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 La Roue de la Fortune... [Avec Pia Fiorentini]


Jeu 19 Déc - 20:55



La Roue de la Fortune...
Avec Pia Fiorentini.

Madame de Soissons était une amuseuse qui aimait beaucoup s'amuser. Il arrivait souvent qu'elle fasse venir Catherine - pour ses « talents » de devineresse -, en ses appartements. C'était toute une affaire que de ne pas se faire remarquer : la demoiselle Duparvis avait le visage voilé et ses cheveux roux consciencieusement dissimulés sous une cape de laine. Catherine l'enrubannée, se prenait souvent à plaisanter avec elle-même : elle se disait que l'église avait tort de ne point apprécier son genre de commerce, n'avait-elle pas l'air plus nonne que nonne ainsi vêtue ?

À la nuit tombée une calèche venait la prendre à la sortie d'une ruelle méconnue, et elle était ainsi trimbalée... De domaine en domaine. Elle ne découvrait jamais son faciès, pas plus qu'elle ne donnait son nom. Cette activité n'était guère plaisante pour Catherine, qui peu à peu sentait la culpabilité la ronger.


- Vais-je parvenir à mes fins ?

La devineresse revint à l'instant présent, chassant ce qui lui restait de ses sombres pensées. Une demi-heure, que la comtesse de Soissons lui faisait rabâcher sa réponse. Une demi-heure qu'elle battait ses cartes, et que ressortaient toujours les mêmes allégories... Au grand dam d'Olympe Mancini. Catherine allait lui répéter son interprétation une énième fois, quand soudain un bruit sourd se fit entendre dans le corridor.

- Quelqu'un vient, vous devez partir !

La dame empila ses cartes avec précipitation et les jeta dans les bras de la rousse, ainsi qu'une petite bourse d'argent. Elle la mena vers l'alcôve, où se trouvait un passage secret et l'y poussa si brutalement que Catherine en déboucha ventre à terre : ses cartes éparpillées sur le sol. La demoiselle Duparvis se redressa et se hâta de ramasser ses outils. Elle perçut alors un soupir, lequel n'était pas des siens... Grand Dieu, quelqu'un se tenait juste en face !

Il faisait trop noir pour qu'elle distingue les traits de l'individu. Cependant, si Catherine se fiait à la très bonne facture des souliers qu'elle avait devant les yeux... L'homme ou la femme était loin d'être pauvre. Allait-on la mettre aux fers ? L’exécuter ? Peut-être n'était-il pas trop tard pour fuir... Ou valait-il mieux demander grâce ?


- Je vous prie de m'excuser, je... Je ne reviendrai plus ici... J'en fais la promesse.
   
Comme la figure n'esquissait pas un geste, Catherine crut sa fin toute proche et dans un élan de désespoir s'accrocha au pied de ce qu'elle pensait être son futur bourreau.

- Je vous en supplie, laissez-moi partir. Je ferai tout ce que vous voudrez...

Son esprit caustique lui souffla qu'elle s'avançait fort avec cette déclaration, mais sa peur immense le fit taire aisément.

... Elle savait qu'elle n'aurait pas dû sortir, ce jour-ci.

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Mer 1 Jan - 16:22


- Je vous rejoins dans une petite minute, souffla-t-elle langoureusement avant de faire un pas lent en arrière.

Il se leva, frôla du bout des doigts et dans un geste qui se voulait sensuel la nuque de Pia, et disparu dans la pièce voisine. A présent que ce crédule de marquis avait fermé de moitié la porte qui menait à sa chambre, il s’agissait d’agir vite et bien. La première étape consistait à attraper sa lourde cape qui avait la particularité d’être dotée de nombreuses et larges poches intérieures. Bien sûr, pour ne pas éveiller de soupçons elle se contenta de petites choses auxquelles on ne tenait pas et donc l’absence ne serait pas nécessairement remarquée. Une des deux cuillères qui avaient accompagné les tasses de thé, quelques feuilles d’un beau papier à lettre qui ferait assurément plaisir à Andrea, un bibelot doré parmi tant d’autres et un coupe-papier qui pourrait toujours servir de pique à chignon. Son marché fait, ne restait plus à la fausse blonde qu’à sortir d’ici.
Mais bien loin d’elle l’idée de s’enfuir telle la voleuse qu’elle était. Pour ne pas attirer les soupçons sur sa drôle de personne mieux valait faire preuve d’imagination et trouver une excuse potable.

