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 Pourrais-je être un jour vraiment heureuse ? ft. Gabrielle de Thianges


Lun 18 Nov - 2:02


Dormir. Voilà une occupation que ne semblait plus pouvoir connaître Héloïse de Fontanges. Depuis maintenant plusieurs nuits, elle ne parvenait plus à trouver le sommeil. Certes, depuis son arrivée à la Cour, la jeune femme n’avait eu que bien peu de nuits réellement reposantes et avait toujours mis un temps fou avant de plonger dans le monde des rêves. Mais il semblait maintenant que la situation se soit aggravée. Et morte de fatigue, l’italienne ne sortait quasiment plus de ses appartements, se morfondant dans une tristesse sans égale, proche par bien des côtés d’un deuil. Le deuil de son amour, sans doute. Car oui, plus les choses avançaient, plus les jours passaient et plus Héloïse sentait sa relation avec Mathis se détériorer. Le jeune homme désertait les appartements de son aimée et paraissait même vouloir totalement l’ignorer. Enfin, c’était ainsi qu’elle le comprenait et le ressentait. Et plus que jamais, elle en souffrait. Alors, toutes les nuits, elle ne faisait que se tourner et retourner encore dans ses draps blancs, les serrant entre ses mains tremblantes, retenant des larmes qu’elle était lasse de laisser couler. Et le jour, elle empêchait ses amis de venir la voir, peu désireuse de les laisser la voir ainsi qu’elle était, cernée et bien peu à son avantage. La noble n’était plus que l’ombre d’elle-même et il était absolument hors de question qu’on la voit ainsi. Pour elle, elle était faible. Et la faiblesse demeurait une chose qu’elle ne pouvait se permettre de laisser paraître au grand jour. Pour tous, Héloïse de Fontanges était une jeune femme extravertie – sans doute un peu trop -, séductrice, débordante de joie et peut-être aussi un peu hautaine. Mais certainement pas une femme détruite par l’amour d’un homme, réduite à l’état de néant quand il n’était pas là. Car oui, là était la triste réalité des choses. Sans Mathis, Héloïse n’était rien. Ce soir là, lasse de ne pas fermer les yeux, l’italienne décida de se lever et de sortir enfin de ses appartements, exténuée de tout ce qui pesait sur ses épaules. Revêtant pour être plus à l’aise des vêtements masculins apportés lors de son escapade depuis Lugano et qu’elle aimait à porter là-bas, elle s’empara d’un bougeoir et s’engouffra dans les couloirs sombres et silencieux. Il n’y avait pas un chat et c’était tant mieux ! Ce fut en passant par hasard devant le Salon de Diane qu’elle se décida à y entrer. Ce dernier aussi était vide de monde et de lumière. Posant son bougeoir sur une table au centre de la pièce, elle laissa ses doigts fins glisser sur cette dernière avant de parcourir le salon de ses pieds et de son regard. Elle y avait passé des heures ici. Souvent pour y retrouver son amant Cornelius. Elle avait aussi entendu parler d’elle et ses mœurs soit disant débridées. En public, elle se moquait bien de ces ragots et de cette réputation qui était la sienne. Mais en privé, la chose était tout autre. De cela aussi, la belle souffrait. Pas seulement pour elle, mais aussi et surtout pour sa famille. Elle le savait, elle donnait une mauvaise image des Fontanges et de l’éducation qu’elle avait reçue de ses parents. Et cela, Héloïse avait du mal à le supporter. Ses parents avaient toujours été si bons avec elle. Ils l’avaient très bien éduquée. Sa gorge et son cœur serrés, elle porta une main à son ventre et se laissa tomber au sol, s’adossant à un mur et remontant ses jambes contre sa poitrine. Fermant les yeux, elle sentit les larmes couler sur ses joues sans qu’elle ne puisse les retenir. Les sanglots vinrent aussi. Ses pleurs se firent audibles. Mais peu importait. Elle souffrait trop pour pouvoir arrêter. Il lui fallait évacuer tout cela, même si elle se doutait avec raison que cela ne durerait qu’un trop court instant.

