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 Sébastien François de Ragny


Dim 15 Avr - 0:34

Sébastien François de Ragny



Métier/Titre(s) : Marquis de Ragny
Âge : 23 ans
Origines : Gênoises et Françaises
Langue(s) parlée(s) et niveau de maîtrise (uniquement dans le cas de personnage parlant d'autre langue que le français): Excellent Italien, Bon Latin, Bon Espagnol.
Orientation sexuelle : Homosexuel, bien qu'il lui soit arrivé de coucher avec des femmes.
Situation: Veuf, père d'une petite fille.
Date de naissance : 25 novembre 1642
Religion: Catholique
Groupe : Noblesse
Personnage ayant existé?: Pas à ma connaissance.
Avatar : Jared Leto

Le Miroir ...

Avec son visage avenant, encadré par une cascade de cheveux bruns joliment bouclés, et sublimé par les deux saphirs de ses yeux, il n'a aucune peine à séduire. Mais son visage n'est de loin pas son seul atout. Sa prestance, son élégance et la chaleur de son sourire en font un homme fort agréable à regarder. Il se maquille toujours légérement les yeux et aime porter bijoux et rubans.
Cependant, comme il aime le grand air et certaines "activités d'intérieur", il lui arrive souvent de se présenter décoiffé ou avec des vêtements froissés ou remis à la hâte, ce qui alimente beaucoup les commérages à son sujet. Il lui arrive très régulièrement de prendre un air hautain, presque dédaigneux, surtout quand il est vexé.
Il est assez grand, joliment musclé et athlétique. C'est un sportif, qui aime l'équitation, l'escrime et la danse. D'ailleurs, quand il danse, il possède une grâce presque féminine. Son rire est très doux et c'est un véritable plaisir de l'entendre.
Mais son goût pour l'équitation et l'escrime lui a valu quelques blessures. Il porte une cicatrice sur le dos de la main gauche, due à une estafilade qu'il a reçue par accident lors d'un entraînement. Une autre cicatrice, sur sa hanche celle-ci, témoigne d'une chute de cheval. Quand il était à Gênes, il lui est aussi arrivé d'accepter quelques duels qui ont résulté de quelques cicatrices à la pommette gauche, aux bras ou aux jambes.
Niveau vestimentaire, le jeune marquis privilégie les couleurs sombres, même s'il lui arrive de choisir des couleurs pastels ou vives. Il aime les bijoux en argent et les pierres semi-précieuses. Ses deux bijoux favoris sont son alliance, un simple anneau en argent, et un pendentif en tourmaline noire accroché à une chaîne en or blanc, cadeau de son ami et ancien amant, le Comte du Perche.
... n'est pas le reflet de l'âme

Mais sous le joli vernis de son apparence se cache une peinture un peu moins réjouissante. Sébastien, que d'aucuns surnomment L'Insaisissable, Le Corbeau ou encore Le Grec, passe pour quelqu'un pour qui la recherche du plaisir passe avant tout. Il est séducteur, libertin au dernier degré, manipulateur, souvent un peu menteur, assez moqueur, capricieux, susceptible et terriblement arrogant.
Du moins, c'est ce qu'on peut voir en surface, quand on ne le connaît que peu. Ses amis seuls savent quel homme il est vraiment. Avec ses amis et les conquêtes qui parviennent à toucher durablement son coeur, Sébastien est d'une loyauté sans faille. J'entends déjà vos commentaires. "Comment peut-il être loyal avec ses conquêtes puisqu'il les trompe ?". Il est vrai que cela peut surprendre de parler de loyauté dans son cas, mais il ne faut pas confondre loyauté et fidélité. Il ne fera jamais rien qui pourrait porter atteinte à l'honneur personnel ou familial, ou à la personne d'un de ses amis ou d'une de ses conquêtes. Et si l'un d'entre eux subit un affront, il fera tout son possible pour le venger. Avec son sens de la répartie cinglante, bien entendu. Il n'est pas très guerrier dans l'âme, préférant le venin d'une réplique assassine à la froideur de l'acier.
Et puis, c'est un homme qui souffre énormément, quoi qu'il essaie de le cacher. La mort de sa soeur et de sa femme le hante et il a énormément de peine à se faire à leur disparition. Depuis la tragédie qui est arrivée à sa douce Valérie, Sébastien a très peur de s'attacher à qui que ce soit, de peur de les voir mourir. mais c'est quelqu'un de digne de confiance et d'aimable, pour autant qu'on ait sa loyauté. Mais ne vous avisez surtout pas d'essayer de le mettre en cage, car il est très indépendant et épris de liberté. Il aime le grand air et supporte assez mal de devoir rester trop longtemps entre quatre murs.D'aucuns disent que c'est parce qu'il est né un soir de tempête, d'autres que c'est parce qu'il est le fils d'un Frondeur ayant passé de nombreuses années à la Bastille. Quoiqu'il en soit, il aura tendance à fuir si on essaie de l'enfermer dans une relation.
À moins, bien sûr, que quelqu'un ne parvienne à apprivoiser l'animal blessé et à le soigner...