- Quelqu’un frappe, mentit-elle tout en se précipitant dans la chambre du marquis. Ce dernier, alors avachi dans un fauteuil, se redressa brusquement et la regardait avec de grands yeux vides. Quel empoté celui-là… Il fallait donc tout lui expliquer. Être vue avec vous et ma réputation souffrirait affreusement. Il me faut sortir vite !

Pendant quelques secondes il resta bêtement debout, débraillé et l’air parfaitement idiot, avant de réaliser que la comtesse d’Aradeo, femme aux apparences vertueuses, avait en effet tout intérêt à ne pas être aperçue par cet impromptu –et factice- visiteur. Dépitée à l’idée de devoir laisser filer cette femme qu’il avait mis si longtemps à attirer jusque dans ses appartements mais néanmoins conscient que la soirée prenait fin ici, il se résolut, à contre cœur, à la mener jusqu’à une porte cachée derrière une tapisserie. Sans plus attendre la Gazza jeta sur ses épaules sa cape chargée des affaires de son galant et s’éclipsa, non sans oublier de se retourner une dernière fois en direction du malchanceux afin de lui demander une dernière faveur. C’était qu’une fois hors de ces murs, il lui fallait encore s’en retourner à Paris.

- Et comme je vous serais reconnaissante si vous me faisiez apprêter votre carrosse, mon bon ami.  

Elle mima de lui envoyer un baiser et elle disparut dans le couloir, grimaçant de dégoût en songeant à toutes les mièvreries que cet homme lui avait fait débiter.
Qu’il faisait noir ici… Mais Pia ne perdit pas de temps à pester et s’empressa de filer droit en direction de la sortie. Ce passage secret était bien ingénieux, mais également interminable.
Sans surprise elle ne croisa dans un premier temps personne. Cependant, alors qu’il lui semblait qu’à présent l’extérieur ne devait plus être loin, elle manqua de peu de trébucher sur quelque chose. Ou plus tôt quelqu’un. Constatant qu’elle n’avait pas écrasé celui ou celle qui se trouvait à ses pieds, elle soupira de soulagement. Elle se ravisa cependant de trop se sentir à son aise dans ce couloir sombre, face –ou plutôt surplombant- à une parfaite inconnue dont elle ne pouvait distinguer les traits.  
Il semblait en tout cas, à entendre ses maladroites excuses et ses supplications, que la femme n’avait rien à faire ici. Lorsque celle-ci vint s’accrocher à son pied, Pia, surprise, fit un brusque pas en arrière. Elle ferait tout ce qu’elle voudrait ? Mais qu’avait-elle dans la tête pour proposer une chose pareille ?

- Mais je... Non, bafouilla la fugitive qui ne savait quoi lui répondre afin qu’elle se calme. C’est qu’elle ne lui voulait aucun mal !
De nouveau elle soupira, cette fois d’exaspération face à l’inconnue qui finalement lui barrait toujours le passage. Plutôt que de l’enjamber et de la laisser tout angoissée dans l’ombre, Pia tendit la main afin d’aider l’inconnue à se lever.

- Aller, il faut sortir.  

Pour s’assurer de ne pas la laisser derrière elle, Pia entraina à sa suite la devineresse et ne la lâcha qu’une fois qu’elles furent hors du château. Désormais dans les jardins vides de Saint-Cloud, la voleuse fit volte-face pour se tourner celle qui l’avait malencontreusement stoppé en pleine cavale. Et sans lui demander son avis, elle tendit furtivement une main en direction de son visage afin de soulever le voile qui le protégeait. Car elle jugeait avoir bien mérité de savoir qui se cachait sous cet accoutrement qui ne laissait rien paraître, pas même la couleur de ses cheveux. Quelle ne fut pas sa surprise quand lorsque Pia posa les  yeux sur une rubanière qui n’avait aucune raison de se trouver dans une résidence royale au beau milieu de la nuit.

- Catherine Duparvis ?!

Quelle étrange situation.

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