- J’en ai assez ! Souffla-t-elle pour elle-même. Puis, levant les yeux au ciel, elle continua : Tuez-moi ! Faites que cela stoppe ! Je vous en supplie. Faites quelque chose ! Je n’en peux plus.

Oh oui, que cela stoppe ! Et si sa vie devait stopper avec, et bien qu’il en soit ainsi…


Dernière édition par Héloïse de Fontanges le Sam 11 Jan - 3:49, édité 1 fois
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Jeu 9 Jan - 17:50

Gabrielle n'était pas une personne qui avait besoin de beaucoup de sommeil, et ne s'en plaignait guère. Pour elle s'endormir au petit matin pour s'éveiller deux heures plus tard, était une chose commune... Il y avait mille choses à faire dans une journée : aller prendre des nouvelles d'untel ou unetelle, s'amuser dans les fameux salons Parisiens, ou encore faire ses achats dans les merceries les plus raffinées. Le jour ne semblait jamais vouloir se finir, même à la nuit tombée ! Elle rentrait présentement d'un salon, lequel s'était tenu tard jusque dans la soirée. Deux dames s'étaient livrées à un grand débat à propos d'une probable et prochaine union entre la Grande Mademoiselle et un certain Monsieur de Saint-Cricq. Madame de Thianges qui était des amies de la Princesse s'était bien gardée de souffler mot, bien qu'elle sache de source sure que Mademoiselle de Montpensier n'escomptait aucunement se marier à quiconque. Pendant leur vive discussion, les deux commères avaient pris soin de lui lancer quelques regards, comme cherchant une approbation laquelle ne venait pas.

Écouter les fantaisies de ces deux femmes fut fort amusant, jusqu'à ce que leur controverse ne s'enlise et devienne plate. La marquise s'était alors déclarée épuisée, pour mieux se retirer discrètement. Bon nombre avaient déjà déserté les lieux, laissant ces dames quasiment seules spectatrices de leur face-à-face.

Contrairement à ce qu'elle avait affirmé un peu plus tôt, Gabrielle n'était pas fatiguée et ne pouvait se résoudre à rejoindre son confortable lit dans l'immédiat. C'est pour cette raison que presque aussitôt entrée dans ses appartements, elle en ressortie et entama une marche nocturne à travers les corridors du château. Un rituel qu'elle aimait beaucoup et pour cause la nuit tout était plus secret, plus mystérieux... Certaines rencontres étaient surprenantes. Un rai de lumière au bas d'une porte l'intrigua, la marquise se tint un instant immobile : elle ne savait jusqu'où elle s'était volontairement égarée cette fois-ci. Elle entrebâilla le battant de quelques pouces, et comprit vite que quelqu'un était aux prises avec de violents sanglots. Se glissant doucement à l'intérieur, Gabrielle jeta un regard circulaire à la pièce faiblement éclairée. Un bougeoir était perché sur une commode. À quelques pas de celui-ci, Madame de Thianges distingua une sombre figure féminine recroquevillée sur elle-même. Lorsqu'elle s'approcha plus encore, elle entendit supplier dans un murmure le Seigneur pour qu'il lui enlève la vie. Cette détresse était de celle que l'on dissimule dans l'ombre, de celle qu'on tente d'étouffer sans y parvenir... La marquise se trouva soudainement concernée par cette tristesse pesante. Pourtant, ce n'était pas dans ses habitudes de se soucier de ceux qui ne lui étaient pas proches. Le visage de l'inconnue était dissimulée par ses boucles brunes, elle ne semblait pas avoir remarqué sa présence et continuait de pleurer silencieusement.