Dernière édition par Sébastien F. de Ragny le Sam 11 Mai - 16:56, édité 19 fois
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Dim 15 Avr - 0:36

On naît tous un jour ...


Sébastien François de Ragny est né au château de sa famille, dans l'Yonne, par une nuit de novembre. Sa mère, Elise de Ragny, née Elisa Durazzo, faillit perdre la vie en accouchant de lui, mais finalement, mère et enfant s'en sortirent vivants. Cependant, à cause de cet événement, la belle Marquise de Ragny ne put nourrir son fils qu'elle aimait pourtant de tout son coeur, depuis la première fois qu'elle avait pu contempler le petit Sébastien François. Ce dernier passa les cinq premières années de sa vie aux côtés de sa mère et de sa nourrice, car son père était au front. Les seuls hommes que le jeune garçon côtoya durant son enfance furent le valet d'Elisa, Ezio Adessi, celui de la nourrice, Vincent Blanchard, le confesseur de la Marquise et les quelques domestiques du château.
Pourtant, le 20 août précédant le sixième anniversaire de l'enfant, la France remporta une grande victoire contre l'Espagne et quelques jours plus tard, le marquis Etienne de Ragny revint parmi les siens. Quand il vit son fils, Etienne sourit et le prit dans ses bras:
- Mon fils, je suis heureux de vous trouver aussi beau. Le Ciel en soit loué, vous avez hérité la douceur des traits de votre mère. lui dit-il avec fierté.
En effet, Sébastien montrait une grande ressemblance avec sa génitrice qui l'appelait parfois "mio gattino" ("mon chaton"). Mais il n'avait pas hérité que ses bons côtés et l'on remarqua bien vite qu'on l'avait peut-être trop gâté en l'absence de son père. Ce dernier décide de le confier à des précepteurs pour lui enseigner les bonnes manières, ainsi que d'autres matières plus académiques: mathématiques, latin, musique, histoire, italien, espagnol et étiquette. Hélas, l'enfant né par une nuit de tempête avait bien de la peine à rester tranquille lors de ses leçons, surtout quand le temps était clément, dehors. Comme tout garçon de son âge, il eût préféré passer ses journées à jouer à l'extérieur, avec ses amis, Hector d'Alençon, le futur comte du Perche, dont la mère, la Comtesse veuve du Perche, une amie proche d'Elise, avait dû quitter la France sans son fils, et quelques enfants vivant non loin du château.
Peu de temps après la naissance du second enfant du Marquis de Ragny, une petite fille prénommée Alexandra, deux semaines après le sixième anniversaire de Sébastien, il fut décidé que Hector étudierait avec le jeune garçon, dans le but de le canaliser un peu. Ce stratagème porta ses fruits et Sébastien et Hector devinrent les meilleurs amis du monde. Le futur Comte du Perche avait un an de plus que le jeune garçon aux yeux céruléens et avait une certaine influence sur lui. Tout se passait au mieux dans le meilleur des mondes.
Mais bientôt, le ciel se fit menaçant pour la petite famille de Ragny. La Fronde grondait et Etienne craignait ses répercussions. Etant Frondeur lui-même, il choisit d'envoyer discrètement son épouse et ses enfants à Gênes, chez la famille d'Elise, les Durazzo. Hector fut confié à l'un de ses oncles en Provence et Sébastien partit avec les femmes de sa famille pour un pays qu'il connaissait à peine, loin de son meilleur ami, avec interdiction formelle de son père de correspondre avec lui. Voilà qui s'annonçait réjouissant pour le garçon.

