaux... Elle sentait encore la crasse du corps de Grégoire se mélanger à la sienne, et sa sueur s'imprégner sur ses vêtements et sa peau. Et son corps la serrant de toute sa puissance contre ce mur de pierre lui raclant les coudes et les genoux à chaque nouveau coup de rein... Ces horribles sensations, la truande les avaient ressentie plus d'une fois, mais à chaque fois c'était la même chose. Cela dégoûtait d'elle-même et la faisait se haïr. Comment pouvait-on se laisser faire aussi facilement par cet imbécile de roi de pacotille ?

Le contact du mouchoir sur sa peau lui donna presque des frissons. Jamais elle n'avait eu sur sa peau quelque chose d'aussi doux et d'aussi... propre, si l'on mettait de côté le mouchoir que lui avait offert une autre une autre noble quelques jours plus tôt. A croire qu'elles s'étaient toutes donné le mot pour être agréable à l'encontre de cette jeune fille des rues que pouvait être Laura.
Cette dernière, un peu plus calme et sereine, n'écouta son discours qu'à moitié, lui prenant au passage son mouchoir des mains pour essuyer elle-même les larmes n'arrivant toujours pas à stopper leur évasion.


-Laura... Zirrafon...

Elle renifla bruyamment et leva son regard embrumé par le liquide salé vers le visage de la dame de Fontanges.

-Pourquoi moi... plutôt qu'une autre ? Demanda-t-elle d'une voix faible et cassée. J'suis pas la seule fille à qui ça arrive... et j'vous ai volé... vous m'avez frappé...
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Sam 19 Avr - 14:34


A la question de la dénommée Laura, Héloïse marqua un temps de réflexion. Oui, pourquoi elle ? A vrai dire, Héloïse n’en avait pas la moindre idée. Parce qu’elle s’était trouvée là par hasard et qu’elle ne pouvait décemment laisser quelqu’un dans cette situation. Quiconque soit cette personne. Certes, au fond d’elle, la noble en voulait encore un peu à la truande d’avoir voulu la voler. Mais vraiment tout au fond. Enfoui si profondément que cela ne semblait plus avoir le moindre semblant d’importance. Serrant toujours les mains de Laura, la Fontanges eut un sourire tendre, empli de bonté.

- Je ne sais pas, à vrai dire. Le hasard…

Oui, c’était ça : le hasard. Tout d’abord, c’était un hasard si Héloïse se trouvait encore dans les rues de la capitale à cette heure-ci. Norrmalement, elle aurait du déjà être échouée dans une taverne. Ensuite, c’était un hasard si elle avait entendu les pleurs de la truande. Enfin, autre hasard, mais la jeune femme à laquelle Héloïse venait en aide était celle qui avait voulu la voler peu de temps auparavant. Il n’y avait pas vraiment de raisons quand au fait que ce soit elle, Laura Zirrafon, que la brune ait décidée d’aider. A vrai dire, ça aurait pu être une autre. Ou personne. Mais, voilà… Parfois le Destin faisait les choses étrangement. Mais peut-être tout cela avait-il une signification, un sens caché. Peut-être Laura et Héloïse n’étaient-elles pas faites pour avoir une relation conflictuelle, voire carrément d’indifférence. Peut-être étaient-elles destinées à être autre chose. Des amis, sans doute. Le vent s’engouffra dans la ruelle et Héloïse retint un frisson quand l’air glacial lui caressa la nuque et les épaules. Il fallait aller au chaud. Il fallait que la jeune truande prenne un bain, qu’elle soit habillée un peu plus chaudement et qu’on la nourisse aussi. Elle faisait peine à voir dans ses oripeaux. Comme une mère, la noble déposa un baiser sur le front de la voleuse et lui sourit encore.

- Vous êtes en sécurité avec moi. Je vous le promets.

Essuyant de sa manche quelques larmes, elle se redressa un peu, bordant la jeune femme dans la cape chaude.

[ fin en cours de modification ]
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