Gabrielle s'agenouilla prés du sol, s'empara d'une main à la froideur inquiétante et écarta les longs cheveux ébène du minois de... Héloïse de Fontanges ! Madame de Thianges avait déjà échangé quelques mots avec la sublime jeune femme, elle avait aussi entendu bien des rumeurs à son sujet et cela sans en faire grand cas.


- Qu'est-ce qui a bien pu provoquer ces flots de chagrin, Mademoiselle ?

L'Italienne avait le teint pâle et tout son être semblait éreinté, comme torturé par ses pensées. Gabrielle ôta son étole de velours et en recouvrit les épaules – lesquelles subissaient  de virulents sursauts - d'Héloïse.

- Allons, allons. Cessez de vous tourmenter un instant, et inspirez doucement...
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Titre/Métier : Marquise de Thianges, comtesse de Chalancey
Billets envoyés : 404
Situation : Mariée, mère de trois filles et d'un petit garçon...

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Sam 11 Jan - 4:08


Tout d'abord, l'italienne ne remarqua pas la présence de la Thianges à ses côtés. Elle ne sentit même pas que l'on s'emparait de sa main glaciale. Elle ne sentait que son coeur déchiré et douloureux. Rien d'autre. Pas même qu'on écartait ses cheveux de son visage. Elle se sentait seule, dans sa bulle de tristesse. Alors, des paroles furent prononcées et Héloïse poussa un soupir de soulagement. La mort. C'était elle. Enfin quelqu'un venait la chercher, mettre fin à ce calvaire. Elle ne reconnaissait pas la voix de la marquise. Elle était trop perdue pour se rendre compte que son heure n'était pas venue encore. Ce fut quand on recouvrit ses épaules que l'italienne leva les yeux, les tournant vers celle qu'elle reconnut enfin. Gabrielle de Thianges. Une de ces personnes qu'Héloïse aimait avoir près d'elle. Elle n'avait que peu parler avec elle, mais elle sentait que Gabrielle ne la jugerait jamais en fonction des rumeurs. Il y en aurait une, au moins ... Obéissant à la jeune femme, Héloïse prit une profonde inspiration et essuya les larmes de sa main libre, mais à peine ouvrit-elle la bouche pour parler à Gabrielle que déjà les larmes et sanglots revinrent. Elle parla quand même, difficilement.

- J'en peux plus...madame...

Elle serra la main de la Thianges le plus fort possible, ayant besoin de sa présence soudainement. D'une présence bienveillante. Ses yeux posés sur la femme la suppliaient de l'aider, de faire quelque chose, n'importe quoi. Elle renifla. Plusieurs fois. Elle se calma un peu. Elle inspira et sa poitrine se soulevait à chaque respiration sous cette chemise empruntée il y avait bien longtemps à Mathis et qu'elle n'avait jamais rendue. Lâchant les mains de Gabrielle, Héloïse les posa sur ses genoux et ferma les yeux, serrant fort les paupières pour ne plus pleurer. Elle s'en voulait un peu. Il ne fallait pas qu'on la voit ainsi. Elle n'était pas celle là pour les autres. Il ne fallait pas qu'elle le soit. La brune avait peur qu'un jour quelqu'un dise à Mathis qu'on avait vu sa soeur se lamenter sur son sort. Il serait triste, c'était certain. Et fâché aussi. Fâché qu'elle ne profite pas de la vie alors qu'elle lui avait promis d'être toujours heureuse, quoi qu'il arrive en venant à Saint Germain. Et elle s'en voudrait, se sentirait coupable de le savoir triste à cause d'elle. Elle ne pouvait que très difficilement supporter de le savoir ainsi, de le voir pleurer. Ca avait toujours été ainsi, à vrai dire. Mais maintenant qu'ils étaient un couple, c'était pire. ce n'était plus seulement le frère qu'elle brisait. Une de ses mains se posa sur le bas de son cou qu'elle massa. Elle avait mal. Enfin, elle rouvrit les yeux et les releva en direction de Gabrielle.

- On peut mourir d'amour ?
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