Une fois dans "la Superbe", la petite famille s'installa chez Alessio Durazzo, le jeune frère de la Marquise de Ragny. Lui et sa femme Maria furent tout à fait ravis de les accueillir et de leur offrir le gîte et le couvert digne de leur rang. La famille Durazzo était une puissante et riche famille gênoise et Sébastien découvrit avec émerveillement la richesse et la splendeur de la ville d'origine de sa mère.
Durant les huit ans que dura leur exil, les Ragny vécurent dans le confort et la prospérité. Sébastien, appelé Sebastiano par ses cousins, fut éduqué comme un jeune noble italien, apprenant à manier le verbe aussi bien que l'épée, embellissant d'année en année, au grand bonheur de la Marquise et des filles de la noblesse gênoise. Sa soeur aussi l'admirait beaucoup. Il devint rapidement le héros et le protecteur de la petite Alexandra. Les deux enfants étaient aussi liés que les doigts de la main, même si le futur marquis regrettait l'absence de son cher Hector dont il n'avait jamais de nouvelles. Cependant, il n'eut aucune peine à se faire de nouveaux amis, dont les frères Dioli, dont l'aîné, Celestino, allait devenir bien plus qu'un ami quelques années plus tard...
Peu de temps avant ses douze ans, Sébastien apprend par sa mère et son oncle, l'arrestation d'Etienne de Ragny et son incarcération à la Bastille. Quelques jours plus tard, ils reçurent une lettre du prisonnier, leur demandant de ne pas rentrer en France jusqu'à avis contraire de sa part. Outré par la détention de son père, Sébastien était prêt à braver ses ordres et rentrer sur-le-champ. Il fallut toute la douceur et la diplomatie de sa mère pour qu'il consente à obéir.
- Gattino mio, je vous en prie, écoutez-moi. Nous ne pouvons rien faire pour lui, que nous soyons en France ou ici. Et si votre père nous demande de rester à Gênes pour le moment, il a certainement ses raisons. Il a offensé le Roi, donc il nous faut faire profil bas. Je vous en conjure, mon fils, obéissez. Vous reverrez votre père, je vous le promets, mais patience...
Et Alexandra d'ajouter, de sa petite voix:
- Et puis, Celestino et Gian seraient tellement tristes de nous voir partir. Et puis, Zio (=oncle) Alberto m'a promis de nous emmener faire un tour à cheval, demain.
Alberto Loconte était plus un ami de la famille qu'un oncle, mais pour la petite fille, c'était du pareil au même. Il la gâtait comme une princesse et les emmenait souvent se promener à cheval. Sébastien adorait ces promenades, il appréciait énormément le grand air et prenait beaucoup de plaisir à ces moments de liberté. C'était les seuls instants où il ne pensait pas à son père, enfermé à Paris.
À l'âge de quinze ans, il découvrit avec une certaine stupeur, mêlé d'un grand intérêt, ce que les Français appelaient "le vice italien". Ce furent ses amis, pour la plupart plus âgés que lui, qui le lui firent découvrir. Au départ, même s'il n'en était pas choqué le moins du monde, il refusa de se laisser aller à de telles pratiques. Puis, en découvrant que son ami Celestino occupait la moindre de ses pensées et que ce dernier lui eut révélé que cette "obsession" était réciproque, il se laissa, lentement mais sûrement, glisser jusqu'à son lit...
Si, dans les premiers temps, il cacha ses penchants à sa famille, il n'hésitait pas à s'afficher avec des garçons plus vieux, à toute heure du jour ou de la nuit. Il avait beaucoup de succès auprès des deux sexes et il accordait à peu près le même intérêt aux deux. Auprès des siens, il passait pour un grand séducteur, rien de plus. Il lui arrivait souvent de se sentir comme un roi dans sa petite "Cour". Entre une mère qui lui passait tout, un oncle qui le couvrait de présents, une petite soeur qui le vénérait comme un héros de roman et des amis qui l'encourageaient dans son vice, qui aurait pu l'en blâmer ?
Le jour de ses seize ans, le 25 novembre 1658, il reçut ce qui devait sonner la fin des réjouissances: son père avait été libéré et les enjoignait de rentrer chez eux. Les adieux d'avec les Durazzo furent éprouvants, mais la hâte de retrouver Etienne amoindrit quelque peu la douleur de la séparation. Sébastien promit à ses amis de leur écrire aussi souvent qu'il le pouvait.

De retour à Ragny, le jeune homme fut presque surpris d'entendre son prénom prononcé à la française. Cela faisait huit ans qu'on l'appelait Sebastiano, même quand on lui parlait dans sa langue natale. Son père fut ravi de retrouver ses enfants si grands et beaux. Il les serra contre lui avec tendresse et bonheur.
Mais la joie des retrouvailles fut de courte durée. Alexandra contracta la fièvre, six mois à peine après leur retour. La Comtesse du Perche, toujours en excellents termes avec Elise, leur envoya son propre médecin, mais ce dernier ne se prononça pas. Père, mère et frère se relayèrent à son chevet, la rassurant du mieux qu'ils pouvaient. Sébastien se sentait totalement inutile, impuissant devant l'état de sa petite soeur adorée. Pourquoi ne pouvait-il pas la protéger, cette fois ? Pourquoi en était-il incapable ?
Un soir, submergé par la culpabilité et l'impuissance, il fit seller son cheval et alla faire une longue promenade durant laquelle il laissa ses larmes de rage et de chagrin couler sur ses joues.
Quand il rentra au château, c'était pour découvrir que sa soeur avait été emportée par la maladie, pendant qu'il chevauchait. On lui dit, avec une pointe de reproche dans le regard qu'avant de mourir, que la pauvre petite avait réclamé son frère, mais que personne n'avait pu le trouver. Fou de douleur, le jeune homme se précipita dans la chambre de sa chère Alexandra où veillaient déjà ses parents. Il n'osa même pas affronter leurs regards, s'agenouilla au chevet de la défunte, lui prit la main, la suppliant de ne pas le laisser, d'ouvrir les yeux.
- Sorellina, réponds-moi, je t'en prie ! Je suis là, maintenant... supplia-t-il en lui caressant le front.
La Marquise de Ragny s'approcha de lui, à ce moment-là, et, avec une douceur dont seule une mère pouvait être capable, le fit sortir de la pièce.




Dernière édition par Sébastien F. de Ragny le Mer 18 Avr - 18:42, édité 12 fois
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Dim 15 Avr - 0:43

On naît tous un jour ...


L'enterrement de la petite fille des Ragny fut certainement l'une des épreuves les plus terribles que Sébastien eut à affronter. Son père lui avait demandé de rester digne, mais il ne put empêcher des larmes de glisser sur son visage fin. À côté de lui, Elise pleurait pour eux trois.
Le frère endeuillé, superbe dans ses vêtements noirs de deuil, ne suivait la cérémonie que d'une oreille, incapable de penser à autre chose qu'à cette constatation: sa soeur était morte en réclamant son héros de toujours, mais il n'avait pas été à la hauteur. Alexandra lui avait été enlevée bien trop tôt. Beaucoup, beaucoup trop tôt.
À la fin des funérailles, Hector d'Alençon, qui y avait accompagné sa mère, prit Sébastien à part, loin de la foule, loin de ses parents, et se contenta de lui dire avec calme et compassion:
- Il n'y a personne, ici. Tu en as le droit.
Malgré leur longue séparation, l'amitié presque fusionnelle qui liait les deux jeunes hommes était restée intacte, et l'aîné du futur marquis savait lire en lui comme dans un livre ouvert. Sébastien ne pouvait lui cacher ni ses larmes, ni ses joies. Et comme Hector l'avait deviné, le jeune homme abandonna son masque fissuré d'adulte et fondit en larmes comme le petit garçon qu'il avait connu. Tout ce qu'il avait retenu depuis cette nuit fatidique, il le déversa sur l'épaule de son ami de toujours. Ce dernier lui murmura des paroles réconfortantes, tout en lui caressant affectueusement les cheveux. Il était si vulnérable, si beau...

Les mois qui suivirent le drame marquèrent l'éclatement de la petite famille. Etienne de Ragny s'éloigna progressivement d'Elise et de Sébastien, qui lui, tentait de noyer le chagrin de la disparition de sa soeur bien-aimée dans le vin et la débauche. Seul le jeune Comte du Perche, qui avait hérité récemment du titre de son défunt père, mort pendant le conflit franco-espagnol, pouvait lui faire entendre raison et servait souvent de médiateur entre le libertin et son père. En effet, depuis le décès de la cadette de la famille, les relations entre Etienne et Sébastien allaient de mal en pis, chacun tenant l'autre pour responsable de la tragédie.
Elles se dégradèrent tellement d'ailleurs, que quand le marquis apprit les inclinaisons de son héritier, pendant l'été 1660, cela donna lieu à une dispute qui faillit sérieusement dégénérer.
- Je comprends maintenant où vous êtiez, quand votre soeur vous réclamait à corps et et à cris ! Vous êtiez en train de vous vautrer dans les bras de votre précieux Hector ! Ma fille a affronté seule la mort, pendant que vous vous livriez à ces ignobles pratiques ! cracha son père avec mépris.
- Votre fille ? Que pouvez-vous bien savoir d'elle ? Je ne l'ai pas conçue, mais je suis sûr de la connaître bien mieux que vous ! Et je trouve hilarant que vous parliez d'aller se vautrer dans les bras de quelqu'un.
- De quoi parlez-vous ?
- Dites-moi: combien de bâtards avez-vous semé, pendant la guerre ? Combien ai-je de frères et soeurs illégitimes, disséminés en Europe ?
- Vous devenez insolent...
- Ou peut-être, justement, avez-vous été incapable de faire le moindre enfant pour la même raison que moi, aujourd'hui ?
- Je vous interdis, Sébastien...
- Finalement, ce n'est peut-être pas mon long séjour à Gênes qui a fait de moi ce que je suis maintenant...
Bien sûr, il n'avait aucun doute sur l'orientation de son père, mais ce dernier avait commis l'erreur de répondre à sa provocation. Il était décidé à le pousser à bout et allait le faire.
- Je vous interdis de me parler ainsi. Je reste votre père, ne l'oubliez pas !
- Cela reste à prouver...
- Pardon ? Qu'avez-vous encore osé dire ?
- Qu'il est tout de même troublant d'entendre un homme que je n'ai rencontré qu'à mes huit ans être aussi sûr d'être mon père...
- Traiteriez-vous votre mère de catin ? Oseriez-vous aller jusque là ?
- Oh non... au plus une femme incroyablement lucide...
Là, le jeune homme se prit une gifle. Il était allé trop loin. Mais cette claque n'effaça aucunement le sourire de provocation du visage de Sébastien. La phrase suivante l'élargit, au contraire.
- Dehors ! Sortez de chez moi, fils insolent ! Retournez à Gênes, montez à Paris, allez au Diable, faites ce que vous voulez ! Je ne veux plus vous voir, jusqu'à nouvel ordre !

Il fut décidé que le jeune impertinent partirait à Gênes, seul cette fois, jusqu'à ce qu'Etienne le rappelle. Sébastien fit donc ses bagages et prit la route, vite rejoint par son ami d'enfance. Ils s'installèrent tous deux dans la Superbe où ils retrouvèrent les frères Dioli, mariés tous les deux à de splendides jeunes Italiennes. Ragny fit découvrir à son ami les mille et un plaisirs de la capitale ligurienne. Il avait l'air presque heureux, mais son aîné pouvait deviner dans son regard que ce n'était qu'une façade. Il ne lui dit rien durant la journée, le laissant tenter de noyer ses larmes dans les plaisirs. Cependant, il lui arrivait de l'entendre gémir et sangloter dans son sommeil, leurs chambres étant contigües.
Dans les premiers temps de leur séjour italien, les deux jeunes Français se livrèrent à un joyeux libertinage, sous le regard désapprobateur, mais néanmoins bienveillant des Durazzo. Sébastien enchaîna les conquêtes masculines, avec une rapidité déconcertante, même pour Hector. Le libertin aux yeux de saphir se fit ainsi de nombreux ennemis et eut quelques duels d'honneur, au nom d'une femme ou contre un de ses amants délaissés. Il les gagna tous, sans jamais donner la mort pour autant.
La nuit précédant son dix-huitième anniversaire, il fit un cauchemar encore pire que les autres: il était dans une obscurité totale et entendait sa soeur l'appeler de sa voix faible et suppliante, mais il était incapable de la rejoindre. Son père était à ses côtés et l'accusait de ne pas aimer Alexandra, de ne pas se soucier d'elle, puis les cris de la petite fille gagnèrent en volume, pour se transformer en hurlements atroces... et le jeune homme s'éveilla en sursaut. Hector avait la main sur son épaule et son regard inquiet informa Ragny qu'il avait certainement hurlé dans son sommeil.Sans pudeur aucune, il se jeta dans les bras de son ami et se mit à sangloter. Pris de court, mais pas gêné le moins du monde, le jeune comte s'assit sur le lit et serra Sébastien contre lui, lui caressant gentiment les cheveux pour le calmer.
- Tout va bien, Sébastien, tout va bien. lui dit-il d'une voix douce.
- Je n'étais pas là... j'aurais dû être là... répondit celui qu'on nommait déjà L'Insaisissable, en pleurant.
- Tu ne pouvais rien faire, Sébastien. Oublie ce que ton père t'a dit. Personne n'est responsable de cette tragédie.
Le garçon né un soir de tempête resta coi, se contentant de se blottir contre son compagnon. La chaleur de cette étreinte innocente lui apportait un réconfort incroyable. Les bras d'Hector semblaient le protéger mieux que n'importe quoi d'autre. Aussi le jeune homme aux yeux céruléens ne prit même pas la peine de faire semblant de résister quand son tendre ami captura doucement ses lèvres entre les siennes...
Le lendemain, Sébastien, sur le visage de qui un sourire rayonnait, reçut de la part de son oncle un splendide cheval noir comme la nuit. Un Minorquin pure race, aussi fougueux que son nouveau maître. Alessio demanda d'ailleurs à son neveu de dresser lui-même la splendide bête. Enthousiasmé par ce défi, Ragny se mit directement à l'ouvrage, mais toutes ses tentatives s'avérèrent infructueuses, au début. Les frères Dioli, hilares devant toutes ses vaines tentatives, lui proposèrent d'user de la cravache et les éperons. Le jeune homme refusa, ne voulant pas blesser le fier animal. Et après un an, il parvint à se faire obéir par l'étalon qui reçut le nom de Tempête. Et pendant tout le temps qu'avait duré le dressage du bel équidé, Sébastien n'avait eu qu'Hector dans ses bras et ne souffrait plus trop de ses cauchemars.
Après cette petite victoire personnelle, de Ragny se mit à souvent aller se promener à cheval avec du Perche et les frères Dioli. Les quatre garçons étaient devenus inséparables, même si le Comte du Perche était un peu jaloux de Celestino, qui, après tout, avait été le premier amant de Sébastien de Ragny. Mais ce dernier considérait son histoire avec le bel italien comme terminée et tenta de rassurer son amoureux à ce sujet maintes et maintes fois.

Un soir où tous les quatre étaient seuls chez Alessio et s'amusaient un peu, Elvira, l'une des domestiques de la famille vint apporter une lettre au futur marquis, blotti dans les bras de son amant sous le regard amusé de ses deux amis. Tous quatre avaient un peu abusé de l'excellent vin des Durazzo et les deux Français se faisaient un peu trop démonstratifs. Ragny ouvrit la lettre, tandis que Hector l'embrassait dans le cou, le faisant glousser. Mais, au fur et à mesure de la lecture de la lettre, il le repoussa de plus en plus sérieusement. Il finit par se lever et arpenter la pièce en long et en large tout en lisant.
- Grand Dieu ! murmura-t-il à la fin de la lecture.
- Que se passe-t-il, Sébastien ? Des nouvelles de France ?
- Hector... mon père...
- Qu'est-ce qu'il te veut enc... ?
Mais quand il vit les larmes rouler sur les joues de son compagnon, le jeune comte se leva à son tour et alla le prendre dans ses bras, ayant compris ce qu'il s'était passé. La lecture de la missive lui donna confirmation de son pressentiment: Etienne de Ragny, marquis de Ragny, était mort, tué lors d'un duel. Ce qui faisait de Sébastien le nouveau Marquis de Ragny. Et qui l'obligeait à rentrer en France.

Le voyage jusqu'au château se fit dans un silence quasi religieux. Même s'ils s'étaient quittés en mauvais termes, Sébastien était effondré par la mort de son père.Car si lui avait été le héros de sa soeur, Etienne avait été le sien durant de nombreuses années. Et à présent, il était parti, sans qu'ils aient le temps de se réconcilier.
En France le nouveau marquis retrouva sa mère, après presque deux ans de séparation, et se soutinrent mutuellement pendant la période de deuil.
Quelques mois après son retour d'Italie, Sébastien fut invité à rejoindre la Cour. D'abord réticent à laisser sa mère seule, il se laissa convaincre par cette dernière et gagna Saint-Germain-en-Laye. Le 11 juin 1662, le jeune Marquis de Ragny, âgé d'une petite vingtaine d'années entrait à la Cour du Roi-Soleil. Malgré son chagrin, il ne put pas s'empêcher d'être émerveillé par cette Cour, jeune et flamboyante. Il fut rapidement accepté dans certains cercles et se fit quelques amis. Mais si cette journée lui fut si douce, ce fut grâce à l'une des dames d'honneur de Madame: Mademoiselle Valérie de Mâcon, une ravissante jeune femme de dix-huit ans, aux magnifiques cheveux auburn et aux exquis yeux bleu-vert. Le jeune noble en fut tellement subjugué qu'il n'écouta qu'à moitié la conversation qu'il avait avec le Marquis d'Effiat qui eut tôt fait d'identifier la source du "problème" et d'en rire avec ses amis.
- Mes amis, voilà un Italien qui fait mentir nos croyances à leur sujet. Le voilà devant la douce Mademoiselle de Mâcon, comme Actéon devant Diane.
- Serait-elle donc du genre à me faire dévorer par une meute de chiens ? répondit en riant Sébastien, ayant vite repris ses esprits.
Ses interlocuteurs éclatèrent de rire et la conversation dériva sur un autre sujet, mais l'esprit du jeune marquis au visage d'ange était toujours tourné vers la belle. Il n'osa aller lui parler que tard dans la soirée. Et, pour la première fois de sa vie, il ne sut quoi lui dire, il était tellement envoûté qu'il en était devenu timide.

Cependant, sa langue finit par se délier et, un an après leur rencontre, la Cour put assister au mariage de Sébastien, Marquis de Ragny, et de la belle Valérie de Mâcon, dame d'honneur de Madame. La cérémonie fut magnifique et jamais Elise de Ragny n'avait vu son fils aussi radieux. Le seul à ne pas entièrement partager le bonheur des deux amoureux fut, bien sûr, le Comte du Perche. Mais il assura le couple de son éternelle amitié.
De l'avis de la majorité des courtisans, le couple formé par les deux jeunes gens était l'un des plus harmonieusement assortis, quoique certains, ayant entendu parler des diverses frasques du Marquis furent persuadés que ce mariage n'était qu'un caprice et que leur amour ne durerait pas. D'autres allèrent même jusqu'à dire que ce n'était qu'un mariage d'intérêt, sans le moindre amour. Mais si l'amour rend aveugle, il rendit aussi les jeunes mariés sourds aux jacassements de la Cour, vivant chaque seconde de leur amour comme un cadeau du Ciel. Et ce bonheur se concrétisa quelques mois seulement après leur hymen: la marquise était enceinte. Fou de joie, Ragny lui fit de splendides cadeaux et arborait nuit et jour le plus beau de ses sourires. Sa mère, elle aussi, était aux anges de se savoir bientôt grand-mère et leur envoya des présents à tous les deux.

Malheureusement, l'accouchement ne se passa pas comme prévu. Valérie n'avait pas assez de force pour mettre l'enfant au monde et survivre. Lorsqu'on demanda à Sébastien s'il fallait sauver l'enfant ou la mère, il ne fut capable de répondre dans un murmure, après que le médecin lui ait presque ordonné de lui donner une réponse:
... sauvez... l'enfant...
Cette nuit du 24 avril 1665, aux environs de vingt-deux heures, naquit la petite Alexandra Valérie de Ragny... et mourut sa mère, la Marquise Valérie de Ragny, née Valérie de Mâcon...
Après les funérailles de sa bien-aimée, Sébastien rentra dans son domaine avec sa fille. Il était inconsolable et même les douces paroles d'Elise ne purent sécher ses larmes. Pendant près de deux mois, il ne sortit pas du château et ne dit pas le moindre mot. Son cher Tempête se languissait de leurs longues balades au galop et sa mère s'inquiétait d'un tel chagrin de la part de son fils adoré. Elle décida d'appeler à son aide la seule personne capable de raisonner le fier jeune marquis.
Quelques jours plus tard, Hector se présenta au château de Ragny où l'attendait Elise qui lui expliqua la situation, et il alla directement trouver son ancien amour, le secoua un peu et parvint à lui arracher quelques mots. Après une petite semaine, le beau jeune homme revint à la vie, ayant rassemblé les morceaux épars de son masque de Cour et solidifié son armure. Il se replongea à corps perdu dans le libertinage à peine six mois après la mort de sa femme. Seule la débauche semblait pouvoir faire taire la douleur abominable qu'était la sienne. Même si sa génitrice désapprouvait ses pratiques, elle les préférait à son long silence désespéré.

Après un an d'absence, il décida de retourner à la Cour, accompagné de son cher Comte du Perche, marié depuis deux ans à la jeune Juliette Dioli, la soeur cadette de leur ami Celestino. Sa réputation de débauché l'avait précédé et ses frasques ne tardèrent pas à faire les gorges chaudes de la Cour.




Dernière édition par Sébastien F. de Ragny le Sam 11 Mai - 17:09, édité 16 fois
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Dim 15 Avr - 0:43

Ôtez le masque !



Prénom (Pseudo) : Valentine † Âge : 20 ans † Comment êtes-vous arrivé jusqu'ici ? Monsieur m'a guidé † comment trouvez-vous le forum ? Beau, bien structuré, donnant envie de s'y inscrire † Le code du règlement : OK by MonsieurUn dernier mot ? Hâte de jouer ^^. † test rp : (un minimum de 300 mots)
Spoiler:
 

"Au temple de l'amour règne Aphrodite sur son trône d'étoiles"




Dernière édition par Sébastien F. de Ragny le Mer 18 Avr - 23:05, édité 6 fois
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Dim 15 Avr - 9:03

La bienvienduue! fan attitude

hâte hâte de lire ta fiche! Bon courage! Very Happy
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À s'habiller sans péril, on triomphe sans goût
À s'habiller sans péril, on triomphe sans goût
Titre/Métier : Fils de France, Frère unique du Roi, Duc d'Orléans
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Situation : Marié à Henriette d'Angleterre

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Dim 15 Avr - 10:17

Notre monsieur de l'Aigle ? Ici ?

Bienvenue ! Et bonne chance pour ta fiche, si tu as la moindre question le staff est à ta disposition ^^

Kyaa
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Compte Fonda

“Le règne la puissance
et la gloire”
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Dim 15 Avr - 10:20

Merci beaucoup à vous deux. Je vais essayer de faire ma fiche au plus vite ^^. Votre forum est très beau ^^.
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Lun 16 Avr - 10:16

De rien ^^ c'est un plaisir ^^
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Compte Fonda

“Le règne la puissance
et la gloire”
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Mer 18 Avr - 23:32

TU ES VALIDÉE



La validation de notre premier membre... Han Dieu me garde j'en suis tout ému!! Et comme je te l'ai dit durant toute l'élaboration de ta fiche que j'ai eu presque en live et bein elle est farpaite fan attitude
Je pourrai peeeeut-être te dire que tu n'a pas atteint le nombre de ligne adéquat... Je peux? 8D
Enfin je ne vais pas te faire languir davantage. Bienvenue à Saint-Germain mon cher Ragny, le Rp vous est enfin ouvert... J'espère que vous profiterez de la cour avec autant de plaisir que moi. Nous nous retrouverons sous peu et j'attends notre rencontre avec une grande impatience et... excitation.

Bienviendue parmi nous! yeaah

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Les liens qui pourraient servir : Recenser ton avatar - Fiche de Rp pour commencer à jouer - Fiche de lien pour se lier avec les autres membres - Une petite faveur? maison, rang ou charge?
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À s'habiller sans péril, on triomphe sans goût
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Sébastien François de Ragny

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